Élection de Donald Trump aux État-Unis ! - Julien Odoul (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 51 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse partielle
Vous êtes dépité ce matin ?
- 1:31RelanceÉludée
Est-ce que les Américains sont des abrutis ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Julien Audoul, ça vous fait réagir.
- 3:06OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est bon pour la France ?
- 5:06OuverteRéponse directe
Diémaïsto, comment vous réagissez ce matin ?
- 7:18ComplaisanteRéponse directe
Pierre Roucat, c'est quand même un incroyable comeback.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurFait
« Trump est un misogyne et un gros machiste. Ça, il faut l'admettre. »
- 1:57PrésentateurFait
« Si Trump, c'est la personne que vous décrivez, comment vous expliquez qu'il emporte cette élection ? »
- 3:46Invité politiqueFait
« On a essayé de destituer deux fois toutes ces affaires judiciaires bidon, bidon, bidon. »
- 8:15PrésentateurFait
« La Constitution américaine, elle commence par « we the people, nous, le peuple ». Donc, par définition, un président américain est populiste. »
- 8:50PrésentateurFait
« Les pays qui s'en sortent sont des pays qui sont limite agressifs d'un point de vue et qui font du protectionnisme. »
- 16:52PrésentateurFait
« Donald Trump, c'est quand même le meilleur ami de l'État d'Israël. »
- 35:56PrésentateurFait
« c'est la défaite du wokisme »
- 36:19PrésentateurFait
« nous, on est des mecs, on est forts, on a des grosses moustaches, ouais, on a des grosses couilles. »
- 37:04PrésentateurFait
« il faut rester mesuré sur ce résultat, même si on peut se satisfaire des larmes des gauchistes aujourd'hui, qui sont en Côte d'Fond. »
- 38:12PrésentateurFait
« il lèche le cul des Chinois »
- 38:43PrésentateurFait
« Il y a une première partie qui est une polarisation extrême et Trump excel. »
- 39:15PrésentateurFait
« Il a polarisé à l'extrême, mais il a eu un discours il y a quelques heures, quelques minutes, quelques heures après sa victoire, voilà, où justement... Il a tenté d'unifier. »
- 39:44politologueFait
« c'est la fin d'une époque parce que c'est la défaite ultime des New Democrats. »
- 40:08politologueFait
« on a souvent dit, à raison, que le mandat de Donald Trump était le troisième mandat de Barack Obama et que celui de Kamala Harris aurait été le quatrième, c'est assez juste. »
- 41:25PrésentateurFait
« Cette image du QG vide, etc., va rester et va polariser la haine interne d'une partie des démocrates contre leurs représentants. »
- 43:34politologueFait
« elle a passé toute la campagne à colmater des trous et à éviter qu'on voit ces lacunes qui, disons, avaient été cachées par son rôle de vice-présidente parce qu'elle était dans l'ombre de Joe Biden. »
- 46:18PrésentateurChiffre
« L'inflation est terrible aux États-Unis. Les gens à Los Angeles, où j'ai vécu, vous pouviez vous loger pour 2 000 dollars, il y a 20 ans. Aujourd'hui, c'est 6 000 dollars. »
- 55:35journalisteFait
« en 2022, la Cour suprême des États-Unis a annulé l'arrêt fédéral Roe vs. Wade, qui garantissait le droit à l'avortement sur tout le territoire depuis 1973. »
- 56:39journalisteChiffre
« 56% des femmes avaient voté démocrate, contre 43% pour le camp républicain, soit un écart de 13%. »
- 57:33PrésentateurFait
« il y a eu un vote en même temps que l'élection hier en Floride. Il y a eu un vote sur l'avortement en Floride où on demandait aux gens, alors désormais c'est six semaines pour se faire avorter et pas plus, et l'idée était de passer ça à 24 voire 25 semaines. »
- 1:00:15PrésentateurPromesse
« Trump, qu'il allait essayer de réunir les gens. »
- 1:00:41Donald TrumpPromesse
« Nous allons avoir cette capacité à faire en sorte que notre pays reste et soit le plus grand. »
- 1:03:57PrésentateurFait
« Il a la route royale qui est tracée. Mais le problème de la France, et notamment des pays européens, c'est qu'il faut qu'on ait 27, qu'on demande à Pierre, Paul, Jacques et Alfred, si on est d'accord, on ne peut pas avoir une politique de frontière. »
- 1:10:47politicienFait
« il a l'intégralité des commandes de l'État. »
- 1:11:00politicienFait
« la conservation du système qui permet aux États, chaque État, d'avoir une large souveraineté par rapport à l'État fédéral. »
- 1:11:30Invité politiqueFait
« c'est une confiscation de la souveraineté et des libertés de chaque État au profit de l'État fédéral »
- 1:12:52Invité politiqueFait
« il a été spolié la dernière fois au profit de Biden-Harris »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Julien Odoul12 %
- ?8 %
- Locuteur 56 %
- Locuteur 44 %
≈ 27,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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—
Julien Audoul, bonjour.
—
Bonjour. — Merci d'être avec nous, Julien Audoul, porte-parole du Rassemblement national et député de Lyon. Pierre Rouquet, bonjour.
—
Bonjour, Marc.
—
Avocat au barreau de Paris, de New York et de Californie. Vous avez amené plein de goodies autour de Donald Trump, effectivement. —
Vous avez ma
casquette. Je peux même la mettre, si vous voulez. — Ah ben si... Voilà, si vous voulez. Tout à fait. Formuleuse. Ça vous va pas du tout, mais en même temps... — Trump est un misogyne et un gros machiste. Ça, il faut l'admettre. Mais il a d'autres qualités. C'est quand même une bête politique. Et son combat qui est assez exceptionnel. — Et vous êtes soutien de Trump, hein. Les gens qui ont douté... — J'apprécie pas son côté misogyne, machiste... —
Enfin,
vous arrivez avec des casquettes, des drapeaux et vous avez... — C'est pas un mec d'autre. — Bon. Didier Maïsto, bonjour. —
Bonjour. —
Merci d'être avec nous, journaliste et ancien patron de Sud Radio. Et Mathias Leboeuf, bonjour. — Bonjour.
— Bonjour.
— Journaliste et docteur en philosophie. Petit tour de table pour commencer, bien évidemment. Je voudrais commencer avec vous, Mathias Leboeuf. Vous êtes dépité ce matin ? — Oh, dépité... Non, il n'y
a
rien. — Vous, le bobo de gauche ? —
Non,
non. C'est formidable. On a quelqu'un qui est menteur, sexiste, xénophobe, populiste, autocrate et qui est élu président des États-Unis. Moi, je trouve ça formidable. C'est impeccable. — Mais en même temps, c'est le choix des Américains.
—
Ah ben, effectivement. C'est le choix des Américains. Ça, c'est la première chose. Et puis moi, je suis très content d'une chose. C'est que, manifestement, sa victoire a l'air très franche. Et ça, je pense que c'est une bonne chose, notamment pour les États-Unis. Il n
'y
aura pas de contestation. Donc qui l'ait gagné, c'est absolument certain. —
Question,
Mathias.
— Après, je
partage ce point de vue. C'est une bête politique.
C
'est-à-dire qu'en termes de storytelling et de politique, c'est une histoire incroyable. — Mais petite question, Mathias. Est-ce que les Américains sont des abrutis
?
— Parce que si Trump, c'est la personne que vous décrivez...
— Ah,
écoutez... — Non,
non,
mais attendez.
Écoutez-moi, écoutez-moi. — Il est sexiste, il est...
— Écoutez-moi, Mathias. Si Trump, c'est la personne que vous décrivez, comment vous expliquez qu'il emporte
cette
élection ? Donc ça veut dire que les Américains sont des abrutis pour vous. — Ça veut dire que les Américains sont en partie sexistes, xénophobes, populistes. Voilà. — Julien Andoul, ça vous fait réagir. — Comme le Français, hein.
— Oui,
ça me fait réagir. Cette élection, on peut la résumer en un mot. — Démocratie. C'est
le peuple qui a trompé.
Alors oui, je sais que ça déplaît à
toutes les élites bien
-pensantes, à toutes
les élites médiatiques,
politiques, à Taylor Swift,
à Jennifer Lopez,
à BFMTV... — C'est tout ce que vous avez à dire ?
—
Effectivement.
— C'est tout ce que vous avez à dire ? C'est pauvre, hein. — Non, mais je vais vous dire... — Laissez-moi parler. Laissez-moi parler. Vous savez
que ça vous gêne aujourd'hui, que c'est un jour de cauchemar pour vous. Mais quand je
vois les filles de Marine
Tondelier qui nous parlent d'enfer, d'enfer...
Mais
je veux dire, Marine Tondelier, d'une, n'est pas américaine, de
deux... — Justement, on
voit
le tweet de Marine
Tondelier qui dit « C'est l'enfer. Cet enfer qui se profile. Courage aux Américains, aux Américaines qui sont en première ligne des
politiques de Trump. » — Les Américains, ils ont voté pour Trump. Marine Tondelier n
'a jamais fait un tweet comme ça quand les talibans sont arrivés au pouvoir. À un moment donné,
il
faut un peu de raison.
— Ce qui est
formidable...
— Attendez, juste un instant pire. — Moi, il y a
une chose qui m'intéresse, c'est « Est-ce que c'est bon pour la France ?
»
Et en fait, vous avez déjà l'outrance de votre modèle. Donc continuez
comme ça. — Mais quel
modèle
? — Trump, apparemment. Vous êtes déjà dans l'outrance de la France. — Moi, je
peux vous dire une chose. Ce ne sera pas bon pour la France. Mais Kamala Harris, ça n'aurait pas été bon.
— Non, mais alors je suis d'accord. On en parlera. On en parlera. On en
parlera au calme. — Quand les Français me disent « Comment les Américains voient la France ?
»
— Ils la voient pas. — Ils la voient pas. — Bah non. Elle
n'existe pas, la France,
pour eux.
— On
a démonisé... démonétisé. Enfin on l'a rendu diabolique, Donald Trump, alors qu'il avait fait un mandat de 4 ans, où il avait un excellent bilan, où il avait eu un excellent programme. Ça fait... On a essayé de destituer deux fois toutes ces affaires judiciaires bidon, bidon, bidon. Et là, c'est le comeback à l'américaine. Il revient. — Ah bah oui,
s'appelait. C
'est John Wayne
qui est contre les méchants et qui revient. — Mais si vous voulez,
en France, on se moque toujours. Ronald Reagan, c'était un acteur de seconde zone, blablabla. Jimmy Carter, un vendeur de cacahuètes.
—
Juste une chose. — George Bush, un ancien alcoolique. La France a une relation d
'amour... La
France a une relation d'amour-haine avec les États-Unis. Les Américains sont venus nous sauver deux fois dans l'histoire. Et on les remercie. Mais c'est un petit peu... C'est le chien qui mord la main, qui le nourrit. Et les Français... On a été une grande puissance. On ne l'est plus. Ce sont les Américains qui sont de grande puissance. Il y a cette relation amour-haine avec les États-Unis. Et les médias français... Mais moi, je le vois depuis des années, sauf sur CNews, les médias français ne disent que du mal de Donald Trump. Ça n'a jamais cessé. Je regarde Fox News, je regarde CNN. Mais le Washington Post, Jeff Bezos, Andorff, n
'a
pas supporté. Le New York Times, lui, oui. Mais les médias américains, il y a 20 ans, étaient encore équilibrés, comme le monde en France, si vous voulez. Mais aujourd'hui, ils sont carrément à gauche et très, très
à gauche. On laisse parler de Diémaïsto, qui n'a
pas parlé pour l'instant. Diémaïsto, comment vous réagissez ce matin ? Quand vous entendez Mathias Leboeuf qui vous dit « Mais on a élu quelqu'un de sexiste, quelqu'un de raciste, quelqu'un de misogyne... » Xenophobe, je n
'ai
pas dit raciste. Moi, je regarde les faits. Je regarde d'abord que sous son magistère, son premier mandat, l'économie américaine était florissante, qui s'est occupée des Américains, qui avaient le plein emploi, que la balance commerciale était excédentaire, et surtout qu'il n'y
a
pas eu un seul conflit sous son mandat. Parce que Trump, il a bien sûr une apparence comme ça, c'est un peu le macho, comme on disait, John Wayne, l'éternel retour, le type comme ça qui en fait des tonnes. C'est une bête politique, mais en réalité, c'est un pragmatique. Et c'est un pragmatique qui fait beaucoup d'effets de manche, mais qui a sauvé la paix pour plusieurs fois, qui a promis que la guerre s'arrêterait en Ukraine. Et je pense qu'il va tenir parole, parce que cette guerre a fait plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de morts, ça sera plus compliqué pour le Proche-Orient, puisque là, il n
'y
a aucune différence entre Kamala Harris et Trump. Mais c'est d'une certaine manière la victoire du peuple, la victoire du peuple qui travaille, qui transpire, qui a des excès, etc. Et pas la victoire du wokisme, pas la victoire des élites. J'ai lu, moi, ce matin, le tweet de Marine Tondelier.
