Séisme au Maroc, suicide d'un adolescent à Poissy, référendum sur l'immigration... Le "8h30 franceinfo" de Karl Olive
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Karl-Oliv. Bonjour M. Baudot. Un mot pour commencer du Maroc. Plus de 2000 morts, au moins un Français parmi les victimes. Voilà le bilan encore provisoire du séisme qui a frappé le Maroc dans la nuit de vendredi à samedi. La France a proposé son aide. Vous avez pu en parler au président Macron ?
Oui, d'abord je veux dire la grande tristesse que nous partageons. Un million cinq de nos compatriotes sont marocains, d'origine marocaine ici en France. Je vois par exemple sur Poissy, il y a 2000 amis d'origine marocaine. Le deuxième message, c'est la solidarité nationale et internationale qui s'est tout de suite mise en place. Et là je veux dire, ça c'est de la fierté. Ça fait plaisir d'avoir enfin une concorde nationale sur le sujet du point de vue politique, du point de vue des acteurs. Je pense à Gad Elmaleh, je pense à Jamel Debbouze.
Puis le président de la République avec lequel j'ai échangé hier me disait qu'il avait eu le roi Mohamed VI c'est qu'il était à la disposition de nos amis du Maroc pour connaître précisément leur sujet avec la mobilisation du ministère de l'Intérieur, du Quai d'Orsay, du ministère des Armées. Après je pense qu'il ne faut pas se disperser. Aujourd'hui par exemple, on a dans nombre de France ce qu'on appelle des forums des associations. La Croix-Rouge est présente, le Secours Populaire est présent. Ce sont des relais justement pour nos amis marocains. Puis il y aura la Fondation de France pour les dons.
Mais aujourd'hui, la demande qui est faite notamment de nos amis marocains, avec lesquels j'ai pu encore échanger hier soir, c'est vraiment notamment des couvertures, c'est vraiment des couches pour les enfants.
Pour l'instant, sachant que le Maroc n'a pas formulé formellement de demandes d'années, vous nous dites donc que le président Macron a parlé au roi Mohamed VI dans les dernières heures. Exactement. Karl-Oliv, un adolescent de 15 ans, victime de harcèlement, s'est suicidé dans sa chambre mardi à Poissy, la ville dont vous avez été maire pendant longtemps. Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur l'événement. Vous vous êtes rendu chez ses parents, notamment avec Brigitte Macron. D'abord, comment vont-ils et qu'attendent-ils aujourd'hui ?
D'abord, c'est un drame absolu, Mme Lambret. Moi, je me suis rendu le soir même de ce drame pour rencontrer la maman qui était déjà emmenée en état de choc à l'hôpital. Et puis, dans la foulée, le président de la République et Mme Macron et Gabriel Attal ont proposé de pouvoir rencontrer, avoir cette personne au téléphone. Et c'est comme ça que la rencontre qui devait, vous avez raison, avoir lieu au domicile a finalement eu lieu. Et que Mme Mère de Poissy, en Mère de Poissy, on est resté deux heures avec à la fois la maman, la sœur de la maman et le beau-frère de la maman.
Ce dont on s'aperçoit, c'est qu'on a des trous dans la raquette et je pense qu'il ne faut pas qu'on se cache derrière son petit doigt pour cela. On a des trous dans la raquette encore aujourd'hui en matière de harcèlement. Le programme phare qui lutte contre le harcèlement va dans le bon sens. Il a été généralisé au lycée.
C'est-à-dire des trous dans la raquette. Les parents se sont plaints, ont déploré d'avoir appelé à l'aide et de ne pas avoir été suffisamment aidés. Expliquez-nous comment ça s'est passé.
Le sentiment que nous avons sur ce sujet comme dans bien d'autres, c'est qu'à un moment donné, on se demande si finalement les victimes ne viennent pas des coupables. Que le temps de prise de conscience de l'éducation nationale de certains nombres de services, et je ne veux pas généraliser, fait qu'il y a une détresse qui n'est pas entendue ou lorsqu'elle est entendue, il est presque trop tard. Et je veux être prudent par rapport à ce que je dis puisque vous l'avez dit à juste titre, Mme Lambret, le parquet a ouvert une enquête pour harcèlement. Gabriel Attal a diligenté une enquête administrative. La vérité, c'est que les parents ont fait ce qu'ils devaient faire.
C'est-à-dire qu'ils ont sollicité, ils ont eu des rendez-vous.
Ils ont le sentiment qu'ils n'ont pas été suffisamment écoutés, pas assez ?
