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interviewAvec Édouard (Horizons)· 17 mars 2025

Discours d'Édouard Philippe au Congrès Horizons de Lille - 16 mars 2025

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Mes amis, rien n'importe autant que d'assurer, quoi qu'il arrive, la légitimité de l'Etat. C'est un plaisir d'être ici. C'est un plaisir d'être ici devant vous, si nombreux, de retrouver des amis, des compagnons qui sont engagés dès le début, des visages dont je sais qu'ils sont venus du Nord, venus des Hauts-de-France, venus de l'Île-de-France, de la Normandie.

Je vous préviens, si la Bretagne fait plus de bruit que la Normandie, vous allez m'entendre. Il y a des Bretons ? Il y a des Normands aussi.

Certains sont venus du Grand Est, évidemment. Et puis, mes amis, il y a des gens qui sont venus de loin, de l'Isère. J'ai rencontré tout à l'heure... là-bas.

J'ai rencontré des gens qui venaient de la Ciotat. La Ciotat-Lille. Je voudrais aussi, et surtout, et vous le comprendrez, saluer celles et ceux de nos amis qui sont venus alors qu'ils habitent à l'étranger, les Français de l'étranger.

Il y en a quelques-uns dans cette salle. Je voudrais que vous leur fassiez un tonnerre d'applaudissements. Et peut-être... et peut-être, au moins autant qu'à eux, un immense tonnerre d'applaudissements pour nos amis d'outre-mer.

Il y en a quelques-uns qui ont fait le déplacement. Et franchement, ça nous touche ! Et si vous êtes tous là, au fond, c'est parce que vous croyez à l'action collective, c'est parce que vous croyez à la politique, et que c'est parce que vous croyez à la France.

Et je trouve ça extrêmement réjouissant. Mais beaucoup de gens l'ont dit avant moi, je suis aussi assez heureux d'être ici parce que c'est à Lille et parce que nous sommes à Lille. Ceux qui me connaissent le savent.

Eh oui, ceux qui me connaissent le savent. Je suis moitié avrais, moitié lillois. C'est un bon mélange.

Un mélange du Nord et de la mer. J'aime Lille. J'aime son accent.

Son accent du Nord. Je ne vais pas le faire. J'aime l'ambiance de ses bars quand on y boit une bière tard le soir et parfois tôt le matin.

J'aime ses gaufres. J'aime le café chaud qu'on vous sert à toute heure du jour et de la nuit quand vous arrivez chez quelqu'un. J'aime la chaleur du Nord qu'on sent plus chez les gens qu'à l'extérieur.

J'aime qu'on sache que pour avancer, il faut travailler. J'aime l'esprit collectif du Nord. J'aime la solidarité qui est enracinée ici, à la fois dans la culture sociale démocrate et ouvrière, mais aussi dans le gaullisme social et dans la démocratie chrétienne.

J'aime le furet du Nord et toutes les autres librairies. J'aime la grande braderie. J'aime mes cousins qui sont dans la salle et que vous pouvez saluer parce qu'ils sont formidables.

Et puis j'aime mes amis du Nord. Merci, Gérald, d'être avec nous aujourd'hui. Je suis frappé d'une assez piètre capacité à dire publiquement combien j'aime les gens.

Enfin, il m'arrive de le dire. Et je voudrais vous dire et je voudrais te dire, Gérald, combien je t'aime, combien je sais combien nous avons travaillé ensemble, combien c'était essentiel pour moi de t'avoir à côté de moi au ministère de l'Action et des Comptes Publics lorsque j'étais à Matignon. J'ai observé ton parcours très impressionnant de ministre de l'Intérieur, ton parcours très impressionnant d'élu local, ton parcours d'homme.

Et le fait que tu sois là aujourd'hui me touche. Le fait que tu ne sois pas simplement venu dire coucou me touche aussi, que tu nous ai dit des choses profondes, utiles, qui suscitent la réflexion, qui seront précieuses pour notre réflexion, me touche particulièrement. Merci Gérald, vraiment.

Merci aussi à Laurent Degallet qui, de toute évidence, et je ne le dis pas contre les autres, est le plus joyeux des maires de France. Merci pour tout ce que tu fais Laurent. Merci à Paul, merci à Charlotte, merci à toutes celles et ceux qui ont animé cet après-midi, qui ont organisé les choses, et puis haut les cœurs, Violette, pour l'élection municipale de l'année prochaine, où nous t'aiderons à remporter une victoire aussi attendue qu'espérée.

Alors, comme je vous le disais, rien n'importe autant que d'assurer, quoi qu'il arrive, la légitimité de l'État. Cette phrase, c'est une phrase du général de Gaulle et elle m'obsède. A vrai dire, je comptais aujourd'hui vous parler beaucoup de méthode, parce que je pense que c'est important la méthode, parce qu'en politique sans méthode, on parle beaucoup, mais on fait assez peu.

Les plus grandes déclarations, les meilleures intuitions même, restent des mots, parfois utiles, parfois justes, mais des mots si derrière, on ne sait pas organiser l'action. La conquête démocratique du pouvoir, l'exercice démocratique du pouvoir. Je comptais vous parler de méthode, mais le monde se rappelle à nous avec une violence assez sidérante.

Et je ne veux pas faire partie de ceux qui regardent ailleurs et qui se payent de mots pour se rassurer. Nous vivons, tout le monde le sait ici, en Europe et en France, une période décisive, une période risquée, qui voit le monde tel que nous le connaissions, qui n'était pas parfait, se transformer. Une période au terme de laquelle nous pourrions bien, et nous le sentons, nous retrouver totalement dépassés, latéralisés, oubliés.

Je crois que c'est Alain Perfit, dans son formidable livre « C'était de Gaulle », qui fait dire au général que le danger pour la France, c'est la « portugalisation », c'est-à-dire le phénomène implacable par lequel un pays qui a dominé le monde se retrouve rapetissé au point d'être périphérique. Le général, nous dit Perfit, voulait éviter la « portugalisation » de la France. L'expression est un peu rude pour nos amis portugais, dont nous savons tous combien ils ont apporté à la France et à l'Europe.