Je
lui ai répondu d'ailleurs, comme j'ai répondu juste avant l'émission, à Sandrine Rousseau. Enfin, c'est tellement ridicule. Le délire masculiniste. Elle découvre qu'aux États-Unis, il y
a
des gens qui ont des moustaches et des barbes, et
que, oh là là,
ils se laissent pousser la barbe dans la rue. Non,
mais
à un moment, soyons sérieux, tout ce qui est excessif est insignifiant. Oui, Trump, qu'est-ce qu'il fait, Trump ? Il s'occupe des Américains. Pas
de la
queue des pingouins en Patagonie. Il
s'occupe des Américains. Et alors, juste pour finir,
nous, ça va nous obliger, non pas, comme j'ai entendu Thierry Breton et un certain nombre d'européistes béats, nous dire, ah, l'Europe doit être forte. Non, non, la France doit être forte. Parce que le pivot de l'Europe aujourd'hui, de l'Union européenne, va être orban, évidemment. C'est-à
-dire,
c'est le retour des peuples. L'économie, et même plus que ça, l'Union européenne va s'effondrer, va imploser, va s'effondrer sur elle-même, de l'intérieur. Alors,
on
le voit avec l'Allemagne, on le voit avec la Hongrie. Et donc, ceux qui sortiront les premiers de l'Union européenne remporteront la mise parce qu'il y aura des accords bilatéraux avec les États-Unis d'Amérique. Pierre Roucat, c'est quand même un incroyable comeback, comme on le titre là. C'est quand même un incroyable comeback, c'est-à-dire qu'il n'y a pas grand monde, en tout cas à l'extérieur, pas grand monde qui ne connaît pas les États-Unis. Parce que quand on va aux États-Unis, on entendait cette petite musique sur Trump, Trump, Trump. Dans les médias français, on vous expliquait que non, forcément, ça allait être très juste, etc. En fait, quand on va aux États-Unis, pourquoi ?
Parce qu'il y
a
un vrai problème aujourd'hui d'argent aux États-Unis. Il y a un vrai problème de coût de la vie. Moi, je peux vous dire, je vais très souvent aux États-Unis, vous le savez, quand on voit les prix dans les supermarchés, comme ça s'est envolé, c'est-à-dire que moi, c'est mon estimation, mais je pense qu'en 2-3 ans, ça a pris 30%. Tout a pris à peu près 30% quand on va faire nos courses, même pour nous, Français.
Aujourd'hui, c'est très cher, sans
parler des loyers, des charges. C'est une horreur. J'ai avancé hier soir, sur mon Twitter, la victoire de Donald Trump. Alors, on dit, c'est un populiste, comme Victor Orban. Il l
'est
! Mais, la Constitution américaine, elle commence par « we the people, nous, le peuple ». Donc, par définition, un président américain est populiste, et ce n
'est
pas péjoratif. La deuxième chose, c'est que Donald Trump gère et gère le pays comme une entreprise.
On
n'a pas d'argent. Vous voyez ce que je veux dire ? Moi,
je
me souviens, Emmanuel Macron, quoi qu'il en coûte. Quoi qu'il en coûte, à qui ? À nous, les contribuables. J'étais éberlué. Trump, c'est un homme d'affaires.
Il
gère... Alors, il y a du social et tout ça, mais il gère l'Amérique, et il va gérer l'Amérique comme une entreprise et un bon père de famille.
Le problème, c
'est que dans un monde qui est de plus en plus multipolaire, avec les BRICS et les BRICS+, aujourd'hui, et qu'on voit que finalement, les pays qui s'en sortent sont des pays qui sont limite agressifs d'un point de vue et qui font du protectionnisme, qui ferment leurs frontières, qui défendent leur économie, qui défendent leurs ressortissants. Nous, qu
'est
-ce qu'on fait
? En
étant dans le carcan de l'Union européenne, on défend, on ne sait pas trop quoi, on ne sait pas trop qui. Quand on est derrière Ursula von der Leyen, elle a été exfiltrée de son ministère de la Défense, qu'elle avait laissé envahir par tous les lobbyistes de la planète. Elle fait la même chose aujourd'hui, notamment dans son deuxième mandat, au sein de la Commission européenne. Est-ce que les Français vont mourir pour la Commission européenne
?
La réponse est non. Alors, je vous propose de partir en direct aux États-Unis. On va partir tout de suite en direct dans le Michigan. Nous attend l'envoyé spécial de CNews, Olivier Benkemoon, qui est avec Stéphanie Rouquet. Bonjour Olivier, il est 5h du matin chez vous. Pourquoi vous êtes à Détroit, dans le Michigan ? Parce que c
'est
ce qu'on appelle un swing state. Qui a voté Trump en 2016, si je ne m'abuse ? Biden, il y a 4 ans. Et cette année
? Et
cette année, pour l'instant, ça dépend à quelle heure vous me le demandez. Là, à l'heure
qu'il est, c'est plutôt Trump qui est en tête. Il y a 3 ou 4 heures, c'était Kamala Harris. Et tous les sondages donnaient plutôt Kamala Harris ces dernières heures, ces derniers jours. Donc voilà, ça a été quand même une grosse surprise. Nous, on a vécu ça de l'intérieur. On s'est mis à côté des démocrates. Et on a regardé ce qui se passait. Début de soirée, ils étaient très heureux. Kamala Harris avait 4 points d'avance sur Donald Trump. Et petit à petit, ça a été la remontada. Et finalement, donc, on est à plus de 80% des bulletins qui ont été dépouillés. Et les projections de toutes les chaînes donnent Donald Trump à environ 52%. C'était un vote très intéressant, le Michigan-Swing State.
Oui, mais d'un côté, on a énormément d'ouvriers qui sont intéressés par ce vote. Parce qu'ici, évidemment, c'est le berceau de la voiture, de la bagnole. C'est Motown, c'est la Motortown Michigan, évidemment. Et puis d'un autre côté, c'est aussi le vote des arabos musulmans. C'est la plus grande communauté arabe des États-Unis. Il y
a
même une ville où les arabos musulmans sont majoritaires. C'est la première et la seule ville américaine dans ce cas-là. Il y
a
la plus grande mosquée du pays qui est ici. Et ce vote-là était très intéressant parce que les arabos musulmans voulaient faire peser leur voix, voulaient compter. Et comment voulaient-ils compter ? En punissant Kamala Harris. Ils avaient promis de punir Kamala Harris pour la politique de Joe Biden en Israël.
Mais ça, c'est très intéressant quand même ce que vous nous racontez. Parce qu'honnêtement, moi, je ne l'ai entendu sur aucune chaîne jusqu'à aujourd'hui. Jusque-là, on nous présente quand même Trump comme quelqu'un de raciste, quelqu'un qui n'aime pas les étrangers, quelqu'un qui serait opposé aux musulmans également. Et vous nous dites, en fait, les musulmans,
en
tout cas là où vous êtes, ils voulaient punir Joe Biden et Kamala Harris. Donc c'est totalement le contraire de tout ce qu'on nous explique depuis des jours.
Oui, mais ils voulaient punir parce que la politique en direction d'Israël, le soutien de Joe Biden à Israël ne le convenait pas. Ici, on a beaucoup de Palestiniens, on a des Syriens aussi, on a des Irakiens. Et c'est très important ce vote-là. Donc ils n
'étaient
pas du tout contents de la politique de Joe Biden. Alors je ne
sais
pas si Donald Trump fera une autre politique puisqu'il a annoncé qu'il était très proche de Benjamin Netanyahu. En tout cas, il ne voulait pas de Kamala Harris. Nous, on a rencontré un jeune républicain tout à l'heure qui est d'origine palestinienne justement, qui nous a dit «
Mais
ça suffit, il se considère comme un Américain, pas comme un émigré. Il est fils d'immigré, évidemment. Il dit ça suffit. » Ce qui est important, et c'est exactement le sujet que vous évoquiez il y
a
un instant, c'est la vie qui augmente,
c
'est la vie chère, c'est plus de 25% d'inflation, alors que sous Donald Trump, c'était 7%. C'est vrai que la vie est hyper chère, qu'il y a besoin de travail, il y a besoin de sécurité, et encore une fois, voilà ce que réclament ces jeunes gens.
— Reste avec tout, Olivier, parce que c'est très intéressant d'avoir quelqu'un qui est sur le terrain et quelqu'un qui comprend ce qui se passe sur place. On va écouter ce jeune homme dont vous nous parliez à l'instant, que vous avez rencontré.
—
Pour la première fois, on voit des gens
de différentes ethnies sortir et dire « Hey, nous sommes républicains. » Et c'est vraiment ça. Nous sommes fatigués de cette situation. Kamala Harris et l'administration Biden n'ont rien
changé. Ils ont lancé la guerre et n'ont rien fait pour l'arrêter. On en a marre. Nous avons besoin que Donald Trump revienne à la Maison-Blanche. Trump va mettre un terme à la guerre, à l'inflation et va aider le monde entier. La guerre en Ukraine n'en finit pas. C'est un problème. Tout le monde s'en mêle, mais nous devons y mettre un terme. On en a marre de voir des enfants mourir des deux côtés et nous avons besoin de rendre sa splendeur à l'Amérique.
—
Voilà, Olivier, toujours en direct du Michigan de Détroit.
C
'est très intéressant ce qu'on entend parce qu'en fait, il fait le tour de tout ce qui est sans doute l'explication de l'élection de Donald Trump.
C
'est-à-dire qu
'il
parle de l'inflation,
il
parle de la guerre,
il
parle de cette volonté également d'avoir une Amérique apaisée.
C
'est tout ça. Alors que justement, en France, en tout cas, on explique que Donald Trump, c'est quelqu'un qui met le feu partout. Et quand on parle avec les gens là-bas sur place, ils disent au contraire, il va calmer les choses. — Absolument.
—
Alors oui, mais Jean-Marc, il y a les Républicains.
Il y a aussi le discours des démocrates qu'on a entendu, évidemment, qui disent aussi attention, si vous êtes une femme, il est dangereux. Il y a un danger aussi parce qu'il défend des armes, alors que Kamala Harris voulait un contrôle plus important des armes. Mais on est toujours choqués par les tueries de masse ici. Et on se dit mais pourquoi ils font rien pour les armes ? Attention, Donald Trump a dit deuxième amendement, on n'y touche pas, alors que Kamala Harris, oui, elle a eu un discours. Bon, il y a beaucoup de points vraiment qui divisent ces deux Amériques, c'est vrai. Mais peut-être qu'au final, elle a fait une très mauvaise campagne. Elle n
'a
pas convaincu qu'il fallait convaincre. Elle n
'a
pas réussi à toucher toutes les femmes et toute la jeunesse. Elle n
'a
pas réussi à mobiliser tout le monde. Peut-être qu'aussi la clé est là, Jean-Marc.
— Et ça, c'est intéressant. Est
-ce
que c
'est
la victoire de Donald Trump au fond ou le rejet de Kamala Harris ? Parce que Kamala Harris, moi, pour avoir bien suivi cette campagne, encore une fois, et je le dis parce que je suis beaucoup aux États-Unis, mais j
'ai
l'impression que Kamala Harris a fait campagne contre Donald Trump. Voilà. La seule chose qu'on a entendue dans ces meetings, dans ces discours, c'est contre Donald Trump. Que veut faire Kamala Harris aujourd'hui ? Je crois que beaucoup d'Américains ne le savent pas. Ils ne savent pas quel était son programme. C
'est
ce que vous ressentez, Olivier, vous aussi ?
—
Écoutez, le programme, la seule fois où elle a eu enfin un programme, c'était à Washington, lors de son grand discours à Washington. Donc c'était un peu tard parce que c'était il
y
a à peu près une semaine. C'est très peu pour annoncer un programme. Alors que celui de Donald Trump, il était clair. Il était clair depuis le début. Par ailleurs, bon, la campagne, elle est ce qu'elle est. Peut-être qu'elle est tombée dans le piège de Donald Trump, qui a été effectivement dans les attaques, qui a été... Ça a été violent. Ça a été assez trash. C'est vrai, cette campagne. D'ailleurs, ça s'est terminé derrière une poubelle. On le sait tous et on a tous cette image. Mais peut-être que Donald Trump a été plus malin. Il a réussi son... Surtout, il a réussi à convaincre les Américains qu'il était sérieux.
Et ce soir, je sais pas si vous avez remarqué, mais le discours qu'il a fait, c'était un discours apaisé. C'était un vrai discours de président de la République, si vous voulez, ou de chef de l'État. Il a parlé des immigrés, ceux qui ont voté pour lui, des enfants, ceux qui viennent de Chine, de toute cette Amérique, en fait, qui doit, aujourd'hui, c'est ce qu'il a dit,
ce
sont ses mots, qui doit se retrouver, travailler main dans la main et mettre fin à ses divisions. Moi, c'est ce que j'ai retenu, entre autres, de son discours.
