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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 6 novembre 2025 65 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Dissolution, démission… La crise s'aggrave - C dans l’air - 07.10.2025

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    On gagne du temps avec ces tractations, ces consultations ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut en attendre quelque chose ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Le temps de la réflexion de quoi ? À quoi réfléchit-il ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    On a le sentiment d'un emballement depuis dimanche soir. A.-C.Bezzina, vous dites qu'il faut que la poussière retombe ?

  • 8:10OuverteRéponse directe

    On parlait de crise de régime, la représentativité... L'idée que l'État n'est pas tenu, crise de l'État...

  • 10:10OuverteRéponse directe

    On va parler d'E.Philippe. Il prend ses distances avec E.Macron. Dans son diagnostic, il parle d'affaissement de l'État, d'un État qui n'est pas tenu. Est-ce que c'est cette impression qu'on a avec cette sitcom ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30C.RouxFait
    « S.Lecornu a démissionné, mais il consulte toujours à Matignon, à la recherche d'une plateforme de stabilité et d'action, comme lui a demandé le président de la République. »
  • 1:00C.RouxFait
    « L'Elysée fait savoir qu'en cas d'échec, le chef de l'Etat prendra "ses responsabilités". Il laisse planer le spectre d'une nouvelle dissolution. »
  • 5:00A.RosencherFait
    « Le sentiment général le plus répandu parmi les Français, c'est l'effarement. »
  • 7:00A.RosencherFait
    « On parle souvent des crises de régime, des crises politiques. On ne s'intéresse pas assez à l'Etat qui, depuis de Gaulle, est central. »
  • 9:00J.JaffréFait
    « C'est une attaque majeure sur E.Macron, de la part d'E.Philippe. Que dit l'article 5 de la Constitution ? Le chef de l'Etat est garant du bon fonctionnement des institutions et de la continuité de l'Etat. »
  • 11:00E.PhilippeFait
    « Je crois qu'il doit prendre une initiative. Il s'honorerait s'il proposait un nom de Premier ministre avec, pour fonction, d'exécuter les affaires courantes et de construire un budget, de faire adopter ce budget. »
  • 13:00G.AttalFait
    « Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République. Il y a eu la dissolution. Depuis, il y a des décisions qui donnent le sentiment d'une forme d'acharnement à vouloir garder la main. »
  • 15:00B.RetailleauFait
    « À une condition : que ce soit un gouvernement de cohabitation. »
  • 17:00O.FaureFait
    « Je plaide devant vous pour que ce changement de cap ait lieu et qu'un gouvernement de gauche arrive. Nous avons eu 3 Premiers ministres de droite. »
  • 19:00M.BompardFait
    « Si le président de la République décide de dissoudre l'Assemblée, nous avons une volonté commune et partagée de présenter des candidatures porteuses du programme du NFP sur l'ensemble des circonscriptions. »
  • 27:00J.Pisani-FerryFait
    « La caractéristique de l'économie moderne, c'est qu'on peut gagner en richesse sans passer par l'étape revenus. La valorisation des actifs, des patrimoines, c'est devenu énorme. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Vous le valez bien. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. S.Lecornu a démissionné, mais il consulte toujours à Matignon, à la recherche d'une plateforme de stabilité et d'action, comme lui a demandé le président de la République. 48 heures d'ultimes tractations pour éviter le blocage.

L'Elysée fait savoir qu'en cas d'échec, le chef de l'Etat prendra "ses responsabilités". Il laisse planer le spectre d'une nouvelle dissolution. La pression sur le président est montée d'un cran depuis hier, quand 2 de ses anciens premiers ministres ont choisi de le lâcher.

G.Attal affirme qu'il ne comprend plus E.Macron.

Ce matin, E.Philippe demande au chef de l'Etat d'annoncer une présidentielle anticipée après l'adoption d'un budget, cela face à l'affaissement de l'Etat qui n'est pas tenu. La charge est violente.

Le bloc central implose et chacun tente de sauver sa peau et son parti avant les échéances électorales. Pour en parler, J.Jaffré, politologue, chercheur associé au Cevipof.

N.Schuck, vous êtes grand reporter au "Point". Votre biographie de B.Retailleau est publiée.

A.-C.Bezzina, vous êtes constitutionnaliste, politologue et maître de conférences en droit public à l'université de Rouen et à Sciences Po.

Je cite votre livre. A.Rosencher, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de "L'Express" et chroniqueuse sur France Inter.

Merci de participer à ce "C dans l'air". N.Schuck, il y a les tractations à Matignon en ce moment.

Cet après-midi, L.Wauquiez et B.Retailleau...

Plus ensemble, les LR. -N.Schuck: C'est assez insolite.

Le ministre de l'Intérieur, démissionnaire, a exigé d'avoir un entretien en tête à tête avec le Premier ministre sortant pour essayer de purger ce qui s'est passé dans le week-end. Ils ont eu une explication orageuse sur la nomination de B.Le Maire.

Est-ce qu'il y a une tentation de la part de l'exécutif d'essayer de scinder la droite? Je ne l'exclue pas totalement. Ca me paraît même assez crédible.

Il y a une tension entre L.Wauquiez, qui a marqué des points dans cette affaire, et B.Retailleau, qui en ressort fragilisé. - C.Roux: On gagne du temps avec ces tractations, ces consultations?

Pendant 48 heures, elles sont menées par un Premier ministre qui a démissionné hier. Est-ce qu'on peut en attendre quelque chose? - J.Jaffré: Est-ce qu'on gagne du temps?

Non. C'est du temps perdu et depuis longtemps pour le pays et même pour la bonne organisation de notre vie politique. Cela dit, il est clair qu'à partir du moment où il y a eu cette crise Retailleau de dimanche soir et la démission de S.Lecornu pour éviter que tous les LR s'en aillent et que ce soit une crise aggravée du jeu politique, nous avons une situation où on gagne un peu d'espace pour essayer de trouver une solution ou démontrer que le pouvoir exécutif qui repose sur E.Macron, puisque S.Lecornu s'est mis à distance, cherche des solutions.

Si on doit en venir à la dissolution, on doit montrer qu'on a essayé jusqu'au bout. Renvoyer la patate chaude de l'échec de ces négociations aux partis politiques, à leur égoïsme, aux ego...

Lecornu a fait une déclaration qui a été au canon, lundi matin. Ca ne veut pas dire qu'E.Macron ne passera pas par la nomination d'un Premier ministre à l'issue de ces 48 heures.

On n'ira pas forcément tout de suite à la dissolution, mais on s'en rapproche. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Le temps de la réflexion de quoi?

A quoi réfléchit-t-il? A la dissolution? A nommer un nouveau Premier ministre, mais avec quelle plateforme?

