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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 octobre 2026 38 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleÉconomie & entreprisesÉducation & recherche

A six mois de la présidentielle, à qui profite le désordre ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 17 %Attaque 45 %Défensif 37 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:22OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est le moment de se poser la question : qui va arriver à nous rassembler aujourd'hui ?

  • 7:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez le sentiment que tout le monde est fragilisé, y compris dans cette campagne ?

  • 9:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'un homme politique en campagne peut promettre à la fois l'ordre et le social ?

  • 22:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui que votre mouvement a pris de l'ampleur depuis le 17 ou qu'il a été mangé par les violences ?

  • 30:20OuverteRéponse partielle

    À six mois de la présidentielle, que cherchent les manifestants ?

  • 30:37OuverteRéponse partielle

    Les manifestations pourraient-elles entraîner la démission de Macron puis l'élection de Le Pen ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:14InvitéChiffre
    « On a vu que la colère est un sentiment qui a doublé en l'espace de cinq ans, entre l'automne 2021 et l'automne 2022. »
  • 10:05InvitéChiffre
    « Plus que ce que j'imaginais. deux fois plus que bloquant tout un an avant. 110 000 personnes dans Paris. »
  • 24:17InvitéChiffre
    « 9 français sur 10 pensent que la France est en déclin. »
  • 24:20InvitéChiffre
    « 75% des français pensent que le pays va mal et que la situation ne va pas s'améliorer. »
  • 28:51InvitéFait
    « il y a des choses comme Parcoursup que vous avez évoqué dans votre journal »
  • 29:00InvitéPromesse
    « on propose des vraies mesures pour réformer Parcoursup »
  • 29:52InvitéFait
    « la CGT nous dit tout ça c'est la responsabilité politique du gouvernement »
  • 32:36InvitéFait
    « la grande conférence d'Emmanuel Macron là c'est quelqu'un qui a toujours le nez sur le calendrier parlementaire »
  • 32:42InvitéFait
    « la plupart des projets de loi de réponse aux gilets jaunes étaient déjà dans les escarcelles du gouvernement avant les gilets jaunes »
  • 35:47InvitéFait
    « Marine Le Pen crante au fur et à mesure la seule certitude qu'on a aujourd'hui »
  • 36:23InvitéFait
    « elle a atteint son plafond de verre »
  • 37:13InvitéFait
    « elle gagne tous les seconds tours ce qui n'était pas le cas il y a encore un an »

Temps de parole

  • Présentateur26 %
  • Invité18 %
  • Invité 218 %
  • Invité 317 %
  • Auditeur8 %
  • Auditeur 26 %
  • Auditeur 33 %
  • Auditeur 43 %
  • ?2 %

≈ 12 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Nous avons peut-être vécu, avons-nous vécu ce week-end, le tournant de la campagne présidentielle, l'événement qui écrase le reste et détermine désormais les prises de position. Les experts en politique disent que notre mémoire politique, elle est de 6 mois. Tout ce qui se passe avant peut être englouti, tout ce qui se passe après, beaucoup moins. Nous sommes pile à 6 mois. Alors est-ce que le 17 octobre est ce moment-là ? On peut difficilement évidemment le dire aussi clairement à peine 48 heures plus tard, mais les choses vont forcément se dessiner, surtout quand on parle à la fois de sécurité et de social. Qui va en tirer le plus grand parti ?

Tout ce que vous lisez partout depuis ce week-end renvoie au Rassemblement National, nous en discuterons. Et tous les autres alors dans cette course à la deuxième place, Jean-Luc Mélenchon incarne une forme d'agitation politique. Est-ce que les lignes bougent ? Mais est-ce que ce qu'il a capitalisé dans les manifestations des jeunes est intact ? Nous sommes sur une partie du terrain électoral de la gauche sociale-démocrate, les villes. Comment Raphaël Glucksmann s'en sort-il ? Les deux autres représentants, prétendants plutôt au deuxième tour, Gabriel Attal et Édouard Philippe, sont-ils fragilisés par leur participation étroite aux 10 ans de présidence d'Emmanuel Macron ? Parce que

1:19
Locuteur

ce

1:19
Présentateur

mouvement, sa violence d'un côté et aussi les frustrations sociales qu'il montre sont aussi, on le verra ensemble, une sorte de bilan du macronisme, comme si au fond aucune colère n'avait pu être réellement apaisée. Alors qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Qu'est-ce qu'on fait aussi avec les pillages, les cassages de ce qui se passera samedi prochain ? Acte annoncé comme étant l'acte 2. Et surtout, comment on en sort ? Avec quelles paroles politiques capables d'apaiser la rue ? On entend déjà, il faut que l'élection présidentielle se passe bien, mais une élection à venir, suffit-elle vraiment à canaliser la violence ? Est-ce que c'est de ça dont les gens ont envie ?

Une élection qui départagera les politiques ? C'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01 45 24 7000. Christophe, vous êtes le premier et vous êtes le bienvenu, bonsoir.

2:10
Auditeur

Bonsoir, merci pour vos émissions. Bonsoir, écoutez, moi je suis un peu comme tout le monde, je suis très choqué et puis je suis très triste et je voudrais avoir un message pour tous les commerçants, les artisans qui ont perdu leurs biens

2:19
Locuteur

pendant

2:20
Auditeur

le week-end et je me dis que ces commerçants, ces artisans ont rejoint le lot des gens qui se sentent abandonnés par la République.

2:27
Locuteur

On

2:28
Auditeur

a eu les lycéens avant, on a eu les pompiers avant,

2:31
Locuteur

on

2:31
Auditeur

voit que la police là est complètement déstabilisée dans l'exercice du maintien de l'ordre, donc il y

2:35
Locuteur

a

2:35
Auditeur

une hiérarchie qui ne va pas

2:38
Locuteur

et

2:38
Auditeur

c'est ce que vous avez dit, on a l'impression de voir les 10 ans de bilan du macronisme

2:42
Locuteur

et

2:42
Auditeur

je suis inquiet parce que je n

2:43
Locuteur

'ai

2:43
Auditeur

pas l'impression de voir dans les politiques des gens qui appellent à l'unité, on a plutôt l'impression d'avoir des gens qui stigmatisent en fonction de votre origine, votre lieu de résidence, votre religion

2:52
Locuteur

et

2:53
Auditeur

on n'a pas comme en 2005 à l'époque de Jacques Chirac, quelqu'un qui rappelle que tout le monde appartient à la République

2:58
Locuteur

et

2:58
Auditeur

que si on voit des jeunes qui s'en prennent à des mairies, qui sont notre maison commune, c'est qu'ils ne

3:03
Locuteur

se

3:03
Auditeur

sentent plus appartenir à cette République. Et voilà, moi je suis inquiet, je ne pense pas que ces événements profitent à la gauche, malheureusement, donc la question qu

3:13
Locuteur

'on

3:13
Auditeur

se pose depuis le début c'est à qui profite le crime, on voit bien que l'extrême droite est ravie de ce qui se passe et moi je suis terrorisé de voir

3:18
Locuteur

un

3:19
Auditeur

parti d'extrême droite venir au pouvoir en France et diviser un peu plus une population qui est très fracturée à l'heure actuelle.

