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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 47 min

Interview au QG de Jean-Luc Mélenchon | ELLE Société

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

Comme le mot a beaucoup de définitions, tout le monde peut répondre oui. Moi je dois ma formation de féministe à un personnage que moi je considère comme un des êtres les plus extraordinaires que j'ai rencontré, qui est Madame Colette Audry. Alors c'est la seule femme qui est citée dans le bouquin de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe. Et c'est Colette qui m'a pris à part à l'époque, elle avait un peu plus de 70 ans. Et Colette m'a expliqué ce qu'était le patriarcat, qui naturellement passait sous les radars de ma façon de voir, dans la mesure où le patriarcat n'est pas rattaché à une forme particulière d'organisation de la société.

Je veux dire, il y a du patriarcat dans la société capitaliste, mais dans la société féodale, dans la société esclavagiste, et c'est une structure qui sans doute est antérieure même à la société politique telle qu'on peut l'entendre. Voilà mon parcours. Ensuite, je suis entouré de personnes qui sont très vigilantes sur ce sujet. Il faut que vous teniez compte du fait de mon âge et de mon origine culturelle. Je suis un Méditerranéen né au milieu des années 50. Donc à l'époque où les petits garçons étaient les rois de la maison. Et où il a fallu, dans le cours de la vie, c'est ça qui est intéressant aussi dans l'action politique, c'est se déconstruire et se reconstruire autrement.

Donc j'ai cité Colette Audry. Ensuite, il y a eu les livres qu'on m'a fait lire et qui ont été des découvertes pour moi, les livres d'Elisabeth Badinter. Et ensuite, une forme de déception quand on est arrivé dans le débat sur la parité. Elisabeth, que j'admirais énormément, a renoué avec une vision universaliste qui effaçait la structure du patriarcat présente dans le refus de la parité. Et après, quand on a créé la gauche socialiste, il y avait parmi les dirigeants de la gauche socialiste une femme comme Laurence Rossignol qui était implacable sur le sujet et qui nous a contraints à une obligation de parité dans nos instances.

Et ensuite, je l'ai systématisé et tout est paritaire autour de moi. Alors, la direction du parti de gauche quand on l'a créé, sa direction est paritaire, mon équipe parlementaire est paritaire, et je ne supporte plus les assemblées composées uniquement d'hommes parce que j'y vois quelque chose de malsain. Quelque chose... Je me dis que si ça leur échappe, c'est qu'ils ne se rendent pas compte, et s'ils ne se rendent pas compte, c'est qu'il y a un problème. Bon, ça c'est mon esprit un peu, esprit de système.

Alors après, je suis aussi conduit à avoir un regard particulier sur la condition des femmes dans la mesure où leurs conditions sociales contribuent d'une manière extrêmement forte à la structure d'exploitation et de domination dans la société. Et c'est là qu'on voit que le patriarcat est une structure mentale, intellectuelle, culturelle qui conduit la victime à consentir à l'ordre. Donc il est une manière d'organiser l'ordre social et de le faire durer. C'est-à-dire de faire durer du travail gratuit, de faire durer du travail moins payé par des gens qui pensent que c'est naturel et qui y consentent.

Au fond, toutes les sociétés d'exploitation et de domination ont besoin du consentement des dominés. Parce que les dominants, par définition, sont peu nombreux et ont besoin d'installer des chaînes dans la tête des gens. On va sans doute parler de ça essentiellement. Donc, nous ne pouvons pas compter sur les mœurs pour faire évoluer les situations. Nous sommes obligés de nous appuyer sur la loi et la violence légitime que contient la loi pour obliger les récalcitrants à obéir. J'ai longtemps cru qu'on pouvait compter sur les mœurs, mais je ne le crois plus du tout.

Et notamment dans le débat sur la parité, c'était la première fois que je me disais les mœurs n'y arriveront jamais, donc on passe par la loi. Je compte sur vous pour me dire ce qui serait efficace et qui ne tourne pas à une espèce de police générale de tout. De l'habillement, des comportements. De l'habillement, c'est pour les questions qui ont à voir avec les pratiques religieuses ostentatoires. Puis après, on passera... Je ne sais pas. Il faut trouver une manière de faire. Je ne dis pas un point d'équilibre. Je ne parle pas de point d'équilibre parce qu'une manière de faire est juste ou injuste. Il faut trouver une manière de faire qui nous permette de réprimer sans obséder.

Voilà, mais c'est vous qui le saurez mieux que moi. Moi, vous savez, c'est à 60 ans que j'ai découvert ce que c'était que d'être une belle fille. Parce que j'ai commencé à avoir tous les relous de la terre sur le dos. Et une copine m'a dit qu'il n'y a même pas besoin d'être belle. Ça ne fait qu'aggraver le diagnostic. Donc je comprends maintenant exactement de quoi il est question. C'est-à-dire de gens qui se sentent des droits sur vous. En l'occurrence, pour ce qui me concerne, c'est parce que je suis un homme public, ils en déduisent que je dois être disponible tout le temps, à tout propos, pour faire des selfies sans arrêt.

de la même manière qu'un homme peut se figurer que toutes les femmes qu'il croise doivent lui être disponibles et qu'en tout cas, il a le droit d'essayer de vérifier si c'est le cas. Donc je comprends la violence de cette situation, la réification que ça implique, c'est-à-dire que vous êtes transformés en objets. Les gens n'arrivent même plus à imaginer que vous êtes un être humain, que vous n'en pouvez plus, que vous avez besoin de vous tenir à distance et que vous avez un droit à l'indifférence. Je pense que c'est vraiment le moment fondamental et il faut le traiter en tant que tel. C'est-à-dire, il ne faut pas agir comme si on voulait démontrer sans prouver, quoi.

