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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 4 décembre 2025 21 min

Laurent Jacobelli : « Le Parti Socialiste a un revolver sur la tempe du Premier ministre »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Laurent Jacobelli, merci beaucoup d'être notre invité député de la Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:22
Invité

Bonjour Yann, bonjour M. Jacobelli. Bonjour.

0:25
Présentateur

Laurent Jacobelli, hier dans l'hémicycle pendant le débat sur le budget de la sécurité sociale, Sébastien Lecornu a pris la parole. Il appelle les parlementaires à la responsabilité, à la cohérence, au compromis. Est-ce que vous entendez ce message ou est-ce que vous dites de manière certaine ce matin que le RN votera contre les budgets ?

0:42
Laurent Jacobelli

Oui, nous voterons contre les budgets, d'abord parce que nous sommes dans l'opposition et parce que M. Lecornu appelle à la cohérence, mais il faut une cohérence entre le discours et les actes. M. Lecornu, par soumission au Parti Socialiste, qui je le rappelle a un revolver sur la tente du Premier ministre, va accepter notamment une hausse de la CSG. Or, je crois que dans le discours, il disait qu'il ne fallait pas continuer à matraquer les Français, à faire peser le risque fiscal ou de taxes sur l'ensemble de nos concitoyens. Donc, il y a une incohérence totale.

Et on voit bien que le Premier ministre est plus occupé à s'agripper à son siège, à sauver les sièges du Parti Socialiste, qu'à défendre les Français. C'est parce qu'il dit.

1:16
Présentateur

Parce qu'il dit d'ailleurs qu'il ferme la porte au 49-3. Il ne dit pas qu'il doit s'agripper à son siège.

1:21
Laurent Jacobelli

Il dit qu'il faut donner un budget pour la France. Mais pas à la loi spéciale et pas aux ordonnances. Tout ça est un jeu de dupe. Je crois qu'on est face à des parlementaires et à des membres du gouvernement qui ont oublié l'intérêt général.

1:31
Invité

Excusez-moi, mais il a fermé la porte également à la loi spéciale et aux ordonnances. Il laisse la main complètement aux parlementaires pour trouver une voie pour le budget. Ça, ça ne vous intéresse pas ? Tout nous intéresse.

1:41
Laurent Jacobelli

Et d'ailleurs, nous avons essayé depuis le début de diminuer les taxes sur les entreprises, de ne pas faire augmenter les impôts pour les Français. Mais enfin, le budget de M. Lecornu au total, c'est 19 milliards d'impôts et de taxes supplémentaires et 30 milliards de dépenses publiques supplémentaires. Or, il faut faire exactement l'inverse. Baisser les impôts des Français et baisser les dépenses d'un État...

2:01
Présentateur

Pourquoi vous ne travaillez pas au compromis ? Pourquoi vous ne voulez pas travailler au compromis ? Mais nous n'arrêtons pas.

2:04
Laurent Jacobelli

Pourquoi vous dites depuis le début... Nous proposons des amendements...

2:06
Présentateur

Vous dites depuis le début, on va voter compte, quel que soit le texte...

2:08
Laurent Jacobelli

C'est parce que ce budget est un mauvais brouillon d'une mauvaise copie. Le Premier ministre n'a pas fait le budget en fonction de l'intérêt de la France.

2:16
Présentateur

Donc vous n'avez pas tenté d'en réfléchir ?

2:17
Laurent Jacobelli

Il a pris le budget de M. Béroud. Il est allé voir les socialistes en disant « Vous avez le droit de vie et de mort sur mon gouvernement. Qu'est-ce que vous voulez ? » Qu'ont fait les socialistes ? Ils ont fait du socialisme. À la limite, on ne peut pas leur reprocher. C'est-à-dire une très mauvaise politique. Tout le monde se souviendra de François Hollande. Et M. Lecornu, aujourd'hui, n'est que la marionnette de M. Olivier Faure.

