Carburants : « Le blocage des prix ne coûte rien» rappelle Hadrien Clouet, député LFI de Haute Garonne
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- 0:49OuverteRéponse directe
Bloquer les prix, c'est pourtant la bonne solution, en tout cas celle que propose votre parti La France insoumise.
- 1:44RelanceRéponse directe
Adrien Clouet, je suis obligé de vous challenger quand même un petit peu sur le sujet, parce qu'il y a des économistes qui disent que c'est un peu fantaisiste de vouloir bloquer les prix, qu'il y a un risque de pénurie, que ce n'est pas vraiment sérieux.
- 2:56OuverteRéponse directe
D'autres pays, l'Allemagne, par exemple, Berlin a décidé de baisser directement les taxes. Est-ce que la France devrait faire, par exemple, la même chose ?
- 4:26FerméeRéponse directe
Les supprimer, ce serait jusqu'à 8,50 euros de moins sur un plein de 50 litres. C'est une idée que vous mettez de côté également, ça ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Quelle est la stratégie de la France insoumise sur l'immigration ? On ne fait rien, on touche à rien, on continue comme ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueChiffre
« Le blocage des prix ne coûte rien. »
- 1:03Invité politiqueFait
« Le blocage des prix, c'est prendre en vertu de l'article 410-2 du Code du commerce, un décret qui dit, le prix est plafonné. »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, à un moment où on se parle, à la Réunion, l'île de la Réunion en France, le prix est plafonné à 1,68€ le litre. »
- 1:32Invité politiqueChiffre
« Tous ces gens payent des marges qui ont fait x3 en France hexagonale. Ce n'est pas le cas ailleurs. »
- 1:59Invité politiqueFait
« D'abord, qu'on le fait déjà. Je suis très étonné qu'ils me disent qu'à la Réunion, il y a une pénurie. Il n'y en a pas. »
- 2:05Invité politiqueFait
« La guerre du Golfe, qui est le dernier grand moment de pénurie sur la production, puis le raffinage. On avait bloqué les prix en France, évidemment, pour se protéger la population. »
- 2:21Invité politiqueFait
« On a une marge de raffinage qui augmente. C'est-à-dire que le volume de pétrole brut, qui est extrait, est stable. »
- 2:44Invité politiqueChiffre
« Ils sont passés de 12 centimes à 36 centimes de marge par litre, les grands énergéticiens. »
- 3:38Invité politiqueChiffre
« On parle cette année de près de 30 milliards d'euros de super profits au niveau européen. »
- 5:39Invité politiqueChiffre
« Les OQTF dont parle M. Rodouel, donc 120 000 obligations de quitter le territoire français. »
- 6:25Invité politiqueFait
« le préfet des Hauts-de-Seine, qui maintenant est attaqué en justice, a dit même qu'il bloquait les rendez-vous de renouvellement. »
Temps de parole
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- Présentateur39 %
- ?4 %
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Et à 8h11, il est l'heure d'accueillir le second invité d'Europe 1 matin. Alexis de Lafléchère, vous recevez Adrien Clouet, député de la France insoumise de Haute-Garonne. Bonjour Adrien Clouet. Bonjour, merci. Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1. Les prix des carburants flambent. 2,40 euros le gasoil. Les automobilistes sont pris à la gorge.
Et
hier, dans ce contexte, Emmanuel Macron a reçu les chefs de parti à l'Elysée. Les filles étaient représentées par Manuel Bompard. En gros, le chef de l'État a dit que cette crise vient de l'extérieur. Il y a la guerre en Ukraine, les fortes tensions au Moyen-Orient, autour du détroit d'Hormuz. Et il a dit également, j'ai été extrêmement généreux. C'est comme ça que je l'ai compris pendant la période du Covid-19, avec le quoi qu'il en coûte. Donc, c'est terminé. Pas question pour l'instant de baisser les taxes ou de bloquer les prix. Et vous allez nous le confirmer ce matin sur Europe 1, Adrien Clouet.
Bloquer les prix, c'est pourtant la bonne solution, en tout cas celle que propose votre parti La France insoumise.
Tout
à fait. C'est ça que nous mettons
en avant.
Si M. Macron nous dit, je ne veux pas dépenser plus d'argent public, ça tombe bien. Le blocage des prix ne coûte rien. Enfin, le blocage des prix, c'est prendre en vertu de l'article 410-2 du Code du commerce, un décret qui dit, le prix est plafonné. Je vais même vous dire, ce n
'est
pas quelque chose d'inédit. Aujourd'hui, à un moment où on se parle, à la Réunion, l'île de la Réunion en France, le prix est plafonné à 1,68€ le
litre.