Je pense que ces 48 heures ont aussi pour but de réfléchir à ce qui reste dans cette Assemblée. Sous la IIIe et la IVe République, on disait qu'une Assemblée était enceinte de plusieurs modalités de gouvernement. Est-ce qu'il nous reste des alliages à tenter?

Je ne suis pas sûre que ce soit le cas. Le président de la République a tout intérêt à essayer de comprendre comment la physionomie de cette nouvelle Assemblée existe. Entre dimanche soir et lundi matin, on n'a plus de socle commun, mais on n'a plus le centre qui vote avec le centre.

Le groupe UDI qui lâche le socle commun, ça veut dire que le Sénat ne votera plus avec l'Assemblée et la commission mixte paritaire. Il faut faire un bilan de ces éléments. On a vécu une forme de sitcom entre dimanche soir et lundi matin.

On a un gouvernement qui s'autodissout. Ca nous est arrivé en 46 où les membres du Parti communiste ont voté la défiance d'un gouvernement dont ils faisaient partie. A part cette erreur, on n'avait jamais vécu ça.

Le temps de se poser ne me paraît pas inutile. Mais faire quelque chose, je n'en suis pas sûre. - C.Roux: Ca date, cette crise politique.

On a le sentiment d'un emballement depuis dimanche soir. A.-C.Bezzina, vous dites qu'il faut que la poussière retombe pour prendre la mesure de ce qui s'est passé avec la démission de S.Lecornu et l'implosion du bloc central. - A.Rosencher: L'impression générale, c'est l'impression de capilotade, que tout se défait, que tout se précipite sous nos yeux.

Le sentiment général le plus répandu parmi les Français, c'est l'effarement. Ca faisait un mois qu'on s'était quasiment habitués, qu'on n'y pensait pas, au fait qu'on n'ait pas de gouvernement. Tout d'un coup, les projecteurs Se braquent à nouveau sur la politique, dans une espèce de chaos qui, je pense, inquiète beaucoup les gens, les désespère, les désole même si, bien entendu, tout ça est l'aboutissement d'une crise qui couve.

Ce début de quinquennat qui est mal né et cette majorité introuvable depuis...

Ca précipite dans une espèce de chaos où personne ne tire son épingle du jeu. Le spectacle général est assez affligeant. - C.Roux: On va parler d'E.Philippe.

Il prend ses distances avec E.Macron. Dans son diagnostic, il parle d'affaissement de l'Etat, d'un Etat qui n'est pas tenu.

Est-ce que c'est cette impression qu'on a avec cette sitcom? - A.Rosencher: Je pense qu'il y a une crise de l'Etat.

On parle souvent des crises de régime, des crises politiques. On ne s'intéresse pas assez à l'Etat qui, depuis de Gaulle, est central. C'est quelque chose...

On a besoin de savoir que les leviers sont tenus, que le pays est gouverné. S'il y a une chose...

La Ve République est complexe. Mais il y a un principe qui la sous-tend: une démocratie a besoin d'être gouvernée. Sinon, elle est fragile, ouverte aux 4 vents extérieurs et intérieurs.

Aujourd'hui, ce qui semble se dessiner, c'est cette crise de l'Etat qui inquiète plus qu'autre chose. - C.Roux: On parlait de crise de régime, la représentativité...

L'idée que l'Etat n'est pas tenu, crise de l'Etat... - J.Jaffré: C'est une attaque majeure sur E.Macron, de la part d'E.Philippe.

Que dit l'article 5 de la Constitution? Le chef de l'Etat est garant du bon fonctionnement des institutions et de la continuité de l'Etat. Quand le général de Gaulle a fait mettre cette expression de continuité de l'Etat, il pensait à 1940.

Le président de la République de l'époque, Albert Lebrun, s'il était parti en Algérie plutôt que de subir l'Armistice en France, la France n'acceptait pas l'occupation et la victoire de l'Allemagne, en tout cas son état n'acceptait pas. De Gaulle est parti à Londres mener le combat. C'est une attaque décisive sur la façon dont Macron gouverne et dirige le pays.

Elle est faite par son ancien Premier ministre, qui a occupé cette fonction pendant 3 ans. C'est plus que le fait que ça va mal dans le bloc central. Quand c'est LFI et Mélenchon qui tiennent ce genre de propos, on n'est pas surpris.

E.Philippe tenant ce genre de propos, c'est une crise majeure, dès lors qu'il réclame une élection présidentielle rapide, et annoncée à l'avance pour avoir le temps d'une campagne. C'est: "Evitons le naufrage." - C.Roux: Nous allons revenir sur la déclaration de G.Attal, cette crise de l'Etat. - A.-C.Bezzina: Et rajouter que ce qui a été intéressant dans la déclaration d'E.Philippe, c'est l'idée qu'il a distingué la fonction de l'homme.

On a eu le sentiment qu'il essayait de parler d'E.Macron chef de l'Etat comme s'il avait oublié. C'était une manière de dire qu'il avait personnalisé le pouvoir. "On ne se sert pas des institutions, on les sert." L'attaque est en bonne et due forme sur l'article 5.

Mais c'est aussi sur le rôle d'E.Macron. - C.Roux: Un mot du RN, qui résume à sa manière la situation. "Soit la dissolution, soit la démission." Ni M.Le Pen ni J.Bardella ne se sont rendus à l'invitation de S.Lecornu.

Le Premier ministre démissionnaire tente une ultime concertation de 48 heures à la demande d'E.Macron. - "Surréaliste", "48 heures chrono"...

Y a-t-il quelqu'un à l'Elysée, se demande "Le Parisien"? Au lendemain de la démission de S.Lecornu, la presse témoigne de la crise politique française.

Le chef de l'Etat est lâché par ses alliés, à commencer par E.Philippe, dont l'annonce a fait l'effet d'une bombe. - E.Philippe: Je crois qu'il doit prendre une initiative.

Il s'honorerait s'il proposait un nom de Premier ministre avec, pour fonction, d'exécuter les affaires courantes et de construire un budget, de faire adopter ce budget. A l'issue, une fois le budget adopté, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, qu'il part après que le budget a été adopté. - Même le chef du parti du président prend ses distances. - G.Attal: Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République.

Il y a eu la dissolution. Depuis, il y a des décisions qui donnent le sentiment d'une forme d'acharnement à vouloir garder la main. - G.Attal tourne le dos à son ancien mentor, même s'il précise ne pas vouloir sa démission.

Une accélération des agendas personnels après les mots d'E.Macron, qui est prêt à prendre ses responsabilités en cas d'échec mercredi soir d'un ultime round de négociations. A Matignon, les réunions s'enchaînent.

Chacun pose ses conditions. - Vous ne fermez pas la porte à une participation dans un gouvernement? - B.Retailleau: A une condition: que ce soit un gouvernement de cohabitation. - B.Retailleau reçu en tête à tête cet après-midi par S.Lecornu.

