La campagne législative, sa succession à la tête des Républicains : le "8h30 franceinfo" de Christian Jacob
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Bonjour Christian Jacob. Bonjour. Après une journée de polémique, Jérôme Perra, investi par la majorité pour les législatives en Dordogne, a finalement retiré sa candidature. Hier matin, ici même, le patron des marcheurs, Stanislas Guérini, l'avait qualifié de net homme, malgré sa condamnation pour des violences conjugales. Il a pris la bonne décision en se retirant.
Oui, je pense qu'il n'aurait pas dû se présenter. Ça aurait été beaucoup plus simple.
Quelle est la règle chez vous, aux Républicains, sur les candidats ou postulants à la députation qui ont été condamnés par la justice ?
Il n'y a pas de règle en soi lorsqu'on a été condamné, qu'on a purgé sa peine. On est à jour, en quelque sorte. Ceci étant, lorsque l'on fait de la politique, il y a des condamnations que l'on traîne. Après, c'est une décision individuelle du candidat et puis du président du parti ou du président de la Commission nationale d'investiture qui se prend au cas par cas. Mais je pense qu'il aurait été plus simple pour Jérôme Perra de tout simplement ne pas être candidat, de le faire de lui-même.
Ça veut dire que pour vous, il y a une hiérarchie dans les condamnations ? Là, le cas de Jérôme Perra, c'était une condamnation pour violences conjugales. Mais vous, par exemple, si c'est pour détournement de fonds publics, vous dites que ça peut passer malgré tout ?
Non, non, je ne pense pas d'ailleurs qu'on ait de candidats qui soient dans cette situation. Ce n'est pas une question de hiérarchie, c'est une question de bon sens.
Oui, il y a des mises en examen. Il y a au moins une mise en examen. Donc, dans ces cas-là, vous laissez passer ?
La mise en examen, là aussi, c'est de nature différente. C'est d'abord une mesure de protection des individus. Ce n'est pas une culpabilité. Ceci étant, ça s'apprécie au cas par cas. Mais encore une fois, c'est le bon sens qui doit prédominer. Vous savez, ce n'est pas de s'enfermer dans des règles. On le fait avec bon sens. On l'a toujours fait. Et je pense que quand, effectivement, on est mêlé de près dans une affaire de justice ou sur une condamnation récente, le mieux est que les gens ne soient pas candidats. Ça évite toute polémique.
Christian Jacob, depuis qu'elle a été nommée première ministre, toute la gauche dit d'une même voix qu'Elisabeth Borne est une femme de droite. Est-ce que vous dites la même chose ?
Non, ben écoutez, son parcours, je dirais son passif, ou son passé plutôt, on pourrait dire le passif aussi d'ailleurs, plaide pour elle, conseillère de Lionel Jospin, directrice de cabinet de Ségolène Royal. C'est une vraie marque à gauche. Et je le dis d'ailleurs à mes amis qui, parfois, ont voulu rejoindre Emmanuel Macron, rentrer dans un gouvernement aujourd'hui. C'est un gouvernement avec une première ministre, une première ministre de gauche clairement affichée, ce qui ne retire pas ses qualités. Mais voilà, le parcours est le sien.
Vous savez, moi j'ai un parcours de 30 ans en politique, tout le monde connaît mon parcours, il a toujours été sur une même ligne, elle a toujours assumé d'ailleurs ses convictions de gauche.
Mais par exemple, quand vous voyez les deux réformes qu'elle a portées depuis qu'elle est ministre d'Emmanuel Macron, l'ouverture à la concurrence de la SNCF et la réforme de l'assurance chômage, ça ce sont des réformes que vous auriez pu porter, défendre ?