Non, il faut dire, il y a un problème, les petits. On va vous dire lequel. Et entrer de plein pied dans le problème parce que les jeunes esprits sont ouverts. Ils sont prêts à entendre. Et même si ensuite, ils ne seront pas parfaits parce que les stéréotypes genrés sont dominants. Moi, j'ai pu constater l'échec absolu d'une éducation qui se volait non genrée, celle que ma fille, qui est un personnage absolument intraitable sur les principes, a essayé de donner à sa propre fille. Bon, un jour, j'ai un peu bêtement amené des cadeaux.

Et comme tous les hommes absents, là, le grand-père, peu très présent à l'époque, les cadeaux, on l'amène double quantité, quoi, parce que c'est une espèce de compenser bêtement. Bon, alors, j'avais amené des boîtes avec des colliers pour faire des perles. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus malin, mais j'avais fait ça. Et alors, les trois petits, il y avait ma petite fille, sa cousine et son cousin sont assis autour de la table et ils ont déballé les boîtes. Et c'était terrifiant, quoi. Les filles se sont jetées sur les perles, d'accord. Et le petit garçon s'est jeté sur les perles où il y avait des plumes pour se les mettre sur la tête et faire l'indien.

Et on était là, les adultes à regarder ça en disant c'est un échec total pour notre éducation, on n'est arrivé à rien. Donc, on sait que ce n'est pas seulement une question d'éducation des parents, c'est le contexte. Et donc, la surveillance et le contrôle mutuel que les jeunes gens peuvent exercer les uns sur les autres va jouer un rôle plus grand qu'on ne le croit. Parce que, dans ce cas précis que je rapporte, une éducation individuelle qui ne se voulait pas genrer aboutit à un échec, tout simplement, parce que l'identification au statut de petite fille ou de petit garçon, de toute façon, est inévitable. On n'a pas l'intention d'amener de jeunes êtres à être ni hommes ni femmes.

C'est le contraire, il faut. Mais c'est l'assignation qui est insupportable et le manque de recul sur cette assignation. Mais la liberté, c'est toujours très dur à enseigner. Alors, d'abord à l'école, prendre de plein fouet la question. La traiter comme telle, avec les petits, en leur disant qu'il y a un problème. Pas en essayant de les influencer sans qu'ils s'en rendent compte, pour que petit à petit... Non, on leur dit il y a un problème et on vous dit lequel. Donc moi, je m'oppose à ceux qui disent ce n'est pas une question à traiter avec les petits. Si, c'en est une.

De la même manière qu'on va leur expliquer pourquoi on ne met pas les mains sur la plaque à induction, pourquoi on ne met pas les doigts dans les prises. Après tout, on le leur dit, on n'essaye pas de les influencer progressivement pour qu'ils ne le fassent pas. Donc, l'éducation est forcément un caractère normatif. D'ailleurs, l'éducation dans l'autre sens a toujours eu l'éducation genrée un caractère normatif. Les exemples dans les bouquins de grammaire du masculin et du féminin ont été longtemps caricaturaux.

Et j'ai connu un pays où le ministre de l'éducation, c'était la Tunisie juste après Bourguiba, je crois que c'était moi, Ahmed Charfi, qui a fait jeter tous les manuels de grammaire à la poubelle pour enlever tous les modèles sexistes que les exemples de grammaire contenaient. C'est la première chose. Mais après, il y en a une deuxième qui, moi, a beaucoup retenu mon intérêt. Vous savez que la moitié de la jeunesse de France dans le secondaire est dans l'enseignement professionnel et technologique. Pour le coup, c'est quand même bien là que se fabriquent les stéréotypes genrés à propos des métiers qui vont occuper toute notre vie.

C'est donc pas un lieu secondaire et innocent pour cette question. Il faut y faire très attention parce que la classe moyenne supérieure qui pullule dans la haute administration et les médias ignore tout ce pan de la réalité. Parce que ces gosses, ils ne sont pas. Et lorsque j'ai eu à en connaître, il y avait des proviseurs, eux, qui, elles, avaient compris l'enjeu et avaient organisé pour les rares filles qui arrivaient à passer entre les gouttes dans les métiers entre guillemets masculins des groupes de paroles féminins. Et moi, je crois à ça dans la période intermédiaire. Nous devrons le faire. De même que nous devrons pousser proposer aux jeunes filles la totalité des métiers.

Je sais qu'on se heurte à un mur. Mais que fait-on qui ne soit pas concret ? Vous pensez qu'il existe une clé unique qui ouvrirait la porte unique ? Non. Il y a dix clés à ouvrir. Là, on en évoque quelques-unes. Comment concrètement ? En les poussant par l'orientation. Mais on ne peut pas non plus brutaliser la volonté individuelle. Là, déjà, vous parlez de jeunes femmes. On est à Bac+. Le formatage, vous le prenez deux, trois ans avant. Il est terrifiant. Une fille qui veut faire de la mécanique, c'est un problème non seulement dans la section mécanique mais dans sa famille ou si la mère est rarement d'accord. Si il n'y a pas le papa qui dit « oui, vas-y ma fille », ça ne le fait pas.