2:34
Invité

Je me souviens de l'année dernière, vous aviez la main sur la possibilité de négocier avec Michel Barnier. Pourtant, vous l'avez refusé. Cette année encore, vous refusez de négocier. Il n'y a pas quand même une contradiction dans le fait qu'on laisse la main aux parlementaires, on n'utilise pas le 49-3 et vous ne voulez pas la saisir ?

2:52
Laurent Jacobelli

Je pense que vous avez une interprétation un peu erronée, si je peux me permettre. Le Premier ministre a officiellement déclaré qu'il voulait travailler avec tout le monde, mais officieusement a fait un accord avec le PS.

3:03
Présentateur

Mais il a parçu le RN ? Il ne discute pas avec le RN ?

3:04
Laurent Jacobelli

Il nous a reçus, mais nous n'avons pas d'accord avec le Premier ministre. Le Premier ministre a fait un calcul simple. Il ne sera pas censuré si le PS trahit ses électeurs. C'est facile. Qui est le plus susceptible de trahir hors l'hémicycle ? Évidemment, le PS, c'est leur histoire. Ils ont défendu une mesure, la suspension de la réforme des retraites ? Le PS s'est fait élire avec l'extrême-gauche, le nouveau Front populaire, donc avec une politique très offensive contre le gouvernement. Et une fois élus à l'Assemblée, ils ont lâché l'extrême-gauche et sont allés négocier avec les macronistes. Et donc on se retrouve aujourd'hui avec un budget socialiste.

Or la France a besoin de tout, sauf de socialisme. Et nous ne serons pas du côté de ceux qui ponctionnent les Français. Vous dites, Laurent Jacobelli, nous on est responsables,

3:45
Présentateur

on travaille dans l'intérêt général, on travaille pour le pays. S'il n'y a pas de budget, c'est 30 milliards de déficit de budget de la Sécurité sociale l'année prochaine. C'est responsable, ça ?

3:52
Laurent Jacobelli

Mais s'il y a un budget, c'est combien de déficit ? Plusieurs dizaines de milliards. 20 milliards.

3:57
Invité

C'est-à-dire que vous prenez le risque, son budget de la Sécurité sociale, d'ajouter 10 milliards de dettes sussémentaires.

4:01
Laurent Jacobelli

Alors chiche, puisque M. Lecornu veut négocier, qu'il négocie qu'on diminue de 12 milliards les dépenses d'allocations sociales à l'immigration, qu'on diminue de 7 milliards le budget de l'Union européenne et qu'on aille chercher des milliards dans les agences publiques qui ne servent à rien ou dans le millefeuille territorial. Voilà la feuille de route. On a proposé un contre-budget. Il n'y a pas d'opposition plus constructive que la nôtre, plus responsable que la nôtre. Le Premier ministre a fait mine de ne pas comprendre ce qu'on demandait. Il a écouté les sirènes socialistes qui sont toujours les mêmes. Plus d'impôts, moins d'entreprises. Entreprendre, ce n'est pas bien.

Payer des impôts, c'est bien. C'est complètement archaïque. On a fait un bond dans les années 80. C'est le choix du Premier ministre. Nous, on voulait amener la France vers l'avenir. Il ne nous a pas écoutés. Écoutez, c'est son choix en responsabilité, comme ils disent chez les macronistes.

4:49
Invité

Les débats abordent aujourd'hui un sujet qui peut d'ores et déjà s'avérer décisif pour le budget de la Sécurité sociale. C'est l'augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine. Du capital. Du capital, pardon. Est-ce que vous voterez cette mesure ?

5:03
Laurent Jacobelli

Non, 3 milliards, une fois encore, de ponctions supplémentaires, ce n'est pas raisonnable. C'est ce qu'avait demandé le PS. Personne n'en sera surpris. Ils sont dans leur rôle. Piquer l'argent des Français. Le Premier ministre a accepté. Les LR font peut-être semblant de faire diminuer un peu le taux pour pouvoir retourner à peu près dignement dans leur circonscription. Mais au final, c'est une mauvaise mesure. Ce Premier ministre ne comprend pas. Il ne comprend pas qu'aujourd'hui, il faut des réformes fortes pour amener la France vers plus d'équilibre tout en maintenant la justice.

