Qatar, place chez les Républicains et semaine de quatre jours... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Aurélien Pradié
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Bonjour Aurélien Pradié, les Bleus disputent ce soir leur demi-finale du Mondial face au Maroc, vous serez devant la télé ou pas ?
Ah oui bien sûr je serai devant la télé, je veux leur dire merci parce qu'ils commencent déjà à nous faire rêver depuis un petit bout de temps, j'espère qu'ils vont nous faire rêver encore ce soir. Puis dans une telle période où franchement on n'a pas beaucoup de raisons d'espérer parfois, ça nous fait du bien de voir que nos sportifs et nos champions sont capables de donner de la fierté au pays.
Vous êtes fier de cette équipe, elle porte les valeurs de la France ?
Bien sûr, d'abord on est toujours plus fier encore d'une équipe quand elle gagne, et puis notre équipe de France... C'est un peu injuste d'ailleurs. Oui ce qui est vrai, mais vous savez c'est comme en politique, il y a des choses qui sont injustes parfois, et puis je trouve que c'est une belle équipe qui depuis plusieurs semaines fait un très beau parcours, donc oui je suis fier d'eux, j'espère qu'on le saura encore plus ce soir.
On vous pose la question parce qu'il y en a un qui se questionne, c'est Éric Zemmour sur l'identité des Bleus, il a dit s'il y avait 10 joueurs qui s'appelaient François et Jean-Claude dans l'équipe du Maroc, je pense que leur roi s'interrogerait. Qu'est-ce que ça vous inspire cette phrase ?
Écoutez, moi je pense qu'Éric Zemmour a besoin de prendre quelques jours de congé, c'est pas possible qu'il renvoie toutes ses obsessions sur tous les sujets, y compris sur notre équipe de France. Voilà, qu'il fiche la paix un peu à nos sportifs, et qu'Éric Zemmour aille calquer toutes ses obsessions politiques et parfois même un peu pathologiques sur d'autres choses que le sport. On a aujourd'hui de quoi être fier à notre équipe de France, je me fiche de savoir quel est le prénom de ceux qui portent nos couleurs, ils portent nos couleurs, et peut-être même d'ailleurs que c'est une belle expression, une belle image de ce qu'est notre pays.
Et de ce que sont les valeurs du sport et les valeurs de la France.
Emmanuel Macron sera au Qatar ce soir pour assister au match des Bleus. Est-ce qu'il a raison d'y aller au moment où ce pays, le Qatar, est soupçonné d'avoir voulu espionner le Parlement européen ?
Je n'ai aucune sympathie particulière pour le Qatar. Aucune. Je pense d'ailleurs qu'on ne touche pas du fond le sujet véritable. Aujourd'hui le Qatar a pris beaucoup de place dans notre pays, dans beaucoup d'investissements dont on ne parle très très peu.
Parce que Nicolas Sarkozy lui a ouvert un grand l'économie française lorsqu'il était à l'Elysée.
Et parce que depuis des années, disons-le clairement, beaucoup de responsables politiques ont déroulé le tapis rouge au Qatar, comme on l'avait fait avec la Russie. C'est un tort. Oui, c'est un tort. C'est un tort parce que ça touche à la souveraineté de notre nation, parce que lorsque le Qatar investit massivement dans notre pays, il le fait avec des intentions qui sont des intentions politiques. Et que je pense que par l'acheter, depuis de nombreuses années, de nombreux responsables politiques ont fait une place trop grande à des puissances extérieures à notre pays qui ne nous veulent pas du bien.
Mais même des membres de votre camp politique. Le premier, on le rappelle, c'est Nicolas Sarkozy, président, qui donne des avantages fiscaux massifs au Qatari pour qu'il puisse s'installer en France.
Je vous dis, tous les responsables politiques ont commis des erreurs. Moi, je suis cohérent dans mes positionnements, y compris avec la Russie. Et je l'ai dit parfois même à certains de mes amis politiques. Je pense qu'on a laissé trop de place à des puissances extérieures dans notre pays. Parfois même, certains responsables politiques français sont allés servir les intérêts de la Russie ou du Qatar. Vous pensez à François Fillon, très clairement. Je pense à tous ceux qui l'ont fait. Et je le dis comme je le pense. Lorsqu'on sert son propre pays, on ne peut pas aussi servir les intérêts d'autres puissances qui, je le redis, ne nous veulent pas du bien.
