Marine Le Pen critique "l’énergie" que met le gouvernement "à délivrer des calomnies" contre le RN
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Bonjour Marine Le Pen, beaucoup de questions à vous poser bien sûr sur la campagne des européennes puisque nous sommes dans la dernière ligne droite, mais je voudrais d'abord vous entendre sur le cas de Vincent Lambert, cet homme tétraplégique depuis un accident de la route il y a dix ans. Les médecins de l'hôpital de Reims vont cesser de l'alimenter à partir d'aujourd'hui. Quelle est votre position ?
C'est évidemment une affaire dramatique qui je crois interroge en nous la notion que nous avons de la vie humaine. Ce qui peut apparaître choquant dans l'affaire de Vincent Lambert, c'est qu'il ne m'apparaît pas que ça corresponde à l'esprit de la loi Leonetti, que nous avons d'ailleurs défendu, c'est-à-dire l'idée d'un refus d'acharnement thérapeutique. Vincent Lambert là ne survit pas grâce à des machines, il est uniquement nourri et hydraté. Et l'idée qu'un magistrat contre l'avis de la famille puisse cesser cette hydratation et cette alimentation, évidemment, interroge.
Contre l'avis d'une partie de la famille, puisque vous savez que la famille est particulièrement divisée, entre sa mère notamment et son épouse qui ne pense pas la même chose.
Vous avez parfaitement raison. Mais encore une fois, c'est une décision de justice qui condamne en réalité à la mort. Il faut quand même dire les choses telles qu'elles sont, parce que même si c'est brutal, c'est la réalité. Alors même qu'on n'est pas dans le cas d'un acharnement thérapeutique, puisque encore une fois, il ne survit pas grâce à des machines.
Vous évoquiez la loi Léonetti à l'instant. Jean Léonetti lui-même, qui est le père de cette loi, lui, considère qu'en l'occurrence, l'arrêt des traitements serait justifié à ses yeux.
Il me semble, si vous voulez, que l'esprit de la loi Léonetti, qui avait réussi à faire quand même grandement consensus, qu'on va plus loin que, en tout cas, ce qui avait été perçu par peut-être les Français, par les politiques de cette loi Léonetti.
Ce n'est pas ce que dit Jean Léonetti.
Oui, d'accord, c'est bien, mais il vient donner à sa loi une explication qu'il n'avait pas donnée au moment où elle a été votée.
Et un autre candidat qui a pris position ce week-end contre cet arrêt des soins, c'est le candidat des Républicains. François-Xavier Bellamy, je vous propose de l'écouter, Marine Le Pen.
D'abord, je les soutiens, comment ne pas les soutenir dans l'épreuve infinie qu'ils traversent ? Comment ne pas dire sa compassion devant des parents à qui on annonce qu'on va leur rendre leur fils décédé dans quelques jours et qui vivent ce compte à rebours qui a quelque chose, c'est vrai, d'atroce ? Je crois qu'on devrait écouter le Comité pour les droits des personnes handicapées qui demande qu'on se laisse le temps. François-Xavier Bellamy demande à Emmanuel Macron de s'exprimer sur le cas de Vincent Lambert. Est-ce que c'est votre cas également ?
Oui, il a raison. Je pense qu'il a raison, oui.
Il faut qu'Emmanuel Macron s'exprime sur ce cas, même si toutes les juridictions, Conseil d'État, Cour européenne des droits de l'homme ont toutes tranchées dans le même sens.
Oui, parce qu'au-delà de Vincent Lambert, le questionnement, il est évidemment sur l'euthanasie, vous l'avez bien compris. Et donc, il n'est quand même pas inintéressant de savoir ce que le président de la République peut penser de cela et des conditions ou des critères qu'il compte y mettre.
Renaud Dely. Samedi, Marine Le Pen, vous étiez à Milan, aux côtés de votre ami Matteo Salvini et de plusieurs partis nationalistes européens. Et le même jour, samedi, l'un de ces partis qui n'était pas représenté à Milan, le FPO autrichien, est tombé puisque son chef, Hans-Christian Schrahe, qui était vice-premier ministre autrichien et membre du gouvernement, qui est l'un de vos alliés, l'un de vos amis, est tombé à la suite de la diffusion d'une vidéo dans laquelle on le voit négocier le financement illégal de son parti avec une prétendue oligarque russe. Il va donc y avoir des élections anticipées en Autriche. Est-ce que vous condamnez l'attitude de Hans-Christian Schrahe ?