5:29
Invité

Les réformes fortes, est-ce que ce ne sera pas les questions à trancher en 2027 ? Est-ce que, encore une fois, la responsabilité qui prévaut, ce ne serait pas de donner un budget ? Il ne satisfait personne, ce budget, que ce soit le socle commun ou bien les socialistes. Mais malgré tout, de trouver une voie de passage pour éviter que la France se retrouve avec une dette encore plus abyssale

5:49
Laurent Jacobelli

qu'elle ne l'est aujourd'hui. Non, ce budget est très mauvais. Ne pas le voter, ça veut dire protéger les Français, notamment de l'année blanche. L'année blanche, c'est quoi ? Moi, je le dis à vos téléspectateurs. Ça veut dire non-réévaluation des retraites. Ça veut dire des foyers qui vont payer plus d'impôts sur le revenu. Est-ce que c'est tolérable ? Est-ce que c'est acceptable au moment où les Français se plaignent du pouvoir d'achat à juste titre ? Ce gouvernement est sournois. Il est sournois parce qu'il ne leur dit pas la vérité. Et moi, je le dis à vos téléspectateurs, si ce budget est voté, vous paierez plus et vous aurez moins de services publics.

Notre rôle, c'est de faire rempart.

6:21
Invité

M. Giacobelli, le budget, même s'il n'est pas voté en ce mois de décembre, il faudra bien voter un budget. Il y aura une loi spécial qui reconduira le budget précédent. Pas forcément sur la sécurité sociale. Sur la sécurité sociale, ce n'est pas possible. Mais ça pose une vraie question puisque s'il n'y a pas de loi spéciale ni d'ordonnance pour la sécurité sociale, ça veut dire que les débats vont reprendre au premier trimestre 2026 en pleine campagne des municipales. Mais vous ne pensez pas que ça va parasiter qu'on recule pour être encore plus embêté par ce dossier ?

6:53
Laurent Jacobelli

Je vous propose quelque chose. En sortant du plateau, on appelle ensemble M. le Premier ministre. Et on le dit, le premier parti de France, Banco, le premier parti de France, c'est le Rassemblement national, vous fait des propositions. Écoutez-les et tout ira bien. Plutôt que d'écouter le PS qui à la présidence est un 1,7%.

7:08
Présentateur

Qu'est-ce qu'il vous dit quand vous le rencontrez ?

7:10
Laurent Jacobelli

Vous savez, quand on le rencontre, on lui représente à chaque fois nos mesures contre budget. Il nous écoute. Il hoche la tête. On s'en va et il appelle Olivier Faure pour savoir ce qu'il doit faire. Donc c'est ça le problème. Vous caricaturez un peu. Oui, bien sûr, je suis caricateur. Je résume en 30 secondes la réalité des faits. Mais l'idée est là et vous avez bien compris ce que je voulais dire. Le vrai problème, c'est qu'on a une majorité du centre qui travaille pour les socialistes avec la complicité de la droite. C'est une espèce de gloubi-boulga improbable et indigeste qui fait qu'on n'a pas de cap. Pourquoi nous demandons la dissolution ?

Pourquoi nous voulons censurer ce gouvernement ? C'est pour qu'il y ait enfin à l'Assemblée nationale une majorité. Or, une majorité, ça définit une stratégie et comme cette stratégie est soutenue par une majorité de députés, elle passe. Aujourd'hui, il n'y a pas de majorité.

7:52
Invité

C'est un pari sur une majorité qui n'est absolument pas garantie.