En tout cas, ils ont eu des rendez-vous avec le proviseur. C'est ce qui nous a été rapporté. Le gamin a aussi subi des altercations où il a eu le sentiment de ne pas être pris suffisamment en considération. Et puis, pardon, mais à un moment donné, il faut qu'on clarifie les choses. Il est hors de question que les harceleurs soient finalement tacitement protégés par rapport aux harcelés.
Mais concrètement, comment on a pu protéger, entre guillemets, les harceleurs ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Les parents ont fait remonter au proviseur, à l'administration qu'il y avait du harcèlement. Qu'est-ce qu'on leur a dit ? On leur a dit, taisez-vous, c'est une sorte de pas de vague ?
Il s'est passé ce qui se passe souvent dans ces cas-là, c'est-à-dire que chacun, je ne veux pas dire, fuit ses responsabilités, mais va sortir le parapluie ou le parasol pour se protéger. Dans ce cas, peut-être que, comme dans bien d'autres, et on a aussi un vrai sujet. Figurez-vous que si, aujourd'hui, à l'école élémentaire, par exemple, votre gamin est harcelé dans la cour, pendant l'heure du déjeuner, ce n'est pas la responsabilité de l'éducation nationale. C'est la responsabilité, par exemple, des personnes qui en chargent les activités pré-scolaires de la ville. Tout ça doit être éclairé.
Ce que vous pointez, ce sont des défaillances de la part des services au sens large.
Exactement, bien sûr. Et il est temps de clarifier les choses. Il est temps, par exemple, de tenir, informer les familles de tout le processus de décision. Pour les familles, M. Baudot, mais également pour les enfants qui sont harcelés. Ce n'est pas suffisamment le cas. Moi, je propose, par exemple, qu'on crée, ce qu'on connaît bien dans nos collectivités, un conseil local de prévention du harcèlement. C'est-à-dire qu'on met tout le monde autour de la table et on ne fuit pas ses responsabilités.
On est dans la transparence. Mais qu'on comprenne bien les défaillances que vous pointez, c'est en général ou dans le cas de Poissy en particulier ?
J'ai trois exemples en tête qui montrent exactement la même chose dans des régions qui sont des régions différentes.
Mais là, on parlait de Poissy, en l'occurrence, tout à l'heure. Dans cette affaire, est-ce qu'on a dissuadé les parents d'agir ou est-ce qu'on les a, pas menacés, mais est-ce qu'on leur a dit si vous agissez dans tel sens, ça pourrait avoir des conséquences ?
Les parents ont été, je vais vous le dire, les parents ont été tout à fait responsables.
Ils ont fait ce qu'ils devaient faire.
Et l'enfant a lui aussi été, pardon de le dire, très digne en lançant des bouteilles à la mère. Ils n'ont pas été suffisamment pris en considération. Ça a commencé à être le cas lorsque la CPE de l'établissement a pu rencontrer le jeune de façon informelle. Mais quand il y a un délai de latence de près de quatre mois, il est bien trop tard. Et je pense qu'aujourd'hui, il faut qu'on mette un coup de poing sur la table sans fuir ses responsabilités. On peut se tromper, ça ne date pas d'hier, ça fait des années, ça fait des années que finalement, une espèce d'oberta sur ce sujet, ça suffit.
Et Gabriel Attal a décidé effectivement, avec cette enquête administrative, de prendre des décisions et des décisions sont prises par rapport à cela.
Karl-Olivre, on se retrouve dans un instant, député Renaissance des Yves. On se retrouve juste après le fil info de Sophie Echène. Gérald Darmanin a demandé l'envoi de la CRS8 à Nice. Cette unité d'élite spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines doit arriver dans les prochaines heures, selon le ministre de l'Intérieur. Vendredi, une fusillade a éclaté en plein après-midi dans le quartier des Moulins. Deux hommes ont été blessés, dont un gravement. Plus de 2000 morts, plus de 2000 blessés, dont plus de la moitié sont dans un état grave. Le Maroc est toujours sous le choc au lendemain du séisme qui a ravagé une partie du pays.
Selon la Croix-Rouge, le Maroc aura besoin de plusieurs mois, voire plusieurs années pour s'en remettre. Un hommage à Gandhi en clôture du sommet du G20 à New Delhi en Inde ce matin. En revanche, pas d'avancée concernant la sortie des énergies fossiles dans le texte signé par les 20 pays membres. La Coupe du monde de rugby est la démonstration de l'Irlandière face à la Roumanie. 82 à 8 pour le 15 du trèfle. Victoire de l'Angleterre contre l'Argentine aussi, 27 à 10. A suivre aujourd'hui Japon-Chili, Afrique du Sud-Écosse et Pays de Galles face au Fidji. Ce sera ce soir à Bordeaux. France Info.
