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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 6 juin 2026 17 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Bernadette et Jacques Chirac, l’histoire d’un couple politique

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Tout commence à Sciences Po. Jacques emprunte une fiche à Bernadette. Comment décririez-vous votre relation à cette époque ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Elle était surnommée 'la tortue'. Comment gérez-vous cette différence de rythme avec votre mari ?

  • 5:00OuverteÉludée

    Madame Chirac, vous êtes en direct sur France 2. Est-ce que vous pouvez nous dire un mot sur votre sentiment ce soir ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Elle dit avoir fait un mariage d'ambition avec un ambitieux. Qu'en pensez-vous ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Le plus beau jour de sa vie, c'est quand Jacques Chirac lui demande de se présenter aux cantonales en 1979. Pourquoi ce choix ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Elle alerte sur un second tour contre Jean-Marie Le Pen en 2002. Comment avez-vous vécu cette période ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Bernadette ChiracFait
    « Je suis assez timide et je suis lente. Je suis très lente, surtout par rapport à mon mari, qui est un rapide, comme vous le savez, et qui m'a fait souvent ce reproche. »
  • 5:00Bernadette ChiracFait
    « Vous allez où, madame Chirac? On peut savoir où vous allez? »
  • 8:00Yaël GooszFait
    « Le plus beau jour de sa vie, ce n'est pas dans sa vie privée, c'est quand Jacques Chirac lui demande de se présenter aux cantonales en 1979. »
  • 10:00Bernadette ChiracFait
    « Dans beaucoup d'endroits, on me disait que Le Pen montait et les gens me disaient qu'ils allaient voter pour lui. Mon mari n'en avait pas conscience. »
  • 12:00Bernadette ChiracFait
    « J'ai déjà plusieurs fois répondu à cette question. Il ne faut par répondre à toutes les questions, vous avez raison. C'est toujours la même question. »
  • 16:00Bernadette ChiracFait
    « Je vois ce grand escogriffe qui s'approche de moi. Je n'avais pas l'intention de lui parler. Il était beau gars, mais il y en avait d'autres. »
  • 20:00Bernadette ChiracFait
    « Comme j'ai mon franc-parler, et ce n'est pas demain que ça va s'arrêter, je lui ai dit ce que j'en pensais, qu'il faisait une énorme bêtise s'il décidait cette dissolution. »
  • 21:00Bernadette ChiracFait
    « Je lui ai dit que j'étais absolument contre. Mais vous savez, ce n'est pas moi qui étais présidente de la République. »
  • 22:00Bernadette ChiracFait
    « Elle a aussi alerté en premier son mari de la montée du FN en 2002. Jacques Chirac a dit qu'elle avait tout vu. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

de Yaël Goosz. Cette Première dame a été pendant longtemps présente d'une manière ou d'une autre dans notre quotidien, dans l'ombre de Jacques Chirac, mais pas seulement. -Y.Goosz: Tout commence à Sciences Po.

Jacques emprunte une fiche à Bernadette. A la machine à écrire, elle tape les fiches dont il a besoin pour préparer l'ENA. - Je suis assez timide et je suis lente.

Je suis très lente, surtout par rapport à mon mari, qui est un rapide, comme vous le savez, et qui m'a fait souvent ce reproche. -Y.Goosz: Elle était surnommée "la tortue".

Une tortue dont il avait bien besoin. Elle dit avoir fait un mariage d'ambition avec un ambitieux. Froide en apparence, toujours dans la maîtrise. - Madame Chirac sort de la voiture.

Madame Chirac, vous êtes en direct sur France 2. Est-ce que vous pouvez nous dire un mot sur votre sentiment ce soir? - Vous allez où, madame Chirac? - On peut savoir où vous allez? -Y.Goosz: On ne saura pas.

Derrière cette caricature des Guignols avec ce sac à main qui ne la quittait jamais, il y a bien autre chose: l'affirmation d'une indépendance. - Je suis quand même assez indépendante de nature. J'aime bien faire les choses par moi-même.

Je ne sais faire que ce que j'ai appris à faire. Regardez comme c'est joliment fleuri. Il y a des iris. -Y.Goosz: Toute sa personnalité est résumé dans cet extrait.