Oui, sur la SNCF, on aurait souhaité que ça aille beaucoup plus loin, parce que c'est quand même une réformette qui a été faite, de la même façon que sur l'assurance chômage. On a fait une demi-réforme. En abaissant les allocations de plus d'un million de chômeurs ? Oui, la nécessité aujourd'hui est de favoriser le travail. Dans la philosophie, vous êtes d'accord ? C'est cela qu'il fallait faire. Dans la philosophie, oui, mais il fallait aller beaucoup plus loin sur cette réforme. Il faut vraiment inciter l'assurance chômage, c'est là pour répondre à des accidents de la vie, des accidents professionnels, où on se trouve licencié, en difficulté, on perd son emploi pour différentes raisons.
Donc c'est un amortisseur, mais qui doit à tout prix immédiatement rediriger vers le travail. Et aujourd'hui, je pense que l'assurance chômage mérite encore d'être réformée. Donc voilà, Elisabeth Borne a les qualités qui sont les siennes, mais c'est une femme de gauche assumée qui ne s'est jamais cachée.
Christian Jacob, vous mettiez en garde tout à l'heure vos collègues qui pourraient être intéressés par un ralliement à Emmanuel Macron. La majorité n'a pas voulu de mettre de candidat face au président de votre groupe à l'Assemblée nationale, Damien Abad. Est-ce que vous êtes certain ce matin que Damien Abad ne va pas basculer dans la majorité ?
C'est une décision qui lui revient. Vous savez, on a toujours été très clair sur ce sujet. Souvenez-vous, on nous annonçait une soixantaine de députés qui allaient rejoindre la majorité présidentielle. Après, de 60, on est passé à 40. De 40, on est passé à 30, à 10. Et bon, là, il y en a 3. Peut-être que ça finira à 4 ou à 5. Là, on parle du patron du groupe. Oui, tout à fait. Et d'ailleurs, il a été tensé en réunion de groupe en début de semaine lundi où l'unanimité des parlementaires lui ont dit de clarifier sa position. À vous, il vous dit quoi ? De dire clairement, écoutez, on lui a demandé de le faire immédiatement. Il a demandé un délai de 48 heures. Le délai de 48 heures est là.
Maintenant, soit il rejoint la majorité, il le dit, il l'assume. Il veut rentrer au gouvernement. C'est pas parce qu'on le veut qu'on y rentre. Mais enfin, s'il souhaite rentrer au gouvernement, il y va. Mais que les choses soient claires. Ou alors, il reste effectivement sur la ligne qui est la nôtre. Mais on ne peut pas être dans l'ambiguïté. On ne sort de l'ambiguïté qu'à ce que ça dépend.
Hésiter, ce n'est pas déjà choisir ?
Souvent, vous savez, quand il y a un doute, c'est qu'il n'y a pas de doute. Mais c'est sa décision. Et bien alors, qu'est-ce que vous dites ? Mais c'est à lui de prendre sa décision. Écoutez, c'est à lui de dire s'il a envie de rejoindre la majorité ou le gouvernement ou pas. Mais vous essayez de le retenir ou pas ? C'est vrai que c'était surprenant qu'il demande 48 heures. Parce qu'on se disait, bon, ce genre de choses, on le sait si on a envie d'y aller ou pas. Bon, maintenant, sans doute qu'il s'interroge. Mais il doit effectivement dire clairement les choses aujourd'hui.
S'il rejoint Emmanuel Macron, il quittera de fait les Républicains. Ah bah oui, ça c'est une évidence. C'est une évidence. C'est une évidence. C'est une évidence. Je vous pose la question parce que Nicolas Sarkozy, lui-même, a appelé à un rassemblement avec Emmanuel Macron.
Oui, Nicolas Sarkozy n'est pas ni président de groupe, n'est plus président de parti, ni président de la République. Mais c'est votre boussole depuis 10 ans. Il est l'ancien président. Oui, mais d'accord, mais ça n'a strictement rien à voir. Écoutez, permettez-moi de ne pas faire de comparaison entre Damien Abad et Nicolas Sarkozy, quand même.