A gauche, socialistes et écologistes se rendront à Matignon demain. - O.Faure: Je plaide devant vous pour que ce changement de cap ait lieu et qu'un gouvernement de gauche arrive.

Nous avons eu 3 Premiers ministres de droite. - Et il y a ceux qui pensent à l'après, en cas de nouvelles législatives. Les insoumis rêvent de réanimer le nouveau NFP. - M.Bompard: Si le président de la République décide de dissoudre l'Assemblée, nous avons une volonté commune et partagée de présenter des candidatures porteuses du programme du NFP sur l'ensemble des circonscriptions. - Le RN a également rejeté l'invitation à Matignon.

Sur les réseaux sociaux, M.Le Pen s'adresse directement aux Français. - S.Lecornu à nouveau devant la même équation, plus que jamais insoluble, à un peu plus de 24 heures de l'ultimatum fixé par le chef de l'Etat. - C.Roux: On a entendu la détermination de M.Le Pen.

Elle s'était rendue aux concertations à l'invitation de Matignon. Cette fois-ci, elle a dit qu'elle n'irait pas. - N.Schuck: Elle a eu des mots pour expliquer que le président promenait tout le monde avec ses pseudo-consultations.

Personne n'imagine que ça puisse déboucher sur quoi que ce soit. On peut imaginer de façon cynique...

Il y a la panthéonisation de R.Badinter. Peut-être que le président veut un peu de calme politique pour avoir une belle cérémonie.

On peut l'imaginer. Le RN a une ligne claire. Il y a eu une réunion de l'intergroupe hier, les députés d'E.Ciotti et du RN.

Ils ont pris la décision de censurer tout gouvernement, quel qu'il soit. Ca va être difficile de constituer un gouvernement, même si on peut imaginer que le président tente une voie de passage avant d'aller sur la dissolution. Pourquoi pas tenter la gauche?

Il ne l'a pas fait. Il faut purger cette hypothèse avant de partir aux urnes. - C.Roux: Cet après-midi, E.Macron a consulté les présidents des 2 Assemblées, Y.Braun-Pivet et G.Larcher.

Il prépare la dissolution? - J.Jaffré: C'est l'article 12 de la Constitution, qui dit que le président peut dissoudre.

Ca passe par la consultation du président du Sénat et du président de l'Assemblée nationale. Ca me paraît un peu prématuré s'il les a reçus dès cet après-midi alors qu'il annonce 48 heures et que nous pensons qu'il faut qu'il démontre que toutes les possibilités sont utilisées. Je rebondis sur ce que dit N.Schuck sur l'attitude du RN.

B.Retailleau, avec son gouvernement de cohabitation, s'est quasiment déclaré candidat au poste de Premier ministre pour que le pouvoir soit transféré aux Républicains et qu'il y ait des ministres issus du bloc central sous la direction des Républicains. - C.Roux: Il a dit qu'il n'était pas candidat à Matignon. - J.Jaffré: Ca m'a précisément laissé penser qu'il l'était!

On ne se déclare pas candidat, mais on ne pense qu'à ça. Un gouvernement de cohabitation, seul le président des Républicains pourrait occuper cette fonction. Ca m'étonnerait qu'il laisse cette place à L.Wauquiez.

Le fait que le RN annonce censure automatique De tout gouvernement désigné par E.Macron, ça veut dire que si on choisissait un gouvernement de cohabitation en confiant à LR la direction, censure immédiate du RN, quelles que soient les propositions d'un Premier ministre de droite sur l'immigration, etc. La gauche censurant aussi ce gouvernement, il ne ferait pas 2 ou 3 jours.

L'affaire serait réglée. - C.Roux: Toutes les affaires seraient réglées assez vite.

Ca tiendrait Combien de temps, un Premier ministre de gauche? - A.-C.Bezzina: Assez peu.

Arithmétiquement, en comptant tous les groupes, on peut arriver à 288, il me semble, avec le PS, Les Ecologistes et le PC. Ca suppose qu'un centre soit uni autour de la gauche, ce qui est assez ubuesque à imaginer. On peut le tenter.

On peut tenter une hypothèse d'appel à J.Bardella. C'est le premier groupe à l'Assemblée nationale. - C.Roux: Il peut le décréter, le chef de l'Etat? - A.-C.Bezzina: Sous la IVe République, on appelait ça vider les hypothèques.

Je ne suis pas sûre que ce soit une obligation. Je ne suis pas sûre que ce soit dans les moeurs du président. A la fin du mois d'août de l'an dernier, il a dit que le gouvernement de L.Castets tomberait en 24 heures.

La consultation des présidents des Assemblées nous laisse entendre que le gouvernement de 48 heures ne font pas bonne presse dans une période budgétaire très tendue, sur laquelle les plannings commencent à avancer dangereusement. On est en train de violer le délai organique de dépôt de budget et le délai constitutionnel de dépôt de ce budget. Le temps presse.

La dissolution s'annonce de manière immanquable. - C.Roux: A.Rosencher, la dissolution est inéluctable? - A.Rosencher: Oui.

On ne voit pas très bien ce qu'il en ressortira. L'idée est de se dire que cette fois, il y aura peut-être quelque chose de plus clair. On a le sentiment d'être au bout du bout du bout de quelque chose.

C'est assez inquiétant. On ne voit pas par où la clarification pourra venir. Il y a eu plusieurs fautes graves de stratégie politique d'E.Macron depuis le début de ce 2e quinquennat.

D'abord, ne pas avoir pris acte de ce fait politique majeur qui était qu'un mois après avoir été réélu, il n'avait pas la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Ca le contraignait. Il ne pouvait pas se satisfaire de la légitimité de l'élection présidentielle.

Il ne pouvait pas tout miser dessus. Dans ce vote aux législatives, il y avait l'idée de dire qu'il avait été élu un peu par dépit pour faire barrage à M.Le Pen. - C.Roux: C'est ça qu'on paye aujourd'hui? - A.Rosencher: Je pense.

Il aurait dû tout faire pour tenter une coalition soit avec LR, ce qu'il y avait de plus logique, soit peut-être avec le centre gauche. A ce moment-là, il aurait dû se dire qu'il ne pourrait pas tenir sur cette faible légitimité à l'Assemblée nationale. Depuis, on a tout eu.

On a eu différents Premiers ministres, la dissolution, une motion de censure, un vote de défiance, un gouvernement qui s'autodissout dans la journée...

On va recommencer avec une dissolution? - C.Roux: C'est clairement le pari que fait M.Le Pen, la dissolution.

J.Bardella dit qu'il est prêt à tendre la main à LR. Il pourrait bénéficier de cette fracture au sein de LR pour faire l'union des droites, ce que certains souhaitent côté RN.