Quelle doit être la réponse de la France à ce qui se passe en ce moment au Parlement européen ?
On doit avoir une réponse aussi exigeante qu'on l'a avec nos propres députés nationaux. On ne peut pas avoir un Parlement européen qui passe son temps à donner des leçons au monde entier. On le voit depuis déjà plusieurs années. Et dont on voit en réalité que loin des regards, parce que le Parlement européen est un peu loin des regards des concitoyens, de nos concitoyens se comportent en étant soumis à de très très nombreux lobbies. Ce qui s'est passé là, cette affaire de valise de billets qui circule est absolument scandaleuse. Absolument scandaleuse. Parce qu'elle touche à la souveraineté politique, non seulement de l'Union européenne, mais aussi par ricochet de nos propres pays.
Vous savez, dans le débat politique que nous avons depuis quelques années, on parle beaucoup de la probité des responsables politiques, de la transparence. On oublie souvent de se demander si certains responsables politiques ne sont pas soumis à d'autres puissances que la puissance qu'ils doivent représenter, qu'elle soit européenne ou nationale.
Dans ces cas-là, on fait quoi ? Dans le cas du Qatar et des élus européens qui ont reçu de l'argent, il faut envisager des sanctions contre le Qatar ?
Il faut non seulement envisager des sanctions contre les parlementaires européens, les responsables politiques européens qui se seraient soumis à cette corruption insupportable, mais aussi replacer les règles clairement vis-à-vis du Qatar, comme le faire vis-à-vis de la Russie, en disant que l'Union européenne et la France ne sont pas des terrains de jeu pour les puissances extérieures. Oui, je le dis comme je le pense.
Mais vous envisagez quelles sanctions ? Parce qu'on a besoin du Qatar, par exemple, pour le gaz en ce moment.
Eh bien, peut-être. Nous avions aussi besoin de la Russie pour le gaz et pour d'autres investissements. Il faut savoir ce que l'on veut. Est-ce que l'on veut parce qu'on n'est plus capable de porter un certain nombre d'investissements dans notre pays, le proposer à d'autres pays, d'autres puissances extérieures, ou reprendre notre souveraineté ? Moi, je pense que la souveraineté politique, économique, elle est fondamentale pour la sécurité et la démocratie de nos pays.
Dans votre vie publique, Aurélien Pradié, est-ce que vous avez déjà été approché par des entreprises ou des États qui vous ont offert des cadeaux ou proposé des cadeaux ou de l'argent ? Est-ce que c'est déjà arrivé ?
Offer des cadeaux ? Non, jamais. J'ai été, avant d'être député, maire d'une commune. Et oui, parfois, on voit des entreprises qui vous proposent des facilités. C'est-à-dire ? Moi, je les ai toujours refusées. Ça prend quelle forme ? Ce sont des facilités, ce sont des cadeaux plus ou moins clairs qui vous sont proposés. Moi, ça ne m'est quasiment jamais arrivé parce que je pense que lorsque vous fixez les règles, dès le début, lorsque vous démontrez que vous n'êtes pas susceptible d'être soumis à ces tentations-là, alors on ne vous les propose pas. Mais pour le reste, on le voit quotidiennement dans la vie politique.
Dans les groupes d'amitié entre pays, à l'Assemblée nationale, où les puissances étrangères invitent les députés de l'Assemblée nationale à voyager.
Nous sommes les députés, nous sommes soumis à des règles très strictes. Il faut aujourd'hui déclarer l'ensemble des facilités qui nous seraient offertes, y compris dans le cadre de voyages. Après, c'est à chaque député de gérer sa propre moralité. Lorsqu'on va visiter un pays, on évite d'y être invité par la puissance concernée. Puis chacun se fixe ses règles. Parfois, on peut être accueilli dans un pays et pour autant garder son libre arbitre.
Je reviens d'un mot à la question que je vous ai posée il y a quelques instants. Emmanuel Macron a tout de même raison d'y aller ce soir au Qatar ou pas ?
Il va soutenir l'équipe de France. Ça passe au-dessus du reste ? Oui, mais en fait, je pense que le vrai sujet n'est pas là. Le vrai sujet, il est sur les investissements dont nous parlions tout à l'heure. Je ne voudrais pas que cette question de la Coupe du Monde, par facilité, efface tous les autres grands enjeux. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on vibre avec le sport. Et demain, que nous nous posions toutes les autres questions de fond. Parce que c'est vrai que l'approche que nous avons de la Coupe du Monde est quand même incroyablement hypocrite depuis quelques semaines.
