Julien Bayou : "il y a plusieurs candidatures mais il n'y en a qu'une de l'écologie et de la justice sociale"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:07FerméeÉludée
Est-ce que ramener la campagne électorale française et ses débats au Parlement européen n'était pas déplacé ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron n'a-t-il pas répondu à la presse au Parlement européen ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Pourquoi l'écologie ne se traduit-elle pas politiquement malgré son importance ?
- 9:16FerméeRéponse directe
Votre candidat est entre 5 et 8% d'intentions de vote, c'est mal barré ?
- 14:35OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas jouer le jeu de la primaire populaire ?
- 15:56OuverteRéponse directe
Pourquoi les écologistes participent-ils à l'élection présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:49Invité politiqueFait
« Ce qui est choquant aussi, c'est que le président français ait choisi finalement d'instrumentaliser la présidence française de l'Union européenne. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Il avait promis, par exemple, une réduction drastique du recours aux pesticides, en particulier la sortie du glyphosate. Il n'en a rien fait. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, c'est de la complète duplicité, puisqu'en gros, pour soutenir le nucléaire, il est allé dealer avec les pires dictateurs, les régimes autoritaires polonais ou hongrois, partisans du charbon et du gaz. »
- 8:21Invité politiqueChiffre
« La France a été condamnée par rapport à ses propres engagements pour carence climatique, pour carence dans l'obligation impérieuse de protéger sa population. »
- 28:44InvitéChiffre
« En moyenne, c'est à l'âge de 10 ans qu'un enfant est confronté pour la première fois à la pornographie en ligne et on estime que 11% des moins de 7 ans ont déjà eu accès à ces contenus. »
- 32:47Invité politiqueChiffre
« 10% des françaises et des français qui sont été victimes d'ancestes »
- 36:16Invité politiqueFait
« le garde des Sceaux avait promis la mise en place des bracelets électroniques »
- 36:23Invité politiqueChiffre
« les associations au conseil de l'égalité demandaient un milliard d'euros pour la formation »
Temps de parole
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Bonjour, c'est Politique. J'ai le plaisir d'être avec vous jusqu'à 13h30, 45 minutes d'entretien avec notre invité alors que nous sommes aujourd'hui à 78 jours du premier tour de la présidentielle. Comme chaque samedi, je serai rejoint dans ce studio par l'historien Nicolas Rousselier et par Nora Hamadi. Je reçois aujourd'hui le secrétaire national du parti Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou. Bonjour. Bonjour, merci pour l'invitation. A la tête du parti Europe Écologie Les Verts depuis novembre 2019, vous avez un passé d'activiste. On vous avait découvert notamment à travers les mouvements Génération Précaire et Jeudi Noir.
Aujourd'hui donc, vous êtes le secrétaire national de ce parti écologiste qui a désigné via la primaire Yannick Jadot comme son candidat à la présidentielle. Je voudrais qu'on commence par ce qui s'est passé mercredi à Strasbourg devant le Parlement européen. Est-ce que c'était le bon endroit pour tirer à boulet rouge sur Emmanuel Macron ? Est-ce que ramener la campagne électorale française et ses débats, là où bat le cœur de l'Europe, n'était pas tout simplement déplacé ?
Ah non, certainement pas. Au contraire, c'était un vrai moment de politique. Je sais qu'en France, on n'est pas habitué à ce que le président puisse recevoir une confrontation. Mais dans les autres majorités, dans les autres parlementaires, dans les autres démocraties parlementaires alentour, en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Belgique, c'est tout à fait normal. Le président, en l'espèce c'est plutôt des premiers ministres, répondent à l'opposition, répondent à la presse. Là, le président de la République française a choisi de ne pas répondre à la presse à l'issue de cette séance au Parlement européen. C'est plutôt ça que je trouve choquant.
Ce qui est choquant aussi, c'est que le président français ait choisi finalement d'instrumentaliser la présidence française de l'Union européenne. Il eût été délicat à l'égard de nos voisins, de nos partenaires, de dire, écoutez, puisque pendant trois mois, la France va vivre au rythme de la campagne présidentielle, ce n'est pas le bon moment pour prendre la présidence. Je crois qu'on aurait pu trouver un arrangement. Ça arrive de mémoire tous les 13 ans que la France prenne la présidence. Je le redis, c'est un choix politique de la part du président Macron d'avoir pris la présidence alors que la France, finalement, va être concentrée sur la présidentielle. Et c'est normal.
Moi, je regrette que la présidentielle soit l'alpha et l'oméga de toute notre politique, mais c'est ainsi.
On a vu néanmoins que dans ce moment-là, ça a provoqué, disons, la surprise, voire l'irritation de pas mal de députés européens qui n'ont pas compris que les débats français arrivent comme ça.
Oui, mais c'est d'abord et en premier lieu la responsabilité du président français. C'est-à-dire que là, par exemple, le Parlement, l'Assemblée et le Sénat vont s'arrêter en février-mars. C'est normal. Le temps de la présidentielle et les législatives. Donc, tous les engagements que la France va pouvoir vouloir prendre ou faire prendre avec ses alliés européens, de toute manière, resteront lettres mortes en attendant ce que je souhaite, le changement de l'exécutif et que Yannick Jadot remplace Emmanuel Macron et en attendant que l'Assemblée soit renouvelée. Vous voyez, donc, en fait, il y a une instrumentalisation de l'Europe.
Et c'était important pour Yannick Jadot, pour nous, les écologistes, de le dire. C'est-à-dire, le bilan pro-européen, soi-disant, d'Emmanuel Macron, il est vide. Voilà. Il a instrumentalisé l'Europe, on le voit sur le calendrier. Il a instrumentalisé sur l'accueil des migrants. Rappelez-vous, il y a cinq ans, c'était lui qui rendait hommage à Angela Merkel qui avait, je cite, « sauver les valeurs de l'Europe » en accueillant notamment de nombreux Syriennes et Syriens. Il n'en a rien fait. Rien du tout. Il a instrumentalisé l'Europe au service des lobbies. Il avait promis, par exemple, une réduction drastique du recours aux pesticides, en particulier la sortie du glyphosate.
