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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 juillet 2022 26 min

Parité femmes-hommes dans le nouveau gouvernement et économies d'énergie... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Bonjour Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Vous êtes un peu seule au sein du gouvernement. Cinq femmes ministres contre onze hommes. Pareil pour les ministres délégués, neuf hommes mais six femmes seulement. Et en revanche pour les secrétaires d'État c'est tout l'inverse, un seul homme et neuf femmes. Comment vous expliquez ce déséquilibre ?

0:18
Agnès Pannier-Runacher

Alors je l'explique très simplement, c'est-à-dire que si par exemple la NUPS avait appelé à ne pas apporter aucune voix à Brigitte Bourguignon qui était ministre de la Santé, elle serait parmi nous aujourd'hui et j'en aurais été très heureuse. Il y a trois femmes qui ont dû sortir du gouvernement suite aux élections législatives et aujourd'hui nous avons un gouvernement paritaire avec des entrantes. Lorsqu'on entre au gouvernement, il y en a neuf qui sont secrétaires d'État. On commence en règle générale secrétaire d'État et ministre délégué, ce qui permet ensuite de prendre plus de responsabilités. Moi il y a trois ans et demi je suis rentrée comme secrétaire d'État au gouvernement.

Ce que je veux dire aussi, c'est qu'on vit un moment historique en matière de féminisation. Une présidente à l'Assemblée nationale, ça ne s'est jamais vu dans la République française.

1:07
Invité

Ce n'était pas la candidate d'Emmanuel Macron d'ailleurs, il aurait préféré Roland Lescure.

1:11
Agnès Pannier-Runacher

En l'occurrence c'est Yael Brunpivet à qui il avait accordé sa confiance en tant que ministre de l'Outre-mer. Donc je crois que c'est une candidate qui avait beaucoup de valeur à ses yeux. Aurore Berger, présidente du groupe majoritaire, ça ne s'est jamais vu dans la République française. Elisabeth Borne, première ministre, c'est la deuxième fois dans l'histoire de la République française.

1:38
Invité

Et Marie-Lephaine, présidente du premier groupe d'opposition, c'est quelque chose que vous saluez également ?

1:42
Agnès Pannier-Runacher

Écoutez, Valérie Rabault était présidente du groupe de l'opposition Parti Socialiste dans la précédente mandature. Ça montre qu'on évolue dans notre société, mais cette évolution a été notamment portée par le président de la République. Je ne vais pas lister toutes les mesures qui ont été prises pour accorder plus de droits aux femmes. On pense évidemment à la procréation médicalement assistée pour toutes, par exemple, qui est un des grands acquis du précédent quinquennat.

2:11
Présentateur

Agnès Pannier-Rinaché, pour qu'on comprenne bien justement sur cette question de la place des femmes aujourd'hui, Damien Abad a été exfiltré du gouvernement. Il a contre lui une plainte pour tentative de viol. Est-ce qu'aujourd'hui, la règle, ça n'est plus, la règle en matière politique, ça n'est plus la présomption d'innocence ?

2:33
Agnès Pannier-Runacher

Alors, la présomption d'innocence, on la respecte. Je pense qu'elle est très importante, et moi, j'ai à la fois toujours été du côté de la parole des victimes dans ces violences sexuelles et sexistes, et c'est un des grands acquis du précédent quinquennat, du président de la République, d'avoir libéré cette parole. Et je crois que c'était très important.

2:53
Présentateur

Et justement, c'est ce que dit la première ministre, dans une interview au magazine Elle, elle dit, il faut écouter les témoignages. Donc, en fait, pour aller au fond de la question, ça veut dire que la parole des femmes prime aujourd'hui, c'est ça l'essentiel ?

3:07
Agnès Pannier-Runacher

Pour aller jusqu'au bout, en l'occurrence, au cas d'espèce, la présomption d'innocence, elle doit être respectée. Le tribunal médiatique ou le tribunal de l'opinion sont dangereux pour notre démocratie. Donc, Damien Abad bénéficie de la présomption d'innocence. En revanche, compte tenu du fait que, dans ses fonctions, on entendait, finalement, il ne pouvait plus les exercer de manière sereine. Cette question du doute qui pesait sur Damien Abad était tellement répétée qu'il n'était pas en situation d'exercer sereinement ses fonctions. Et ce choix a été fait, effectivement, par la première ministre, et ça me paraît important.

