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speechyoutube.com· 6 décembre 2010

Dominique de Villepin : Discours

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Dominique de groupe pour le premier conseil national de République solidaire, le parti qu'il a fondé le 19 juin dernier. L'ancien Premier ministre se veut une alternative à Nicolas Sarkozy, qu'il a récemment qualifié de problème pour la France.

Ce qui n'a pas empêché Marianne Monchamp, son ancienne porte-parole, de rejoindre le gouvernement de François Fillon lors du dernier remaniement. Dominique de Villepin, qui est crédité de 6 à 7% des voix en 2012. On écoute tout de suite en direct son discours.

Merci à vous tous du fond du cœur d'être là. Je sais que beaucoup d'entre vous ont bravé le froid, les intempéries pour nous rejoindre. Je sais que vous êtes venus de tous les départements, de toutes les régions.

Et je veux saluer particulièrement ceux qui sont venus de l'outre-mer pour être avec nous aujourd'hui. Je suis heureux d'être avec vous pour une journée de propositions. Nous avons besoin les uns et les autres, et la France a besoin aujourd'hui de propositions et de visions pour l'avenir.

Je suis heureux de voir à travers vous ce qu'est devenu notre mouvement en si peu de temps. Il y a quelques mois à peine, c'était le moment de la fondation de notre mouvement. Grâce à votre mobilisation à tous, grâce à toi, Brigitte, grâce à mes amis parlementaires et élus qui se dévouent jour après jour sans compter.

Grâce à vous, Isabelle Lignas, à vous, Silicio, à la tête du mouvement jeune. Grâce à vous, Christophe Garignano, en charge du réseau Villepin.com.

Grâce à vous, Denis Bonzy et Siam Arbib, en charge de la mobilisation citoyenne. Grâce à vous, Laurent Tessler, qui êtes là pour nous rappeler l'exigence de transparence et de bonne gestion essentielle à la vie de notre mouvement. Grâce à vous tous aujourd'hui.

Grâce à vous, responsables des fédérations. Nous sommes en ordre de marche et nous pouvons tenir notre premier Conseil national. Et je suis là pour fixer avec vous notre feuille de route.

Notre premier devoir, c'est de regarder notre pays en face, d'ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, car nous ne sommes pas à un moment comme les autres. C'est un moment décisif et chacun d'entre vous, chacun d'entre nous, le sent bien. Soyons lucides.

Le monde change et ce monde qui change ne nous attendra pas. Nos économies sont en crise. Il ne suffit pas de dire que la crise est finie pour que cela soit vrai.

Que nous a révélé la crise de 2008 ? Que nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes. Le capitalisme n'est ni bon ni mauvais.

Mais son besoin de profit est illimité. Dévorant les ressources naturelles de la planète. Dévorant le travail de l'étranger.

Les banques, sauvées par l'argent public au pire de la crise, spéculent aujourd'hui contre les États. Qui peut l'admettre ? Qui peut l'admettre ?

Les leçons du siècle passé sont simples. Les crises du système économique conduisent aux guerres. Et la régulation seule peut apporter la paix et la prospérité.

Nos économies sont en crise et nous allons également vers plus de confrontations. Le monde a basculé. L'Occident ne peut plus prétendre diriger le monde.

Avec le retour en force de la Chine, de l'Inde, du Brésil, s'annonce aussi des conflits sur les monnaies, sur l'énergie, sur les matières premières. Voyez seulement comment aujourd'hui la Chine s'efforce de contrôler les matières premières, comme les terres rares, pour en faire une arme stratégique. La mondialisation heureuse ne peut être qu'une mondialisation responsable, une mondialisation maîtrisée.

Alors soyons lucides, parce que l'Europe joue sa survie. Une déflagration en Chine entraîne les pays, les uns après les autres, dans la débâcle. On croyait le FMI, réservé aux pays du Sud.

Désormais, le FMI doit se mobiliser pour les économies du Nord également. D'abord la France. Ensuite l'Irlande.

Déjà les marchés lorgnent vers les prochaines victimes. Le Portugal, l'Espagne, peut-être demain l'Italie. L'euro qui était notre bouée et qui l'a encore été pendant la crise, rappelons-le, l'euro ne doit pas devenir notre boulet.