Tout ça aussi, c'est des stéréotypes qui existent dans la famille et dont l'origine, souvent, est la reproduction par les femmes elles-mêmes. Donc, il y a les questions d'orientation et ensuite, une fois en situation, il y a les questions d'accompagnement spécifique. C'est difficile à entendre. Beaucoup de gens ne veulent pas l'entendre. Ils ne peuvent pas se dire « qu'est-ce que c'est cette histoire ? » D'ailleurs, ça fonctionne dans l'autre sens mais c'est plus résiduel. Donc, casser les stéréotypes nécessite 1. des pressions sur l'orientation 2. des groupes d'accompagnement et 3. une représentation par l'image la publicité si on la supporte de la féminisation des métiers.

Donc, attention aux images qu'on projette qui fait quoi dans les images. Je crois beaucoup à ça. Et ensuite, il y a la représentation dans les séries. Bon, je vous parle de ça parce que je connais la valeur d'entraînement d'une série. Une série télévisée suivant les métiers qui sont représentés ça déchaîne les vocations. Bon, en Belgique ils avaient fait à un moment donné une série je crois que c'était une assistante maternelle et un facteur. Et ça avait déclenché des vocations. Mais c'est normal. L'image joue un rôle central dans la formation des êtres humains depuis toujours. Donc, faire comme si ce n'était pas le cas c'est décider qu'on ne parlera pas des sujets qui comptent.

Ayons l'honnêteté de dire que c'est très en débat pour plein de raisons. Dans le programme l'avenir en commun les délais sont réputés imprescriptibles. Mais je ne vous cache pas que c'est à la suite de beaucoup de discussions assez tendues entre nous. Parce que jusqu'à présent les crimes imprescriptibles c'est les crimes contre l'humanité qui ont un caractère méthodique, organifié, planifié et de masse assez spécifique. Tous les autres crimes si odieux qu'ils soient ont tous un délai de prescription. Moi je pense que c'est pas une petite décision de décider que c'est imprescriptible.

Cependant, comme la loi peut changer, pourquoi pas commencer par la changer en créant le délai imprescriptible de manière à signifier à tous les criminels qu'en toute hypothèse et en toute circonstance ils continueront à pouvoir être pourchassés. Ce qui pourrait avoir un effet dissuasif sur eux. Sans que aucun d'entre nous n'ait une illusion de croire qu'une peine puisse être dissuasive. Bon mais ça c'est un débat qui a toujours été ouvert. Par exemple ceux qui ont dit que la peine de mort était dissuasive se sont toujours trompés. Parce que quand on ne pratique plus la peine de mort on s'aperçoit que le nombre des crimes reste à peu près stable ni n'augmente ni ne recule.

Ce qui veut dire que l'action criminelle a un caractère hors de la raison ou en tout cas hors du raisonnable comme ça s'impose à l'esprit. Mais peut-être que nous avons besoin d'un premier temps dans lequel on frappe si fort que tout le monde s'aperçoit qu'il y a vraiment un problème qui est posé. parce que pour l'instant on est quand même assez largement dans le déni au sens où le déni n'a pas forcément une signification politique machiste sexiste etc. C'est seulement que nous n'avons pas souvent envie de connaître les choses horribles. Nous préférons les reléguer quelles qu'elles soient. Nous préférons ignorer pas savoir que de regarder en face.

Mais il est absolument impossible de ne pas regarder ça en face vu le caractère de masse qui progressivement se révèle. Honnêtement je fais partie de ceux qui n'auraient jamais cru que ce phénomène avait une telle ampleur. Je ne l'aurais pas cru de même que la violence dans les couples comme je l'explique dans le livre La Vertu je dis quand une injustice dure et que le moyen de la réparer n'est pas utilisé alors la faute elle sur le plan moral est imprescriptible parce que vous acceptez que perdure quelque chose qui est insupportable.