7:56
Laurent Jacobelli

Et qui ne s'est pas révélégation il y a un an. Par contre, ce qui est garanti, c'est qu'aujourd'hui, on n'en a pas et qu'on aura un mauvais budget qu'il soit voté ou qu'il soit rafistolé. Donc, au final, nous, on est là pour aider les Français. On n'est pas là pour rentrer dans les conditions.

8:07
Présentateur

Mais miser sur la dissolution, vous pensez que ça aide les Français ? C'est pas rajouter de la crise à la crise ?

8:11
Laurent Jacobelli

Vous avez très bien entendu ce que j'ai dit. Nous ne misons pas sur la dissolution. Nous la souhaitons. En revanche, était aussi présent que nous. Je vais vous dire, les choses avanceraient beaucoup plus vite. Sauf que nous n'accepterons pas tout et n'importe quoi. Nous sommes là pour protéger les Français. Nous sommes dans l'opposition. Nous ne sommes pas les supplétifs de M. Lecornu. Nous n'avons pas demandé à M. Lecornu d'être Premier ministre. Le nom du Premier ministre que nous avons proposé, nous, après des élections potentielles, c'était Jordan Bardella. Là, il appelle

8:42
Présentateur

un budget de compromis. Il n'appelle pas ceux qui votent le budget sont dans le camp gouvernemental. Ceux qui votent le budget sont dans l'opposition.

8:48
Laurent Jacobelli

Mais vous y croyez ? Vous êtes journaliste à Public Sénat depuis longtemps. Vous n'êtes pas naïve. Vous pensez bien que quand le Premier ministre appelle au compromis, il appelle au socialisme pour garder son poste. Je vais vous dire. Si je te tiens, tu me tiens par la babel tchette. Si le Premier ministre saute, il y a des élections. S'il y a des élections, les socialistes retournent à la maison. Or, ils ont besoin de ça pour vivre. Et le Premier ministre est Premier ministre ce qui est inespéré dans sa vie. Donc, les deux se tiennent. Ils resteront en place s'ils se tiennent mutuellement. Ce qui explique que nous avons un budget socialiste et que nous ne pouvons pas l'accepter.

9:16
Présentateur

Un dernier mot là-dessus, Julien. Le 49.3.

9:19
Invité

Oui. Encore une fois, est-ce que la porte de sortie ne serait-elle pas le recours au 49.3 ? Alors, on sait qu'Édouard Philippe, Gérard Larcher, Bruno Retailleau ont réclamé que ce soit de nouveau utilisé. Sébastien Lecornu l'a rejeté encore une fois. Est-ce que pour vous, ça pourrait être une piste ?

9:37
Laurent Jacobelli

Écoutez, au final, ce budget nous sera imposé que ce soit par 49.3, par ordonnance ou par loi spéciale. Pourquoi il ne veut pas de 49.3 le Premier ministre ? Vous croyez que c'est par grandeur d'âme, par amour de la démocratie ? C'est simplement parce que s'il y a 49.3, il y a censure et s'il y a censure, il saute. Donc, il y a un moment, nous sommes face à des gens... Vous croyez qu'il n'y a pas

9:54
Présentateur

de budget et reste ?

9:54
Laurent Jacobelli

Nous sommes face à des gens qui veulent sauver leur place. C'est bien le problème de cette non-majorité et c'est bien le problème de cette Assemblée où il n'y a pas de convergence, où il n'y a pas de stratégie. Vous ne m'avez pas répondu,

10:07
Invité

M. Jacobelli. Est-ce que vous pensez que ça pourrait être une solution, peut-être la moins mauvaise en tout cas, entre loi spéciale ordonnance et 49.3 ? Le Premier ministre a dit non,

10:15
Laurent Jacobelli

donc on peut faire de la politique fiction. Les seuls qui pourraient changer les choses, c'est les socialistes, puisque je le répète, aujourd'hui, vous avez une dizaine, une vingtaine de députés socialistes qui ne représentent qu'eux-mêmes, qui dirigent la France, comme ils dirigent d'ailleurs le Conseil d'État, comme ils dirigent d'ailleurs la Cour des comptes. Une toute petite minorité d'un parti en voie de disparition est en train de diriger la France et c'est très grave. Ils sont plus de 60. Oui, vous avez raison.