Le 8 30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec Karl Olive, député Renaissance des Yvelines. Marine Le Pen fait sa pré-rentrée aujourd'hui à Hénin-Beaumont. Est-ce que comme Gérald Darmanin, vous aussi, vous pensez que sa victoire en 2027 est assez probable ?
Vous savez, moi je suis un élu de terrain, donc je suis à l'écoute de celles et ceux qui sont en prise directe avec la réalité du terrain, les administrés. Et je pense qu'aujourd'hui, il y a des vraies questions à se poser sur la restauration de l'autorité de l'État. Et moi, je ne suis pas de ceux qui veulent laisser finalement ce domaine filer à l'extrême droite sans rien dire, finalement en mettant la tête dans le sable. Hors de question. Donc il nous faut des décisions qui soient des décisions très claires, avec une réciprocité entre les droits et les devoirs. C'est ce que les Français attendent.
Et quand je vois que parfois l'extrême droite vient s'en saisir comme les Verts pourraient se saisir de l'environnement, très peu pour moi. Je pense que nous devons avoir des décisions très claires. Et les décisions, notamment qui consistent à augmenter les pouvoirs de la justice vont dans ce sens. Augmenter les pouvoirs pour la sécurité vont dans ce sens. Les décisions de certains maires de mettre en place des cautions mariage pour éviter les rodéos, les incivilités à l'extérieur vont dans ce sens.
Ça c'est pour l'autorité, mais est-ce que quand le Président appelle Jordan Bardella pour discuter avant la réunion avec les chefs de parti, est-ce que quand le Président du RN semble un peu placé au centre du jeu par les macronistes, ça vous trouvez que c'est la bonne stratégie ? Vous n'êtes pas en train d'essayer de rejouer un duel ?
Ah non, je pense justement qu'il n'y a pas d'état d'âme à avoir à discuter avec l'ensemble des forces politiques, pardonnez-moi Madame Lambret. Ça a bien changé alors. Non mais, je vais vous dire quelque chose.
Quand on discute avec les forces politiques qui ont été élues légitimement par les Français, parce que ce que vous me dites là, on pourrait dire la même chose avec l'hémicycle et l'ensemble des députés des forces politiques dans l'hémicycle, il y a ceux qui sont force de proposition, quelle qu'elle soit, qu'on partage ou pas, pardon de le dire mais le Rassemblement National a été force de proposition sur un certain de nos sujets, et puis il y a ceux qui sont pour le chaos, qui veulent de toute façon être dans la désobéissance totale, et je parle évidemment de la France insoumise, et là c'est plus compliqué. Donc il ne faut pas avoir d'état d'âme, pour autant ce n'est pas un chèque en blanc.
La nuit de Saint-Denis, elle a montré qu'elle pouvait avoir des effets. L'une des décisions qui a été prise, c'est une gouvernance de crise sociale qui allait être mise en place.
Mais vous parlez de force de proposition de l'extrême droite, ça veut dire que d'une certaine manière, tout est bon à prendre quand ça vient du Rassemblement National ?
Non, non, je ne vous dis absolument pas ça. Non, non, M. Baudot, pardonne-moi, écoutez-moi en stéréo, je n'ai absolument pas dit ça. J'ai dit qu'aujourd'hui, d'aller banaliser le Rassemblement National ou quelque autre parti, n'était pas une fin en soi. Pour autant, ces gens-là, pardonnez-moi, ont été élus, comme les gens de la NUPES, par l'ensemble des Français. Donc il faut évidemment en tenir compte, et je pense que le Président, il n'est pas là pour simplement diriger une partie des Français, il est pour rassembler l'ensemble des Français.
Mais fut un temps, et dans certains pays, il y a ce qu'on appelle un corridor entre l'extrême droite et les parties, ce qu'on appelle, de gouvernement.
Oui, regardez où en sont ces pays, regardez ce qui se passe, notamment en Scandinavie, regardez ce qui commence à se passer en Italie, en Allemagne. On voit les limites, effectivement, de cette stratégie.
