Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCI — L'événement du dimanche· 4 février 2024 54 min

L'Événement du dimanche LCI du 4 février 2024 : Marc Fesneau

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravi de vous retrouver, notre invité aujourd'hui, Marc Fainaut, bonjour. Bonjour. Ministre de l'agriculture et de la souveraineté industrielle depuis 15 jours, on vous a vu partout entre déplacements et négociations ardues. Une heure d'entretien avec, à mes côtés pour vous interroger, Routel-Crieff, bonjour. Bonjour. Et François Langlais, une émission aussi, je vous le rappelle, à suivre en direct sur tous les réseaux sociaux TF1 Info. La colère du monde agricole s'est exprimée, une colère très soutenue d'ailleurs, on en reparlera par la population française, à plus de 80%.

Est-ce que vous considérez aujourd'hui, ce dimanche, Marc Fainaut, que la crise est derrière vous ? Vous vivez, vous et le gouvernement, une forme de sursis avant une date butoir que vous vous êtes vous-même fixé, qui est le début du Salon de l'agriculture le 24 février prochain ?

0:57
Marc Fesneau

Le moment le plus éruptif de la crise est peut-être derrière nous, mais les sujets qui ont été mis en exergue au moment de cette crise restent aussi pour un certain nombre d'entre eux devant nous. Le Premier ministre, le Président de la République ont apporté un certain nombre de réponses, nous avons apporté un certain nombre de réponses. On voit bien que les sujets de simplification, les sujets de rémunération, les sujets européens sont des sujets, d'ailleurs c'est ce qu'on a dit, parce qu'il faut dire des choses en conscience aux responsables agricoles, il y a des sujets qu'on peut traiter tout de suite, puis il y a des sujets qui vont nécessiter du temps long.

Moi je crois aussi au temps long, parce que ça ne peut pas être simplement un moment de crise et qu'après tout soit comme avant. Et donc il y a un moment qui va être le moment du Salon de l'agriculture, mais au-delà de ça, la stratégie européenne sur l'agriculture et la souveraineté alimentaire, c'est une stratégie de long terme. La stratégie européenne sur les accords de libre-échange, c'est une stratégie de long terme. Et donc on a un travail devant nous qui est très important.

Ce qui aura été utile peut-être, c'est que c'est un moment de bascule où on aura enfin pris conscience de la nécessité de prendre en compte, la nécessité de faire tout pour assurer la souveraineté alimentaire par la rémunération.

1:57
Présentateur

Une crise de conscience dites-vous, François peut-être ?

1:59
Locuteur 9

Avant même les sujets de long terme que vous évoquez, il y a encore des braises qui couvrent. On a vu hier des actions dans des supermarchés, dans les Pyrénées Atlantiques, dans le Nord. Alors, vous allez les recevoir, discuter avec eux, comment vous allez traiter, si je puis dire, cette queue de mouvement qui témoigne quand même, à les écouter, ceux qui en sont les auteurs, d'une certaine forme de détermination ?

2:22
Marc Fesneau

Il y a une forme de détermination qui se polarise un peu géographiquement dans un certain nombre de secteurs. Il faut qu'on continue à travailler. Les préfets continuent à rencontrer, sur les sujets de simplification, mais sur les autres sujets, les acteurs agricoles de chaque département. Puis nous, au ministère de l'Agriculture, sous l'autorité de Gabriel Attal, on continue à regarder secteur par secteur, sujet par sujet, ce qui peut être développé ou déployé. On sait bien qu'il y a géographiquement parfois des sujets qui restent et sur lesquels on essaiera d'avancer au fur et à mesure.

Un mouvement aussi puissant avec autant de mouvements, il y avait 80 départements qui étaient concernés ou 85 départements. Ça ne peut pas, du jour au lendemain, rentrer, comment dirais-je, dans l'ordre. Mais on a besoin d'avoir une vigilance continue, me semble-t-il. Et moi, je me sens dépositaire de ce qui a été dit dans la crise et de la nécessité d'une vigilance continue.

3:05
Présentateur

Alors, il y a un peu de commentaux de la part de certains syndicats agricoles qui disent que vous avez privilégié la FNSEA, qu'ils appellent les agri-managers spéculateurs, et que vous avez topé avec eux, au détriment, en quelque sorte, des autres, comme la Confédération Paysanne, qui est marquée plus à gauche.

3:23
Marc Fesneau

Ce n'est pas du tout le regard qu'on a eu. Moi, j'étais en déplacement avec le Premier ministre en Occitanie. Je n'ai pas eu l'impression que ça participait de la catégorie que vous évoquez. J'ai été dans le Gard et dans l'Hérault vendredi pour dire ce que nous faisions sur la viticulture. Ce sont souvent de tout petits agriculteurs avec des revenus qui sont très faibles, ou pas de revenus du tout. D'ailleurs, c'est ça le drame pour beaucoup d'entre eux. Et donc, on a essayé de remplir l'ensemble des sujets qui étaient... Alors, les uns étaient portés par les uns et par tous. D'autres étaient portés par seulement certains d'entre eux.

Je crois que tout le monde se met d'accord sur la question de la rémunération. On y en reviendra peut-être. Tout le monde se met d'accord, même si tout le monde ne dit pas la même chose sur les sujets de simplification. Donc, on a parlé avec ceux qui aussi formulaient des propositions construites sur le sujet. Donc, quand on travaille sur le bio, je crois qu'on répond aussi à une demande d'un certain nombre de syndicats. Par exemple, la Confédération Paysanne. Le sujet, c'était de parler aux agriculteurs. Et puis, pardon, juste un mot. On a bien vu que sur ces manifestations, il y avait beaucoup de gens qui n'avaient pas d'engagement syndical.

Des gens qui étaient sortis et qui, pour la première fois, étaient sortis depuis 10, 15 ou 20 ans. Et donc, c'est aussi à cela qu'il faut répondre. C'est au monde agricole qu'il faut répondre.

4:24
Présentateur

Mais la Confédération Paysanne, parce qu'on parle d'Odi, c'est même indigné du choix du gouvernement de traiter différemment les mobilisations et les organisations syndicales, disant que finalement, eux avaient été peut-être moins bien traités après, finalement, terminer.

4:38
Marc Fesneau

Moi, je ne crois pas, j'ai une relation continue avec la Confédération syndicale. Ça ne veut pas dire que... Je n'ai pas attendu ce mouvement-là pour rencontrer les responsables de la Confédération Paysanne et la coordination rurale et, bien évidemment, la FNSE à l'égir. Donc, il n'y a pas quelque chose de nouveau dans notre dialogue et notre rapport. Simplement, on essaie d'apporter des réponses.

4:55
Présentateur

Avant d'en venir aux mesures et ce que vous avez annoncé cette semaine, parlons peut-être et arrêtons-nous sur la méthode du nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, qui est allé sur le terrain. On a parfois aussi raillé un peu la carte postale, le discours prononcé sur un ballot de paille. Vous nous en direz peut-être ce que vous en pensez, mais est-ce que la marque Attal change quelque chose ? On a notamment constaté le fait d'une rapidité dans la parution, notamment, de certains décrets. Est-ce que la volonté d'aller vite est une de ces...

5:26
Marc Fesneau

Il y a une volonté chez le Premier ministre et le Président de la République aussi d'aller vite sur des sujets qu'on pouvait tout de suite trancher. Il y a un certain nombre de sujets qui étaient déjà travaillés. La question de la jachère, par exemple, au niveau européen, ça fait six mois que je portais au nom du gouvernement français une demande de dérogation. La question viticole, elle n'a pas été inventée en huit jours. Simplement, on a accéléré un certain nombre de processus et le Premier ministre a souhaité qu'on mette d'abord tout sur la table, qu'on se donne une temporalité sur les différents sujets et puis là où on pouvait aller vite, qu'on le fasse vite.

Et donc, c'est comme ça que les choses se font bien parce qu'il fallait regarder l'entièreté du problème et pas dire juste je règle un secteur, une filière ou un sujet. Et de le faire vite, en même temps, en se donnant un calendrier sur un certain nombre de sujets où on sait qu'on a besoin d'un peu de temps pour...

6:07
Présentateur

Mais en creux, vous voyez dans ma question peut-être la différence avec une ancienne Première Ministre, Elisabeth Borne, sur la négociation.

6:12
Marc Fesneau

D'abord, il faut rendre hommage à l'ancienne Première Ministre qui a travaillé sur les sujets agricoles. Mais il y avait un besoin d'accélération. Je ne fais pas dans la politique fiction de savoir ce que ça aurait été si ça avait été tel ou tel à la place de Gabriel Etal. Je constate simplement que collectivement, reconnaissons aussi qu'il y a eu des heures de passage médiatique sur le sujet agricole. Il y a des sujets qui n'avaient jamais été remontés dans l'opinion publique et ça a permis une prise de conscience collective et une accélération d'un certain nombre de décisions.