Mais l'expression dit bien ce que nous pourrions être en train de vivre. Et pire encore, nous vivons désormais avec une menace dont nous ne devons pas sous-estimer l'importance. Depuis qu'elle a agressé militairement un pays souverain, démocratique et libre, la Russie est devenue une menace.

Depuis qu'elle a décidé d'engager une guerre, qui n'est au fond rien d'autre qu'une guerre coloniale, la Russie est devenue une menace. Car ne nous y trompons pas, la logique à l'œuvre chez Poutine, c'est à la fois une ambition impériale et une logique coloniale. Redonner à la Russie l'espace qu'il lui faut pour prétendument se protéger à l'Ouest, reprendre le contrôle économique, politique, militaire sur un peuple qui a eu l'impudence de préférer la démocratie occidentale et l'Europe politique à la Russie éternelle.

Face à cette agression, un peuple se bat, un peuple déterminé, un peuple qui souffre, dont les enfants meurent, mais qui résiste. Une nation, l'Ukraine, qui ne demande qu'une chose, rester libre. Un président Zelensky, à l'image de son peuple, admirable, digne, souverain.

Et ce peuple, cette nation, ce président, sont aujourd'hui comme trahis par l'Amérique de Trump. Trahis honteusement par des ploutocrates désinvoltes et lointains. Dans le silence assourdissant des pays du Sud, qui se plaisent si souvent à dénoncer l'impérialisme et le colonialisme occidental.

Dans le ravissement des Russes, qui n'en demandaient pas tant. Mes amis, je ne serai jamais aussi éloquent que Claude Maluret sur ce registre. Jamais.

Jamais. Et les mots justes qu'il a trouvés nous ont rendus fiers. Nous avons été heureux d'entendre formuler, avec des mots ou des expressions que nous n'aurions pas forcément imaginées nous-mêmes, la réalité dramatique de ce qui se passe aujourd'hui.

Je n'ai pas le même talent que le président Maluret, mais je peux vous dire que, comme lui, je suis consterné. Car, comme lui, je mesure la vitesse et la dangerosité des engrenages qui peuvent se déclencher. Et je voudrais ici saluer l'action du président de la République, qui, depuis 2017, a placé la question de l'autonomie stratégique de l'Europe au centre de sa politique extérieure.

Le président de la République qui a porté l'augmentation significative des dépenses militaires en assumant que le monde était dangereux et qu'il fallait se préparer. Sa détermination et son engagement vont dans le sens de l'intérêt national, vont dans le sens de l'intérêt européen. Et quels que soient les désaccords que l'on peut avoir sur le plan interne, je veux lui dire ici, sur ce sujet, mon entier soutien.

Je le dis d'autant plus nettement et d'autant plus clairement que je suis effaré par le contraste entre ces efforts et ce qui se passe réellement dans notre pays. Contraste entre ce que nous devrions mobiliser pour assurer notre sécurité et ce que notre système politique englué est capable de faire concrètement. Contraste entre un président de la République qui appelle et ô combien il a raison à augmenter notre budget de la défense face à une menace identifiée et pressante et un conclave sur les retraites qui se contorsionne pour savoir s'il ne faudrait quand même pas un petit peu revenir à la retraite à 63 ans ou à 62 ans qui discute d'une loi qui a été votée pour savoir si on peut, en respectant l'équilibre financier à l'horizon 2030, changer quoi que ce soit.

Contraste entre la nécessité absolue de nous adapter au monde à la fois plus dangereux et plus incertain dans lequel nous venons d'entrer et notre incapacité saisissante à assainir nos finances publiques ou même à assumer nos choix. Notre pays va consacrer en 2025 plus de moyens à rembourser sa dette qu'à financer sa défense. Nous allons payer pas loin de 55 milliards à nos créanciers.

C'est plus que l'ensemble des crédits que nous consacrons à notre défense. Rembourser des créanciers étrangers d'ailleurs souvent, plutôt que doter nos armées de moyens de garantir notre sécurité, c'est d'une bêtise à enrager. C'est une absurdité historique et il ne tient qu'à nous d'inverser cette logique mortifère.

Nous devons comprendre ce qui est en train de se passer et nous devons en tirer les conséquences. Les menaces sont là, l'histoire est de retour. Elle n'est jamais douce, jamais tendre avec les peuples qui ne se donnent pas les moyens de défendre leur liberté.

Comptez sur les autres pour garantir son existence, c'est s'abandonner. Ça n'est pas le choix de la France. C'est le choix qu'ont fait beaucoup de nos amis européens et ils en reviennent.

Et ils ont raison. Mais ce n'est pas, et cela ne doit jamais être, le choix de la France. Je vous le dis mes amis, je ne suis ni un guerrier, ni un vatanguerre.

J'ai le plus profond mépris pour tous les pantins qui font des moulinées avec des sabres de bois sur les plateaux de télévision ou sur les estrades. Je souhaite plus que tout que mes enfants et demain leurs enfants vivent dans une France en paix et qu'aucun de ceux que j'aime n'ait à connaître les horreurs de la guerre. Mais je connais mon histoire.

Je sais que les nations qui ne sont pas prêtes à se défendre, ou pire, qui renoncent à se défendre, sont des nations en sursis. Et la France ne doit jamais être une nation en sursis. Je le dis donc avec le calme des vieilles troupes, avec la sérénité d'un responsable politique qui sait combien nos armées sont remarquables, avec une détermination féroce qui ne fait que grandir.

Nous devons être forts sans quoi nous serons défaits, nous devons être puissants sans quoi nous serons méprisés, nous devons être solides sans quoi nous serons emportés. Alors, comment faire ? Comment être forts, puissants et solides ?

En travaillant plus. J'entends de plus en plus une petite musique, à la fois douce et acide, consistant à dire qu'il ne serait pas raisonnable de sacrifier notre modèle social à notre effort de réarmement. Qu'entre les retraites et la défense, il faudrait choisir.