3:25
Présentateur

Merci beaucoup Christophe pour votre intervention, il y

3:27
Locuteur

a

3:27
Présentateur

beaucoup de choses dans l'intervention de Christophe qui nous permet de commencer ce téléphone sonne jusqu'à 20h. Autour de la table, il y a Adélaïde Zulfi-Karpazic, bonsoir. Bonsoir. Vous

3:36
Locuteur

êtes

3:36
Présentateur

directrice du pôle Société d'Ipsos BVA, il y a Benjamin Morel, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes politologue, maître de conférences en droit public à Paris 2, Panthéon à Sass. Votre dernier livre s'appelle « Crise politique, crise de régime » paru en mars 2026 chez Odile Jacobs, sans doute encore d'actualité dans ce qu'on est en train de se dire. Laurent Fragerman est là aussi, bonsoir.

3:56
Locuteur

Vous

3:56
Présentateur

êtes professeur agrégé d'histoire en lycée, vous êtes chercheur en sciences sociales au centre de recherche sur les liens sociaux à Paris 5. Vous avez un site, tant qu'à faire, citons-le, il s'appelle laurent-fragerman.fr. Je disais qu'il y avait beaucoup de choses, Adélaïde Zulfi-Karpazic, dans ce que dit notre ami Christophe, parce qu'il parle de son choc, il parle de sa tristesse, il dit surtout « Mais qui va arriver à nous rassembler aujourd'hui ? » Est-ce que c'est le moment de se poser cette question-là ? Qui va arriver à nous rassembler aujourd'hui ? Sans répondre comme Christophe, j'en sais rien.

4:30
Invité

Je pense que c'est, en tout cas, la question qui se pose, et que moi je me suis posée tout le week-end, c'est « Est-ce qu'on a une envie de rassemblement ? » En fait, j'ai été, pour être assez honnête,

4:40
Locuteur

je

4:40
Invité

suis, je pense, comme beaucoup d'entre nous, assez encore sous le choc et abasourdi, et encore dans la tentative de comprendre ce qui nous est arrivé ce week-end collectivement, et pas encore, du coup, ni dans l'analyse, ni dans l'impact que ça peut avoir sur... Bien sûr qu'on peut mettre des hypothèses sur quel impact ça va avoir, mais en tout cas, je suis encore dans la compréhension.

Et moi, mon sentiment, à travers les enquêtes d'opinion qu'on peut réaliser chez Ipsos BVA, c'était qu'on avait une espèce de tension dans cette pré-campagne et campagne pour la présidentielle, entre deux pôles, d'un côté, des Français qui nous disent, et pas toujours les mêmes, qui nous disent, effectivement, être de plus en plus en colère. On a vu que la colère est un sentiment qui a doublé en l'espace de cinq ans, entre l'automne 2021 et l'automne 2022, dans l'enquête qu

5:19
Locuteur

'on

5:19
Invité

réalise notamment pour Le Monde, le Cévit-Pof, la Fondation Dangeresse et l'Institut Montaigne. Donc, hausse de la colère, hausse de la révolte, et concrètement, ça conduit cette française sur dix à nous dire qu'il faut que cette présidentielle permette un changement profond, social, politique, et une demande aussi croissante de radicalité. Donc, il y

5:35
Locuteur

a

5:35
Invité

ce pôle-là d'un côté, mais de l'autre, il y a aussi un besoin, face notamment au chaos, au désordre

5:40
Locuteur

du monde, mais

5:41
Invité

aussi en France, de stabilité, d'apaisement, à besoin de protection. Et moi, j'avais l'impression qu'on oscille entre les deux et je me suis dit, est-ce que je me suis-je trompée ? Mais je pense quand même que ce désir de stabilité, ce désir de recréer du lien social, vous parliez des liens sociaux, on l'a mesuré la semaine dernière, pas plus tard qu'il y a une semaine, neuf Français sur dix, nous disent qu'il est urgent de recréer du lien social en France aujourd'hui. Donc, je pense quand même que ce désir d'être rassemblé, à mon avis, il demeure. Ce

6:06
Présentateur

désir, mais ce paradoxe, en fait, Laurent Fragerman, que souligne Adélie Zulfi-Karpasik, c'est-à-dire, à la fois, on a envie de renverser la table, enfin, on a envie de quelque chose de neuf, et en même temps, quand on voit, effectivement, ce qui s'est passé ce week-end, on a envie de stabilité. Est-ce que c'est l'éternel paradoxe, au fond, de ce pays et de tous les mouvements qu'il a traversés ?

6:28
Invité

Alors, c'est vrai que la France, c

6:30
Locuteur

'est

6:30
Invité

un pays qui connaît plus de mouvements sociaux, qui est réputé pour cela. Moi, j'étais frappé dans la question de votre auditeur par le fait que, assez vite, je me disais, ça doit être quelqu'un de gauche. Et il l'a dit clairement. Et je pense qu'il exprime bien ce que ressentent une bonne partie des électeurs de gauche, je ne

6:44
Locuteur

sais

6:44
Invité

pas si c

6:44
Locuteur

'est

6:44
Invité

la majorité, ça, c'est toujours difficile à savoir, qui sont effrayés par ces événements, qui veulent plus de police aussi, qui veulent des services publics, dont une police efficace. Et c'est ça, l'enjeu, finalement, politique,

6:57
Locuteur

c

6:57
Invité

'est-à-dire, alors, après, on en discutera, quel rôle de la police, comment elle agit, etc. Mais qui veulent cette stabilité, en tout cas. Et qui pensent que le fait qu'elle soit débordée n'est pas une bonne chose.

7:07
Présentateur

Est-ce que vous avez le sentiment, Jean-Marc Morel, au fond, que tout le monde est fragilisé, y compris dans cette campagne-là. Et tout le monde, je pense, au candidat,

7:16
Locuteur

en

7:16
Présentateur

fait. Alors, peut-être au-delà de Marine Le Pen, qui reste, effectivement, tout en haut. Mais je vois Adélaïde qui fait,

7:23
Locuteur

il faut voir. On n'a pas mesuré le puits.

7:26
Présentateur

Mais est-ce qu

7:26
Locuteur

'il

7:26
Présentateur

y

7:26
Locuteur

a

7:26
Présentateur

une fragilisation ? Est-ce que c'est une fragilisation pour tout le monde, une histoire comme celle-là ?