Et ce à cause de postures dogmatiques, à cause de querelles de gouvernement. L'euro trop fort, nous le vivons au quotidien dans notre pays. Ce sont des usines qui ferment, ce sont des emplois qui partent.

Ayons également la lucidité d'admettre que la France souffre. Il y a une dépression française. La France est fatiguée.

Chez beaucoup de Français, il y a le sentiment d'être à bout, qu'après déjà beaucoup d'efforts pendant des décennies, eh bien ils ne peuvent plus faire face et qu'il suffirait d'un accident, un accident de plus, pour que survienne le dérapage, d'où l'inquiétude de beaucoup de nos compatriotes devant le chômage et la précarité. La France également a peur. Elle a peur pour son avenir, qu'elle sent confusément plus dur que le présent.

Elle a peur de sa jeunesse. Elle a peur du monde. Elle a peur de la mondialisation, qui est susceptible de remettre en cause bien de nos positions.

La France, enfin, se referme sur elle-même. À l'heure où dans le monde, on entend souvent s'exprimer l'énergie, l'optimisme, l'enthousiasme de peuples entiers, en France, on vit sous l'empire du mal d'un nouveau siècle, du sentiment que tout a été déjà écrit, inventé, essayé. La vérité de la France de 2010, c'est l'enfermement que nous subissons chaque jour.

Qui peut dire, ici, aujourd'hui, que nous soyons véritablement libres de nos choix ? Les conditions de travail créent des dépendances insupportables. C'est vrai, bien sûr, pour le travail posté, où tout est réglé jusqu'à dans le moindre détail.

C'est vrai pour l'agriculture. Je l'ai vu en Haute-Saône, en rencontrant une famille d'éleveurs laitiers. Ils se sentent sous la coupe de prix qui sont fixés par la centrale d'achat.

C'est vrai pour les PME, face aux grandes entreprises, qui sont souvent leur donneur d'ordre unique, comme je l'ai vu et entendu de la bouche de ces entrepreneurs à Dijon. Face à l'État, combien de dépendances pesantes, trop pesantes ? Dans notre État-providence, l'assistanat empêche de donner les moyens de sortir de la misère.

On maintient en survie sans chercher à donner d'autres perspectives que le risque de la colère, le risque de la frustration. Les artisans, les travailleurs indépendants, les professions libérales sont soumises à une bureaucratie trop tatillonne et paralysante. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut embaucher quand on le fait, quand on essaye de le faire.

Combien de déclarations, de formulaires, de contrôles décourageants, même pour les plus motivés ? Le contribuable, quant à lui, supporte de plus en plus mal une fiscalité complexe et qui, trop souvent, est illisible et incompréhensible. En un mot, la société française étouffe dans un carcan.

Le diplôme dicte chez nous le cours d'une vie comme si tout était écrit à 18 ans, à 18 ans, tout était écrit d'avance, une fois pour toutes. Pourtant, qu'est-ce qui compte pour nous, républicains ? Le mérite, l'énergie, la volonté.

Non, tout n'est pas écrit d'avance. Les quartiers, ils deviennent des zones fermées dont on ne parvient pas ou très difficilement à sortir. Quel gâchis quand on connaît les énergies, le désir d'initiative, les espoirs, les attentes si nombreuses qui existent.

De même, les discriminations nées de l'ignorance, de la haine ou de la peur qui empêchent de vivre selon sa liberté face au racisme, face à l'antisémitisme, face à la xénophobie ou encore à l'homophobie. Pourquoi sommes-nous ainsi plongés dans l'impuissance ? C'est, bien sûr, l'effet de la lassitude de la démocratie.

On nous a dit de laisser les experts, ceux qui savent, être tranquilles. Aujourd'hui, pour beaucoup de Françaises et de Français, leur rédition est brutale. Le système politique s'enferme dans les surenchères et dans les réponses toutes faites, comme s'il n'y avait rien de nouveau, à part l'anecdote qui domine la scène publique, le sensationnel en haut des pages des journaux et les querelles de personnes.