Mais Nicolas Sarkozy fait encore partie de votre famille politique après avoir dit ça. Oui, mais il est adhérent. Il n'a pas soutenu votre candidat.
Mais il est adhérent. Il paye sa cotisation, donc ? Oui, exactement. Mais il n'a pas soutenu votre candidat. Oui, mais d'accord, et alors ? Il y a une exception pour Nicolas Sarkozy. Mais voilà, il a été président de la République. Je pense qu'il y a d'autres sujets de préoccupation des Français aujourd'hui.
Vous ne faites pas partie de ceux qui, comme votre numéro 3, Aurélien Pradié, dit qu'il faut tourner la page. Aujourd'hui, pour la reconstruction du parti, tournez la page de Sarkozy.
Nicolas Sarkozy était un grand président de la République. Je l'ai toujours dit. Je l'ai toujours défendu. J'ai plus eu des relations d'amitié avec lui. Mais il a fait un choix qui n'est pas le mien, qui n'est pas celui de notre famille politique. Mais après, il est ancien président de la République. Ça lui confère un statut. Il y a d'autres droits. Oui, voilà. Écoutez, encore une fois, je pense qu'il y a d'autres sujets de préoccupation des Français que celui-là.
On va en parler dans un instant. Christian Jacob, vous restez avec nous, président du parti Les Républicains. Il est 8h40. Le fil Info Solène Cresson.
Il y a un risque imminent de rupture d'accès aux soins. Et cela risque de s'aggraver pendant l'été. Alerte sur France Info. Rémi Salomon, président de conférence des commissions médicales des CHU. Il estime qu'il manque des dizaines de milliers de postes. De nombreux services doivent fermer. Jérôme Perra reconnaît ce matin un manque d'appréciation sur sa candidature aux élections législatives. Celui qui voulait être député marcheur en Dordogne. Renonce car condamné pour violences conjugales. Je ne voulais en aucun cas affaiblir le combat des violences faites aux femmes, a-t-il déclaré. 320 postes supprimés en France, dont une majorité dans le nord.
Le groupe Valorex sépare d'une partie de ses salariés. 3000 postes dans le monde. Le fabricant de tubes sans soudure délocalise une partie de sa production en Chine et au Brésil. Ce n'est pas acceptable, réagit le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Et puis l'autoroute A7 est totalement rouverte dans les deux sens, entre Lyon et Valence, après l'accident d'un camion citerne hier matin. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel.
Christian Jurek, le président du parti Les Républicains. Juste avant le fil info, on parlait des hésitations de certains à rejoindre Emmanuel Macron ou pas. Si on regarde vos propositions chez Les Républicains, on a parfois du mal, nous, à voir les différences avec celles de la majorité. Prenez par exemple le pouvoir d'achat. Vous, vous proposez une baisse des prix des carburants à la pompe. C'est ce que fait Emmanuel Macron, non ?
Non, on va beaucoup plus loin. On va beaucoup plus loin. Qu'est-ce que vous faites de plus ? De redescendre le niveau des carburants à 1,50€, c'est-à-dire en supprimant à la fois la TVA, c'est-à-dire qu'on n'est pas dans un système de chèques, mais de dire on supprime la taxe sur la taxe. Vous savez qu'on a un système en France où on met de la TVA sur la taxe à l'intérieur sur les produits pétroliers. Donc, on taxe les taxes. Donc, c'est de supprimer cette surtaxe et de baisser la TICPE, la taxe sur les produits pétroliers, pour baisser le prix des carburants à 1,50€. Non, mais on n'est pas du tout...
Sur ce point, vous n'êtes pas d'accord avec votre candidat elle-même, Valérie Pécresse, qui disait pendant la campagne présidentielle qu'on ne peut pas agir sur les taxes sur le carburant.
On est sur le programme des législatives. On n'a pas d'argent. On est sur le programme des législatives. Il y a la nécessité d'avoir des mesures de pouvoir d'achat. On n'est pas sur des mesures qui concernent la métropole. On est sur des mesures qui s'adressent à l'ensemble des Français qui ont besoin...