Mais on ne peut pas ne pas condamner cette attitude, bien évidemment. Je veux dire, on est confronté là à la faute d'un homme qui est une faute lourde. Et d'ailleurs, elle a été immédiatement sanctionnée par sa démission, non seulement du poste de vice-chancelier, mais aussi de président du FPO, qui était représenté, en l'occurrence, à Milan samedi. Le questionnement que nous avons, évidemment, et je pense que chacun l'a, c'est que cette vidéo, elle a deux ans. Et qu'entre-temps, il est devenu vice-chancelier.
Et qu'on se pose la question de savoir pourquoi est-ce que ceux qui ont monté ce piège, car il s'agit d'un piège, n'ont pas rendu publique cette vidéo pour empêcher Hans-Christian Schrahe d'être vice-chancelier ?
Si elle avait été rendue publique il y a deux ans, Marine Le Pen, ça l'aurait peut-être empêché d'être vice-chancelier. Mais bien sûr. Mais il faut bien qu'elle sorte à un moment. Il y a deux ans, c'était presque pire qu'aujourd'hui pour lui.
D'accord, mais précisément, la question est, est-ce que l'enjeu d'aujourd'hui n'est pas plus important que celui d'il y a deux ans, quand il a été amené à être nommé vice-chancelier ? Ce sont des questions auxquelles très probablement, dans l'avenir, nous aurons des réponses.
Vous l'avez appelé pour essayer d'avoir les réponses à ces questions ?
Non, non, nous allons obtenir, je pense, des réponses, mais nous les avons eues par sa démission.
Vous avez resté en contact avec lui ou vous considérez que c'est terminé ?
Non, mais c'est-à-dire, il ne fait plus de politique, monsieur, c'est terminé, sa vie politique est terminée.
Quand il a rencontré Vladimir Poutine il y a quelques mois, vous avez applaudi cette rencontre, vous avez dit, je vous cite, c'est la libération de l'Europe qui commence.
Mais monsieur Lélie, excusez-moi, mais quel est le rapport ?
Le rapport, c'est qu'il est soupçonné, en tout cas, d'être à la solde.
Mais monsieur Lélie, ce ne sont pas des oligarques rux, ce sont des journalistes. Non, mais je veux dire, vous êtes en train de nous dire, vous voyez, on a la démonstration, mais il n'y a aucune démonstration. Non, les gens qui sont venus lui proposer, en l'occurrence de l'argent, ne sont pas des Russes.
Mais d'après cette vidéo, Marine Le Pen, lui, il croyait que c'était des Russes, précisément, c'est ça le problème.
Il était prêt à se vendre, il était prêt à se vendre en oligarques russes. Oui, et probablement aussi peut-être prêt à l'égard de n'importe quelle nation, manifestement, puisqu'il évoque toute une série de gens qui financent le FPO. Mais encore une fois, quel rapport avec moi ?
Mais c'est une coïncidence, si dans le même temps, justement, il pratiquait cette politique, ces choix diplomatiques de rapprochement avec Vladimir Poutine, ce choix que, encore une fois, que vous apprédissiez...
Ça veut dire, monsieur, que tous ceux qui, dans le monde, souhaitent une normalisation des relations avec la Russie, vont être soupçonnés d'être financés par la Russie, d'être vendus... Vous dites que c'est la libération de l'Europe. Vendus à la Russie, donc évidemment que nous faisons partie, comme beaucoup de pays, de ceux qui avons regardé avec beaucoup de... comment dire, une vision très positive ce que la Russie a fait, notamment contre le fondamentalisme islamiste, parce que ça, on l'oublie un peu souvent.
Mais je pense que si la Russie n'était pas intervenue, je pense que Daesh serait aujourd'hui détenteur d'un certain nombre de pays et profiterait de ces pays comme base arrière pour attaquer les nôtres de pays en Europe.
Vous admirez Poutine à vos yeux, aujourd'hui ? Et pour demain ?
Mais un allié, nous verrons bien. Mais en l'occurrence, je pense que la France a des relations anciennes avec la Russie, historiques avec la Russie, et qu'aujourd'hui, géostratégiquement, nous n'avons aucun intérêt à mener une guerre froide avec la Russie, qui, sur un certain nombre de combats, qui sont des combats fondamentaux... Ni forcément à lui dérouler le tapis rouge. Et évidemment, celui du fondamentalisme islamiste, ils peuvent être des alliés. Est-ce que les alliés sont toujours loyaux ? Est-ce que les États-Unis ont toujours un comportement loyal ? Réponse non. Enfin, c'est très clair.
On a appris il y a quelques mois qu'ils avaient écouté secrètement à peu près tous les dirigeants européens. Bon, est-ce qu'il n'y a pas des coups de canif ? Il peut y en avoir. Mais ça, ça s'appelle la diplomatie. Et je crois que la France est un assez grand pays pour avoir une diplomatie à l'égard de toutes les grandes puissances, que ce soit la Russie, que ce soit les États-Unis, ou que ce soit la Chine ou l'Inde.