10:37
Présentateur

On va parler de l'actualité, ce qui s'est passé hier, la condamnation en appel de Christophe Glez, qui a été de nouveau condamné à 7 en prison. Comment vous réagissez face à cette nouvelle condamnation ?

10:47
Laurent Jacobelli

Je crois que c'est tout simplement la preuve que la politique diplomatique d'Emmanuel Macron ne fonctionne pas. Dire oui à l'Algérie, quoi qu'il en soit, de délivrer des visas à tour de bras pour les Algériens qui arrivent en France, de refuser de remettre en cause les accords de 1968 et de faire de la repentance en permanence, ça ne marche pas. Nous, nous lui avons dit qu'il faut essayer la manière forte. Il faut maintenant dire à l'Algérie les visas, c'est fini. Les transferts de fonds, c'est fini. L'aide au développement, c'est fini. Le soin des apparatchiks en France, c'est fini. Tant qu'un seul Français croupit dans les geôles algériennes, nous ne tolérons plus rien.

11:22
Présentateur

Mais vous pensez qu'elle marche la manière forte ? Parce que c'est la manière qu'avait tenté Bruno Retailleau et il a fallu passer par l'Allemagne pour libérer Bruno Retailleau.

11:29
Laurent Jacobelli

n'a rien tenté. Il a parlé Bruno Retailleau, ça c'est bien. Il parle bien Bruno Retailleau mais il ne sait pas agir ou on n'a pas laissé agir. Bref, c'est la méthode molle, la méthode de la soumission qui a été faite par M. Barraud. Alors pour ceux qui nous regardent et qui ne connaissent pas, M. Barraud, j'imagine comme la plupart des chefs d'État, c'est notre ministre des Affaires étrangères et tout ça n'a pas marché et on a été obligés, enfin c'est l'Allemagne qui nous a sauvés, c'est l'Allemagne qui en quelques jours a obtenu ce que la France n'avait pas obtenu pendant des mois pour Boilem Sansal. Espérons, espérons que l'Allemagne nous aide pour M.

Gleize qui est un journaliste, je le rappelle, qui est en prison parce qu'il est journaliste et un président de la République en France qui veut mettre un label, un tampon sur les journalistes accrédités par l'État qui n'est pas capable d'en libérer à l'étranger. Tout cela est lamentable.

12:14
Invité

On va en parler. Justement, on va en parler puisque vous soulevez le débat sur la labellisation des médias, sujet qui a fait polémique cette semaine. Alors j'ai regardé sur le site du Rassemblement National, vous avez lancé une pétition intitulée, je cite, « Non à la labellisation de l'information par Macron ». Alors moi qui étais avec le président à Arras pour le face au lecteur, j'ai quand même bien écouté à ce moment-là le président de la République et je n'ai jamais entendu de sa bouche l'idée d'une labellisation par l'État. Pourquoi vous relayiez en fait cette fausse information ?

12:51
Laurent Jacobelli

Alors ce n'est pas une fausse information en fait. Le président de la République a eu une tentation de contrôle des médias depuis longtemps, souvent par le biais des réseaux sociaux. C'est depuis l'affaire Benalla. Voilà. Il n'a jamais supporté l'affaire Benalla où la presse a révélé que son homme de main faisait le coup de force dans les rues de Paris. Et depuis, il a une méfiance vis-à-vis de la presse qu'il ne contrôle pas. Et je pense qu'il met le discrédit qu'il a auprès des Français. Je rappelle qu'il y a 11% des Français aujourd'hui qui lui font confiance. C'est un record historique au plus bas. Il le met notamment partiellement auprès de la presse.