Enfin, j'imagine que les gens qui nous écoutent, qui payent près de 3€, vous l'avez rappelé, qui sont salariés, ils vont au boulot,
ils
sont artisans, ils ont des déplacements, ou même les petits pompistes indépendants qui se font étrangler par Total. Tous ces gens payent des marges qui ont fait x3 en France hexagonale. Ce n'est pas le cas ailleurs. Et donc, on ferait mieux de s'inspirer de ce dont bénéficient nos compatriotes si on su se battre dans les Outre-mer pour un encadrement du prix.
Adrien Clouet, je suis obligé de vous challenger quand même un petit peu sur le sujet, parce qu'il y a des économistes qui disent que c'est un peu fantaisiste de vouloir bloquer les prix, qu'il
y a
un risque de pénurie, que ce n
'est
pas vraiment sérieux. Qu'est-ce que vous leur répondez
?
D'abord, qu'on le fait déjà. Je suis très étonné qu'ils me disent qu'à la Réunion,
il
y a une pénurie. Il n'y
en
a pas. Deuxièmement, on l'a fait historiquement. La guerre du Golfe, qui est le dernier grand moment de pénurie sur la production, puis le raffinage. On avait bloqué les prix en France, évidemment, pour se protéger la population. Et puis, enfin, aujourd'hui, on n'a pas de pénurie.
On
a une marge de raffinage qui augmente. C'est-à-dire que le volume de pétrole brut, qui est extrait, est stable. En revanche, il y a des goulots d'étranglement, c'est-à-dire une capacité des grands groupes qui font le raffinage à pouvoir nous fixer des prix encore plus forts. Puisque c'est ça qu'on voit. Si vraiment il y
avait
une pénurie, la marge de raffinage n'aurait pas bougé. C'est-à-dire qu
'il
y
aurait
moins de pétrole. Ils feraient la même marge et ils nous vendraient au prix international. Mais ce n'est pas le cas. Ils sont passés de 12 centimes à 36 centimes de marge par litre, les grands énergéticiens.
Alors, Adrien Clouet, vous êtes député de la France Insoumise de Haute-Garonne. Je voulais aussi vous faire réagir. On entend bien, ce matin, sur Europe 1, votre solution. D'autres pays, l'Allemagne, par exemple, Berlin a décidé de baisser directement les taxes. C'est proposé notamment par le RN, baisser les taxes sur les carburants à Berlin jusqu'à la fin de l'année. 14 centimes de moins par litre, une mesure qui va coûter 2,5 milliards d'euros aux finances publiques en Allemagne. Est-ce que la France devrait faire, par exemple, la même chose ? C'est aussi une stratégie qui est proposée.
Moi,
je pense qu
'on
est quand même mieux inspiré de bloquer le prix. Parce que si vous baissez juste la taxe, en fait, c'est vous et moi qui payez. C'est-à
-dire
qu
'il
y
aura
moins d'argent dans les caisses de l'État. Et donc, ça veut dire qu'à la fin, ce sont les écoles, ce sont les moyens du service public, les pompiers, etc., qui vont se retrouver démunis. Donc, je pense que ce n
'est
pas une bonne chose de se payer, entre nous, la baisse du prix de l'essence. Il faut faire contribuer celles et ceux qui font des profits records. On parle cette année de près de 30 milliards d'euros de super profits au niveau européen. Vous voyez, ce sont des sommes qui sont gigantesques.
Et l'Europe veut s'y attaquer, si j'ai bien suivi.
Alors, pas tous. Vous avez effectivement vu, il y a des pays, Allemagne, Autriche, Italie et Espagne, qui proposent qu'il y ait au niveau européen une taxation. La France, elle, ne dit rien. Et, pardon, enfin, ne rien dire lorsque les quatre plus grands pays de l'Union européenne tentent d'avoir une taxe sur les grands capitalistes, c'est que vous êtes complice.
Et Bruno Retailleau, dans tout cela, il est candidat à l'élection présidentielle. Il est issu du parti Les Républicains. Il veut supprimer les certificats d'économie d'énergie. Je le précise aux auditeurs d'Europe 1. Aujourd'hui, les distributeurs de carburants financent notamment des aides à la rénovation des logements et répercutent donc ce coût à la pompe jusqu'à 17 centimes par litre. Les supprimer, ce serait jusqu'à 8,50 euros de moins sur un plein de 50 litres. C'est une idée que vous mettez de côté également, ça
? Mais
oui, parce que, comme vous l'avez très bien dit, en fait, c'est de l'argent qui bénéficie à d'autres Françaises et à d'autres Français. Donc, on ne va quand même pas commencer à se payer entre contribuables la baisse du prix en facturant à mon voisin et à ma voisine la baisse du prix à la pompe. Parce que tout ça a un seul point commun, c'est que ça maintient les super profits totales. Ces gens tortillent absolument pour maintenir l'argent dans les caisses de total. On a bien compris.