La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, est avec nous jusqu'à 9h. On s'interrompt quelques instants, Mme Le Pen, pour retrouver David Doba pour le rappel de l'actualité. À 9h moins 20.
C'est cette semaine que le CHU de Reims doit arrêter les traitements de Vincent Lambert. Mais ses parents et son avocat veulent encore y croire. Sur France Info, ce dernier annonce qu'il saisira ce matin à la Cour de Paris. Il souhaite que la justice fasse respecter des mesures provisoires réclamées par un comité spécialisé de l'ONU. Les 4 ONG qui poursuivent l'État français pour actions insuffisantes contre le réchauffement climatique qui annoncent avoir transmis au juge un mémoire complémentaire. Ils devraient permettre, en tout cas selon elle, de lancer l'étude complète de leur requête. Début des choses sérieuses en Ukraine pour le comédien et humoriste Volodymyr Zelensky.
Il est officiellement investi président. Il va devoir convaincre, après avoir fait une campagne sans réel programme, parmi les principaux dossiers, la gestion de la crise avec la Russie ou bien encore la modernisation du pouvoir. Et puis 8 saisons, 73 épisodes, le tout dernier diffusé cette nuit. Évidemment, on parle de Game of Thrones. Les fans de la série savent désormais qui a gagné le droit de monter sur le trône de fer. Attention, invitez les réseaux sociaux aujourd'hui si vous ne voulez pas vous faire spoiler.
Marine Le Pen, on était en train de parler du dernier épisode de Game of Thrones pendant la pause, puisqu'on a lu dans ce week-end que vous en étiez particulièrement fan. On va évoquer maintenant la venue à Paris depuis quelques jours de Steve Bannon, l'ancien stratège de Donald Trump qui livre beaucoup d'interviews. En ce moment, je voudrais savoir très précisément quel rôle il a, s'il en a un, dans votre campagne ou dans votre parti. Mais aucun. Aucun.
Aucun, la différence de ce que l'AFP a annoncé, sans avoir d'ailleurs pris la peine de l'appeler. Il n'a aucun rôle dans la campagne. Il est manifestement à Paris. Je ne savais même pas, moi, qu'il y était d'ailleurs. Vous l'avez découvert en lisant la presse ? Exactement. Il est à Paris pour des affaires, puisqu'il est en train de vendre une de ses sociétés à une grande banque française. Donc ça n'a strictement rien à voir avec la campagne. Et ceux qui intègrent M. Bannon dans la campagne européenne, c'est vous, les médias. Puisqu'en réalité, dès qu'il met un pied à Paris, tous les journaux et les médias français se précipitent pour avoir une interview.
Par conséquent, si vous voulez, ce n'est pas nous qui invitons M. Bannon dans la campagne, c'est vous, les journalistes, qui invitez M. Bannon dans la campagne des européennes.
Mais vous dites qu'il n'a aucun rôle dans votre campagne. Mais aucun. Votre tête de liste, Jordan Bardella, encore dans une interview au mois de janvier aux Parisiens, disait qu'il avait besoin des conseils et de l'expertise de Steve Bannon. Et il ajoutait même, Jordan Bardella, la démarche vient avant tout de nous.
Mais pas pour la campagne.
Pourquoi ? Pas pour la campagne.
Pas pour la campagne. Nous nous sommes rapprochés pour deux raisons de Steve Bannon. D'abord parce que, permettez-moi, c'est un conseiller politique qui est remarquablement intéressant. Conseiller politique qui peut être facile pour une campagne. Les Etats-Unis sont en train de faire le choix de tourner le dos à la mondialisation sauvage. C'est évidemment que ça nous intéresse. De la même manière que l'Inde est en train de mettre en place une politique protectionniste de défense de l'identité. Parce que nous partageons cette idée que le monde est en train de changer et de tourner le dos à toute une série de dictates qui ont été imposés depuis 30 ans. Bien sûr que nous discutons politique.
C'est un homme qui, effectivement, a eu un rôle à un moment donné dans la campagne de M. Trump.
La première raison. La deuxième raison, c'est l'argent.
La deuxième raison, nous nous sommes rapprochés de lui car c'est un ancien financier. Et nous cherchions une banque européenne pour pouvoir trouver un financement. Nous lui avons donc demandé s'il connaissait une banque européenne qui accepterait de nous faire un prêt. Moi, il n'en quoi lui non plus n'a pas trouvé. Ce qui prouve que quand même le cordon pour nous étrangler financièrement est très serré et très solide. Et la troisième, c'est qu'ils ont aux Etats-Unis toute une série de méthodes de levée de fonds pour pouvoir se financer auprès des Français par l'intermédiaire des réseaux sociaux qui, je crois, peuvent nous apprendre un certain nombre de choses.