Pardon, je comprends pas si c'est le même territoire, la présidentielle et les législatives.
Non, mais attendez. Qui ont besoin aujourd'hui de leur voiture pour aller travailler. C'est quelque chose qu'à Paris, vous ne connaissez pas. Mais en France, partout sur le territoire, on a besoin de prendre sa voiture. Mais ça veut dire que votre candidat elle-même, elle ne se rendait pas compte que dans les campagnes, on avait besoin de notre voiture ? Aujourd'hui, on est sur les élections législatives. C'est une proposition très concrète de baisser le prix des carburants en supprimant la surtaxe. On est le pays de l'Union Européenne qui taxe le plus les carburants. Donc cette mesure, c'est une vraie mesure pouvoir d'achat qui concerne l'ensemble des Français.
Que vous soyez retraité, que vous alliez travailler, que vous alliez faire vos courses, vous avez besoin de votre voiture. D'accord, mais pourquoi cette mesure n'a pas été...
Vous assumez, pour reprendre la question de Salon, vous allez... Oui, oui, mais j'assume. Attendez, je n'ai pas posé ma question. Si, mais j'ai entendu la question. Vous assumez que vous allez plus loin que ce qu'a défendu votre candidate pendant la campagne qui disait la TVA, non, pas question. Le programme a changé sur ce point.
Non, d'abord, cette proposition était toujours une proposition du parti. Ensuite, dans le cadre de la présidentielle, le candidat reprend un certain nombre de propositions, on en reprend pas d'autres. Et on a le droit de changer. Voilà. Là, on est sur les propositions du parti. La nécessité d'une mesure qui s'adresse encore une fois à l'ensemble des Français qui ont besoin de prendre leur véhicule chaque jour. Je vous rappelle que la genèse des Gilets jaunes, ce qui s'est passé, c'est venu des taxes sur les carburants.
C'est Emmanuel Macron, Édouard Philippe, avec un mépris et une condescendance totale pour l'ensemble des territoires ruraux, en disant, peu importe, on peut taxer les carburants jusqu'où on veut.
Mais votre candidat disait pendant la campagne, on n'a pas l'argent pour le faire. Vous vous dites, si, on a l'argent pour le faire.
Oui, si, on a l'argent pour le faire. C'est une mesure pouvoir d'achat qui est essentielle.
Deuxième exemple, Christian Jacob, quelle est la différence ou quelles sont les différences entre la retraite à 65 ans que vous défendez et celle d'Emmanuel Macron ?
D'abord, la réforme d'Emmanuel Macron. Permettez-vous de vous dire que je ne sais pas ce que c'est, puisque c'est d'abord 5 ans d'échec. Cette réforme, souvenez-vous, il y a 5 ans, il annonçait qu'il allait faire une réforme extraordinaire, l'équivalent de la création de la sécurité sociale par le général de Gaulle. Ah ben, on en était loin. Qu'est-ce qu'il a fait ? Rien. Pendant les 3 ans, vous allez me dire, oui, mais il y a eu le Covid. Je veux bien, une réforme comme celle des retraites, ce n'est pas en fin de quinquennat, c'est en début de quinquennat. En 3 ans, incapable de trancher, tout simplement. C'est le problème du président de la République.
C'est des montagnes de mots et à chaque fois, ça couche d'une souris. Parce qu'à force de vouloir en donner à tout le monde, de ne pas avoir de vision claire, eh bien, on ne réforme pas. Et aujourd'hui, expliquer qu'on va relever les pensions de retraite sans réformer les retraites, c'est ce fiche du monde et c'est ce fiche des retraités.
Mais le point, la retraite à 65 ans, quand ça arriverait à l'Assemblée, vos députés la voteront ou pas ?