Aurélien Pradier, député du Lot, candidat malheureux à la présidence du parti. Vous êtes arrivé troisième. Très heureux pour autant. Malheureux, c'est une expression heureux aussi d'être là, évidemment. Et l'invité de France Info ce matin, on va en parler dans une minute. Le fil Info tout d'abord à 8h40. Voici Valentine Letesse. Le tenant du titre face à une nation portée par tout un continent. France-Maroc, l'affiche inédite de cette demi-finale de mondiale de foot ce soir à Doha. Édition spéciale sur France Info à partir de 17h. Jusqu'à 10 cm de neige en pleine, les flots contombent, les suppressions de trains aussi. Circulation totalement interrompue sur les rails entre Paris et Orléans.
A cause de pluie verglaçante, 33 départements sont en vigilance orange, neige, verglas. 39 attentats islamistes et 9 attentats d'ultra-droite ont été déjoués ces 5 dernières années en France, selon Gérald Darmanin. Il y a encore quelques semaines, ajoute sur France 2 le ministre de l'Intérieur, plusieurs personnes qui allaient passer à l'acte bientôt ont été interpellées. Des explosions entendues dans le centre de Kiev ce matin, une attaque de drones selon le maire de la capitale ukrainienne. Aucune victime signalée pour l'instant. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Aurélien Pradié, c'est la première fois que vous prenez la parole depuis qu'Éric Ciotti a remporté la présidence de votre parti. Il incarne l'aile droite, vous êtes sur l'aile gauche des Républicains. Allez-vous rester dans le parti ?
Je ne sais pas si je suis sur l'aile gauche, j'ai voulu incarner durant toute cette campagne une droite populaire, une droite qui parle à tous les Français, une droite qu'on avait perdue depuis quelques années. Et je suis très fier de cette campagne qui, durant plusieurs semaines, a permis de lever un espoir. Vous savez, j'étais vraiment le petit poussé dans cette campagne. J'ai réuni plus d'un quart des adhérents sur mon nom et mon projet.
Un petit peu moins, 22%.
Oui, mais c'est quasiment un quart.
Ça ne fait pas plus d'un quart, 22%.
Assurément, je n'ai pas dit plus d'un quart, mais j'ai dit un quart. Si, si, c'est ce que vous avez dit, mais ce n'est pas grave. Près d'un quart. Près d'un quart. Est-ce que vous allez y rester ? Oui, évidemment que je vais rester. J'ai toujours parlé de la fidélité politique comme d'une valeur absolument cardinale. Et puis, je le redis désormais, dans cette famille politique, j'incarne avec mes amis quelque chose, une parole différente sur les sujets sociaux, sur les sujets d'environnement. Bref, tout ce que nous avons fait durant cette campagne, c'est un sillon que nous avons tracé. Et je suis là pour le faire fructifier.
Vous l'avez rencontré hier, Éric Ciotti. Vous avez dit là avec lui les conditions pour rester. Parce qu'on l'a dit, vous êtes différent. Il est très à droite, vous êtes un peu plus à gauche.
Non, je ne suis pas à gauche, pardon, mais moins à droite.
Un peu plus à gauche dans le parti, moins à droite que lui.
J'incarne une droite populaire. Alors, c'est vrai qu'on a perdu depuis quelques années cette idée que la droite puisse s'adresser à tout le monde. Mais c'est ce que je souhaite reconstruire. Et c'est ce qu'on a commencé à faire. Moi, je ne deal rien. D'ailleurs, Éric Ciotti non plus, nous ne sommes pas des dealers politiques. Pas un poste dans la direction ? Non, on s'est vu pour se parler clairement. Je lui ai dit, et il le sait, que nous étions complémentaires. Je souhaite qu'on reconstruise cette droite-là. Il a sa sensibilité. J'ai la mienne. Je ne pense pas que ce soit un problème. Je pense que c'est une chance.
J'ai dit que je serais fidèle à ma famille politique, que je vais m'engager de toutes mes forces, comme je l'ai toujours fait, avec courage et avec volonté pour reconstruire cette famille politique, avec ma sensibilité. Et je pense que c'est une chance merveilleuse d'avoir désormais deux sensibilités complémentaires. Il y a eu Pascua et Séguin. Peut-être qu'on peut retrouver aussi cette période où il y avait deux droites complémentaires qui parlaient à tous les Français. Si vous proposez par exemple un poste de vice-président des Républicains, vous l'acceptez ou pas ?