Certains partis poussent ce scénario. - N.Schuck: L'intérêt du RN est d'aller à la dissolution.

C'est un scénario catastrophique pour la droite. On peut imaginer qu'on se retrouve, vu les sondages, avec un RN très fort, qui aurait la majorité absolue ou une majorité relative qui ne lui permettrait pas de gouverner seul. Vous imaginez la pression sur Les Républicains et les électeurs de droite?

Derrière, il pourrait y avoir une explosion. - C.Roux: B.Retailleau appelle à ne pas voter pour la gauche face à un candidat UDR, soutenu par le RN, dans le Tarn-et-Garonne, lors d'une législative partielle. - N.Schuck: Jusqu'ici, on avait le "ni-ni" de la droite.

Maintenant, la droite dit: "Pas de candidat de gauche." - A.-C.Bezzina: C'est ce qui est contenu dans la journée de dimanche, cette scission en 2 blocs de LR.

Il y a une tentation d'aller plus à la droite de la droite. - C.Roux: Ce sera un des enjeux majeurs de ces législatives, si législatives il y a.

Remarque. - N.Schuck: C'est très curieux.

Ces derniers jours, E.Philippe se targuait d'être un de ceux qui avaient été le plus loyal envers le président de la République alors même qu'il a pris ses distances. Il jette un pavé dans la mare politique alors même que ce qu'il a proposé, une présidentielle anticipée différée... - C.Roux: C'est-à-dire... - N.Schuck: Il dit qu'on passe d'abord le budget.

Peut-être que les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat ont été reçus pour parler du budget. Ca permet de faire un petit paquet d'économies, si on passe le budget de l'an dernier. L'ancien Premier ministre a dit qu'après le budget, il fallait qu'E.Macron annonce qu'il quitterait son mandat mais qu'on attendrait que le budget soit passé pour qu'il parte.

Ca ne marche pas. - C.Roux: On ne peut pas démissionner en 2 temps. - A.-C.Bezzina: Voilà.

On ne peut pas lancer une campagne juste en le disant. La parole présidentielle ne crée pas de droit. Même si E.Macron annonce qu'il démissionne, il n'y a que le jour où il démissionnera qu'on pourra constater une vacance de la présidence de la République.

On ne connaît même pas le mot "démission", dans la Constitution. On ne connaît que le mot "vacance". Le Conseil constitutionnel doit déclarer qu'il n'y a plus personne à l'Elysée.

A ce moment-là, on lance une campagne de 35 jours. Il ne peut pas y avoir de précampagne programmatique. On ne pourra pas la financer par des meetings, on ne pourra pas savoir qui sont les candidats car il n'y aura pas de parrainage.

Comment on pourra gérer les temps de parole? On est en train de rompre le dogme de l'égalité républicaine sur lequel repose la loi de 62 sur l'élection du président. 35 jours et pas plus. - C.Roux: Pourquoi E.Philippe dit démission et pas dissolution? - J.Jaffré: Il a changé de pied.

Ca devient un colloque constitutionnel. - C.Roux: On y va...

Il y a un gros niveau, sur "C dans l'air"... - J.Jaffré: Si la dissolution intervient et qu'elle conduit à la démission d'E.Macron, parce que c'est un plan en 2 étapes, pour ceux qui réclament la dissolution...

Le président est à nouveau sévèrement battu dans les urnes et ça finit par sa démission. A ce moment-là, il y a la présidentielle. Mais le président élu ne peut pas dissoudre, car la dissolution vient d'avoir lieu!

La révision constitutionnelle de 2008 a été mal faite. Elle aurait pu préciser que si on change de président, ce président nouveau peut dissoudre même si on a dissous dans l'année précédant. Manifestement, il y aura ce problème d'une révision sur ce sujet.

C'est un vice de la Constitution. Imaginons que la dissolution ne donne aucune majorité, sauf une majorité relative au RN. - C.Roux: C'est le risque. - J.Jaffré: C'est même le plus probable.

Si vous avez un président élu, par exemple E.Philippe...

Comme il ne peut pas dissoudre, il se retrouve avec une Assemblée pendant un an dominée par le RN. Il perd son pouvoir d'agir dans l'année qui suit, Le moment moment d'agir des présidents. Puis, il est bloqué jusqu'à la fin.

A la fin, il n'est plus populaire. Et il perd les élections. Ce qui m'a frappé, c'est qu'E.Philippe cogne autant sur E.Macron, alors qu'il y a une logique politique et démocratique dans ce qu'il dit. - A.Rosencher: C'est une décision morale personnelle.

Elle ne peut pas être exclue du champ des hypothèses. Il est assez sain d'en débattre aussi. A partir du moment où on a cette situation d'un président extrêmement affaibli et d'une majorité introuvable à l'Assemblée, il faut qu'on regarde toutes les hypothèses.

Ca ne me choque pas d'en débattre. - C.Roux: Ca ne vous choque pas qu'un ancien Premier ministre appelle à la démission du chef de l'Etat? - A.Rosencher: Ca devrait plutôt être du texto ou un dîner entre eux...

Ca ajoute du débat au débat et de la crise à la crise. Sur l'hypothèse...

Politiquement, il faut qu'on se sorte de cette situation. On ne peut pas continuer d'être gouvernés en mode aussi dégradé. - C.Roux: L'une des remarques faites par G.Attal, qui dit qu'il ne joindra pas sa voix à ceux qui appellent à la démission du chef de l'Etat, il dit que ce serait affaiblir la fonction présidentielle.

Est-ce qu'on peut être président pour 6 mois et si ça passe mal, on peut démissionner? Sa fonction n'est pas abîmée. - A.Rosencher: De Gaulle a démissionné.

On ne peut pas dire qu'il avait affaibli la fonction présidentielle...

Dans la mesure où on n'est plus dans les années du gaullisme, c'est pour ça qu'il faut y aller un peu plus prudemment. Ce serait un séisme, bien entendu. Aujourd'hui, on est dans une crise plus profonde que les petits rebondissements, même s'ils sont spectaculaires, des dernières 24 heures ou des 6 derniers mois.

Il faut qu'on se sorte d'une ornière dont on ne voit pas comment on va sortir. Tous les scénarios envisagés, on ne voit pas quelle majorité... - C.Roux: Ce matin, il y a eu un sondage Odoxa publié Par "Le Figaro". 50 % des Français estiment que le meilleur moyen de sortir de la crise politique est la démission du chef de l'Etat. - A.Rosencher: Attention aux sondages. - C.Roux: C'est 26 % pour la dissolution et 20 % pour un nouveau Premier ministre. - A.Rosencher: Il me semble important, en démocratie, de débattre de ça. - A.-C.Bezzina: Dans l'idée d'E.Philippe, en se disant qu'on va faire une présidentielle de 35 jours après une dissolution, le tout avec des municipales à gérer dans l'année...