Il y a un certain nombre de sujets qu'on a pu mettre sur la table et qu'on avait du mal à mettre sur la table depuis des années pour ne pas dire des dizaines d'années pour un certain nombre d'entre eux.

6:44
Présentateur

Par exemple, vous ne vous sentiez pas assez écouté ?

6:46
Marc Fesneau

Non, mais il y a un moment où les yeux et les oreilles s'ouvrent. C'est comme ça dans une crise. Dans une crise, c'est quelque chose qui n'a pas été écouté. Une crise, c'est un crise, je le dis souvent, qui n'a pas été écouté. Ça a été valable pour les enseignants. Il y a des mesures qui ont été prises. Ça a été valable pour l'hôpital public. Ça faisait 20 ans qu'on disait l'hôpital public va mal. Et manifestement, ça n'était écouté par pas grand monde. Donc, on a mis des choses sur la table. C'était du temps de Jean Castex et ça se poursuit autour du Ségur de la santé.

Il y a un moment de catharsis où on arrive à entendre enfin quelque chose qui est de l'ordre de la suradministration, de la simplification sur laquelle il faut avancer, de la rémunération. Mais en même temps, on avait déjà fait des choses. La loi EGalim, elle date de 2018. C'est la première fois qu'on avait posé en France la question de la rémunération à son juste prix de la matière première agricole.

7:26
Locuteur 9

On y viendra tout à l'heure. Mais vous évoquiez, à l'instant, vous disiez finalement une crise à oublier les yeux et les oreilles. Ça a pointé quand même l'excès de règles, la lenteur de l'administration, de votre administration, celle dont vous avez les responsabilités au ministère de l'Agriculteur, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Est-ce que vous allez tirer les leçons de cette crise du point de vue du fonctionnement de cette administration, de sa rapidité, de son efficacité ?

7:54
Marc Fesneau

Alors, on permettrait de dire deux choses. D'abord, l'administration du ministère, l'essentiel, les deux tiers, c'est les enseignants de l'enseignement agricole. Donc, c'est des gens dont on a diablement besoin pour préparer les nouvelles générations, assumer les transitions, on en reparlera peut-être tout à l'heure. Deuxième élément, ce n'est pas ce que vous avez fait, mais je me défie toujours du fait qu'on dise que c'est la faute de l'administration. Les ministres dirigent leurs administrations depuis des années, c'est comme ça. Ce n'est pas tout à fait nouveau, d'ailleurs, ce que je viens de dire.

En revanche, et je voudrais saluer l'ensemble des agents qui ont été parfois menacés par une extrême minorité et que je vois au contact des agriculteurs pour remplir les déclarations PAC quand il y a des crises comme les tempêtes ou les inondations, quand il y a des crises comme les grippes aviaires, et qui ont été parfois jour et nuit et parfois pendant les fêtes, je pense à la grippe aviaire, mobilisées pour être en appui des agriculteurs. Donc, je voudrais... Je vais répondre à votre question parce que vous avez raison, c'est un sujet global. Pas que pour l'agriculture, tout le monde le dit.

On a un besoin d'agilité de notre administration nationale et d'agilité de notre administration européenne. La demande sur la Jachère, elle date du mois d'octobre. La décision est prise le 30 janvier. Il y a quelque chose dans un monde qui bouge beaucoup, la guerre en Ukraine, la crise Covid. On a vu dans la crise Covid comment on était capable. Il faut qu'on se remette dans une situation d'agilité. On a besoin, et j'interroge moi-même, mon administration sur le sujet, d'abord de dire, regardons toute la sédimentation des règles qu'on s'est donnée au fur et à mesure, depuis 5, 10, 15, 20 ans.

9:19
Présentateur

De toutes les règles, trop nombreuses peut-être parfois aussi ?

9:22
Marc Fesneau

Parfois incohérentes, parfois trop nombreuses. Moi, je demande désormais à chaque fois qu'on me fait un formulaire, c'est ce que j'ai demandé sur le formulaire pour la maladie hémorragique épisotique pour les bovins, d'avoir un formulaire qui soit simple et pas avoir un formulaire de 25 pages. Je demande désormais à chaque fois, moi personnellement, à regarder le formulaire pour dire est-ce que c'est compréhensible, est-ce que c'est simple, est-ce qu'on ne demande pas des pièces qu'on a déjà produites. Parce que chaque administration a tendance parfois à regarder dans son couloir de nage et à pas regarder ce que ça induit.

Si chacun fait ça, à la fin, ça fait une somme de demandes qui sont des demandes inacceptables pour le monde agricole. Alors c'est valable pour l'administration du ministère de l'Agriculteur, puis c'est valable dans l'interministérialité. On a fait un travail que je tiens à saluer, remarquable, avec Christophe Béchut, on s'est réunis jeudi, il y a 8 jours, à peu près de 10 heures tous les deux avec nos cabinets, pour dire ça on peut faire, ça on peut faire, ça on peut avancer. Il y avait un besoin d'une rupture de ce point de vue-là, et il faut que ça continue, parce que comme vous le disiez, M. Langlais, il y a des habitudes qui sont prises.

Et donc c'est pas remettre en cause l'administration, que dire ce qui ne fonctionne pas, ce qui est trop lourd, ce qui est trop lent, ce qui est parfois incohérent, il faut qu'on puisse le mettre sur la table, et qu'au fur et à mesure on le débloque.

10:24
Présentateur

Mise en cause aussi de l'administration, est-ce que vous concédez peut-être que vous manquez, dans cette crise, mais comme d'autres, peut-être de capteurs locaux ? Est-ce que cela vous fait défaut aujourd'hui ? Le JDD aujourd'hui écrit un papier titrant sur un gouvernement qui fait peut-être trop la part belle aux Parisiens. Certains déplorent un repli dans l'entre-soi en pleine crise de la ruralité. Vous n'êtes pas un Parisien.

10:47
Marc Fesneau

J'ai le regret de vous dire, je ne suis pas le mieux placé pour dire ça, même si j'ai vécu à Paris.

10:51
Présentateur

Mais est-ce que le gouvernement d'Emmanuel Macron manque de capteurs et de relais locaux ?

10:54
Marc Fesneau

Non, la question de la rémunération n'est pas une question de Parisiens qui ne comprendraient pas la question de la rémunération, c'est une question de chacune et chacun d'entre nous, c'est une question de la transformation et de la distribution, c'est pas une question de... Je ne suis pas sûr qu'on manque de capteurs de ce point de vue-là. Je trouve que ce grief... Alors c'est un vieux grief depuis que le président de la République a été élu en 2017, qui est de dire qu'ils sont Parisiens. Je crois qu'on a répondu à beaucoup de crises.

11:16
Présentateur

Mais quand certains vous disent que vous n'avez pas vu venir cette crise,

11:19
Marc Fesneau

peut-être trop tard... Mais quand une crise émerge comme celle-là, celui qui a déjà vu venir une crise, la crise de 68, la crise des Gilets jaunes, les crises avant du CPE ou autres, c'est des crises qui viennent, qui émergent sans que personne... Alors après, personne n'est devin, et Mme Soleil, ce n'est pas le registre du monde politique. Mais qu'on ait vu quelques éléments de ce que disait le monde agricole au fur et à mesure. La question de la simplification, ils le disent depuis des dizaines d'années. Mais qu'à un moment, tout ça se cristallise. Oui. Qu'on n'ait pas su, dans le temps, essayer de résoudre ces problèmes.

Si la question est de savoir s'il faut prendre sa part des erreurs qui ont pu être faites. Le Premier ministre a dit qu'il n'y a plus y avoir des erreurs de fait. Oui. Mais de dire que c'est une faute de capteur, non. Mais simplement, il y a un moment où les choses peuvent se faire, il y a un moment où les choses ne peuvent pas se faire. Vous voyez bien qu'on a posé sur la table des choses. J'ai vu des acteurs de la grande distribution qui disaient exactement l'inverse de ce qu'ils diront peut-être dans les jours qui viennent.

12:12
Présentateur

Vous passez à qui, là ? Oui. Allez-y, allez-y.

12:14
Marc Fesneau

Michel-Édouard Leclerc, vous n'avez pas l'hésité ? Non, mais je n'aime pas faire du... Je ne pratique pas... Comment ? Je ne pratique pas le name dropping. Mais oui, j'ai eu des débats avec Michel-Édouard Leclerc. Pourquoi ? Parce qu'il se répandait sur les plateaux de télévision avec l'idée que le bon prix, c'était le prix le plus bas. Et que comme ça, il défendait les consommateurs. Mais il ne défendait pas les consommateurs dans leur globalité. C'est-à-dire, quand vous allez acheter des produits à l'étranger, c'est des emplois français qui sont supprimés. Quand vous allez acheter des produits agricoles à l'étranger, c'est l'agriculture française que vous mettez en risque.