Il n'en a rien fait. Et au contraire, il a réintroduit les néonicotinoïdes, des pesticides dont on sait qu'ils sont tueurs d'abeilles et toxiques pour la santé. Vous voyez, quand on est pro-européen, on souhaite faire de l'Europe un vrai projet de société, un levier pour lutter contre les lobbies, pour lutter contre l'évasion fiscale, pour offrir à la jeunesse une autonomie, puis pour engager cette transition écologique. Là, lui, ce qu'il a fait, Emmanuel Macron, c'est de la complète duplicité, puisqu'en gros, pour soutenir le nucléaire, il est allé dealer avec les pires dictateurs, les régimes autoritaires polonais ou hongrois, partisans du charbon et du gaz.
C'est ça le projet européen d'Emmanuel Macron. Vous voyez, je crois que c'était important qu'au sein de l'enceinte du Parlement européen, quelqu'un puisse dire ces quatre vérités à Emmanuel Macron. Vous avez trahi le projet européen. Votre bilan, il est inexistant. Et puis, esquisser le projet pro-européen des écologistes. Nous sommes pour une Europe fédérale. Pour nous, c'est un projet de civilisation. C'est un projet de société. Et puis, c'est le meilleur outil à l'échelle du continent sur l'évasion fiscale, sur l'accueil des réfugiés et bien sûr, sur la transition écologique.
Ce qu'on retient aussi du discours de Yannick Jadot au Parlement à Strasbourg, c'est de désigner Emmanuel Macron quasiment comme un climato-sceptique avec l'allusion à ce film dans le look-up. Ce président qui ne voit pas arriver la catastrophe écologiste qui est devant nous.
Oui, et qui ne veut pas voir. Yannick Jadot utilisait le terme de climato-arrangeant. Je trouve que c'est assez intéressant. C'est différent climato-sceptique ? Oui, parce qu'Emmanuel Macron ne conteste pas le dérèglement climatique. Mais c'est quelque part pire de regarder la science en face, de lire, ok, effectivement, il y a un dérèglement climatique, il est d'origine humaine, et de ne rien faire. Vous voyez ? La responsabilité est encore plus grande. Je n'ai pas une admiration débordante pour Jacques Chirac. Mais au moins, lui, ne connaissait pas le sujet.
Et donc, quand il fait, en 2002, la reconnaissance au niveau international à Johannesburg, la Maison de Brune, et nous regardons ailleurs, quelque part, il donne une lettre de noblesse à ses rapports du GIEC, qui date de 1990, mais que l'opinion publique n'avait pas découverte. Donc, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n'ont rien fait, mais ils avaient baigné dans les trente glorieuses et dans le sentiment diffus qu'une croissance infinie dans un monde fini était possible. Ce n'est pas le cas d'Emmanuel Macron. A la quarantaine, il a grandi, comme beaucoup, comme moi, avec le rythme des rapports du GIEC, avec la documentation très précise de l'effondrement des espèces. Vous voyez ?
On a grandi avec les alertes du WWF et d'autres sur les espèces menacées, sur les espèces protégées. Il sait pertinemment et mieux que quiconque ce qui se passe et choisit de ne rien en faire. Et donc, quand Yannick Jadot dit climato-arrangeant, c'est vrai que c'est la métaphore de Don't Look Up, donc, en gros, pour ne pas spoiler le film, mais une météorite qui arrive, la science qui dit, bon, elle va cracher la Terre, il faut faire quelque chose. Et les éditions politiques ne font rien. Oui, et les éditorialistes et les journalistes qui font des petites blagues. Est-ce que la comète peut aller impacter la maison de mon ex-femme ? Vous voyez ?
Donc, c'est ce niveau de blagounette qu'on entend sur certaines antennes. Ah, plus de degrés, ça sera pas mal. En hiver, c'est mieux que rien. La science et les écologistes disent dérèglement climatique et nécessitent de prendre des mesures drastiques. En particulier parce que ce sont les pauvres qui sont les plus vulnérables. C'est les pays pauvres qui sont les plus vulnérables au dérèglement climatique. C'est les États insulaires, c'est le Sahel, c'est le Bangladesh, évidemment. Qui sont pour quasi rien dans les émissions de gaz à effet de serre. Mais qui prennent la plus grande partie des chocs. Sécheresse, inondation, cyclone et autres. Et à l'intérieur de chaque pays, c'est pareil.
Ce sont les plus riches qui sont les plus responsables. On le sait peu, mais un avion sur dix qui quitte la France, c'est en fait un jet privé. Alors qu'il pollue beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Ce sont les fuels lourds des navires de croisière qui émettent énormément de gaz à émissions d'effet de serre et qui ne sont pas du tout taxés. Donc c'est les plus riches qui génèrent le plus d'émissions de gaz à effet de serre. Et c'est les plus pauvres qui sont les premières victimes de l'inaction climatique. À Marseille, c'est les plus pauvres des quartiers populaires qui reçoivent les fumées des navires dont je parlais.
C'est dans les quartiers populaires, si on parle de l'île de France, c'est dans les quartiers populaires qu'il y a les taux de pollution les plus élevés. En particulier aux abords des écoles. Vous voyez, il y a un lien très très concret entre dérèglement climatique et inégalité. Et donc face à ça, vous dites que pour l'instant, en tout cas, le gouvernement actuel est inactif. Alors non seulement je le dis, évidemment, mais fort heureusement, la justice l'a constaté. Puisque la France a été condamnée par rapport à ses propres engagements pour carence climatique, pour carence dans l'obligation impérieuse de protéger sa population. Avec le procès de l'affaire du siècle.
Avec le procès de l'affaire du siècle, qui est une révolution juridique et qui pose les bases de la justice climatique. C'est en particulier Marie Toussaint. Nous avons participé à la fondation de Notre Affaire à tous. Et c'est l'émergence de pouvoir prendre au mot les engagements. Vous voyez, les paroles en l'air n'engagent personne. Mais quand la France dit, nous signons les accords de Paris, il faut s'engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre parce que c'est bon pour l'humanité, pour aller vite, eh bien nous pouvons les prendre au mot.