Merci beaucoup, Olivier Benkeboun, en direct de Détroit, dans le Michigan, avec les images de Stéphanie Roque. On voit la ville déserte derrière vous. Je crois qu'il est temps d'aller vous coucher. Merci beaucoup, Olivier. Les 5 heures du matin, il n
'y a
plus personne. Effectivement. Un mot, Pierre-Hourcain. Moi, ce qui me fait plaisir, à titre personnel, c'est que Donald Trump, c'est quand même le meilleur ami de l'État d'Israël, se rentrait dans la polémique, alors que Joe Biden, c'était différent. Et Kamala Harris, elle n'avait absolument aucun programme. D'abord, elle nous a caché
que
Joe Biden avait un déclin, qu'il devenait...
Ça, c'est une vraie
question.
C'est une vraie question sur
Kamala Harris, qui a passé son temps à dire « il va bien, il est en pleine forme ». Excusez-moi, quand on le voit, on a vu encore des images avant-hier, quand on le voit marcher,
on l'entend parler, c'est une
catastrophe. Alors que Trump a donné peut-être 80 conférences de presse, c
'est
-à-dire au contact des journalistes. Elle en
a
fait à peu près trois complaisantes sur ABC, où c'était monté après, etc. Mais de programme, elle n'en avait pas. Et elle ne voulait surtout pas assumer le programme de Joe Biden, parce qu'il avait été désastreux. Et elle a passé son temps à attaquer Trump. Et quand on lui demandait son programme,
c
'était « les Bidenomics, l'économie de Biden, ça marche bien ». Ce qui était faux. Mais Joe Biden a plombé, là encore, c'est un titre qu
'on
fait, mais il a plombé les démocrates. Il est fou de rage. Mais il a plombé les démocrates, c'est sa faute. C'est la faute de Joe Biden, ce qui se passe. Parce qu'il a voulu rester, il a voulu rester, alors qu'on voyait bien dans ses discours. Je peux vous dire une chose,
c
'est qu'en France, on ne diffuse pas bien évidemment en entier les
discours de Joe
Biden, on ne montre que des extraits. Mais quand vous allez aux États-Unis, vous regardez les chaînes, vous regardez ses discours,
c
'est pénible, parce que vous sentez que ça ne va pas. Vous sentez qu'il est perdu. Vous le voyez se déplacer, il est perdu. Encore une fois, c'est vrai que ça fait de la peine, parce qu'il n'y a aucun... Mais simplement, c'est un homme qui n
'est
pas à sa place. Je suis désolé. Sa place, ce n
'est
pas le président des
États-Unis.
Et souvenez-vous que cet homme, qui est donc sénile, est toujours... Sénile, je ne sais pas,
mais en tout cas, voilà. Il est en difficulté, on va dire.
Il est toujours président. —
Ben
oui.
Et jusqu'en janvier. Et jusqu'en janvier. — Et jusqu'en janvier, avec le bouton nucléaire. — Mathias
Lebeuf, est-ce que vous êtes d'accord déjà sur Joe Biden qui a plombé les démocrates ?
—
Oui,
oui.
Alors moi, la grande surprise et le grand questionnement que j'ai, c'est qu'effectivement, je pense que Biden a plombé le début de l'élection, que Harris n
'a
pas été bonne, parce qu'effectivement, elle a passé son temps à courir après Donald Trump sans présenter de programme, sans présenter de vision, d'alternative, et que face à une machine de guerre comme peut l'être Donald Trump, elle n'était pas prête, elle n'était pas bonne. Donc ça, c'est une première chose. Et ça m'amène à... Comment dire ? À poser une question. Comment les États-Unis... Et c'est une... J'ai pas la réponse à ça. Comment les États-Unis, qui est un grand pays, qui est un pays plein de ressources, avec plein de talents, n'arrivent pas à proposer, dans un camp comme dans l'autre ?
Parce que moi, je ne partage pas votre enthousiasme sur Donald Trump, mais les Républicains, il y a pas mal de Républicains qui aussi n'étaient pas favorables à Trump, et qui avaient un gros doute, il ne
faut
pas l'oublier. Je vous rappelle qu'il y a un certain nombre de collaborateurs...
Mais donc, qu'est-ce que vous dites ? Comment les États-Unis n'arrivent pas à proposer quelque chose ? Comment les États-Unis
n'arrivent pas à sortir des
candidats... Qui êtes-vous pour
juger les candidats ? Je ne juge pas. Mais qui êtes-vous pour donner des bons points
?
J'ai
le
droit de penser, j'ai le droit de poser des questions, je ne juge pas. Je trouve que les candidats... Je trouve ça absolument hallucinant, en fait, à votre niveau, de se dire... C'est quoi mon niveau ? C'est quoi mon niveau ?
C
'est quoi mon niveau ? J'ai le droit de
poser une question.
Vous ne connaissez pas les réalités américaines. Je
m'en vais, alors. Vous ne connaissez pas les réalités américaines. J'ai le droit de parler.
J'ai le droit de parler. J
'ai le
droit de parler.
Je crois que les Américains pourraient se dire exactement la même chose. C'est quoi mon niveau ? Quel
mépris vous avez. Non,
ce n'est pas
quel
mépris. Mais quel
mépris
vous avez.
Mais
d
'où vous parlez ?
Je prends juste
un exemple. Parce que vous êtes député, vous avez le droit de demander aux gens de se taire. Je prends juste un exemple. C'est honteux ce que vous êtes. C'est honteux.
Vous
avez Donald Trump.
Je
vais continuer à dire. Si vous
voulez bien, je vais continuer. Attends, du
calme,
du calme, du
calme.
Prenez une verveille,
calmez-vous. Je sais que l'élection de Donald Trump, pour vous, c'est le mal absolu. Mais prenez une
verveille. Tout va bien se passer. Et surtout, ça n'aura aucun changement pour nous. Vous savez, démocrate ou républicain, ce sera toujours une politique, quelquefois, mais au contraire à la Générale. Pour essayer
de résumer ce qu'a
voulu
dire, Junior O'Doul,
c
'est de quel droit dites-vous que les candidats ne sont pas à la hauteur ? C'est ça, je crois,
simplement
la
question.
En quoi ne sont-ils pas à
la
hauteur, alors que les Américains sont plutôt contents de l'élection de Donald Trump, puisqu'ils ont voté pour lui ? Je vais vous le dire. Voilà, c'était ça, je crois, la question de base.
Et pour les deux,
d'ailleurs. Allez-y. Je pense que les candidats ne sont pas à la hauteur et qu'il y avait plus de... Ce n
'est
pas qu'ils ne
sont
pas à la hauteur, c'est qu'en tout cas, pour Kamala Harris, elle n'a pas réussi à faire le plein dans son propre électorat. Donc, ce n'était pas la meilleure. C'est très différent de le dire.
Laissez-moi finir. Mais c'est bon. C
'est insupportable.
Elle n'a pas fait
le plein dans son propre électorat ou dans son
propre électorat supposé. Parce qu'elle était mauvaise. Elle était
mauvaise,
je suis d'accord. Vous êtes d'accord ? Oui, je suis d'accord. Je suis
étonné que le Parti démocrate ne puisse pas sortir de son chapeau un candidat qui a une
présidente.
Vous savez pourquoi ? Simplement parce que le Parti démocrate n'a pas choisi. Parce que le
Parti
démocrate...
Ils
n'ont pas
choisi. C'est parce que
Joe Biden, c'est Joe Biden qui devait
être là. Ils se sont aperçus que
Joe Biden, c'était une catastrophe,
mais c'était
trop tard.
C'était trop tard pour organiser. C'est ça ce qui s'est passé. C'est un parti
aujourd'hui qui est assez sclérosé. Je ne crois pas, moi. Je crois vraiment que Joe Biden les a plantés. Joe Biden en voulant se maintenir jusqu'au bout. Il
a
été sorti
en catastrophe. Oui, mais ça
c
'est sûr. Il
leur a fallu quelqu'un en catastrophe. Ils
ont
dit on prend Kamala Harris parce que c'est la vice-présidente. C'est ça. Autrement, il y avait d'autres candidats potentiels.
Je dis... Non, mais vous dites la même chose. Je vous
explique juste pourquoi. Je vous explique juste pourquoi c'était Kamala. C'est parce qu'il a fallu faire vite. Ils ont décidé en 24 heures. Normalement, le candidat est élu. Il n'y
a
même pas eu d'élection. On a dit c'est vous. Venez, hop, c'est vous parce que c'est la seule qui était là.
C'est ça la réalité. Donc je reprends ce que je voulais
dire initialement. Avoir été démocratiquement coupé par M. O'Doul. Je trouve incroyable que ce soit passé comme ça. Et que le parti démocrate n'ait pas eu la ressource d
'anticiper. Trop rapide et Biden les a plantés.
Juste, on va faire le CNews Info. Après, on va continuer à parler dans l'amour, la joie et le bonheur. Alors,
je
vais vous faire écouter quelque chose qui va sans doute ajouter un peu d'huile sur le feu. C'est un monsieur qui s'appelle Fred Hoffman, qui est le porte-parole des démocrates en France.
Et
qui a expliqué, alors, vous avez écouté France Inter ce matin, sur Aliste. Il est allé sur France Inter nous expliquer que si les gens ont voté pour Trump, c'est parce que les Américains sont racistes et misogynes. Voilà, rien que ça. On fait le CNews Info et vous écoutez ce chef-d'oeuvre juste après.
Le
meurtre de Philippine, cette étudiante dont le corps avait été retrouvée dans le bois de Boulogne fin septembre, a été remis aux autorités françaises. Extradition que ce Marocain de 22 ans sous OQTF refusait jusqu'à présent. Suite de la fusillade à Poitiers, un suspect placé en garde à vue hier après s'être rendu au service de police à Paris. Une fusillade qui, je vous le rappelle, a éclaté jeudi dernier devant un restaurant de Poitiers et au cours de laquelle cinq personnes ont été grièvement blessées. Et puis une proposition de loi transpartisane visant à interdire la corrida et les combats de coques au moins de 16 ans sera examinée au Sénat le 14 novembre.
Un texte qui recueille le soutien de la Fondation 30 millions d'années.
11h04 sur CNews, merci d'être en direct avec nous. Ça fait beaucoup parler bien évidemment de cette élection probable, on va dire, tant qu'elle n
'est
pas officielle, on laisse un petit doute, mais élection probable de Donald Trump, élu en vert et contre tous, c'est le moins qu
'on
puisse dire, y compris en France où les médias étaient largement anti-Trump. Je vous propose d'écouter ce matin, parce que c'est intéressant, je vous le disais, sur France Inter, Fred Hoffman, porte-parole des démocrates à l'étranger, et il a expliqué quand même que l'élection de Donald Trump, cela signifiait que les Américains étaient des gens racistes et misogynes. Le nombre de gens qui ont voté pour lui, quelque part pour moi, ça parle de le racisme du nouveau et le misogynie. Comment
est-ce qu'on peut tolérer
ça ? Déjà, est-ce
qu
'il
va concéder
une défaite ? Moi, je représente le parti qui a gagné aujourd'hui, et je ne
peux
pas vous laisser insulter 75, 80 millions de
personnes comme ça. C'est pas un
insulte, c'est un constat. Non, non, mais c'est insultant,
c'est diffamatoire. C'est pas pour vous, c'est un
insulte. Moi, je ne l'insulte pas. Je respecte, si, si, parce que pour le
moment, on n'a pas les deux livres. Non, mais c'est
juste, pour le moment, on a parlé de moi aussi.
Mais vous pensez qu'elle a payé
le
fait d'être femme, le fait d'être femme noire
? Oui, de couleur, absolument. Je pense que
ça
joue beaucoup. Malheureusement, c'est ça. Alors, ça y est, on a sorti la carte clé sur laquelle on va être obligé de se taire. C'était une femme, elle était noire, et c'est pour ça qu'on
n
'a pas voté pour elle. Alors, premièrement, Kamala Harris n'a pas fait campagne, ni sur sa couleur de peau, ni sur ses ascendances indiennes et africaines, ni sur le genre. Elle n'a jamais abordé le genre, et ça a
été
plutôt à mettre à son honneur. Elle a essayé d'expliquer en quoi sa politique serait différente, et elle s'est plantée. Ce que je voudrais dire, bien sûr, elle a été parachutée au dernier moment, les démocrates étaient paumés, mais les démocrates, c'est comme les sociodémocrates en France, Hollande et Macron, ce sont des gens pourtant calmes, c'est-à-dire qui déroulent un narratif globaliste, mondialiste, etc. Nous sommes tous frères, la Terre est un grand pays, on va tous se tenir la main, la planète, le flash-lac climato-sceptique, comme l'a tweeté ce matin Mme Rousseau, on ne comprend même pas ce que ça veut dire.