Peut-être que c'est déjà le cas d'ailleurs.
La question n'est pas exactement celle-ci. Vraiment, je vous le dis, y compris entre deux tours, vous avez vu, j'ai un comportement qui n'a pas consisté à aller me vendre à l'un ou à l'autre. On est toute une équipe.
Vous avez appelé implicitement à voter pour Éric Sautier.
Non, non, je n'ai rien appelé implicitement. C'était quand même assez clair. J'ai rappelé le projet politique qui était le mien. J'ai rappelé mon projet sur les questions environnementales, sur la question des retraites, etc. J'ai dit à mes deux amis, désormais, positionnez-vous par rapport à ça. Vous vous rendez compte que pendant plusieurs semaines, j'ai porté la parole notamment d'une réforme des retraites nouvelle, nous allons en parler, devant les adhérents qui ont acquiescé à ce projet-là. La question, ce n'est pas la répartition des postes. Moi, je vous le dis comme je le pense. J'ai l'intention pendant de nombreuses années de porter cette parole d'une droite populaire.
C'est la seule qui peut nous permettre de gagner demain. Et donc à l'intérieur du parti, pour être bien clair. Oui, évidemment, à l'intérieur, parce qu'il n'est pas question de partir. Vous savez, moi, je n'ai pas la culture de la trahison politique ou de la désertion politique. J'ai la culture du courage politique.
Enfin, vous vous parlez de deux droites complémentaires. Est-ce qu'elles sont parfois irréconciliables ? Quand, par exemple, pendant la campagne, Éric Ciotti propose d'ouvrir des places dans les centres de rétention pour y placer tous ceux qui sont placés sous obligation de quitter le territoire. Ça fait 130 000 personnes. Vous vous dites que c'est n'importe quoi.
Je n'ai pas dit exactement que c'était n'importe quoi. Vous dites que c'est l'usure des gadgets. J'ai dit que je n'étais pas d'accord. Je l'ai dit durant toute la campagne. Mais vous savez, on peut se parler dans une famille politique. On n'est pas des bons petits soldats qui obéissent les uns aux autres.
Mais à la fin, la ligne, c'est laquelle ? C'est la sienne.
Pardon ?
À la fin, la ligne qui gagne, c'est laquelle ?
Non, c'est la ligne que nous installerons tous. Et comptez sur moi pour peser très fortement. Vous voyez, sur d'autres sujets, comme la question des retraites, je vois que la position que je portais il y a quelques mois, qui paraissait un peu iconoclaste, elle est en train de devenir majoritaire. Voilà, ça, c'est mon boulot. De convaincre par les idées. Je ne suis pas là pour dealer des postes. Je suis là pour faire en sorte que les idées que je porte puissent devenir majoritaires.
Éric Ciotti avait prévenu, s'il était élu à la tête des Républicains, Laurent Wauquiez serait automatiquement le candidat des Républicains à la prochaine élection présidentielle. Laurent Wauquiez est donc votre candidat naturel ?
Je ne suis pas Éric Ciotti, vous l'avez...
Non, mais vous êtes membre des Républicains et vous y restez.
Depuis plusieurs semaines, j'ai fait entendre ma singularité, comme d'autres. Nous aurons ce débat à l'intérieur de notre propre famille politique.
C'est votre nouveau chef, Éric Ciotti, il a fixé la ligne. Maintenant, vous le dites, on ne va pas la suivre.
Non, mais attendons-nous, ce n'est pas une caserne, les Républicains. Il s'est fait élire sur ce programme. Il n'y a plus de primaire et candidature autonome. Et je suis d'accord, il ne faut plus de primaire. Une fois qu'on a dit qu'il n'y avait plus de primaire, il faut qu'on ait une désignation. Éric Ciotti a dit qu'il proposerait le nom de Laurent Wauquiez. Il a raison de le proposer. Nous le ferons selon un calendrier sur lequel nous allons nous entendre. Je pense qu'il n'y a pas d'urgence pour cela. D'ailleurs, j'entends qu'Éric Ciotti en convient aussi, que Laurent Wauquiez lui-même en convient. Et le moment venu, on se posera la question. Et si Laurent Wauquiez est le mieux placé ?