Que la menace ne serait pas si nette, et que les Français préféreraient la sécurité pour leur vieux jour plutôt que la sécurité tout court. Je préfère le dire sans jubiler, car ceux qui nous attendent appliquent des efforts, mais sans m'en excuser, parce que je le pense sincèrement, si nous voulons conserver notre mode de vie, notre solidarité, notre modèle social, notre liberté, nous allons devoir nous battre. Pas forcément contre l'ennemi, mais contre notre propre indolence, contre notre goût du statu quo.

Nous allons devoir travailler plus, nous allons devoir dégager des marges, nous allons devoir faire des efforts. Le conclave sur les retraites, convoqué pour acheter la stabilité politique, n'a à mes yeux plus réellement d'objet. Comment imaginer, mes amis, compte tenu de ce qui est devant nous, que nous puissions consacrer encore plus de moyens à financer un système de retraite qui est à bout de souffle ?

Gérald a eu mille fois raison d'insister sur ce point. Cette discussion en conclave est hors sol. Le Parlement a légiféré.

L'urgence est là. Pourquoi laisser perdurer une discussion complètement déconnectée de la réalité sur la réforme borne ? Et dire cela, ça n'est pas mépriser la démocratie sociale.

Pas du tout. Pas du tout. La démocratie sociale, ça n'est pas de faire parler les partenaires sociaux sur un sujet sur lequel ils n'ont aucune marge de manœuvre, simplement pour garantir à une force politique une façon de sauver la face.

La démocratie sociale, c'est rassembler les organisations syndicales patronales pour leur demander comment, compte tenu des nouvelles menaces, nous pouvons nous organiser pour vivifier notre effort productif, pour donner un rôle à chacun. Comment nous devons nous adapter à une donne nouvelle ? Je suis parfaitement à l'aise avec la démocratie sociale quand on lui donne du grain à moudre, et pas quand on la cantonne sur un tout petit sujet qui n'est plus d'actualité et qui ne donnera lieu à aucune transformation.

Alors mes amis, je crois que mettre fin à cette illusion et reconstruire un accord de stabilité, fondé non pas sur cette discussion sur les retraites, mais sur une union nationale autour de nos menaces, me paraît infiniment plus opportun. Je plaide d'ailleurs pour la mise en place d'un service militaire volontaire. Volontaire, ouvert aux femmes et aux hommes, qui, sans déstabiliser notre armée, pourrait permettre de former 50 000, peut-être un peu plus, réservistes supplémentaires par an.

L'idée, ça n'est pas de revenir à ce qui existait, à ce que j'ai connu, au service militaire tel que je l'ai pratiqué, il y a longtemps, merci. L'idée n'est pas de dire que toute une classe d'âge, aujourd'hui une classe d'âge c'est 700 000 personnes, doit impérativement exercer ces 6 mois ou son année de service militaire. Nous ne saurions pas l'encadrer, nous n'avons plus la base logistique pour le faire, et je ne suis même pas sûr que ce serait indispensable pour les armées.

L'idée, c'est au contraire de dire, formons chaque année 50, peut-être 60 000 personnes, femmes et hommes, à la chose militaire. Veillons à ce que pendant 5 ans, chacun d'entre elles et eux puisse être mobilisé pendant un mois pour assurer des missions qui relèvent de la nature militaire, pas nécessairement du combat, mais qui peuvent organiser notre effort de défense. Veillons à ce que la nation soit reconnaissante vis-à-vis de ces femmes et de ces hommes qui s'engagent et qui acceptent des contraintes en finançant leurs projets professionnels ou, qui sait, leurs études.

J'entends dire que, et je le vois chaque jour au Havre, que financer ces études est un effort considérable. C'est vrai, évidemment, mais peut-être, peut-être pouvons-nous dire à ces jeunes gens, vous apprendrez des choses pendant votre service volontaire et vous serez accompagnés financièrement pour pouvoir vous épanouir dans la vie et pour pouvoir réussir. Il y a là un sujet qu'il faut creuser, il y a là une idée qui peut permettre de faire prospérer notre pays et de renforcer son effort de défense.

Et permettez-moi de penser, mes amis, que débattre de ce sujet est infiniment plus utile pour la nation que de s'interroger sur le mode de scrutin à Paris, à Lyon ou à Marseille. J'ai dit à Bordeaux qu'il ne se passerait rien de décisif pendant 2 ans. Certains y étaient.

Et j'ai compris que ça n'avait pas fait plaisir à tout le monde. Quand je l'ai dit, je ne l'ai pas dit pour m'en réjouir. Je ne l'ai pas dit comme je l'aurais dit d'un objectif que j'aurais voulu satisfaire.

Chouette, pendant 2 ans, on ne va rien faire. Pas du tout. Je l'ai dit parce qu'il me semblait que c'était l'expression d'une forme de lucidité, d'une lucidité indignée, d'une rage, de voir notre pays englué alors que tout ce qu'il aime devrait agir, le préparer, le renforcer.

Sentiment anti-national, ai-je cru entendre ? C'est un mot fort. Il paraît que dire cela aurait été l'expression d'un sentiment anti-national.

Je crois que quelqu'un a été piqué, que je lui fasse remarquer que le programme de travail des mois à venir paraissait bien maigre. Notez bien, depuis Bordeaux, le programme de travail des mois à venir a été rendu public. Je n'ai pas été frappé par le nombre de ceux qui se plaignaient de sa densité.

Je vais vous dire, mes amis, je suis inénervable. Le débat public est un débat fait d'opinions qui ne sont pas toutes convergentes, et c'est tant mieux. Nous avons non seulement le droit, mais je dirais presque le devoir d'avoir des opinions qui ne sont pas toutes convergentes, différentes, et d'en débattre, et de s'enrichir intellectuellement les uns et les autres.

Et peut-être, au terme de ce débat, de fixer le bon rythme, la bonne direction, bref, la bonne politique. Je ne crois pas que nous devions nous énerver pour des phrases qui sont, on le dira, plus maladroites que mal intentionnées. Pour ma part, je crois avoir démontré que je n'avais pas la main qui tremble quand il s'agit de réformer, quand il s'agit d'aller au bout, de ne pas céder.