J'ai peur qu'on ait peu de temps. Je laisse 5 heures pour qu'on arrive à débattre du calendrier. Dans le chantage à la démission, c'est mal comprendre le geste gaullien.

En 68, toute l'année, il me semble que tous les appels à la démission du général de Gaulle se heurtent à l'idée qu'il ne démissionnera pas si on l'y contraint. En 69, il dit qu'il partira. La logique gaullienne n'est pas totalement celle qui existe aujourd'hui.

Et il avait 3 ans de mandat à tirer ensuite. Il y avait de l'air politique. Sur l'affaiblissement, on est en train de mettre à mal la démocratie représentative.

On ne peut pas créer de débat en 40 à 60 jours. Si on commence à s'abonner au fait que les mandats peuvent être à la main de la circonstance politique, on met fin à une certaine manière de voir la démocratie représentative. - N.Schuck: Est-ce que c'est souhaitable, d'avoir une présidentielle anticipée?

Est-ce qu'on a un véritable débat en 35 jours? Ca me paraît très compliqué. C'est la prime offerte aux extrêmes et à tous les arguments populistes.

Je ne suis pas sûre que ce soit de bonnes conditions démocratique. On a besoin de se poser, de débattre. Ca ne se fait pas en 35 jours. - C.Roux: Les anciens alliés d'E.Macron le lâchent. "C'est le pire président de la Ve et j'espère qu'il n'en est pas le fossoyeur." C'est les mots d'A.Minc.

Un mot sur G.Attal, qui, pas après pas, marque sa différence, sa distance, vis-à-vis de celui qui l'a fait Premier ministre. - N.Schuck: Et qui ne se remet pas du fait d'avoir été démis de ses fonctions par la dissolution de juin 2024.

Est-ce que tout ça est constructif? Je ne crois pas. - C.Roux: Il est suivi par l'ensemble de son groupe? - N.Schuck: Sans doute essaie-t-il de ressouder son parti qui a été très secoué.

La dissolution, qui en serait victime? Ca avantage qui? Potentiellement les extrêmes.

Le bloc central risquerait de se retrouver rétréci au lavage de façon considérable. Il n'y a aucun intérêt pour lui. - J.Jaffré: L'effondrement du bloc central électoral est massif.

Il y a eu une élection partielle ce dimanche dans le Tarn-et-Garonne. La candidate macroniste a fait 5 % des voix. Le candidat LR a fait 17 % des voix.

Ce genre de choses fait que B.Retailleau dit que les rapports de force entre LR et le bloc central ne sont plus les mêmes. "Nous sommes au moins aussi puissants que vous." Le Tarn-et-Garonne n'était pas la terre la plus facile du macronisme électoral, qui vivait plutôt dans les grandes villes.

En ce qui concerne G.Attal, il pèse de toutes ses forces pour qu'on trouve une solution vers le centre gauche. Il souhaite un Premier ministre de centre gauche, presque accepter un Premier ministre socialiste, comme O.Faure, si celui-ci met beaucoup d'eau dans son vin.

Compte tenu du fait qu'Attal exécute Macron, ça ne facilite pas la nomination d'un Premier ministre de centre gauche. - C.Roux: Est-ce que ça compte, dans ce moment d'intense confusion, de chaos, de crise de régime, est-ce que ça compte d'être lâché par 2 anciens Premiers ministres?

Dans la réflexion d'un chef de l'Etat, à ce stade de son mandat, avec l'impopularité qui est la sienne, ça peut peser? - J.Jaffré: Ca pèse très lourd chez les Français.

Ca compte! Chez les Français, celui qui tient le parti macroniste, G.Attal, celui qui était considéré comme l'homme d'Etat qui pouvait se faire élire après E.Macron, qu'ils tiennent des propos pareils, c'est un affaissement.

Je pense que la fonction présidentielle est assez profondément atteinte par tous ces débats. Pour la réflexion d'E.Macron, ça durcit son envie de combattre, certainement.

Tel qu'on connaît le président, à mon avis, ça le dope. - N.Schuck: Les voix qui étaient raisonnables dans la classe politique, aujourd'hui, il y a une soif de sang et une colère tournée contre E.Macron.

Ca vient aussi du fait qu'on a un pouvoir extrêmement solitaire. Tous les gens qui parlaient au président de la République disent qu'il ne leur parle plus, qu'il ne les entend plus. "Les couloirs de l'Elysée, c'est devenu'Shining'." - C.Roux: Le coût de l'instabilité politique a été chiffré.

C'est 9 milliards en moins de PIB, selon le patron du Medef. La Bourse de Paris a plongé dans le rouge. J.Pisani-Ferry est l'un de ceux qui ont cru en E.Macron.

Il a été l'un des artisans de son programme économique en 2017. Mais depuis, lui aussi est désenchanté. - L'image symbolique du plus jeune président de la République tout juste élu en 2017.

Un soir de consécration, promesse de renouveau, dont se souvient bien J.Pisani-Ferry, artisan du programme économique d'E.Macron, à l'époque. - E.Macron: Vous avez choisi l'audace.

Cette audace, nous la poursuivrons. Chaque jour qui vient, nous continuerons... - 8 ans plus tard, c'est la désillusion. - J.Pisani-Ferry: Je suis en colère.

J'avais cru que le macronisme allait repousser les extrêmes, allait recréer un espace non pas de consensus mais de débat, de construction, de compromis entre des gens qui venaient de la gauche et de la droite. A la fois son style de gouvernement, la nature des mesures qu'il a prises ou pas, ça a eu pour effet de créer l'inverse, d'augmenter encore l'attrait du RN. - L'échec du "en même temps" et une politique économique que J.Pisani-Ferry juge trop tournée vers les plus aisés...

Exemple: la théorie du ruissellement selon laquelle favoriser les revenus des plus riches profiterait à l'ensemble de la société. - J.Pisani-Ferry: C'était une expression malheureuse.

Ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire. On a eu cette idée qui était assez répandue qu'à partir du moment où on crée de la richesse, on n'a pas à se préoccuper de la manière dont cette richesse était répartie, qu'une forme de magie allait prendre soin du fait que les revenus arrivent là où ils doivent arriver. C'était une erreur. - Une illusion économique et de lourdes maladresses politiques. - F.Bayrou: B.Arnault est devenu figure emblématique.

Lui et ses semblables sont devenus les cibles. Ils sont comme ces poupées vaudoues dans lesquelles on plante des aiguilles pour les atteindre. - J.Pisani-Ferry: Ca témoigne d'une assez grande incompréhension pour la question du caractère indécent de l'accumulation de ces fortunes, dans un pays dans lequel la croissance est faible, dans lequel beaucoup de gens doivent se serrer la ceinture. - Pour rétablir l'équilibre, J.Pisani-Ferry plaide pour la mise en place de la taxe Zucman dispositif dont E.Macron veut pas. - J.Pisani-Ferry: C'est une erreur politique.