Attendons qu'un cas de soit posé. Nous, nous sommes favorables au report de l'âge légal parce qu'on a eu un allongement de la durée de la vie d'à peu près 10 ans sur les 30 dernières années. Et comment on réforme les retraites ? Il n'y a pas 5 ans de solution. Soit vous augmentez les cotisations de ceux qui travaillent. C'est ce qu'avait fait François Hollande. Donc, à la fois, ça plombe le revenu des travailleurs et puis la compétitivité des entreprises. Soit vous faites ce qu'a fait Emmanuel Macron. Ce qui est d'ailleurs hallucinant, ce qu'il a fait. C'est-à-dire que lui, il a baissé les pensions des retraités et il n'a pas fait de réforme.
Quand vous dites qu'il a baissé, il ne les a pas indexés ?
Non, non, non. Il a baissé. Quand vous mettez de la CSG sur les retraités, ça s'appelle baisser les pensions. Donc, il a quand même réussi. En cela, c'est un vrai champion du monde. Il réussit à baisser les pensions des retraités et à ne pas faire de réforme des retraites. Et donc, nous, ce que l'on dit avec cohérence, c'est que si on ne veut pas baisser les pensions des retraités, si on veut augmenter les petites retraites et ne pas plomber le revenu des travailleurs, la seule solution, c'est le report de l'âge légal.
Mais pardon, mais là encore, vous dites comme Emmanuel Macron.
Non, non, non. Décaler l'âge de départ à la retraite, augmenter les petites retraites. Emmanuel Macron, c'est du vent, du baratin. Il n'a jamais été capable de porter une seule réforme. Cette réforme des retraites, c'est le seul président de la République depuis 40 ans qui est incapable de faire une réforme des retraites. C'est incapable. Donc, écoutez, moi, je veux bien qu'il nous fasse les discours qu'il veut. Mais c'est du vent à chaque fois parce qu'il est incapable de faire. Tant qu'il s'agit d'être dans le verbe, dans les mots, dans les phrases, Emmanuel Macron est là. Quand il s'agit de passer à l'acte, il n'y a plus personne.
Dans votre programme législatif, Christian Jacob, on trouve aussi la lutte contre les déserts médicaux. Vous dites même que c'est l'une des cinq priorités de notre parti. Comment vous faites ? Tout le monde a essayé. Jusqu'à présent, on n'a pas réussi.
Non, il n'y a pas de solution miracle. Ça, c'est certain. On a essayé beaucoup de choses. Une des propositions que l'on fait, moi, je l'ai expérimenté chez moi, c'est de prendre des jeunes internes. Vous savez, un interne en médecine, il fait son internat, souvent dans un CHU, dans une grande métropole. Il devient médecin, il a 30 ans. Et donc, à ce moment-là, il est établi dans la vie. Il vit en couple, il a parfois des enfants. Et on lui explique qu'il faut qu'il aille en zone rurale. Donc, on le sort d'un cadre qui est le sien. Donc, l'idée, c'est de finir les deux dernières années d'internat de médecine dans des zones rurales, en médecine de ville.
Ce qui permet à ce médecin de développer une patientèle. Puisque s'il a un tuteur médecin formateur, ça lui permet d'avoir son propre cabinet de consultation. Et donc, il découvre ainsi un certain nombre de territoires ruraux et de pouvoir s'y installer. Ça, c'est un des éléments. Et donc, de pouvoir envoyer effectivement ces jeunes médecins juniors, qui n'ont pas encore terminé leur internat et qui peuvent le faire en médecine de ville. Ce serait obligatoire. Oui, mais on peut le faire de manière très incitative. Après, c'est à voir la manière dont on le met en place. Mais moi, je pense que d'abord, sur le plan personnel, c'est formateur.