Dès 2017, plus vite que beaucoup ne le pensaient possible, trop vite même, on dit certains, en milieu de mandat, y compris après les gilets jaunes, j'ai fait tout mon possible, on suit, avant de quitter le gouvernement, pour que le quoi qu'il en coûte, qui était justifié pour lutter contre l'épidémie, ne devienne pas un blanc-seing pour faire n'importe quoi. Et pendant ces années de réforme, nous avons réduit le déficit, nous avons réduit la dette, nous avons baissé les impôts. Mesdames et messieurs, il est possible de réduire les déficits et de réduire les impôts.

Nous l'avons fait. Cher Gérald, tu étais ministre du budget, tu sais parfaitement, probablement mieux que quiconque ici, la dose de ténacité, la capacité à accepter d'endosser des décisions qui ne sont pas populaires, c'est vrai, qui est nécessaire pour obtenir l'objectif d'une baisse d'impôts et d'une baisse de déficit. C'est possible, c'est même nécessaire, dans les deux cas, et je pense que nous devrions ne pas lâcher l'objectif.

Ne pas lâcher l'objectif. Bref, je suis inénervable, donc je ne m'énerve pas, mais je me bats en m'appuyant sur nos forces et en disant lucidement où sont nos faiblesses. Et le plus grand risque, la plus grande faiblesse, ce n'est pas Trump, ce n'est pas la Chine, ce n'est même pas Poutine.

La France est plus riche que la Russie. Et comme l'a dit le Premier ministre polonais, Donald Tusk, il est quand même paradoxal que 500 millions d'Européens demandent à 300 millions d'Américains de les défendre contre 140 millions de Russes. Surtout, mes amis, surtout quand on sait que réunies, les armées européennes sont plus nombreuses que l'armée russe.

Et que réunies, nos budgets militaires sont supérieurs au budget russe. Le plus grand des risques, ce n'est pas les autres, c'est nous-mêmes. Ce sont nos renoncements, notre peur, notre immobilisme, notre déni, notre impuissance.

Le risque, pour la France, ce n'est pas le grand remplacement, c'est le lent effacement. Et ce lent effacement, ce lent effacement, il commence par le pire effacement qui soit, celui de l'autorité de l'État. Où que nous regardions, mes amis, nous voyons ce contraste, ce contraste saisissant entre un monde qui accélère et notre impuissance à faire avancer les choses.

Entre des puissances qui avancent et qui agissent brutalement et un État français qui est devenu incapable de finir une autoroute. Nous en venons à douter de nous. Nous vivons un moment de désenchantement démocratique.

Eh bien, je voudrais partager avec vous une conviction forte. Ce qui crée le désenchantement démocratique, ce n'est pas la verticalité du pouvoir. Ce n'est pas la toute puissance de l'exécutif qu'on dénonçait à tort pendant si longtemps ceux qui n'aiment pas la Vème République.

Ce n'est pas la crise de la représentation. Non. Le désenchantement démocratique, c'est le produit de l'impuissance publique.

L'État, les représentants du peuple ne sont plus obéis, ne sont plus écoutés, non pas parce qu'ils n'écouteraient pas assez, non pas parce qu'ils ne concerteraient pas assez, mais parce qu'ils ne font rien de leur pouvoir, comme s'ils étaient empêchés par des procédures trop lourdes, des précautions politiques pusillanimes, des contraintes juridiques sédimentées et l'absence parfois à peu près complète de l'intérêt général. C'est un cercle vicieux. L'État n'ose plus agir, l'État n'est pas efficace, donc il est critiqué et il finit par s'accepter illégitime, alors que dans notre République, il devrait être l'incarnation de la légitimité.

Alors, pour y répondre, pour y répondre, il promet de mieux écouter. Il concerte sur tout. Il légifère partout et il n'agit sur rien.

Il s'alourdit de procédures et de contraintes, se ralentit lui-même, abandonne son autorité à des autorités indépendantes et le résultat, c'est qu'il est plus encore impuissant, donc il légitime. Or, comme le disait le général de Gaulle, rien n'importe autant que d'assurer, quoi qu'il arrive, la légitimité de l'État. Eh bien moi, ici, à Lille, la ville du général de Gaulle, je vous le dis, il faut restaurer la légitimité de l'État.

Et pour restaurer la légitimité de l'État, il faut imposer son efficacité et restaurer sa force. Je voudrais qu'on redonne aux préfets, aux policiers, aux gendarmes, aux professeurs un réel pouvoir d'agir. Je veux qu'on rende le pouvoir perdu dans les empilements bureaucratiques, normatifs et le gonflement d'une dépense sociale hors de contrôle.

Je veux aussi qu'on les respecte. Personnellement, je n'ai pas aimé qu'on jette les fonctionnaires, quels qu'ils soient, en pâture à l'opinion publique pour finalement simplement renommer l'ENA. Je n'ai pas aimé qu'on supprime le corps préfectoral et qu'on humilie le Quai d'Orsay.

Je ne pense pas que nos politiques intérieures et extérieures en aient bénéficiées. Je pense même, pour tout vous dire, qu'à la fin, et comme d'habitude, quand on fait des grandes phrases, on a fait des petites réformes et que loin d'avoir combattu les travers de l'administration, on les a renforcées. Le Premier ministre réfléchit à élargir le pouvoir de dérogation locale donné au préfet.

Nous l'avions initié, Gérald. C'est très bien. Je le soutiendrai sans hésiter, comme j'ai soutenu sans tergiverser Michel Barnier.

Mais la solution ne peut pas être de voter sans cesse plus de lois, tatillodes, bavardes, anecdotiques, puis de dire au préfet qu'ils peuvent déroger aux dispositifs qui ont été votés. Notre constitution demande qu'on distingue la loi et le règlement, c'est-à-dire l'essentiel qui doit être voté par le Parlement et le contingent qui est l'affaire du gouvernement et doit pouvoir être adapté localement. Cette séparation n'est plus claire dans notre système politique et nous devons y revenir.