La caractéristique de l'économie moderne, c'est qu'on peut gagner en richesse sans passer par l'étape revenus. La valorisation des actifs, des patrimoines, c'est devenu énorme. Il me semble important de montrer que tout le monde doit contribuer à cet effort de redressement.

C'est pour ça que les mesures qui visent les très grandes fortunes me paraissent être une part importante de l'équation de la stratégie budgétaire. - Un président qui ne convainc pas. 74 % des Français ont une opinion négative de son action économique. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Pourquoi pas?

Même après une dissolution, il va falloir essayer de se dire qu'on ne fera plus de politique. J'ai l'impression que l'Assemblée nationale ne le permet plus. Si on change d'Assemblée, peut-être que la donne changera.

On est en train de se demander si les urgences comme l'urgence budgétaire pourront être gérées. Ca me semble une solution raisonnable dans l'attente de vraies échéances démocratiques. - A.Rosencher: On pourrait se demander si ce n'est pas le projet ultime du macronisme.

Je rappelle cette phrase d'E.Macron en septembre 2016. Il avait dit: "Les 2 grands partis politiques, c'est l'amicale des boulistes sans l'amitié et sans les boules." Sous-entendu: il va falloir les réduire en poussière.

Le gouvernement technique, c'est l'achèvement de ce projet. J'imagine que les partis politiques qui sont au Parlement se vengeront en censurant. - A.-C.Bezzina: Et c'est dangereux.

On viderait le politique de son sens. On commencerait à s'abonner au fait que les Français préfèrent tout sauf la politique. - C.Roux: Ce qu'ils disent sondage après sondage. - J.Jaffré: Et il faut trouver la personne idoine, qui accepte un poste pour 8 ou 15 jours, qui affronte ce qu'est l'Assemblée nationale d'aujourd'hui, alors que par définition, ce serait un non politique.

L'oiseau rare serait difficile à trouver. - C.Roux: Il va falloir faire voter un budget.

On n'est plus dans les délais. - A.-C.Bezzina: Non.

On a violé ce matin le délai de la loi organique. Le dépôt doit se faire le premier mardi d'octobre. C'est déjà râpé.

L'article 47 de la Constitution demande 70 jours de débat au sein du Parlement. Il y a fort à parier que c'est autour du 13 ou 14 octobre qu'on arrivera à avoir ces 70 jours de débat. Soit le Conseil constitutionnel est clément et on trouve le super Premier ministre qui arrive à faire voter le budget en moins de 50 jours, et on aura un budget pour la fin d'année et c'est merveilleux.

Je vois mal le Conseil constitutionnel censurer. L'autre option vers laquelle on s'oriente largement, c'est celle de la loi de finances spéciale. On commence à avoir l'habitude.

C'est une reconduction du budget antérieur. C'est comme ça que la IVe République est morte. A force de faire des budgets en mars ou avril, on pourra tarder.

La vraie question, c'est cette loi de finances spéciale. Est-ce vraiment ce qu'il nous faut? Les marchés sont quand même à nous regarder.

Ca paralyse l'action publique. Ca veut dire qu'on s'abonne aux affaires courantes même en matière financière. - C.Roux: E.Coquerel dit ceci. - A.-C.Bezzina: C'est vrai.

Constitutionnellement, il pourra discuter d'une loi de finances spéciale, de la partie qui concerne "sauver les meubles", mais le reste, non. - C.Roux: E.Macron, qu'est-ce qu'il a en tête?

Le risque sur les marchés? La nécessité de garder une forme d'attractivité? Est-ce que la question économique, qui était au coeur de ses mandats, conduit ses décisions encore aujourd'hui? - A.Rosencher: C'est une vraie question.

On va voir si le président va tenter une dernière carte en mettant un gouvernement de gauche, en confiant les clés à la gauche, qui a dit être prête. Ca peut voler sur le papier si LFI ne censure pas. Ca peut fonctionner.

Après, ça veut dire que c'est une remise en cause profonde de sa politique de l'offre. On n'imagine pas un gouvernement mené par le PS et la gauche modérée, dans le meilleur des cas, ne pas aller sur une remise en cause de la réforme des retraites, des textes qu'il a pu faire voter sur le patrimoine, l'ISF, etc. On peut voir resurgir ces choses-là.

J'ai un énorme doute sur cette piste. Le président a montré qu'il ne voulait pas remettre en question sa politique économique. - C.Roux: Est-ce plus simple à gauche?

Est-ce que la gauche se prépare au cas où E.Macron choisirait cette option? - J.Jaffré: Ca n'est pas plus simple.

Je désole peut-être beaucoup de nos téléspectateurs qui aimeraient trouver un peu de simplicité, quelque part. Le PS est devant cette question, et E.Macron aussi.

Ne pas avoir désigné dans ce jeu des Premiers ministres un représentant de gauche lui serait reproché dans une dissolution très fortement. Ca n'est pas normal...

Le Nouveau Front populaire était arrivé avec celui qui avait le plus de députés. A aucun moment vous ne lui avez permis de gouverner. C'est un reproche grave.

L'objectif de séparer clairement le PS de LFI serait donné en nommant un gouvernement de gauche. La fureur des LFI ne tarderait pas. Toute mesure de compromis que prendrait un gouvernement de gauche serait immédiatement condamnée par LFI comme une capitulation ou un scandale.

LFI voterait très vite une censure. LFI est maintenant lancé dans une opération assez drôle consistant à expliquer qu'on refait la Nupes dans toutes les circonscriptions après nous avoir expliqué pendant des semaines que plus jamais les socialistes...

C'est pour piéger les socialistes, les empêcher de mener des candidatures séparées de LFI. On a une gauche qui ne sait pas très bien comment affronter une dissolution, sauf LFI. Le grand bénéficiaire de la période actuelle, c'est le RN.

Mais le grand organisateur du désordre actuel, c'est LFI. Les 2 s'y sont mis avec beaucoup d'énergie. - C.Roux: J'ai du mal à résumer nos propos.

On essaie d'imaginer les pistes les plus probables. C'est sans doute la question que se pose les téléspectateurs. On essaie de se mettre dans la tête d'E.Macron.

A chaque fois qu'on ouvre une porte, l'un d'entre vous est là pour dire que ça va tenir 24 ou 48 heures. Si on fait une dissolution, on n'est pas garantis d'avoir une majorité absolue ou relative qui nous sorte de cette confusion. Il n'y a pas de bonne solution. - A.Rosencher: D'abord, on est en crise, comme la plupart des pays occidentaux, des sociétés occidentales.

