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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 février 2026 24 min

Mort de Quentin Deranque, la Jeune Garde, groupes fascistes et antifascistes... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info.

0:03
Manuel Bompard

Bonjour Manuel Bonpard. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Une semaine après le lynchage à mort de Quentin de Ranque, onze personnes ont été interpellées, dont désormais deux assistants parlementaires de l'un de vos députés, Raphaël Arnaud, fondateur du groupe d'ultra-gauche La Jeune Garde. L'avocat de l'un de ses collaborateurs, qui s'appelle Jacques-Élie Favreau, était au micro de notre correspondant à Lyon. On l'écoute.

0:28
Invité

Il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. En tout cas, la commission de violence et sa présence sur les lieux. Il a indiqué qu'il n'était pas l'auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Duranque. Il s'est dit absolument dévasté.

0:41
Manuel Bompard

Mardi pourtant, l'insoumise Mathilde Panot assurait à l'Assemblée qu'aucun insoumis n'était impliqué ni de près ni de loin dans ces violences. Manuel Bonpard, est-ce que vous avez menti ou vous vous êtes trompé ?

0:54
Présentateur

Mais d'abord, cette personne n'est pas insoumise.

0:57
Manuel Bompard

Un collaborateur de député insoumis n'est pas considéré comme insoumis ?

1:00
Présentateur

Non. La participation à une formation politique, c'est une chose. Le fait d'être employé comme collaborateur d'un député, c'est une autre chose. Donc là, c'est vous qui mentez, en l'occurrence, en faisant ce parallèle.

1:13
Manuel Bompard

Non, moi je vous cite les propos de Mathilde Panot. Mais vous considérez que ce n'est pas un insoumis ?

1:17
Présentateur

Mais ce n'est pas « je considère », madame. Qu'il n'est pas lié aux insoumis ? Mais ce n'est pas une considération. Il n'a jamais sa carrière chez vous ? Non.

1:23
Manuel Bompard

Elle disait qu'aucun insoumis n'est impliqué ni de près ni de loin. Vous considérez que c'est n'être impliqué ni de près ni de loin que vous êtes le collaborateur d'un député insoumis ?

1:30
Présentateur

Je vous ai répondu sur ce sujet. Pour le reste, vous avez cité les propos de son avocat. Son avocat ne dit pas qu'il a participé directement au drame. Son avocat dit qu'il a participé des violences, donc de la scène de violence qu'on a pu voir ensuite dans la deuxième vidéo qui a été publiée. C'est-à-dire cette scène d'altercation entre deux groupes de personnes dont d'ailleurs il est parfois difficile d'identifier qui fait quoi précisément. Moi, je ne suis pas enquêteur, je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur. Donc, il y a une enquête qui est en cours et elle devra déterminer les responsabilités. Ensuite, vous citez le nom d'un deuxième collaborateur.

Et vous ne dites pas que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas d'avoir participé au drame. Les faits qui lui sont reprochés manifestement, ou en tout cas le cadre dans lequel il est entendu, c'est le fait qu'il aurait eu des contacts en quelque sorte, si j'ai bien compris les raisons de son audition, qu'il aurait eu des contacts ensuite avec les personnes qui, eux, auraient été présentes sur place.

2:31
Manuel Bompard

Et lui non plus, il n'est pas lié à la France insoumise ni de près ni de loin ?

2:34
Présentateur

Non, madame, mais je veux juste, une fois que j'ai répondu à vos questions, vous rappeler quelques éléments. On est normalement dans un état de droit. Il y a un article qui est l'article 121-1 du Code pénal, que le Conseil constitutionnel a érigé d'ailleurs comme principe constitutionnel, qui dit que nul ne peut être responsable d'autre chose que de son propre fait. Donc la manière avec laquelle on essaye de rendre responsable Raphaël Arnaud, qui n'est aucunement concerné par l'enquête...

3:00
Manuel Bompard

Ça veut dire qu'il ne va pas être exclu de la France insoumise ?

3:02
Présentateur

Certainement pas, madame. Certainement pas ?

3:03
Manuel Bompard

Pas même suspendu, Manuel Léron-Parte ?