Nous devons la remettre sur le métier. Et la loi aura à dire qui du gouvernement ou des collectivités territoriales devra préciser les conditions d'application des principes qu'elle se borne à formuler. Nous devons au fond bloquer la loi dans son domaine essentiel, les objectifs et les principes et laisser aux collectivités territoriales, aux autorités réglementaires de l'État le soin d'adapter localement la réglementation.

Nous avons tous vu des exemples démentiels de réglementations totalement inadaptées. Le dernier que j'ai vu, mais je ne suis pas sûr que c'était le dernier que j'ai vu, c'était en Guyane. Imaginez la réglementation applicable en Guyane à l'agriculture quand elle a été pensée à Paris.

Imaginez la différence de situation dans laquelle se trouvent les éleveurs ou les cultivateurs, les paysans qui, avec l'aide à l'installation, ne peuvent pas s'installer. Pourquoi ? Parce que les seuls endroits où ils peuvent s'installer sont les endroits où il y a de la forêt aujourd'hui, qu'il faut donc défricher.

Une fois qu'ils ont payé l'aide à l'installation, la forêt a peut-être été défrichée sur une petite parcelle, mais ils n'ont plus un rond pour pouvoir investir et pour pouvoir développer leur activité. Moyennant quoi, en Guyane, alors qu'il y a de l'espace, alors que nous avons une population qui augmente, la souveraineté alimentaire décroît. Plus de riz, une dépendance démentielle sur le bœuf.

Vous allez me dire, mais pourquoi est-ce qu'ils nous parlent de la Guyane ? Mais parce que la Guyane, c'est la France. Parce que ce serait facile de régler ce problème si on laissait seulement à ce territoire la possibilité, très largement, d'adapter les réglementations à la réalité de ceux qui existent en Guyane.

Rendre l'autorité à notre État, contrairement à ce que croient les soi-disant hommes forts, c'est aussi défendre l'autorité de l'État de droit. Et je ne crois pas que nous devions singer les populistes en critiquant les juges. Si les lois ne nous vont pas, changeons-les.

Je voudrais prendre l'exemple de cette autoroute à 69 qui doit être construite, plus exactement, qui est en train d'être construite, enfin qui était en train d'être construite entre Toulouse et Castres. Je suis allé sur place avec Stéphanie Guirouch-Mail, la maire d'Albi. J'ai vu les travaux, ils sont presque finis.

L'autoroute devait entrer en service à la fin de l'année, en novembre. Mais le tribunal administratif a tout arrêté. Pas d'intérêt public majeur a-t-il considéré.

Vous voyez, mes amis, ici, ce n'est pas le juge, le problème. C'est la loi. Si la loi était bien faite, elle ne laisserait pas un juge de première instance se prononcer sur l'existence ou non de l'intérêt public majeur d'un projet qui a été validé deux fois par le Conseil d'État, c'est-à-dire par la Chambre supérieure.

La loi est mal faite. En vérité, si elle était bien faite, elle ne permettrait pas qu'il y ait encore des mois de procédure avant que ce jugement soit, je l'espère, réformé. Et elle permettrait de sortir d'une décision qui est, à tous égards, pratiquement, financièrement, environnante.

Vous m'avez compris. complètement et disproportionnée et insatisfaisante. Car les travaux ont bien eu lieu.

Quand j'étais Premier ministre, nous avions accéléré tous les projets d'énergie renouvelable. Non pas pour éviter les contentieux, mais pour qu'on ait rapidement des décisions de justice définitives sur les projets d'intérêt national. On avait mis en place des procédures particulières.

Comme c'était pour l'environnement, ça avait été accepté. Je pense que nous devons faire la même chose très puissamment sur les grandes infrastructures, sans quoi nous allons nous retrouver dans un pays incapable, incapable de se doter des infrastructures nécessaires à son développement. Et voilà.

Mes amis, simplifions la loi, allégeons la loi, mais restons exemplaires dans le respect de la loi votée par le Parlement et de la chose jugée. Ne nous prêtons jamais à la surenchère des grands mots et des gros mots avec l'extrême droite. Beaucoup d'idées neuves qui font les unes en ce moment me paraissent bien rances.

Les Français veulent du sérieux, ils veulent de l'efficacité. Pour les coups de menton et les bruits de bottes, il y aura toujours plus fort que nous. Je vous parle d'impuissance de l'État, mais je ne suis pas le seul.

Tous les Français que je rencontre me parlent d'impuissance de l'État, tous. Ils ne sont pas déclinistes ou défaitistes, ils sont en colère. Les Français sont en colère car ils voient leur pays renoncer peu à peu à être plus grands, plus forts, plus respectés.

Ils sont en colère car ils n'ont plus accès aux services publics, comme Valentin le disait. Ils sont en colère car ils voient leur État qu'ils aiment brocarder, dont ils aiment se plaindre, mais dont ils savent tous qu'il est constitutif de ce que nous sommes, de ce qu'est la France. Ils voient cet État s'affaisser et s'abaisser.

Ils sont en colère devant l'impuissance publique dont ils mesurent chaque jour l'immense étendue par quelques mille exemples insupportables qui s'immiscent dans leur quotidien et dans leur intimité. Cette impuissance, c'est celle à se faire soigner normalement. Celle de milliers de mes concitoyens au Havre et de milliers de concitoyens partout en France qui n'ont pas accès à un médecin traitant.

C'est celle des femmes qui n'ont pas accès à un gynécologue parce que cette spécialité manque cruellement dans certains territoires. C'est celle des parents dont les enfants ont un problème avéré de santé mentale et qui n'ont pas accès à des consultations de psychiatrie facilement accessibles. Ces Français, mesdames et messieurs, ils payent leurs cotisations.

Ils sont citoyens. Ils ont des droits et ils ont des devoirs mais ils n'ont pas accès aux soins. Cette impuissance corrosive à nous organiser et à régler ce problème est terrible pour la cohésion sociale, terrible pour la démocratie, terrible pour le désenchantement démocratique.