7:30
Invité

En tout cas, j'ai le sentiment qu'à part,

7:32
Locuteur

en

7:32
Invité

effet, peut-être pour Marine Le Pen, c'est une bonne nouvelle pour personne. Si vous prenez Marine Le Pen, je dirais qu'elle a deux jeux. D'un côté, elle peut dire, écoutez, vous voyez bien que le pouvoir est à bout de souffle. Donc, demain, je suis la seule alternative, la seule alternance. Et il y a un besoin, en effet, de changement. Et de l'autre côté, elle peut dire également, regardez, il y a un parti à qui on prête le désordre, de la France Insoumise. Il

7:53
Locuteur

y a

7:53
Invité

un parti qui ne peut pas maintenir l'ordre, la majorité. Et moi, je suis le camp de l'ordre. Donc, elle a un logiciel, un narratif. On verra ensuite si elle en profite. Sur les trois candidats qui se battent aujourd'hui, potentiellement, pour être les second, c'est en effet compliqué. Vous avez un Jean-Luc Mélenchon qui, en règle générale, a toujours la même stratégie. C'est-à-dire qu'il radicalise pendant quatre ans et demi. Il en fait des tonnes pour bétonner sa base électorale. Et ensuite, dans la dernière ligne droite, vous parliez de la théorie des six mois. Il élargit. Il devient ce gentil grand-père républicain qui enseigne au pays l'IA, l'espace, l'eau, etc.

Là, on est très tard dans cette campagne pour être dans une phase de radicalisation. Et donc, à partir de là, ça jure un petit peu avec une phase de déradicalisation qu'il avait déjà lancée depuis son discours de Saint-Denis. Si vous prenez le Raphaël Duxman, le centre-gauche, ce qui est impacté là, ceux qui sont, je dirais, aux premières loges, c'est les centres-villes. Les centres-villes des métropoles, c'est un électorat.

8:49
Locuteur

En

8:49
Invité

effet, plutôt un électorat qui peut lorgner vers cette gauche-là, avoir l'effet que ça peut avoir sur lui, ces événements-là. Et enfin, si vous prenez les héritiers d'Emmanuel Macron, on voit, quel que soit ce qu

9:00
Locuteur

'on

9:00
Invité

peut penser du bilan, que ce quinquennat, a priori, se termine mal, et que ce bilan qu'il porte, comme à la fois un héritage et une croix, il va être encore un peu plus lourd à porter et à justifier.

9:11
Locuteur

On

9:11
Présentateur

va revenir sur ce que vous dites et retourner au standard. Mais Laurent Fragerman, en écoutant Benjamin Morel, et aussi revenant à notre premier auditeur, il

9:21
Locuteur

y

9:21
Présentateur

a une chose qui me vient à l'esprit. À la fois, j'entends cette espèce de paradoxe, en fait, des électeurs qui, à la fois, ont besoin de stabilité, mais veulent aussi renverser la table. La question que j'ai envie de me poser derrière, c'est qu'est-ce qu'un, de toute façon, un homme politique en campagne, là, en ce moment, peut à la fois promettre l'ordre et le social, en même temps et dans la même phrase. Parce que c'est ça, le numéro d'équilibre,

9:42
Locuteur

ce

9:42
Présentateur

qu'il faudra faire. Promettre à la fois l'ordre et le social, parce que cette manif, elle dit ça. Elle dit qu'il

9:47
Locuteur

y a

9:47
Présentateur

eu des ordres, mais elle dit qu'il

9:48
Locuteur

y

9:48
Présentateur

a colère sociale aussi, comme le soulignait Adélie

9:50
Invité

Zulfi-Karpazic. Je pense que c

9:52
Locuteur

'est

9:52
Invité

le problème pour Glucksmann, justement. Parce que Glucksmann n'est pas, à mon avis, il n'est pas tellement sur cette idée d'incarner le social. Il y avait quand même, ce qui était frappant le 17, c'était qu'il y avait aussi 550 000 manifestants. Plus que ce que j'imaginais. deux fois plus que bloquant tout un an avant. 110 000 personnes dans Paris. Ce qui pose d'ailleurs des questions, parce que quand vous avez une manifestation qui est inorganisée, qui se déroule, qui commence dans le chaos du fait des casseurs, vous avez quand même 110 000 personnes qui viennent sous les gaz lacrymogènes et qui veulent manifester quand même.

Et donc il faut s'adresser à cette partie de l'électorat, à cette partie du peuple de gauche. Là, on s'adresse bien à la gauche. Glucksmann, lui, a dit quelque chose de fort sur les questions de restauration d'autorité. C'était normal, ce qu'a dit également Benoît Payan, mais il n'a pas équilibré.

10:39
Locuteur

Et

10:39
Invité

donc, d'un autre côté, évidemment, Mélenchon, c'est quand même un gros problème pour lui d'avoir été autant à la manœuvre pour organiser cette manifestation de samedi. Notamment les organisations lycéennes et étudiantes qui sont dirigées par LFI ont tout fait pour qu'il

10:52
Locuteur

y

10:52
Invité

ait ces manifestations le samedi avec les gilets jaunes, sans connaître le parcours. Bon, maintenant, on se retrouve avec cette situation-là. Je ne dis pas qu'ils ont organisé les choses. Je ne

11:03
Locuteur

suis

11:03
Invité

pas dans la théorie du complot.

11:04
Locuteur

Mais

11:04
Invité

en tout cas, maintenant,

11:06
Locuteur

finalement,

11:06
Invité

Jean-Luc Mélenchon apparaît quand même, quoi qu'il en dise, comme quelqu'un qui n'a pas été responsable. Adélie Zulfi-Karpazik ? Moi, je dirais qu'on ne peut pas opposer l'ordre et le social. Ce

11:17
Locuteur

ne

11:17
Invité

sont pas deux notions antinomiques. Le social n'est pas le contraire de l'ordre. Et d'ailleurs, c'est en ce sens que je rejoins Benjamin Moral et ce que vous avez dit vous-même, qu'il est très probable que dans les hypothèses qu'on peut faire, Marine Le Pen soit celle qui sorte renforcée de cette séquence, pas forcément en gagnant des voix parce qu'elle est déjà très haut dans les intentions de vote, mais au moins en consolidant sa base parce que justement, c

11:34
Locuteur

'est

11:34
Invité

ce qu'elle promet, l'ordre et le social. Déjà en 2022, elle s'est imposée très rapidement comme la candidate du pouvoir d'achat, celle qui entend les préoccupations sociales des Français. Et aujourd'hui, elle a aussi un discours très structuré autour du retour à l'ordre, retour à la sécurité.