Il y a la nécessité de travailler aux côtés de grands professeurs dans les CHU. C'est une évidence. Mais d'aller faire les deux dernières années d'internat en médecine de ville, je pense que c'est une bonne chose. Vous voyez, moi, je l'ai expérimenté à Provins. Ça a permis l'installation d'un jeune médecin. Je pense qu'il y en aura une autre prochainement. Ce sont des mesures concrètes. Après, il y a d'autres formules aussi qui ont été testées dans des départements. Je pense au département de la Saône-et-Loire, qui ont mis une forme de dispensaire pour être concret. C'est autre chose. Il ne faut pas être dans le dogme, mais il faut répondre à ça.
Ces déserts médicaux, aujourd'hui, ça touche toute la France. Partout, on est concerné. Et il faut absolument apporter cette réponse.
Et quand on interroge les Français, on sait que c'est une préoccupation qui vient tout en haut de la liste.
Et sortons du dogme et appuyons-nous sur des expériences de terrain. C'est pour ça, vous voyez, qu'aux élections législatives, nous, nous avons des candidats qui ont cet ancrage territorial. L'expérience de la Saône-et-Loire, celle que j'ai menée à Provins, et bien des dizaines d'autres partout en France. Il faut se nourrir de ça, d'exemples concrets, et pas être dans une technocratie où on rejette à chaque fois les expériences territoriales.
Le patron des Républicains, Christian Jacob, est l'invité de France Info. Patron pour quelques semaines encore, puisque vous vous apprêtez à laisser votre place après les élections législatives. Vous ne serez pas candidat. Vous nous direz qui a le profil idéal pour vous remplacer. Est-ce un homme ? Est-ce une femme ? Est-ce Laurent Wauquiez ? Est-ce qui d'autre ? Ça pourrait être qui d'autre ? La bonne personne, ce sera celle que les militants se diront.
Voilà, ça c'est la bonne réponse. 8h50, le filinfo, Solène Cresson. Je vous invite d'ailleurs à adhérer, comme ça vous pourrez choisir vous-même. Solène Cresson.
Premier déplacement d'Elisabeth Borne. Ce matin, la première ministre va dans les Yvelines en Ile-de-France, au Mureau, sur le thème de l'égalité des chances et de l'émancipation des jeunes filles. Elle qui a dédié sa nomination à toutes les petites filles. Une première ministre de gauche, clairement affichée, dit Christian Jacob, le patron des Républicains sur France Info. Orpéa soupçonné de surfacturation auprès de ses fournisseurs et même de prestations fictives. Nouvelle révélation de la cellule Investigation de Radio France sur le leader mondial des maisons de retraite accusée de mauvais traitement. Des cadres touchent aussi des salaires extrêmement élevés, jusqu'à 400 000 euros par an.
Pénurie de lait pour bébés. Aux Etats-Unis, le gouvernement décide de mettre en place un pont aérien pour importer du lait en poudre de l'étranger. 43% des stocks sont épuisés à cause d'un problème d'approvisionnement, mais aussi de rappels massifs après un scandale sanitaire. Et puis les résultats des évaluations nationales de mi-CP dévoilées. Et plus de 80% des élèves maîtrisent la lecture à voix haute en mathématiques, la résolution des problèmes et l'épreuve la moins réussie. Les écarts se réduisent entre les élèves scolarisés en réseau d'éducation prioritaire et les autres. France Info
Le 8.30 France Info Question toute simple, Christian Jacob, est-ce que Laurent Wauquiez a le profil idéal pour vous succéder ?
Écoutez, les qualités de Laurent Wauquiez ne sont pas démontrées. Il l'a démontré dans sa région, la solidité qui est la sienne, il a ensuite toutes les qualités, la stature, etc. Mais il peut y en avoir d'autres aussi, dans notre famille politique. Et voilà, ce sera un congrès électif, mais on n'est pas dans ce temps-là. Vous savez, comme disait mon ami Guy Druth, une après l'autre. La aide aujourd'hui, c'est celle des législatives. Mais en tout cas, Laurent Wauquiez est un candidat sérieux. S'il le souhaite, oui, il le sait.
Ou alors, est-ce qu'il est temps qu'une femme prenne la tête de votre parti ?