Elle fait toujours tout à sa façon. Le plus beau jour de sa vie, ce n'est pas dans sa vie privée, c'est quand Jacques Chirac lui demande de se présenter aux cantonales en 1979. Il en a besoin, mais c'est Bernadette qui va s'ancrer en Corrèze pendant près de 40 ans.

Elle avait aussi un sacré flair politique. Elle avait prédit l'échec de sa dissolution. De Villepin, c'était Néron.

Elle s'est aussi révélée durant la présidentielle de 2002. Les sondages, c'est le porte-à-porte corrézien. Elle alerte sur un second tour contre Jean-Marie Le Pen. - Dans beaucoup d'endroits, on me disait que Le Pen montait et les gens me disaient qu'ils allaient voter pour lui.

Mon mari n'en avait pas conscience. J'ai beaucoup parlé de ça avec lui. Il était d'ailleurs furieux.

Il me disait: "C'est peut-être ce que vous ressentez, mais n'en parlez pas à l'extérieur." Il était extrêmement surpris quand on lui a apporté les premiers résultats et qu'il a vu que Le Pen faisait vraiment un score. -Y.Goosz: Elle était perspicace.

La réélection de Jacques Chirac viendra d'elle. On se souvient de la main posée de Jacques Chirac en une de Paris Match. Les intérêts de la Corrèze valaient bien quelques concessions à François Hollande.

La relation est très cordiale, à sa façon. - Elle dit souvent du bien de vous, comment ça se fait? Vous avez de l'estime pour monsieur Hollande? - J'ai déjà plusieurs fois répondu à cette question. - Il ne faut par répondre à toutes les questions, vous avez raison. - C'est toujours la même question. - Vous avez raison. -M.Bouhafsi: Mais pas au point de soutenir François Hollande en 2012. -Y.Goosz: Non, elle joue le trait d'union.

Elle se met dès 2007 à 100% au service du candidat UMP. Applaudissements. -Y.Goosz: Tout est dans le non-dit.

En 2014, elle est là pour la présidence LR. Que dire de ce portrait incomplet? Derrière la Première dame au sac à main battait le coeur d'une femme politique à part entière, engagée pour son territoire, indépendante, une forme de féminisme qui s'ignorait. -M.Bouhafsi: Depuis l'annonce de la mort de Bernadette Chirac, on voit l'émotion des Français.

Pourquoi ça provoque autant de réactions chez les français? -A.Duhamel: Je crois que ça a été la plus marquante des premières dames de la Ve République.

La plus visible, la plus autonome, celle aussi qui avait le parler vrai, c'était quelqu'un qui était vraiment capable, toute femme du président qu'elle soit, de répondre carrément quand on essayait un peu de la titiller. C'était quelqu'un qui, dans son genre, était très naturelle avec les gens. C'était une femme vraiment intelligente.

J'ai souvent parlé politique avec elle, notamment juste avant les émissions avec son mari. Son petit jeu, c'était de dire: "Si vous me demandiez ça, je vous répondrai que..." -M.Bouhafsi: Elle rencontre en 1951 sur les bancs de Sciences Po Jacques Chirac.

Elle s'était confiée sur ses premières impressions face au futur président de la République. Ils étaient tous les deux étudiants à Sciences Po. - Je vois ce grand escogriffe qui s'approche de moi.

Je n'avais pas l'intention de lui parler. Il était beau gars, mais il y en avait d'autres. - Il y en a d'autres qui vous faisaient la cour? - Non, parce que je n'étais pas très aimable.

On ne s'approchait pas tellement. J'étais très méfiante. Je voyais bien qu'il avait un succès formidable.

Les filles se pendaient à son cou. -M.Bouhafsi: Voilà comment Jacques Chirac parlait de sa femme. - Elle avait une sorte de qualité que je connais et que je reconnais, mais elle prend le temps nécessaire pour faire les choses.

Sa notion du temps nécessaire est un peu différente de la mienne. Je suis plutôt quelqu'un de rapide, elle est plutôt quelqu'un de réfléchie. -M.Bouhafsi: Tout de suite, sur les bancs de l'école, elle lui écrit des fiches. -A.Duhamel: Elle lui faisait des fiches de lecture.