11:47
Locuteur

D

11:47
Invité

'ailleurs, c'était très frappant. Je ne

11:48
Locuteur

sais

11:48
Invité

pas si vous avez vu hier la vidéo qu'elle a publiée de quelques minutes une sorte d'allocution présidentielle où c'était justement, elle avait cette posture de presque présidente, de je vais rétablir l'ordre et en même temps, elle reste cette candidate du pouvoir d'achat. Et

12:01
Présentateur

souvenez-vous d'une de ces campagnes précédentes, je ne me souviens plus si c'est celle d'avant ou celle d'encore avant, dont le slogan était « La France apaisée ». Ce qui raconte quand même quelque chose de ces candidatures-là au fil des candidatures et surtout dans ce contexte-là. Je voudrais qu'on écoute Arnaud avant de poursuivre la conversation. Bonsoir Arnaud.

12:19
Locuteur

Oui,

12:20
Auditeur

bonsoir.

12:20
Locuteur

On vous

12:21
Auditeur

écoute ? Vous m'entendez ? Oui. Bonsoir. Je voulais apporter un témoignage également

12:27
Locuteur

qui

12:28
Auditeur

rejoint celui de l'auditeur précédent. Mais je suis allé au centre-ville de Lyon samedi après-midi

12:35
Locuteur

pour

12:36
Auditeur

rejoindre ma fille qui souhaitait manifester, ma fille qui est étudiante et qui... Donc je devais la rejoindre et je suis arrivé avant elle

12:46
Locuteur

au

12:47
Auditeur

cœur du chaos de Lyon samedi après-midi.

12:52
Locuteur

et

12:53
Auditeur

ce que j'y ai vu m'a profondément choqué et atterré parce que je pense que ça fait un boulevard pour l'extrême droite. Ce que j'ai vu, ce sont des gens qui étaient là, beaucoup de gens de groupes d'extrême gauche et beaucoup de gens qui étaient là uniquement pour en découdre et pour casser. On n'était vraiment pas du tout dans les revendications de la manifestation

13:15
Locuteur

que

13:16
Auditeur

par ailleurs moi je rejoignais parce qu'il y a des choses que je soutiens dans ce que réclament les étudiants. Mais là on était très loin de ça. Bon, je suis parti assez rapidement de ce chaos généralisé. Mais j'ai aussi constaté et ça, bon, ce n'est que mon constat sur une

13:37
Locuteur

heure

13:37
Auditeur

passée dans le centre-ville de Lyon mais les seuls mots que j'ai entendus scander par les gens dans la manifestation étaient « akab » « all cops are bastards ». Donc je pense qu'il y avait beaucoup de gens qui étaient là

13:52
Locuteur

pour

13:53
Auditeur

manifester pour des revendications légitimes mais c'était absolument inaudible puisque le seul mot d'ordre crié par et scander par les gens dans la foule était « akab

14:02
Présentateur

».

14:03
Locuteur

Et

14:03
Auditeur

je pense que les gens qui étaient là que ce soit toute cette jeunesse qui vient casser et une jeunesse sans doute avec beaucoup de ressentiment par rapport à la politique actuelle mais aussi tous les gens d'extrême-gauche qui viennent revendiquer certaines choses n'ont absolument pas intérêt à ce que l'extrême-droite prenne le pouvoir en 2027 mais j

14:28
Locuteur

'ai

14:28
Auditeur

l'impression que malheureusement ce qui se crée et ce qui a été véhiculé là et ce qui a été fait là est un boulevard pour Le Pen et malheureusement je le regrette profondément

14:39
Présentateur

Arnaud merci pour votre témoignage Adélie Zulfi-Karpazie qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui on a Lilia qui nous attend au standard qui est étudiante et qui était là aussi parce qu'elle voulait dire des choses est-ce qu'on peut je vais le dire comme ça est-ce qu'on peut sauver le social derrière les heures et le chaos qu'on a vu ces deux derniers jours ou est-ce que ça va être très compliqué désormais à nouveau de manifester pour un mouvement social qui est né chez les jeunes qui est né il y a un mois et qui a été plutôt puissant ces dernières semaines avant cette histoire là

15:15
Invité

après je pense que tout va dépendre de la trajectoire que vont prendre les mouvements dans les prochains jours et si on arrive à décorréler peut-être ce qui a été je ne

15:24
Locuteur

sais

15:24
Invité

pas si c

15:24
Locuteur

'est

15:24
Invité

une erreur tactique je n'en sais rien je ne

15:26
Locuteur

suis

15:26
Invité

pas grand chose pour juger mais le fait d'avoir mis sur le même plan l'ensemble des revendications d'avoir voulu faire converger à la fois les revendications contre la vie chère d'un côté et en même temps les revendications lycéennes et étudiantes qui sont plus c'est très lié à la question des moyens mais qui sont plus sur les conditions d'études peut-être que ça a permis ces intrusions et peut-être que deux mouvements séparés ne l'auraient pas permis donc peut-être que si on recinde les revendications et que chacun suit quelque part sa ligne de nage peut-être qu'on arrivera à faire émerger et surnager effectivement des revendications qui votre auditeur elle a très bien dit Arnaud qui ont été complètement étouffés mais je pense que les lycéens et les étudiants de ce que j'en ai entendu restent motivés à se mobiliser et sans doute seront-ils on peut compter sur leur créativité et leur inventivité pour aussi réussir à retrouver des voies d'expression qui ne soient pas écrasées par d'autres et peut-être inventer autre chose j'en sais rien

16:20
Locuteur

on

16:21
Présentateur

verra bien comment ça se poursuit Benjamin Morel est-ce que le retour dans la rue des gilets jaunes en fait qu'on pressent ou qu'on attend je ne

16:31
Locuteur

sais

16:31
Présentateur

pas très bien ce qu'il faut dire depuis la fin du mouvement y compris une journée l'année dernière et puis finalement qui avait fait flop une journée la année d'avant qui avait fait flop aussi là pour le coup on le revoit marqué sur les murs on revoit des gilets est-ce que c'est ça aussi ce week-end là c'est ce retour là d'ailleurs je trouve ça assez intéressant que samedi prochain ce soit l'acte 2 alors qu'en réalité normalement samedi ce n'était pas un acte 1 c'était l'acte 5 ou 6 des étudiants

16:55
Locuteur

oui

16:56
Invité

alors il va falloir voir qui est en effet là samedi prochain et quelle est la sociologie du mouvement pour l'instant je parle sous le contrôle du spécialiste des mouvements sociaux je crois qu'on n'a pas encore assez de recul sur le profil des manifestants qui n'étaient pas non plus complètement ceux d'il y a quelques années en 2018 on a évidemment un certain nombre de personnes qui se sont remobilisées mais on voit un mouvement avec plus de jeunes mouvement assuyantin etc donc c'est peut-être pas tout à fait la même sociologie et pas tout à fait non plus les mêmes tenants et aboutissants en revanche le résultat est quelque peu le même c'est