3:05
Présentateur

Madame, pardon, vous avez des responsabilités, vous êtes des médias, d'accord ? Il y a des principes dans un état de droit. Bien sûr, mais vous nous répondez ce que vous voulez. Madame, il y a des principes dans un état de droit. Ces principes dans un état de droit, c'est le fait que nul ne peut être responsable d'autre chose que des actes qu'il a commis lui-même. Ces principes dans un état de droit, c'est ce qu'on appelle la séparation des pouvoirs. C'est ce qu'on appelle le secret de l'enquête. Alors moi, j'ai bien compris... Donc il ne sera ni exclu ni suspendu aujourd'hui, Manuel Léron-Parte ?

3:28
Manuel Bompard

Non, pardon, c'est important parce que Maud Bréjeon, la porte-parole du gouvernement, vous appelle à l'exclure.

3:32
Présentateur

Oui, mais en fait, ce n'est pas parce que Mme Bréjeon me demande de faire quelque chose que je dois le faire. Parce que vous savez, nous sommes dans une démocratie et que ce n'est pas au gouvernement de décider des modalités d'organisation des groupes d'opposition dans une démocratie. Mais quand le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, je finis ma question. Je finis juste ma question parce que c'est complémentaire. Parce que sinon, je vais vous couper pendant vos questions, si vous me coupez pendant mes réponses. Monsieur, laissez-moi terminer ma réponse et ensuite, je répondrai à votre deuxième question. Je vous disais que nous sommes dans un état de droit, normalement.

Alors, j'ai bien compris cette semaine qu'une grande partie de la classe politique et de la classe médiatique a décidé de bazarder absolument tous les principes qui sont les principes d'un état de droit. Mais moi, personnellement, pardonnez-moi, je fais partie des gens qui pensent que ces principes, ils ont une importance. Et moi, je vous appelle à vous ressaisir un petit peu. Et est-ce qu'on peut vous poser des questions maintenant ? Oui, vous en particulier, les médias de manière générale, la classe politique de manière générale.

Monsieur Darmanin, qui est ministre de la justice et qui, en vertu d'un principe, qui est un principe de séparation des pouvoirs, n'a pas pour rôle de faire le travail de la justice à la place de la justice. Peut-être qu'il faudrait s'en rappeler. Peut-être que c'est important. Mais quand il dit LFI ne se désolatérise de rien, qu'est-ce que vous lui répondez sur le fait ? Mais que c'est absolument faux, puisque LFI, dès le premier jour, a dit que nous étions en condamnation absolue du fait qu'une personne ait été frappée à terre et qu'elle en soit morte. Mais là, vous avez deux assistants parlementaires en lien d'avis et un stagiaire, et vous semblez solidaire ce matin à l'antenne.

Vous ne semblez pas les condamner. Monsieur, mais qu'est-ce que vous racontez ? Je vous écoute attentivement. Mais vous dites, vous venez de prononcer la phrase, vous ne semblez pas les condamner. Exactement. Est-ce que vous pouvez vérifier, ou pas, s'il vous plaît, que personnellement, et l'ensemble des responsables de la France Insoumise ont condamné absolument les faits ? Vous en êtes d'accord ?

5:16
Manuel Bompard

Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que vous condamnez leur présence sur les lieux du drame ?

5:20
Présentateur

Non, vous ne me posez pas une question. Je vous parle d'un fait. Est-ce que, oui ou non, l'ensemble des personnes membres de la France Insoumise ont condamné ces faits ?

5:28
Manuel Bompard

Condamné les violences, bien sûr. Et le lynchage à mort d'un jeune identitaire, oui, ça a été condamné par la France Insoumise. Officiellement, la France Insoumise condamne les violences.

5:35
Présentateur

Pourquoi vous me dites qu'on a l'impression que je ne le condamne pas ?

5:37
Manuel Bompard

Il y a une question qu'on se pose pas.

5:39
Présentateur

C'est quand même incroyable. Moi, je m'appuie sur des faits, vous comprenez ?

5:42
Manuel Bompard

Mathilde Canot disait, aucun insoumise n'est lié ni de près ni de loin à cette affaire. Raphaël Arnaud, votre député, est le fondateur du groupe Antifa La Jeune Garde. Trois de ses proches ont été interpellés. La plupart des interpellés sont des membres du mouvement La Jeune Garde. L'un d'eux reconnaît des violences. Pardon, mais pour vous, ça n'est pas suffisant comme motif d'exclusion ou de suspension ? Et ça ne signifie pas que vous êtes à minima lié de loin ?