Et plus grave encore, ou plus globalement, c'est la souveraineté alimentaire que vous mettez en cause. Et donc, je trouve que chacun doit faire son examen. Et lui d'abord ? Pas lui d'abord. Mais il fait partie des acteurs qui doit le faire. Non, pas lui d'abord. Parce que je ne me défausse pas de la responsabilité qui est la nôtre. Nous sommes en charge de responsabilité. Jamais je ne me suis défaussé de mes responsabilités. Mais chacun doit prendre sa part de responsabilité. J'entends parfois des régions qui nous disent « Qu'est-ce que vous faites pour l'agriculture ? » J'aimerais qu'elles respectent simplement la loi EGalim. 20% de produits bio, 50% de produits d'origine.

Donc, il faut que chacun fasse son examen. Chacun prenne sa part. L'État prend sa part. On y reviendra peut-être. Mais chacun doit prendre sa part dans cette prise de conscience.

13:16
Présentateur

Un mot sur les coûts. C'est un mouvement qui, globalement, s'est franchement très bien déroulé par rapport, vous évoquiez les gilets jaunes, où il y a eu beaucoup de dégâts à la fin. Même à la fin des manifestations et des retraites, à l'extrême fin, il y a eu aussi beaucoup de dégâts. Globalement, c'était très pacifique. Ça s'est bien passé. Le gouvernement a décidé de ne pas faire intervenir les forces de l'ordre. Mais il y a quand même eu des dégâts. La préfecture d'Agen, 400 000 euros de dégâts. Le département de l'Aube, le maire de Troyes, François Baroin a dit « Ça ne va pas, il y a aussi beaucoup de dégâts ». Et il dit « C'est l'État ?

» Parce que justement, les forces de l'ordre ne se sont pas interposées. Vous êtes d'accord ?

13:52
Marc Fesneau

D'abord, j'ai vu que François Baroin, que je connais un peu, pour avoir ségé avec lui dans des instances nationales de l'Association des maires, il était lui-même sur les mouvements à les soutenir. Si nous avions manœuvré plus fort avec les forces de l'ordre, il aurait été sans doute le premier à nous dire « Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire quand on veut dialoguer ». Donc, chacun doit essayer de tenir sa cohérence. Après, on va regarder les montants qui sont en jeu. À date, le mouvement a fait refus à partir de vendredi. Ça veut dire que vous n'excluez pas ? J'en sais rien, parce qu'il faut regarder les mécanismes qui seront pris en charge par les uns ou par les autres.

Je n'en sais rien. C'est une discussion qu'on aura au niveau gouvernemental.

14:26
Présentateur

Son argumentaire qui consiste à dire « C'est l'État qui a été ciblé, route parlait de préfecture, ce n'est pas au contribuable local de payer la préfecture ? »

14:32
Marc Fesneau

Oui, c'est l'État qui a été ciblé. C'est la chaîne alimentaire dans la répartition de la valeur qui a été ciblée. C'est parfois les régions, quand il y avait des paiements qui n'étaient pas opérés sur la... C'est rare, mais il y en a quelques-unes qui sont dans ce registre. Oui, alors après, vous voyez comment on segmente les choses. Je trouve que c'est un sujet compliqué, sans en faire un sujet de polémique publique. On regardera et on chiffrera tout ça. Il me semble qu'il y a des procédures qui sont en cours pour certaines judiciaires, d'abord. Et puis deux, ça arrive dans des mouvements qui aient des dégâts et on verra les voies et moyens qui sont les voies et moyens classiques.

15:03
Présentateur

Marc Vénaud, venons-en donc à la réponse du gouvernement, aux attentes des agriculteurs, qui est venue en deux temps, parce que la première réponse n'a, semble-t-il, pas été suffisante. J'aimerais reprendre cette phrase de notre confrère des Écos, Cécile Cornudet, qui dit que la réponse aux agriculteurs devait être forte pour avoir un effet. Mais, dit-elle, elle écorne le macronisme sur trois volets. L'écologie, la fin du coin qui l'en coûte, et l'Europe. La fin du coin qui l'en coûte, c'est avec vous, François.

15:29
Locuteur 9

Oui, côté chiffres, on a évalué les mesures à peu près 400 millions par an. On est dans une année budgétaire difficile. Le déficit est très important, beaucoup plus qu'on ne l'avait pensé. Les recettes fiscales s'amoindrissent, beaucoup plus qu'on ne l'avait pensé aussi, puisque la croissance ralentit. Il va falloir trouver au moins une douzaine de milliards d'économies. Ces 400 millions, on vous a demandé de les financer ? Comment allez-vous les financer ?

15:52
Marc Fesneau

D'abord, on a essayé de faire en sorte qu'on ait des mesures qui soient des mesures transformantes, c'est-à-dire des mesures qui répondent à la question de la crise. Je prends l'exemple de la viticulture. 80 millions d'aides d'urgence pour ceux qui n'ont pas de revenus pour des raisons diverses, des maladies, des sécheresses, et un marché qui s'est effondré dans un certain nombre de secteurs.

16:09
Présentateur

Vous êtes obligés d'arracher leur vigne pour certains.

16:11
Marc Fesneau

Non, ça, c'est 80 millions d'aides. Et deuxièmement, on a travaillé avec la filière, avec les filières viticoles, pour leur dire, on sait bien qu'on a structurellement une surproduction. C'est la quatrième année qu'on aide la viticulture, soit par de la distillation, soit par d'autres mesures. Et donc, on a des mesures structurelles. Ces mesures, on en aurait eu besoin de toute façon, à hauteur de 150 000. Ma question portait vraiment sur le financement. Il nous appartient désormais que ces enveloppes sont posées de regarder d'un point de vue budgétaire. La rigueur budgétaire s'impose au ministère de l'Agriculture comme elle s'impose à l'ensemble du gouvernement.

16:39
Locuteur 9

Donc, vous allez faire des économies, par ailleurs ?

16:41
Marc Fesneau

On regardera dans le redéploiement s'il y a besoin. On regardera les moyens supplémentaires dont on a besoin. Il y a des moyens européens qui vont être mobilisés, et d'ailleurs, je le dis, sur la question de la viticulture, il y a 150 millions de moyens nationaux et 250 millions de moyens européens qui sont mobilisés. Et donc, ce n'est pas parce qu'on a une crise qu'on doit s'abstraire des moments d'où il faut réfléchir avec rigueur la question budgétaire. Parce qu'il y a besoin de répondre à la colère des agriculteurs. Mais vous aurez remarqué qu'il y a beaucoup de sujets qui n'étaient pas principalement des sujets budgétaires.

La question de la trajectoire européenne, la question de la norme, c'est aussi des économies d'ailleurs qu'on produit et de la compétitivité qu'on en donne aux entreprises agricoles. Donc oui, cette exigence budgétaire, je la porte comme les autres ministres. Et donc, on fera en sorte que cette exigence budgétaire soit posée.

17:26
Présentateur

Mais quand la présidente du FMI, par exemple, dit que si ce que vous appelez investissement, mais en tout cas nouvelles dépenses, place les gouvernements au pied du mur, dit-il, et les empêche de faire ce qui est nécessaire pour renforcer les économies, il risque de venir un moment où nous pourrions le regretter. Qu'est-ce que vous répondez, vous, ministre de la Ministre ?

17:43
Marc Fesneau

Mais le ministre de l'Économie et le Premier ministre ont indiqué ce que vous avez dit, M. Langlais, la volonté d'avoir une trajectoire de réduction des dépenses publiques à 12 milliards. Cette trajectoire, elle doit être tenue. Elle s'applique à tout le monde. Et donc, elle doit être tenue. Pourquoi ? Parce qu'on parle beaucoup de souveraineté alimentaire ou de souveraineté agricole. La souveraineté budgétaire, la souveraineté monétaire, c'est une souveraineté, je dis ça sous l'œil d'un spécialiste, essentielle.

Si quelque chose se dégrade du regard que portent ceux qui vous prêtent sur votre équilibre budgétaire, quelque chose viendrait affaler l'ensemble de ce que nous faisons depuis des années. Donc, on a une exigence budgétaire qu'on doit tenir dans la durée. Ça n'empêche pas de répondre. Dans l'avis d'un gouvernement français ou d'ailleurs des autres gouvernements européens ou du monde, le moment où il y a des crises, où on est appelé à faire des efforts sur tel ou tel secteur, ça existe. Après, ça nécessite de le penser dans un globe.