17:28
Locuteur

à dire que quand vous

17:28
Invité

avez un mouvement qui est non organisé sans les services d'ordre de la CGT sans la capacité à maîtriser une manif de concert avec les forces de l'ordre vous avez un corps dans lequel des casseurs peuvent rentrer et dans lequel il est très difficile pour les pouvoirs publics d'avoir une prévisibilité parce que ça veut dire que derrière vous n'avez personne avec qui négocier et que du point de vue de

17:51
Locuteur

l

17:51
Invité

'ordre public vous n'avez pas non plus d'assistance et ça ça crée un enfer pour le gouvernement qu'il a connu il

17:57
Locuteur

y

17:57
Invité

a quelques années et qu'il reconnaît aujourd'hui

17:58
Présentateur

Laurent Fragerman est-ce que c'est le retour en tout cas d'une forme de manif façon les gilets jaunes ou même retour des gilets jaunes ça

18:07
Invité

ou pas ? alors si c'était le retour des gilets jaunes on aurait eu beaucoup plus de monde sur les ronds-points il

18:11
Locuteur

y

18:11
Invité

a eu beaucoup de manifestations sur les ronds-points qui paradoxalement ont été pacifiques et c'est pas du tout un mouvement de centre-ville les gilets jaunes donc par contre ce qui est intéressant il y a

18:21
Locuteur

une

18:21
Invité

telle désorganisation on est dans une telle société que finalement il y a finalement n'importe qui peut dire voilà j'organise une prochaine manif lancer un appel à la cantonade et puis si ça prend sur les réseaux sociaux ou dans les médias ça prend sinon tant pis on en lance un autre dans six mois moi je trouve que ce fossé que décrit notre auditeur avec la police n'est pas seulement le fait de l'extrême gauche parce que ça classiquement les manifestants dans tous les mouvements sociaux il y a une réticence face à la police mais là il y

18:50
Locuteur

a

18:50
Invité

un fossé c'est quand même assez inquiétant vous avez le sentiment si on regarde la chronologie dégradation des libertés état d'urgence en 2005 l'auditeur nous parlait avec Jacques Chirac c'était mieux mais en 2005 émeute état d'urgence qui est remis en oeuvre 2013 d'autres restrictions le confinement encore d'autres le couvre-feu qui arrive maintenant moi je pense qu

19:14
Locuteur

'il y a

19:14
Invité

une coproduction de tout ça c'est-à-dire qu'à un moment donné la police doit bien trouver des solutions pour assurer la stabilité mais il n'empêche que dans une partie des manifestants qui notamment ont très mal vécu les manifestations de 2016 et certaines pratiques policières et bien il y a désormais une telle méfiance qu'on arrive avec son sérum physiologique ses lunettes etc on se dit même s'il n

19:35
Locuteur

'y

19:35
Invité

a pas de manifestation organisée je vais manifester quand même etc ce qui rend les choses pour les forces de l'ordre objectivement très difficiles j'ajouterais que voilà ce fossé avec la police je finirais sur une note historique quand la manifestation n'est pas quelque chose de constitutionnel à la base alors c'est pareil là je me laisse sous le couvert de mon voisin de Benjamin Morel à la base c'est simplement le conseil constitutionnel l'a rajouté mais dans la ce qui existait l'ordre public c'est-à-dire occuper l'espace public ça a toujours été difficile en 1934 le 6 février 1934 des manifestants de droite et d'extrême droite ont voulu s'emparer de l'Assemblée nationale la police a dû tirer pour les en empêcher six morts et ça a été le début du front populaire et la lutte contre l'installation du fascisme en France qui était à deux doigts de réussir il

20:22
Locuteur

y

20:22
Invité

a cette histoire-là l'année d'après seulement l'année d'après on met en place les décrets-lois qui réglementent le droit de manifester le droit de manifester il vient aussi d'une volonté de canaliser les manifestations pour éviter que ça soit n'importe quoi et là aujourd'hui enfin samedi notamment c'était n'importe quoi

20:38
Locuteur

bonsoir

20:39
Présentateur

Lila oui bonsoir vous m'entendez ? mais je vous entends très bien soyez la bienvenue

20:43
Locuteur

et

20:44
Auditeur

bien merci écoutez Madame Synthès je suis une auditrice régulière depuis que je suis née par mes parents de votre émission mais je suis toujours un peu déçue parce que j'entends jamais ma voix et je me suis dit que ce soir j'allais passer le pas et vous appeler allez-y j'entends beaucoup de choses depuis ce soir avec lesquelles je ne suis pas en accord moi personnellement j'ai essayé de manifester samedi j'étais à Clermont-Ferrand mais je n'ai pas pu puisque nous avons été gazés et il y a eu un empêchement de ce rassemblement c'est pas la première fois que je vis une telle répression de l'ordre puisque ça fait depuis la manifestation des retraites voire même du climat et je vois cette répression qui ne fait que augmenter et je suis assez inquiète et j'aimerais aussi revenir sur ce qui a été dit plus tôt qu'il faudrait séparer le mouvement étudiant étudiant lycéen et le mouvement des gilets jaunes et je ne suis pas forcément d'accord parce que je suis autant inquiète qu'un retraité qui n'arrive pas à vivre avec le sneak je suis autant inquiète que le petit commerçant qui vient de voir son commerce se détruire détruit en fait on a peur pour notre avenir les jeunes on ne sait pas de quoi demain va être fait parce qu'on sait que ma génération pour sortir de la pauvreté c'est six générations alors qu'avant avec un SMIC vous pouviez avoir un toit sur la tête on a peur pour un avenir qui va être rongé par le dérèglement climatique et la destruction de la biodiversité et 2027 me fait peur et j'aimerais vous dire que les jeunes ne sont pas que remplis de haine mais on continue à avoir de l'espoir et on aimerait être écoutés autant qu'on a pu écouter mai 68 et voilà c'était le message que je voulais passer essayer de nous écouter

22:28
Locuteur

non non non qu

22:29
Présentateur

'on a entendu il faudrait clair Lila mais du coup j'ai quand même une question pour vous avant de vous laisser c'est promis est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui que votre mouvement a pris de l'ampleur depuis le 17 ou que votre mouvement a été mangé par les violences qu'on a pu voir depuis le 17 comment vous en sortez vous

22:46
Locuteur

?