Alors, je le disais tout à l'heure, nous sommes à deux mois et demi à peu près du premier tour de cette présidentielle. Je vous résume la situation. Huit candidats à gauche, le seul à atteindre les 10% d'intention de vote, c'est pour l'instant Jean-Luc Mélenchon. Votre candidat Yannick Jadot est, selon les enquêtes, entre 5 et 8%. C'est quand même assez mal barré.
Alors, pour être complet, on peut résumer la situation en deux candidatures d'extrême droite. Deux candidatures de droite, faisons pas dans le détail, Emmanuel Macron et Valérie Pécresse partagent beaucoup de mesures et beaucoup d'électeurs. Et effectivement, un nombre encore indéfini de candidatures à gauche et à l'extrême gauche, mais une seule candidature de l'écologie et la justice sociale, c'est Yannick Jadot, effectivement. Nous, on a organisé, on a constaté en fait en 2019, il y avait des élections européennes et il y avait beaucoup de listes. Et on a constaté les choses avec recul, il y avait trois listes écologistes.
La liste des écolos de Yannick Jadot, la liste écologiste de Delphine Bateau, la liste de Benoît Hamon. Et ces différentes listes séparées ont fait pas loin de 20%. Et donc, nous nous sommes dit, s'il y a un seul projet, il faut une seule candidature. Il y a un seul projet de l'écologie et de la justice sociale, nous organisons le chemin, le process pour avoir une seule candidature. Ça s'est pas fait dans la plus grande des facilités, c'était beaucoup de travail. Mais on a pu organiser un socle programmatique et une primaire. Et je précise ça parce que moi qui organisais la primaire, je n'avais absolument aucune idée de qui allait sortir du chapeau, entre guillemets.
C'est-à-dire que le vote était ouvert, on n'avait pas de sondage, on n'avait pas d'indication particulière. Mais nous avions toutes et tous la garantie que la personne qui gagnerait serait écolo, pour la biodiversité, pro-européenne, soucieuse de réorienter l'Europe au service de la prospérité et de la justice sociale, pour l'accueil des réfugiés, pour la redistribution par l'impôt, pour que les plus riches payent enfin l'enregistre pas. Vous voyez, on n'avait pas aucune certitude sur qui gagner, mais on était confiants sur le fait que la personne pouvait nous représenter.
Donc Yannick Jadot sort en tête de sa primaire. De justesse, mais c'est net. Mais sauf qu'aujourd'hui, on voit, en tout cas dans les intentions de vote, et évidemment on les regarde avec circonspection. Philosophie, circonspection, et tout en se disant que l'élection n'est pas encore demain, donc il peut se passer beaucoup de choses. Néanmoins, ça n'imprime pas, entre 5 et 8% des intentions de vote. Le tableau que vous avez dressé en début d'émission sur le climat, l'urgence climatique, évidemment tout le monde est concerné, vous, moi, nos enfants, nos parents, etc. L'écologie est un sujet majeur pour beaucoup de monde,
mais pourquoi ça ne se traduit pas politiquement ? Ça va venir. Vous savez qu'aux élections européennes, nous avions démarré à 3%. À 3%, vous n'avez aucun élu et vous n'êtes pas remboursé. Donc évidemment, le trésorier avait une petite goutte de sueur sur la tempe quand on a démarré. Et puis, au fur et à mesure des débats, dans la campagne, ces thèmes qui sont majeurs, structurants, pour nous vraiment la lutte contre le dérèglement climatique et contre les inégalités, parce que vraiment je fais le lien intrinsèque entre les deux, sont les enjeux du XXIe siècle.
Et donc quand, parce que moi je prépare cette élection depuis deux ans, des éditorialistes, des journalistes s'y intéressent depuis de nombreux mois, c'est normal, mais quand la vaste majorité du grand public s'y intéressera, eh bien la question dans son fort intérieur, c'est quelle planète voulons-nous laisser à nos enfants ? Comment créer ces emplois de qualité ? Est-ce que c'est en comptant sur les recettes qui n'ont pas marché, de Macron, de Hollande et des autres ?
Ou est-ce que c'est en organisant la transition écologique, parce que quand on fait la rénovation thermique par exemple, eh bien il y a un emploi, tous les six logements rénovés, et que c'est bon pour le porte-monnaie, pour la santé, pour le climat, pour l'emploi.
Oui mais pour organiser cette transition écologique...
C'est à la faveur de ce débat, c'est à la faveur de ce débat, que l'essentiel finalement sortira. Là on est un peu dans, vous voyez, il y a un peu de poussière, on ne sait pas très bien qui se présente, machin, il y va, puis recule, telle ou telle candidature, rassemblement, puis finalement nouvelle candidature, tout ça c'est le lot du mois de janvier. En mois de janvier 2017, de mémoire il y avait encore Bayrou et Valls, pardon, François Bayrou et Emmanuel Valls, qui étaient chacun à 12% dans les sondages. Et finalement ils n'étaient pas candidats à la fin, on le sait, pour des raisons différentes, tout ça.
Donc le mois de janvier ne fait pas l'avril, ce qui fait la campagne c'est les débats. C'est l'intérêt petit à petit, de chacun, chacune, pour cette élection majeure. Moi je le dis, je le regrette. La présidentielle c'est l'alpha et l'oméga, les législatives en dépendent. Je rêverais d'une démocratie plus mature, où on ne met pas tous nos oeufs dans le même panier, et dans un homme soi-disant providentiel, qui décide de tout, tout le temps et pour tout le monde. C'est pour ça qu'on est attaché à la 6ème République. Mais il n'empêche qu'au moment de voter, la question n'est pas la petite polémique de janvier, mais où voulons-nous emmener le pays ?