18:33
Présentateur

Deuxième sujet, Marie, et c'est vrai sur lequel peut-être que c'est moins simple en fait, c'est l'écologie. La phrase d'Emmanuel Macron, c'est la France est bien placée dans le domaine de la transition écologique. Il faut faire une pause parce que maintenant, il faut t'appliquer. Les écologistes disent, c'est la grande régression. Make pesticides great again. Ce quinquennat sera écologique ou pas, avait dit Emmanuel Macron. Eh bien, il ne sera pas écologique. Voilà ce que disent les écologistes. Bref, vous avez zéro, entre guillemets, sur cette question.

19:04
Marc Fesneau

Oui, alors, d'abord, la pause, ce n'est pas la marche arrière ou alors je ne comprends rien à ce que sont les vitesses dans une voiture. La pause, ce n'est pas la marche arrière. Deuxième élément, nous sommes le pays en particulier sur la question de la trajectoire carbone, mais même sur la question des produits phytosanitaires qui avons fait le plus d'avancées par rapport à d'autres pays européens pour ne pas dire ceux qui ont fait le plus d'avancées au niveau mondial. Donc, n'allons pas dire qu'on n'a pas avancé. Nous sommes un pays qui va réduire son carbone encore en 2023. On attend les derniers chiffres, mais les neuf premiers mois le montrent de façon très significative.

Donc, ne disons pas que nous ne sommes pas au rendez-vous des choses qui ont été engagées par les gouvernements précédents sous l'égide du président de la République. Deuxième élément, il y a un moment, quand vous faites quelque chose en cascade, il y a quelque chose d'un empilement de règles qui viennent dire aux gens, ça ne s'arrête jamais. Donc, on a une trajectoire, on a une planification écologique qui a été portée par le gouvernement qui permet de se donner une trajectoire. On n'est pas obligé de rajouter de la norme à la norme tout le temps comme une espèce d'animal qui aurait perdu sa tête.

19:58
Présentateur

Vous dites que ce n'est pas un recul. Vous dites que ce n'est pas un recul.

20:00
Marc Fesneau

Non, ce n'est pas un recul parce que dans le budget du ministère de l'Agriculture, par exemple, il y a 1,2 milliard d'euros qui sont prévus pour faire quoi ? Pour réduire les produits phytosanitaires, pour planter des haies, pour faire de la diversification protéines. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin, en Europe, d'avoir des protéines. Mais se dire à un moment que courir après la norme en permanence, sans regarder ce que font nos voisins européens et sans exiger du reste du monde qui fassent leur part d'effort, il y a quelque chose dans une... C'est valable pour l'agriculture comme c'est valable pour d'autres secteurs. Une tension qu'on crée qui fait qu'à la fin, on va braquer les gens.

Mais pardonnez-moi,

20:32
Locuteur 9

vous dites qu'il n'y a pas de recul. Sur le GNR, par exemple, c'est le gazole non routier, le carburant utilisé par les agriculteurs. Vous avez suspendu, rétabli la détaxe sur ce produit qui est par nature polluant puisqu'il s'agit d'énergie carbone.

20:47
Marc Fesneau

Alors, je rappelle que... Il y a un recul. Je rappelle que budgétairement, c'était neutre. Puisque la baisse de la fiscalité avantageuse était compensée par d'autres fiscalités. Deuxième élément...

20:58
Locuteur 9

Vous aviez un programme plurianuel qui de toute façon se serait traduit par des rentrées de...

21:02
Marc Fesneau

Deuxième élément, monsieur Langlais, ça marche quand il y a des alternatives.

21:05
Locuteur 9

Oui, mais ça vous le saviez avant.

21:06
Marc Fesneau

Oui, mais il n'y a pas d'alternative. Donc je pense qu'on peut œuvrer sur la décarbonation du monde agricole par les pratiques, par la recherche et l'innovation. Mais le tracteur électrique il n'est pas devant nous pour l'instant. Reconnaissons qu'il est même loin devant nous. Ça vaut aussi pour le bâtiment. La bétonneuse électrique... Je pense qu'on a besoin dans nos trajectoires... Alors, il y avait une question de trajectoire puisqu'en fiscalité, c'était neutre. En budget, c'était neutre. Mais on a besoin dans nos trajectoires. C'est ça aussi ce que nous demandent les agriculteurs comme les autres. C'est montrez-nous les alternatives. Donnez-nous les alternatives.

C'est ce qu'on essaie de faire sur l'automobile. C'est-à-dire qu'après, au lieu d'annonner sans cesse fin du moteur thermique, c'est... Qu'est-ce que vous me proposez comme alternative crédible et supportable financièrement ? C'est ça qu'on doit construire avec les agriculteurs. Et il y a des techniques... Quand vous faites du travail simplifié du sol, vous économisez du carburant. 20 ou 30% de carburant. Donc, on a besoin de remettre ça en cohérence pour dire la trajectoire carbone, on n'y renonce pas. Loin s'en faut. C'est l'intérêt des agriculteurs aussi. 1,5 degrés, c'est très mauvais pour l'agriculture. 4 degrés, c'est la catastrophe.

Donc, il faut qu'on ait une trajectoire à la fois de réduction des gaz à effet de serre et l'agriculture peut faire sa part d'effort et puis, deuxième élément, d'adaptation du monde agricole. Donc, la question GNR, c'était plutôt un glissement de fiscalité, mais le fait qu'on ait renoncé à cette mesure ne remet pas en cause le fait qu'on ait un besoin d'une trajectoire carbone qui soit tenue et les agriculteurs le savent.

22:28
Présentateur

Le GNR met le plan éco-phito et cette pause qu'évoquait Root visant à réduire progressivement l'usage des pesticides. Vous dites, non, on ne renonce pas, votre ligne et votre défense est un peu contre-intuitif. Est-ce que vous avez des détails d'ailleurs à nous donner ?

22:44
Marc Fesneau

Je comprends que ce soit contre-intuitif, mais arrêtons-nous cinq minutes sur le plan éco-phito. Le plan éco-phito, c'est un plan qui vise à accompagner une trajectoire de réduction d'usage des produits phytosanitaires. D'abord, c'est une pause de quelques semaines. Alors,

22:57
Présentateur

Christophe Béchut dit ce matin une pause de trois semaines. Est-ce que vous avez des détails à nous donner ?

23:01
Marc Fesneau

On arrive à trouver les voies et je vais vous dire sur quoi, par exemple.

23:03
Présentateur

En trois semaines ?

23:04
Marc Fesneau

Oui, il y a des éléments sur lesquels on peut travailler.

23:05
Présentateur

Vous n'avez pas une forme d'ambition de votre côté parce que quand on n'a pas réussi

23:08
Marc Fesneau

à réduire cette question... Je vais au bout de... La mise en pause du plan éco-phito, ce n'est pas la réhomologation des molécules qui sont interdites en France. Il ne faut pas caricaturer les choses. C'est comment on arrive à faire un plan éco-phito qui enfin arrive à tenir une trajectoire qui soit crédible et deux, qui soit supportable pour le monde agricole. C'est le troisième plan éco-phito. Le premier plan éco-phito, c'est 2009. Il a été reporté en 2015. Il a été reporté après, ensuite, parce qu'on voyait qu'on n'arrivait pas à trouver la trajectoire. Je vais vous donner un exemple simple sur éco-phito. On a un indicateur... Je vais essayer de ne pas le faire dans la technostructure.

23:44
Présentateur

Ne soyez pas trop technicien.

23:45
Marc Fesneau

Non, non, mais on a un indicateur qui est l'un des indicateurs choisis par la France. À l'époque, on était les seuls à avoir un indicateur qui fait qu'on juge sur cet indicateur la trajectoire qu'on s'est donnée. Cet indicateur, il est basé en particulier sur les molécules les plus toxiques. Qu'est-ce qui se passe ? Quand vous avez une molécule très toxique avec laquelle vous faites un seul passage, que vous la remplacez pour une molécule qui ne pose pas de problèmes environnementaux ou de cancérogénéité, votre indicateur se dégrade. Pourquoi ? Parce que vous faites deux passages ou trois passages. Donc, c'est simple à comprendre.

Donc, il vaut mieux rester avec le produit qui est encore autorisé, même s'il a sa part de toxicité, que de passer avec un produit parce que c'est le nombre de passages. Ce n'est pas cohérent. Et c'est aussi simple que ça. Ça n'est pas cohérent. Et donc, premier élément, on a besoin de remettre de la cohérence dans les indicateurs parce que celui qui fait des efforts, il est moins bien noté que celui qui n'en fait pas. Quand même curieux. C'est un indicateur qui était un peu totémique parce que c'est celui que la France avait inventé. Et puis, il y a un deuxième sujet. On va avoir des règles européennes de trajectoire de réduction des produits phytosanitaires.

On va avoir notre petit indicateur français alors qu'il y a un indicateur européen qui est en train de se construire, c'est-à-dire que nous allons comparer des choux et des carottes sans faire de mauvais jeu de mots. C'est impossible si on dit qu'il faut réduire de temps les produits phytosanitaires qu'on ait notre indicateur avec le biais que je viens de vous indiquer et que les autres pays européens aient un indicateur qui, lui, correspond plus à la réalité de la diminution globale des doses, en particulier des produits les plus toxiques. C'est les produits qui posent le plus de risques qu'il faut réduire en priorité. Et on ne part pas de rien.