Ce matin, François Bayrou, dans Le Parisien, met en garde sur la question de l'immigration, qui est évidemment un thème de l'extrême droite. Je ne suis pas pour qu'on fasse de l'immigration un sujet qui allume le feu sur lequel on verse tous les jours de l'essence. Est-ce que vous jetez de l'essence, par exemple, avec l'idée d'une consultation qui fait partie des idées qui sont ressorties de la fameuse nuit de Saint-Denis dont vous parliez ?
Ce que je constate, vous avez raison, c'est que l'immigration fait partie des sujets. La France ne peut pas être une passoire. Pour autant, la France a une essence, effectivement, de terre d'accueil. Ça fait partie de ses fondements. Moi, à titre personnel, je suis pour l'immigration choisie. Je ne suis pas pour qu'on ait systématiquement, pardonnez-moi de reprendre cette expression, mais des trous dans la raquette. Je viens de Poissy, cité industrielle automobile. Dans les années 60, qu'est-ce qui s'est passé ? 27 000 salariés, plus de la moitié d'origine émigrée. Il y avait une parfaite intégration.
Pour vous, un référendum sur l'immigration, ça va dans le bon sens.
Je dis simplement que ça fait partie des outils institutionnels, démocratiques, qui sont sur la table. Et à un moment donné, s'il faut s'en saisir, il faudra prendre ses responsabilités. Parce que, pardonnez-moi, c'est une question clivante et qui ne peut pas être réglée sur un revers de table.
Mais c'est quoi la question ? C'est pour ou contre l'immigration ? C'est là où le référendum est un peu binaire sur un sujet comme ça.
Mais c'est pour ça qu'il faut qu'on se mette, encore une fois, se nourrir des propositions des uns et des autres. Et c'est ce qui s'est passé dans la nuit de Saint-Denis, pour qu'ensuite, on propose un texte. Et le texte passera ou pas, et chacun doit prendre ses responsabilités.
En attendant, il y a la loi immigration qui, elle aussi, semble dans une impasse. Est-ce qu'il ne faut pas abandonner la mesure pour les travailleurs étrangers dans les métiers en tension ? Certains le réclament au sein de la majorité parce que cela brouille le message de fermeté. Quelle est votre position ?
C'est-à-dire que quand vous discutez avec les acteurs de terrain, ce qui est mon cas, que vous allez par exemple aux urgences pédiatriques d'un hôpital et qu'on nous dit aujourd'hui, on serait très heureux d'avoir des médecins, des chirurgiens qui viennent de Pologne, de Roumanie ou de Tunisie, parce qu'on est en manque de médecins français sur le sujet. Et pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, la formation, le numerus clausus est passé par là. Et on le disait tout à l'heure, ça ne date pas d'hier, ça date de 1991. Donc, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Donc oui, moi je serais plutôt favorable de façon conjoncturelle sur ce type de sujet.
Donc il faut garder cette mesure dans la loi ?
J'y suis, moi en tout cas, du cas favorable. Elle y restera ou pas, mais moi j'y suis favorable. J'essaie d'expliquer le pourquoi de cette opinion.
Parce que ce n'est vraiment pas populaire. Dans l'actualité, il y a notamment eu ces derniers jours la Coupe du monde de rugby et des sifflets qui ont visé le chef de l'État. Qu'est-ce que ça nous dit de l'État du pays quand même ?
Pardonnez-moi, mais franchement, moi ça me fait marrer. Dans ce pays, on est toujours pour aller chercher l'aiguille dans la botte de foin. Non mais ça, c'est formidable. C'est formidable. On a un événement mondial. On est sur le toit du monde. Et pour une poignée de centaines de milliers, globalement, de Français, de supporters qui viennent siffler un président de la République. D'ailleurs, je voudrais quand même dire, je préfère le vieux combattant, mais regardez de façon rétrospective ce qui s'est passé sur l'ensemble des grands événements. Il y a quand même peu de présidents qui rentrent sur le terrain avec une standing ovation.
Ce n'est pas une trace des retraites, d'un climat social un peu contrarié.
Mais je vais vous le dire, l'Allemagne nous dit, la France, c'est l'Allemagne en mieux. Ici, tout n'est pas parfait. Mais de grâce quand même, soyons fiers de notre pays. On va avoir les Jeux Olympiques. On va avoir 4 milliards de téléspectateurs. Et on va encore se draper parce qu'une minorité vient siffler, vient faire des grèves de façon opportune. D'ailleurs, moi, je serai pour des lois d'exception sur le sujet. Mais il faut arrêter. Ce que je constate, c'est qu'il y a beaucoup de présidents qui, à chaque fois qu'ils ont ouvert des grandes cérémonies, ont été sifflés. Mais le AK, vous voyez par exemple, le AK, qui a lui aussi été sifflé vendredi, moi, je vais vous dire, ça me choque.