Sinon pour départager les candidats à gauche et à la primaire populaire. Oui, c'est ce qu'ils sont en train de faire. Je crois qu'il y a plusieurs socialistes ou anciens socialistes qui se présentent. Quelle est la position de Yannick Jadot là-dessus ? Nous on n'est pas concernés. Il y a plusieurs socialistes ou anciens socialistes, soutien de Manuel Valls et de François Hollande, qui n'arrivent pas à se départager, et qui se retrouvent dans cette primaire populaire, qui est apparemment devenue une investiture. Moi je le dis, il y a plusieurs candidatures à gauche, et c'est parfaitement légitime.
Si quelqu'un veut présenter un projet communiste, c'est aux électeurs et aux électrices de choisir. Si quelqu'un, après tout, veut dire voilà le mandat Hollande, bon il n'a pas pu se représenter, mais en fait c'est super, ça n'est pas mon avis, ça n'est pas mon projet, mais qu'il le fasse. C'est tout à fait légitime, c'est ça la démocratie. Moi je ne suis certainement pas pour réduire artificiellement l'offre. S'il y a plusieurs projets, plusieurs candidatures.
Pourquoi est-ce que vous ne jouez pas le jeu de la primaire populaire ? Il y a un peu plus de 300 000 personnes qui sont inscrites, qui vont voter. Finalement ce serait un bon moyen de les partager à gauche.
Mais ce n'est pas vrai, pour quel projet ? Par exemple, ils ont inventé un socle soi-disant commun qui ne respecte pas les accords de Paris. À quoi bon ? À quoi bon ? Parce que ça on l'a déjà fait, c'est François Hollande, c'est Olin Orel et tutti quanti. Ils ont des mesures de lutte contre les discriminations qui ne sont même pas à la hauteur des préconisations des défenseurs des droits. Donc oui, si c'est pour revivre le sketch de ne pas lutter contre les discriminations ou pas faire progresser l'égalité salariale, de ne pas mettre en place le récépissé contre les contrôles au faciès, à quoi bon ? Ça s'est déjà fait, c'était 2012, 2017. Il n'y a pas un mot sur l'Europe.
Et dans ce projet soi-disant commun, il s'agit pour eux d'augmenter les cotisations retraites. Ça n'est pas notre projet. Je le respecte, ça n'est pas mon projet. Donc vous n'avez rien à faire là-dedans. Donc vous demandez, est-ce que le nom de Yannick Jadot n'apparaisse même pas dans ce vote ? On l'a demandé, ça a été refusé. Moi je voudrais dire les choses de manière la plus simple. Il y a plusieurs candidatures. Il n'y a qu'une seule candidature de l'écologie et de la justice sociale. Et toutes les personnes qui s'intéressent, de près ou de loin, de longue date, ou le plus récemment possible, qui s'y intéressent, sont les bienvenus dans cette aventure.
Alors Julien Bayou, voici Nicolas Rousselier, historien qui chaque samedi nous apporte son regard sur l'actualité politique. Et aujourd'hui Nicolas, vous vous demandez pourquoi après tout, si l'avenir des écologistes n'était pas de... Pourquoi est-ce que cet avenir passe par la case présidentielle ?
Oui, la case présidentielle, la case de l'élection présidentielle. La question peut paraître un peu curieuse, mais elle se traduit facilement. Est-il vraiment utile, ou est-il peut-être contre-productif pour les écologistes de participer à ce jeu très français, très spécifique de l'élection présidentielle à la française ? Alors, vous comprenez Grégory, que d'un premier point de vue, on pourrait dire qu'on a justement un doute. C'est-à-dire, si on regarde historiquement les résultats obtenus par les candidats écologistes à l'élection présidentielle, ces résultats ont été quand même assez moyens, pour ne pas dire médiocres.
Et donc on a envie de déduire qu'il y a une sorte d'incompatibilité entre, d'un côté, l'élection du président, de l'autre, l'ADN des écologistes. La question cependant ne concerne pas seulement l'aspect comptable de l'élection présidentielle. La question est, je crois, plus sérieuse qu'elle en a l'air. Parce qu'on peut interroger la voie électorale en elle-même. Est-ce que cette voie électorale est en cohérence avec ce que l'on peut appeler la tradition historique de l'écologisme ?
Est-ce que vous pouvez nous rappeler sur quoi repose cette tradition ?
Alors, je crois qu'on peut parler de tradition. Je ne suis pas sûr que le mot plairait aux écologistes, mais on peut parler de tradition d'un point de vue objectif, car l'écologie politique a environ 50 ans, 50 ans d'âge, 5 décennies d'expériences diverses. Alors, si vous voulez, Grégory, si je prends en vrac l'ensemble des expériences, je vais prendre la première décennie, c'est-à-dire la décennie qui a marqué l'irruption de l'écologisme sur la scène publique et une percée dans l'opinion. Je vais parler des années 1970. Création de Greenpeace en 1971, le Larzac en 1973, la contestation antinucléaire.
Alors, par exemple, côté français, vous avez eu Cress Malville qui a marqué les esprits en 1977. Côté américain, et je sais que ça vous fera plaisir, les concerts No Nukes en 1979.
Avec Springsteen ou Madison Square Garden.
Votre idole s'est fait remarquer, mais il y avait aussi Jackson Brown pour ce qui me concerne. Et puis, on peut terminer la décennie, par exemple, sur la campagne qui avait aussi beaucoup marqué l'opinion, le vaut aux hormones. Alors, si on essaye d'y voir un peu plus clair dans l'ensemble en vrac de ces campagnes, on peut dire qu'il y avait deux filières, c'est-à-dire deux jambes, en quelque sorte, qui ont fait courir l'écologisme. D'un côté, un activisme sous des formes diverses, occupation, action d'éclat, campagne de boycott. Et puis, de l'autre côté, la production de rapports.