Donc là ça va nous renvoyer sur la formation des personnels et la spécialisation de l'accueil de la parole parce que contrairement à ce que croient les gens ce n'est pas une parole facile ce n'est pas une parole qui se libère facilement et d'autant plus que la forme de l'écoute doit être particulière et la forme de l'interrogation doit être particulière parce que faire décrire une agression alors comme c'est une agression physique on va trouver le mur de l'ambivalence du sentiment qui est une des choses qui paraît le plus étrange vu de l'extérieur pourquoi quelqu'un qui subit des violences néanmoins est retenu à l'égard du violent par des sentiments on a du mal à comprendre ça moi j'ai eu à connaître des femmes qui étaient dans cette situation j'étais révolté mais à la fin je leur en voulais presque bon on a du mal à quand on n'est pas préparé à le savoir on a du mal à l'admettre donc on voit bien qu'il faut être préparé à le savoir bon c'est tout c'est un comportement humain et tous les comportements humains nous ne sommes pas tous des psychologues professionnels donc eux savent et pas nous premièrement et ensuite il y a celui qui reçoit on ne dit pas la même chose à la même personne et si on ne va pas les décrire par exemple là on parlait des violences conjugales c'est une chose mais par exemple décrire une violence sexuelle mais c'est une deuxième agression parce que vous devez aller au delà de votre pudeur et c'est la répétition de la scène par conséquent la façon d'écouter ça nécessite une préparation donc dans les commissariats ça ne peut pas être à la main courante qu'on va comme ça au guichet ou je ne sais pas quoi ou dans un bureau donc il y a la formation des personnels et ensuite la difficulté d'arriver à qualifier et puis après il y a le dernier volet c'est la protection donc pour nous va se poser le problème des structures d'accueil et pas simplement de l'accueil de la jeune femme ou de la femme mais l'accueil d'elle et de ses enfants parce que le violent en général déchaîne sa violence sur tout le monde aussi bien sa conjointe que sur les enfants donc ça les structures d'accueil elles sont super déficientes dans le pays et sans doute que c'est des structures si particulières que la collectivité aurait pu y aller mettre en place parce qu'on voit tout de suite qu'on commence à mettre le doigt dans des problèmes d'une complexité telle qu'on dit ah là là là là bon mais pourtant c'est ce qu'il faut faire parce que le huis clos qui a été supporté pendant des siècles ne l'est plus et à juste titre cependant vous observerez une chose plus la société va plus nous sommes nombreux plus la loi entre dans ce qui était considéré comme le domaine privé la loi autrefois elle s'arrêtait à la porte de la maison on considérait que ce qui se passait dedans s'autorégulait mais maintenant on est tous conscients du fait que la société a des droits jusqu'à l'intérieur quand je dis la société a des droits vous m'entendez je viens à dire que nous avons choisi de vivre d'une manière mais elle n'a rien d'évident nous avons choisi nous société que nous ne supportons pas la violence conjugale mais elle a été supportée pendant des siècles et considérée comme légitime dans certaines religions hein donc faut pas qu'on perde de vue l'énormité intellectuelle politique qu'on est en train de faire ça n'a rien d'évident et il y a des tas d'endroits dans le monde où c'est considéré comme une intrusion absolument insupportable donc on voit qu'on est sur des limites des frontières donc cette question de l'accueil d'urgence c'est au fond la question qui va concentrer toutes les autres tout le reste c'est du baratin si on ne règle pas ça si on n'est pas capable de dire bon eh ben toi viens on te protège amène tes gamins parce qu'ils en ont déjà assez souffert le reste c'est parole verbale quoi moi j'en suis absolument pour vous savez que je propose la constitutionnalisation du droit à l'IVG et en rappelant cette proposition j'ai observé dans la marche du 18 mars que c'est un des moments de réaction les plus forts de la foule c'est-à-dire le moment le 18 mars quand nous avons fait notre marche pour la 6ème république donc j'ai évoqué un certain nombre de droits qui à nouveau qui devraient être de protection des libertés individuelles qui devraient être inscrits dans la constitution et l'un des moments peut-être est-ce le moment de la réaction la plus collective et la plus forte d'adhésion a été cette question pourquoi évidemment parce que c'est un il y avait là une foule progressiste mais pas seulement je pense que il y a deux choses la première est l'attachement à la liberté individuelle je vais y venir le second c'est que tout le monde sent que cette liberté est menacée j'appartiens à une génération qui a connu avant et après le droit à l'IVG donc j'ai des souvenirs extrêmement précis de ce qu'était la vie avant le droit à l'IVG et pendant la période où l'accès à la contraception n'était pas un accès libre et facile pour les jeunes femmes c'était alors des scènes assez pitoyables de voyages que l'on organisait vers la Hollande ou vers l'Angleterre ou vers la Suisse de filles qui allaient avorter ce sont des traumatismes intacts dans mon esprit sans que j'ai besoin d'aller plus loin dans la description de qu'a été ma propre vie comme celle de beaucoup de jeunes hommes à l'époque donc la question de l'avortement frappe aussi les jeunes hommes il ne faudrait pas les oublier dans l'affaire parce que quand on aime c'est d'amour donc on est traumatisé parce qu'ils traumatisent l'autre et qu'ils vous traumatisent vous-même et ce qui était le plus traumatisant c'était d'avoir à organiser ce genre de choses davantage que la décision elle-même à prendre alors moi je mets le droit à l'avortement dans la constitution pour le soustraire aux aléas électoraux parce qu'il apparaît que partout ce droit est remis en cause on a vu la situation en Pologne on sait ce qu'elle est dans d'autres pays et on sait ce qu'elle est partout l'église catholique ou d'autres religions mais moi je m'intéresse et j'ai à connaître plutôt de la sphère d'influence du christianisme cette question restera sans doute la plus grande blessure pour moi entre eux et moi pourquoi ?

parce que dans l'Amérique latine où la théologie de la libération et l'église catholique a joué pour une part un tel rôle dans les révolutions démocratiques tel rôle positif puisque la totalité des dirigeants de la vague démocratique tous sans exception étaient catholiques pratiquants et rattachés à la théologie de la libération Chavez Mujica moins peut-être moins Mujica Chavez Correa etc.