Je suis convaincu qu'il arrivera à convaincre une majorité des membres de notre famille politique de lui faire confiance. Pour le moment, vous ne l'êtes pas. Parce que ce n'est pas le sujet. Vous savez, la droite a fait moins de 5% à la dernière élection présidentielle. Si on pense que le seul fait de désigner rapidement candidat à la présidentielle suffira, on se trompe. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut reconstruire la maison, une chose après l'autre.
Des questions se posent au sujet de l'immigration, des questions se posent au sujet de la candidature de Laurent Wauquiez. D'autres questions, vous l'avez dit, sur la question des retraites. Chez les Républicains, vous vous dites qu'on reste à 62 ans. Olivier Marlex, le chef de file des députés LR, dit 63 ans. Les sénateurs LR disent 64. Et votre candidate à la présidentielle, Valérie Pécresse, disait 65. Bon, à la fin, on écoute qui ?
On écoute le débat qui est en train de s'installer dans notre famille politique. On n'est pas tous d'accord, c'est vrai. Mais moi, je suis cohérent. Ça fait déjà des années, y compris lors de la dernière élection présidentielle, que je disais que le report de l'âge légal de départ à la retraite était une hypocrisie. Une hypocrisie parce qu'aujourd'hui, on a la moitié des Français qui ne partent pas à l'âge légal. L'âge légal, ça ne fait pas la retraite. Si vous n'avez pas la durée de cotisation, ça ne suffit pas. La deuxième hypocrisie, c'est qu'on a aujourd'hui un Français sur dix qui termine sa carrière professionnelle avec une pension d'invalidité.
Et moi qui respecte profondément le travail, vous ne m'entendrez jamais dire à quelqu'un qui a commencé à travailler à 19 ans ou à 20 ans qu'il va devoir finir avec une pension d'invalidité à 65 ans. Le vrai sujet, c'est comment on se remet tous au travail, quand on peut vraiment travailler. Et je souhaite donc qu'on réfléchisse à la durée de cotisation. Celui qui a commencé à travailler tôt, finit tôt. Mais qu'on remette aussi vraiment l'ensemble de nos concitoyens au travail, quand ils le peuvent. Qu'est-ce que nous avons à dire à droite sur le temps de travail ? Moi je souhaite que la droite demain, elle réfléchisse par exemple à la semaine de 4 jours, la semaine de 38 heures en 4 jours.
Que nous puissions augmenter le temps de travail sur 4 journées pour se laisser du temps dans l'organisation de sa vie. Si demain on travaille 38 heures en 4 jours, on aura réglé une bonne partie du nombre de cotisants dont nous avons besoin. Tout ça c'est la réforme des retraites. La semaine de 4 jours, il est d'accord avec ça ? C'est un débat que nous avons eu hier en réunion de groupe. Et c'est mon travail de député, y compris issu d'une nouvelle génération, parfois de porter des sujets un peu nouveaux. La réforme des retraites, on la portera intelligemment si durant tout au long de sa vie, on est plus nombreux à cotiser et qu'on travaille davantage.
C'est ça la vraie bonne réforme des retraites.
Mais du coup, que va faire la droite lors de l'examen du texte sur les réformes ? Qui va voter quoi ? 62, 63, 64, 65 ? Vous votez ou non le passage par exemple si c'est 64 ans ? Vous le votez ou pas ?
J'ai dit clairement que je ne voterai pas et je ne soutiendrai pas le président de la République dans une réforme qui allongerait l'âge de départ à la retraite. Je souhaite qu'on travaille sur la durée de cotisation. Je l'ai toujours dit et je continuerai à le dire.
Et si c'est sur les 2, 64 ans avec allongement de durée de cotisation ?
Mais la question c'est de sortir de l'âge légal. Je veux que nous sortions de ce totem politique de l'âge légal qui ne veut à rien dire.
Là vous êtes en gros désaccord avec vos amis.
Non, je ne suis pas en gros désaccord avec mes amis. Hier nous avons eu une réunion de travail. Nous y travaillons au sein de notre groupe politique pour trouver une ligne sur laquelle nous allons nous entendre. Nous avons jusqu'au mois de janvier pour le faire. Et croyez-moi nous allons y arriver.
Ça veut dire qu'à 3 semaines de la présentation de la réforme des retraites la droite n'a pas de position établie aujourd'hui.