La production de rapports scientifiques, on en a parlé tout à l'heure, WWF, les rapports du GIEC, et ainsi de suite. Donc, rapporté à l'histoire, on peut dire l'histoire longue de la politique, cela a voulu dire que l'écologisme a profondément renouvelé la manière de faire politique. et c'est ce qui lui a valu son impact dans l'opinion publique. Cependant, il y a un cependant, on peut quand même dire que l'écologiste n'a pas poussé son renouvellement, peut-être, jusqu'au bout. Elle s'est pliée à deux choses, des choses qu'elle n'a pas inventées, mais dont elle a hérité. La première, qui est l'organisation en partie, et on sait que ça a toujours été très difficile, l'organisation partisane.
Et justement, la deuxième, c'est l'élection présidentielle qui passe par la désignation d'un candidat ou d'une candidate, c'est-à-dire un candidat qui doit, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, je crois que M. Bayou n'aime pas, mais justement, qui doit passer par une incarnation, qui doit avoir une image de leader, de chef. Bien. Alors, il y a donc cette tension, il y a cette tension constitutive entre une nouvelle façon de faire politique et la reprise de vieilles recettes qui n'appartiennent pas à l'écologisme.
Est-ce que ça veut dire qu'à vos yeux, les écologistes sont à la croisée des chemins ?
Alors, oui, d'un certain côté, mais d'un autre côté, je ne pense pas qu'on puisse parler de crise parce que, justement, du côté activiste, il y a toujours un succès très important, notamment auprès des jeunes. Évidemment, on peut évoquer l'image de Greta Thunberg, mais plus largement, il y a une nouvelle filière qui s'installe, on en a parlé tout à l'heure, attaquée en justice, plus simplement, pas seulement attaquée en justice, par exemple, des entreprises polluantes, on peut penser au film Erin Brockovich, mais attaquée l'État lui-même, les autorités pour une action climatique. Il y a donc une nouvelle ressource qui s'ajoute à l'activisme historique des écologistes.
Mais, de l'autre côté, cet activisme judiciaire, si vous voulez, elle nourrit ce dilemme entre, d'un côté, activisme et, de l'autre côté, gouverner, prendre le pouvoir pour gouverner. Je m'explique. Cet activisme judiciaire, c'est en fait une manière de titiller, de presque harceler le gouvernement depuis l'extérieur, donc par une démarche judiciaire. Ça peut être une association, une classe action. Mais, d'un autre côté, c'est implicitement une manière de dire « je titille le gouvernement, mais finalement, je reste extérieur au gouvernement ». Donc, on retrouve encore ce dilemme entre, d'un côté, toutes les actions de protestation et, de l'autre côté, gouverner.
Juste une dernière remarque, et je sais que le parallèle est souvent fait, avec le socialisme, je parle du socialisme du 19e siècle, pas le socialisme dans son état actuel. 50 ans après sa naissance environ, le socialisme ouvrier en Europe, on peut parler de la Suède, par exemple, la France de 1936, la Grande-Bretagne de 1945, le socialisme ouvrier avait pris le pouvoir, avait pris le pouvoir, avait gouverné et assumé de gouverner. Ça avait donné la construction de l'État-providence. Et là, je répète cet anniversaire, les écologistes sont là, effectivement, depuis 50 ans.
Donc, croiser des chemins, est-ce que c'est le moment de gouverner plutôt que de, je ne dis pas se contenter, parce que Dieu sait que c'est difficile, mais plutôt que de simplement continuer les filières de la protestation.
Merci Nicolas Rousselier. Je rappelle que la dernière fois qu'une candidate écologiste s'est présentée à la présidentielle, c'était en 2012, sauf erreur de ma part. Eva Jolie, elle n'avait recueilli que 2,3% des voix. Julien Bayou, c'est une bonne question. Quand est-ce que les écolos français, peut-être à l'image des écologistes allemands, seront assez matures pour se transformer en parti de gouvernement ?
Alors, je crois qu'on est mature. Ceux qui sont immatures, ceux qui sont complètement utopistes, c'est ceux qui imaginent qu'on peut continuer tel quel. En fait, moi, je voudrais juste renverser la charge de la preuve. Celles et ceux qui ont foiré, et je pèse mes mots, en matière de sécurité, c'est la droite qui a cru bon de supprimer la police de proximité, baisser le nombre de policiers et désorganiser des services de renseignement. Celles et ceux qui ont raté tout sur la dette, par exemple, ce n'est pas nous les écologistes. Les villes de droite les plus endettées sont toutes des villes de droite.
C'est le Valois-Péret, c'est Grenoble, Alain Carignan, c'est Nice, c'est Marseille-Godin, etc. Donc en fait, celles et ceux qui nous ont gouvernés jusqu'ici, nous ont mis au bord de l'abîme. Ça, c'est parfaitement immature. Et ça part de mythologie, du mythe de cette croissance infinie dans un monde fini, que le dur ruissellement finira par advenir et qu'en déversant des tombeaux d'argent public sur les entreprises privées, ça finira un jour peut-être par bénéficier aux salariés et aux chômeurs. Ça, c'est les fables. Les gens lucides qui ont les pieds sur terre et qui écoutent la science, c'est les écologistes.
Alors oui, depuis qu'on s'est créés ou depuis que nos aînés ont porté cette bataille, cette bataille culturelle, on a été longtemps cantonnés au rôle d'aiguillon ou de contre-pouvoir et même de contre-culture pendant 50 ans. Et il a fallu vraiment une abnégation, une ténacité phénoménale. Imaginez parler de dérèglement climatique avant le premier rapport du GIEC. Compliqué. Imaginez parler des perturbateurs endocriniens à la fin des années 90 comme le fait François Veyrette alors qu'il n'y avait pas encore de définition scientifique de ce que c'était. Très compliqué. Vous passiez immédiatement, vous receviez votre lot d'indifférence mais pire, d'humiliation ou même de menace.
Et à la faveur de malheureusement le dérèglement climatique qui est devenu réalité, eh bien l'opinion publique enclenche. Il y a des effets cliqués qui ne reviendront pas en arrière. Je pense à la condition animale par exemple. Imaginez mes prédécesseurs et prédécesseuses à votre antenne en train de parler de bien-être animal, que les animaux sont des êtres sensibles et qui méritent le respect, moqueries, humiliations, indifférences. Après les opérations de désobéissance civile de L214, notamment dans les années 2010, bon, en fait, l'opinion publique bascule et attend des actes. Les différents pouvoirs publics ont été obligés de s'acculturer.