Ce n'est pas le sujet. Ils seront candidats ceux qui souhaiteront l'être. C'est d'abord l'envie de l'être, avec un projet, de se présenter devant les militants. Mais ce n'est pas le sujet du moment. Moi, j'avais un contrat, en quelque sorte, lorsque j'étais élu président de notre famille politique. J'avais fixé des objectifs, remettre tout le monde autour de la table, rassembler la famille. Je pense l'avoir réussi. Gagner la présidentielle, ça, ça n'a pas marché. Non, d'accord. Il y a eu les municipales, ça a très bien marché. Il y a eu les départementales, ça a très bien marché.
Ça a un peu moins marché après.
Il y a eu les régionales, ça a bien marché également. Et effectivement, il y a eu un échec aux présidentielles. Non, mais on ne va pas se voiler la face. Mais c'est législatif, c'est pour ça que c'est important pour nous. C'est les 560, dans 577 territoires de France, les Français vont choisir celui qui va ou celle qui va les représenter. Et donc, pour moi, à un moment où on connaît les difficultés que la France connaît en ce moment, on a besoin d'avoir des gens qui soient en proximité, qui soient ancrés sur le terrain, proches des préoccupations de nos concitoyens. Et dans ce cadre-là, très objectivement, je pense que ce sont les Républicains qui ont le plus de chance.
Là, vous avez 100 députés, vous en visez combien ?
Si vous faites moins, c'est une cata pour vous. Non, on verra. C'est d'en faire le maximum. Ce que je vois... Plus qu'aujourd'hui. Non, mais je ne joue pas sur les pronostics. Mais c'est de dire une chose très claire. Nos candidats, et on le voit partout sur le terrain en ce moment, les informations, les sondages auxquels vous avez accès aussi, qui nous remontent sur des sondages précis, c'est-à-dire quand on a le nom des personnes, on voit bien que, bien souvent, nos candidats sont dans les meilleures positions pour être, d'une part, au deuxième tour et pour gagner au deuxième tour. Donc, il y a...
Aujourd'hui, après ce qui s'est passé aux élections présidentielles, il y a un véritable rebond des territoires qui est en train de s'organiser en faveur de nos candidats parce qu'ils ont cet ancrage territorial.
On parlait à l'instant de Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, le patron de la région, dit qu'il va couper les subventions à la ville de Grenoble après le vote de l'autorisation du Burkini dans les piscines. Priver les associations et les habitants pour une décision prise par un maire, est-ce que c'est la bonne réponse ?
Je pense que ce sera pour les projets qui sont liés, qui nécessitent un partenariat entre la ville et la région.
Mais qui n'ont rien à voir avec les piscines, ce sont des projets culturels.
Mais simplement, moi je comprends la réaction de Laurent Wauquiez, je la soutiens complètement. C'est-à-dire qu'à un moment, on ne peut pas tout laisser faire et tourner la tête. Lorsque vous avez un maire, en fait c'est l'alliance des islamo-gauchistes et des communautaristes, et qui est capable d'expliquer, M. Piolle, que c'est pour la liberté des femmes et l'égalité hommes-femmes d'autoriser le Burkini dans les piscines. Mais dans quel monde vit-on ? Mais on est dans l'alliance des communautaristes, avec tout ce qu'il peut y avoir derrière l'esprit communautariste, et des islamo-gauchistes.
Et donc, le président de région réagisse en disant, moi des partenariats avec ce maire aujourd'hui, ça pose effectivement une difficulté. Donc il pénalise les grenoblois ? On verra, ça dépend des propositions qui seront faites. Mais il y a des propositions où je comprends la réaction de Laurent Wauquiez, de se méfier de ce maire. Où est-ce que l'on va ? Quand on commence à déraper de cette manière-là,
où va s'arrêter M. Piolle ? Eric Ciotti, le finaliste de la primaire des Républicains, Christian Jacob, demande une loi en France pour interdire le Burkini. Est-ce que vous êtes prêt à la voter ? Pas vous, puisque vous ne serez plus député.