Les produits d'ICMR1, cancérogènes, mutagènes, reproduction, c'est ceux qui étaient les plus à risque. On les a réduits de 95% en France. Ceux, les CMR2 qui sont en dessous, on les a réduits de près de 80%. Donc, on ne part pas de rien. Simplement, dans les indicateurs, il faut que ça se voit. Parce que sinon, quel est l'intérêt, y compris l'intérêt environnemental ?

25:29
Présentateur

Et là, pour le moment, ça ne se voit pas assez.

25:31
Marc Fesneau

Mais il me semble qu'il faut... Et puis deux, il faut qu'on ait... C'est comme si on disait qu'on a un indicateur sur le carbone qui n'est pas le même que le reste du monde et nous, on va faire notre indicateur. Vous voyez, il y a quelque chose qui ne correspondrait pas. Donc, la pause, elle permet de repenser cette question des indicateurs parce que c'est un des sujets principaux qui est élevé par la profession agricole. On va travailler là-dessus. Quelques semaines permettent sans doute... Vous serez prêt pour le salon ? C'est l'objectif. Oui, c'est l'objectif. Christophe Béchut a raison de dire que c'est l'objectif que nous sommes donnés.

Une question de crédibilité et de confiance vis-à-vis du monde agricole. Donc, il faut qu'on ait sur la table d'un certain nombre de points. Mais on a besoin en France sur ces questions d'indicateurs, sur ces questions de normes, on y reviendra, de remettre un peu de cohérence. Et deux, on ne peut pas dire qu'il faut qu'on ait des indicateurs, qu'on ait des normes qui ne nous mettent pas en concurrence ou en défaut d'analyse entre France et autres pays.

26:20
Présentateur

Et les écologistes sont de mauvaise foi, du coup ?

26:23
Marc Fesneau

Ils sont parfois, sur un certain nombre de sujets, je trouve trop totémiques. On y reviendra sur d'autres sujets. Je trouve que le sujet, c'est est-ce qu'on a une volonté collective, et je n'ai pas entendu autre chose dans le monde agricole, de réduire l'utilisation des produits phytosanitaires ? Oui. Est-ce qu'il faut trouver des alternatives ? On met 250 millions d'euros sur la table pour permettre de trouver les alternatives, les alternatives étant d'autres produits, des outils de biocontrôle, les nouvelles techniques génomiques. Les écologistes ne nous disent pas les nouvelles techniques génomiques.

Si on ne se dote pas des moyens et des outils et de la technique qui nous permet aujourd'hui de se passer d'un certain nombre de produits phytosanitaires, on n'y arrivera pas.

26:53
Présentateur

Et pas d'interdiction sans solution, de rechange, on a bien compris.

26:57
Marc Fesneau

L'interdiction, attendez, sur ce sujet, l'interdiction n'a jamais produit la solution. Et d'ailleurs, quand vous regardez ce qui est compris dans Eco-phyto, on constate qu'il y a des interdictions qui ont abouti à quoi ? On ne produise plus en France et c'est nos propres rêves qu'on a fixés. Et puis, à l'extérieur de nos frontières peu lointaines, on crée de la querelle. Vous voyez ce que je veux dire en disant que c'est la faute de tel ou tel pays ? Non, c'est parce que nous n'avons pas fait converger des choses.

27:17
Présentateur

C'est la faute de tel ou tel pays, c'est la faute de l'Europe coupabiliale dans cette crise. En tout cas, elle a été vivement prise à partie. On y revient juste après la pause. A tout de suite. Ah, c'est bien la salle de bain comme ça Sophie, ça respire. Faut dire que l'embrie posée par papy il y a 20 ans, c'était plus trop d'actualité. Vous l'avez supportée longtemps ce l'embrie. On se demande bien ce qui vous a convaincu de le changer. Découvrez les essentiels, les petits prix qui donnent envie de s'y mettre. Le Roi Merlin, on peut tout construire ensemble, même l'avenir. Je suis là pour être découverte et célébrée.

Je suis dans les lumières des spectacles et dans le scintillement de la mer. MSC Croisière, révélez la beauté du monde. Il suffit d'un peu de lumière en plus pour se sentir mieux chez soi. Chez K-Line, nos fenêtres vous offrent 15% de lumière en plus et la lumière vous offre tout le reste. Fenêtres-lumière. Pour la voiture électrique, je n'ai pas encore tranché. Mais pour faire installer ma borne de recharge, je n'ai pas hésité.

28:49
Locuteur 2

C'est easy. C'est surtout, c'est easy. Easy by ODF installe votre borne de recharge que vous habitiez en maison ou en copropriété. Une borne de recharge bien installée, c'est simple, c'est easy.

28:59
Présentateur

École, commerce, logement social, énergie renouvelable. Chaque jour, la Banque des Territoires accompagne les projets de votre collectivité locale pour améliorer votre vie quotidienne. Vivez, on s'occupe du reste. Banque des Territoires, l'intérêt général a choisi sa banque. Certains disent que les vacances doivent déborder de rire. Les journées sont pleines de plouf et de plaf. Certains disent qu'on ne se sent en vacances qu'au moment où on dit.

29:33
Locuteur 10

Mais pour Thomas, c'est plutôt le moment où on crie.

29:38
Présentateur

Ce voyage, tout le monde a sa propre opinion. Alors recherchez et comparez des vols sur kayak et découvrez par vous-même. Et si on faisait des profits pour que les autres en profitent ? Chez Écoutez Voir, les bénéfices contribuent à l'économie sociale et solidaire. Écoutez Voir, Optique et Audition, Mutualis, dispositif médical. Il existe un endroit merveilleux où tout semble mieux et où l'on se sent incroyablement bien. Cet endroit est tout près. Il est en toi. Tout ce que tu as à faire, c'est bouger. Bouge ton esprit avec ASICS. ASICS, un esprit sain dans un corps sain.

30:35
Locuteur 10

Chez La Belle Énergie, on vend uniquement de l'électricité verte française. Et pour nous, il n'y a rien de plus important que de passer à l'énergie verte. Tellement important que si vous préférez aller chez nos concurrents, on ne vous en voudra pas. On ne vous en voudra pas non plus si vous venez juste pour le prix. Parce que oui, notre kilowattheure est 20% moins cher que le tarif réglementé d'électricité. La Belle Énergie, tant qu'elle est verte, énergie est notre avenir. Économie sans l'art.

31:00
Locuteur 4

Salut Clara.

31:02
Présentateur

Salut.

31:03
Locuteur 4

Je te présente Hugo, il vient s'installer ici.

31:05
Présentateur

Bonjour Hugo.

31:06
Locuteur 4

Bonjour Clara. Tiens, il faudrait que je te parle de notre prochain conseil d'administration du Crédit Mutuel. C'est ce que tu veux. Ouais, et on se prend un café. Bien sûr. Elle est banquière, ta boulangère. Non, elle est membre du conseil d'administration, comme moi. Toi et la boulangère. Et l'institutrice, pas le ton voisin, enfin des gens comme nous. Mais qu'est-ce que c'est ici ? C'est un ULH test ? C'est comme ça dans tous les Crédits Mutuels de France. De France. De France.

31:28
Locuteur 3

Crédit Mutuel, une vente qui appartient à ses clients, ça change tout.

31:50
Présentateur

Profitez de Fiat 500 électrique des 49 euros par mois seulement, sans aucun apport. Fiat, l'électrique pour tous, mais surtout pour vous. C'est pourquoi chez Fiat, le bonus écologique est à 7000 euros pour tous.

32:03
Locuteur 3

Renoncez peut-être à l'arbre achat ? Misez plutôt sur les commerces à proximité pour louer votre bien 30,7% plus cher. Découvrez notre outil d'estimation locative sur meilleursagents.com.

32:14
Présentateur

Les choix de bies peuvent varier. Il y a des vies de famille ou plus solo. Des vies très posées ou plus rythmées. Nature ou plus urbaines. Faites votre choix en toute liberté, qu'il soit hybride, hybride rechargeable, 100% électrique ou hydrogène.

32:32
Locuteur

Il existe une Toyota électrifiée pour chaque mode de vie.

32:36
Présentateur

Chaque histoire compte.

32:43
Locuteur 1

Qui a dit que l'électrification ne pouvait pas vous surprendre ? Laissez-vous surprendre par l'innovation. Nissan Qashqai E-Power, le plaisir de l'électrique sans recharge. En ce moment, un prix anniversaire. À partir de 270 euros par mois sans condition, seulement pendant les offres 90 ans Nissan.