Ce sont des gens qui sont là pourtant calmes, sauf qu'aujourd'hui, les choses se sont cabrées, les gens ont des problèmes de frigo, des problèmes de faim de moins, les minorités, ce n
'est
pas un problème tant racial, j'ai écouté aussi les homeless, il y en a des millions aux Etats-Unis, les gens disent moi ce que je veux, c'est retrouver le monde du travail, retrouver à me socialiser, à rebausser, etc. Et je suis désolé, pourquoi les minorités, pourquoi les blacks, pourquoi les femmes, parce qu'on va bien achiner, je pense que si les femmes ont voté Trump, en dépit de ce qu'on nous a raconté, parce qu'il y a une précarité, ce qui a complètement envahi la société étatsunienne, et que ça pouvait...
Je
veux qu'on reste quand même sur ce qui a été dit par rapport à cette personne, Julien Audoul, qui nous explique quand même que si Kamala Harris n'a pas été élue, c'est parce qu'elle était noire et parce que c'était une femme. C'est des discours lamentables, c'est les mêmes réflexions, en fait, qu'après les élections législatives, où certains se permettaient d'insulter 11 millions d'électeurs du Rassemblement national, taxés de racistes, de fascistes, etc.
C'est évidemment honteux et scandaleux pour ces électeurs, parce que ça considère qu'ils n'ont pas voix au chapitre et qu'ils sont des sous-citoyens, et puis ensuite ça fait fi du réel, ça fait fi du réel, parce que la réalité, c'est que la complexité de l'électorat américain fait que beaucoup de femmes ont voté pour Donald Trump, beaucoup de femmes afro-africaines, afro-américaines, je veux dire, ont voté pour Donald Trump, les latinos ont voté pour Donald Trump, donc encore une fois, il ne faut pas racialiser l'électorat.
–
Mais Julien Oudoul, est-ce qu'on a le droit, alors je ne
sais
pas, je vais peut-être me faire rire, mais est-ce qu'on a le droit de dire que, en fait, même si c'est une femme, et tant mieux, et même si elle est noire, et tant mieux, si elle n
'a
pas été élue, c'est parce qu'elle est mauvaise. Est-ce qu'on a le droit de dire d'une femme noire qu'elle peut être mauvaise ? – Mais on devait…
– Parce qu'aujourd'hui, c'est ça, la
réalité, c'est qu'elle n'était pas bonne.
– Mais bien sûr. – Et on nous dit,
ah ben oui, mais si
vous dites ça, – Comment vous expliquez que c'est parce que c'est une femme et parce qu'elle est noire ? – C'est un tropisme
français, et c'est un tropisme médiatique français, parce
que ce débat
n
'a
pas
lieu aux États-Unis, et Kamala Harris elle-même n'a pas joué ces deux cartes. C'est juste des journalistes français incultes, qui ne connaissent pas les États-Unis, qui ne connaissent pas la carte électorale américaine, qui ne connaissent pas mieux la carte électorale française, ceci dit, et qui projettent leur fantasme sur le fait que Trump serait un nazi, racialiste et masculiniste. C'est ça la vérité. Ça n'existe pas dans la réalité.
– Alors ça existe, vous n'avez pas le droit de le dire. – Vous n'avez pas le droit de le dire, c'est un bémol, un bémol
sur les critiques qui visent les femmes en politique. Effectivement, en France, on n'a pas le droit de le dire, quand les femmes appartiennent au camp progressiste. Là, effectivement, c'est misogyne. En revanche, quand les critiques s'acharnent sur Marine Le Pen, des insultes dégradantes, des caricatures, ça, ils ont le droit. Parce que Marine Le Pen ne fait pas partie de leur idéologie, de ce credo progressiste mondialiste. Donc effectivement, il
y
a un deux poids,
deux
mesures en permanence qui, encore une fois, est sur le clivage nationaux mondialistes.
–
Juste, Mathias Leboeuf, en France, on ne peut pas dire qu'elle était mauvaise parce que c'est une femme et parce qu'elle est noire. On vous accuse tout de suite soit d'être raciste, soit d'être misogyne. – Non, je ne crois pas et je pense qu'effectivement, elle a été mauvaise et elle n
'a
pas été mauvaise parce que c'était une femme et elle n
'a
pas été mauvaise parce qu'elle était noire. – Ah non, mais
ce n'est pas
du tout ce
que je dis. – Je sais bien. – Attention, je dis, est-ce qu'on a le
droit, comme c'est une femme et qu'elle est noire, est
-ce
qu'on a le droit de dire qu'elle est mauvaise ? Ou alors, tout à coup, c'est impossible en
France de dire ça ?
–
Je
ne sais pas si on a le droit, moi je le prends, moi je pense qu'elle a été mauvaise et vous le savez, spontanément, j'ai plutôt tendance à avoir des, comment dire, je ne
suis
pas américain et je parle peut-être d'en bas, je ne
suis
pas,
voilà. – Et puis je ne suis peut-être
pas autorisé dans les hautes sphères à parler, mais bon, j'ai plus de sympathie pour les démocrates que pour, en tout cas, que pour Donald Trump. Moi, ce que… – Qui sont aussi xenophobes les démocrates. – Alors, par contre…
–
Kamala Harris avait aussi un discours vis-à-vis des migrants, on se rappelle, du Guatemala.
– Qui était
extrêmement xenophobe.
–
Vous avez raison, et les choses sont beaucoup plus compliquées, comme toujours aux Etats-Unis, que ce qu'on peut les simplifier, c'est-à-dire qu'effectivement,
Trump, qui
pourtant a un discours
régulièrement
xenophobe, notamment à l'égard des Mexicains et des Latinos, a réussi…
–
Pas xenophobe.
–
Pas xenophobe, on n'a pas entendu les mêmes discours, pardonnez
-moi. – On n'a pas les mêmes discours.
–
Tout à l'heure, vous êtes
en train de refaire l'histoire.
– Non, mais tout à l'heure, on l'entendra, Donald Trump,
parce que c'est vrai qu'en revanche, son discours a beaucoup changé ce matin.
–
Ce
matin, ah oui. – Non, non, mais
c
'est pour
ça que je le dis, ce matin a beaucoup changé, il a eu un discours d'unité ce matin, on
l'entendra. –
C'est marrant
parce que
vous travestissez la réalité. – À qui vous parlez ? – Ah d'accord.
–
Ça,
vous
pouvez, si c
'est
à Pierre Orcan, vous pouvez. – Si c'est à moi, je vous réponds.
– Non, non, mais
je voulais juste, je peux finir une chose ? Moi, ce que j'ai compris du représentant démocrate, c'est qu'il disait que, en fait, les Américains avaient voté pour quelqu'un qui était sexiste et misogyne, qu'on votait pour quelqu'un qui
était hénophobe. – Moi, j'ai compris qu'il disait que si elle n'avait pas été élue, c'est parce que les Américains étaient élus. – Ça ne les
dérangeait pas. – Juste, on va continuer à parler. Je voudrais juste qu
'on
prenne Gauthier Lebrecht pour parler de la France, quand même, et du regard des réactions en France, parce que ça, c'est intéressant aussi. Bonjour Gauthier, merci d'être avec nous, journaliste politique à AC News. Quelles sont les réactions en France depuis cette élection quasi certaine
? – Alors,
je les diviserai en trois blocs. Déjà, vous avez la gauche woke qui est horrifiée, c'est-à-dire celle de Sandrine Rousseau, celle de Marine Thondelier, celle de Clémence Guettet. Et c'est normal, parce que le premier renseignement de la victoire potentielle quasi probable, quasi certaine de Donald Trump, c'est évidemment la défaite du wokeisme. C'est la défaite du wokeisme, et c'était très bien représenté dans le choix des vice-présidents. D'un côté, vous aviez G.D. Vance, qui va être le futur vice-président, si c'est bien Donald Trump qui l'emporte, et qui vient des classes populaires, des classes ouvrières américaines, ce qu'on appelle les rednecks, qui a écrit un best-seller là-dessus.
Et de l'autre, vous aviez Tim Walz, qui est à la pointe du wokeisme et qui a poussé dans son état quand il était gouverneur, le wokeisme à son paroxysme. Donc évidemment, sur la scène politique nationale française, les figures woke, vous voyez le tweet à l'instant de Sandrine Rousseau, que vous avez déjà évoqué, les figures woke sont horrifiées, angoissées, pour reprendre le terme de Sandrine Rousseau. Ensuite, vous avez ceux qui félicitent Donald Trump. C'est Éric Ciotti, c'est Éric Zemmour.
Il faut savoir qu'Éric Zemmour avait échangé au téléphone avec Donald Trump pendant la dernière présidentielle, contrairement à Marine Le Pen qui s'était rendue à la Trump Tower en 2017 et qui n'avait jamais été reçue par Donald Trump.
Elle
était restée au rez-de-chaussée de la Trump Tower. Et alors que lors de la première candidature de Donald Trump, qu'il avait vu l'emporter en 2016, Marine Le Pen était très active pour soutenir en France Donald Trump, elle l'est beaucoup moins. Aujourd'hui,
il
y a l'un de ses proches qui me confiait « J'ouvre le champagne, mais je n'ai pas le droit de le dire » parce que la patronne ne le veut pas, parce que les stratégies sont diamétralement opposées. Ce proche de Marine Le Pen me rappelait, il y
a
eu un sondage récemment en France, « Seuls 13% des Français souhaitaient une victoire de Trump ou auraient voté Trump ». Donc, fort de ce constat, Marine Le Pen dit « Les Français ne veulent pas d'un Trump à la française ». Et d'ailleurs, vous voyez sa stratégie à Marine Le Pen, ce n
'est
pas du tout la stratégie de Trump, elle est dans une stratégie de normalisation, elle lisse son image, elle est en quête de respectabilité, la stratégie de la cravate à l'Assemblée nationale. Donc, dans l'outrance, Trump ressemble beaucoup plus à Jean-Luc Mélenchon, par exemple, qu'à Marine Le Pen. Je ne
parle
évidemment que de la forme. Et puis, vous avez évidemment la réaction officielle de la France, la réaction d'Emmanuel Macron, qui félicite Donald Trump, mais qui dit la phrase suivante « Avec vos convictions et avec les miennes ». On sait comme la relation entre les deux hommes s'était détériorée à la fin du premier mandat de Trump. Il faut dire qu'Emmanuel Macron, il aura passé sept ans avec Donald Trump, quatre ans pour le premier mandat de Donald Trump, et puis il lui reste deux ans à l'Élysée, donc deux ans à cohabiter avec Trump, et à la fin, ça s'était très très mal passé.
Donald Trump avait imité Emmanuel Macron en meeting, il avait dit « Il est stupide », et je vais le citer, parce que c'est une phrase du nouveau président des États-Unis, normalement c'est lui, il avait dit d'Emmanuel Macron, « Emmanuel Macron lèche le cul du président chinois ». Donc c'est un peu pour vous dire la tension qu'il y aura dans les retrouvailles qui seront évidemment très scrutées entre Emmanuel Macron et Donald Trump.
Merci
beaucoup, Gautier Lorette, pour cette analyse. Oui, alors pour
revenir
sur Donald Trump, et ma femme me le répète tous les jours, il a certes tenu des propos misogynes et machistes inqualifiables, parce que c'est un personnage comme ça, mais il faut aller au-delà de cela. Et on parlait de président Macron, Trump dit à l'OTAN «
Vous
allez participer ». L'Amérique protège, l'Amérique nous a déjà sauvés deux fois. Trump dit
à
l'OTAN « Vous allez payer, vous allez contribuer, on ne peut pas continuer à dépenser uniquement, vous allez payer à hauteur de vous
revenir ». Il y a une erreur
d'analyse
qu'on fait. Alors,
je voudrais qu'on reste sur ce qu'on a dit, mais ne mélangeons pas tous les sujets, parce qu'on part dans tous les sens. Restons sur Donald Trump, la défaite du wokisme. C'est ce que nous a expliqué Gautier Lorette. Mathias, vous êtes d'accord là-dessus ? C'est la défaite du wokisme, la victoire de Donald Trump
? –
Bon,
ce
n
'est
pas la victoire du wokisme. C'est sûr, oui, oui, c'est la défaite d'une certaine
pensée. – Ça, c'est plutôt une bonne nouvelle,
non ? – Oui, oui, oui, oui. – Non, mais pourquoi vous ricaner ? Moi, je ne
suis
pas pour le
wokisme. – On
sent votre embarras.
–
Mais
non, je n'ai
pas d'embarras. Moi, contrairement à vous, je n'appartiens à rien, je ne me range pas dans
le cas. – Non, mais je ne suis pas électeur américain
et du Parti des Républicains. – Juste une chose, effectivement, c'est la défaite du wokisme, donc très bien, parce que moi, de toute façon, je ne souscris pas au wokisme. Un peu peur que ce soit la victoire du bourrinisme. –
C
'est quoi le bourrinisme
? –
Des gros bourrins, quoi.