6:07
Présentateur

Non.

6:08
Manuel Bompard

Juste, j'aimerais bien que vous répondiez sur l'exclusion, la suspension.

6:11
Présentateur

Il n'y a pas de question, mais je vous ai déjà répondu. Il n'en est pas question.

6:14
Manuel Bompard

Pas de suspension, pas d'exclusion.

6:16
Présentateur

Je vous ai répondu, madame. En vertu de quelles règles que vous avez inventées désormais, une personne, un employeur, devrait être responsable des actes commis par ses salariés ?

6:26
Manuel Bompard

C'est le fondateur d'un mouvement Antifa La Jeune Garde connu, Guisson pour violence, Manuel Gompas.

6:30
Présentateur

La question que vous m'avez posée, c'est une question liée à ses collaborateurs. Est-ce que vous connaissez... Ses collaborateurs sont membres aussi de ce mouvement. Vous déterminez désormais que dans notre pays, quand un salarié commet un acte problématique, s'il l'a commis, c'est son patron qui doit en être responsable ?

6:44
Manuel Bompard

Non, mais faire entrer à l'Assemblée un mouvement Antifa qui a été dissous pour violence, Manuel Gompas, pour vous, ce n'est pas avoir une responsabilité dans les violences que commettent ensuite ce groupe ?

6:54
Présentateur

Madame, mais c'est pas... Mais en fait, vous...

6:57
Manuel Bompard

Non, mais c'est une question.

6:58
Présentateur

Donc vous êtes capable... Non, ce n'est pas une question, c'est une affirmation. Vous avez dit les violences que commettent ce groupe. Vous, vous êtes capable d'affirmer...

7:02
Manuel Bompard

Il a été dissous pour violence, Manuel Gompas.

7:04
Présentateur

Non, mais attendez, ne mélangez pas tous les sujets. En l'occurrence, s'il y a des personnes qui ont été impliquées dans ce groupe et qui ont une responsabilité dans ce drame, ça ne veut pas dire que c'est cette organisation en tant que telle, puisque vous l'avez dit vous-même, elle a été dissoute, qui porte une responsabilité dans ce drame. Vous en êtes d'accord ? Donc il faut faire attention à être capable, si c'est possible, encore, dans la période que l'on vient de vivre, même si je comprends l'émotion qui a fait suite à ce drame, je la comprends. Mais je crois que notre devoir et notre responsabilité, c'est d'être capable de rester droit sur un certain nombre de principes.

Et ce que je trouve extrêmement inquiétant dans la période que l'on vient de vivre, c'est qu'il y a toute une partie de la classe politique, et même, je suis obligé de vous le dire, de la classe médiatique, qui a décidé de bazarder l'ensemble de ces principes. Eh bien, moi, j'assume de vous dire, et je suis fier de vous dire que je fais partie des gens dans ce pays qui considèrent qu'il faut rester attaché à ces principes.

7:54
Intervenant

Monsieur Bompard, quand la députée LFI Alma Dufour disait sur BFM, je le précise, juste avant les interpellations, c'est important, avant les interpellations, néanmoins, elle dit, je mets mes deux mains à couper que le collaborateur de Raphaël Arnaud, qui a été jeté en pâture comme ça, n'a rien à voir avec cette histoire. Néanmoins, s'il y a des liens à couper, nous les couperons. Est-ce que ce matin, vous nous dites, aucun lien à couper, aucune suspension ? Rien.

8:16
Présentateur

Aucune sanction. C'est incroyable, la question que vous êtes en train de me poser. Pourquoi ? Mais, monsieur, le collaborateur en question, il n'est plus collaborateur. Il a été démis, effectivement, de cette histoire. Oui, il y a eu des liens qui ont été coupés. Il y en a un stagiaire, mais il y en a un stagiaire. Mais ce n'est pas la question que vous me posez. La question, c'est que vous souhaiteriez que je considère que Raphaël Arnaud est responsable des actes qui ont été potentiellement commis par l'un de ses collaborateurs. Ce qui est juste totalement hallucinant.