Avec nos folklores à nous...

Tolstoï disait: "Toutes les familles sont malheureuses à leur façon." On traverse quelque chose que nos voisins traversent avec les mêmes phénomènes, la volonté de reprendre en main les leviers de la politique, ce même phénomène de guerre culturelle ou politique entre les métropoles et le reste des pays...

On est dans des histoires de "quelle coalition"...

C'est ce qui sous-tend tout depuis 30 ans. Avec notre folklore à nous, qu'est-ce qui s'est passé? On a fait le barrage républicain.

Bien sûr qu'il fallait le faire, ce n'est pas la question. Mais en misant tout sur la morale et en s'exonérant de faire de la politique et de toujours chercher le fait majoritaire, on a un peu, et même beaucoup, tordu le principe de nos institutions, du scrutin majoritaire. On a aujourd'hui cette enquête de l'Ifop qui est un peu passée à l'as, car l'actualité va tellement vite, mais qui était incroyable.

Dans le cas où le 1er tour de la présidentielle aurait lieu ce week-end, le RN arriverait entre 33 % et 35 %. Le 1er challenger est à 16. C'est la situation d'aujourd'hui.

Néanmoins, il y a un barrage qui tient encore. Aux dernières législatives, il a tenu. Mais combien de temps?

A quel niveau? On est là à cause de cette inconséquence, cette idée que finalement, on a sorti du champ politique beaucoup de questions et beaucoup de débats pour prendre des postures morales et ne pas travailler sur le fond. Maintenant, on cherche des trucs institutionnels pour résoudre une crise politique. - C.Roux: Je m'arrête sur ce que vous venez de dire.

Quand E.Philippe a dû voir ce sondage, il s'est peut-être dit qu'il fallait qu'il bouge. Il a dégringolé dans les enquêtes d'opinion.

Ce sondage, ça veut dire qu'on n'est pas du tout dans le même cadre que lors des précédentes législatives. On s'est demandé pourquoi E.Macron avait dissous après les européennes. - A.-C.Bezzina: Il me semble que l'avantage, c'est que choisir un nouveau Premier ministre alors que dimanche soir, le socle commun s'est effondré, alors que l'Assemblée s'effrite, qu'on n'a plus de centre uni, ça pose un problème.

La gauche pourrait durer 48 heures. Vider les hypothèques, ça semble dangereux. Démissionner, pour le président, ça va précipiter des calendriers politiques.

La dissolution a l'avantage que, même si on redistribue le schéma, les Français se seront prononcés. Quand bien même ils donneraient le même étiage, ça aura un effet. L'Assemblée devra travailler.

On peut peut-être contraindre à quelque chose sur cette base. Les institutions ne peuvent pas tout. Il n'existe pas de solution magique à sortir du chapeau.

Le président s'est mis dans cette situation. Ce qui s'est passé dimanche est très important. On a la première historique d'un gouvernement qui démontre qu'il n'a plus aucun soutien parlementaire.

Il ne représente même plus une base. Le socle commun, c'était le plus petit dénominateur commun. Il s'est effondré. - C.Roux: Sur le terrain, les élus encaissent mal les coups de boutoir et de semonce de la vie politique.

Au-delà de la colère, ce sont les projets des municipalités qui ont été mises en pause, comme dans cette mairie de Barentin, près de Rouen. - A Barentin, un ciel gris et une ambiance morose. L'actualité politique s'invite dans ce café où le maire vient prendre le pouls des habitants. -5 Premiers ministres en 2 ans, moins de 2 ans...

Tout le monde est dans l'incertitude. Incertitude politique...

Ils ne savent pas s'ils vont se faire manger par les impôts, par les taxes. Est-ce que ça passe? - Un feuilleton politique que C.Bouillon, maire, suit péniblement. - C.Bouillon: On montre une image qui est une image de déconnexion la plus totale.

A un moment ou à un autre, la corde va se rompre et les digues vont sauter. On nous considère souvent comme des amortisseurs sociaux, les élus locaux. C'est le rôle qu'on joue dans les crises, on est là.

Habituellement, on a quelques arguments à faire jouer. Aujourd'hui, on est nous-mêmes un peu dans le brouillard total. - L'instabilité politique de ces derniers mois paralyse les projets de la ville.

Cette crèche devait être rénovée depuis longtemps. - On est une passoire thermique. Dès qu'il pleut ou qu'il y a du vent, ça s'infiltre. - Mais le chantier à 900 000 euros est reporté.

Impossible, pour le maire, de s'engager Tant que le budget national n'est pas voté. - C.Bouillon: C'est un risque pour toute commune.

Cette crèche a besoin d'être rénovée. On ne peut pas se lancer à l'aveugle sans savoir si on aura des bonnes subventions du côté de l'Etat. Ne pas savoir si l'Etat nous fait les poches... - Une situation de blocage qui touche de nombreux élus locaux, réunis ce matin en visio pour une réunion extraordinaire. - C.Bouillon: Je propose qu'on commence sur l'actualité. - Des maires agacés par l'absence de compromis entre gouvernement et opposition. - Je suis président d'une intercommunalité qui a des sensibilités différentes.

Pourtant, on arrive à mener nos projets ensemble, à avancer. - C'était pour éviter que l'extrême droite arrive au pouvoir. C'était porteur d'espoir.

On s'est dit qu'on arriverait peut-être à s'entendre et à avoir un gouvernement d'unité nationale. C'est peut-être ce qu'on a raté. - C.Bouillon: Tout le monde est dans la surenchère.

Même dans le bloc central, il y en a. - Quant au président de la République... - C.Bouillon: Il a été porteur d'un espoir.

Aujourd'hui, les espoirs sont un peu déçus. - Si le maire est critique, il n'apprécie pas pour autant les règlements de comptes dans la macronie. - C.Bouillon: Quand on est proche du président, comme c'était le cas de G.Attal ou d'E.Philippe, c'est l'occasion de dire qu'on va utiliser cette proximité pour le convaincre de bouger et de changer la méthode. - Elus de terrain, les maires échappent à la crise et restent la figure politique dans laquelle les Français ont le plus confiance.

Une cote proche de 70 %. - C.Roux: Heureusement qu'il y a les maires en ce moment. - A.Rosencher: Pour les cotes de confiance, tout à fait.

C'est intéressant parce qu'ils ont échappé à la crise de défiance qui touche la politique. Je pense qu'il y a cette idée que les maires, quand ils peuvent...

Ils ont des leviers et ils peuvent changer des choses quand ils peuvent. On leur fait confiance pour agir dans le sens de l'intérêt général, ce qui n'est malheureusement plus le cas au niveau national. C'est ça, la vraie crise de défiance. - C.Roux: Ca a des conséquences très concrètes dans la vie locale. - A.Rosencher: Et ce besoin d'intérêt général se ressent dans les études de confiance.