Ca ne l'a pas empêchée d'être reçue. Elle était assez fascinée par le personnage. Tous ceux qui ont été à Sciences Po en même temps que Chirac reconnaissaient que c'était une des figures.

Il déplaçait un air incroyable autour de lui. On ne pouvait pas ne pas le remarquer, en particulier les jeunes filles, d'autant plus qu'il faut reconnaître ce qui est, il était beau garçon, il était aimable, il avait visiblement de l'avenir. Par rapport au milieu de Sciences Po, il était d'un naturel et d'un direct original. -M.Bouhafsi: Ce sont deux mondes qui se rencontrent.

La famille de Bernadette Chirac refuse que le mariage ait lieu dans la chapelle Sainte Clotilde. -A.Duhamel: Ce n'est pas du tout la même chose.

Ce sont à l'origine des laïques provinciaux. La famille de Bernadette Chirac, c'est la haute bourgeoisie parisienne. Ils n'ont pas été très contents quand il a décidé d'aller en Algérie, dans la famille de Jacques Chirac.

Il adorait l'armée, il aimait le combat. Mais ensuite, ils ont été quand même assez flattés. Ils n'ont même pas hésité à lui demander des services. -M.Bouhafsi: Le mariage a lieu le 16 mars 1956.

Elle dira en 2015 que c'était aussi un mariage d'ambition. Vous avez échangé souvent avec les deux. C'était vraiment le cas? -A.Duhamel: Elle était d'abord fascinée par le personnage.

C'était visible. Elle était aussi agacée, en tout cas quand il était devenu un homme politique de premier plan, et bien avant. Elle était agacée parce qu'il y avait des femmes qui tournaient autour de Jacques Chirac et que Jacques Chirac lui-même n'y était pas insensible.

C'est énervant pour une épouse. Et Jacques Chirac pouvait être énervant. Jusqu'à une certaine période, jusqu'au début de la période Mitterrand, disons qu'elle était plus mûre que lui.

Elle l'a empêché de faire des bêtises. On se souvient d'une guerre avec une journaliste. Elle s'en est pris à des favoris de Jacques Chirac.

La première fois, c'était une femme qui avait une influence détestable. Elle était brillante, mais dangereuse. La deuxième fois, c'était de Villepin.

Il prenait une importance auprès de Jacques Chirac quand il était secrétaire de l'Elysée. Un secrétaire d'Etat tempétueux devant le président. -M.Bouhafsi: Il n'écoutait pas? -A.Duhamel: Il a fini par céder à sa femme la première fois.

Il a trop écouté cette autre femme. Il a aussi trop écouté Dominique de Villepin. Bernadette Chirac, dans ce cas-là, elle disait ce qu'elle pensait devoir dire, elle ne mâchait pas ses mots. -M.Bouhafsi: On parlait de cette femme.

Elle a empêché Jacques Chirac de quitter sa femme. Elle lui dit qu'il ne doit pas quitter sa femme. -A.Duhamel: Elle a eu raison politiquement.

Sentimentalement, chacun pense ce qu'il veut. Je l'ai vu avec celle dont il était amoureux. Il avait une façon j'allais dire enfantine d'être amoureux.

Il était déjà ce qu'il était. Devant des journalistes, quand il faisait des meetings en province, non seulement il la dévorait des yeux, mais il faisait passer des petits papiers. C'était un peu comme un gamin.

Elle n'a pas toujours eu le statut dont elle rêvait. En revanche, elle a toujours eu une bonne influence sur lui. -E.Eméyé: Il en était conscient? -A.Duhamel: Oui, il la considérait. -M.Bouhafsi: En 1997, elle savait que la dissolution n'était pas une bonne idée. - Comme j'ai mon franc-parler, et ce n'est pas demain que ça va s'arrêter, je lui ai dit ce que j'en pensais, qu'il faisait une énorme bêtise s'il décidait cette dissolution.

Je lui ai dit que j'étais absolument contre. Mais vous savez, ce n'est pas moi qui étais présidente de la République. -M.Bouhafsi: Elle en voudra terriblement à Dominique de Villepin.