Blocage des prix, c'est la solution de la France insoumise. Autre sujet, Adrien Cluel, l'immigration. J'étais ce matin avec Charles Rodouel, député Ensemble pour la République, qui dit qu'il faut arrêter de laisser la thématique de l'immigration au Rassemblement national. Il propose des mesures très fortes, revoir les règles de Schengen, rétablir le délit de séjour irrégulier, construire des centres de rétention beaucoup plus grands. Je rappelle juste quelques chiffres. Aujourd'hui, on accueille, il
y a
500 000 entrées par an, aux alentours de 500 000 entrées. C'est le ministre de l'Intérieur qui le dit. Quelle est la stratégie de la France insoumise sur l'immigration ? On ne fait rien, on touche à rien, on continue comme ça ?
Non,
d'abord, on ne fait pas rien. Mais si le gouvernement de Emmanuel Macron arrêtait de produire des personnes clandestines à l'appel, peut-être que la situation serait très différente. Je m'explique. Aujourd'hui, pourquoi il y a des personnes qui se retrouvent sans papiers en France, la grande majorité ? C'est parce qu'elles n'ont pas accès à des renouvellements des titres de séjour. Les OQTF dont parle M. Rodouel,
donc
120 000 obligations de quitter le territoire français. Oui,
Macron avait dit 100% et
on
n'en est
qu
'à 10% d'exécution. Mais parce qu'ils en produisent à l'appel. Enfin, on parle de personnes qui ont un boulot en France, qui sont travailleuses, travailleurs, et qui n'ont pas de rendez-vous à la préfecture pour renouveler le titre. Moi, comme député, j'ai ça tous les jours. Enfin, chaque semaine, j'ai quelqu'un qui
m'écrit, qui bosse dans les restaurations, qui bosse sur un chantier. Donc vous, la solution, c'est qu'on arrête
de donner, enfin, ce n
'est
pas le mot, mais les OQTF, ce n
'est
pas la solution. On en distribue trop, si je peux m'exprimer ainsi.
Mais
bien sûr. Et puis surtout, en fait, il faut régulariser les gens qui bossent. Enfin, c'est ça la réalité. Vous avez peut-être vu, il y a deux semaines, on a découvert que le préfet des Hauts-de-Seine, qui maintenant est attaqué en justice, a dit même qu'il bloquait les rendez-vous de renouvellement. C
'est
-à
-dire
que des gens qui bossent sur des chantiers, ici, on a une ligne de métro à Toulouse qui est en train d'être construite, des gens qui bossent dans l'hôtellerie-restauration, dans le service à la personne pour nos anciens, ces gens, ils bossent des années, ils ont la famille ici, et ils ont les bloques de rendez-vous en préfecture. Et
en attendant, on a aussi beaucoup de chômage. Évidemment, on
crée
des
OQTF. Et est-ce que vraiment la solution, c'est de continuer d'accueillir toujours plus
? Ah
bah, ça ne change rien sur le chômage, puisque ce sont des gens qui,
lorsqu
'ils viennent ici, ils ont un salaire, ils consomment directement le retin de leur salaire. Donc, ce ne sont pas eux qui vont coûter quoi que soit l'économie. Et même au contraire, tout le monde sait, et la Sécurité sociale l'a montré à
peu près. Mais la gauche disait à une époque, je me souviens de
Georges Marchais, qui disait, attendez, attention à l'immigration de travail, ça peut aussi nous être défavorable économiquement.
Georges Marchais disait, il faut les mêmes droits pour tout le monde. C'est-à-dire, il ne
faut
pas créer des logiques de dumping. Si on a un sujet avec le travail aujourd'hui de personnes étrangères en France,
c
'est que lorsqu'elles sont maltraitées et qu'elles travaillent égal, on les oblige dans des conditions indignes à être payées à un salaire inférieur. Donc, évidemment qu'il faut lutter pour les droits égaux pour toutes et tous, parce que c'est le seul moyen de faire en sorte qu'on soit solidaires et qu'on n
'ait
pas des rapports de concurrence dans le monde du travail.
Eh bien, Adrien Clouet, merci d'avoir été avec nous ce matin en direct sur Europe 1. Je vous souhaite un très bon week-end. Je rappelle que vous êtes député de la France Insoumise, député de Haute-Garonne.
Hadrien Clouet