C
'est-à-dire que vraiment, ouais, on
a des... – Ce qu'on appelle les rednecks aux Etats-Unis,
c
'est ce qu'on appelle les bourrins chez nous.
– Autant, moi, je ne
suis
pas pour le wokisme, qu'il soit français ou américain, mais le gros bourrinisme. Ouais, nous, on est des mecs, on est forts, on a des grosses moustaches, ouais, on a des grosses couilles.
–
C
'est
ça l'Amérique, je crois.
– Mais c'est jamais. – L
'Amérique, ce n'est pas uniquement.
–
Pierre Ocad. –
Les
WASP, White, Anglo-Saxon, Protestants, les élites intellectuelles de la Côte Est, c
'est l'Amérique
profonde, et elle
n
'a rien de bourrin ou de rednecks.
– Ah, vous ne voulez pas. – Il y a l'erreur. – Attendez, attendez, pas tout ça
en même temps.
Julien
Oudou vous répond.
–
Pourquoi
? – Mathias, Julien vous répond.
– Attendez, attendez, et après, Didier Maïsot. – Ce
qui
devrait, ce qui doit nous intéresser, nous inquiéter, si la politique américaine va être une politique de bourrin vis-à-vis des intérêts de la France. –
Le
reste,
on s'en moque. – Vous avez raison. – Le reste, on s'en moque. – Je suis d'accord avec vous. – Le cil, etc. – Permettez-moi de dire une chose. – Je
vais terminer. Donc je vous le dis, et nous l'avions dit, et c'est pour ça qu'il faut rester mesuré sur ce résultat, même si on peut se satisfaire des larmes des gauchistes aujourd'hui, qui sont en Côte d'Fond. J'étais tout à l'heure en commission des affaires culturelles et d'éducation.
– C'est difficile
sur les gauchistes. – Il y avait face à moi, Delphine Ernotte, Sylveille, qui étaient en deuil. –
Oui, mais c'est ridicule, on est d'accord là-dessus. – Oui, c'est ridicule. – Je suis d'accord avec vous. – C'est ridicule, pourquoi
? Parce que la politique
américaine,
qu'elle soit démocrate ou qu'elle soit gérée par les républicains, c'est leur même. C'est-à
-dire
que c
'est
une politique qui défend les intérêts américains d'abord, et que nous, nous devons nous protéger.
–
Julien, vous l'avez
fait, Julien, quand même, ça va. – Je suis quelqu'un
de civil et d'urban,
Julien, je
suis plutôt rural. Très clairement, il faut défendre nos intérêts économiques, stratégiques, industriels, diplomatiques et autres. Et face à une Amérique qui, quelquefois, a des intérêts qui sont totalement contraires, voire opposées
aux autres… –
Notamment le
douanier. –
Alors,
juste, allez-y, mais rapide, est-ce
que vous parlez de ça ? Vous trouvez ça bien, vous, un président qui dit du président français, de la fonction française, même si on n
'est
pas d'accord avec le président français, il lèche le cul des Chinois ? – Non, bien sûr que c'est pas
bien, c'est évident, bien sûr que c'est pas bien. –
C'est ce mec-là qui a été élu.
– D'accord, mais bon, c'est bon, mais en
une élection, on se met
pas sur une phrase, excusez-moi, c'est pas parce qu'il a dit ça. – Ah oui, mais s'il est capable de dire ça. – Mais les Américains, ils savent même pas où est la France. C'est les Américains qui votent, c'est pas vous, c'est pas vous. – C'est un mec qui parle de ça. – Attendez, Didier Maïsto qui a tant poliment depuis tout à l'heure, s'il vous plaît. – C'est un gros point. – Didier Maïsto. –
Alors je vais essayer un peu de... Il y
a
une erreur d'analyse, je pense qu'on commet, en tout cas en France, c'est qu'il
y a
un avant et un après. Il y a une première partie qui est une polarisation extrême et Trump excel. D'ailleurs, il a bien été aidé par Elon Musk dans son adressage très très fin des clientèles électorales. Donc je vais la faire courte. Globalement, ils ne se sont adressés qu'aux gens dont ils étaient à peu près certains qu'ils allaient voter pour eux. Ce que n'ont pas fait les démocrates, ils ont fait l'exact inverse et on en voit aujourd'hui les résultats, premièrement. Deuxièmement, on se rend compte que Trump a fait d'une certaine manière une mise en garde en disant « Attention, cette fois vous n'allez pas me vouloir les élections ».
Il a polarisé à l'extrême, mais il a eu un discours il y a quelques heures, quelques minutes, quelques heures après sa victoire, voilà, où justement... Il a tenté d'unifier.
On va
l'écouter.
Mais attendez, vous en allez parler dans un instant
parce qu'on va l'écouter. Je voudrais qu
'on
prenne Pierre-Yves Rougeron qui est politologue, qui est en direct avec nous. Bonjour, merci d'être avec nous. Comment vous analysez cette victoire très probable de Donald Trump
?
Je l'analyse de deux manières. D'abord, c'est la fin d'une époque parce que c'est la défaite ultime des New Democrats. Alors les New Democrats, pour ceux qui ne sont pas familiarisés, c'est cette branche du Parti démocrate qui est devenue hégémonique sous l'ère Clinton, qui a été symbolisée par, disons, un axe entre Hillary Clinton et Joe Biden. La plus belle fleur des New Democrats, et qui était d'ailleurs sa figure dominante jusqu'à nos jours, c'est Barack Obama.
On
a souvent dit, à raison, que le mandat de Donald Trump était le troisième mandat de Barack Obama et que celui de Kamala Harris aurait été le quatrième, c'est assez juste.
Cette
époque-là se termine. Là, le camp démocrate subit une lourde défaite
parce
qu'elle perd les institutions, elle perd la présidence.
Et
je vous le dis, elle gère sa défaite de manière assez catastrophique. Cette image du QG vide, etc., va rester et va polariser la haine interne d'une partie des démocrates contre leurs représentants. Donc c'est vraiment la fin d'une époque.
La
deuxième chose, c'est est-ce que Donald Trump arrivera
à
maintenir la fédération ? Car je vous rappelle que la grande menace sur l'Amérique qu'on oublie, je vous renvoie entre autres aux excellents travaux de David Techer sur la question, c'est qu'il y a une menace sécessionniste
qui
est à bas bruit aux États-Unis, mais qui pèse quand même dans certains États 30 à 40 % de l'électorat consulté. Et Donald Trump est encore l'un des seuls politiques américains de premier plan à vouloir que la fédération se maintienne. Y arrivera-t-il ? C'est une autre question. C'est intéressant également la gestion de la défaite, parce que c'est vrai qu'on n'a pas beaucoup analysé, cette gestion de la défaite. C'est-à-dire qu'on a vu ce matin, on a vu arriver le chef de campagne, je crois, de Kamala Harris, qui est venu au micro où tout le monde attendait Kamala Harris. C'est lui qui est venu et lui a dit « Kamala ne viendra pas, ne parlera pas ».
Donc c'est-à-dire qu'elle disparaît, elle n'apparaît pas, et en plus elle dit « Partez ». Enfin, c'est vrai que l'image, elle est terrible, l'image.
C
'est dramatique.
Et
là,
alors,
pour l'instant, les démocrates sont cas au debout. Donc ça va se jouer, je pense, dans les représentants et les gouverneurs démocrates restants qui vont vouloir à un moment ou à un autre
payer
pour cette image, parce que sinon, c'est eux qui vont la payer. Et je n'aimerais pas être Kamala Harris et son état-major dans les jours et les semaines qui viennent, parce que ça pourrait tourner au lynchage interne. – Je précise que l'homme qu'on voit à gauche sur l'écran, c'est justement le porte-parole de Kamala Harris qui est venu ce matin, qui a parlé 20 secondes, montre en main, voilà, on a vu tout son discours, avant de partir.
Mais je trouve même que c'est presque insultant pour les gens qui ont voté pour elle, parce qu'il y a quand même des millions d'Américains qui ont voté pour elle, et elle ne prend même pas la peine de venir leur parler, alors que ces gens doivent être effondrés,
je
suppose, parce que c'est leur candidat qui perd et c'est normal. Elle ne prend même pas la peine de venir leur dire deux mots, de venir leur parler. En fait, est-ce que toute la campagne, Pierre-Yves Rougeron, est-ce que toute la campagne de Kamala Harris, ce n
'est
pas un naufrage au fond ? Est-ce que, je le disais tout à l'heure, elle a passé sa campagne, à taper sur Donald Trump sans faire de réelles propositions ? On a beaucoup parlé également de ce rire nerveux qu'elle avait en permanence. En France, on n'en a pas beaucoup parlé, parce qu'elle était protégée par les médias français. Mais il y avait ce rire nerveux permanent. Comment vous analysez ça ?
Il
faut bien voir que Kamala Harris,
c
'est quelqu'un qui a été nommé
et
aussitôt qui a assuré le leg de son prédécesseur ex-candidat Joe Biden, dont elle a été la vice-présidente, en disant qu'il a un bilan extraordinaire, il était tout à fait capable de faire campagne. Tout de suite, la question de tout le monde, c'est s'il était capable de faire campagne, que fais-tu là
? Elle
ne s'est jamais remis de ça. Et donc, elle a passé toute la campagne à colmater des trous et à éviter qu'on voit ces lacunes qui, disons, avaient été cachées par son rôle de vice-présidente parce qu'elle était dans l'ombre de Joe Biden. Arrivée en pleine lumière, elle a brûlé immédiatement. Et son équipe n'a pas pu rattraper le coup, mais je pense que ce n'était pas rattrapable. – Dernière question, Pierre-Yves Rougeron, c'est ce titre qu'on fait en bas, vous voyez, « Victoire de Donald Trump ou rejet de Kamala Harris ». Et c'est l'opposé, là encore, de tout ce qu'on nous explique depuis le début. C'est-à
-dire,
depuis le début, on nous explique, ah oui, aux États-Unis, il y
a
un rejet de Donald Trump, il y
a
un rejet du personnage, il y
a
un rejet de son caractère, il y a un rejet de sa misogynie, il y a un rejet de sa xénophobie. Et aujourd'hui, peut-être qu'on est en train de se rendre compte que le vrai rejet, c'est le rejet de Kamala Harris qui n'était pas à la hauteur.
Est
-ce que vous êtes d'accord avec ça ? – En tout cas, nous avons des données chiffrées qui vont dans votre sens. Le vote d'adhésion est premier chez l'électorat de Donald Trump, qu'on l'accepte, qu'on le refuse, quoi qu
'on
pense du personnage par ailleurs et de ses électeurs,
qui
au passage sont des électeurs qui ont autant de droits que les autres, je tiens à le dire. Donc pour lui, c'est principalement un vote d'adhésion. Et à la fin, après les quelques fumigènes qui ont suivi, rappelez-vous, l'hystérie de la domination de Kamala Harris, quand on a commencé à avoir des sources, on a bien vu que l'électorat démocrate était avant tout anti-Trump et anti-Rennec, parce qu'il n
'y
a pas que la haine de Trump, il y a la haine de l'Amérique trumpienne aussi, qui est extrêmement forte dans son électorat, plus qu'une adhésion à finalement une candidate dont la sauce n'a jamais pris. – Merci, très intéressant de vous avoir, Pierre-Yves Rougeron, politologue, président du Cercle Aristote. Merci beaucoup pour cette analyse. Encore une fois, je le redis, parce que, excusez-moi d'insister là-dessus, on n'entend pas ça dans les médias. On n'entend pas ça sur les chaînes. Moi, j'ai regardé toutes les chaînes, parce que c'est mon métier aussi. Je regarde toutes les chaînes, je n'ai jamais entendu ça avant. –
J'étais il y a quelques
mois en Pennsylvanie, justement à l'État-clé. J'ai rencontré des ouvriers métallurgistes, des ouvriers métallos, ce sont des gens qui travaillent dur. D'ailleurs, j'en profite pour saluer mon
beau-père. – Je ne suis pas sûr qu'il nous
regarde. – Oui, il nous regarde, mon beau-père.
–
Ah, votre beau-père, je croyais les ouvriers.
–
Mon beau-père, Benoît Ramos, à qui je rends hommage. C'est un métier très dur
physiquement.
– Physiquement, c
'est
des gens qui partent à
l
'arrivée trop tard. Ces ouvriers métallos en Pennsylvanie, ils m'ont dit quoi ? On va voter Trump. On ne
va
pas voter pour une intellectuelle, même, certes, elle a été procureure de Californie. On se moque. C'est,
comme
avait dit Bill Clinton, « The economy stupid ». C'est l'économie imbécile. Tout se joue sur l'économie. Ça s'est joué là, sur l'économie. L'inflation est terrible aux États-Unis. Les gens à Los Angeles, où j'ai vécu, vous pouviez vous loger pour 2 000 dollars, il y a 20 ans. Aujourd'hui, c'est 6 000 dollars. Les gens vont faire leur course en Pennsylvanie. Ils n'ont plus les moyens de remplir leur
plan. –
Partout dans les
États-Unis.