Attendez, regardez, cette semaine, le canard enchaîné a publié une information, je vais vous faire juste une comparaison, qui, évidemment, les faits ne sont pas d'une même gravité. Cette semaine, le canard enchaîné publie une information comme quoi un ancien collaborateur de monsieur Lecornu a dû démissionner parce qu'il a consommé des stupéfiants. À aucun moment, vous avez posé la question de la responsabilité de monsieur Lecornu lui-même. Vous avez posé la responsabilité de son collaborateur.

9:02
Intervenant

Vous ne sentez aucune responsabilité politique dans le recrutement de toutes ces personnes ? Mais les recrutements où ? Je les ai recrutés dans quoi ?

9:09
Manuel Bompard

En fait, ce n'est pas des questions que vous me posez. Vous vous rendez compte que, en fait, vous me posez des questions qui sont factuellement fausses. Excusez-moi, si je peux dire quelque chose. La question qui se pose et qu'interroge la classe politique, c'est le rapport de LFI à la violence, à la brutalisation, comme le pointent vos adversaires. Alors ça, c'est autre chose. Vous assumez aujourd'hui d'avoir investi, comme député, le fondateur d'un groupe d'ultra-gauche violent, fondateur qui, en plus, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion. Et dont, aujourd'hui, les collaborateurs sont impliqués dans ces faits. Vous assumez.

9:41
Présentateur

Madame, je fais la distinction entre ce que j'appelle l'antifascisme conséquent, l'autodéfense populaire, qui est évidemment indispensable. Mais il a été condamné pour violences. Non, mais ça, après, on va y venir, si vous voulez. Quand vous êtes dans une ville comme Lyon, parce qu'à un moment, c'est bien de commenter sur les plateaux de télévision, dans laquelle, depuis plusieurs années, il y a eu plus de 100 attaques par des groupes d'extrême droite qui visaient des personnes racisées, qui visaient des personnes LGBT, qui visaient des événements organisés, des marches d'infierté, et que les autorités ne font rien pour mettre hors d'état de nuire ces groupuscules d'extrême droite.

C'est pas ce qu'on reproche à Raphaël. Attendez, attendez, madame. Oui, il y a des gens qui décident de s'organiser pour essayer de faire en sorte de pouvoir garantir la possibilité de pouvoir organiser des événements, de ne pas être agressé dans la rue quand on est une personne issue de l'immigration.

10:30
Manuel Bompard

Vous dites sérieusement que les groupes antifas, aujourd'hui, ils font vraiment uniquement de l'autodéfense et ils sont là juste pour s'organiser ?

10:36
Présentateur

Je dis sérieusement, aujourd'hui, madame, que moi, j'ai soutenu, je soutiens, et je continuerai à soutenir les groupes antifascistes qui font de l'autodéfense populaire.

10:44
Manuel Bompard

Même le groupe de l'agent d'air dissous pour violences.

10:47
Présentateur

Mais, madame, ce que j'ai vu sur les vidéos qui ont été publiées par TF1 n'est pas de l'autodéfense populaire et que ce sont des faits que je condamne absolument. C'est simple, c'est clair. Pour le reste, madame, vous avez posé dans votre question le fait de savoir si la France insoumise a appelé à la violence.

Je vous mets au défi, vous, mais l'ensemble des journalistes, je vous mets au défi de trouver une seule expression de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon, qui en est le fondateur, de Mathilde Panot, la présidente de son groupe parlementaire, de l'ensemble de ses parlementaires, de ses élus et de ses militants, je vous mets au défi de trouver une seule prise de parole qui appelle à la violence. Et je peux répondre à ma question.

11:23
Manuel Bompard

Écoutez ce que disait Jean-Luc Mélenchon.

11:25
Présentateur

Vous trouverez exactement l'inverse. Jean-Luc Mélenchon... Écoutez ce qu'il disait mardi soir, Manuel Bompard. Jean-Luc Mélenchon, c'est parti des gens qui, à chacune de ces réunions publiques et à chacun de ces meetings, a toujours appelé à la non-violence.

11:34
Manuel Bompard

Écoutez ce qu'il disait mardi soir, alors que le Premier ministre a appelé LFI à faire le ménage dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon répond ceci à propos de Raphaël Arnaud et de la Jeune Garde.