et ma déception a été de voir comment tous ont cédé sur ce point et jusqu'à Raphaël Correa qui à un moment donné avait accepté la pilule du lendemain et qui devant la levée de boucliers à l'instar sous la pression de l'église a fini par reculer complètement sur ces questions pour ne rien dire du pire qui est la situation du Nicaragua où la loi a été durcie sous l'autorité d'un gouvernement de Daniel Ortega quelque chose d'insupportable la loi a été durcie sous la pression directe et revendiquée de l'église puisque l'avortement est interdit y compris lorsque la vie de la mère est en danger et on se souvient de la position scandaleuse du clergé argentin lorsque une gamine je crois de 11 ans a été enceinte et on a vu comment au Brésil un archevêque a proposé d'excommunier la gamine c'est une gamine une petite et il a oublié le violeur dans l'histoire ou il l'avait oublié ou il avait considéré que c'était péché veiniel donc on voit que la pression exerce et elle ne s'est jamais relâchée par exemple en Espagne c'est jusqu'à un message du pape qui a eu pas de celui-ci mais du précédent diffusé en vidéo ce qui est absolument inimaginable en France pendant des manifs et on a vu ce que ça donne aux Etats-Unis Amérique où ils ne peuvent pas retirer le droit à l'avortement puisque là je crois qu'il est dans la il est considéré comme une liberté fondamentale constitutionnelle mais ils essayent de couper tout l'arrière donc vous avez raison de dire qu'à la fin toute discussion sur le sujet finit par où est-ce que ça peut se pratiquer librement et gratuitement alors moi je suis en effet pour ça je ne suis pas d'accord pour qu'on finisse par se trouver dans une situation où sous prétexte de respect de la liberté de conscience bon on ne pratique plus ça qu'à un endroit et on met des gens des médecins dans des situations psychologiquement attenables comme si par exemple il n'y avait qu'un seul endroit où on pourrait pratiquer l'appendicite bon bah franchement mettez-vous à la place de celui qui ferait ça du matin au soir comme un ouvrier à la chaîne assemblerait des plaques et des tôles bon ça finit par être totalement déprimant encore une fois ce n'est pas l'acte qui est en cause que sa répétition pour le professionnel donc oui en effet partout mais protégeons-le d'abord comme un droit constitutionnel parce que dès lors il devient opposable dès lors qu'il est constitutionnel ça m'amène à vous dire pardon mais la liberté individuelle l'ultime barrière c'est la libre disposition de soi tout part de là si je dispose librement de moi c'est donc que j'en suis capable donc comment en suis-je pas capable par ma liberté de conscience donc la liberté la seule liberté sans limite toutes les autres sont encadrées la seule liberté sans limite y compris le droit à l'avortement est encadrée la seule liberté qui est sans limite c'est la liberté de conscience et la deuxième ligne c'est je dispose absolument de moi et qui est moi sinon d'abord mon corps donc IVG dans la constitution interdiction de la marchandisation du corps prohibitionnisme pour la prostitution interdiction de la GPA et droit au suicide assisté pardon mais si je les enchaîne c'est pour restituer la cohérence philosophique d'une pensée parce que sinon on les prend une par une et on va finir par les opposer l'une à l'autre j'ai dû réfléchir à la question pas en partant des ovocytes mais en partant des aptitudes biologiques particulières des deux sexes par exemple quand on me dit est-ce que vous acceptez la procréation médicalement assistée alors que monsieur Mélenchon vous n'acceptez pas la GPA comment vous parlez de liberté de refus de la marchandisation si je suis libre c'est donc ce que je veux de mon corps ben non la société elle aussi est dicte des normes et des règles nous ne voulons pas vivre dans une société où le corps des femmes est considéré comme un instrument de production et la mise au monde d'enfants considérée comme un acte comme un autre parce que on m'a dit mais tu comprends notamment dans le cadre de la prostitution après tout le travailleur il lance à force de travail mais précisément la pratique sexuelle n'est pas un travail alors pour venir à l'affaire des ovocytes je la rattache à pourquoi je suis pour la procréation médicalement assistée donc clairement pour toutes les femmes bien sûr parce que on parle là des couples femmes homosexuelles bon donc je suis pour mais je ne suis pas pour que les couples d'hommes homosexuels aient accès à la GPA voilà donc alors on me dit ah ben c'est une contradiction et ben oui c'est une contradiction mais nous évoluons dans un domaine où la norme est première et on ne va pas chercher des fausses similitudes à mes yeux donc je suis parti de l'idée suivante le corps des femmes a l'aptitude biologique d'enfanter cette aptitude appartient à chaque femme d'une manière ou d'une autre elle lui appartient puisqu'il s'agit de son corps et elle dispose librement de son corps en ce qui concerne ces sujets donc il me semble que si je dis que je suis pour la PMA je dois dire que je suis pour l'usage des ovocytes congelés je sais très bien qu'il y a un danger on me dit oui mais ça pourrait conduire certaines femmes à reporter l'âge de la procréation compte tenu de leur carrière ah ben oui mais une liberté comporte la méditation et sur la liberté dont on dispose et ses conséquences donc on ne peut pas avoir un comportement législatif il va être normatif au sens où il va dire ce qui est autorisé ce qui ne l'est pas mais il ne peut pas ensuite aller prendre la décision à votre place quand vous dites le droit à l'avortement c'est une liberté vous ne dites pas si vous devez avorter ben c'est une question très importante que je connais d'autant plus que j'ai eu à en connaître autour de moi donc j'ai pu mesurer plusieurs choses d'abord la dureté de cette maladie son invisibilisation par le fait que comme ça ça coïncide avec le cycle menstruel du coup tous les comment dire les consignes de bonne femme entre en vigueur t'écoutes pas t'exagères etc parce que les gens n'ont pas idée de la souffrance que ça peut être une souffrance je ne vais pas entrer dans les détails mais abominable il faut des piqûres de morphine dans certains cas pour arriver à supporter ce que ça représente mais c'est une maladie invisible et comme c'est une maladie féminine et que le corps médical est assez largement dominé par les hommes elle est considérée comme bon voilà sauf que la maladie se propage dans le corps peut conduire à la fertilité mais aussi à la mort parce que les grappes de nodules sortent de l'appareil reproducteur il y en a partout il y en a dans l'estomac il y en a bon et ça peut être à la fin mortel si bien que il y a une prise de conscience et je suis vraiment je trouve formidable les femmes célèbres qui se sont mis en ordre de bataille sur le sujet parce que c'est leur célébrité qui permet de faire sortir l'affaire de l'ombre dans laquelle elle est