Cette impuissance, c'est celle de ce pêcheur que j'ai rencontrée chez Anne-Cécile Violent à Tenant-les-Bains. Anne-Cécile Violent est la députée de Haute-Savoie. Elle est formidable.

Elle est formidable comme le sont tous les autres parlementaires horizon. Attention, je ne veux pas faire de jaloux. Mais enfin, elle est formidable.

Et avec elle, alors que nous nous promenions à Tenant-les-Bains, nous rencontrons un homme, un pêcheur, un pêcheur qui pêche sur le lac, sur le lac Léman, et qui nous explique que son activité qu'il fait depuis très longtemps, il doit avoir une cinquantaine d'années, je pense, une cinquantaine d'années. Il pêche depuis très longtemps. Et il est tout seul, c'est un artisan pêcheur.

Il pêche son poisson, il le transforme, il fait des rillettes, il fait des conserves. Bref, il transforme artisanalement son poisson. Vous allez me dire pourquoi est-ce que je vous raconte ça.

Parce qu'à un moment, il veut s'agrandir. Plus exactement, il veut se mettre aux normes et il décide de développer un peu son activité. Un tout petit peu, ce n'est pas industriel.

Et là, la machine administrative lui tombe sur le poil en exigeant qu'il se mette au taquet sur des normes qui relèvent au fond de la pêche industrielle. Qu'est-ce qu'il a fait, ce monsieur ? Il a traversé la frontière.

Et par là-bas, je peux vous dire que c'est assez facile. Il est allé installer son atelier de transformation en Suisse. Ça lui a pris trois semaines.

Il a vu arriver des fonctionnaires qui venaient contrôler, qui ont regardé ce qu'il faisait, qui lui ont dit c'est bon, vous n'avez plus un problème, vous pouvez y aller. Et c'était Finex. Comment voulez-vous que nous ayons confiance, que nous ne critiquions pas l'impuissance publique lorsque notre administration, notre État, et d'une certaine façon nous-mêmes, préférons la lettre de la loi à l'esprit de la loi ?

Cette impuissance-là est terrifiante et elle est partagée partout en France. Cette impuissance, c'est celle que des parents ressentent quand ils attendent le remplaçant du prof de maths au collège de leur enfant. C'est celle ressentie par les professeurs et notamment par les professeurs d'histoire qui renoncent à enseigner la Shoah notamment par peur des réactions de leurs élèves et surtout des parents de leurs élèves.

C'est celle constatée par le préfet qui ne parvient pas à faire appliquer une décision de reconduite à la frontière. C'est celle des Français qui ne sont pas de souche comme disent certains mais qui sont aussi français que vous et que moi et qui ne trouvent pas de stage pour que leurs enfants puissent décrocher un contrat d'apprentissage. Cette impuissance tout le monde ici un jour ou l'autre l'a ressentie.

Les maires qui ne savent plus comment faire pour éviter le trafic en bas de l'immeuble dont tout le monde sait qu'il est un point de deal même si les opérations lancées par Gérald nous ont permis d'obtenir des résultats excellents. Excellent. Mais pas suffisamment durable et d'ailleurs Gérald tu le sais parce que ça exige des moyens et des procédures dont nous ne disposons pas nécessairement et parce que c'est un combat presque éternel.

Les chefs d'entreprise ou les agriculteurs qui mettent en France le triple du temps qu'il faut ailleurs dans un pays de l'Union européenne pour construire un entrepôt ou une installation agricole et nous tous ici nous avons fait l'expérience de cette impuissance publique. Je ne suis pas entré mesdames et messieurs en politique pour accepter l'infini des renoncements et la douceur des arrangements. Comme le dit le grand écrivain Boalem Sansal qui croupit aujourd'hui encore dans une prison algérienne et à qui nous pourrions adresser depuis l'île un salut fraternel dont la vigueur lui permettrait peut-être de l'entendre comme dit comme dit Boalem Sansal un arrangement n'est qu'un moyen de un arrangement n'est qu'un moyen de propager une illusion. c'est une très jolie formule.