– Partout dans les
États-Unis. – Moi, je peux
vous dire, je connais beaucoup de gens en Floride en particulier, puisque c'est là où je vais. Aujourd'hui, ils ont changé leur façon de faire leur course. Ils ne vont plus dans les mêmes magasins. Mais même vous allez dans des magasins qui sont les supermarchés classiques, je pense au Publix, par exemple, vous allez là-bas, mais vous voyez les prix, vous hallucinez aujourd'hui. Mais ça, en France, on ne s'en rend pas compte. Et on ne se rend pas compte qu'à mon sens, c'est une des principales motivations contre Kamala Harris. Parce que Kamala Harris, c'est Joe Biden. Il ne
faut
pas l'oublier. C
'est
les mêmes.
Et
elle a porté le bilan de Joe Biden, qui pour les Américains, n'est pas bon. Ce n
'est
pas un bon bilan économique, Didier Maïsto. – Il
y a
une question qu'on peut se poser, c'est que Trump a compris, en tout cas, c'est la première fois qu'il n
'a
pas donné de petits noms à Kamala Harris, à sa compétitrice. C'était Sleeping Joe, rappelez-vous. – Non, non, non, il
y
a eu Kamala Kamala.
– Ça
n
'a
pas beaucoup. Il
n'a pas
beaucoup. Au début,
il a fait un petit peu… –
Il a le sens de la formule. – Oui, mais il a vite abandonné.
Je
veux dire, ça n
'a
pas été quand même le running gag comme il avait l'habitude de le faire. Et il ne
l
'a pas attaqué vraiment comme il aurait pu le faire. Elle, elle avait une carte magnifique à jouer. Le fait qu'elle soit femme, etc., dans une Amérique qu'elle comprenait. parce que son parcours, il est quand même assez beau. Je veux dire, son parcours dans sa petite… avec sa sœur, sa femme, etc. Elle a eu un bon bilan en tant que procureure contre la sécurité.
– Ce n'est pas ce qu'est dit son bilan.
–
Je
ne
peux
pas
vous
dire qu'au niveau procureur, elle a été très mauvaise.
–
Elle a
fait condamner beaucoup de gens, quand même. – Elle a relâché énormément de délinquants. – Elle a fait condamner aussi.
–
Elle a fait
une politique très progressive, ce sont américaines du terme. –
En tout cas, je
pense qu'elle a loupé quelque chose du point de vue…
–
Non, ça, elle a loupé beaucoup
de choses. – Non, mais du point de vue de la
forme, parce qu'elle, face aux excès de Trump, elle pouvait jouer… –
Elle n'a pas… – Elle n'a pas affronté la presse. – Elle n'a pas affronté la presse. – Excusez
-moi de le redire, elle n'était pas bonne.
–
Non, elle
n'était pas à la hauteur. – C'est tout.
Elle n'était pas à la hauteur. Et quand elle faisait des interviews, il y a
eu des histoires
avec la chaîne NBC, avec la chaîne ABC,
en
fait,
c
'était
monté. Tout était monté.
Et Mathias Rapide, après, on va en direct à Washington. – Moi, je crois que ce qu'elle a payé aussi, c'est effectivement une polarisation et que Kamala Harris représentait l'hyper-establishment. Et elle n
'a
pas su trianguler et aller chercher, justement, un certain nombre de votes populaires. –
Elle a été un peu totalisé. – Un peu
totalisé.
–
Qui est quand même quelqu'un qui est très établi dans la société américaine, puisqu'il a aussi été président. Lui a joué, justement, ce rôle de rupture. Donc, il a incarné la rupture et il l'a fait magnifiquement bien.
– Il y a aussi, on
n
'a
pas parlé, excusez-moi, du rôle des médias et de la plateforme d'Elon Musk. –
Alors,
il
faudra en parler de ça. – Il faudra en parler parce que
la modernité, elle était du
coup d'encre. – Non, mais voilà. – Ah oui, ça, c'est vrai.
– Vous n'avez jamais entendu ça sur les chaînes en France. Mais si vous écoutiez un peu plus les médias alternatifs, ce que je vous conseille, parce qu
'ils
sont excellents.
–
Je les écoute.
Je les
écoute, c'est vrai. Non, mais je parlais des médias mainstream, comme
on dit, bien évidemment.
– Qui prennent de plus en plus d'importance
en France aussi. – Au contraire,
disait ça.
–
On va partir en direct à Washington.
–
S'il
vous plaît. – On va partir en direct à Washington. Nous nous
attend Radouane Courac. – S'il vous plaît, allô ? – Allô ? – On va partir en direct à Washington. Nous nous attend Radouane Courac, qui est journaliste. Bonjour Radouane, merci d'être avec nous. –
On
se revoit. – Il n
'est
pas encore 6h du matin chez vous, donc merci de vous être levés pour nous. Comment vous avez vécu cette soirée à Washington aux États-Unis ? Quel ressentiment vous avez après cette soirée ? Où tout est allé très vite, parce que dans un premier temps, on nous a expliqué qu'il allait sans doute falloir des heures, des jours avant de savoir qui allait gagner. Finalement, tout le monde s'est planté et on sait aujourd'hui que c'est Donald Trump. Comment vous avez vécu la soirée
? –
Alors tout le monde s'est planté, les institutions d'âge, les journalistes,
tout le monde. Moi, j'ai passé la… En fait, à vrai dire,
je
n
'ai
pas encore dormi. J'ai enchaîné 9h d'émission en direct. J'étais au Capitole, on a fait une émission en direct avec Eric Moriot, on a pu échanger avec pas mal de journalistes internationaux, des journalistes américains. Tout le monde était persuadé que les résultats n'arrivaient pas demain, ni même après-demain, mais beaucoup plus tard dans la semaine. Finalement, tout le monde s'est planté. À Washington, la tension était palpable, parce que Washington, c'est quand même très démocrate. Il y avait beaucoup de… J'étais très, très calme avant les premiers résultats. Une fois que les résultats sont tombés, il y
a
eu quelques petites protestations de rue, des petits groupes qui ont commencé à se former dans les rues de Washington. Rien de bien méchant. Dans le reste du pays, là, où
il
y a pas mal de correspondants, je sais que ça a été la fête en Pennsylvanie, dans les États limitrophes de New York. Mais la tension était palpable toute la soirée, mais la grande crainte des Américains, c'était non pas de savoir qui allait être élu, c'était l'une de leur cadre, mais c'était de savoir quand est-ce que la personne qui allait être élue, le résultat allait être rendu public.
Aujourd'hui, vous avez le sentiment que c'est un choc quand même à Washington en particulier, qui est une ville
démocrate.
Vous avez le sentiment que c
'est
un choc à Washington pour beaucoup de gens ?
Vous
savez, Jean-Marc, en trois jours, j'étais à New York, j'ai été en Pennsylvanie, j'ai été à Washington. Le comparatif qu'on peut faire, c'est celui du 11e arrondissement de Paris, qui est déconnecté de la France rurale. Sur votre
plateau,
je
crois qu'il y
a
Julien Audoul, qui est élu de Lyon. En fait, la Pennsylvanie, c'est Lyon, Washington, c'est Paris 11. Il y
a
un vrai décalage entre la France des métropoles et la France des zones rurales. Aux États-Unis, c'est exactement pareil. Il y a un décalage entre les grandes métropoles
et
puis l'Amérique profonde.
Dans l'Amérique
profonde, on vote pour Donald Trump. Dans l'Amérique des métropoles, à Washington et New York,
on vote pour Kamala Harris.
Merci beaucoup, Radouane Courac. Vous pouvez aller vous coucher, vous aussi. C'est comme tout à
l
'heure, Olivier Van Kieboune. Merci d'avoir été en direct avec nous depuis Washington. Didier. Oui, par rapport à l'émission où j'étais, d'ailleurs, hier soir, avec Eric Morillo et Radouane, on était quand même un certain nombre à dire attention, les sondeurs, ce n'est pas qu'ils se sont plantés, c'est que la difficulté d'appréhension, parce qu'il y
a
beaucoup de mobilité aux États-Unis, l'électorat change très vite dans les villes,
c
'est très difficile à mesurer et l'incertitude de la mesure faite par les sondeurs ne correspond pas forcément à un résultat qui ne sera pas... Moi, j'avais dit qu
'il
ne serait pas serré, le résultat.
C'est ce que
j'ai dit hier soir sur Europe 1.
C
'est
ce
que vous avez dit aussi. Hier
soir sur Europe 1, il
va être élu parce que... Tous nos invités sont formidables, ils ont tous raison, ils avaient tout
dit avant. On les adore, c'est pour ça qu'ils sont là et c'est pour ça qu'ils sont abordés. Quand on se
plante, on se tait.
Je
voulais rebondir sur ce que disait Redouane. Moi, je ne crois pas que à Washington... Enfin, l'électorat de Washington est peut-être déçu, mais en tout cas, je ne crois pas que l'arrivée au pouvoir d'Anthrope sera un aussi grand choc que ça. Pourquoi ? Parce que l'Amérique est déjà préparée. Trump a déjà eu une administration. Il a déjà dirigé le pays. Donc on sait qui il est. On connaît ses qualités et ses défauts, si tant est qu'on puisse admettre qu'il est des défauts. Mais il est déjà dans le scope de l'administration et on sait comment le gérer. La vraie question, ça va être avec quelle équipe Trump va gouverner. Parce que quand on voit...
Il
y a eu, par rapport aux équipes précédentes, il y
a
eu une grande exaltation et une grande hystérisation qui notamment a été apportée par Elon Musk. Est-ce que des gens comme Musk vont avoir des fonctions, des fonctions importantes ? Est-ce qu'on va avoir cette espèce d'exaltation très forte, un peu hystérique ? Moi, c'est ça qui m'intéresse et je voudrais savoir avec qui il va... Alors,
on verra.
Juste, on va faire le CNews Info parce qu'il
est
11h33. On ne
va
pas faire de pub. On va faire le CNews Info direct pour aller vite parce qu'on a beaucoup de choses à traiter. Juste après, on va parler de deux sujets importants.
C
'est l'avortement parce que ça a été quelque chose d'important. Et puis, on va parler de l'immigration parce que Donald Trump en a parlé ce matin et il a été... Alors, on va dire, il n'a pas été aussi ferme que d'habitude parce qu'il a dit l'immigration, il nous en faut malgré tout. Mais on veut la choisir. Ce qui est assez différent de on bloque tout, on ferme tout, on l'attendra. Et on parle de ces deux sujets juste après le CNews Info qui est signé. Somaia Labidi.
Le coup près est tombé, c'est officiel. Donald Trump remporte la course à la Maison Blanche. Un conseiller de Kamala Harris fait savoir qu'elle ne s'exprimera pas dans l'immédiat. Plainte d'un maire alsacien suite à la découverte d'une quinzaine de tags injurieux à son non-contre mais également contre les forces de l'ordre. Une plainte déposée contre plusieurs individus, tous des mineurs. Et puis, Jean-Noël Barraud va se rendre en Israël ce mercredi soir. Le ministre des Affaires étrangères entend, je cite, porter la voix de la France au Proche-Orient où la guerre, dit-il, a beaucoup trop duré.
11h34 sur CNews, merci d'être en direct avec tout. On va donc parler de ces deux sujets qui ont joué un rôle important. Et surtout, en fait, ils ont joué un rôle inverse. Parce qu'excusez-moi, mais sur l'avortement, on a tous pensé que Donald Trump pourrait perdre sur ses positions sur l'avortement. On est avec Louise Morris, qui est journaliste chez Frontières. Bonjour, merci d'être en direct avec tout. C'est vrai que beaucoup ont dit que les positions de Donald Trump, ça va le couper de tout le public féminin à propos de l'avortement. On s'aperçoit que malgré tout, il est élu. Comment vous analysez la position des femmes aux États-Unis
?
Écoutez, pour comprendre déjà le sujet de l'avortement, il est revenu à plusieurs reprises lors de ces élections américaines.
Il
faut savoir qu'en 2022, la Cour suprême des États-Unis a annulé l'arrêt fédéral Roe vs. Wade, qui garantissait le droit à l'avortement sur tout le territoire depuis 1973. Donc depuis cette décision en 2022, chaque État est libre de déterminer sa propre politique sur l'accès à l'avortement et à l'interruption volontaire de grossesse. À savoir, c'est Donald Trump qui avait nommé des juges conservateurs à la Cour suprême, qui permettait ainsi de mettre fin à cette jurisprudence. Le 5 novembre, donc ce 5 novembre, jour des élections américaines, neuf États ont organisé un référendum visant à garantir, ou du moins à assouplir l'accès à l'IVG.