Elle l'appellera Néron le despote. -A.Duhamel: Elle était agacée parce que de Villepin entrait aussi dans des colères terribles.

Il engueulait Chirac. Elle était furieuse. Elle disait: "Mais enfin, on ne le traite pas comme ça!" Elle lui reprochait de ne pas le remettre en place. -M.Bouhafsi: Elle a aussi alerté en premier son mari de la montée du FN en 2002.

Jacques Chirac a dit qu'elle avait tout vu. -A.Duhamel: Incontestablement, c'est une femme qui avait un esprit politique et un nez politique.

En plus, contrairement aux politiques professionnels, elle ne cherchait jamais à se bercer d'illusions. Elle disait les choses tel quel ce qu'elle voyait. Ce n'était pas toujours agréable pour Jacques Chirac.

Après sa défaite à la présidentielle, quand elle lui a dit que les Français ne l'aimaient pas, elle essayait d'expliquer qu'elle voulait lui dire qu'il fallait apprendre à se faire aimer de manière différente. -A.Bégot: Ca lui venait d'où, ce sens politique?

C'est son ancrage en Corrèze? -A.Duhamel: Au départ, c'était une famille assez proche du pouvoir.

Ensuite, il y a eu son expérience avec Jacques Chirac. Le suivre, c'était un sport de combat. Elle-même aimait le contact avec les gens.

Elle était très directe. Elle était très simple avec les gens. Il y avait deux Bernadette Chirac.

Il y en avait une mondaine, très heureuse parce qu'elle allait à des réceptions, où la fleur de l'aristocratie française allait se retrouver, et puis, il y avait Bernadette Chirac avec ses électeurs, avec les Français qu'elle rencontrait, qui était parfaitement de plain-pied, directe, gentille. Il y avait aussi une Bernadette Chirac autoritaire. A l'Elysée, elle n'était pas simplement la femme du président.

C'était elle qui était chez elle et qui dirigeait. Il y avait intérêt à suivre ses instructions. -Y.Goosz: Elle a eu beaucoup de mal à quitter l'Elysée. -A.Duhamel: Elle était faite pour le pouvoir. - Mon mari me dit: "Je vous interdis de prendre l'ascenseur.

Vous allez vous croiser avec le président Sarkozy." Est-ce que vous vous rendez compte du ridicule de la situation? C'était une horreur. -M.Bouhafsi: En 95, elle disait: "Nicolas Sarkozy, je le tuerais de mes propres mains." Elle a appris à l'apprécier.

C'est elle qui organise des rendez-vous cachés entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. -A.Duhamel: Il y a eu au départ des affaires de famille entre Nicolas Sarkozy et les Chirac qui ont compliqué les choses.

Ca a été moins tendu avec Bernadette qu'avec Jacques Chirac. Ensuite, c'est elle qui a décidé de les raccommoder et d'aider Nicolas Sarkozy, incontestablement. Elle a réussi à les aider malgré Jacques Chirac et, d'une certaine manière, contre lui. -M.Bouhafsi: Elle se dit que Nicolas Sarkozy est celui qui peut écarter les juges, qui peut négocier un remboursement des emplois fictifs.

Elle sait déjà qu'il y aura un procès perdu par Jacques Chirac. -A.Duhamel: C'était quelqu'un qui regardait les choses en face, y compris quand elles étaient désagréables, qui ne pensait pas du tout que tout allait s'arranger par miracle.

Jacques Chirac, ça arrivait qu'il se dise que tout allait s'arranger, mais elle, pas du tout. Elle savait qu'il allait devoir se préparer à des batailles. Je pense qu'elle avait un bon jugement.

Elle pouvait avoir de l'humour quand elle était de bonne humeur. Elle n'était pas commode non plus, mais elle pouvait avoir de l'humour. Elle était franchement intelligente.

Une des choses que j'adorais quand on faisait des interviews de Jacques Chirac...

Je me rappelle d'une interview dans le parc de l'Elysée, j'adorais ses commentaires après. Elle faisait un débrief avec nous. Il y avait une foule de courtisans autour de Chirac disant qu'il avait été merveilleux et que ça