Eh bien mesdames et messieurs nous sommes là ce soir ici à Lille pour refuser les grands renoncements et les petits arrangements pour dire au pays qu'entre l'impuissance gestionnaire les vieilles recettes d'extrême droite la démagogie de l'extrême gauche il y a un chemin ce chemin c'est le nôtre celui que notre peuple a su prendre à chaque fois que la nation a été en difficulté et qu'elle a voulu se relever je suis mes amis candidat à la présidence de la république pour redonner vie à la puissance française et redonner vie à la puissance française c'est remettre son état en état c'est redonner à notre pays le goût de la production le goût du risque le goût de l'audace c'est relancer la compétitivité de notre économie c'est recréer la confiance et la fierté en la France c'est relever notre pays et ce ne sera pas facile et nous allons rencontrer bien des obstacles et Gérald vous en a dit un mot et il a raison nous rencontrerons la coalition chagrine de ceux que j'ai appelé les gros chats castrés revenus de tout qui disent que tout est foutu qu'on a tout essayé et que la France est un petit pays qui devrait s'endormir à crédit sans faire de vagues nous allons rencontrer la coalition de ceux qui rassent gratis qui vous diront c'est simple il n'y a qu'à sortir la tronçonneuse qu'il n'y a qu'à dire ce que les gens veulent entendre et faire comme Trump vous allez même le dire j'ai du mal comme Trump car il n'est pas si mal ce Trump et puis on pourrait s'en inspirer nous allons rencontrer la coalition de ceux qui sont contre tout parce que toute réforme est regardée comme un recul parce que tout changement est insupportable ceux qui bloquent tout parce qu'au fond ils n'ont pas d'imagination pour envisager un monde meilleur ne vous laissez pas impressionner mes amis par les défaitistes par les mous par les mécontents ou par les conservateurs ne vous laissez pas séduire par ceux qui sont toujours fascinés par le parti de l'étranger et par la brutalité quand elle s'applique aux autres ne vous laissez pas ébranler par ceux qui vous disent que de toute façon le bloc central n'aurait aucune chance de l'emporter parce qu'il est divisé parce que l'époque n'est plus au modéré parce que l'époque serait dépassée pour les raisonnables un camarade parlementaire m'a dit récemment à l'avenir en France pour gagner il faudra être punk je l'ai pris pour moi mais je rappelle à ceux qui étaient à Besançon je rappelle à ceux qui étaient à Besançon cette phrase de Régis Debré quand l'époque est à lire zut le rebelle est boutonné ceux qui vous feront ces critiques ceux qui vous diront que tout est fini n'ont pas vu la France comme je la vois ils n'ont pas rencontré les français comme je les rencontre moi je parcours la France j'y consacre beaucoup de temps je vois partout des français qui croient encore en leur pays qui croient en son potentiel qui sont inquiets c'est vrai mais qui n'ont pas renoncé à la grandeur et qui n'ont pas renoncé à la France et c'est ces français là ces français qui ne sont pas résignés ces français qui veulent servir leur pays qui se demandent tous les jours comment ils peuvent lui être utiles que nous allons convaincre pendant les deux ans qui viennent pour en faire une grande armée civile pour transformer la France alors mes amis pour construire une armée il faut une stratégie une méthode un cap une organisation et un calendrier commençons par le calendrier avant 2027 il y a 2026 et en 2026 dans un an tout juste dans un an exactement il y aura des élections importantes les élections municipales je crois que ces élections seront un moment de vérité un moment de vérité pour notre parti bien sûr Horizon est fier d'être un parti enraciné il cherche à être un parti très enraciné fort d'un grand nombre d'élus locaux cet enracinement nous voulons le renforcer encore sans cet enracinement la politique n'est plus locale et la vérité c'est que toute politique est d'abord locale ce sera un moment de vérité pour moi qui serait candidat au Havre parce que je ne conçois pas d'être candidat aux fonctions suprêmes de la République sans la force et sans la légitimité d'un enracinement local enfin ces élections municipales elles seront aussi décisives pour l'avenir du bloc central c'est pour cela qu'à Bordeaux j'ai lancé l'appel à la constitution de ce que j'ai appelé un bloc républicain et démocrate avant les municipales tout le monde sait tout le monde que chez LR chez Horizon chez Renaissance au Parti Radical au Modem la réflexion sur les municipales est engagée tout le monde se dit en bilatéral qu'il faudra discuter tout le monde vient sonder tout le monde sur ce qui pourrait se passer dans tel ou tel vide mais personne ne s'organise je crois comprendre que l'élection interne chez les républicains rend difficile cette discussion stratégique j'espère qu'après cette élection nous pourrons passer aux choses sérieuses et constituer ce bloc républicain et démocrate qui n'est pas un parti qui est au fond une forme de distinction collective que nous partageons qui dit que nous sommes capables de travailler ensemble sans être d'accord sur tout mais que nous souhaitons gagner et gouverner ensemble j'espère qu'après l'élection des LR nous pourrons discuter des municipales de la constitution de ce bloc républicain et démocrate qui sera précieux pour les municipales et indispensable si d'éventuelles législatives devaient être à l'ordre du jour mais sans attendre je dis à tous ceux qui aiment leur pays ici c'est-à-dire à tout le monde et qui veulent commencer de le servir de commencer par l'engagement local la meilleure école de la politique c'est la commune c'est probablement la meilleure école de la démocratie aussi et je le dis aux très nombreux jeunes qui sont présents dans cette salle la France ces communes ont besoin de vous de votre regard de votre impatience de votre énergie de votre capacité à faire de votre envie engagez-vous dans ces municipales et après ces municipales après ces municipales viendra le temps de la grande rencontre avec les français avec la France sur la base de notre projet ce projet beaucoup de gens souhaiteraient que je le formule le plus vite possible je comprends très bien mais je ne commencerai à le dévoiler qu'à partir de mai 2026 un an avant la présidentielle et après les municipales avant ce serait trop tôt ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien dire d'ici là on peut discuter d'un certain nombre d'options d'un certain nombre de directions Gérald l'a fait très intelligemment il y a quelques minutes mais je ne crois pas que nous puissions élaborer deux ans avant un programme un de mes amis disait un programme deux ans avant c'est un programme périmé un an avant et c'est assez juste mais le projet sur lequel nous devons travailler sera massif j'assume ce mot car relever le pays impose des décisions tranchées on ne va pas relever notre pays en vissant un peu ici et en gonflant un peu là et je vous l'ai dit nous ne devons pas accepter les accommodements avec l'impuissance publique ce projet sera court parce que la politique crève de s'occuper de l'anecdotique remettre notre pays à l'endroit et redonner à la France les moyens de sa puissance exige qu'on s'occupe de l'essentiel et croyez-moi si nous remettons d'aplomb les quelques sujets majeurs que nous devons régler les français sauront faire usage de leur énergie de leur inventivité et de leur liberté pour construire et s'épanouir à partir de là ce projet nous le préparons avec nos 35 secrétaires nationaux avec nos groupes de travail que je veux remercier avec nos journées programmatiques nous le mûrissons