L'objectif était clairement derrière ça de mobiliser les étudiants, et notamment les femmes, pour les encourager à se rendre dans les bureaux de vote, donc profiter du référendum, pour qu'en fait elles votent pour les élections américaines, et donc plus particulièrement pour Kamala Harris. On voit que c'est un échec qui est cuisant, puisqu'on voit aujourd'hui qu'elle n'a pas été élue. C'est Trump qui a été élu,
elle
est haut la main. Déjà en 2020,
il
faut savoir que 56% des femmes avaient voté démocrate, contre 43% pour le camp républicain, soit un écart de 13%. C'est quand même un écart qui est minime, et je pense qu'il y a de nombreuses conséquences à ce vote-là, notamment, du coup on va en parler je pense, mais l'immigration, la sécurité, qui sont des enjeux qu'on retrouve en France, comme aux États-Unis, les trafics de drogue, etc., la sécurité pour les femmes, pour les hommes, pour les enfants, la sécurité idéologique du wokisme qui arrive dans les écoles, et je pense que ça, ce sont des sujets qui viennent de plus en plus dans les familles.
Mais Louis, c'est vrai que, vu de France en tout cas, et encore une fois, quand on regarde les médias mainstream et ce qu
'il
dit dans les médias mainstream, on est un peu surpris, par exemple, ça aussi s'est passé sous silence aujourd'hui, mais il y a eu un vote en même temps que l'élection hier en Floride. Il y a eu un vote sur l'avortement en Floride où on demandait aux gens, alors désormais c'est six semaines pour se faire avorter et pas plus, et l'idée était de passer ça à 24 voire 25 semaines, puisque on aurait pu avorter jusqu'au moment où l'enfant était viable, en fait. Et en fait, ce n
'est
pas passé, ce n
'est
pas passé hier en Floride, donc on n'arrête pas de dire, oui mais les Américains sont frustrés, les Américains ne sont pas d'accord avec ça. Or finalement, on se rend compte aujourd'hui qu'en Floride, par exemple, la levée des restrictions a été refusée. Et ça, c'est un signe aussi.
Totalement. Après, je pense qu'objectivement, on a un regard très français là-dessus. Dans un pays comme la France, où on ne
va
pas se mentir la religion, il y
a
une baisse de pratique de la religion, alors qu'à l'inverse, aux États-Unis, les gens sont très pratiquants. On a des racines qui sont très conservatrices, et ça,
c
'est quand même, ça a son importance. On ne peut pas l'oublier, que ce soit en Floride, au Texas, ou dans de nombreux États, l'avortement, ce n'est pas un moyen de contraception pour eux. Alors, je vulgarise le terme, je ne suis pas contre l'avortement. Pour ma part, j'ai des points de vue là-dessus, où au-delà du côté religion, je pense qu'effectivement, ça doit être un accès, mais ça ne doit pas être une solution en soi. Simone Veil l'avait d'ailleurs bien dit, pour arrêter de déformer tous les propos. En revanche, c'est vrai qu'aujourd'hui, on voit que les États n'ont pas tous voté.
Alors, il y en a qui ont eu une victoire de ce référendum pour certains États, mais ça n'a pas été forcément la majorité.
– Effectivement. Merci beaucoup, Louise Maurice, journaliste chez Frontières, merci d'avoir été avec nous. Et c'est vrai qu'aux États-Unis, Didier Maïsto, sur la Floride, c'est vrai qu'on était un peu surpris. Parce qu'en fait, le problème, et ça, c'est mon sentiment d'homme, j'ai envie de dire, et après, je pense que c'est aux femmes aussi, surtout, à s'exprimer là-dessus, mais mon sentiment, c'est que 6 semaines, c'est trop court, parce que beaucoup de femmes ne savent pas. Donc, limiter ça à 6 semaines, c'est très court. 24 semaines, c'est peut-être beaucoup. Voilà. Donc, il y a peut-être un juste milieu à trouver entre les deux.
Mais là, c'est vrai qu'aujourd'hui, en Floride, par exemple, c'est limité à 6 semaines. C'est très, très court. Beaucoup de femmes à 6 semaines ne savent pas encore qu'elles sont enceintes. Elles découvrent à 7, 8 semaines.
Et
là, c'est trop... Attendez, j'ai donné la parole à l'idée. Oui,
je
pense que là, Trump a fait un calcul qui est encore le même, celui de la polarisation. C'est-à
-dire,
il est allé s'adresser à un électorat. De même, il a fait la même chose pour les étrangers, l'immigration irrégulière, illégale. Il en a fait des tonnes. Mais après, une fois qu'il est élu, il n'a eu de cesse que de rassembler les positions. Parce que quel était... On parlait du danger sécessionniste, qui est vraiment réel aux États-Unis. Jamais... Ça a été le cas déjà il y a 4 ans, mais là, ça a encore augmenté. Jamais la haine entre le camp démocrate et le camp républicain n'a été aussi forte. Et il a dit, en concluant son discours ce matin, Trump, qu'il allait essayer de réunir les gens. Et c'est le seul... Il a eu un discours très volontariste, très conquérant.
Et pour cette question-là, il est quand même assez modeste et un. Mais
j'ai
essayé de réunir
les gens. Je voudrais qu'on l'écoute sur...
La polarisation au début... Justement. Et après, la réunion de l
'homme.
Je voudrais qu
'on
l'écoute sur l'immigration. Parce que ça, c'est intéressant. Et Julien Audout, vous allez me dire que vous êtes en phase avec Donald Trump. Donald Trump qui parle de fermer les frontières et de dire, l'immigration, pourquoi pas, mais on veut choisir. Écoutez-le, c'était ce matin.
Nous allons avoir cette capacité
à faire en sorte que notre pays reste et soit
le plus grand.
Puisque c'est le meilleur pays au monde. Et nous allons
continuer
sur ce même chemin.
Et pour le moment,
c'était...
Notre
pays n'allait pas dans la bonne
direction. Nous allons fermer les frontières, enfin.
Il faut qu
'il y ait des immigrés, mais il faut qu'ils soient des immigrés légaux. C'est intéressant.
C
'est cette dernière phrase qui est importante de Julien Audout. Il faut qu'il y ait des immigrés.
C
'est-à-dire, il ne tire pas un trait, surtout aux Etats-Unis, où il y a quand même beaucoup d'immigrés qui bossent, en particulier dans les restaurants, dans les cuisines et au fond. Mais il dit qu'il faut juste que ce soit des immigrés légaux. Est-ce que vous êtes en phase avec ça au Rassemblement national ? C'est un discours de fermeté, mais c'est un discours pragmatique. Et je pense qu'en matière d'immigration, il faut regarder ça avec fermeté, avec humanisme aussi, parce qu'il s'agit d'hommes et de femmes, mais aussi avec...
Mais donc, ce n'est pas un
extrémiste. Quand on
nous dit que c'est un extrémiste, il dit que l'immigration choisie. C
'est-à-dire d'individus qui font le choix d'arriver dans un pays pour en adopter les coutumes, les valeurs, les codes, pour peut-être demander l'acquisition de la nationalité, pour travailler, pour respecter, tout simplement, la culture du pays dans lequel ils sont accueillis. Mais, encore une fois, nous sommes évidemment au Rassemblement national ouverts à tous ces étrangers-là qui ont toute leur place et qui ont envie de s'associer à la nation française. En
revanche, effectivement,
l'immigration irrégulière, incontrôlée, anarchique, telle que nous la subissons chez nous et telle que la subissent les États-Unis, effectivement, il faut une reprise de contrôle drastique. Sur l'immigration, il y a quand même... Là,
il
est plus doux,
quand même. Honnêtement, il est beaucoup plus doux que ce qu'il a pu être. Il y a quand
même une grande hypocrisie. À Californie, par exemple, où vous avez beaucoup de migrants...
C'est un
bon exemple. C'est une catastrophe, la Californie, en ce moment. Si
les
immigrants légaux, oui, légaux, sont exécutés à Californie, les prix vont triplés. Qui va ramasser les oranges ? Qui va, quand vous garez votre restaurant, qui va aller la garer ?
Tout
ça, tous ces métiers qui sont sous-payés. Donc il y a une hypocrisie. En ce qui concerne l'avortement, Trump, il n
'est
pas contre l'avortement. C'est la Cour suprême qui a dit « Nous, Cour suprême, on n
'est
pas une autorité pour décider si l'avortement est bon ou mauvais. » En fait, je
vais expliquer
pour les gens qui le regardent,
qui
ne
sont
pas forcément faites. En fait, la Cour suprême a dit « C
'est
à chaque État de décider quelle est la limite pour l'avortement. » Et donc c'est différent désormais dans chaque État. Mais jusque-là,
par
exemple, jusque-là, la Floride, c'était un État un peu refuge autour parce que c'est un des États qui permettait de se faire avorter très tard. Et là, il y a eu une marche arrière, effectivement, parce que désormais, c
'est ici, c'est même. Parce qu'il y a eu des accès. Vous avez
certains États qui permettent des avortements, je crois, jusqu'au huitième mois. Il y a quelque chose de fondamental.
C
'est que quand Trump parle de l'immigration, etc., de tous ses sujets, du travail, etc., il est souverain.
C
'est-à-dire que c'est un... En plus, il va tout avoir. Les représentants, le Sénat, la Cour suprême et la présidence. Donc là, ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Il a la route royale qui est tracée. Mais le problème de la France, et notamment des pays européens, c'est qu'il faut qu'on ait 27, qu'on demande à Pierre, Paul, Jacques et Alfred, si on est d'accord, on ne
peut
pas avoir une politique de frontière, on ne
peut
pas avoir une politique d'immigration. On ne peut pas avoir une politique plus contraignante en termes de monnaie ou de frontière ou de libre circulation des biens et des personnes parce que nous sommes tenus par les traités. Donc le problème de tous ces gens-là, c'est que quand Macron parle, il est obligé, quand il dit souveraineté...
Il n'est pas obligé. Il le veut. Non, mais justement, il est obligé de
rajouter souveraineté européenne.
Mathias
Leboeuf, qui a été sage depuis un quart d'heure, j'ai cru qu
'il s'est endormi. On ne l'a pas entendu.
C'est le décalage horaire.
Il
a dû
passer la
nuit à regarder France 2, forcément. Non, moi, justement, je ne regarde pas que France 2, je n'écoute pas que France Inter. Écoutez-moi ce que vous pensez. Je ne suis pas un bobo. Je ne dis pas... Un bobo un peu woke. Et je ne suis pas woke du tout. Sur l'avortement, il y a deux choses. La première chose, c'est que ça a
l
'air de vous étonner, mais les femmes sont réacs comme les hommes. C'est-à-dire qu'il y a des femmes conservateurs. Il y a tout le mouvement des tradwives aux États-Unis, qui est un mouvement très fort, très puissant. Et il y a une forme de réaction chez les femmes également. Première chose. Deuxième chose, Trump a très bien joué sur ce coup-là, puisqu'il a capté l'électorat évangéliste protestant, qui est très ferme contre l'avortement. Donc, il y avait cet électorat...
C'est pour
ça qu'il l'a fait. Mais oui.
Les protestants ne sont
pas contre l'avortement. Je suis protestant. Évangéliste. Je peux vous
dire que
je suis évangéliste. Et il a réussi à avoir le discours suffisamment ferme et en même temps qu'il ne soit pas trop clivant pour trianguler et arriver à capter cet électorat-là. Après, sur la question du discours rassembleur, je voulais vous rappeler qu'il y a 8 ans, quand Trump avait été élu, il avait eu une phase où, pareil, il avait fait un discours rassembleur assez œcuménique. Et on a vu après qu'il avait été très clivant. Moi, je ne souhaite que de choses, parce qu'effectivement, il y a une vraie menace de sécession. Il y a eu un film, d'ailleurs, qui est sorti l'an dernier, Civil War, qui était un film qui est très
bon. Juste avant ça, on fera la chronique
ciné après.
Allons-y, allons-y, parce qu'on n'a pas la
bourre. Il faut espérer, maintenant, qu'il est élu et qu'il est légitimement élu et qu'effectivement, sa victoire ne fait pas débat, qu'il arrive à rétablir une
sorte de concorde. Je voudrais vous
faire écouter ce qui s'est passé ce matin sur CNews. Pendant la nuit, vous savez qu'on avait une nuit américaine. On avait Ramzi Malouki, qui est en direct de San Francisco, en Californie.
Et
pendant son direct, il
y a
une femme qui a voulu prendre le micro et qui a voulu parler. Donc, c'était intéressant d'entendre ce qu'elle avait à dire. Écoutez.
Vous pensez quoi de la situation actuelle
?
Je pense
que Trump est en
train
de gagner.
C
'est cela dont on a besoin. On a besoin de changement, on a besoin d'un nouveau système. Ce qui se passe en ce moment, c'est n'importe quoi. On a besoin que Camilla parte et que Trump gagne.
On
est en train de gagner.
On
est en train de gagner, n'est-ce pas
?
Et pourquoi
? Et pourquoi
? On
est en Californie.
C
'est
la zone de Camilla Harris,
ici.