D'abord nous ne savons pas exactement ce que le président de la République a l'intention de nous proposer.
64 ou 65 ?
Et bien sur ce sujet c'est non. Je l'ai dit clairement et je continuerai à le dire. Vous savez la droite depuis 10 ans répète la même chose sur tous les sujets. Et depuis plus de 10 ans nous perdons toutes les élections. Si on ne se remet pas en question pour reparler aux catégories populaires pour reparler aux travailleurs de ce pays nous n'y arriverons pas demain. Donc oui nous sommes à un moment où la droite va se reposer la question. Et vous verrez qu'au final nous arriverons sur un point d'entente qui fera que la droite tournera la page de ces punitions qui la poursuivent depuis des années pour être à nouveau un espoir respectueux de ceux qui travaillent dur dans notre pays.
Voilà au fond des valeurs qui sont des valeurs de la droite. Respectez le travail.
Aurélien Frédier, est-ce que les républicains doivent devenir un parti de l'écologie ou est-ce que vous dites comme Nicolas Sarkozy il y a quelques années l'écologie ça commence à bien faire ?
Non, l'écologie est un sujet absolument central. Ma génération le sait, d'ailleurs je crois que toutes les générations le savent. Durant toute cette campagne à l'intérieur du parti j'ai parlé de la question de l'eau qui est une question dont on ne parle pas. Qui est une question absolument centrale.
Frédéric Mélenchon en parle depuis plusieurs années.
Oui c'est vrai et il a raison d'en parler. Mais il faut que nous en reparlions. Ce sont les économies d'eau potable. On gaspille aujourd'hui entre 20 et 40% de notre eau potable dans notre pays avant même qu'elle arrive au robinet. C'est la question du retraitement des eaux usées. C'est la question de l'hydroélectricité, de nos barrages pour produire vraiment avec une énergie renouvelable plutôt que l'éolien.
On vous pose la question parce qu'en ce moment à l'Assemblée nationale est étudiée, est examinée le projet de loi sur les énergies renouvelables. Est-ce qu'on peut être écolo et contre les éoliennes comme l'est la droite aujourd'hui ?
Oui, bien sûr. Et même peut-être que si on est vraiment écolo, on est opposé à la course folle aux éoliennes qui sont un non-sens environnemental, un non-sens économique et un non-sens énergétique. Quand on soutient vraiment les énergies renouvelables, on pense à nos barrages hydroélectriques. Vous savez que l'eau est la plus belle ressource d'énergie renouvelable.
Au niveau barrage en France, on est quasiment au maximum. On peut encore en rajouter quelques-uns. Vous ne pouvez pas mettre 15 barrages à la suite.
Non, vous vous trompez. Si nous réinvestissons dans nos barrages existants, ce que nous ne faisons plus depuis près de 15 ans parce que l'Union européenne veut que nous les mettions en concurrence, on peut gagner jusqu'à 20% de production supplémentaire.
Mais là, n'empêche pas l'autre. Les éoliennes, aujourd'hui, vous dites qu'il faut toutes les raser ?
Non, je n'ai pas dit qu'il fallait toutes les raser. Ne caricaturez pas. J'ai dit qu'il ne fallait plus en installer de nouvelles, que c'était une absurdité et un non-sens, et qu'il fallait penser au démontage de celles qui arrivent en fin de vie parce que c'est un sujet. Réinvestissons dans nos barrages, dans l'hydroélectricité, 20% de capacité de production énergétique supplémentaire. Et vous savez quel est l'avantage des barrages ? C'est que quand on a besoin d'énergie en pleine nuit ou le soir, qu'on n'a pas d'éolien et pas de photovoltaïque, on peut lâcher des barrages. Oui, réinvestissons dans nos barrages. On peut être de droite.
Là encore, dans votre famille politique, c'est compliqué que ça.
Être proche de l'écologie. Oui, être proche de l'écologie et être proche de l'énergie renouvelable qui ne sont pas dogmatiques. Faisons de l'eau une question politique essentielle, y compris à droite.
Aurélien Pradié, député du Lot, heureux membre des Républicains. Et ce matin, l'invité de France Info, 8h51. Valentine Letesse pour le Fil Info. Un vol sur quatre, annulé à Orly. Pas de transport scolaire dans la quasi-totalité des 33 départements en vigilance orange, neige, verglas. Et en région parisienne, la préfecture recommande même aux habitants de télétravailler. Gérald Darmanin portera plainte en diffamation contre Adrien Quatennens, le député insoumis tout juste condamné à 4 mois de prison pour violence sur son épouse. Il a laissé entendre que la fuite de son affaire dans la presse a été orchestrée par le ministère de l'Intérieur.