donc je pense que d'abord il faut relancer la recherche ils mettent des sous là aussi il faut que les moyens de soulager soient mis en oeuvre donc que les médecins soient mieux préparés à dépister à reconnaître la maladie et enfin je ne sais pas comment on peut s'y prendre mais déculpabiliser les femmes parce que comme toujours le pire c'est ça c'est de se rendre responsable de quelque chose dont on n'est pas responsable comme la misère on en rend responsable le pauvre et l'endométriose la femme c'est à peu près comme si on rendait les gens responsables de leur rhume de leur grippe ou de leur cancer c'est absurde certains cancers ont lieu à des pratiques mais la plupart les gens n'y peuvent n'en peuvent mais ceux qui sont liés à l'environnement je fais ces comparaisons toujours pour montrer les similitudes et comment dire amener à banaliser pour que ça puisse être traité je pense que si je suis élu c'est une des questions que c'est un des gestes qu'il faudra faire à un moment ou à un autre pour dire voilà c'est une grande cause comme bon a été grande cause nationale l'illettrisme qui touche 2 millions et demi de personnes là on est dans des quantités bien supérieures on va dire l'endométriose et puis on va dire ah bah tiens on va mettre des sous dans la recherche et on dira de manière spectaculaire qu'on le fait et pourquoi et du coup on libérera la parole de millions de femmes et on conduira des millions d'hommes à regarder différemment la situation dans l'entreprise mais des fois dans leur propre famille et bah on regarde comment ça se passe en Allemagne parce que là on va parler de la possibilité pour les femmes d'avoir une carrière professionnelle alors tournons pas autour du pot ça dépend de l'accueil des gosses d'accord ça dépend de l'accueil des gosses si on accueille des gosses elles peuvent avoir une carrière professionnelle stable etc si on les accueille pas quelqu'un va se dévouer et à tous les coups c'est la fille à tous les coups c'est comme ça depuis 20 000 ans et ça va continuer bon autrefois dans les travaux des champs c'est elle pas lui qui portait le gamin sur le dos donc l'accueil c'est la question clé autour de laquelle tout le reste se construit si on ne fait pas d'accueil on connait la situation c'est l'Allemagne qu'est-ce que ça donne d'abord comme toujours une stigmatisation des femmes il y a même un mot c'est la mère corbeau parce qu'elle ne s'occupe pas de son petit elle va au travail égal elle l'abandonne qui a déjà subjectivement l'impression qu'on a quand pour la première fois de sa vie on confie son gamin à la nounou c'est la nounou on est mal celui qui raconte le contraire ment ou alors c'est une brute mais on est très mal la première fois qu'on colle votre gosse dans le bras d'un autre en disant tu vas t'en occuper toute la journée donc la mère corbeau c'est une construction qui se fait sur ce sentiment de malaise qu'éprouvent tous les êtres humains quand leurs enfants sont mis à distance et eux ça leur donne quoi un effondrement de la natalité voilà et nous c'est l'inverse comme jusqu'à présent vaille que vaille on arrive à retomber sur nos pattes ce qui n'est plus le cas aujourd'hui et bien nous avions une natalité florissante qui était la plus forte d'Europe bon ça prouve bien qu'il y a un rapport entre les deux alors l'accueil de la petite enfance ça commence par tout petit petit bon c'est-à-dire à la fin des congés de maternité la prise en charge des petits alors là on a plusieurs formules la crèche qui est le truc collectif les assistantes maternelles qui prennent en charge les gamins excusez-moi le mot m'échappe juste à cet instant etc puis après il y a l'accueil de la petite enfance à l'école nouveau défi intellectuel bon d'abord on a commencé par dire qu'on était content deux on commence par dire que c'est normal d'accueillir de manière socialisée les tout petits parce que là vous allez contre une tradition qui dit que c'est pas normal et que c'est pas bien et après il y a la question de la scolarisation des fois on va mettre des guillemets entre deux et trois ans d'accord parce que bon il faut qu'il y ait des formules qui soient mises au point notamment pour les petites deux ans, neuf mois bon et puis après il y a la scolarisation moi je suis pour la scolarisation dès l'âge de trois ans il y a le primat de la société moi le primat de la société ça m'a occupé toute ma vie mais bon il y a aussi le primat de la liberté individuelle il ne faut pas non plus commencer à entrer dans toutes les maisons pour dire ce que tout le monde doit faire bon alors en tout cas cette possibilité elle doit exister elle est salvatrice dans d'innombrables cas et maintenant elle est plus importante qu'avant la question par exemple d'un ministère est très débattue y compris dans les milieux féministes autour de moi la question a été débattue alors évidemment il est de bon ton de dire on va faire un ministère pour montrer que c'est important etc mais il y a des gens qui disent c'est une erreur d'abord si c'est un ministère il ne faut pas le coller avec autre chose certainement pas avec la famille bon comment un gouvernement d'inspiration PS a-t-il pu avoir une idée pareille non mais Laurence Rossignol je la connais mieux que vous tous j'ai milité avec elle je sais qu'elle est implacable elle n'est pas d'accord avec ça bon et je ne vais certainement pas la rendre elle responsable de cette décision absurde d'un technocrate dans un bureau qui s'est dit allez hop les femmes la famille tout ça c'est tout du pareil au même et fait reculer par le seul énoncé la cause qu'il prétendait mettre en valeur donc c'est absurde alors il y a la question des ministères à chaque fois bon enfin ministère parce que c'est important mais certains disent oui mais quand tu en fais un ministère tu l'institutionnalises et du coup tu le sors de la lutte générale bref la dispute a lieu et elle a une légitimité mais moi c'est toute l'action gouvernementale que je mets en cause le coup du ministère je connais vous mettez un ministre il a une administration spécifique ou une administration partagée premier temps mettons que ce soit une administration qui existe déjà comme ça ça fait plus court pour ma réponse l'administration déjà en place considère le ministre comme un emmerdement provisoire donc elle se demande comment elle va refiler ce qu'elle a préparé depuis des mois parce qu'elle elle a réfléchi puis après tout c'est pour ça qu'on la paye et arriver à faire comprendre au ballot ou à la ballotte qui vient d'arriver où est la vraie vérité et la vraie bonne chose à faire parce que de toute façon nous on y a pensé et lui il arrive en effet la haute administration a des raisons de se méfier en général le pouvoir s'organise de la manière suivante si vous êtes un spécialiste de l'éducation vous êtes nommé ministre de la poste j'ai connu ça sous François Mitterrand Mexando qui s'occupait d'éducation s'est retrouvé au PTT pourquoi ?