Donc, j'ai parlé de Jacques Chirac, la Maison Brunet, nous regardons ailleurs, mais Nicolas Sarkozy avait eu des paroles comme ça, François Hollande aussi, Emmanuel Macron en a fait des caisses sur Make a Planet Great Again, mais ils n'ont rien fait. Voilà. Et donc, on arrive à la croisée des chemins, pas nous, mais la société. Le dérèglement climatique est engagé, la biodiversité s'effondre, cela menace nos sociétés mêmes, qu'on parle de guerre de l'eau, qu'on parle de renchérissement des fruits et légumes, de pouvoir se nourrir, de pouvoir respirer, de pouvoir se loger. Et ils n'ont rien fait.
Et donc, l'attente est là et c'est à nous d'organiser, effectivement, non pas ce contre-pouvoir, mais désormais de l'exercer pleinement. Je rebondis sur la chronique de... Mais nous avons démarré parce que dans nos villes, je pense à... Moi, ça fait très longtemps que je me bats pour l'autonomie de la jeunesse. Je considère qu'à 18 ans, vous êtes adulte, jeune adulte, ok, mais adulte, et que vous avez droit pleinement à l'émancipation et donc à tous les droits dont bénéficient les autres adultes. Par exemple, le RSA pour les 19-25 ans, un revenu citoyen, ce que propose Yannick Jadot. Bruno Bernard, président de la métropole, le met en œuvre. Vous voyez ?
Il y a un continuum entre l'action, la désobéissance civile, l'action collective et l'action dans les institutions. Et au niveau européen, cela progresse. Nous sommes au gouvernement dans une bonne demi-douzaine de pays et pas les moindres, l'Allemagne, l'Irlande, la Finlande, le Benelux. Arrivant au pouvoir en avril avec Yannick Jadot, nous aurons des alliés européens.
Je rebondis sur la chronique de Nicolas Rousselier. C'est amusant parce que même vous, dans votre parcours personnel, vous êtes passé de l'activiste qui faisait de l'agile propre sur des sujets sociétaux à responsable politique, patron du parti écologiste où vous êtes par exemple amené à discuter avec Olivier Faure du Parti Socialiste pour voir un petit peu comment est-ce que vous pouvez vous positionner, peut-être pas pour la présidentielle mais en tout cas pour les législatives. Est-ce que dans les prochaines semaines ou prochains mois, on peut imaginer un rapprochement par exemple avec le PS ?
S'il y a plusieurs projets, plusieurs candidatures. Nous avons un projet d'écologie et de justice sociale et on travaille avec toutes les formations qui souhaitent s'inscrire dans cette candidature. Ça passe par le soutien à Yannick Jadot et nous aurons évidemment un accord législatif avec ces forces-là. Mais bien au-delà des forces politiques et mouvements, on s'adresse d'abord et en premier lieu à toutes les personnes qui s'intéressent de longue date ou découvrent. Je parlais de la condition animale.
Si vous êtes pour la condition animale, vous êtes forcément à un moment contre le libéralisme parce qu'il faut mettre des règles, il faut encadrer, il faut peut-être accompagner les éleveurs pour arrêter les élevages en batterie mais il faut mettre une bordure. Voilà, ça s'appelle l'intervention de l'État, ça s'appelle la régulation mais le libéralisme est à l'opposé du projet écologiste.
En tout cas, il n'y aura pas d'accord comme en 2017 où Yannick Jadot s'était désisté au profit de Benoît Hamon ?
Non, ça c'est certainement pas possible. Il y aurait comme un anachronisme à l'idée qu'il n'y ait pas de candidature écologiste en 2022. Vous avez parlé du parti, c'est vrai que moi j'ai peut-être que j'ai ce parcours un peu hybride, cette synthèse entre guillemets entre le militantisme, la désobéissance civile et puis l'action dans les institutions. Mais nous le revendiquons, vraiment, celles et ceux qui agissent au quotidien c'est les maires écologistes qui prolongent et qui adaptent les combats écolos dans les mairies et avec succès, que ce soit Léonore me conduit à Poitiers ou j'étais avant-hier à Strasbourg aux côtés de Jeanne Barzeguian.
France Culture Politique Grégory Philippe
Julien Bayou, je voudrais qu'on aborde maintenant quelques dossiers de société. Je vous présente Nora Hamadi, productrice de l'émission Sous les radars chaque samedi entre midi et midi et demi sur France Culture juste avant le journal et juste avant cette émission. Aujourd'hui, vous nous parliez d'un sujet très concernant si vous êtes les parents d'un adolescent ou d'une adolescente, c'est l'accès à la pornographie voire plus jeune. Voire plus jeune, l'accès à la pornographie de plus en plus jeune effectivement si j'ai bien compris.
Tout à fait Grégory, les chiffres sont absolument effrayants. En moyenne, c'est à l'âge de 10 ans qu'un enfant est confronté pour la première fois à la pornographie en ligne et on estime que 11% des moins de 7 ans ont déjà eu accès à ces contenus, des chiffres qui imposent une prise de conscience collective. Alors, Julien Bayou, comment d'une part on peut protéger les plus jeunes de ces contenus ? Est-ce qu'il faut bloquer ces sites ? Est-ce qu'il faut peut-être réguler la pornographie ? Est-ce qu'il faut plus accompagner les jeunes notamment dans une forme d'éducation à ces images d'un point de vue scolaire ou ailleurs ?
Et puis plus largement, qu'est-ce qu'il faut dire aussi de l'industrie pornographique ? On voit de plus en plus la question de la porno-criminalité arriver dans le débat. Certains appellent à soutenir une industrie de la pornographie qui serait propre, féministe, par les pouvoirs publics. Qu'en pensez-vous ?