Bernard Laporte, lui, quitte volontairement son poste de vice-président de World Rugby. Mais il reste patron de la Fédération française, malgré sa condamnation hier à deux ans de prison avec sursis pour corruption et trafic d'influence. C'est le grand soir pour l'équipe de France. Pour une place en finale du Mondial de foot, les Bleus affrontent le Maroc dans un stade déjà acquis. Au Lyon de l'Atlas, plus de 14 000 supporters marocains seront en tribunat. FranceInfo. Le 8.30 FranceInfo. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec le député Les Républicains du Lot, Aurélien Pradier. Hier, la justice a condamné le député insoumis Adrien Quatennens à 4 mois de prison avec sursis.
Il a reconnu avoir giflé son épouse. Dans la foulée, les insoumis ont décidé de le suspendre pendant cette même période. 4 mois, il ne pourra plus siéger avec les insoumis, mais il pourra tout de même revenir à l'Assemblée. Est-ce que c'est la bonne solution qui a été trouvée ?
Adrien Quatennens doit se poser des questions personnelles. Il a fait, lui et ses amis politiques, la protection des femmes et la lutte contre l'évérance conjugale un combat essentiel. Il a fait partie de ceux qui, d'ailleurs, ont été très durs avec les acteurs qui avaient fauté sur ce sujet. Est-ce que lui-même, qui a été assez souvent un inquisiteur, peut aujourd'hui se contenter d'une mise en retrait ? Moi, je ne le crois pas.
C'est-à-dire, c'est parce qu'il a tenu ses propos, aujourd'hui, ou c'est parce que, tout simplement, pour vous, on ne peut pas passer sur ses propos ?
De son point de vue, il y a sa position. Lorsqu'on a passé des mois et des années, lui et sa famille politique, à faire la leçon au monde entier, on est forcément obligé de s'appliquer des règles. C'est-à-dire, s'il n'avait pas fait la leçon, vous ne demanderiez pas la même chose ? Bien sûr, mais ça, c'est mon point de vue personnel. De mon point de vue personnel, je ne vois pas comment un député qui a été condamné pour des violences conjugales peut rester député de la Nation. C'est une question morale, personnelle, qui doit se poser. Il est le seul à pouvoir démissionner. Personne ne peut le faire démissionner.
Dans ce cas-là, est-ce qu'il faut rendre inéligibles les personnes condamnées pour des violences conjugales ? C'est une question qui se pose.
Il n'y a pas d'automaticité. Il doit y avoir vraiment une décision de justice. Moi, je ne vois pas comment on peut rester député de la Nation avec un devoir d'exemplarité. On n'est pas des anges, on n'est pas des héros. Ça m'arrive de commettre des erreurs, sûrement. Je n'ai jamais frappé ma compagne. Évidemment, cette faute-là, est-ce qu'elle est supportable quand on est député de la Nation ? Je ne le crois pas. D'ailleurs, que va peser la parole d'Adrien Cateness dans les temps qui viennent avec cette tâche-là dans son parcours politique ? Je pense que c'est intenable. Voilà pourquoi, y compris, à mon sens pour lui, il ne devrait plus aujourd'hui siéger à l'Assemblée nationale.
Il dit accepter sa condamnation tout en dénonçant un inchage médiatique inédit. Il soupçonne même Gérald Darmanin, au ministère de l'Intérieur, d'avoir fait fuiter la plainte de son ex-compagne. Là, ça va trop loin ?
Si Adrien Cateness a des preuves de cela, il doit les donner. On ne donne pas des preuves à moitié. On ne dit pas les choses à moitié. S'il a des éléments d'information, qu'il les donne. Et si c'est le cas, ce serait grave, en effet. Mais moi, je n'aime pas cette manière qu'il peut avoir de se défausser sur les autres et de se défendre en disant que la moitié des choses. Quand on sait quelque chose, on le dit.