Qu'est-ce qu'il nous dit le président de la République ? Il nous dit qu'il faut labelliser. Alors évidemment, il dit que ce n'est pas l'État. Ce sera reporter sans frontières par exemple. Ce n'est pas reporter sans frontières. Ou je ne sais qui. Mais au final, il va se passer quoi ? Il va se passer qu'il y aura des médias labellisés avec une vérité officielle. C'est ça ? Parce que moi, je ne sais pas vous, mais définir la vérité sur certains sujets, moi, j'en suis incapable.

13:39
Invité

Ce n'est pas du tout l'idée présidentielle. Excusez-moi de vous corriger. Ce dont il parle, en l'occurrence, il soulève l'initiative qui a été portée, en effet, initiée par reporter sans frontières, mais qui est certifiée par des organismes indépendants. Vous riez, mais vous êtes les certificateurs utilisés par

14:01
Laurent Jacobelli

On va arrêter tout de suite. Pourquoi ? Parce que reporter sans frontières qui n'est pas du tout indépendant, qui a appelé à voter contre le Rassemblement national, son président est clairement connu comme un journaliste de gauche, voire d'extrême gauche. Reporter sans frontières a labellisé France Inter, France Inter, Mais ce n'est pas RSF. Non, non, non, parce que c'est faux. Excusez-moi,

14:20
Invité

RSF n'a pas labellisé. Ce sont des organes indépendants qui, c'est Deloitte, c'est Veritas, c'est des certificateurs.

14:27
Laurent Jacobelli

C'est des journalistes mandatés par RSF. C'est des auditeurs. Je comprends que ça vous gêne. Vous êtes journaliste et dans l'aspect corporatiste. Je n'ai pas forcément

14:34
Invité

envie d'être labellisé.

14:35
Laurent Jacobelli

Je vais quand même terminer. Ils ont labellisé France Inter, dont deux journalistes ont été pris la main dans le sac en train de négocier une stratégie électorale avec le PS. Ils ont labellisé le service public français dont on a vu, notamment à France Télévisions, qu'il y avait des fake news à tour de bras. Excusez-moi, tout ça est inquiétant. Vous savez, quel est le dernier pays à avoir fait ça ? Labelliser les médias à travers un organisme ? C'est la Russie. Voilà. Donc si le modèle démocratique de la France, c'est la Russie, on ne peut pas comparer. Quand l'État veut se mêler de la liberté de la presse, le président de la République n'avait pas à dire ça.

Et surtout, le président de la République sur les réseaux sociaux officiels de l'Élysée attaque directement une chaîne d'information privée. Si vous ne sentez pas venir la tentation autocratique, alors c'est que vous n'êtes pas assez vigilant. Et vous êtes journaliste, des bons journalistes qui me permettent de le dire, vous faites très bien votre travail, je suis venu plusieurs fois ici et je le sais, vous êtes objectif, vous posez les bonnes questions. Alors ne vous laissez pas faire, résistez à partir du moment où un chef d'État demande à des journalistes d'être labellisé. Je vous le dis, il faut sonner le signal d'alarme. Nous, Rassemblement National, on est pour la liberté de la presse.

Et croyez bien, on n'est pas souvent épargnés par la presse. Pour autant, on préfère être critiqués par une presse indépendante mais là,

15:46
Présentateur

il n'y a pas que la presse, il y a aussi les questions

15:47
Laurent Jacobelli

des réseaux sociaux qui ne sont pas contrôlés. C'est autre chose. Là-dessus, vous avez raison. Mais je pense qu'on ne peut pas comparer un influenceur à Dubaï qui dit n'importe quoi avec une chaîne d'infos en France.

15:57
Invité

Sauf que le public a tendance à mélanger un petit peu les deux, vous le savez.