parce que c'est une manière pour le pouvoir central concentré sur le monarque présidentiel et le vice-monarque qui est le premier ministre et le vice-vis-monarque non vu par personne qui est le directeur de cabinet du premier ministre qui nomme les autres directeurs de cabinet qui contrôle tout ça de garder la main vous mettez quelqu'un qui ne connaît rien à un poste où il lui faut au moins trois mois pour arriver à comprendre de quoi il retourne et si par miracle au bout de trois mois il leur reste une volonté propre il va commencer essayer de faire de la politique ce qui lui prend encore trois mois et pendant ce temps-là six mois sont passés et c'est terminé bon donc moi toute cette mécanique je la connais je l'ai éprouvée au niveau local en étant élu local ensuite au niveau départemental en étant conseiller général dans une majorité et j'ai été ministre donc je sais comment ça se passe donc je conteste beaucoup cette organisation pour un gouvernement de révolution citoyenne comme seraient les gouvernements que j'aurais à constituer je ne vois pas pourquoi je vais recommencer à faire des ministères avec le partage évidemment parce que ça vient en ligne de compte entre les partis sous-groupes et ainsi de suite moi je crois il y a évidemment des ministères régaliens parce que c'est comme ça où il y a une espèce de continuité de permanence de l'état bon la défense vous ne changez pas de ligne tous les six mois je ne sais pas quoi bon deux trois ministères et tout le reste moi je suis pour que ce soit des hauts commissaires qui fassent le travail avec une mission regardez je n'approuve pas la politique de Martin Hirsch mais Martin Hirsch a été nommé pour faire une chose et il l'a faite et après quoi il est parti bon et je pense qu'il faut briser la course au grade à l'intérieur d'un gouvernement parce que quand vous entrez au gouvernement vous ne le savez pas il y a une échelle de perroquet donc vous entrez au gouvernement vous êtes combientième c'est la première chose qu'on vous dit personne ne sait qu'il y a un classement mais quand vous y êtes j'aime mieux vous dire qu'on vous le rappelle c'est comme à l'ENA il y a les premiers et les autres donc moi j'étais 21ème je permette à 20 autres de me regarder de haut et à mon tour de regarder les suivants de haut qui étaient des secrétaires d'état et que sais-je encore bon alors que fait le 21ème ou le 20ème ou le 10ème ben j'essaye d'être 9ème ou 5ème le coup d'après au suivant remaniement tout ça c'est la mentalité de la course à l'échalote terminé moi je veux rompre avec ça des hauts commissaires une mission t'as fait le boulot tu l'as bien fait on peut éventuellement t'en confier une autre mais sinon tu rentres à la maison ça y est t'as fait le boulot et tu peux donc prendre des gens qui savent faire une chose en qui t'as confiance tu dis celle-là celui-là il saura le faire parce que ça fait un moment qu'il se bat avec tout le monde et on va le faire pour de bon par exemple si je veux qu'il y ait un haut commissaire de la lutte contre la corruption je sais où j'irai le chercher forcément dans l'association anticorps il n'y aura pas au-dessus parce qu'ils se sont préparés pendant 15 ans il faudra on va même pas dire on va faire les femmes mais on va dire par exemple quelqu'un va s'occuper on va lui dire t'as 2 ans pour nous mettre sur pied et réaliser le plan d'accueil de la petite enfance pas sur le tutu je sais pas quoi machin un truc bidule en même temps non tu vas faire ça et nous allons faire comme ça voler en éclat les verrous parce que la situation est verrouillée à certains endroits le verrou global ne tient que parce qu'il y a des petits verrous et ces petits verrous ont une résistance un acharnement à résister parce que chaque fois que vous créez une frontière vous créez un garde-frontière et le problème de la frontière c'est le garde-frontière c'est pas la frontière elle-même quelles sont les mesures que vous envisagez pour permettre à tous les enfants souffrant d'un handicap d'avoir accès aux écoles à proximité de chez eux alors c'est bien parce que la question est bien posée souffrant d'un handicap on dira aujourd'hui l'expression est un peu longue enfin en situation de handicap j'aime bien ça parce que c'est très je trouve que