3:51
Invité

Quelle est la différence avec la secrétaire d'État à la francophonie, par exemple, Crisoula Zakharopoulou, qui fait l'objet de deux plaintes pour des viols dans le cadre de son métier de gynécologue ?

4:03
Agnès Pannier-Runacher

Parce que ça n'a absolument rien à voir. En l'occurrence, Crisoula Zakharopoulou, elle est gynécologue. Elle pose des diagnostics, notamment sur une maladie qui est l'endométriose. Donc, elle pratique des examens gynécologiques. Ce qui lui est reproché par certaines patientes, c'est de ne pas forcément avoir bien expliqué comment se déroulait l'examen.

4:26
Invité

C'est un viol, donc c'est une brutalité criminelle. C'est ça qui lui est reproché par certaines patientes.

4:33
Agnès Pannier-Runacher

Oui, alors c'est pour ça que je me permets d'expliquer, de redonner le contexte aux auditeurs. C'est un examen gynécologique qu'elle a pratiqué pour poser un diagnostic médical. Que la question du consentement soit importante, que la question de l'explication à la patiente des prochaines étapes. Mais elle était dans un cadre professionnel et médical. Je crois qu'on n'est pas tout à fait dans la même situation et tous les auditeurs l'entendent bien. Et la première ministre ne minore pas cette situation. Mais là, on relève plutôt d'une question d'éthique autour d'un exercice d'une profession. Et je sais que beaucoup de gynécologues et de médecins se sont inquiétés de cette évolution.

Parce qu'ils doivent pouvoir aussi exercer leur profession dans les meilleures conditions. Donc d'un mot. Évidemment en respectant le consentement, évidemment en étant pédagogique vis-à-vis de leurs patients. Mais à la fin, c'est la santé des patients qui est en jeu.

5:24
Présentateur

C'est un petit peu au cas par cas. Et quand la première ministre, dans le magazine Elle, toujours, c'est une interview qui sortira demain soir, parle de la nécessité d'exemplarité. Là aussi, c'est au cas par cas. Par exemple, pour Éric Dupond-Moretti, un ministre de la Justice mis en examen pour prise illégale d'intérêt. C'est du jamais vu sous la Ve République. Mais là aussi, il faut comprendre le contexte.

5:50
Agnès Pannier-Runacher

Je pense que l'exemplarité, il n'y a pas de doute qu'il faut l'appliquer au personnel politique. Mais encore une fois, il y a la capacité à exercer ses fonctions vis-à-vis de son portefeuille. Est-ce qu'on peut le faire ou pas ? La capacité à être au travail et la question de la présomption d'innocence. Systématiquement, lorsqu'il y a eu des condamnations, lorsqu'il y a eu une justice qui prend position, nous avons respecté les décisions de justice. Et cette exemplarité, nous l'avons appliquée.

6:24
Invité

Mais si Éric Dupond-Moretti, par exemple, était renvoyé en procès, puisque le parquet général demande la tenue d'un procès pour Éric Dupond-Moretti, là, ce serait la ligne rouge ?

6:33
Agnès Pannier-Runacher

On se demande à quel moment... Pardon, je ne vais pas faire de la politique fiction, si vous voulez. Moi, ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est qu'on ait un gouvernement, un, qui soit au travail, deux, qui soit compétent, et je crois que c'est ce qu'attendent les Français.

6:47
Invité

Et c'est Christophe Béchut qui rejoint l'autre portefeuille de l'écologie, en l'occurrence à la transition écologique. Il lui est déjà critiqué parce que son profil ne correspondrait pas à celui de quelqu'un qui aurait lutté contre le réchauffement climatique. C'est par exemple ce que lui dit Sandrine Rousseau, la dirigeante écologiste.

7:08
Agnès Pannier-Runacher

Alors, je pensais que vous alliez passer une séquence de Sandrine Rousseau.

7:11
Invité

Non, elle a tweeté, tout simplement, en précisant qu'elle n'avait jamais vu Christophe Béchut sur le moindre terrain de lutte écologique.