33:10
Présentateur

I do it early morning, 15 minutes non-stop. Osez enfin l'anglais grâce à 15 minutes de Babel par jour. Des leçons courtes basées sur des situations réelles.

33:24
Locuteur 8

L'idée patron, c'est d'ouvrir un compte pro sur Indie. C'est 100% gratuit ? C'est bon. Devenez indépendant sur Indie.fr. Bravo mon petit Alex.

33:47
Présentateur

Retour dans l'événement du dimanche, toujours avec notre invité Marc Fénaud, ministre de l'agriculture. Sur une question cruciale, l'eau. L'eau en pleine période de réchauffement climatique. Est-ce qu'il faut être en mesure de pouvoir stocker l'eau qui tombe l'hiver ? C'est ce que vous déclariez à nos confrères de Midi Libre il y a 24 heures. Est-ce que vous êtes favorable à des aménagements ? Suivez mon regard. Est-ce que c'est le retour des méga-bassines ? Et sa polémique qui...

34:11
Marc Fesneau

Écoutez, moi j'étais lundi dernier, il y a 8 jours, en Vendée, avec un modèle comme celui que vous déclariez de réserve de substitution. Certains les appellent les méga-bassines. Et quelqu'un a pris la parole dans la salle qui était issue d'une association environnementale qui a dit j'étais contre au début et je dois reconnaître que le résultat des courses c'est 15 ans plus tard. Parce que la Vendée était très en avance. C'est que ça marche. C'est pas moi qui le dis. Pourquoi ? Parce que... Qu'est-ce que c'est ce principe ? Vous êtes... Alors c'est pas valable dans tous les territoires.

Mais si on veut faire un peu de pédagogie, dans ces territoires-là vous avez des nappes qui sont des nappes peu profondes. Donc elles se vident très vite et elles se remplissent très vite. Contrairement à la nappe que je connais mieux, la nappe de Beauce qui vient chercher de l'eau à 180-200 mètres ou qui a besoin d'une grande inertie. Ces nappes, elles débordent en hiver. Donc l'idée de récupérer cette part de l'eau qui déborde en hiver pour la garder et pour pas qu'on vienne taper dans ces nappes ou taper dans les cours d'eau au moment où on a besoin d'eau pour l'agriculture ou pour d'autres usages.

35:07
Présentateur

Sur ce type de territoire ça fonctionne ?

35:09
Marc Fesneau

Sur ce type de territoire ça fonctionne. Je dis pas qu'il faut faire n'importe quoi. Il y a des études qui sont faites. Il y a des analyses qui sont faites. Vous prenez le cas de Sainte-Solene. Sainte-Solene, aujourd'hui, sans les réserves, c'est 18 millions de mètres cubes qui sont prélevés en été. Le modèle que propose Sainte-Solene c'est un modèle qui permet de réduire globalement les prélèvements à 13 millions de mètres cubes et dans les 13 millions de plus en prendre que 6 en été puisque le reste il est rempli dans ses réserves de substitution en hiver quand ça déborde.

C'est une question de bon sens avec en plus un engagement des agriculteurs de faire évoluer leur pratique, de réduire les produits phytosanitaires, de réduire, de développer le réseau de haies. Si on n'est pas capable de se dire en conscience qu'il y a des modèles qui marchent, celui-là dans ces régions-là, dans d'autres régions, c'est le modèle plutôt, je dis toujours le modèle de Serponçon, la grande réserve, c'est pas une méga bassine, c'est parce que c'est pour ces 3 500 hectares qui ont été couverts d'eau. Aujourd'hui, on a résolu une partie du sujet pas complètement de cette région-là par cet ouvrage qui fonctionne. Il a 60 ans de recul, cet ouvrage-là.

Mais vous savez, en ayant ce type

36:15
Présentateur

de discours et de propos, vous allez susciter la colère de toutes les écologistes.

36:18
Marc Fesneau

Mais c'est pas la colère, je dis, faisons-le avec un objectif. C'est un, on n'épuise pas la ressource profonde et la ressource qui n'est pas renouvelable. Deux, évitons quelque chose d'assez original ou d'embêtant qui est que les agriculteurs du Pas-de-Calais, ils avaient des restrictions d'eau au mois d'août et qu'ils ont un mètre d'eau aujourd'hui et que sans doute et peut-être au mois d'août ils auront des restrictions d'eau. Cette eau-là, elle part à la mer, elle ne vient pas à remplir des nappes profondes, elle file à la mer. Une part de cette eau-là, on la récupère, c'est pas une violence faite à l'écologie.

C'est pour s'éviter qu'on mette en tension les questions d'eau pendant les périodes dont on en a besoin, cette période estivale. Est-ce que ça veut dire qu'il faut faire évoluer aussi les assolements dans un certain nombre de territoires du fait de cette contrainte ? D'abord, les agriculteurs l'ont fait. En région Aix-Poîtou-Charentes, ils ont réduit 30% leur surface en maïs. Donc, ils n'ont pas eu besoin seulement qu'on leur dise pour le faire. Donc, il y a des réalités qui s'imposent à nous. Le cycle de l'eau, il a changé. Nous avons maintenant des grandes périodes de sécheresse et des grandes périodes d'inondations.

Parlez-en aux gens du Nord, du Pas-de-Calais et même, j'étais en Vendée, ça débordait de partout. Sans inondations. Ce n'est pas une offense faite à l'écologie de dire ça. C'est du bon sens écologique qu'il faut retrouver.

37:29
Présentateur

Et faire du cas par cas, par territoire également.

37:31
Marc Fesneau

Mais il y a des études qui permettent de justifier, des études qui permettent de montrer que ça met moins en tension l'été. Et puis, on a des territoires, pardon, je dis un mot là-dessus. Je pense au Languedoc-Roussillon, en particulier au Roussillon. Il ne tombe pas d'eau depuis des mois. Je pense à l'Aude, au Pyrénée-Oriental, à l'Aéro où j'étais. Il est tombé, dans certains coins, 160 mm en 14 ou 15 mois. C'est-à-dire, c'est du désertique. Donc, il faut qu'on repense le système agricole avec eux.

Et deux, que le jour où ils auront, parce que malheureusement, ils auront des épisodes d'icevenol, où ils auront 300 mm, qu'on puisse en récupérer une partie pour pas que ça fasse, d'abord, des dégâts immenses. Et deux, que ça puisse être utile. Dans les moments, il n'y aura plus d'eau. C'est simplement du bon sens. Et on a juste besoin de reposer tranquillement, comme j'ai essayé de le faire, cette question-là, et pas avec des dogmes. Ce n'est pas le modèle on tire de l'eau, on tire de l'eau, on tire de l'eau jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Mais ce n'est pas le modèle de rien n'a changé.

38:19
Présentateur

Marc Fénaud, une crise agricole qui a révélé un problème de compétitivité dans l'agriculture française. Ce n'est rien de le dire. Et c'est le chiffre de François.

38:31
Locuteur 9

Ce chiffre, Marc Fénaud, c'est 2 milliards et demi. C'est le montant du déficit agroalimentaire français vis-à-vis de l'Union Européenne. Pas du monde entier. Vous le connaissez, bien sûr, on va voir la courbe qui s'affiche. En réalité, il ne cesse de se détériorer depuis une quinzaine d'années. Notre potentiel de production s'est affaibli. On importe d'ailleurs 20% de notre alimentation. Et autre chiffre spectaculaire, il y a 15 ans, on était le deuxième exportateur mondial de produits agroalimentaires. Aujourd'hui, on est sorti du top 5 au profit des Pays-Bas, de l'Allemagne. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a évoqué les problèmes de réglementation, la transition écologique.

Ça, ça a débuté avant cette perte, cette détérioration de la compétitivité française.

39:15
Marc Fesneau

C'est d'ailleurs la courbe du monde, c'est une lente détérioration sur un certain nombre de secteurs. C'est la somme de ce qu'on est en train de se dire. Vous avez raison, le sujet n'est pas la concurrence seulement à l'extérieur des frontières européennes. Le sujet, il est d'abord dans les frontières européennes et ça ne date pas de l'adhésion de tel ou tel pays puisque vous voyez bien que l'inflexion la plus forte, elle date de 2008. Après, c'est un mouvement continu.

Ce n'est pas l'arrivée de tel ou tel pays parce que j'entends certains qui disent c'est la faute on a un sujet de compétitivité il y a un sujet de compétitivité parfois sur les normes quand vous avez des délais sur les délais ou sur le contenu. On a aussi des stratégies qu'on a parfois abandonnées. Je pense que j'ai relancé il y a trois semaines une initiative autour du blé dur. On a quasiment diminué de moitié nos surfaces en blé dur en France. Nous étions un pays qui compte tenu de son potentiel. Pourquoi ? Parce que dans les dispositifs de la PAC, dans les impasses techniques, on n'a pas mis en place les outils qu'il fallait pour retrouver une trajectoire.