Est-ce là le cœur de la démocratie ? Est-ce là l'enjeu de la France aujourd'hui ? L'impuissance, c'est également le résultat de la coupure des pouvoirs avec le peuple.

Qui peut encore croire dans notre pays que la solution viendra toute seule d'en haut, qu'elle viendra des certitudes du pouvoir ? Je suis convaincu pour ma part que le peuple ne peut venir que des Françaises et des Français eux-mêmes. Et c'est pourquoi nous devons les uns et les autres aller à leur rencontre et être à leur écoute.

C'est bien là que se décide l'avenir de notre pays. Nous n'arrivons pas enfin à faire des choix assumés parce que nous avons les mains liées. Nous avons renoncé à l'exigence fondamentale qui est au cœur de notre expérience historique, au cœur de notre vie commune, l'indépendance.

À nous de retrouver les voies de cette indépendance. nous n'engagerons notre redressement qu'à force de volonté commune, qu'à force de choix assumés. Or, pour cela, il faut que la France s'en donne les moyens.

La clé, je le redis, c'est l'indépendance, c'est-à-dire l'équilibre entre la responsabilité, entre l'effort indispensable et la solidarité qui encourage, qui aiguillonne, qui accompagne, se libérer de toutes les dépendances, c'est la condition pour choisir sa vie vers les autres. Notre République, si on jette un bref regard en arrière, elle s'est construite sur cet idéal de l'indépendance. On oublie que ceux qui ont fait la France, ceux qui ont donné la République à la France pendant la Révolution ont été avant tout des hommes libres, des citoyens émancipés, des producteurs indépendants.

De même, au cœur de la Troisième République, il y a l'aspiration à l'indépendance défendue par Gambetta, par Clemenceau, sans même ici évoquer devant vous la haute figure omniprésente du général de Gaulle. Aujourd'hui, cette indépendance repose encore sur plusieurs piliers indispensables. L'indépendance, c'est au quotidien avoir une qualification, une qualification qui donne un métier parce que les savoir-faire sont le seul patrimoine de ceux qui n'en ont pas.

L'indépendance, c'est d'avoir son propre logement parce qu'ils savent, nos compatriotes, qu'en cas de coup dur, avoir son logement, c'est le meilleur filet de sécurité contre le glissement vers la pauvreté et le déclassement. L'indépendance, c'est d'avoir une voiture parce qu'en dépit de ce que veulent croire certains quand on est obligé en périphérie, dans les campagnes, la voiture est encore synonyme de possibilité de liberté, de travail, de mobilité, d'accès aux services. L'indépendance, c'est d'avoir un état de santé qui permet de se libérer des soucis de l'avenir pour se consacrer à le construire ce qui suppose une protection sociale de qualité.

L'indépendance, c'est aussi, au quotidien, avoir un libre accès à Internet qui constitue pour notre époque un nouvel espace de liberté. Vous voyez que derrière cette indépendance, au cœur de notre expérience, il y a aujourd'hui des enjeux très concrets. Soyons conscients que pour les classes moyennes comme pour les plus défavorisées, l'indépendance, cette indépendance dont je viens de vous parler, est un rêve encore trop souvent lointain et inaccessible.

C'est quoi ? Être indépendant quand on se saigne pour payer chaque mois son loyer, quand on n'a pas le choix de son travail parce que l'angoisse du chômage est là qui pèse, quand le prix des transports augmente au gré des flambées du prix de l'essence, quand la santé coûte de plus en plus cher, quand il faut prendre en compte l'argent nécessaire pour soutenir ses enfants, pour subvenir aux besoins de ses parents dépendants. Regardez, regardons la vie quotidienne des Français.

Il faut courir. Courir toute la journée, courir à la crèche avec le plus petit, courir dans les transports en commun, courir au bureau ou à l'usine, courir pour faire les meilleures affaires dans les magasins. Et ceux qui ne peuvent pas courir, les plus âgés, les ruraux, les chômeurs, sont trop souvent rejetés.

Il y a en somme la France qui n'en peut plus de courir et la France qui n'en peut plus d'attendre. Cette réalité-là, nous la refusons. Devant cette situation, nous ne pouvons pas ne pas nous poser cette question.

Sommes-nous encore des citoyens ? Alors que souvent, nous nous sentons ravalés au rang d'individus, de concurrents, de rivaux, la compétition et l'humiliation nous ont transformés en un pays divisé entre gagnants et perdants, entre vainqueurs et vaincus. À chaque pas, on le sait, on peut trébucher.

À chaque pas, on craint d'être poussé dans le ravin. Et il en faut du courage à ceux qui prennent sur eux de relever ceux qui sont tombés à côté d'eux. À l'extérieur, nous cédons également sur cette exigence d'indépendance.

Cette indépendance qui est notre identité même. Ainsi, quand nous nous alignons économiquement avec l'Allemagne, militairement avec la Grande-Bretagne et stratégiquement avec les États-Unis, qu'en est-il de notre indépendance ? Il y a bien, nous le voyons, une révolution que la France n'a pas faite.

La révolution de l'indépendance, de l'émancipation face au pouvoir. C'est celle-là que nous pouvons, que nous voulons initier, celle-là à laquelle nous pouvons contribuer. Une indépendance à la fois dans notre vie personnelle, dans notre vie collective et également dans notre vie nationale.

Nous voulons d'abord des citoyens indépendants, des citoyens émancipés, soyons concrets. C'est une exigence pour tous les âges de la vie. Pour les jeunes, il suffit de donner la capacité à dessiner leur vie future par leur propre choix en les dotant du même capital de départ grâce à un pécule constitué d'un prêt à taux zéro remboursable sur les revenus ultérieurs et de droit à la formation.

Pour les seniors, cela veut dire une retraite à la carte dans un système progressivement unifié qui seul donne à chacun le libre choix de l'âge de départ et du montant en fonction de la connaissance qu'il a de ses besoins et de ses aspirations. Pour les retraités, c'est assurer un niveau de pension suffisant pour une vie autonome. Pour les familles qui s'installent dans la vie, cela signifie aussi une politique volontariste d'accession à la propriété en favorisant la mixité sociale.

L'indépendance, c'est une exigence également face aux défis de la vie. Pour de nombreux citoyens handicapés, c'est une prise en charge qui assure la dignité et la plus dépendance possible. Cela signifie pouvoir choisir son parcours professionnel grâce à une formation permanente refondée et pouvoir faire face aux accidents grâce à une civilisation plus effective.

Il faut également donner toute leur place aux PME qui portent ces valeurs d'indépendance et sont créatrices d'emplois en mobilisant au service de l'investissement et du renforcement des fonds propres par des encours d'assurance vie en leur donnant de nouvelles garanties face à leur donneur d'ordre et en leur donnant un meilleur accès au marché public. Il faut assurer un soutien massif à l'économie sociale et solidaire, au mouvement coopératif qui égage d'indépendance pour tant d'investisseurs ou de salariés de l'industrie. Soutenons l'innovation sociale en créant des pôles de solidarité à l'image des pôles de compétitivité que nous avons mis en œuvre entre 2005 et 2007.

Ouvrons le crédit impôt aux recherches à l'innovation sociale. L'indépendance dans la vie de chacun c'est une exigence enfin pour tout le monde. Pour les femmes c'est améliorer le libre choix de leur vie face à un accès plus facile au service de la petite enfance et une véritable politique de parité.

Pour les citoyens d'outre-mer cela signifie de leur montrer par des actes qu'ils font partie intégrante de la communauté nationale et qu'il faut trouver avec un chemin de développement et de dignité la responsabilité et le travail loin des logiques d'assistance. Pour tous les citoyens cela signifie pouvoir faire le choix de l'engagement c'est pourquoi nous voulons créer un service solidaire universel ouvrant droit à un revenu civique. Nous voulons non seulement des citoyens indépendants mais nous voulons également des pouvoirs indépendants pour un meilleur équilibre et des décisions partagées par tous.

Il faut soutenir l'indépendance des pouvoirs mais également des contre-pouvoirs de la justice en coupant enfin le cordon qui relie le parquet et la chancellerie. Les affaires récentes l'en montrent la liberté des médias en interdisant par la loi le contrôle de médias par des groupes industriels dépendant de la commande ou de la régulation Il faut favoriser les dynamiques de projets locaux aux universités aux hôpitaux aux écoles de définir leurs propres projets dans un cadre national commun aux communes et aux régions d'être les chefs de file de la mise en oeuvre de politiques concrètes d'aménagement de cohésion urbaine et de sécurité même. C'est vrai notamment pour les quartiers sensibles qui doivent devenir acteurs de leur destin et de leur changement à travers des conseils de quartier élus.

Nous voulons enfin une nation indépendante parce qu'il n'y a pas de citoyens libres dans une nation soumise. Cela signifie une défense indépendante à l'heure où l'OTAN veut tous nous mettre sous le même parapluie nucléaire avec les Etats-Unis conservant la main sur les leviers. Cela signifie une économie capable de maintenir sa diversité et sa spécificité.

Où sera notre indépendance économique si nous devenons demain le musée du monde un réservoir de services haut de gamme pour touristes mondiaux ? Nous devons garder, préserver le choix. Nous devons réindustrialiser notre pays non certes à coups de cheminées qui fument mais grâce au pari de l'excellence technologique et de l'innovation grâce au maintien de nos atouts traditionnels agriculture, agroalimentaire, énergie, environnement, transport, chimie, pharmacie, nanotechnologie, combien de secteurs où l'excellence française peut s'affirmer ?

L'Europe, nous l'avons dit en évoquant la motion et notre communauté de destin au sein de laquelle nous devons garder toute notre singularité et toute notre identité. Cela signifie accepter à la fois la responsabilité de chaque État, c'est-à-dire des politiques souveraines, originales, mais aussi la solidarité de tous, c'est-à-dire des politiques partagées sur l'agriculture, sur l'énergie, sur l'industrie. Cela signifie aussi décider ensemble et librement d'un chemin de convergence sociale et fiscale au sein d'un groupe d'États refondateurs capables de remettre en mouvement aujourd'hui une Europe inerte et qui a besoin d'un nouveau cap.

Nous voulons une Europe assumée et non subie grâce à un moteur franco-allemand ouvert et volontaire, une Europe pionnière qui redonne un élan. Nous voulons une Europe puissance tournée vers le monde pour protéger ses étoiles et non une Europe qui limite, une Europe carcan qui nous soumet aux règles de la concurrence car c'est un impératif de survie dans un monde où s'accumulent les confrontations commerciales, politiques ou monétaires. C'est donc une toute autre Europe qu'il s'agit de bâtir.

C'est vrai, vous l'avez compris, l'indépendance est pour moi une conviction, j'y ai toujours cru et je continuerai d'y croître toujours, une conviction simple, évidente, forgée par l'histoire, forgée par l'expérience, mais qu'on a trop tendance aujourd'hui dans notre pays à oublier si c'était un acquis une fois pour toutes. Ainsi, la gauche a raison de dire que nous souffrons d'un lien social qui se défait, mais elle a tort de croire qu'il suffit de dépenser plus pour que tout aille mieux. ainsi, la droite a raison de dire que nous avons besoin de libérer des énergies et des initiatives, mais elle a tort quand elle accepte que la liberté soit le droit du plus fort d'écraser le plus faible.

L'effort et la solidarité, oui, c'est bien sûr deux jambes, deux principes essentiels que nous voulons ensemble avancer. Et face à la menace d'étouffement, face au danger de l'individualisme, c'est bien l'indépendance et la solidarité qui peuvent nous rassembler. L'indépendance et la solidarité sont le projet et l'identité même de République solidaire.

Alors, quel est-il, ce mouvement ? Vous le savez, c'est un mouvement ouvert à tous, riche, de toutes les diversités de la France, C'est vrai, République solidaire est au-dessus des partis. Cela ne signifie pas que nous les ignorons, que nous les méprisons, mais nous refusons de faire le jeu des catégories, des clans, des clientèles et des communautés.

Nous croyons que le dialogue, nous croyons que la rencontre, nous croyons que l'écoute s'est avant, pendant, mais aussi après les échéances électorales, à l'écoute de tous les Français et de toute la diversité de la France d'aujourd'hui. République solidaire, mise sur l'engagement, sur l'initiative, sur la spontanéité de chacun tel que vous l'exprimez aujourd'hui, au sein de notre mouvement, tant de parcours singuliers, nous ne demandons pas aux militants, aux sympathisants de laisser leur parcours à la porte, mais au contraire, de profiter de leur expérience, de profiter de leur exemple pour donner l'élan. J'entends parler chaque jour d'initiatives des uns et des autres formidables, de réussites personnelles et partagées dans la vie, dans le sport, dans l'engagement associatif, dans la création.

Il faut encourager cette diversité d'engagement au sein de notre mouvement parce que la politique en France souffre trop souvent d'être désertée par les vrais talents. Je le rappelle et je le répète. République solidaire est un mouvement libre et indépendant.

Nous ne recevons pas un centime d'euros d'argent public. En cela, nous sommes un mouvement singulier. Nous ne sommes pas guidés par des intérêts personnels et nous n'avons pas l'obsession de la réélection qui incite malheureusement trop souvent à bien des compromissions.

Nous n'avons pas tel et tel territoire à privilégier. Nous sommes au service de tous. On ne gouverne un peuple libre que par la liberté.

Chacun d'entre nous, en conscience, a un devoir d'engagement. Chacun d'entre nous doit se poser cette question simple. Pourquoi est-ce que je combats ?

Notre combat n'est pas un combat personnel. C'est un combat pour les Français et c'est pour cela qu'il nous faut aujourd'hui une méthode, un mode d'emploi. Le rassemblement.

Il ne peut y avoir une réponse des uns qui l'emporte sur celles des autres. Le temps. Il faut savoir se fixer un cap et s'y tenir.

La volonté. Toutes les réponses audacieuses se heurtent, nous le savons, à des résistances. Et c'est pour cela qu'il faut tenir.

Un combat personnel, pas non plus un combat partisan. C'est le combat de l'intérêt général. Voilà notre bataille pour la France.

Notre vision tient en trois mots l'État, la République et la nation. Nous voulons incarner une alternative crédible. Je le redis parce qu'il faut que chacun d'entre vous mesure bien l'engagement que nous prenons ici, aujourd'hui.

Offrir une alternative crédible. Ah, ce n'est pas une petite ambition. c'est une ambition qui doit rassembler une majorité de Français.

Mesurer le chemin que nous avons fait, mais mesurer surtout le chemin qui nous reste à parcourir. Nous avons des devoirs vis-à-vis de la France. Notre espoir, notre ambition, notre projet, c'est le retour des Français reprenant en main leur destin pour une France plus juste, plus moderne et plus humaine.

Nous voulons la justice sociale. Nous voulons la grandeur de la France. Et n'oublions pas, parce que c'est le levier indispensable, nous voulons le retour de l'autorité de l'État.

L'autorité de l'État, aujourd'hui, c'est avant tout une question vécue au quotidien. C'est la sécurité des Français. Alors mobilisons tous les instruments et toute la chaîne pénale pour associer, bien sûr, la sanction et la répression, mais aussi parce que nous ne nous privons pas de ces autres moyens, la prévention et la réinsertion.

Ne soyons pas hémiplégiques. L'autorité de l'État, c'est aussi un État capable d'assumer des choix grâce à des finances publiques assainies, avec une règle constitutionnelle clairement établie de vertu budgétaire. L'autorité de l'État, elle se joue par l'exemple donné au sommet.

L'exigence de responsabilité et d'équilibre des institutions. Notre combat n'est pas un combat égoïste, mais un combat au service des autres. L'engagement, j'en ai la profonde conviction, naît de l'indignation des consciences face au scandale de la société, face à l'injustice sociale.

Il n'y a qu'une réponse, la solidarité. L'injustice aujourd'hui est là dans notre pays. Trop souvent, malheureusement, le visage de la pauvreté.

Un seul chiffre qui résume tout. Deux millions d'enfants vivent dans notre pays, dans la pauvreté. L'urgence est bien là.

Il faut rendre sa dignité à chaque personne. Ce n'est pas seulement une question d'argent. c'est une affaire d'humanité, de situations à prendre en compte dans toutes leurs facettes, précarité, illettrisme, santé physique et mentale, logement, transport.

Ce n'est pas en isolant ces drames les uns des autres que nous pourrons répondre aux défis de nos concitoyens. La pauvreté, c'est avant tout un parcours du combattant. C'est une suite de murs qui se dressent devant vous.

Il faut que ces personnes puissent reprendre pied dans leur vie. Comment ? Certainement pas par plus d'assistanat ni par plus de politiques subies et décidées d'en haut.

Sortir de la pauvreté doit devenir une démarche coordonnée et globale en prenant en compte toutes les difficultés qui conduisent à ce terrible et tragique engrenage de la pauvreté. Cela suppose de donner à chaque personne en situation de pauvreté un interlocuteur privilégié face à l'ensemble des administrations concernées capable de suivre une personne à travers toutes les difficultés qu'elle rencontre, à travers toutes les dimensions et pas seulement suivre un dossier. Mais cela ne saurait suffire.

Il faut une mobilisation générale. on ne peut se satisfaire ni du care des uns ni de l'indifférence des autres. Il faut un appel à la responsabilité et à l'engagement de tous y compris les banques, les bailleurs et les entreprises publiques.

Il ne faut pas reculer devant l'utilisation de l'arsenal législatif existant sur les réquisitions, sur les moratoires pour les plus défavorisés avoir par exemple une voiture à très bas prix. C'est une possibilité d'autonomie à l'image de ce qui se fait dans les pays émergents et bien sachons utiliser les bonnes idées de certains pays émergents pour nous-mêmes puisque nous voyons bien qu'il y a un sud qui se reconstitue chez nous-mêmes. C'est l'intérêt des constructeurs français que d'avancer rapidement en matière automobile sur un tel projet.

Le chômage et la précarité de l'emploi sont aujourd'hui la préoccupation essentielle des Français parce que le travail est déterminant pour se projeter dans l'avenir et pour trouver sa place, sa vraie place dans la société. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder les files d'attente de Pôle emploi, les cacophonies, les réponses trop tardives, les dysfonctionnements. Non, nous le savons dans ce domaine.

Nous n'avons pas encore tout essayé. Il faut mettre la pression là où c'est nécessaire et c'est la détermination qui compte. Il faut que les employeurs assument leurs responsabilités sociales.

Dans les grandes entreprises, créons une obligation d'emploi pour les jeunes, développons le tutorat pour les seniors afin de les maintenir en activité. L'injustice sociale, c'est aussi les quartiers populaires qui deviennent de plus en plus des ghettos dont les habitants se sentent dépossédés de leur vie et de leur avenir, parfois même de leur identité et de leur culture. Il faut rompre avec les plans banlieue imposés d'en haut et mettre les habitants des quartiers à la barre en faisant confiance aux élus locaux à travers des projets territoriaux qui associent les associations, les entreprises et les pouvoirs publics et au premier chef, le maire.

La clé, c'est l'éducation prioritaire qui ne parvient plus aujourd'hui à réaliser l'égalité des chances. Ce qui compte, ce sont les personnes, pas les zones. Nous proposons un droit personnalisé à l'éducation prioritaire donnant accès à un accompagnement particulier et à des activités extrascolaires.

L'injustice, enfin, c'est un système de reproduction sociale de plus en plus brutal. Les élites se retrouvent entre elles, verrouillent les parcours et les possibilités qui sont bien intégrées à la mondialisation. Les inégalités de salaire et de conditions de vie se creusent.

Un jeune des milieux populaires, quelle chance a-t-il dans notre pays de faire des séjours à l'étranger, de profiter de cours particuliers, de recevoir au bon moment, au portin, le coup de pouce pour son premier emploi ou pour son stage ? Répondre à ses besoins signifie remettre l'égalité des chances au cœur de nos préoccupations. Pour cela, je vous le dis, nous serons aux avant-postes du combat de 2012.

Engageons la bataille du nombre. Engageons la bataille du nombre. Allons à la rencontre des Français pour les convaincre et les mobiliser pour les prochaines échéances car il en faudra de l'énergie, du temps et de la volonté pour venir à bout de l'indifférence et des hostilités.

Mais croyez-moi, l'enjeu en vaut la peine. Allons recueillir les aspirations des Françaises et des Français. C'est tout à la fois notre honneur et notre devoir.

Engageons aussi et vous l'exprimez magnifiquement aujourd'hui la bataille de l'enthousiasme avec imagination, avec proximité, avec liberté. Souvenez-nous que nous sommes à l'heure des réconciliations. Reconciliation des Français entre eux, réconciliation des Français avec le monde, réconciliation des Français avec la politique qui peut, oui, changer la vie.

Engageons enfin, engageons enfin et aujourd'hui, c'est bien le grand départ. Engageons enfin aujourd'hui la bataille du projet. Allons à l'essentiel de notre combat, défendons l'idée même que nous nous faisons de la République et de la France.

Oui, l'indépendance, c'est la capacité de faire des choix et c'est un choix personnel que j'ai fait il y a bien des années. C'est un choix qui exige de l'endurance avec ce que cela suppose de coup reçu. L'endurance, c'est se tenir debout envers et contre tout.

Je ne change pas de conviction au gré des circonstances. Je ne change pas de valeur, même si nous sommes, nous le savons, dans une situation où les girouettes n'ont jamais tourné aussi vite. Mais pardonnons-leur, pardonnons-leur, c'est sans doute à cause du vent.

Sur notre chemin et sur mon chemin, il y a bien sûr des joies et des bonheurs partagés comme aujourd'hui. Croyez bien que je mesure ma chance, croyez bien que je mesure l'honneur de pouvoir aujourd'hui être avec vous en ce rendez-vous de fidélité et d'espoir. Un choix personnel, je l'ai dit, mais surtout un choix collectif.

Le choix de l'esprit d'équipe. Car ce qui nous guide tous ici, ce qui nous réunit, c'est l'esprit d'équipe au service des Français, un esprit de solidarité. Nous nous donnons des objectifs et nous nous donnons les moyens de les atteindre.

Enfin, il y a pour nous tous le refus de toute fatalité, le choix de l'action. Sachons dire non au renoncement, non à un ordre injuste et grâce à cet élan, nous saurons rester fidèles à la France. Mes chers amis, mes compagnons, comme disait le général de Gaulle.

Et parce que les temps ont changé, il faut dire aussi mes compagnonnes, voilà le message que je veux vous adresser aujourd'hui. Tant que nous aurons les mains liées dans notre vie, dans notre pays, en Europe et dans le monde, nous ne pourrons pas assumer notre destin. Vous avez l'audace, vous avez l'ardeur et vous avez le courage et croyez-moi, il en faut et il vous en faudra. vous êtes un espoir qui se lève et je le sais, nous serons sans cesse plus nombreux à entrer sur ce chemin de l'indépendance et de la solidarité.

Je le sais, vous porterez ce message dans vos départements, dans vos communes, dans vos fédérations car sur ce chemin, nous ne l'oublions pas, l'enjeu, c'est notre engagement partout. Nous ne sommes pas un parti d'état-major, nous ne sommes pas un parti parisien, nous sommes un mouvement français et c'est pour cela que nous voulons des citoyens libres. Nous voulons une France fière.

C'est la condition d'une France forte, renouant avec la réussite économique, renouant avec une France solidaire et sûre de ses valeurs. Une France forte, c'est la condition d'une Europe forte capable d'affronter les défis du monde. Il en va de notre destin commun, il en va de la République, il en va de la France.

Ce matin, comme presque tous les matins, je courais, mais ce matin, c'était un peu particulier, je courais dans la neige. Eh bien, figurez-vous que je pensais à vous. Je pensais à vous parce que il va nous falloir du sang-froid.

Beaucoup de sang-froid. Nous sommes un jeune mouvement. Mais déjà, que de chemins parcourus, que d'épreuves traversées, que de convoitises suscitées.

Alors, gardons le sourire. Ne l'oublions pas, nous avons vocation à rassembler une majorité de Français pour offrir une alternative, une majorité et une alternative. Voilà notre ambition.

Et cette ambition, je compte sur vous pour la porter jour après jour comme vous pouvez compter sur moi. Je vous remercie. Merci.

Merci. Merci. Merci.

Merci. Merci.