7:17
Agnès Pannier-Runacher

En fait, Christophe Béchut, c'est un élu. Donc, il fait de l'écologie de terrain, il fait de l'écologie de tous les jours. Lorsque vous organisez un réseau de transport dans une agglomération, votre problématique, c'est d'intégrer aussi l'impact environnemental. Ce sont les mobilités douces. Il connaît peut-être beaucoup plus en profondeur les questions écologiques que Sandrine Rousseau, parce que lui, il a été à la manœuvre avec des habitants qui ont des exigences de qualité de vie, qui ont des exigences de qualité d'air, qui ont des exigences par rapport au réchauffement climatique.

Et ce que nous recherchons, ce sont des gens qui sont capables, comme moi, de porter une écologie des solutions et pas une écologie des illusions. Et puis, dans la critique de Sandrine Rousseau, au fond, on entend une sorte de monopole. L'écologie serait le monopole de militants activistes. Mais ce n'est pas la situation. comme pour la santé, comme pour l'école, comme pour la question du plein emploi. Nous sommes tous, vous et moi, concernés par la question de l'écologie. Et nous avons tous une légitimité à prendre position sur ce sujet-là. Donc, je crois qu'il faudra juger Christophe Béchut sur les faits, sur les actes, et pas poser un jugement, finalement, à l'emporte-pièce.

Et qui montre bien la limite de la réflexion de l'ANUPS et sa difficulté à rentrer dans une logique d'assemblée constructive.

8:36
Invité

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. On va parler dans un instant de la réalité du changement climatique. Juste après le fil info, à 9h moins 20, c'est avec Édouard Margué. La première ministre justifie la sortie de Damien Abad du gouvernement. Un certain nombre de témoignages méritent d'être pris en compte, selon Elisabeth Borne dans le magazine Elle. L'ancien ministre est accusé de viol. Elisabeth Borne et Emmanuel Macron qui accélèrent sur le pouvoir d'achat réunion aujourd'hui à l'Elysée avec les 8 ministres concernés pour peaufiner le projet de loi qui sera présenté après-demain en Conseil des ministres.

Le réchauffement climatique est la cause de l'effondrement du plus grand glacier des Alpes italiennes. Le premier ministre Mario Draghi fait le lien sans hésitation. Il faisait 10 degrés au sommet au moment de la catastrophe qui a fait 7 morts. 13 personnes sont toujours portées disparues. Le verdict aujourd'hui dans l'affaire Sophie Letanne. L'accusé Jean-Marc Reiser aura la parole une dernière fois devant les assises du Barin. Il est jugé pour le meurtre de l'étudiante strasbourgeoise venu visiter son appartement mis en location en 2018. L'accusation a demandé la peine maximale, la perpétuité avec 22 ans de sûreté.

Retour en France pour le tour, quatrième étape aujourd'hui entre Dunkerque et Calais, 171 kilomètres. Le belge Wood Van Aert a le maillot jaune de leader.

9:52
Locuteur non identifié

France Info

9:55
Présentateur

Le 8.30 France Info Laurin Sénéchal, Jean-Jérôme Bertolus Avec toujours Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique hier, Mario Draghi, le chef du gouvernement italien, a confirmé que l'effondrement du glacier en Italie, qui a fait au moins 7 victimes, était dû au réchauffement climatique. Agnès Pannier-Runacher, est-ce qu'on atteint la cote d'alerte ? Est-ce qu'aujourd'hui, les scénarios les plus pessimistes ne sont pas en train de se réaliser en matière de climat ?

10:27
Agnès Pannier-Runacher

Ce qui est en train de se passer, c'est effectivement que nous subissons les effets du réchauffement climatique. Nous le voyons dans des épisodes climatiques extrêmes, des inondations, des gels de récolte, des dômes de chaleur, des incendies, la raréfaction d'un certain nombre d'espèces vivantes, la disparition de ces espèces. Ces scénarios, les scientifiques nous les ont partagés depuis plusieurs années.

Et c'est pour ça que nous avons fait de la lutte contre le réchauffement climatique et de manière plus générale de la transition écologique, puisque il y a des enjeux de biodiversité que je mentionnais rapidement et qui ne sont pas que liés au réchauffement climatique, une absolue priorité au sein du gouvernement.