Oui, moi j'ai été très marqué par une enquête du Monde sur ces différentes filières de pornographie où en fait des femmes qui sont présentées comme des actrices étaient en fait sous emprise extrêmement violentées. Je ne parle même pas du fait qu'elles n'étaient pas payées. Mais vraiment une violence et un abaissement à la limite de la dignité. et apparemment des enquêtes sont en cours et donc se pose la question de est-ce qu'il n'y avait pas d'enquête et donc c'était la jungle ou est-ce qu'en fait il est possible que si les pouvoirs publics qui consacrent le temps, les moyens, l'énergie nécessaire, il est possible d'avoir cette industrie régulée.
Aujourd'hui en vrai c'est difficile pour moi de vous répondre. Je n'ai pas assez de recul mais vraiment cette enquête du monde ça a révélé la jungle et j'imagine qu'il y a bien d'autres choses qui ne sont pas transparentes ça a révélé vraiment la jungle et l'asservissement de ces femmes qui sont à l'écran présentées comme consentantes et là évidemment on n'était pas sur le consentement libre, joyeux et éclairé il y avait vraiment une emprise avec les conséquences
sur les enfants qui peuvent effectivement tomber sur ce type de production
là je voulais qualifier ces femmes qui sont à l'écran sur des vidéos porno de victimes sur l'impact que ça peut avoir sur la jeunesse ou sur des ados ou sur beaucoup plus jeunes moi je pense qu'effectivement il faut pouvoir fermer ces sites ou les contraindre je crois que c'est en cours à bloquer pour les mineurs il y a un enjeu de renforcer le contrôle parental de pouvoir permettre que les parents aient accès pouvoir contrôler ce qui est accessible ou non et surtout vous l'avez un peu rapidement évoqué je crois qu'il faut absolument une éducation au consentement et à la sexualité dans les écoles et dès le plus d'un âge moi je suis conseiller régional on s'occupe un peu des lycées j'ai été frappé de voir vraiment la différence entre les endroits où il n'y a pu avoir une intervention et encore 15 ans 16 ans je trouve que c'est finalement assez tard et l'immense majorité des personnes qui n'ont aucun repère ne peuvent peut-être pas en parler avec leur famille encore plus compliqué s'ils peuvent avoir des orientations LGBT et autres qui peuvent les mettre dans une forme de doute sur la capacité à en parler avec leur famille l'éducation au consentement l'éducation à la sexualité aux orientations de genre est absolument phénoménale absolument importante pour les enfants et peut-être encore plus en fait pour les enseignants toutes les personnes qui sont amenées à agir à interagir avec les élèves je rajouterai les policiers et les magistrats en fait on a on a un trou béant en fait dans la formation la formation et ça va de pair avec les violences que peuvent subir les enfants les violences domestiques pour le coup les violences physiques intrafamiliales et la pédocriminalité et l'inceste si on dit aujourd'hui en France ce qui semble être les chiffres récurrents qu'il y a 10% des françaises et des français qui sont été victimes d'ancestes 10% ça vous laisse une idée du nombre de prédateurs et de prédatrices surtout des prédateurs mais ça laisse surtout une idée en fait de l'omerta ou de l'incapacité à voir voilà et c'est des enfants qui peuvent avoir des comportements des gestes qu'un oeil éduqué formé pourrait repérer reste encore à savoir ce qu'en ferait la société mais si vous avez 10% des françaises et des français qui ont été victimes d'inceste ça veut dire vraiment que la société n'a pas voulu voir c'est un tabou une omerta une incapacité à voir avec MeToo on a dit c'est pas forcément la parole qu'il faut libérer mais plutôt libérer les oreilles parce que les femmes parlaient portaient pas forcément plainte mais signalaient sans parler entre elles et que les organisations les entreprises les rédactions les partis politiques doivent s'organiser pour organiser cette écoute avec l'école on a là un cas majeur moi quand je discute avec des enseignants des enseignantes me disent si je mets je sais que si je mets un 8 à ce gamin un 8 sur 20 il revient le lendemain avec un oeil au beurre noir et que faire alors parce que si je le sanctionne parce qu'il a agité que faire et si je signale au rectorat rien ne se passe c'est pour ça et mon et je vais le dire c'est ce qu'il faut le dire mon directeur mon proviseur m'incite tranquillement à ne pas signaler parce que s'il y avait trop de signalements ça donnerait une mauvaise image du lycée vous voyez on a un abandon des enseignants que les enseignants ont déjà dénoncé cette affaire ça ne s'appelait pas de vague on a un abandon qui est vraiment dramatique pour le corps enseignant et d'abord et en premier lieu pour les élèves et je pense que la formation l'éducation des premiers concernés et des premières concernées votre corps votre droit vous avez le droit de dire non voilà comment ça se passe l'orientation LGBT est fondamentale mais pour le corps enseignant et toute la société également
si d'aventure Yannick Jadot accédait à l'Elysée et devenait président de la république quelle serait sa première grande mesure sociétale
écoutez il y en a beaucoup sur lesquelles la société doit avancer je pense au droit de mourir dans la dignité qui est aujourd'hui insuffisamment reconnu je pense que cette éducation au consentement et le fait de globalement je parlais de sécurité tout à l'heure la droite qui donne des leçons dans la terre entière sur la sécurité déjà sur le plan de la sécurité physique et en extérieur c'est un fiasco supprimer la police de proximité baisser de 11 000 le nombre de flics c'est vraiment je ne comprends pas qu'ils aient encore du crédit pour parler de sécurité mais tous les sujets que je viens d'aborder les féminicides les violences pédocriminelles l'inceste sont considérées par bon nombre de pouvoirs publics comme relevant du privé on n'y parle pas on n'en parle pas moi je pense que ces personnes sont discréditées pour seulement parler de sécurité un gouvernement comme celui d'Emmanuel Macron là encore qui dit ah oui les féminicides c'est vraiment un vrai problème d'ailleurs on va en faire la grande cause du quinquennat qui organise un grenelle des violences faites aux femmes qui invite les familles des victimes à venir témoigner et une fois vous avez entendu parler de de cette femme qui est assassinée par son