11:44
Invité

Il est travailleur. Il nous fait honneur. Nous approuvons leur résistance. Nous approuvons leur organisation et celle des autres antifascistes. Quand bien même, des divergences souvent nous séparent.

11:57
Manuel Bompard

Encore une fois, il parle de Raphaël Arnaud, un bon député. Il parle de la Jeune Garde. Il dit nous approuvons leur résistance. Nous approuvons leur organisation. Est-ce que vous reprenez ces propos ? Vous aussi, vous dites aujourd'hui j'approuve la Jeune Garde et ses méthodes. Vous le dites. Et son organisation ?

12:11
Présentateur

Vous dites aujourd'hui ça. Les méthodes qui sont celles de la Jeune Garde, c'est-à-dire celles de l'autodéfense populaire et pacifique.

12:17
Manuel Bompard

Mais vous voyez bien que ce n'est pas ça qu'on reproche à la Jeune Garde. Enfin, on reproche à la Jeune Garde d'avoir promis de violences.

12:21
Présentateur

Vous n'en savez rien, en fait. Alors, il y a le décret de dissolution de la Jeune Garde. Non, mais pardon,

12:25
Manuel Bompard

si je peux quand même poser une question. Oui, mais là, c'est vous qui venez de me poser une question Le décret de dissolution de la Jeune Garde pointe notamment que les membres du groupement sont régulièrement impliqués dans des actions particulièrement violentes et que ce groupement l'assume. Il parle d'agissements violents qui sont un mode d'action généralisé. Et il cite, à titre d'exemple, parmi de nombreux autres, Rix à Lyon en 2018, règlement de compte dans un café de Lyon en 2024, agression à Paris, agression à Strasbourg. Tous ces éléments, ils sont dans le décret de dissolution de la Jeune Garde. Mais vous, vous dites, c'est une organisation qui ne fait que de la défense populaire.

13:01
Présentateur

Oui, madame, parce qu'en fait, ce décret de dissolution, on sait bien qu'on puisse en parler, c'est un décret de dissolution qui a été pris par le ministre de l'Intérieur. Dans le décret de dissolution, il pointe 11 épisodes dans lesquels il attribue une responsabilité à la Jeune Garde. Et cette dissolution, comme vous le savez, elle a été contestée. Et dans cette contestation, l'avocat de ce mouvement dit que parmi ces 11, il y en a 8 qui n'impliquent aucun des membres de la Jeune Garde et qu'il y en a 3 autres dans lesquels il n'y a aucune condamnation. Vous voyez ? Donc, vous savez, c'est parce que c'est l'effet.

D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle il va y avoir une décision au Conseil d'État sur l'éventuelle dissolution ou pas de ce groupe-là. Donc, c'est pas parce que le ministre de l'Intérieur dit quelque chose que c'est une vérité, en fait. C'est ça qu'il faut comprendre, madame. Donc, vous pouvez essayer, si vous voulez, de m'attribuer des soutiens à des faits que je ne soutiens pas, mais vous n'arriverez pas à nier juste une chose très simple que j'ai dit, en fait. C'est que moi, je soutiens l'autodéfense pacifique. Je ne soutiens pas le fait qu'on s'en prenne à un homme à terre. Et mon point de distinction, puisque vous me demandez où il faut couper les liens, c'est là.

14:08
Intervenant

Raphaël Arnaud peut rester député aujourd'hui. Mais j'ai déjà répondu. Il peut continuer à porter des lois. Mais évidemment.

14:15
Manuel Bompard

Et vous condamnez la violence quelle qu'elle soit. Même si l'homme n'est pas à terre, vous condamnez la violence et les coups.

14:20
Présentateur

Je condamne quand on met des coups, oui. Bien sûr. Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.

14:27
Manuel Bompard

Avec Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, on interrogeait et on continue d'interroger vos liens avec ce mouvement d'ultra-gauche, la jeune garde.

14:35
Intervenant

Monsieur le député, vous assurez que Raphaël Arnaud n'a plus aucun rapport avec la jeune garde depuis qu'il a été élu député ? Plus aucune responsabilité. Vous l'avez dit sur France Inter, l'ancien chef de l'État, François Hollande, vous demande de rompre entièrement tout lien avec la jeune garde. Que lui répondez-vous ?