11:08
Présentateur

Mais est-ce que c'est vraiment une absolue priorité ? Le Haut Conseil pour le Climat, qui vient de rendre son rapport annuel la semaine dernière, s'inquiète en disant, finalement, la transition énergétique va peut-être être sacrifiée, compte tenu de cette guerre en Europe, par exemple. Le Haut Conseil pour le Climat dit, on fait une ristourne sur le prix de l'essence. Vous allez remettre en service une centrale à charbon.

11:32
Agnès Pannier-Runacher

Alors, le Haut Conseil pour le Climat, je les ai rencontrés avec la Première Ministre au moment de la remise du rapport. Ce qu'ils disent d'abord, c'est qu'ils notent l'effort d'accélération de la France, de son gouvernement, de ses engagements en matière de transition énergétique. C'est la première chose qu'ils notent et qu'ils font bien valoir. Et je pense que c'est important de le souligner. Ensuite, ils effectivement mentionnent que, par exemple, la mesure pour le carburant, qui est une mesure de soutien aux Français qui, notamment beaucoup d'entre eux, ont besoin de leur voiture pour aller travailler.

Ils ne peuvent pas, du jour au lendemain, changer leur voiture pour une voiture électrique. Ils incitent le gouvernement à ce qu'elle ne soit pas prolongée trop longtemps, parce que ce serait freiner la transition énergétique. Tout en disant, on comprend bien qu'aujourd'hui, vous n'avez pas d'autre choix, parce qu'il faut protéger le pouvoir d'achat et, en particulier, le pouvoir d'achat des plus vulnérables.

12:26
Invité

La centrale de Saint-Solv, la centrale à charbon, elle va rester ouverte combien de temps ?

12:30
Agnès Pannier-Runacher

La centrale à charbon de Saint-Solv, d'abord, elle a fonctionné l'hiver dernier. Et notre électricité d'origine charbonnée, c'est moins de 1% de notre mix énergétique. Pour vous donner une comparaison, en Allemagne, c'est plus de 25%. Donc, on n'est pas du tout dans une fuite en avance sur le charbon. On est dans une fermeture raisonnée de nos centrales à charbon. Celle-ci va être probablement mise en alerte au cas où nous avons un pic à passer de production d'électricité. Mais elle ne va pas beaucoup fonctionner, si tant est qu'elle fonctionne.

13:06
Invité

Elle ne fonctionnerait que par un coup, au moment du pic de consommation.

13:07
Agnès Pannier-Runacher

Moi, mon enjeu, c'est effectivement qu'elle fonctionne à minima l'hiver prochain. En revanche, c'est ma responsabilité de ministre de la transition énergétique de fournir le maximum d'énergie quand on en a besoin.

13:20
Présentateur

Mais précisément, est-ce que vous craignez, est-ce que vous pouvez dire ce matin, si l'hiver prochain, la Russie ne risque pas de fermer le robinet du gaz pour tous les Français ?

13:33
Agnès Pannier-Runacher

Alors, ça, c'est une question que vous pourriez poser à Vladimir Poutine ou à Gazprom.

13:37
Présentateur

Est-ce que vous travaillez sur ce scénario-là ?

13:39
Agnès Pannier-Runacher

En tant que ministre de la transition énergétique, mon travail, c'est d'étudier et de préparer tous les scénarios. On a un scénario où, effectivement, les livraisons russes continuent, mais moins qu'avant, ce qui est la situation actuelle. C'est-à-dire qu'il n'y a jamais eu d'arrêt de livraison du gaz naturel à la France. En revanche, il y a eu une diminution, et il y a deux semaines, une diminution qui était de l'ordre de 60%. Donc, ce n'était pas l'épaisseur du trait. Et donc, notre enjeu, c'est de nous préparer à remplacer ce gaz naturel à court terme. Parce qu'à moyen terme, il faut surtout en sortir du gaz naturel. Il faut privilégier de l'électricité décarbonée.

Et c'est pour ça que nous avons un plan pour accélérer le développement des énergies renouvelables. Que nous avons un plan aussi, c'est du plus long terme, pour relancer la production d'énergie nucléaire et pour avoir le mix énergétique le plus décarboné possible.