16:01
Laurent Jacobelli

Nous, on croit en l'intelligence de nos concitoyens. On ne les prend pas pour des enfants. Et puis, je vais vous dire, imaginez que vous ayez raison. À partir du moment où des gens veulent des infos différentes, si vous labellisez un média, il sera reconnu comme un média officiel. Et ceux qui veulent un autre type d'infos iront vers les médias non labellisés. Donc, c'est une histoire sans fin. On va peut-être

16:21
Invité

que la labellisation est une démarche volontaire des médias. Ça ne va pas dans l'autre sens.

16:25
Laurent Jacobelli

Bien sûr. En ce moment. Préservons les journalistes de tout contrôle direct ou indirect de l'État. Honnêtement, trop de pays en ont trop souffert. Soyons vigilants.

16:34
Présentateur

Allez, on termine par les questions politiques sur les prochaines élections, Julien.

16:37
Invité

Oui, avec ce rappel des derniers sondages Odoxa ou Cluster 17 qui soulignent la popularité de Jordan Bardella. Alors, ça devrait vous faire plaisir. Chez Odoxa, il est donné, par exemple, gagnant au second tour dans tous les cas de figure. Et pourtant, on sent que ces sondages, ils gênent un petit peu aux entourneurs leur rassemblement national parce qu'ils ont l'air d'indiquer que Jordan Bardella est peut-être le meilleur candidat pour gagner en 2027.

16:58
Laurent Jacobelli

Non, je crois que d'abord, quand un sondage sonde la candidature de Jordan Bardella sans sonder celle de Marine Le Pen, oui, il y a un biais dès le départ. Bon, la bonne nouvelle, c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui, des citoyens français qui hier ne votaient par rassemblement national sont prêts à le faire. Et pour nous, c'est un plafond de verre qui a sauté. C'est une bonne nouvelle. Et d'ailleurs, Marine Le Pen l'a dit elle-même, ces bons sondages sont une bonne nouvelle. Nous, on a un duo, Marine Le Pen, Jordan Bardella, les deux personnalités politiques préférées des Français. Il ne peut y en avoir

17:28
Présentateur

qu'un à la fin. Est-ce que là, vous ne vous dites pas finalement que Jordan Bardella

17:31
Laurent Jacobelli

est peut-être un meilleur candidat que Marine Le Pen pour le RN ? Mais comment on pourrait dire meilleur puisque Marine Le Pen n'a pas été testée ? Et je le dis, et je le dis d'autant plus que c'est ce que dit Jordan Bardella, la candidate naturelle du rassemblement national, c'est Marine Le Pen. Nous le disons tous, Jordan Bardella en tête. Les bons scores de Jordan Bardella aujourd'hui montrent que des gens qui hier n'avaient pas l'habitude de voter rassemblement national sont prêts à le faire. C'est une excellente nouvelle. Ça veut dire que notre programme plaît aux gens, correspond à leurs attentes et qu'ils sont prêts au changement.

Nous sommes aujourd'hui la seule force d'alternance au macronisme. C'est évidemment pas LFI, les Français ne veulent pas le chaos, ils ne veulent pas la Corée du Nord, c'est évidemment pas la droite qui a tout abandonné, ni la gauche qui aujourd'hui fait partie de la majorité de fait. Nous sommes la seule force d'alternance. Les Français l'ont compris, c'est ça le signal de ces sondages. Après, on a deux personnalités dont les Français pensent qu'ils peuvent être présidents de la République. Marine Le Pen, Jordan Bardella. On a un problème de riche finalement. On a deux personnalités appréciées et que les Français reconnaissent capables.

Si tous les partis avaient la même chose, dites donc, ils seraient heureux.

18:31
Invité

Autre sujet qui a animé l'avis de votre parti, c'est la démission de son poste de vice-président du Rassemblement national, le maire de Fréjus, David Racheline. Il y a une enquête en corruption qui le touche. Est-ce qu'il est devenu infréquentable ?

