L’échec organisé de l’Aide sociale à l’enfance
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la nation garantit à tous, notamment à l'enfant, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. C'est le préambule de notre Constitution. »
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« près de 400 000 enfants et jeunes majeurs dépendent de l'ASE — confiés à la République »
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« Seulement 3 % du budget que représente le dispositif »
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« Plus de 3000 de ces enfants vivent déjà à la rue »
- 1:45Locuteur 1Chiffre
« plus de 40 % des jeunes sans abri de 18 à 25 ans sont issus de l’ASE »
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« environ un quart des personnes détenues ont connu un placement à l'ASE dès leur enfance »
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« certains départements [...] à 18 ans, vous êtes dehors, parfois du jour au lendemain, sans logement, sans ressources, sans accompagnement »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci, Monsieur le président, Madame la ministre, collègues, la nation garantit à tous, notamment à l'enfant, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. C'est le préambule de notre Constitution. C'est un engagement solennel de la République, et l'aide sociale à l'enfance est censée être la traduction en actes de cet engagement de la nation.
Et quels sont les actes ? Quelle est la réalité ? Alors que près de 400 000 enfants et jeunes majeurs dépendent de l'ASE — confiés à la République — les moyens alloués par l'Etat sont de l'ordre de 2 € par jour, par an, alors qu'on sait qu'un enfant dans sa famille nécessite plus de 600 € de dépenses pour son entretien, l'État accorde à ces enfants, ceux dont il a la tutelle, seulement 60 € par mois, dix fois moins que ce dont il a besoin.
Seulement 3 % du budget que représente le dispositif. Le reste est au petit bonheur la chance. Les résultats de cette politique, qui est plutôt un désengagement organisé d'ailleurs, sont dramatiques.
Plus de 3000 de ces enfants vivent déjà à la rue, plus de 40 % des jeunes sans abri de 18 à 25 ans sont issus de l’ASE. Dans la prostitution, les études montrent que 20 à 40 % des jeunes concernés sont passés par la protection de l'enfance. En prison, environ un quart des personnes détenues ont connu un placement à l'ASE dès leur enfance.
Et combien finissent addicts hospitalisées en psychiatrie ? Brisées, parfois morts ? Ce ne sont pas des trajectoires individuelles malheureuses ou des destins tragiques.
Ce sont les conséquences directes d'une politique qui mêle mépris social, désintérêt humain et de plus en plus du racisme. Pourtant, c'est souvent au nom des décisions de justice prises pour les protéger qu'on jette ces enfants d'en pire. Parfois pire.
En effet, il faut bien le dire, parce que des enfants déplacés, de foyer en foyer, des parcours disloqués, des jeunes qui se suicident dans des chambres d'hôtel, des enfants agressés, humiliées, invisibilisées et des professionnels épuisés, écœurés et qui tiennent encore par sens du devoir. On ne va pas se raconter d'histoires. Les collectivités ne sont pas irréprochables.
Certaines font, certaines font mal, certaines ne font pas du tout. La décentralisation, sans garantie nationale forte, a produit une loterie territoriale. Selon le département où vous tombez, vous êtes accompagnées ou vous êtes abandonnés.
Prenons un exemple très concret l'âge de sortie de l'ASE : dans certains départements, à 18 ans, vous êtes dehors, parfois du jour au lendemain, sans logement, sans ressources, sans accompagnement. Dans d'autres, on va jusqu'à 21 ans, parfois un peu plus. Même pays, même république, destin radicalement différent.
Alors je pose la question franchement à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, soit nous considérons que ces enfants sont nos enfants et dans ce cas, qui ici mettrait son propre gosse dehors à la rue, à 18 ans ou à 21 ans, sans rien, sans toit, sans revenu, sans filet. Soit on les considère comme une charge dont il faut se débarrasser et ne nous étonnons nous pas qu'on les retrouve à la rue ou à la morgue ? La commission d'enquête parlementaire de 2025 l'a dit sans détour il faut tout refonder, il faut remettre les