22:47
Auditeur

écoutez je vais parler au nom de plusieurs camarades mais je ne parle pas au nom de toute la jeunesse parce que c'est impossible de parler au nom de toute une génération mais on est terrifiés moi je suis rentrée chez moi avec des amis en pleurs avec des amis qui ont été touchés au crâne parce qu'on se dit qu'on essaye de manifester de manière pacifique et voilà ce qui se passe on a été détruit par les violences mais bien évidemment les violences des casseurs mais les violences des forces de l'ordre alors je pense que ce qui s'est passé ne va pas bien se passer c'est terrible mais moi j'ai assez peur pour l'ampleur de ce mouvement on demandait simplement être écouté et qu'est-ce qu'on nous répond du maintien de force de l'ordre moi l'allocution d'Emmanuel Macron m'a profondément déçu mais ça fait 10 ans qu'on est sous son mandat on a l'habitude d'être déçu par lui mais sincèrement je crois que le mouvement va repartir mais de manière peut-être un peu moins pacifique mais parce qu'on ne se sent plus écouté et que ça fait des années qu'on essaie de le dire gentiment

23:47
Présentateur

merci beaucoup Lila pour votre vous revenez quand vous voulez Lila au téléphone

23:50
Locuteur

vous

23:51
Présentateur

êtes chez vous vraiment Adelaide Zulfi Carphasic la crainte d'un d'un embrasement la crainte que dans la suite de ce mouvement on n'arrive plus à manifester aujourd'hui j'allais dire tranquillement et pacifiquement vous l'avez aussi ça ou pas ? alors j

24:05
Invité

'aimerais quand même juste revenir sur ce qu'a dit Lila sur

24:06
Locuteur

ce que j'ai

24:07
Invité

dit tout à l'heure je ne pense pas qu'il faille scinder je suis consciente qu'on est sur des colères au pluriel qui se rejoignent et qui se rejoignent sur la peur de l'avenir on le voit dans les enquêtes d'opinion 9 français sur 10 pensent que la France est en déclin 75% des français pensent que le pays va mal et que la situation ne

24:23
Locuteur

va

24:23
Invité

pas s'améliorer et effectivement Lila a égrené toute une série de préoccupations essentielles à commencer par la question climatique mais aussi la question du pouvoir d'achat il

24:31
Locuteur

y a

24:31
Invité

la question du logement donc je ne disais pas qu'il fallait je ne comprenais pas que tout ça s'agrégeait et que peut-être le fait d'avoir comme l'a dit tout à l'heure notre spécialiste des mouvements sociaux donc le rendre moins audible alors que l'enjeu c'est effectivement pour

24:47
Locuteur

les jeunes de

24:47
Invité

réussir à se faire entendre et c'est toute la question je pense qu'on a aussi un sujet dont on n

24:51
Locuteur

'a

24:51
Invité

pas parlé là mais qui a été assez flagrant ce week-end qui

24:54
Locuteur

est

24:54
Invité

la question de la bataille du récit et la bataille des images parce que j'entendais effectivement entre ceux qui nous disent les policiers il y

25:00
Locuteur

a

25:00
Invité

eu des violences policières uniquement contre les casseurs, les pilleurs des jeunes qui voient des violences policières à l'encontre enfin un empêchement à manifester on a vu aussi le rôle des réseaux sociaux qui a vraiment été presque sans précédent on a eu quasiment des reportages en direct de certaines violences mais chacun enfermé dans ses bulles algorithmiques en recevant les messages auxquels il est habitué donc parfois violences policières contre les manifestants parfois des jeunes casseurs qui seraient des jeunes qu'on ne

25:31
Locuteur

peut

25:31
Invité

pas contenir et donc je pense que tout ça aussi c'est pour ça que je disais tout à l'heure on est dans un moment où on a du mal à y voir clair je pense qu'on a besoin collectivement de faire atterrir la situation et de comprendre

25:41
Locuteur

que

25:41
Invité

s'est-il réellement passé qu'est-ce qu'on a vu est-ce que oui ou non les forces de l'ordre empêchent les jeunes de manifester est

25:46
Locuteur

-ce

25:46
Invité

que ce sont tous les mouvements qui ont été empêchés ou est

25:49
Locuteur

-ce

25:49
Invité

que c'était effectivement par nécessité parce que la situation était telle que les forces de l'ordre ne pouvaient pas faire autrement mais on a besoin je pense de comprendre globalement la situation et aujourd'hui on est encore trop dans la

25:59
Locuteur

réaction

26:01
Présentateur

j'entends ce que vous dites par rapport effectivement on n'est que lundi c'était samedi dimanche Benjamin Morel Lila l

26:08
Locuteur

'a

26:08
Présentateur

un peu évoqué elle n

26:09
Locuteur

'est

26:09
Présentateur

pas toute seule au milieu de nos auditeurs les dix ans d'Emmanuel Macron où en fait ce que j'entends en creux dans nos auditeurs c'est qu'il y

26:16
Locuteur

a

26:16
Présentateur

eu de multiples colères mais qu'aucune de ces colères n'a été éteinte en réalité et que donc là on est en train de voir cette accumulation de colères non éteintes est-ce qu'on peut faire ce genre de conclusion après la manif du 17 ou pas ?

26:32
Invité

On peut en grande partie faire ce type de conclusion après il est vrai sans forcément dédouaner Emmanuel Macron de toutes ces colères qu'aujourd'hui si vous prenez la question du prix du carburant on est sur quelque chose qui ne dépend pas de la politique du gouvernement et ça

26:46
Locuteur

ça

26:47
Invité

pose un autre sujet si vous voulez c'est qu'au fond il y a deux choses qui à mon avis sont délétères et qui se sont passées ces dernières années la première c'est que malgré tout quand on a cédé aux manifestations on y a cédé sous la pression de la violence les gilets jaunes c'est la violence in

27:00
Locuteur

fine

27:01
Invité

qui est réputée faire céder le pouvoir

27:02
Locuteur

mais

27:03
Invité

des choses plus locales pensez à la Corse vous avez des violences on cède à peu près tout à ce moment-là au moment des manifestations en l'honneur d'Yvan Colonna c'est

27:12
Locuteur

pour ça qu'on entend

27:13
Présentateur

beaucoup des choses qui disent s'il n

27:15
Locuteur

'y

27:15
Présentateur

a pas de violence de toute façon on n'obtient rien c'est des choses qui sont en boucle depuis beaucoup de mouvements sociaux et

27:19
Invité

ça c'est fondamentalement délétère parce que ça donne le sentiment qu'au fond la violence peut-être si ce n'est légitime en tout cas acceptable et là ce que nous dit Lila tout à l'heure c'est au fond ça va se durcir et il va y avoir plus de violence et pourquoi pas et donc là il y

27:31
Locuteur

a

27:31
Invité

un danger le deuxième risque d'une certaine façon c'est que jusqu'à présent on avait le sentiment d'un pouvoir jupitérien qui pouvait tout et qui donc pouvait céder le problème actuellement pour Emmanuel Macron c'est qu'en effet vous avez un conglomérat des colères mais que peut-il céder ? Il n

27:47
Locuteur

'y

27:47
Invité

a même pas de budget et donc céder derrière au-delà de la pression des marchés la capacité à avoir je dirais une réponse à cette crise est pour l'exécutif relativement limité et lacunaire et donc vous avez un pouvoir réputé pouvoir céder sous la violence mais qui n'a plus en fait vraiment de marge de manœuvre pour éteindre les colères