18:46
Laurent Jacobelli

Je ne sais pas si c'est comme ça qu'il faut l'interpréter. Je ne le crois pas. Il y a effectivement des enquêtes en cours. Je crois qu'il a voulu épargner le Rassemblement national dont il était le vice-président de cette publicité. On l'a poussé un peu vers la sortie. Mais tout le monde voulait ça. Tout le monde voulait à la fois le protéger et protéger le parti. Il n'est donc plus vice-président. Je crois qu'il reste adhérent. Il est encore adhérent ? Il peut rester adhérent ? Oui, je pense. Oui, bien sûr. Il y a une procédure judiciaire, vous avez raison, mais au moment où on se parle autour de cette table, il est présumé innocent.

Donc la présomption d'innocence, elle vaut pour tout le monde, y compris pour les adhérents. Donc pas de soutien, en tout cas, pour les municipales à Fréjus ? Pas d'étiquette ? David Rachid est un maire populaire dans sa ville. Il est le maire de tous les habitants de Fréjus. Et la dernière fois, il était sans étiquette, affiché, il continuera à l'être. Je crois que tout le monde sait qu'il a milité et œuvré au Rassemblement national. Ce n'est pas une surprise.

19:36
Présentateur

Un mot sur les municipales, puisque vous en parlez. Martine Vassal, qui est la candidate à Marseille, soutenue par LR par Renaissance, n'écarte pas la possibilité d'une alliance avec le RN dans l'entre-deux-tours. Vous dites oui, moi ?

19:46
Laurent Jacobelli

Il faudra poser la question au candidat. C'est lui qui décidera. Franck Alizio, notre candidat à Marseille. Très bon candidat, d'ailleurs, je le dis aux Marseillais qui nous regardent. Mais très honnêtement, tout cela montre l'air du temps. Vous savez, il y a des politiques de conviction et puis il y a des politiques d'opportunité. Évidemment, dans cette dernière catégorie, beaucoup de gens regardent vers nous en ce moment parce qu'ils savent que les sondages nous sont favorables, que l'opinion nous est favorable et qu'un certain nombre de villes vont être gérées demain par le RN. Il y a peut-être aussi des gens sincères. C'est à chaque candidat de faire le tri.

C'est vrai que c'est surprenant. Ça vous a surpris ? Oui, quelqu'un qui était prêt hier à faire alliance avec les macronistes pour lutter contre le RN. Bon, écoutez, est-ce qu'elle est réellement convaincue, Mme Vassal, ou est-ce que c'est de l'opportunisme ? Moi, je suis incapable de le savoir. Je ne vis pas à Marseille. Je ne travaille pas au quotidien. Mais sur le principe, vous n'êtes pas compte

20:35
Présentateur

de vous allier avec des candidats macronistes, du coup, puisqu'elle est soutenue par les macronistes,

20:39
Laurent Jacobelli

dans l'entre-deux-tours ? Mais une fois encore…

20:41
Présentateur

Parce que c'est un peu contradictoire de dire qu'on est les premiers opposants, mais en même temps, c'est pas grave, on va s'allier avec le municipal.

20:45
Laurent Jacobelli

Est-ce qu'elle est vraiment macroniste ou est-ce qu'elle a encore l'air ? Moi, j'ai un peu de mal à savoir, ça dépend des semaines. Mais nous, on est tout à fait prêts à nous allier avec des gens qui ont le même objectif que nous et qui, pour les communes, veulent assurer la sécurité, la baisse ou le maintien des impôts, mais pas d'augmentation d'impôts, la propreté des rues, etc. Une fois encore, nous sommes prêts à gouverner des communes, des départements, des régions et le pays. Gouverner seul, ça n'existe pas. Et donc, il faudra travailler avec tous ceux qui veulent travailler avec nous, mais des gens sincères, pas des gens qui veulent un poste et qui sont prêts à trahir les électeurs.

21:19
Présentateur

Merci Laurent-Jacques Méli. Merci beaucoup d'avoir été notre invité à la Une de la Voix du Nord, Julien. Ce sont les routes face au climat qui change, en effet. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

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