Parce que ces institutions-là, quand on est dans le sport, on a une forme de respect qui est aussi valable pour les supporters et pour le public.
Vous pensez d'un moment que le président pourrait bénéficier d'un effet Coupe du Monde si jamais la France va loin ?
Ou l'ancien journaliste sportif ? Oui, mais le président de la République, il ne vient pas sur le terrain pour avoir plus de 5 points dans l'opinion. Il vient parce que c'est un passionné.
C'est ce que disait Alexis Corbière sur France Info hier.
Oui, mais Alexis Corbière, il n'a pas le monopole de la vérité. C'est un très bon rugbyman, Alexis Corbière. Ce que je veux dire par là, c'est que le président, je peux vous dire qu'il est très fier de pouvoir tout à la fois être finalement le pays hôte d'un formidable rassemblement de la jeunesse qui est cette Coupe du Monde. Le pays hôte d'un formidable rassemblement des supporters de sport en général. Et puis le président, il est particulièrement fier d'être sur le toit du monde pour les prochains Jeux Olympiques. En revanche, je le dis, à un moment donné, il faut aussi que nous prenions nos responsabilités.
Et moi, je verrais d'un très mauvais oeil le fait que, comme ça s'est passé pour la finale de la Ligue des Champions, je veux insister dessus, qu'il y ait des manifestations, des préavis de grève par des syndicats opportuns qui puissent faire le cas. Je serais favorable à des lois d'exception pour ces moments-là.
On voit votre enthousiasme, on voit ce que vous rappelez, que tout ne va peut-être pas si mal en France. Néanmoins, il y a la question de l'inflation. Certains Français qui souffrent. Est-ce que vous avez remarqué dans votre ville de Poissy une hausse des demandes d'aides alimentaires ?
Alors, on les remarque et on voit bien que, notamment sur les restos du cœur, il y a de plus en plus de demandes. Je parlais tout à l'heure du secours populaire. C'est également le cas. Oui, on doit évidemment prendre en considération et faire œuvre de générosité sur le sujet, encore une fois. Et aussi faire en sorte que... Je ne parle pas des super profits, parce que moi, je suis très fier dans ce pays que celles et ceux qui gagnent de l'argent, les entrepreneurs, puissent effectivement en bénéficier. Je parle des super profiteurs où l'argent ne ruisselle pas suffisamment. Il faut qu'on fasse redescendre cet argent.
Mais la baisse du chômage ne change pas tout ?
La baisse du chômage ne change pas tout pour une bonne et simple raison. C'est qu'aujourd'hui, vous avez raison, M. Baudot, on a de plus en plus de mal à recruter. Parce que tant qu'on aura un intérêt à rester chez soi que plutôt d'aller travailler, on aura quand même du mal à s'en sortir dans ce pays. Il y a du travail. Je vous le dis, celles et ceux qui veulent être recrutés aujourd'hui peuvent être recrutés. Et il n'y a aucune stigmatisation dans mes mots. Mais on est historiquement bas au niveau du taux de chômage. Mais dans le même temps, on a des grandes difficultés de recruter. Faites un entretien de recrutement et voyez ce qu'on vous dit. Je ne suis pas du matin.
Qu'est-ce que j'ai comme condition ? Quand est-ce que je peux partir ? Est-ce que je peux avoir un week-end sur deux ? Oui, c'est un peu plus compliqué. Mais on oublie souvent que la liberté, elle est conditionnée au travail et pas l'inverse.
Car les diverses se quittent. L'État doit-il faire un geste sur le prix du carburant ? C'est ce que pense François Bayrou dans Le Parisien. Il dit que le gouvernement devra se poser la question d'un amortisseur par adaptation des taxes si la situation s'aggrave. Qu'en pensez-vous ?
J'en pense surtout que Total, c'est bien Total de plafonner à 1,99€. Enfin bon, je pense que là, on est dans une situation conjecturelle qui est compliquée. Si en dehors des aides que Total peut bénéficier directement ou indirectement par l'État, ils pouvaient rendre aux Français de façon conjoncturelle un pouvoir d'achat qui dit son nom en baissant le prix d'essence, ce ne serait pas bien. Ce serait bien.
Karl-Oliv, député Renaissance et Vizivine. Merci beaucoup d'être venu ce matin. Merci beaucoup.
Karl Olive