14:34
Présentateur

Et justement, sans faire de scénario catastrophe, on parle de l'arrêt, éventuellement, de l'approvisionnement du gaz cet hiver. Actuellement, la moitié du parc nucléaire français est à l'arrêt. 28 réacteurs sur 56. 26. Pardon. 26 réacteurs sur 56. Est-ce que ça veut dire que l'hiver prochain, il pourrait y avoir des coupures électriques ?

14:58
Agnès Pannier-Runacher

Alors, l'arrêt des réacteurs, il est dû à deux raisons. Une première raison qui sont les maintenances que EDF a précisément positionnées pendant l'été pour pouvoir avoir des réacteurs au travail pendant tout l'hiver. Ça, ça porte sur 14 des réacteurs actuellement à l'arrêt. En totale sécurité. Voilà, exactement, tout à fait. C'est des maintenances courantes, annuelles, triennales, décennales. Une autre partie de ces réacteurs est liée à la détection de corrosion dans certains tuyaux. Alors, ce n'est pas au centre de la centrale nucléaire, mais néanmoins, c'est pris avec beaucoup de sérieux par EDF et par l'agence de sécurité nucléaire.

Et sur ces réacteurs-là, il y a tout un processus qui se déroule pour faire en sorte de repérer le problème, de réparer le problème et de remettre en service. Et par rapport à ce processus, EDF aujourd'hui s'engage à livrer un certain volume d'électricité. Vous le donnez en TWh, 280-300 TWh. Mais sous cette hypothèse-là, dans un hiver classique, malheureusement, on a été confronté à beaucoup de situations un peu improbables, mais dans un hiver classique, nous n'aurions pas besoin de réguler l'électricité. Comment ça se passe quand il y a des tensions sur l'électricité ? Vous avez plusieurs choses. Vous importez l'électricité depuis les pays étrangers, notamment les pays européens.

Ça, avec eux, on a des interconnexions. C'est pour ça que c'est important, d'ailleurs, d'avoir un marché européen de l'électricité. Et quand j'entends certaines oppositions nous expliquer qu'il faut en sortir, ça veut dire que là, on aurait 40 jours de blackout par an, puisque 40 jours par an, on importe déjà l'électricité. La deuxième chose, c'est que vous avez des entreprises qui signent des contrats pour, lorsqu'on les appelle en disant « On a des problèmes de fourniture d'électricité. Est-ce que vous pouvez couper ? » Ils coupent et, en échange de ça, ils ont appris l'électricité plus faible. Ça s'appelle l'effacement. Donc, nous travaillons en ce moment à l'effacement.

La troisième chose, c'est la sobriété énergétique. Avec Elisabeth Borne, nous avons lancé, il y a deux semaines, un chantier massif sur la sobriété énergétique pour réduire de 10% notre consommation d'énergie. Donc, l'électricité d'un côté, le gaz de l'autre et le carburant, parce que le carburant est aussi pris en compte, c'est bon pour notre planète, c'est bon pour notre souveraineté électrique et énergétique, mais aussi, c'est bon pour notre portefeuille à tous, tout à chacun.

17:28
Invité

Alors, vous allez nous dire dans quelques instants, justement, comment on va faire pour réduire nos besoins de 10% d'ici deux ans, tout en épargnant les ménages, puisque c'est le but que les coupures ne visent pas les ménages, évidemment, les coupures d'électricité éventuelles ou les réductions, en tout cas, de débit. Ça sera juste après le fil info. Il est 9h moins 10 et voici Edouard Marguer. 8 Français sur 10 veulent inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution. Sondage IFOP pour la fondation Jean Jaurès. Quatre propositions de loi vont, dans ce sens, déposer suite à la décision de la Cour suprême aux Etats-Unis qui remet en cause ce droit fondamental.

La confiance d'un gouvernement ne se décrète pas. Elle se construit texte après texte, justification du nouveau porte-parole Olivier Véran. Elisabeth Borne ne sollicitera pas la confiance des parlementaires lors du discours de politique générale. Demain, à l'Assemblée nationale, les députés de la France Insoumise déposeront une motion de censure. Pour le nouveau ministre de la Santé, tout notre système de santé est à bout de souffle, estime François Braun, qui promet de s'atteler en urgentiste à la grise de l'hôpital. Qui ne l'a pas, les résultats du baccalauréat sont publiés sur internet comme franceinfo.fr depuis 8 heures ou affichés dans les établissements scolaires.