Dans la dernière étude sur les fractures françaises de l'Ipsos, j'avais remarqué que la cote de confiance envers les grandes entreprises...

Les PME, on est habitués. Elle a augmenté de 34 % en 2019 à 48 % en 2024. Les Français ont quand même envie de se dire qu'il y a des gens qui travaillent à l'intérêt général.

On est en dessous de 50 % pour les grandes entreprises, mais c'est contre-intuitif en France. Ca veut dire qu'il y a ce besoin d'intérêt général. - C.Roux: Ce maire disait: "Si ça continue comme ça, ça va craquer." On n'a pas d'indicateurs.

On a un sentiment de colère des Français, une crise de confiance vis-à-vis des politiques. Que devient cette colère? Celle qui s'exprime dans les enquêtes d'opinion... - J.Jaffré: D'abord, les maires sont un élément stabilisateur, un des rares de ce système politique.

Les maires sont inquiets car il va y avoir des municipales en mars. C'est très concret. Ils se demandent si ce chaos politique...

Quels effets aura ce chaos? Je parle plutôt des maires des villes moyennes ou des grandes villes. Ailleurs, les choses se passent différemment.

Dans les villes importantes, il y a une politisation des élections municipales et une incertitude des maires. Dans cet hymne aux maires, je voudrais être plus critique. Les maires se sont beaucoup appuyés sur un double discours.

En gros, ce qui va bien dans la commune, c'est grâce à l'action du maire. Ce qui va mal, c'est la faute de l'Etat qui ne donne pas assez d'argent et qui réduit nos subventions. Donc la crise au sommet du pays, d'une certaine façon, les élus locaux y ont un peu contribué. - C.Roux: Nous revenons à vos questions. - N.Schuck: Il est permis d'avoir un petit doute sur la question.

Suite à la dissolution de juin 2024, il a nommé un LR, M.Barnier. C'était un signe de cohabitation.

Puis, il est passé à F.Bayrou, qui était son allié, pour atterrir sur S.Lecornu, qui était son lieutenant.

Peut-il prendre quelqu'un qui ne soit pas du même côté que lui? Mystère. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: On peut écarter LFI, déjà.

On peut écarter Les Ecologistes, qui ont eu la dent très dure envers E.Macron. La majorité des députés écologistes ont voté la motion de destitution pour E.Macron.

Dans cette question, on oublie B.Cazeneuve et R.Glucksmann.

Ils ne sont d'aucun de ces partis. B.Cazeneuve serait un Premier ministre possible, mais O.Faure a très envie du poste. - A.-C.Bezzina: C'est ce qui a changé depuis 2024.

On se disait que le président avait les mains liées, mais le groupe a explosé. - C.Roux: Question.

Là aussi, les choses sont en train de bouger. - N.Schuck: Il y a une pression à la base des Républicains.

J'en avais parlé avec B.Retailleau. Il m'a toujours dit que l'union des droites, il fallait la faire par les électeurs.

La droite doit siphonner l'électorat du RN. Pour autant, on voit bien que ça bouge. - C.Roux: Question.

Est-ce qu'il peut le faire? - A.-C.Bezzina: Bien sûr.

C'est une hypothèse qui reste sur la table pour vider cette assemblée complètement. C'est le 1er groupe à l'Assemblée. Ca aurait du sens.

La politique de la chaise vide du RN consiste à dire qu'ils n'iront pas en dessous de 288 députés. Ce sera hors de question pour eux. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: La question de l'exigence est un peu dépassée.

Macron n'est plus en situation d'exiger. Former une majorité, ça ne peut pas exister dans cette assemblée compte tenu de la tripartition de l'opposition et de l'antagonisme. Il est intéressant qu'E.Philippe ait mis l'accent sur le fait que, s'il y a une présidentielle différée, il faut l'annoncer mais ça passe par le vote du budget. - A.-C.Bezzina: Constitutionnellement, on ne peut pas avoir un Parlement qui dépose son propre budget.

Ca doit être un projet de loi. Ca ne peut être que le gouvernement. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Il est démissionnaire officiellement depuis aujourd'hui.

Le décret de fin de fonction a bien été publié, sur la base d'une mauvaise disposition constitutionnelle...

Il est officiellement en fin de fonction, donc démissionnaire aujourd'hui. - C.Roux: Le président pourrait le renommer? - A.-C.Bezzina: Oui, mais ce serait inédit.

Il l'a fait pour G.Pompidou mais on avait changé d'Assemblée. - A.Rosencher: Et S.Lecornu a dit qu'il ne le souhaitait pas. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Oui.

C'est une question très fine. E.Macron est devenu un peu le bouc émissaire du pays tout entier.

Ca prouve que nos institutions ne fonctionnent plus normalement. Le président est considéré comme coupable de tous les péchés, même s'il en a fait beaucoup...

Les partis politiques renvoient tout sur E.Macron alors qu'ils ont quand même de lourdes responsabilités aussi dans le mauvais fonctionnement du pays. Ca peut affaiblir tous les prochains présidents de la République. - C.Roux: Question. - A.-C.Bezzina: Potentiellement.

La seule question, c'est si la démission est une solution. 15 jours pour discuter...

Est-ce qu'on a vraiment besoin de ça dans notre calendrier? - C.Roux: Question. - N.Schuck: C'est un tout petit peu plus compliqué que ça.

Il y a la personnalité de B.Le Maire qui ne revient pas à la droite. Après, il y a eu 15 jours où le président des Républicains s'est fait balader par S.Lecornu, qui lui a fait des promesses qu'il n'a jamais tenues.

C'est tout ça qui explique la décision de B.Retailleau. C'était un piège et il ne fallait pas y aller. - C.Roux: Hors de question qu'il revienne? - N.Schuck: Ca me semble très compliqué, sauf à se déjuger. - C.Roux: Question. - A.Rosencher: C'est toujours démocratique de revenir au peuple. - A.-C.Bezzina: Sûrement les deux. - C.Roux: Question?

C'est toujours des moments difficiles pour les chefs de l'Etat. - J.Jaffré: Il faudrait passer directement au 3e mandat! - C.Roux: Fin de cette émission.

Un message de bienvenue dans un climat compliqué...

Bienvenue à Zoé, la petite-fille de J.Jaffré qui est née durant ce "C dans l'air". On félicite sa maman, son papa et son grand-père.

Bonsoir, Anne-Elisabeth. - A.-E.Lemoine: Ca fait du bien, une bonne nouvelle.

Au programme: les commémorations du 7-Octobre et l'espoir de la libération des derniers otages. Les derniers rebondissements du procès Jubillar, les débats électriques entre le camp Hidalgo et le camp Dati...

J.-F.Copé sera notre invité. - C.Roux: Très bonne émission.