ex ou son conjoint de la soeur qui se retrouvait aussi à avoir pris un coup de carabine parce que l'homme qui avait été mille fois signalé et sur lequel il y avait une main courante et même des plaintes avait pu franchir comme ça sans encombre le chemin jusqu'au nouveau domicile de la victime c'est impossible de ne pas agir voilà le garde des Sceaux avait promis la mise en place des bracelets électroniques il n'en est rien les associations au conseil de l'égalité demandaient un milliard d'euros pour la formation justement des pouvoirs publics des magistrats des policiers on sait que les femmes victimes c'est un chemin de croix pour aller ne serait-ce que signaler ou porter plainte ils peuvent recevoir slut shaming peuvent être humiliés y compris après le trauma d'une agression recevoir un deuxième trauma d'une humiliation par les policiers c'était notamment le commissariat de Montpellier qui avait fait l'objet d'une enquête particulière sur ce sujet il y a besoin d'une formation les associations demandaient un milliard et Marlène Schiappa la soi-disant ministre en charge du dossier avait débloqué un million mille fois moins voilà l'Espagne a réussi une mue complète c'était classique c'était macho les femmes de Vester et les hommes pouvaient les violenter à leur guise et ils ont réussi en Espagne à la faveur d'une loi vraiment cadre qui s'intéressent aux médias qui s'intéressent à la formation qui s'intéressent à la prévention qui s'intéressent à la sanction ils ont réussi à faire évoluer la situation c'est de ça dont on a besoin et évidemment avec Yannick Jadot président féministe nous aurons à coeur de déclencher immédiatement cette formation cette prévention et ces sanctions
donc violences faites aux femmes vous avez cité le droit à mourir dans la dignité qui serait l'une des mesures prises par Yannick Jadot président la légalisation du cannabis si on reste sur les sujets de société
ah mais pour moi oui d'accord bien sûr oui la légalisation du cannabis évidemment mais pour moi c'est pas un sujet de société c'est un sujet de santé c'est à dire qu'on a on a la politique pénale une des plus énervée une des plus musclée une des plus répressive d'Europe et on a le taux d'addiction chez les mineurs le plus élevé cocorico quel fiasco quand on sait que le cannabis est dangereux et peut influer sur le développement du cerveau et que le cerveau termine de se développer aux alentours de 18-20 ans et bien ça veut dire que c'est un fiasco c'est un cauchemar vraiment c'est un un cauchemar en matière de santé publique là où la légalisation permet la réduction des risques aujourd'hui se procurer quand vous avez 15 ans une barrette de shit à l'intérieur du lycée même c'est plus simple que d'acheter une bouteille de whisky au Franprix donc en fait il n'y a pas de lutte contre les effets psychotropes contre la coutumance il n'y a pas de réduction des risques dans les pays qui ont mis en place la légalisation du cannabis je pense au Portugal au Canada et nombre d'états aux Etats-Unis et bien l'interdiction permet la prévention et l'encadrement de la filière offre des emplois crée des recettes fiscales mais d'abord et surtout permet de réduire les risques et donc une vraie politique de santé l'autre élément c'est un élément de sécurité c'est-à-dire qu'on sait que le trafic de cannabis ont embolisé différents quartiers que la population n'en peut plus et que la police d'après le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb peut consacrer jusqu'à 1 million Gérald Darmanin non non l'ancien pardon il avait fait une audition il avait expliqué que la police pouvait consacrer jusqu'à 1 million d'heures à la lutte contre les consommateurs et les trafiquants de cannabis 1 million d'heures donc 150 000 jours les tribunaux sont embolisés les greffiers les juges les procureurs traitent des petits dossiers de cannabis qui servent à rien et y compris nos prisons ont un nombre record de personnes qui sont là pour trafic ou consommation donc pour vous il faut légaliser pour régler tout ça
il faut légaliser
et donc c'est pas pour moi un enjeu sociétal je vous le redis c'est un enjeu de santé et de sécurité et donc oui la légalisation du cannabis évidemment et là encore c'est finalement regarder les faits regarder la science regarder la réalité en face écouter ce que nous disent en off les commissaires les magistrats on n'en peut plus ça ne fonctionne pas il faut changer de braquet c'est aussi ce que va mettre en place la coalition aux figures les verts en Allemagne l'égalisation du cannabis
un mot sur le CBD vous savez ces produits à base cannabiques le gouvernement est en train de renforcer le contrôle ou l'encadrement très fort de la vente de ces produits
c'est une bonne idée mauvaise idée non c'est une hérésie bien sûr le CBD donc le cannabidiol est issu du chambre mais contrairement au cannabis où il n'a pas de THC pas de substance psychotrope pas d'effet d'accoutumance moi je l'utilise pour dormir par exemple d'autres l'utilisent contre le stress ou contre certaines douleurs et encore d'autres l'utilisent pour passer du cannabis le petit pétard pour le coup où il y a du THC au CBD non psychotrope non stupéfiant un effet de sevrage et de profonde réduction des risques il y a 20 000 emplois dans cette filière c'est partout légal en Europe ça a été démontré et la France s'est fait taper sur les doigts et au lieu de dire ok on adapte le cadre et bien ils ont choisi de reprendre un arrêté que j'estime illégal qui condamne la filière il y a un référé liberté le conseil d'état doit se prononcer dans les tout prochains jours et nous espérons bien qu'on va pouvoir légaliser le CBD
il nous reste quelques secondes Julien Bayou quand est-ce que Yannick Jadot va dévoiler son programme
alors on a une séquence programme on a beaucoup parlé d'Europe là mais le 29 janvier où notamment on va travailler à donner à voir ce que c'est qu'une présidence écologiste et prendre appui sur les réalisations des maires à Lyon à Strasbourg à Bordeaux et ailleurs
Merci Julien Bayou c'était Politique une émission que vous pouvez réécouter en podcast si vous le souhaitez sur franceculture.fr et l'application Radio France merci à Anne-Claire Bazin pour la programmation préparation M Le Chéli prise de son Anthony Thomasson je vous dis à samedi prochain et l'application
merci à Anne-Claire