14:49
Présentateur

Je m'en fiche de François Hollande, je vais vous le dire sincèrement. François Hollande est membre d'un parti, le Parti Socialiste, qui, par exemple, a organisé, puisque la présidente du Conseil Régional d'Occitanie, Madame Delga, est membre du Parti Socialiste, elle a organisé un colloque sur la lutte contre l'extrême droite dans lequel elle a invité Raphaël Arnaud. Donc peut-être vous pourriez lui poser la question à François Hollande si lui a l'intention de couper tout lien, puisque manifestement il en a eu. Donc vous voyez, il ne faut pas...

Dans les moments comme ça où il y a une offensive de l'extrême droite, d'une violence absolue, parce que quand vous avez un peu de profondeur historique, vous êtes capable de comprendre dans quel moment on est. Et quand on est dans ces moments-là, d'une instrumentalisation absolument sordide du drame qui a eu lieu à Lyon jeudi soir, le devoir et la responsabilité de la gauche, c'est de faire face à cette offensive. Et que toutes celles et ceux qui, par l'HTA, sont en train de céder à la pression qu'un certain nombre de responsables politiques et de responsables médiatiques mettent sur eux, font beaucoup de mal à la gauche. Vous disiez qui en disant ça ?

Par exemple, quand je vois qu'Olivier Fort publie une note de blog dans laquelle il met sur le même plan des groupes fascistes et des groupes aussi fascistes. Il dit qu'on ne combat pas

16:01
Manuel Bompard

l'extrême droite en donnant le sentiment de partager ses armes. Aucun parti ne peut accepter le compagnonnage même lointain de ce type d'organisation qu'elle s'appelle la Jeune Garde, Génération Identitaire ou l'Action Française. C'est stupéfiant, madame. Pourquoi c'est stupéfiant ? Il met sur le même plan les groupes d'ultra-gauche et d'ultra-droite.

16:15
Présentateur

Mais d'abord parce que c'est une négation absolue de ce qu'est même y compris l'histoire du Parti Socialiste. Vous savez, le symbole que peut-être vous allez montrer qui est le symbole de la Jeune Garde des trois flèches qui sont vers le haut. C'est un symbole qui est né par un groupe qui était affilié à la SFIO dans les années 30 après la manifestation des ligues fascistes. Et je vais vous dire pourquoi c'est une erreur historique. Mais est-ce que ça légitime la violence, Manuel Pompard ? Madame, ça ne légitime pas la violence. J'ai déjà répondu pendant dix minutes à cette question. Mais donc c'est ça qu'il dit Olivier Faure ? Attendez, laissez-moi terminer.

Madame, il y a un principe de base que tout le monde va pouvoir comprendre à cet instant qui explique que vous ne pouvez démonstration qu'il y a un projet raciste, xénophobe, homophobe, sexiste et les antifascistes ils se battent contre les fascistes. Et le jour, madame, le jour où il n'y aura plus de fascistes il n'y aura plus d'antifascistes. J'aimerais bien juste comprendre quelque chose. Par contre, madame, je vais aller au bout de ma démonstration. Le jour où il n'y aura plus de fascistes il n'y aura plus d'antifascistes. Par contre, le jour où il n'y aura plus d'antifascistes malheureusement il n'y aura encore des fascistes.

Parce que le bilan de la jeune garde, madame, c'est le fait qu'il y avait cinq locaux néo-nazis qui étaient implantés dans le centre de Lyon et qu'il n'y en a plus un seul aujourd'hui. D'accord.

17:20
Manuel Bompard

J'ai envie de comprendre ce que vous dites parce qu'il y a quelques jours vous sembliez prendre vos distances avec la jeune garde. Vous disiez texto Raphaël Arnaud n'a plus aucun rapport avec la jeune garde depuis qu'il a été député. Aujourd'hui, vous assumez d'avoir un lien avec la jeune garde et de soutenir ce mouvement dont vous demandiez l'abandon de la procédure de dissolution il y a quelques jours. La question, est-ce que vous soutenez la jeune garde ? Est-ce que vous assumez les liens avec la jeune garde ? Est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la procédure de dissolution de la jeune garde ?

17:47
Présentateur

Je soutiens la jeune garde telle qu'elle s'est constituée c'est-à-dire sur la base de l'autodéfense populaire et du pacifisme. Je ne soutiens pas les faits qui ont été commis et qu'on a vus sur les vidéos qui sont des faits absolument condamnables et que j'ai condamnés absolument.