Dans certaines académies comme Paris, Lyon ou Bordeaux, il faudra attendre 10 heures. Le Paris Saint-Germain accueille son nouvel entraîneur. Christophe Galtier sera présenté à 14 heures et prend la suite de l'argentin Maruizio Pochettino. L'ancien technicien de Nice dirigera ensuite son premier entraînement. Le Français s'engage pour deux ans avec le Club de la Capitale.

19:04
Présentateur

Toujours avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique,

19:12
Invité

on parlait de cet objectif de réduction des besoins en énergie de la France de 10% d'ici deux ans. Comment on fait concrètement ? Ce ne sont pas les ménages qui doivent porter cet effort en premier, ce sont surtout les entreprises ?

19:23
Agnès Pannier-Runacher

C'est tout le monde. C'est tout le monde, c'est très clair. Mais il faut commencer par l'endroit où il y a le plus de réserve ou le plus de gains possible. Les entreprises, l'administration, l'État occupent des millions de mètres carrés et emploient des millions de personnes. Et au travail, par exemple la climatisation, vous avez près d'une entreprise sur deux qui est climatisée, vous n'avez qu'un Français sur quatre qui est climatisé pour l'été. Eh bien, c'est là qu'on va faire le plus d'économies. Et je pense que c'est important de bien marquer que c'est la responsabilité de tous.

C'est la responsabilité des dirigeants d'entreprise, c'est la responsabilité des organisations syndicales, c'est la responsabilité de l'État, évidemment au premier chef, en tant que porteur de politique publique, mais aussi en tant qu'employeur et aussi en tant que gestionnaire de locaux. Et ça sera, évidemment, c'est la responsabilité de chaque Français.

20:18
Invité

Concrètement, la clim, c'est un peu moins fort, un degré de plus peut-être dans les entreprises ?

20:23
Agnès Pannier-Runacher

Alors, vous savez que la France a un haut niveau de normalisation, donc par exemple la climatisation, dans le code de l'énergie, il est prévu qu'on ne la déclenche qu'au-delà de 25 degrés de température. Un autre exemple, c'est la température l'hiver, à quel niveau on positionne son chauffage. Eh bien, si nous baissions tous, je parle des gens qui travaillent, le tertiaire, les centres commerciaux, d'un degré, la température des locaux que nous occupons, et vous savez qu'elle n'est jamais inférieure à 19 degrés, elle n'est jamais inférieure à 19 degrés, nous économiserions 7%, 7% d'énergie. C'est vous dire à quel point c'est atteignable.

21:05
Invité

Mais c'est un appel à la responsabilité, ou est-ce que vous, vous allez changer ces normes ?

21:08
Agnès Pannier-Runacher

Mais les taxes, ils existent, je viens de vous le dire, les taxes, la température de consigne de 19 degrés, elle existe. La température de 25 degrés pour déclencher la climatisation, c'est dans le code de l'énergie. Le fait d'éteindre les tours la nuit, c'est une loi que nous avons votée dans le quinquennat précédent.

21:24
Invité

Donc il suffirait d'appliquer... Donc il faut commencer par appliquer les règles. Le premier consommateur d'énergie en France, c'est la SNCF, dont le président, directeur général, dit déjà que, parce qu'il achète maintenant son électricité pour dans un an, les prix risquent d'augmenter les prix des billets, parce que le coût de l'énergie est trop élevé. Qui va payer à la fin ?

21:42
Agnès Pannier-Runacher

Le coût de l'énergie, vous le savez, vous le vivez dans votre quotidien. Le coût de ce que vous achetez au supermarché, une partie de ce coût, dans les rayons des primeurs, est lié à l'augmentation du coût du gaz naturel. Par exemple, puisqu'il faut du gaz naturel pour faire un certain nombre de productions primeurs. Donc nous l'observons dans l'augmentation de l'inflation. Nous, notre rôle, c'est de freiner l'augmentation de cette inflation, c'est d'avoir un bouclier qui permette, en particulier aux Français les plus vulnérables, de continuer à vivre dignement.

Mais cette inflation, je crois qu'on l'observe tous, elle est aujourd'hui, elle a passé le cap des 6%, c'est inédit depuis des années, elle est la plus faible en Europe, en France, ce qui veut dire que les mesures de pouvoir d'achat de l'État fonctionnent.