Pour le reste, je le répète, comment demain, nos concitoyens peuvent continuer à savoir qu'il y a un député de la Nation qui siège, qui participe aux délibérations, qui va de même peut-être être amené à voter des lois en matière de violence conjugale alors qu'il a lui-même été condamné ? Oui, la politique, c'est dur. Oui, la politique, parfois, ça exige de prendre des décisions extrêmement dures et difficiles. Mais c'est la fatalité de la politique. On n'est pas engagé en politique comme on est engagé dans d'autres domaines.
En parlant de violence intrafamiliale, vous avez fait voter un texte pour créer une juridiction spécialisée. Le gouvernement affirme que c'est une fausse bonne idée qui va compliquer le travail de la justice et le désorganiser. Les avocats et les magistrats aussi sont sur la même ligne. En gros, vous avez tout le monde contre vous. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Cette année, depuis le début de l'année, 104 femmes ont été assassinées. Les chiffres depuis trois ans sont catastrophiques en France. L'Espagne, il y a déjà de très nombreuses années, a mis en place une juridiction spécialisée. Nous l'avons fait dans notre pays pour protéger les enfants. À l'après-guerre, par exemple, avec le juge et les enfants. En Espagne, ça a incroyablement fonctionné. Aujourd'hui, nous avons besoin de cette juridiction spécialisée.
On ne dit qu'il n'y a pas les moyens.
Eh bien, il va falloir trouver les moyens. Enfin, comment peut-on avoir un ministre de la justice qui aujourd'hui nous dit qu'il ne faut pas créer de juridiction spécialisée, on n'en a pas les moyens, donc on n'a pas les moyens de faire en sorte que moins de 104 femmes soient assassinées chaque année ? C'est insupportable. 104 femmes, combien vaut la vie d'une femme ? C'est une question de moyens ? Non, c'est une question de volonté politique. Vous ne pensez pas
que la justice telle qu'elle existe aujourd'hui peut sereinement traiter ces affaires ?
La preuve, non. La preuve, aujourd'hui, nous avons déployé les bracelets anti-rapprochement. Je l'ai fait par une loi que nous avons portée. Et très peu de bracelets sont déployés dans la phase avant la sentence, c'est-à-dire sous l'ordonnance de protection. Parce que nous n'avons pas un magistrat aujourd'hui qui maîtrise parfaitement la mesure pénale et la mesure civile. Les Espagnols ont passé une étape considérable quand ils ont créé cette juridiction spécialisée.
Et vous savez, si je l'ai défendu avec autant de force, et d'ailleurs, tous les groupes d'opposition l'ont défendu à l'Assemblée nationale, je ne suis pas seul, tous les groupes d'opposition se sont agglomérés pour défendre cette proposition, c'est parce que je crois qu'elle est fondamentale. Et j'assume de bousculer le ministre de la Justice, de bousculer les magistrats, parce que parfois, il faut sortir un peu du confort pour mener de grands combats
comme celui-ci. C'est un sujet sur lequel vous êtes, je ne sais pas si c'est le bon mot, mais en avance au sein de votre famille politique. Pour quelles raisons les violentes faites aux femmes ? Ça fait des années que vous vous battez là-dessus.
Pas une raison personnelle, mais une raison politique. Lorsque j'ai été élu maire il y a de nombreuses années, la première femme que j'ai reçue dans mon bureau, j'avais une vingtaine d'années, c'est une femme que je connaissais bien, qui était venue me voir pour m'expliquer que si elle rentrait à la maison, son mari allait la tuer. Je n'aurais jamais imaginé que cette femme était victime de violences. Et j'ai découvert ce jour-là ce que c'était. Il a fallu la mettre à l'abri. Dans mon département, j'ai une association qui fait un travail magnifique, Posophie là-haut, sur ces sujets.
J'ai passé beaucoup de temps avec eux et je me suis juré quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale de mener trois combats. Celui de la lutte contre la pauvreté, celui de la protection des femmes et des hommes en situation de handicap, parce que c'était mon histoire personnelle, et celui de la protection de toutes ces femmes et tous ces enfants qui, dans un milieu qui devrait protéger qui est la famille, étaient victimes de violences. Ce sont des promesses que je me suis faites et puis je pense qu'elles disent quelque chose de la politique. La politique, elle est là pour protéger les plus fragiles, pour protéger ceux qui ont besoin d'être protégés.
Et peut-être que ça dit quelque chose aussi de la droite que je souhaite que nous portions, une droite qui protège ceux qui en ont besoin.
Merci Aurélien Pradié, député du Lot, invité ce matin de France Info. Bonne journée.
Aurélien Pradié