18:03
Manuel Bompard

Vous demandez toujours l'abandon de la procédure de dissolution de la jeune garde ?

18:05
Présentateur

On va peut-être attendre que l'enquête aille jusqu'à son terme. Mais pour l'instant,

18:08
Manuel Bompard

vous ne savez pas.

18:09
Présentateur

Mais pour l'instant, il y a une dissolution. Les faits ne leur sont pas imputés. Ils ont été dissous. Donc à partir du moment où ils ont été dissous, ils ont arrêté de fonctionner comme un groupe. Donc après, s'il y a des individus qui étaient à l'intérieur et qui ont commis des actes délictueux, si l'enquête le dit, moi je les condamne absolument. Mais en quoi ça implique l'organisation en tant que telle, madame ?

18:29
Manuel Bompard

Vous disiez que Raphaël Arnaud n'avait plus aucun rapport avec la jeune garde. Non madame,

18:33
Présentateur

j'ai parlé de responsabilité parce qu'il en a été le fondateur et le porte-parole et à partir du moment où il a été élu à l'Assemblée nationale, il a renoncé à ses responsabilités.

18:40
Manuel Bompard

Il publie régulièrement des messages sur X en parlant de la jeune garde, notamment il y a quelques jours. Il disait l'audience devant le Conseil d'État concernant notre dissolution est reportée à une date ultérieure. Nous vous tiendrons informés et que vive la jeune garde.

18:52
Présentateur

Il en est le fondateur. Mais vous dites qu'il n'a plus de responsabilité. Ben oui, il n'a plus de responsabilité. Il est le fondateur, il le porte-parole. Mais enfin, je ne sais pas pourquoi vous voulez jouer sur les mots. C'est assez simple de dire qu'il n'a pas de responsabilité parce qu'il est parlementaire. Pour autant, je n'ai pas dit qu'il avait rompu tout le lien autour de la jeune garde. Finalement, madame, madame, essayez pas de jouer avec moi. Il faut qu'on avance. Je vous dis qu'il n'a plus de responsabilité. Il n'a plus de responsabilité. Ça ne veut pas dire qu'il n'a plus aucun rapport. Qu'est-ce que c'est ?

19:19
Intervenant

C'est madame Rima Hassan

19:26
Invité

qui menace de mort des gens avec lesquels elle n'est pas d'accord. J'ai eu le tort de m'opposer à son élection à la tête de la Commission des Droits de l'Homme du Parlement européen. Cela m'a valu une bordée de tweet qui disait « François-Xavier Bellamy dort bien mais ça ne va pas durer. Je mange la chair de mon agresseur » disait-elle en parlant de moi. Vous avez des échanges avec les forces de l'ordre qui vous disent que vous devez faire attention à votre sécurité après des menaces comme celle-là. Est-ce que c'est normal qu'un tweet d'une de vos députés

19:51
Intervenant

aboutisse sur un appel de la police disant à un élu que sa sécurité physique est menacée ? Là vous faites un lien entre le tweet

19:58
Présentateur

et... Tout à fait. D'accord. Ça s'appelle un raid numérique. Ok monsieur. Donc est-ce que c'est normal que 15 permanences et locaux parlementaires de la France Insoumise soient ciblés depuis jeudi soir parce que vous vous faites un lien entre ce qui s'est passé jeudi soir et la France Insoumise ?

20:12
Intervenant

C'est notre faute si vous avez reçu un mail d'alerte à la bombe ?

20:14
Présentateur

C'est les médias

20:18
Intervenant

qui a reçu un appel des services.

20:19
Manuel Bompard

Mais là on vous interroge sur Rima Hassan et sur les postes de Rima Hassan.