On a besoin sur ce sujet-là vous avez raison je pense à deux ou trois les secteurs spécifiques type le blé. On n'a pas aussi un problème tout bête

40:20
Locuteur 9

de coût du travail de fiscalité comme l'industrie ?

40:23
Marc Fesneau

Il y a coût du travail fiscalité, normes dans beaucoup de sujets que je vois je pense aux fruits à fruits et légumes c'est souvent les impasses techniques. C'est-à-dire qu'on a besoin de remettre de la compétitivité par des alternatives à ce que sont le produit de nos interdictions européennes parfois malheureusement franco-françaises seulement. C'est là-dessus qu'on doit travailler. On a mis en place on a pérennisé le président de la République et le Premier ministre l'ont réaffirmé ce qu'on appelle le travailleur saisonnier TODE qui permet d'alléger la charge de l'emploi et je pense en particulier sur les fruits et légumes.

On a besoin parfois de mécaniser un certain nombre de secteurs parce que c'est là qu'on retrouvera. Donc c'est par l'investissement massif qu'on retrouvera de la compétitivité mais comme en plus la rémunération n'était pas au rendez-vous la capacité à investir du monde agricole était très faible et donc on a besoin en partie de prendre notre part nous au État et de retrouver par la rémunération de la capacité de compétitivité.

Mais l'essentiel pour moi il est dans beaucoup d'impasses qui ont été mises sur le monde agricole et puis on s'est laissé collectivement un peu endormir sur le fait que la balance restait en nette positive mais en fait c'était 20 spiritueux vous retirez les 20 spiritueux il y avait les céréales le lait les 20 spiritueux et on se contentait du chiffre final sans regarder dans le détail

41:38
Présentateur

nous étions

41:40
Marc Fesneau

nous étions en 2008 totalement autosuffisants exportateurs sur fruits et légumes nous sommes désormais importateurs sur 50% des fruits et légumes et donc il faut qu'on reprenne c'est ce qu'on a fait dans le sens du plan de souverain des fruits et légumes plusieurs centaines de millions d'euros pour les recherches alternatives pour du matériel qui permet aussi de protéger contre le dérèglement climatique contre la grêle contre le gel c'est tout ça qui fera alors c'est long cette courbe c'est 15 ans de descente c'est long de retrouver un chemin mais il faut qu'on ait une trajectoire qui soit continue c'est à dire qu'on montre ce qu'on veut je vois la volaille qui s'affiche il y a plein d'endroits où on ne peut plus faire de bâtiments de bâtiments de volaille pourquoi ?

parce qu'on a accumulé des procédures non pas pour protéger l'environnement mais souvent avec des gens derrière qui ont une volonté simple qui est d'empêcher que les bâtiments naissent si j'ai 42% de volaille implortée c'est aussi parce que faire un bâtiment de volaille aujourd'hui c'est la croix et la bannière parce que vous avez des procédures qui s'enchaînent et du voisinage proche ou moins proche qui par la procédure ne veut pas vérifier que les règles environnementales sont respectées mais par la procédure vient décourager j'ai plus un bâtiment d'élevage qui arrive à sortir dans certains départements de Bretagne pourquoi ?

parce que vous lancez votre sujet vous avez des procédures très longues 6 ans plus tard vous y êtes encore dans un schéma économique que vous connaissez les uns et les autres attendre 6 ans pour savoir si les prêts ont changé le système bancaire évolue la conjoncture évolue donc il y a quelque chose qui a tout ça ça a pesé lourdement sur les filières animales

43:04
Présentateur

d'accélérer aussi les procédures juste Marc Fénaud vous disiez nous étions autosuffisants en mettant cela au passé pose la question donc de la souveraineté la souveraineté la souveraineté la souveraineté non non mais juste avant de passer à la tomate parce que c'est très intéressant et au Mercosur parce qu'il y a vraiment des sujets juste un mot vous mettez la souveraineté alimentaire française dans la loi c'est quoi ? c'est une forme d'incantation ?

43:24
Marc Fesneau

non c'est pas une forme d'incantation c'est d'en faire dans nos politiques publiques un objet d'attention et d'identification c'est vrai qu'il y a besoin d'avoir des critères parce que cette courbe là elle est le produit de segmentation chaque année par année on a besoin en continu de vérifier que les politiques qu'on mêle elles viennent bien de servir la souveraineté alimentaire et filière par filière la souveraineté agricole filière par filière donc oui c'est important de le mettre dans la loi et de réaffirmer que notre objectif il est à la fois la transition parce que la transition écologique elle est nécessaire aussi

43:53
Présentateur

c'est pour contrebalancer la transition écologique ?

43:54
Marc Fesneau

non non mais si jamais on ne sait pas résoudre le défi du dérèglement climatique il n'y aura plus d'agriculture si on ne sait pas relever le défi de la biodiversité à terme il n'y aura plus d'agriculture donc c'est mais ça ne peut pas se faire contre l'agriculture il faut qu'on arrive à conjuguer les deux et qu'est-ce qui s'est passé depuis des années et je prends ma part c'est qu'on a fini par dresser l'écologie contre l'agriculture

44:15
Locuteur 9

et qu'au fond et on a privilégié les prix bas pour le consommateur alors après c'est la question est-ce que ce n'est pas contradictoire mais c'est aussi

44:20
Marc Fesneau

c'est pour ça que j'ai mené comme vous savez cette bataille y compris publiquement si l'idée c'est à tout prix le prix bas à la fin il n'y a plus de souveraineté alimentaire ni française et à la fin vous verrez ni européenne

44:30
Présentateur

ça c'est un message que vous passez aux industriels

44:33
Marc Fesneau

à la grande distribution et à nous alors chacun dans la mesure de ses moyens moi je ne fais pas de leçon moi je ne fais pas de leçon aux consommateurs mais chacun dans nos actes d'achat 100 euros de plus de la tonne de lait des 1000 litres ça fait 10 centimes de plus 10 euros des 1000 ça fait 0,01 centimes ceux qui le peuvent il faut qu'ils puissent faire cette part d'effort parce qu'en fait par cet acte là vous garantissez votre souveraineté et la souveraineté alimentaire c'est la liberté parce qu'il y en a un qui n'a pas oublié ça ou qui on parlait souvent sur cette antenne c'est monsieur Poutine il a mis sous dépendance un certain nombre de pays alimentaires et quand vous êtes dépendant des autres pour vous nourrir vous avez votre liberté vous pouvez la rayer d'un trait de plume et donc on a besoin mais c'est vrai vous avez raison monsieur Langlais on a besoin de prendre conscience nous consommateurs dans la mesure des capacités de chacun mais je ne sais pas ce que c'est que du lait premier prix parce que je ne sais pas ce que c'est qu'une vache premier prix parce que dans les deux cas elle produit du lait donc cette course qu'ont mené certains pour dire le prix le plus bas c'est une course contre la souveraineté et ça pour le coup c'est en même temps qui est impossible mais il n'y a pas que ça une partie de la dépense alimentaire elle est dans la restauration hors domicile elle est dans ce que font les collectivités les collectivités aussi elles doivent pouvoir prendre leur part et certaines le font

45:47
Présentateur

et on a vu que certaines cantines ne jouent pas du tout le jeu non plus

45:50
Marc Fesneau

mais moi j'ai été élu local j'ai fait en sorte d'avoir des produits locaux alors oui ça fait un petit effort budgétaire pour les collectivités mais c'est un choix politique est-ce qu'on veut l'alimentation française ou de l'alimentation de bonne qualité européenne à ce moment-là il faut la payer

46:02
Présentateur

alors parlons de bonne alimentation de qualité est-ce que les tomates bio espagnoles sont immangeables comme l'a déclaré une certaine ancienne ministre Ségolène Royal

46:12
Marc Fesneau

Madame Royal n'est pas à son coup d'essai en termes de populisme et de démagogie deuxième élément elle devrait se garder parce que ça a fait beaucoup d'émoins en Espagne je rappelle que quand il y a eu la maladie hémorragique épisodique il a suffi qu'on contacte nos amis espagnols pour qu'ils acceptent que nos bovins puissent construire la frontière vous voyez ce que je veux dire donc il y a des relations aussi humaines diplomatiques et il y a du travail qui est fait avec les espagnols deuxième élément il faut qu'elle revoie ces fiches si vous me permettez les choses le règlement sur le bio c'est un règlement européen donc

46:44
Présentateur

les tomates

46:46
Marc Fesneau

espagnoles elles respectent les mêmes standards que les tomates françaises voilà c'est aussi simple que ça

46:52
Présentateur

mais vous avez eu à gérer une petite crise diplomatique vous avez eu votre crise espagnole forcément