et pour le travailler nous devrons écouter les français bien sûr toutes les personnalités extérieures à horizon qui ont des choses à dire sur le pays comment mes amis pourrions-nous prétendre rassembler largement si nous n'écoutons pas ce que des personnalités extérieures à horizon ont à dire ce que toi Gérald tu as à dire de précieux sur le système productif sur la société le modèle de société que nous voulons construire ce que d'autres au sein du gouvernement à l'extérieur du gouvernement des maires des élus ont à dire ce que des milliers de français ont à dire certains peut-être nous rejoindront avant les municipales je l'espère et c'est tant mieux ils contribueront au projet d'autres nous rejoindront après mais ils pourront l'enrichir je n'ai pas et personne ne devrait avoir ici la prétention d'être le seul à avoir des bonnes idées pour le pays mais à partir de mai 2026 sur la base de ce projet je consulterai les forces politiques et sociales j'inviterai tous les partis du bloc central à construire sur les grands sujets politiques l'école la justice la santé l'organisation des pouvoirs publics la trajectoire écologique que je mettrai au coeur de mon projet j'inviterai les syndicats à dialoguer sur les retraites le travail le financement de notre protection sociale et je dirai aussi avant l'élection les grands choix que je propose en matière de politique de défense et de politique extérieure parce que mes amis ce que je veux pour reprendre une formule aussi belle que juste de Nicolas Sarkozy c'est tout dire avant pour pouvoir tout faire après et si les français nous font confiance nous agirons avec force avec vitesse et avec détermination parce que si je crois à la concertation avant l'élection je sais qu'après l'élection doit venir le temps de l'action après l'élection présidentielle je le dis nous utiliserons tous les outils que nous offre la constitution cette constitution est un trésor pour ceux qui souhaitent avancer dans le sens de l'intérêt général utilisons toute sa puissance et n'ayons pas peur du peuple il faudra bien sûr dissoudre l'assemblée qui a démontré qu'elle ne pouvait pas véritablement dégager de majorité pour agir il faudra convoquer des élections législatives en juin à une date qui permettra de tenir au premier tour puis au second un référendum pourquoi ? toujours à cause de la légitimité je suis attaché à l'efficacité de l'état je crois que les français veulent un président sachant chefé comme disait Chirac mais je ne suis pas un admirateur des dictateurs le temps démocratique et médiatique est devenu fébrile et court la polarisation de la vie politique fait qu'on est élu par des gens qui ne partagent pas c'est le moins qu'on puisse dire toutes vos idées en particulier le président est aujourd'hui élu au deuxième tour par des français qui ont parfois voté plus contre son adversaire que pour lui voyez c'est arrivé ces électeurs là ne peuvent pas s'estimer tenus par le programme du premier tour on peut se raconter l'histoire qu'en élisant au deuxième tour un candidat il valide son programme de premier tour mais c'est au prix d'un mensonge intéressé et d'une incompréhension durablement dangereuse pour la suite ces référendums je les ferai donc en début de mandat sur les sujets difficiles un référendum sur la réforme de notre système de retraite autour de trois régimes privés publics indépendants chaque régime devant être équilibré y compris par l'introduction d'une dose de capitalisation collective exactement je partage totalement l'excellente idée formulée par Gérald d'une base de répartition et d'un complément de capitalisation collective et obligatoire et je propose de confier la totalité de la gestion du régime privé aux partenaires sociaux sans possibilité de déficit sans possibilité de déficit comme ils le font d'ailleurs très bien pour la GIRC et l'ARCO un référendum sur l'organisation institutionnelle et administrative de notre pays et notamment l'inscription dans notre constitution d'une règle d'or permettant de limiter enfin le déficit public et d'engager la restauration de nos finances je propose pour ma part une règle simple on se donne une trajectoire sur dix ans pour remettre nos comptes en ordre en excluant les dépenses militaires et nous disons que pour sortir de cette logique et de cette trajectoire il faut à minima une majorité des deux tiers au Parlement nous prendrons également et j'insiste sur ce point nous prendrons également une série d'ordonnances dont l'habilitation pourrait être confiée au gouvernement par référendum ça va fasciner les juristes mais ça nous permettra d'agir vite en 1958 lorsque il a fallu reconstruire les bases de l'état français car on en était là le gouvernement a pu se fonder sur un très grand nombre d'ordonnances je considère que compte tenu du droit actuel qui s'applique il faudra pouvoir autoriser le gouvernement à agir par ordonnance en l'autorisant par référendum à agir par ordonnance ça changera la donne ça permettra d'aller plus vite et je suis certain que si nous ne faisons pas ça nous pourrions d'ailleurs déjà le faire si nous ne faisons pas ça nous n'obtiendrons aucun résultat dans le délai de temps nécessaire dans le délai de temps où le capital politique d'un gouvernement nommé d'un président élu lui permet d'agir rapidement et efficacement au service du pays mais voyez-vous ces ordonnances elles devront non pas s'attaquer mais résoudre les problèmes que l'on trouve en matière d'éducation en matière de justice et en matière de santé qui sont les trois grands services publics qui me paraissent devoir être considérablement et rapidement réformés ce sont ceux qui font le plus je crois défaut à nos concitoyens ceux dont l'absence ou l'on dit son fonctionnement les inquiète le plus ceux qui les privent des perspectives auxquelles ils aspirent c'est donc par cela et ce ne sera pas facile qu'il faudra commencer mais voyez-vous je m'enthousiasme et si je ne me contrôle pas je vais finir par vous parler du programme je m'interromps donc à Bordeaux certains s'en souviennent j'avais promis que je citerai Marguerite Ursenar à Lille Ursenar disait que dans les périodes de crise de guerre quand on affronte ce qu'elle appelait un mauvais quart d'heure de l'histoire il ne fallait pas regarder sans rien faire cet avenir vociférant et sûr de soi qui voudrait nous faire croire qu'il a déjà gagné alors que nous portons en nous des forces bien plus puissantes de résistance et de création et en cherchant ce que je pouvais dire d'elle j'ai trouvé ce texte qui s'appelle Les yeux ouverts dans lequel celle qui était une pionnière de l'écologie rappelle que Rome est morte de l'épuisement de ses finances et de ses terres autant que des invasions barbares exactement dit-elle comme meurent les états modernes alors gardons-nous de fermer les yeux et laissons-les ouverts pour éviter que l'épuisement de nos finances et de nos terres ne finissent par creuser les fondations de notre effondrement mes amis le chemin qui commence aujourd'hui c'est un chemin de vérité et de redressement pour les français j'ai évidemment besoin de vous j'ai besoin de votre force j'ai besoin de votre enthousiasme et en vérité c'est la France qui a besoin de vous pour créer les conditions de son redressement je vous le disais à Bordeaux deux ans c'est long et bien je vous le dis à Lille deux ans ça va aller très vite nous avons des troupes nous avons des idées nous avons de l'ambition nous avons une colonne vertébrale de valeur nous avons des échéances nous avons une méthode à nous de jouer au léquer vive la république et vive la France merci merci merci