Camilla
Harris, elle a
mis des gens que je connais
en prison.
Elle
n'avait pas besoin de
preuves. Elle se fiche complètement de ce qui est très important. Il y a des choses qui sont importantes pour nous. Et elle, elle veut juste gagner.
Elle, elle
veut juste la guerre. Elle veut de
l
'argent. Et elle se fiche
complètement de ce
qui est important
pour nous, pour les gens.
Elle,
elle
veut parler de transgenres.
Elle
veut utiliser notre argent,
l'argent des
Américains, pour les changements de sexe.
C
'était cette nuit sur CNews.
C
'était en direct, vous l'avez compris. Depuis, je précise quand même, parce que c'est écrit en bas en gros, mais depuis, Donald Trump est élu officiellement 47e président des Etats-Unis, alors qu'il y avait un doute au moment où
cette date, au 16e parlait.
Il
y avait un
système anglo-saxon et américain qui s'appelle le
«
spoil system », le système de dépouille. C'est-à-dire que Trump va arriver. Il va
mettre sur l
'administration. Comme dans son émission « Your file », vous êtes viré. Ce que Biden lui a reproché de ne jamais avoir fait, il va virer des gens qui jugent incompétents. Et il va constituer son cabinet,
ou
pas loyaux, simplement. Ou pas loyaux, et il a le droit de le faire. C'est typiquement anglo-saxon. En France, vous avez des fonctionnaires et des hauts fonctionnaires qui restent au fil des gouvernements. – Permanence
de… – Permanence avec des
retraites… – Qui pantoufent. –
Et là, il va pour
les gens qui lui conviennent. Et surtout, il a été quand même persécuté au niveau judiciaire, à tous les niveaux. Et je pense qu'il va, j'en suis même sûr,
il
va attaquer en justice de manière tout à fait légale les gens qui l'ont attaqué,
et
dont il juge qu'il l
'ont
attaqué illégalement. Il a eu, je ne sais pas, un nombre considérable de procès, de tentatives de destitution. Il revient du diable beau vert. –
Ah oui, oui, c'est l'incroyable. C'est trois même, parce qu'il y en a une troisième qui avait été
arrêtée. On est en direct avec Pascal Masse,
qui
est politologue. Bonjour, merci d'être en direct avec vous. Comment vous expliquez
qu
'en France, en tout cas, on va dire très peu de monde a compris que Donald Trump allait gagner
? –
Eh bien écoutez, je veux dire, je suis également spécialiste de la Russie et de l'Afrique. Eh bien c'est la même erreur. Et je veux dire par là, c'est que les commentateurs, les universitaires, les professeurs de Sciences Po, etc., fonctionnent avec un logiciel qui est dépassé. Ils n'ont pas compris que les États-Unis, comme l'Afrique, comme la Russie, comme la Chine, comme d'autres pays, avaient considérablement évolué depuis 20 ans. Et là, je voudrais rebondir sur deux interventions qui m'ont particulièrement touché dans cette affaire.
C
'est plus, bon, tout ce qui est commentaire sur ce qui s'est passé, tout a été fait et largement. Mais sur la situation présente, donc Donald Trump est élu président des États-Unis, il est soutenu par la majorité du Sénat, de la Chambre des représentants, mais aussi d'une grande partie des nouveaux gouverneurs qui ont été élus hier, puisque, comme ça a été dit rapidement, il y
a
plusieurs élections en une. Donc, de fait, pour quatre ans, enfin pour deux ans, puisqu'il
y a
les mid-term elections qui auront lieu dans deux ans, il a l'intégralité des commandes de l'État. Et qu'est-ce qu'il envisage de faire ? Bon, il l'a déjà dit, lui, il l'a dit, parce que Mme Harris a été très, très floue sur son programme réel, mais il y a eu quelque chose qui m'a interpellé particulièrement, c'est la conservation du système qui permet aux États, chaque État, d'avoir une large souveraineté par rapport à l'État fédéral.
Parce que la dérive de la présidence Biden était justement de reconcentrer, avec la complicité d'ailleurs de ce que certains ont appelé le deep state, qu'on peut appeler l'establishment ou la nomenclatura, ça dépend du pays où on se trouve, c'est-à-dire c'est une confiscation de la souveraineté et des libertés de chaque État au profit de l'État fédéral, y compris en matière financière, ce qui est très important, parce que l'État fédéral est considérablement endetté, et l'objectif était également de reporter la dette fédérale sur les États de façon à faire payer les contribuables dans chaque État.
Donc ça, ça a été abordé, mais pas trop du côté français, parce que soit les gens, c'est par incompétence, mais ça, ça ne m'étonne pas, soit par manque de discernement par rapport aux réalités économiques. Beaucoup d'entre vous, y compris sur ce plateau, sont allés aux États-Unis, ils ont vu la dégradation des services publics, de l'environnement, etc. Y compris même dans le domaine de la santé, parce qu'il ne
faut
pas oublier que quand on parle, on a fait, certains ont fait un grand débat sur l'avortement, mais la mortalité infantile est en pleine croissance,
c
'est-à-dire que les États-Unis sont en train d'aller en arrière en matière de santé, notamment pour les jeunes générations. Donc, Donald Trump a les commandes pour au minimum deux ans. Le terme présidentiel,
c
'est quatre ans. Donc, considérant son âge, et surtout, j'ai l'impression aussi que psychologiquement, cette victoire,
c
'est de montrer aussi qu'il a été spolié la dernière fois. Quelqu'un avait parlé du spoil system qui existe et qui est tout à fait satisfaisant d'ailleurs. Il a été spolié la dernière fois au profit de Biden-Harris, mais il n
'a
plus rien à prouver, de fait. Comme ça a été dit aussi, il a déjà été aux affaires. Donc, cette fois-ci, il sait comment ça fonctionne. Il sait sur qui il peut compter. Et j'ai le pressentiment qu'il va préparer le chemin, puisqu'il ne se représentera évidemment pas dans quatre ans, pour son vice-président Vance, qui, lui, est quelqu'un qui est issu des milieux modestes de l'Oréal et qui a aussi un discours qui est compréhensible par cette population moyenne et même déclassée, c'est surtout ça, déclassée américaine. Il fait partie de cette classe déclassée de la société américaine, ce qui n'est pas Trump, il est milliardaire et tout ça.
Ce qui est d'ailleurs assez étonnant pour des Occidentaux, enfin des Occidentaux, des Européens, pardon, c'est de voir que ce sont les classes populaires qui se mettent derrière un milliardaire. Donc, ici, c'est un petit peu le tempérament protestant américain que nous connaissons bien, alors qu'ici, c'est de son nouveau parler de notre pays, la France, c'est plutôt la norme catholique, avec l'argent c'est sale, l'argent c'est mauvais, les patrons sont des exclateurs, etc. Bon, c'est en cela que je dis que l'analyse de ce qui se passe aux Etats-Unis, comme ailleurs, comme je l
'ai
dit en préambule, c'est le fait du fonctionnement d'un logiciel qui est périmé, qui est faux. Donc, le Figaro avait fait, ça a été dit au début d'émission, un sondage prouvant que si les Français votaient, il n'y
en
a que 13% qui voteraient pour Donald Trump, bon, c'est parce que les gens ne sont pas informés des réalités avec
le... C'est parce qu'il y a eu tout un discours
médiatique, effectivement, contre ça. Merci,
Pascal
Basse, politologue, justement, sur le discours médiatique en France. Je voudrais qu'on écoute Paul Sugy, qui était ce matin sur CNews, et qui a expliqué pourquoi en France, finalement, il y avait cette campagne anti-Trump, ce qui est ridicule en plus, parce que, enfin, c'est là où on devrait être le plus objectif possible, parce qu'on n'a aucune influence sur les Américains, qui n
'en
ont rien à faire des journalistes français et des chaînes de télé françaises, donc ça ne sert à rien de faire campagne anti-Trump en France, ça ne sert à rien. Écoutez l'analyse très fine, comme toujours, de Paul Sugy. Les journalistes français ont essayé d'appliquer à la politique américaine la même grille de lecture qu'ils appliquent à la politique française, avec l'idée qu'il y
a
un espace artificiellement délimité au sein duquel s'expriment des opinions admissibles, et qu'il y aurait des partis ou des candidats qui seraient hors de cet espace. C'est le fameux cordon sanitaire qui a été tracé, qui sépare Marine Le Pen, maintenant peut-être aussi Éric Zemmour, du reste des candidats et des partis en France.
Simplement, ce qui est déjà très discutable pour la politique française, puisque cela conduit à écarter le plus important des partis en termes de nombre d'électeurs, devient franchement urissant lorsqu'il s'agit de politique américaine, puisque cela revient à écarter du champ de la morale un parti qui, épisodiquement, et de façon très régulière, occupe la présidence des États-Unis. Et donc le fait d'appliquer à Donald Trump cette grille de lecture morale, avec cette façon presque de faire un signe de croix quand on prononce son nom comme une grand-mère bigote qui s'excuse d'avoir dit un gros mot. Il y a quelque chose vraiment d'une volonté de moraliser la politique américaine.
C'est un peu curieux lorsque l'on sait le très faible poids que l'ont les journalistes français et les médias français dans la décision que vont prendre les électeurs américains. Mais cela montre qu'il y
a
vraiment eu cette volonté d'embrigadement moral, éthique, du traitement de la politique américaine. – Voilà, Paul Sujit… –
Exactement, l
'analyse de Sujit, l'analyse
de Sujit, l'analyse
de
Sujit.
– Exactement. Didier Maïsto, vous êtes d'accord avec ce qui a été dit ? Vous qui avez été patron de radio aussi, je le rappelle, vous avez été patron de Sujit de Radio aussi. – J'ai bien pris soin justement de faire du débat pour ne pas qu'il y
ait
des gens qui soient ostracisés. Et j'ai souvent dû penser contre moi-même et inciter les journalistes à penser contre eux-mêmes, ce qui est la base du métier. Mais en réalité, en France, ce n
'est
pas simplement Trump qui en est victime. Vous avez vu la russophobie qui se déverse à grands bouillons sur des millions de Russes. Il faut vous excuser de dire Russes, Poutine, etc. Alors que Zelensky, quand même, bon… – Alors, pardon, ne changeons pas de sujet. –
C'est le même sujet. – Non, non, non, mais non, non, non, non, c'est
pas pareil. –
C
'est
le
même, bien sûr. – Est-ce que vous, objectivement, quand même, vous vous rendez compte qu'il y
a
eu une campagne forte anti-Trump dans les médias français ? Est-ce que vous pouvez le reconnaître ?
–
Oui, mais je crois que le problème, je ne crois pas que ce soit une campagne anti-Trump. – Ah bon
?
–
Je
crois que ce que représente Trump par ses outrances, par ses clivages, la France en a peur. Et que nous,
on
est comme on dit, je crois que c
'est
lui qui avait dit que la France était un vieux continent. Et effectivement,
on
sait que ce qui se passe aux États-Unis risque de nous arriver 5-6 ans après en France et sur le continent. Et je crois qu'il y a une forme de crainte de se dire ça va arriver chez nous, tout simplement. –
Non, mais laissez, laissez, laissez, ça n'a rien à voir. –
C'est pas une question morale. Sur la morale, je voulais dire une chose concernant les États-Unis, parce qu'aux États-Unis, tout est toujours très complexe. Et
les
États-Unis, qui justement sont très parfois moraux, puritains, parfois à l'excès, arrivent quand même à élire un type qui peut paraître sans foi ni loi,
c
'est-à-dire qu'il y a des positions parfois extrêmement immorables.
Ben
si, pardon le... Arrêtez d'idéaliser Trump.
– Mais qu'est-ce que
j'ai dit ?
– Je n'ai rien dit pour que j'ai la gorge. – C'est Julien Ojeune qui prend...
– Ce qui est amusant, c'est
que... – On arrive à la fin. – Moi,
je ne diabolise pas Trump, je ne veux pas le diaboliser. –
Mais
en revanche, vous l'idéalisez ici, vous êtes
là, vous vous rencontrez de
ce type qui n
'est
pas formidable.
– Est-ce que
vous savez qu'un président américain a dix fois moins de pouvoir qu'un
président français ? – Ça, c'est vrai. –
Un président français, c'est un monarque. Il peut dissoudre l'Assemblée nationale.
–
Bon, allez.
–
Il ne
peut
pas. – On va passer la parole à Sonia Mabrouk dans un instant, juste pour se quitter. J'ai juste envie d'un petit clin d'œil, parce qu
'on
sait que Donald Trump doit beaucoup à Elon Musk. Et je voulais juste qu'on se quitte avec une petite vidéo que vous avez sans doute vue sur les réseaux sociaux, mais qui m'amuse toujours, que je trouve assez dément. Nous, on se retrouve demain à 10h35. Sonia Mabrouk, c'est juste après, Donald Trump et Elon Musk.
À
demain.
– Sous-titrage ST' 501
Julien Odoul