46:56
Marc Fesneau

Madame Royal enfin ça lui a fait de la notoriété pas positive en Espagne elle avait déjà sa notoriété en France dans ces crises là dire n'importe quoi c'est pas la solution troisième élément de réponse il y a une question de saisonnalité mais ça c'est une question de consommateur c'est pas une question de tomates espagnoles ou autre c'est mieux de manger les fruits et les légumes dans la saison où ils sont produits théoriquement c'est-à-dire de manger des tomates plus logiques en juin ou juillet qu'en plein coeur de l'hiver mais ça c'est une question d'appropriation collective sur les sujets mais venir jeter à l'invendique populaire nos amis espagnols avec lesquels on commerce qui nous ont beaucoup aidé sur cette affaire de maladie hémorragique des bovins je trouve qu'il y a quelque chose d'inconscient au premier sens du terme dans sa façon de procéder et puis dernier élément

47:40
Locuteur 9

sans vouloir défendre Madame Royal hier soir TF1 a diffusé un reportage sur une exploitation à Tocharès en Andalousie en Espagne 400 hectares production de tomates justement un bidonville à côté des maisons fabriquées en carton par les sans-papiers qui sont employées par l'exploitation de tomates payées 5 euros de l'heure

48:04
Locuteur 8

pour récolter des fruits et légumes de toutes sortes

48:07
Locuteur 9

on l'écoute on l'écoute pas au fond c'est une forme d'esclavagisme en Espagne est-ce qu'on peut

48:15
Marc Fesneau

tolérer ça ? moi je ne fais pas d'un cas particulier je ne connais pas la situation je n'ai pas vu ce sujet je n'ai pas le reportage je n'ai pas le sujet

48:21
Présentateur

on appelle la mère de plastique et ces images parlantes

48:23
Marc Fesneau

les espagnols aussi font leur part de la transition y compris sur les questions de l'eau et eux aussi ils ont des sujets qui sont devant eux de transition immense aller dire la tomate espagnole en gros l'adversaire c'est l'espagnol l'adversaire c'est l'Espagne que nous ayons nous aussi parfois dans nos pratiques sociales en France en Espagne en Italie et ailleurs des choses à faire je le dis volontiers mais aller faire une généralité remettre en cause le label bio qui est un règlement européen qui a été remodifié en 2018 c'est dire n'importe quoi et se chercher de mauvais boucs émissaires vous avez raison on a un besoin de compétitivité française mais n'allons pas reprocher aux autres nos problèmes n'allons pas reprocher aux autres nos propres surtranspositions quand c'est nous qui les avons créés

49:02
Présentateur

alors c'est justement la question de l'Europe la question de l'Europe elle est partout et elle va percuter avec les élections européennes donc on voit qu'il y a une concurrence intra-européenne on voit aussi qu'on promet de revenir sur les accords de libre-échange comme si on était seul en Europe et qu'on pouvait tout décider c'est pas vrai

49:21
Marc Fesneau

il y a deux sujets en Europe qui sont par les populistes pris pardon je le dis de travers me semble-t-il le premier sujet c'est plus d'Europe sur les réglementations c'est-à-dire que nous français nous devons faire notre analyse de la façon dont nous pratiquons les surtranspositions françaises quand on est dans un marché unique dans un marché commun c'est à terme la disparition de tel ou tel secteur d'activité qui penserait que nous ayons des normes différentes sur l'automobile que nos voisins européens qui accepterait ça ça serait immédiatement la disparition de nos filières automobiles donc on a un premier sujet vis-à-vis de l'Europe c'est tout ce qu'on peut faire on l'a dit sur Ecofito on le dit sur un certain tout ce qui peut être l'application des règles européennes ou leur surtransposition il faut remettre pardon de l'expression la ferme au milieu du village et il faut qu'on dise on a besoin de l'Europe pour avoir des règles communes puisqu'on est ensemble sinon on se retrouve avec la démagogie de Madame Royal premier élément et deuxième élément il faut que l'Europe remette sur le dessus de la pile si vous me permettez cette expression le sujet de la souveraineté agricole elle avait oublié la souveraineté énergétique elle avait oublié la souveraineté industrielle elle avait oublié la souveraineté enfin l'Europe c'est nous ce que dit tout le temps ce que dit tout le temps c'est tout le temps les politiques et Emmanuel Macron vous ne savez pas la fin de la phrase que j'allais avoir nous nous sommes battus sur ces sujets parfois nous nous battons seuls sur ces sujets dans les traités de libre-échange souvent l'agriculture a été la monnaie d'échange en disant c'était pas pétrole contre nourriture c'était automobile ou service contre agriculture si on veut garantir notre souveraineté alimentaire il faut que l'Europe change de logiciel mais que nous nous le portions

50:53
Locuteur 9

mais ça on est tout seul à le dire sur les traités comme le Mercosur

50:56
Marc Fesneau

c'est pas tout à fait

50:57
Locuteur 9

on dit on monte les muscles c'est pas tout à fait et surtout après les Pays-Bas l'Allemagne disent mais on veut ce traité justement pour pouvoir exporter nos Mercedes ou nos fleurs

51:07
Marc Fesneau

oui mais on peut d'abord avoir des désaccords avec les Allemands et les Néerlandais essayer de les convaincre ce que je veux dire c'est on n'a pas la marge de manœuvre suffisante pour bloquer ces traités pardon de vous dire que par exemple le traité australien il a buté sur la question agricole par exemple le traité du CETA qui lui est en vigueur et qui a rapporté avec le Canada on a mis des clauses pour éviter l'importation de bovins qui étaient nourris ou alimentés par des antibiotiques enfin bref et ça a permis d'éviter qu'il y ait de la concurrence qui soit déloyale et du coup on a un accord qui va dans le bon sens pour l'agriculture malgré tout ce qu'on avait dit donc c'est nous qui avons porté ça dans l'affaire du Mercosur qu'est-ce qui va pas ?

il va pas qu'on a pas de garantie sur les sujets de déforestation et de respect de l'accord de Paris que les contingents sont trop importants et que deuxièmement que les règles qui s'appliqueraient aux 4 pays signataires seraient pas les mêmes que celles qui s'appliqueraient à l'Europe donc on a besoin de réciprocité mais oui il y a besoin

51:59
Présentateur

et vous allez la voir on va la voir ?

52:01
Marc Fesneau

mais pour l'instant l'accord est suspendu à l'idée qu'on puisse travailler sur ces sujets là oui vous avez raison

52:06
Présentateur

on est reparti pour 20 ans de négociation sans doute

52:09
Marc Fesneau

mais négocier tant qu'on a pas ce qu'on veut c'est l'objectif d'une négociation et moi je pense que l'Europe elle doit faire responsabilité mais nous avons à faire porter en Europe le sujet de on peut pas livrer notre agriculture compte tenu du fait qu'on l'a fait monter aussi fort en termes de décarbonation en termes d'exigence environnementale à la merci de pays qui ne le respecteraient pas parce que moi il m'importe de savoir quelles sont les pratiques agricoles dans les pays qui peuvent commercer avec nous oui ils ont besoin de commercer avec nous les Brésiliens et les autres oui les Africains ont besoin aussi de pouvoir apporter leur propre part à l'alimentation mondiale mais pas dans des conditions qui dégradent chez eux leur environnement parce qu'en fait on importe l'environnement dégradé des autres on importe le carbone des autres et c'est ça sur lequel il faut travailler et c'est vrai que c'était pas la culture européenne c'est nous qui avons posé sur la table la question des clauses miroirs non on n'est pas encore au bout des clauses miroirs non c'est pas satisfaisant c'est vrai mais là dessus il faut qu'on continue à porter le feu et puis deux il faut dire que la PAC il suffit de relire les attendus de la PAC la PAC c'est pour acquérir la souveraineté alimentaire européenne cette année en 2023 pas cette année donc l'an dernier on a importé 40 millions de tonnes de céréales en Europe pas en France on est exportateur pourquoi ?

parce que le dérèglement climatique il pose problème moi je ne me satisfais pas de ça mais le discours porté

53:20
Présentateur

par le rassemblement national aujourd'hui semble convaincre beaucoup beaucoup d'électeurs mais c'est à nous

53:26
Marc Fesneau

de batailler parce que la voix c'est pas seule demandez aux agriculteurs anglais ce qu'ils pensent du Brexit demandez ce que ça a produit chez eux en baisse d'aide en baisse de compétitivité ils vont disparaître et il va falloir convaincre beaucoup beaucoup d'électeurs continuerait inlassablement ce travail de pédagogie

53:42
Présentateur

Marc Fénaud merci infiniment d'avoir été avec nous ce dimanche dimanche prochain on se retrouve autour de cette même table tout de suite c'est LCI Midi avec Florence O'Kelly bon dimanche à tous

L'Événement du dimanche LCI du 4 février 2024 : Marc Fesneau — Marc Fesneau · Pourquijevote