22:36
Présentateur

On ne va pas refaire toute la politique du gouvernement, mais je reviens sur, effectivement, cette préoccupation légitime d'économie d'énergie. Il y a une semaine, les patrons des plus grandes entreprises d'énergie françaises, dont Total, ont appelé les Français, justement, à faire preuve de sobriété. Est-ce que vous comprenez, par exemple, une réaction d'une partie de l'opposition en disant, attendez, Total nous demande, à nous, citoyens, de faire des économies, alors que Total est même accusé par Emmanuel Macron de faire des profits de guerre ?

23:12
Agnès Pannier-Runacher

Justement, je trouve intéressant, et moi, c'est ce que j'ai demandé aux énergéticiens, à EDF, dont nous sommes le principal actionnaire à 85%, à Engie, dont nous sommes un grand actionnaire, et à Total, qui est une entreprise privée, c'est de prendre position sur la sobriété énergétique. C'est-à-dire, ceux qui vivent de la vente de l'énergie nous disent eux-mêmes...

23:35
Présentateur

Et qui en vivent très bien compte tenu de la guerre.

23:37
Agnès Pannier-Runacher

Ils nous disent eux-mêmes, il faut réduire la consommation d'énergie. Et je pense que c'est un propos, d'ailleurs, qui a marqué les consciences. Parce que ça veut dire, finalement, on vous demande de faire moins de profits.

23:48
Invité

Mais ça donne l'impression que c'est à nous de faire des efforts, Agnès Pannier-Runacher. Est-ce qu'il ne faut pas, par exemple, le Rassemblement National propose de taxer les super-profits, comme ils disent...

23:56
Agnès Pannier-Runacher

Ça ne va pas réduire notre consommation d'énergie, de taxer les super-profits. C'est bien là où il y a une confusion. Le sujet, c'est d'économiser des molécules d'électricité et de gaz, enfin, ou des électrons. On peut parler de taxation des super-profits, mais c'est une autre discussion. Moi, aujourd'hui, j'ai une feuille de route pour lutter contre le réchauffement climatique. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut produire plus d'énergie décarbonée et il faut réduire toutes les consommations d'énergie qui ne sont pas nécessaires. C'est essentiel. On parlait de ce qui s'est passé en Italie. Si vous voulez éviter ce type d'incident, c'est à tout le monde de faire un effort.

C'est une question de responsabilité vis-à-vis de nos enfants.

24:42
Présentateur

Votre responsabilité, en tant que ministre de la Transition énergétique, c'est de vous assurer que la promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne des élections présidentielles, à savoir que la France consacre 10 milliards d'euros chaque année à cette transition, et bien que cette promesse soit bien remplie, vous allez vous en assurer dans le prochain budget ?

25:01
Agnès Pannier-Runacher

J'ai une conversation avec Gabriel Attal pas plus tard que cet après-midi, et c'est évidemment un enjeu important, mais au-delà de ces 10 milliards, c'est comment on les utilise, et surtout de faire la preuve que nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre, et que nous accélérons sur le déploiement des énergies renouvelables. C'est tout l'enjeu du projet de loi que je souhaite porter sur l'accélération de la transition énergétique. C'est tout l'enjeu des mesures que je vais prendre dans les prochains jours pour accélérer au niveau réglementaire les projets photovoltaïques, les projets d'éolien terrestre, les projets de biogaz.

Il ne suffit pas de mettre de l'argent, il faut qu'ils soient utilement employés pour réduire cette dépendance qui pèse sur le portefeuille des Français, sur leur pouvoir d'achat, qui pèse sur notre souveraineté énergétique, et non sur notre souveraineté politique. Il en sera aussi question dans le projet de loi

25:56
Invité

de pouvoir d'achat, et vous allez d'ailleurs dans quelques minutes rejoindre à l'Élysée la réunion interministérielle sur ce projet de loi qui sera présenté après-demain au Conseil des ministres. Merci beaucoup Agnès Pannier-Runaché. Bonne journée à vous.

Parité femmes-hommes dans le nouveau gouvernement et économies d'énergie... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher — Agnès Pannier-Runacher · Pourquijevote