28:04
Locuteur

D

28:05
Présentateur

'autant qu'il n

28:05
Locuteur

'y

28:05
Présentateur

a rien à enlever qu'on aurait mis un texte de loi qui ne plairait pas et que donc on annule etc. Il n

28:10
Locuteur

'y a

28:10
Présentateur

rien de tout ça c'est beaucoup plus diffus ce que ça veut dire Laurent Fragermann c'est que la réponse politique du coup c'est quoi alors pardon je vais d'ailleurs reformuler y a-t-il réellement une ouverture pour une réponse politique a fortiori à six mois d'élection présidentielle puisque de toute façon la réponse politique qui vient là sera celle d'un pouvoir ne sera plus là dans six mois

28:31
Locuteur

Oui

28:32
Invité

mais la démocratie sociale ça existe et justement un des grands défauts d'Emmanuel Macron c'est de l'avoir négligé d'avoir tout fait pour combattre les corps intermédiaires qu'il redécouvre à chaque fois qu'il

28:41
Locuteur

y a

28:41
Invité

une crise il nous fait le coup il redécouvre les corps intermédiaires les syndicats etc.

parce qu'il ne les voit que comme un moyen de canaliser les colères et pas comme un instrument démocratique il y a des choses comme Parcoursup que vous avez évoqué dans votre journal s'il y avait un vrai calendrier pour dire on fait travailler une commission et on propose des vraies mesures pour réformer Parcoursup ça pourrait apaiser en partie le mouvement lycéen ça ne réglerait pas tout mais vous voyez quand vous n'avez aucune réponse ça pose un souci par rapport à l'auditrice j'étais frappé quand même parce qu'elle évoque mai 68 mai 68 c'est pas le sentiment de peur mai 68 on est une société triomphante qui se développe et on veut un changement de société ou de meilleures conditions de vie mais enfin on n

29:21
Locuteur

'a

29:21
Invité

pas peur du déclassement du pays ou de soi-même donc c'est ça qui fait quand même la différence on est dans une tonalité beaucoup plus sombre même si mai 68 commence et tous les livres d'histoire nous abreuvent avec ça avec des violences extrêmement fortes et je terminerai justement sur ce rapport à la violence c'est pas que l'extrême gauche c'est votre auditrice le montre bien c'est aussi des syndicats comme la CGT et la FSU FSU premier syndicat de professeurs qui font des communiqués après le 17 octobre ne disant pas un mot de condamnation de la casse disant la CGT nous dit tout ça c'est la responsabilité politique du gouvernement il n'y

29:56
Locuteur

a

29:56
Invité

pas l'équilibre et ça c'est nouveau quand je vous disais qu'il y

29:59
Locuteur

a

29:59
Invité

quelque chose qui a changé il y a 15-20 ans évidemment ces organisations auraient condamné et auraient essayé dans la rue d'empêcher que les manifestants notamment les jeunes se retrouvent au contact des casseurs ils auraient essayé de réguler les flux pour éviter ce genre de problème

30:15
Présentateur

avant de retourner au standard où nous attend Jean il y a Mathieu sur l'appli Radio France Adelaide Zulfi Carpasi qui pose cette question franchement à 6 mois de la présidentielle je ne

30:22
Locuteur

sais

30:22
Présentateur

pas ce que cherchent les manifestants lycéens, gilets jeunes, syndicats LFI et tout le monde dit-il alors que le gouvernement est de toute façon dans une impasse situation budgétaire absence de majorité etc ont-ils conscience qu'ils construisent un boulevard nous dit Mathieu pour l'extrême droite le pire des scénarios je ne sais pas si on peut imaginer ce scénario là mais serait que les manifestations et tous les blocages entraînent la démission d'Emmanuel Macron puis l'élection de Marine Le Pen au Lamain je ne

30:45
Locuteur

sais

30:45
Présentateur

pas si on peut aller jusqu'à cette extrémité mais la question de démarrage qui dit à quoi ça sert de manifester à six mois d'élection

30:51
Invité

présidentielle ça rejoint la question sur quelle réponse politique peut-on attendre et moi je me disais la réponse politique effectivement c'est ce que rappelait Benjamin Morel à court terme par le gouvernement actuel effectivement on ne la voit pas en revanche le seul avantage que j'y vois et ça répond en partie à la question de votre auditeur c'est que c'est peut-être aussi un moyen de faire peser l'ensemble de ces colères sur la campagne et je vais me réjouir d'une chose et c

31:15
Locuteur

'est

31:15
Invité

peut

31:15
Locuteur

-être

31:15
Invité

la seule parce que moi j'avais peur que cette campagne ne soit totalement parasité par la question des désignations des candidats est-ce que Attal va y aller pas y aller etc

31:23
Locuteur

et

31:24
Invité

là

31:25
Locuteur

on

31:25
Invité

va peut-être parler du fond on va parler d'éducation on va parler de pouvoir d'achat et donc peut-être qu'au moins le bénéfice et ce qu'attendent les manifestants c'est peser sur la campagne pour avoir des vrais débats de fonds sur l'avenir de notre pays sauf si

31:37
Présentateur

certains de ces manifestants considèrent que de toute façon le politique ne réglera pas les choses que finalement l'élection pour eux n'est pas une échéance exactement comme ils ont cru que comment on appelait ça les conventions citoyennes pardon moi merci beaucoup que les conventions citoyennes donc où on faisait appel à eux pouvaient faire aboutir des choses et ça n'a pas été le cas exactement comme des pétitions récemment beaucoup d'exemplaires beaucoup de on va pas revenir là-dessus mais c'était le cas notamment autour des pesticides ne font pas changer la loi non plus est-ce qu

32:12
Locuteur

'on

32:12
Présentateur

se retrouve pas aussi y compris à six mois des élections face à des citoyens qui pensent que de toute façon la politique avec un grand P ne résout plus les problèmes Benjamin Morel

32:20
Invité

en grande partie en effet parce que ça a été évoqué tout à l'heure mais si vous prenez le grand débat etc tout ça a été une façon au grand débat d'apaiser une société pour ne pas tout à fait répondre à ses revendications si vous prenez la réponse du gouvernement à la crise des gilets jaunes la grande conférence d'Emmanuel Macron là c'est quelqu'un qui a toujours le nez sur le calendrier parlementaire qui vous le dit la plupart des projets de loi de réponse aux gilets jaunes étaient déjà dans les escarcelles du gouvernement avant les gilets jaunes donc évidemment il y

32:49
Locuteur

a

32:49
Invité

un moment

32:49
Locuteur

et les cahiers d'oléances n'ont pas été

32:51
Présentateur

ouverts

32:51
Locuteur

et

32:51
Invité

les cahiers d'oléances n'ont pas été ouverts et in fine on a un peu mis tout ça sous le boisseau donc évidemment ça pose un vrai problème avec un risque un métarix d'une certaine façon c'est un sujet mais quel que soit celui qui sera élu en 2027 ce qui fait les pouvoirs d'un président de la république c'est le fait que derrière il dispose d'une majorité et on peut élire on peut avoir le sentiment d'élire un sauveur en 2027 qui n'ayant pas plus de majorité parce qu'aujourd'hui c'est un peu un risque qu'il faut considérer et bien ne pourra pas plus je dirais nous sauver et le risque d'enquistement de la crise politique et de crise qui tout d'un coup devient beaucoup plus ancrée dans l'opinion beaucoup plus sociale il est aujourd'hui présent

33:35
Locuteur

ça

33:35
Présentateur

veut dire que si on enquiste ça veut dire que pardon mais on traîne cette histoire pendant les 6 mois jusqu'au scrutin

33:40
Invité

et voire même après

33:41
Présentateur

et voire après Jean est avec nous bonsoir Jean

33:45
Auditeur

bonsoir on

33:46
Locuteur

vous écoute Jean bonsoir à

33:47
Auditeur

tous merci pour votre émission

33:49
Locuteur

et

33:49
Auditeur

bonsoir aussi à Benjamin Morel avec qui j'ai échangé je vous appelle de Copenhague avec qui j'avais échangé par le passé sur

33:54
Locuteur

les

33:55
Auditeur

systèmes de scrutin dans les pays nordiques notamment sur la proportionnelle à mon avis ça serait une solution urgente en France mais ma question ne pose pas sur ça j'ai beaucoup entendu ces jours-ci les sympathisants du gouvernement annonçaient que le désordre allait profiter au Rassemblement National

34:17
Locuteur

et

34:18
Auditeur

j'entends parfois dans cet argument une forme de chantage c'est-à-dire j'entends d'ailleurs la même chose dans la politique au Danemark si vous continuez à vous opposer en parlant aux sympathisants de

34:31
Locuteur

gauche à

34:32
Auditeur

notre politique

34:33
Locuteur

et

34:34
Auditeur

bien d'une certaine manière vous aurez encore pire et donc

34:37
Locuteur

restez

34:38
Auditeur

chez vous il n

34:38
Locuteur

'y a

34:38
Auditeur

pas d'alternative

34:40
Locuteur

mais

34:41
Auditeur

je me demande quelle est la

34:43
Locuteur

vérité

34:44
Auditeur

de cette menace puisque

34:47
Locuteur

disons

34:47
Auditeur

dans les dernières années moi je suis les sondages en France aussi j'ai l'impression que Marine Le Pen ou en tout cas Jordan Bardella le Rassemblement National reste plus ou moins autour du même niveau bien qu'il y ait eu

35:00
Locuteur

des

35:01
Auditeur

désordres après

35:01
Locuteur

le

35:03
Auditeur

meurtre de la mort de

35:06
Locuteur

de

35:07
Auditeur

de

35:07
Locuteur

de de ou

35:09
Auditeur

de de de

35:10
Locuteur

par

35:10
Auditeur

exemple je me demande à quel point cette menace est réelle

35:14
Locuteur

et

35:14
Présentateur

bien c'est une bonne question merci beaucoup Jean est-ce qu'on peut répondre à la question de Jean ou pas qui veut répondre

35:20
Invité

moi je trouve qu'il confond quand même violence et opposition parce que ce dont on parle pour le 17 octobre c'est pas les manifestations justement qui ont été complètement mises de côté c'est pas les revendications c'est ce défoulement de violence d'échaînement par ailleurs voilà

35:35
Locuteur

mais

35:36
Présentateur

ce qu

35:36
Locuteur

'il

35:36
Présentateur

nous dit en gros c'est le score il reste élevé mais il monte pas plus alors effectivement 48 heures Adélie

35:41
Invité

Zulfi-Karpazik donc si

35:44
Locuteur

on

35:44
Invité

regarde surtout dans le rétroviseur élection après élection quand même Marine Le Pen crante au fur et à mesure la seule certitude qu'on a aujourd'hui sa certitude sauf accident de parcours c'est qu'elle sera vraisemblablement au second tour la question c'est est

35:55
Locuteur

-ce

35:55
Invité

qu'elle est en capacité maintenant ou pas de remporter une élection effectivement le RN reste un parti qui divise une partie des français nous dit c'est un parti d'extrême droite c'est un parti qui fait peur donc est-ce que les français seront prêts à élire Marine Le Pen présidente de la république je n'en sais rien je comprends sa question mais je pense qu'il s'est passé beaucoup de choses en 5 ans et que la campagne aussi va faire son chemin les mouvements actuels mais je ne serai pas aussi radicale que lui dans ma réponse ce n'est pas possible elle a atteint son plafond de verre

36:25
Présentateur

en tout cas Jean-Marie Morel il ne reste qu'une poignée de secondes et pour boucler la boucle et revenir à notre thème de départ sur les 6 mois avant la présidentielle est-ce que cette histoire nous dit surtout que c'est bon enfin si j'ose dire il n

36:35
Locuteur

'y aura

36:35
Présentateur

plus de surprises là maintenant dans la fameuse course des petits chevaux on a tout le monde à l'entrée il ne peut pas y avoir de grosses surprises présidentielles pas maintenant

36:44
Invité

il peut toujours y avoir beaucoup de surprises évidemment ce qu'on peut dire tout de même c'est que l'ensemble des espaces politiques aujourd'hui sont quand même surabondés de candidats et que de l'autre côté vous avez des véhicules politiques qui ont tous leur capitaine donc l'idée d'un candidat qui sortirait de nulle part si jamais le paysage reste à peu près le même ce n

37:03
Locuteur

'est

37:03
Invité

pas quelque chose qu'on peut complètement exclure mais c'est quelque chose qui est tout sauf évident a pris rapidement sur Marine Le Pen il y

37:09
Locuteur

a

37:09
Invité

deux choses qui ont changé quand même depuis quelques mois mais je parle sous le contrôle d'Adélide c'est un

37:13
Locuteur

elle

37:13
Invité

gagne tous les seconds tours ce qui n'était pas le cas il y

37:15
Locuteur

a

37:15
Invité

encore un an et deuxièmement quand vous prenez une enquête et je crois que c'est une

37:30
Locuteur

enquête

37:33
Présentateur

demain je pense autour de ces questions-là merci à tous de vos nombreux appels merci à tous d'être venus la pub

37:38
Locuteur

d'être venus la

37:38
Présentateur

pub merci

37:38
Locuteur

à tous d'être venus

37:38
Présentateur

la

37:38
Locuteur

pub