C'est pas une... Oui, mais je suis d'accord, je suis candidat, je suis suppléant. Et suppléant, pour moi, ça veut dire quelque chose. C'est très engagé dans la campagne, et croyez-moi, je suis sur le terrain.
Est-ce que votre parti doit reprendre à son compte cette proposition ?
Je pense qu'on a besoin d'affiner, parce qu'avec des dérapages comme celui de Piolle, il peut y en avoir d'autres demain, il faut effectivement affiner nos textes, de façon à ce que les maires aient la possibilité, lorsqu'ils sont soumis à la pression, alors là, c'est encore différent, là, c'est lui qui l'initie, mais il y a parfois des maires qui sont soumis à des pressions d'associations communautaires, qu'ils aient toute garantie pour être protégés par la loi. Mais moi, ça me semble invraisemblable, dans un pays laïque comme la France, d'autoriser cela. Enfin, je veux dire, on tombe sur la tête.
Sur quelle base cette proposition, Christian Jacob ? Parce que vous savez que la neutralité religieuse, elle n'est pas imposée aux usagers dans les services publics. Alors, sur quelle base vous voulez faire voter cette loi ?
Écoutez, on verra avec Éric Ciotti, mais on avait déjà déposé, au moment de la loi sur le séparatisme, aussi bien l'Assemblée qu'au Sénat, différents amendements qui permettaient, effectivement, d'éviter cela. Donc, soit on reprend cette base-là, soit on en trouve une autre. Mais, je veux dire, le dérapage qu'il y a là, peut y en avoir d'autres demain, et il faut absolument les empêcher.
Un dernier mot sur la campagne de Valérie Pécresse, qui n'a pas touché le remboursement de l'État. Il lui manque encore un million d'euros sur de l'argent qu'elle a avancé elle-même. Le parti a payé 8 millions d'euros. Est-ce que vous avez donné pour elle, d'abord ?
Moi, à titre personnel, oui, oui, bien sûr. Et de manière significative.
Vous voulez dire plus que Nicolas Sarkozy, 7 millions d'euros ? Bon. Que se passera-t-il ici ? Bon, significatif. Si cette dette reste, est-ce que le parti remettra au pot ? Ou est-ce que Valérie Pécresse devra éponger avec ses deniers personnels ?
Ah ben, non, nous avons... Je vous dis, on est autour de 8 millions d'euros. Maintenant, bon, Valérie... Il n'y aurait pas au-delà. Non, ben, vous savez, c'est beaucoup. Quand vous êtes sur une campagne qui est à peu près autour de 15 millions d'euros, n'est pas remboursé, donc heureusement que nous avions une situation saine au sein de notre famille politique pour être capable de faire face à cela. Et on est à 8 millions d'euros parce qu'il n'est pas possible d'aller au-delà. Par ailleurs, il y a eu des donateurs.
Non, mais je pense que beaucoup de gens, d'ailleurs, sont surpris de cela parce qu'ils n'imaginaient pas, effectivement, qu'elles soient contraintes d'emprunter sur ces deniers personnels. Et donc, il y a un certain nombre de donateurs et de dons qui continuent à arriver. Bon, on verra, effectivement, au bout. Mais pour ce qui est des partis, non, effectivement...
Mais elle a eu raison de rendre son don à Nicolas Sarkozy, c'est 2 000 euros.
Oui, écoutez, ça, c'est leurs affaires à tout le monde.
Vous, elle a gardé votre chèque ? Oui, oui. Oui, elle ne vous l'a pas envoyé. Merci beaucoup, Christian Jacob.
Mais si vous voulez en faire, il a encore temps, vous savez.
Voilà, ça s'est dit. Christian Jacob, président des Républicains invité ce matin de France Info. Merci, très bonne journée à vous. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Christian Jacob