20:22
Présentateur

C'est pas la faute de Rima Hassan quand elle prend un parti là en l'occurrence... Je sais pas est-ce que c'est votre faute si des permanences parlementaires de la France Insoumise ont été ciblées ? Non c'est pas de votre faute pourtant vous avez fait un lien absolument infondé entre la France Insoumise et ce drame. Donc c'est pas non plus de la faute d'un élu On n'aura pas le temps

20:37
Intervenant

de faire tous les exemples de Rima Hassan parce qu'il est 8h55 qu'on aurait dit

20:39
Présentateur

je vous donne un autre exemple

20:41
Intervenant

Il y a aussi un journaliste du Parisien qui s'appelle Robin C'est complètement lié puisqu'on parle à la base d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon Il y a aussi un journaliste Laissez-moi finir ma question s'il vous plaît Il y a aussi un journaliste du Parisien qui s'appelle Robin Corda qui est menacé de mort insulté car Rima Hassan l'a accusé nommément sur X d'avoir signé un papier qui évoquait la piste russe dans l'affaire Epstein pour mieux nous faire oublier la piste du Mossad selon elle Rima Hassan a ensuite continué les messages incité notamment ses abonnés a tapé Israël puis génocide sur le compte de Robin Corda Robin Corda a reçu des messages de mort il a porté plainte sa famille a reçu des messages Comment vous préférez ça ?

Il y a absolument toute ma solidarité Donc vous condamnez Rima Hassan ? Non

21:18
Présentateur

Je suis absolument solidaire contre les menaces de mort qu'a subie votre collègue journaliste De la même manière que je suis absolument solidaire contre l'ensemble des journalistes qui reçoivent des menaces de mort et que j'espère que vous êtes solidaires de l'ensemble des responsables politiques qui reçoivent des menaces de mort Non mais la question c'est

21:34
Manuel Bompard

quand on pose ce genre de message est-ce qu'on n'a pas une part de responsabilité sur le lynchage

21:38
Présentateur

qui suit en ligne ? Mais non madame Enfin je veux dire Non Rima Hassan qui appelle ses followers à aller écrire sur le compte de Robin Corda de le traiter de génocide On a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes On a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes Mais pourquoi ? Parce qu'il a fait le lien entre l'affaire Christine

21:54
Manuel Bompard

et les intérêts russes

21:55
Présentateur

Mais on n'a pas le droit de s'en prendre à un journaliste et de le menacer de mort C'est assez simple Vous voyez la distinction entre les deux choses On a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes On a le droit de ne pas être d'accord avec un de ses articles Mais on n'a pas le droit de le menacer de mort Et Rima Hassan elle a critiqué Elle n'a pas menacé de mort Donc si il faut s'en prendre à des gens Je suis d'accord avec vous C'est ceux qui l'ont menacé de mort Vous défendez jusqu'au bout Mais c'est pas juste jusqu'au bout C'est vous qui accusez jusqu'au bout J'en suis désolé Il faut qu'on vous pose la dernière question Ça s'appelle la question qui n'est pas très intéressante

22:21
Intervenant

Aujourd'hui c'est la question qui interroge l'émotion Hier le Sénat a respecté une minute de silence La veille le député Lyot Paul Moissac a mis une réserve Il estime que l'Assemblée n'aurait pas dû faire cette minute de silence en hommage à Quentin

22:33
Présentateur

Une minute de silence devrait être réservée aux fonctionnaires qui dans l'exercice de leur mission de service public sont effectivement tués Il ne faut pas confondre la tyrannie de l'immédiateté des réseaux sociaux qui s'emparent de tout ça J'attends évidemment que la justice se prononce pour savoir quels sont les tenants et les aboutissants Est-ce qu'on en fait trop ?

Mais on n'en fait jamais trop quand un homme meurt quelles que soient évidemment ses opinions politiques et en ce qui concerne les siennes je les combattais absolument et quelles que soient ses méthodes et en ce qui me concerne je les combattais absolument et j'ai vu une manière d'ailleurs avec laquelle son parcours a été décrit qui ne correspond pas à la réalité C'était une personne qui était membre de groupe proche de l'extrême droite qui a participé à une manifestation de l'Asie et ça ne justifie évidemment pas sa mort Merci beaucoup On ne fait jamais trop pour saluer et pour rendre hommage à une personne qui vient de mourir Parce que sa famille et ses parents ne sont pas responsables Il faut qu'on s'arrête

23:33
Manuel Bompard

Malheureusement Merci Paul

23:34
Présentateur

Merci Agathe Merci à tous Merci à tous

23:36
Locuteur

Merci à tous

Mort de Quentin Deranque, la Jeune Garde, groupes fascistes et antifascistes... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard — Manuel Bompard · Pourquijevote