c'est très concret pour le coup de dire en situation de handicap parce que du coup vous analysez en quoi consiste la situation de handicap plutôt que le handicap qui serait comme quelque chose sui-génériste essentiel entre guillemets tenant à l'essentiel alors clairement on part d'endroit tous les gosses doivent être scolarisés point alors dans telle zone et bien on a tant de petits qui ont une difficulté pour ceci ou pour cela c'est de nature très différente suivant qu'on souffre d'une situation de handicap moteur ou psychique c'est pas tout à fait le même registre je dirais que pour le handicap physique on règle plus facilement parce que c'est de l'équipement et un peu d'assistance c'est assez léger bon alors là on doit s'entendre on le doit ou pas si on le doit on paye point qu'est-ce que je veux dire de plus et si on paye qui va payer ben nous tous ça s'appelle l'impôt donc il faut rendre l'impôt juste hop 14 tranches et pas 5 qu'est-ce que ça mais on le fait et quand on a affaire à des petits qui ont un handicap mental ou psychique qui lui aussi peut s'exprimer de manière complètement différente par exemple si on prend le cas de l'autisme les formes sont tellement différentes moi je suis pour accueillir ces enfants à l'école avec les autres je sais que c'est un défi énorme je suis pas en train de dire c'est facile ou c'est mauvaise volonté donc il faut diminuer aussitôt l'effectif de la classe et renforcer l'effectif d'enseignant voilà comment vous dites à un parent on peut pas l'accueillir alors je fais quoi que doit faire le parent quelqu'un peut dire ensuite c'est dans les recommandations qu'on fait aux gens on leur dit ben allez voir en Belgique ils s'en occupent tout petit 5 ans 6 ans je vais mettre un môme en Belgique hein bon donc c'est une barbarie à l'intérieur de la société encore une fois rappelez-vous de mon âge j'ai connu la période où on cachait les handicapés d'accord et les handicapés psychiques il n'y avait pas d'établissement pour les accueillir j'étais gamin je me rappelle à l'étage du dessous en bas il y avait dans la cour il y avait un môme qui était là toute la journée c'était un monde trisomique il était dans la cour toute la journée de sa maison de son appartement et ma soeur et moi on lui faisait des petits coucous où on lui envoyait des bonbons donc si c'est pas la société qui prend en charge et qui se la streint c'est la barbarie et il faudrait que les gens comprennent qu'entre l'organisation collective et le chacun pour soi le prix à payer c'est la barbarie voilà moi je réponds ça on me dit c'est facile de répondre ça parce que ça coûte ben oui ça coûte essayer le contraire voilà vous trouvez ça normal je pourrais donner vous en connaissez comme moi un de ces exemples en général vous savez comme moi que le choc de l'accueil de l'enfant souffrant peut être d'abord tel qui disloque le couple pour commencer et aussitôt que reste-t-il la femme seule avec l'enfant en difficulté quelle est votre définition du beau un littéraire philo je vous prends la tête deux heures quoi alors les gens vont répondre l'harmonie ben non pas toujours le sentiment du beau spontanément c'est celui qui va être qui va résulter du spectacle de l'harmonie c'est comme ça si on fait une étude statistique je vous distribue des cartes postales qui représentent n'importe quoi vous allez statistiquement choisir les mêmes et ces cartes postales seront vraisemblablement pas vraisemblablement organisées au nombre d'or donc il y a une spontanéité du regard qui vous fait aller vers l'harmonie je vous dis ça parce que j'ai choisi le phi symbole de l'harmonie comme comme truc de campagne mais la désharmonie peut être magnifique par exemple si vous regardez les jardins chinois bon c'est justement le déséquilibre qui fait la beauté c'est pas l'arbre bien équilibré c'est justement celui qui est penché d'un côté donc je pense qu'on n'aura pas de définition objective du beau heureusement ce qui fait que notre liberté reste absolue pour le chercher et au fond est beau ce que nous trouvons beau voilà là c'est le philosophe du matérialisme qui vous répond est beau ce que nous construisons beau

Interview au QG de Jean-Luc Mélenchon | ELLE Société — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote