JEAN-PHILIPPE TANGUY : « Sébastien Lecornu, c'est du Macron en plus ringard ! » (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Est-ce que du coup, il va être quand même temps, Jean-Philippe Tanguy, de clarifier la ligne et le projet ?
- 1:07OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'un an de l'élection, c'est forcément un atout d'être autant en tête dans les sondages ?
- 1:46OuverteRéponse directe
Quand les déclarations de candidature se multiplient, vous, vous ne pouvez toujours pas officialiser votre candidat.
- 2:13RelanceRéponse partielle
Mais c'est la même campagne ?
- 2:40RelanceRéponse directe
Mais vous dites que nos électeurs, ils savent que c'est Marine Le Pen, sauf si elle est empêchée.
- 3:54OuverteRéponse directe
D'abord, l'actualité, ce sont ces annonces d'Emmanuel Macron hier, qui a accéléré sur l'électrification en mobilisant le secteur privé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Nous, on pense que tout est très clair. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Notre ligne, elle est claire, que notre programme, il est clair. »
- 2:07Invité politiqueFait
« si elle devait être empêchée et si son innocence, malheureusement, n'était pas reconnue, ce serait Jordan Bardella. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Marine Le Pen avait présenté en 2022 un plan qu'on avait appelé Marie Curie, bien nommé, qui était l'électrification et sortir et décarboner totalement l'économie française le plus tôt possible avec un réalisme technologique. »
- 4:40Invité politiqueChiffre
« Le biogaz, pour 3-5% de la consommation française, on est à plus d'un milliard de subventions. »
- 4:44Invité politiqueChiffre
« Les panneaux photovoltaïques, on a 4 milliards de subventions par an pour 2% de la production. »
- 9:00Invité politiqueFait
« je suis toujours pour la baisse de taxes. »
- 9:09Invité politiqueFait
« Les taxes sur l'électricité ont commencé en 2001, en dehors de la TVA, avec la libéralisation du marché européen de l'électricité. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Des suppressions d'impôts, des baisses d'impôts très importantes. »
- 10:47Invité politiqueChiffre
« entre 12 et 16 milliards d'euros de rendu aux Français. »
- 10:53Invité politiqueChiffre
« Il y a d'autres baisses d'impôts qui permettent d'arriver à 25 milliards de baisses d'impôts pour les Français et 20 à 25 pour les entreprises. »
- 13:10Invité politiqueFait
« La réforme qui a été présentée par Marine Le Pen et le Gérard Bardella, encore à la dernière élection législative, si on revient à 62 ans, avec 42 annuités. »
- 17:12Invité politiqueChiffre
« Si aujourd'hui, il y a à peu près 300 000 emplois qui, effectivement, devraient trouver preneur, il y a 6 millions de chômeurs ou de personnes sous-employées. »
- 19:35Invité politiquePromesse
« On espère avoir un groupe par rapport à nos résultats aux municipales. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy80 %
- Présentateur20 %
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Bonjour, merci d'être notre invité, député de la SON, président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. On le disait, le RN, c'est le président délégué, pardon, du groupe, c'est moi. Le RN qui fait toujours largement la course en tête dans les intentions de vote. On l'a vu encore hier dans notre baromètre Odoxa. Est-ce que du coup, il va être quand même temps, Jean-Philippe Tanguy, de clarifier la ligne et le projet ?
Nous, on pense que tout est très clair. Donc, je constate effectivement une certaine émulation à Paris pour essayer de créer des divisions au sein du Rassemblement National qui n'existent pas. Mais vous savez, c'est toujours difficile de commenter des lignes divergentes. Sincèrement, non, on peut en parler. Je répondrai volontiers à vos questions, évidemment. Mais nous, de notre point de vue, tout ça est très artificiel. Et nous, on voudrait se concentrer sur nos solutions, évidemment, à présenter aux Françaises et aux Français. Je pense que notre ligne, elle est claire, que notre programme, il est clair.
Et c'est d'ailleurs pour ça, vous l'avez dit vous-même, qu'on est en avance dans les sondages. Il faut les prendre avec beaucoup d'humilité. Mais effectivement, si les Françaises et les Français n'identifiaient pas un programme dans la situation critique de notre pays et des candidatures claires, je ne pense pas qu'on aurait ces niveaux de satisfaction.
Mais est-ce qu'un an de l'élection, c'est forcément un atout d'être autant en tête dans les sondages ?
Écoutez, je pense qu'il faut mieux faire envie que pitié. Mais après, c'est une responsabilité, effectivement.
Le plus dur, c'est d'y rester.
C'est-à-dire que ce n'est pas tout d'être en tête à un an de l'élection. Absolument. Vous avez absolument raison. Il ne faut absolument pas s'endormir sur ces bons sondages. Ça ne fait pas une élection loin de là. Ce n'est pas la mentalité du Rassemblement national de considérer que l'élection est déjà gagnée. Bien au contraire, nous, on est un parti militant. On est sur les propositions. On est à relever un certain nombre de défis très importants pour le pays. On est en dynamique, on l'espère. C'est sûr qu'on ne s'endort pas sur nos loyers.
Quand les déclarations de candidature se multiplient, vous, vous ne pouvez toujours pas officialiser votre candidat. Vous êtes bloqué jusqu'au 7 juillet ?
Non, je ne crois pas sincèrement. Je pense que nos compatriotes, je le vois dans la Somme, et les autres députés ont le même sentiment, la même impression, que nos électeurs ou ceux qui voudraient voter pour nous ont très bien compris que c'était Marine Le Pen la candidat et si elle devait être empêchée et si son innocence, malheureusement, n'était pas reconnue, ce serait Jordan Bardella. Donc, pour moi, les choses sont claires.
Mais c'est la même campagne ?
Non, ce n'est pas la même campagne. Ce ne sont pas des clones. Ils n'ont pas le même parcours, la même expérience, le même caractère, évidemment. Après, pour répondre à ce que vous disiez sur les lignes divergentes, Jordan Bardella s'est engagé au Rassemblement national pour Marine Le Pen, sur la ligne de Marine Le Pen. Donc, il y aura des nuances, évidemment. Heureusement, d'ailleurs, parce que si on était tous des clones, ce serait un peu effrayant sur ce parti politique. On n'est pas des peines sectes comme d'autres.
Mais vous dites que nos électeurs, ils savent que c'est Marine Le Pen, sauf si elle est empêchée. On a un peu l'impression, pardon, là aussi, quand on regarde les enquêtes d'opinion, que vos électeurs, ils se sont quand même bien fait à la candidature de Jordan Bardella.
Oui, écoutez, je pense que c'est plutôt un atout. Moi, je pense que la force de Marine Le Pen, c'est quand même, à ma connaissance, la seule femme avec un grand F, homme avec un grand H, politique, à avoir, alors qu'elle était très influente, prévu quelqu'un capable de la remplacer s'il devait y avoir un problème. Sincèrement, je n'en ai pas d'autre exemple de personnalité politique qui n'a pas peur de talents concurrents, qui n'a pas peur d'une personnalité qui, effectivement, dans certains sondages, peut avoir des meilleurs scores que Marine Le Pen. Mais pourquoi aussi ? C'est-à-dire, moi, j'inverse un peu votre question. En tout cas, je le perçois très différemment.
C'est que je pense qu'au contraire, Marine Le Pen reste très forte dans les sondages. Alors, reconnaissez-lui qu'une grande part du personnel politique et certains éditorialistes l'ont déjà enterrée, l'ont déjà condamnée. Je rappelle qu'elle est présumée innocente, que moi, mon intime conviction, c'est qu'elle est évidemment innocente et que donc la justice va l'innocenter. Donc, être à ce niveau-là, quand tout Paris dit que, comment dire, vous êtes déjà condamnée, moi, je trouve que c'est plutôt une performance de Marine Le Pen.
– Allez, on va rentrer dans le détail sur plusieurs points. D'abord, l'actualité, ce sont ces annonces d'Emmanuel Macron hier, qui a accéléré sur l'électrification en mobilisant le secteur privé. Il veut passer de 27 à 38% d'électricité en 2035, multiplication des bornes de recharge, investissement d'un milliard de Stellantis sur les voitures électriques. Bonne mesure, bonne méthode ?
– Écoutez, tout ce qui permet d'accélérer sur la souveraineté énergétique, nous, on est pour, évidemment. On n'est pas du tout dans la caricature d'être contre l'électrification. Bien au contraire, Marine Le Pen avait présenté en 2022 un plan qu'on avait appelé Marie Curie, bien nommé, qui était l'électrification et sortir et décarboner totalement l'économie française le plus tôt possible avec un réalisme technologique. J'ai écouté votre sujet sur l'allié avant d'entrer sur le plateau. Tout ça est très sympathique, si vous voulez. Mais le biogaz, pour 3-5% de la consommation française, on est à plus d'un milliard de subventions.
Les panneaux photovoltaïques, on a 4 milliards de subventions par an pour 2% de la production.
– Et d'où la mobilisation du secteur privé de la part d'Emmanuel Macron, il a raison ?
– Oui, mais enfin, ça dépend de ce qu'on veut faire. Parce que si on électrifie des usines et que l'électrification les rend non compétitives par rapport à la concurrence européenne ou pire, la concurrence chinoise, en fait, on va mourir en étant vert. Alors bon, si c'est pour être remplacé par des usines qui tournent au charbon…
– C'est-à-dire que l'électrification, elle n'est pas forcément gage de souveraineté pour vous ?
– Souveraineté, si, parfaitement, mais par contre compétitivité, pas forcément. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut être sûr que les processus soient rentables et qu'on puisse les exploiter avant de foncer tête baissée. Pourquoi une fois de plus ? Ce n'est pas que je suis contre. C'est que si vous forcez ou si une usine fait un investissement qui fait que les machines deviennent non rentables par rapport à la concurrence, vous allez être écrasé tout simplement. Donc ce n'est pas qu'on ne veut pas faire l'électrification, c'est qu'il faut avoir des technologies qui sont opérationnelles.
Regardez la voiture électrique, évidemment, que je préfère, si c'est possible, une voiture électrique qui fonctionne avec de l'électricité nucléaire ou les barrages français, plutôt qu'une voiture qui fonctionne avec du pétrole d'Arabie Saoudite ou de Russie, évidemment. Bon, sauf que si la voiture ne fonctionne pas et si vous êtes en ruralité et que l'autonomie de la batterie n'est pas suffisante pour votre quotidien ou si c'est trop cher, vous vous retrouvez gros gens comme devant. Donc si vous voulez, il faut ce qu'on avait appelé la neutralité technologique. Qu'est-ce que ça veut dire ce mot un peu bizarre ?
Ça veut dire qu'il faut être sûr, certain, que la technologie que vous choisissez rende le service économique équivalent au thermique, sinon ça ne peut pas fonctionner et que vous mettez beaucoup d'argent dans des choses qui sont décevantes. Et s'il y a un manque de confiance entre les consommateurs et la technologie, ça ne marche pas. Et après, il y a des faux amis. Regarde Stellantis, tant mieux si ils investissent. Un faux ami Stellantis ?
Non, non, non, mais vous voyez bien que les partenariats qu'ils font avec la Chine, moi, m'inquiètent, je suis désolé, le fait qu'ils ouvrent nos chaînes de production, nos talents, nos territoires et notre marché des productions chinoises parce qu'aujourd'hui, avec les informations dont on dispose, peut-être que c'est de l'intox. Attention, parce qu'il faut aussi faire attention, la Chine, ce n'est pas une démocratie, et il y a beaucoup d'intimidation et beaucoup de désinformation.
Mais un milliard à mes loups, ce n'est pas un petit investissement pour notre territoire ?
Non, ce n'est pas un petit investissement. Non, mais moi, je suis content qu'il y ait ces investissements. Mais je veux dire, si ces investissements qui, à la fin, profitent aux Chinois parce qu'on a mis le loup dans la bergerie, le renard dans le poulailler, c'est très, très important.
Il faut que ça reste au niveau européen ?
Oui, et même au niveau français, parce que pareil, au niveau européen, vous pouvez avoir des faux amis. Vous avez un certain nombre d'États au sein du marché européen qui peuvent être, comment dire, influencés par les capitaux chinois ou l'influence chinoise. Une fois plus, quand on voit les technologies, en tout cas les promesses technologiques des constructeurs automobiles chinois, nous avons beaucoup de retard.
Alors ça, c'est compliqué parce que, moi, je me souviens, quand j'ai fait mes études, malheureusement, ça commence à dater, on nous expliquait d'autement, des gens très intelligents, que les Chinois étaient voués à imiter, c'était pareil pour le Japon, imiter l'Europe et les États-Unis et qui ne seraient pas capables d'innovation. Je passe sur le caractère raciste de ces conceptions complètement débiles. Aujourd'hui, la Chine, visiblement, a de l'avance technologique sur nous et là, on est un peu désemparés parce que, si vous voulez, ça fait 150 ans qu'on a une certaine avance technologique en Occident et là, j'ai l'impression qu'un certain nombre de gens sont restés dans des vieux schémas.
Il faut rattraper.
Il y a une centaine de parlementaires LR qui appellent à baisser les taxes sur l'électricité pour la rendre plus compétitif face aux énergies fossiles. Ça va encore plus loin que vous, qui a appelé à baisser la TVA. Vous les rejoignez dans cette demande ?
Oui, mais enfin, je vous rappelle qu'il y a deux ans, ils ont augmenté de 4 milliards LR en premier. Au Sénat, les taxes sur l'électricité. Donc, moi, je veux bien. Mais enfin, le seul groupe qui avait voté contre, c'était le Rassemblement National. Donc, on peut augmenter les taxes, les baisser, les augmenter, les baisser. Bon, moi, je suis toujours pour la baisse de taxes. Enfin, permettez-moi de rappeler que la dernière fois qu'ils ont eu à voter dessus, ils ont augmenté de 4 milliards.
Donc, c'est quoi ? C'est quoi ? De la démagogie, de la politique à l'approche de la présidentielle ?
Bon, les LR sont en train d'essayer de sauver ce qu'il leur reste, à savoir leur siège au Sénat. Donc, ils vont raconter n'importe quoi. C'est pour ça qu'ils font cette question pour vous ? Ah oui, oui, je pense qu'ils vont raconter n'importe quoi pendant deux mois.
Là, demander à baisser les taxes sur l'électricité, c'est pas n'importe quoi, vous le demandez aussi.
C'est n'importe quoi par rapport à leur comportement. Est-ce qu'ils ont encore voté au dernier budget ? Voilà, écoutez, moi, vous savez, je suis toujours ouvert à des bonnes propositions. Moi, je suis pour baisser effectivement les taxes sur l'électricité. C'est vrai qu'aujourd'hui, les taxes sur l'électricité sont supérieures à celles sur le gaz. Donc, tout ça est effectivement absurde. Enfin, les taxes sur l'électricité ont commencé en 2001, en dehors de la TVA, avec la libéralisation du marché européen de l'électricité. Et c'était Jacques Chirac à l'époque, et c'était l'UMP, donc LR.
Sur le pouvoir d'achat, parce que ça, ça va être une préoccupation majeure des Français, et c'est un thème qui sera au cœur de la campagne. D'abord, vous soutenez les annonces de Sébastien Lecornu, jeudi, pour aider les Français face à la hausse des prix du carburant ?
C'est de toutes petites annonces. Bon, il augmente...
Qu'est-ce que vous attendiez de plus ?
Ah ben, nous, vous l'avez dit, on attendrait la baisse de la TVA de 20 à 5,5, qui permettrait, avec nos autres mesures en tout, de baisser de 40 centimes au moins le prix par litre. Là, ça ne va pas aider nos compatriotes qui ont besoin de leur voiture, loin de loi. Bon, on augmente de 300 à 600 euros la prime annuelle des entreprises pour aider le carburant, tant mieux. Bon, enfin, c'est les entreprises qui vont payer, et le reste, ce sont des aides, essentiellement, pour empêcher des filières économiques de s'effondrer totalement. Donc, évidemment, on n'est pas pour que ça s'effondre. Enfin, franchement, c'était une conférence de presse très, très longue.
Comme l'a dit Marine Le Pen, un communiqué de presse aurait suffi, puis en plus, ça aurait été moins prétentieux. Parce qu'une heure et demie pour enfoncer des portes ouvertes...
Parce qu'il a été prétentieux, vous trouvez ?
J'ai trouvé que le niveau de la conférence de presse de M. Lecornu et des ministres dont les Français connaissent à peine le nom, pour nous expliquer pourquoi ils avaient eu tort hier et qu'ils auraient peut-être raison dans deux semaines, étaient vraiment... On aurait dit Emmanuel Macron, mais en version pure à garde.
Sur cette question, justement, puisqu'on parlait des lignes du RN, est-ce que dans le programme du RN pour la présidentielle, il y aura des suppressions d'impôts ? Est-ce qu'il y aura des augmentations de salaires nets pour les Français ? Et de quelle manière ?
Des suppressions d'impôts, des baisses d'impôts très importantes. La TVA, nos baisses de TVA, on nous critique assez pour ça, c'est entre 12... entre 12 et 16 milliards d'euros de rendu aux Français. Il y a d'autres baisses d'impôts qui permettent d'arriver à 25 milliards de baisses d'impôts pour les Français et 20 à 25 pour les entreprises. Donc oui, il y a des baisses d'impôts importantes sur les impôts de production, sur un certain nombre de taxes, sur la consommation qui pèse très lourd sur les salariés. C'était ce que Marine Le Pen avait appelé la baisse des dépenses contraintes. C'est qu'aujourd'hui, vous avez votre salaire et vous êtes étouffé par...
À peine avez-vous touché votre salaire que tous vos prélèvements vous retirent beaucoup d'argent et de pouvoir d'achat. Après, effectivement, nous travaillons avec Marine Le Pen et Jordan Bardella sur des mesures pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés.
Mais lesquelles ? Parce que vous me dites qu'il n'y a pas de ligne. Là, on a quand même un peu l'impression que Jordan Bardella, lui, il est plus pour une réduction des cotisations salariales, là où Marine Le Pen est plus pour l'exonération des cotisations patronales.
Non, alors vous voyez, c'est intéressant votre question parce que souvent, on dit que c'est plutôt Marine Le Pen qui est pour le pouvoir d'achat des salariés, entre guillemets, et Jordan Bardella pour les entreprises. Vous voyez, les choses sont plus compliquées. Non, c'est juste là, on travaille sur des mesures qui sont annoncées. Mais c'est encore un peu fou. Non, ce n'est pas que c'est flou, c'est que...
La cotisation salariale ou la cotisation patronale ?
Non, mais c'est-à-dire qu'on a un calendrier de campagne, si vous voulez, et on annoncera les mesures quand la campagne aura pleinement commencé.
Donc là-dessus, par exemple, ce n'est pas tranché ?
Non, ce n'est pas tranché, mais en tout cas, c'est prêt.
C'est prêt, mais vous ne savez pas quelle ligne sera adoptée ?
C'est la candidate et les candidats qui choisiront les mesures qu'il faut. Mais ce n'est pas lié, si vous voulez, au fait que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui soient candidats. C'est lié à un équilibre général, parce qu'il y a des mesures, effectivement, pour, au bénéfice du pouvoir d'achat des Françaises et des Français, mais on doit aussi finaliser le plan de rétablissement des comptes publics. C'est quand même 120 milliards d'euros nets. Donc, effectivement, ça demande encore du travail et des arbitrages pour que le projet soit sérieux.
Parce que, vous comprenez bien, madame, qu'à partir du moment où on va faire des annonces, les marchés financiers et nos prêteurs vont nous juger et qu'aujourd'hui, malheureusement, l'état de la dette est tel que le jugement de nos prêteurs internationaux pèse lourd sur les Françaises et les Français, puisque s'ils ne sont pas contents, le taux d'intérêt augmente. Si le taux d'intérêt augmente, la charge de la dette augmente et c'est les Français qui payent. Nous, on ne veut pas que les Français payent.
Sur la réforme des retraites, qui là sera aussi, à n'en pas douter, un thème de la campagne, est-ce que vous reviendrez sur la réforme Macron qui place l'âge de départ à 64 ans ?
Tout à fait. Nous reviendrons sur cette réforme. Mais pour faire quoi ? La réforme qui a été présentée par Marine Le Pen et le Gérard Bardella, encore à la dernière élection législative, si on revient à 62 ans, avec 42 annuités, et donc si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, vous partez à 60 ans avec les annuités, et puis après, entre 40 et 42 ans, vous partez selon votre date d'entrée, votre âge d'entrée dans la réforme. Mais juste qu'on comprenne bien, Jean-Philippe Tanguy, parce que... Si vous avez commencé à travailler tard, vous devrez... Mais c'est ça,
parce que les gens, ils ont quand même envie de savoir quand ils vont partir. Donc vous dites, on va revenir sur les 64 ans d'Emmanuel Macron, mais il faut 42 annuités. L'âge moyen d'entrer sur le marché du travail, c'est 22 ans. Oui. Donc ça veut dire qu'avec vous aussi, les Français partiront à 64 ans.
Ils pourront partir à 62 ans, mais avec une décote.
Mais s'il faut 62 annuités. Avec une décote. S'il faut 42 annuités.
Non, mais à 42 annuités,
pour avoir sa retraite à taux plein, il faut attendre 64 ans.
Vous avez raison. Mais ça, c'est déjà le cas actuellement. Aujourd'hui, si vous partez même à 63 ans, là c'est 62 ans et 9 mois, et que vous n'avez pas vos annuités, vous avez déjà une décote. Donc notre réforme ne change rien à cela. Notre réforme par contre, elle remet l'âge à 62 ans.
Mais est-ce que ce n'est pas un peu démago de faire croire aux Français qu'avec vous, ils n'iront pas jusqu'à 64 ans ? Ils iront aussi jusqu'à 64 ans avec vous. Ah non, ce n'est pas démago.
On a toujours dit qui n'irait pas jusqu'à 64 ans. On a toujours dit que c'était pour favoriser ceux qui avaient commencé à travailler tôt et qui avaient donc des mécaniques...
Mais c'est prévu dans la réforme actuelle ?
Non, aujourd'hui... Dans la réforme actuelle,
c'est ceux qui commencent à travailler tôt.
Avant 20 ans, oui, mais on a une zone grise dans la réforme actuelle, qui d'ailleurs a été reconnue par Mme Borne. C'est les gens qui ont commencé à travailler tôt, mais qui ne sont pas dans le dispositif carrière longue. Alors souvent, on explique effectivement que les gens qui ont des métiers très difficiles, qui ont commencé par exemple à 18 ans, c'est vrai qu'aujourd'hui, ils ont des dispositifs. Par contre, vous êtes une infirmière, vous avez fait 3 ans d'études, vous avez commencé à travailler à 21 ans. Aujourd'hui, malheureusement, vous devez travailler jusqu'à 63 ans. Avec notre réforme, cette infirmière, elle pourra partir beaucoup plus tôt. Enfin, beaucoup plus tôt, un an plus tôt.
Mais est-ce que vous allez continuer à maintenir un âge de départ ?
Ou est-ce que là aussi,
vous réfléchissez à ne plus tenir compte d'un âge de départ et à ne tenir compte que des annuités ?
Je vous remercie pour cette question parce qu'effectivement, Gabriel Attal a fait des annonces qui me paraissent un peu prématurées par rapport aux mesures techniques qu'il a présentées. On voudrait tous, enfin, je pense qu'il y a un consensus à l'Assemblée nationale pour supprimer l'âge de départ et que ce soit beaucoup plus simple à savoir, vous avez cotisé tant de trimestres, tant d'années, vous avez le droit à telle retraite et vous pouvez partir. Mais ce n'est pas aussi simple que ça pour le moment. Alors, on essaie de trouver une solution.
Mais vous aussi, vous travaillez sur l'âge de départ ?
Oui, on a toujours essayé Jordan Bardella l'a annoncé. On essaie de trouver une solution mais force est de constater...
Parce que vous reconnaissez aussi que le système actuel, il n'est pas viable ?
Ce n'est pas qu'il n'est pas viable, c'est qu'il est injuste. C'est-à-dire que ce critère d'âge peut créer des injustices, une fois plus, pour les femmes, notamment les femmes qui ont été charges de famille. Essentiellement, la charge de famille, aujourd'hui, c'est les femmes qui s'en occupent. Ça ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt. Ça crée des injustices. Donc, on essaie toujours de s'améliorer mais ce n'est pas si facile. Et si, comment dire, depuis la libération, il y a à la fois une durée de cotisation et un âge légal, nos prédécesseurs avaient de bonnes raisons, malheureusement.
Voilà, vous savez, j'aime bien critiquer mais pas pour critiquer parce qu'il y a des choses à critiquer. Mais il faut être constaté que nos prédécesseurs parfois avaient de bonnes raisons. Mais on travaille et on a bon espoir de trouver une solution.
Autre sujet, pour là aussi bien comprendre votre ligne, Jean-Philippe Tanguy, il y a un mot nouveau qui est apparu notamment dans la bouche de Marine Le Pen, c'est le mot assistana. Est-ce que là, on est dans un changement de ligne de la part du RN et est-ce que ce n'est pas un peu méprisant pour votre électorat populaire qui est notamment de vous, de celui de l'électorat des Hauts-de-France ?
Non, non, mais je ne crois pas. Le mot assistana, il était déjà dans les livres de Marine Le Pen à Contreflot, un livre qui avait été écrit il y a 15 ans, je crois. Donc, ce n'est pas que c'est nouveau, si vous voulez. C'est que nous, on fait bien la différence entre des gens...
C'est un peu nouveau, c'est un mot qu'elle n'employait pas. C'est un mot de Laurent Wauquiez, le mot assistana, ce n'était pas le mot de Marine Le Pen.
Il n'y a pas que Laurent Wauquiez qui a le droit à ce mot mais effectivement, j'allais citer M. Wauquiez parce qu'il utilise un très mauvais essai en question. M. Wauquiez, il fait croire aux Françaises et aux Français qu'il y a un emploi pour les 6 millions de chômeurs et que donc tous ceux qui sont en chômage, ils sont assistés. C'est scandaleux parce que ça, c'est la faute de M. Wauquiez et de ses amis. Si aujourd'hui, il y a à peu près 300 000 emplois qui, effectivement, devraient trouver preneur, il y a 6 millions de chômeurs ou de personnes sous-employées. Donc, il n'y a pas besoin d'être un génie mais c'est peut-être le problème de M.
Wauquiez pour comprendre est-ce qu'il y a des gens qui abusent de la générosité de notre système ? Oui, mais il faut bien faire la différence. Souvenez-vous, à l'époque où Marine Le Pen et votre serviteur et le groupe Rassemble national n'avaient pas voulu utiliser le terme d'assister comme l'avait fait M. Wauquiez, c'est qu'ils avaient promis 15 heures de travail pour le RSA. Obliger les gens qui ont le RSA à 15 heures de travail. Bon, ils ont toujours dit « Oui, la mesure a été votée. » Bon, il y avait un excellent article dans Le Monde, un dossier dans Le Monde de ce week-end, je crois, qui prouvait
sur les questions économiques dans votre parti. Il y a une multiplication des gestes en faveur des milieux économiques. Il y a ce fameux déjeuner avec le bureau exécutif du MEDES, une lettre au chef d'entreprise. Est-ce que vous avez besoin de convaincre de votre crédibilité économique aujourd'hui ?
Mais oui, mais il faut convaincre tout le monde. Il ne faut pas convaincre que le MEDES...
Mais plus particulièrement les milieux économiques ?
Non, mais c'est-à-dire avant, ils ne voulaient pas nous recevoir. Non, mais est-ce que c'est
un angle mort, ça, pour le MN ?
Non, mais c'était eux, l'angle mort. C'est-à-dire qu'avant, ils ne voulaient pas nous recevoir. On a même problème aujourd'hui avec les syndicats, les patrons de syndicats de salariés qui refusent de nous recevoir alors qu'on travaille très bien avec la base sur tout le territoire. Moi, je vois des syndiqués, des salariés syndiqués toutes les semaines dans les Hauts-de-France. Il y a un blocage au niveau de Mme Binet, de Mme Léon qui ne veulent pas nous recevoir avec des arguments fallacieux. C'est dommage. Bon, c'était longtemps le cas aussi du MEDEF. Je constate que ça s'est débloqué tant mieux.
Mais enfin, vous pouvez constater que dans les comptes rendus, notamment du déjeuner avec Marine Le Pen, Marine Le Pen leur a dit exactement ce qui est dit sur les plateaux. D'ailleurs, il y a quelques patrons qui n'étaient pas contents comme Mme McGregor de Engie. Donc, vous voyez bien qu'on ne s'est pas soumis ou qu'on n'a pas menti. Mais c'est normal d'échanger avec les acteurs économiques. Il faut échanger avec tout le monde. Et pourquoi ? Parce que, si vous voulez, Emmanuel Macron, c'était j'ai raison sur tout, circuler, il n'y a rien à voir. Nous, on n'est pas du tout dans cette démarche. On a des propositions, on a des analyses. Il faut toujours les améliorer.
On peut toujours les améliorer. Votre interlocuteur, quand il est de bonne foi, a toujours une part de vérité.
Très rapidement, Jean-Philippe Tanguy, on arrive au bout de cette interview. Avant la présidentielle, il y a les sénatoriales. Vous y voyez plus clair sur le nombre de sénateurs ? C'est quoi votre objectif aujourd'hui ?
Non, mais ce serait un peu absurde de donner des...
Là, on imagine que vous avez fait les comptes. Vous avez le nombre de maires... Notre compte, c'est qu'on espère avoir un groupe.
On espère avoir un groupe par rapport à nos résultats aux municipales. Mais je vais vous dire, la dernière fois, c'est qu'on a eu beaucoup plus de votes que prévu dans un certain nombre de départements. Donc là, on va faire des campagnes actives. Sans doute, vos dernières sénatoriales, il y a ce nombre de départements qu'on avait sous-estimés. Donc là, on estime qu'effectivement, on peut gagner des sénateurs pas partout, dans le sens où on va gagner partout, mais qu'en tout cas, si on fait campagne, on peut faire des résultats partout. Les sénatoriales, vous le savez bien, dans cette maison, c'est une élection un peu particulière avec des comportements de votes différents.
Là, effectivement, les maires, les conseillers municipaux, les grands électeurs, visiblement, font confiance au rassemblement sénateur.
Mais vous dites, on aura 10 sénateurs.
On espère. On n'est pas là à bomber le torse, à raconter, à être prétentieux. Ce n'est pas le genre. En tout cas, on pense qu'on peut convaincre des gens. Je le voyais en Gironde, vous parliez avec Mme Delat, sénatrice de la Gironde, Edwige Diaz, que ma collègue députée a annoncé sa candidature. Et je pense que, par exemple, l'énergie et ce qu'Edwige Diaz a montré à l'Assemblée nationale permettra de convaincre les grands électeurs de Gironde, alors que sur le papier, on n'a pas forcément... Elle vise aussi
la présidence du groupe, Edwige Diaz, si elle est élue, si elle est élue.
Oui, on vise déjà qu'elle soit élue sénatrice. Vous savez, dans la vie, chaque jour suffit sa peine.
Merci Jean-Philippe Tanguy. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. On regarde ce qui s'est la ligne dans nos régions.
Jean-Philippe Tanguy