Mais est-ce que ça est nouveau ? Vous savez, je crois que M. Mélenchon, pendant la campagne de 2017, a beaucoup travaillé avec les équipes, par exemple, de Bernie Sanders qui, eux aussi, ont des techniques pour diffuser les idées qui sont intéressantes.
C'est un conseiller politique et un conseiller financier.
Mais ce n'est pas un conseiller politique. Mais quand vous parlez politique avec moi, est-ce que je vous conseille politiquement ?
Non, mais là, on est dans un autre rôle.
Est-ce qu'on peut parler politique avec des gens sans obligatoirement que ces gens-là soient des conseils politiques ?
Vous avez rencontré Steve Bannon récemment ? Non. Pas depuis des mois, pas cette année ?
Ah si, je l'ai rencontré il y a, je ne sais pas, trois mois.
Oui. A Paris, aux Etats-Unis ?
La dernière fois qu'il a fait le tour des plateaux, d'ailleurs, en France.
Donc vous, vous ne le voyez pas, mais certains de vos proches le voient.
Mais certains de vos proches le voient. Ou l'ont vu. Oui, mais bien sûr. On est bien d'accord là-dessus. Mais publiquement, mais écoutez, arrêtez votre complotisme, ça suffit, c'est ridicule. Vous n'êtes pas obligés de vous couvrir de ridicule comme le fait le gouvernement et la tête de liste d'Emmanuel Macron.
Il n'y a pas de complotisme.
Il n'y a pas de secret, puisqu'il y avait d'ailleurs, lors de la rencontre qui a fait l'objet d'une diffusion à la télé, il y avait une journaliste. Enfin, écoutez, il y a quand même moyen de faire plus discrète que ça. Si vous voulez bien.
Justement, on va regarder un extrait de cette rencontre. C'était un document diffusé par Envoyé Spécial sur France 2. Lors de cette rencontre, il y a aussi Louis Alliot, qui est votre compagnon et qui est un des hauts responsables du Rassemblement National, qui a rencontré donc Steve Bannon. On a un groupe qui se réunit tous les mardis. Ce serait intéressant que vous les rencontriez.
Absolument. Tous les mardis à Paris ? Et c'est avec qui ?
C'est une réunion avec Marina. C'est des gens qui veulent rester anonymes. Des ambassadeurs, des préfets, des gens vraiment au cœur du gouvernement, qui nous soutiennent. Mais qui ne veulent pas être reconnus publiquement. Les autres travaillent sur le programme.
Super. Louis Alliot propose donc à Steve Bannon de vous rencontrer. Vous ne l'avez pas fait, vous n'avez pas donné suite ?
Non, c'est lui qui n'a pas donné suite d'ailleurs. Cette réunion, vous la connaissez très bien, ce sont les Horaces. Vous avez fait des dizaines et des dizaines de papiers sur ce groupe qui s'appelle les Horaces, qui est un groupe effectivement de hauts fonctionnaires, il y a des anciens militaires, il y a des ambassadeurs. Pourquoi proposer à Steve Bannon de venir dans ce groupe ? Parce que je pense que, comme d'autres invités l'ont été devant ce groupe, c'est intéressant de pouvoir avoir un échange avec quelqu'un qui est au plus près de la politique américaine. Écoutez, c'est quand même étonnant.
On a eu de cesse pendant des années de dire que le Rassemblement national était un mouvement rabougri, qui voulait monter des murs autour de la France, qui voulait que la France se replie sur elle-même. Nous avons des relations avec des nations étrangères, nous parlons politique avec des étrangers, ce qui est parfaitement normal, et aujourd'hui, on nous le reproche. Alors il faut choisir. Il faut choisir. Soit on est soumis à Trump, soit on est soumis à Poutine, soit on est rabougri et enfermé sur nous-mêmes, soit on a trop de rapports avec les étrangers.
Le ministère des Affaires étrangères a une liste des lieux où on n'a pas le droit d'aller, ou en tout cas c'est dangereux, il pourrait peut-être nous faire aussi la liste des gens avec qui on n'a pas le droit de parler.
Précisément, Steve Bannon, dans les nombreuses interviews qu'il accorde ces jours-ci à Paris, il a expliqué dans l'une de ses interviews, je crois que c'est aux Parisiens, que votre victoire, la victoire des populistes en Europe, et votre victoire à vous Marine Le Pen en France, elle était nécessaire à la réélection de Donald Trump l'année prochaine.
Vous servez d'abord la réélection de Donald Trump ? Il trouve que nous avons des positionnements sur certains sujets qui sont communs. Mais qu'est-ce que ça d'extraordinaire ? Alors moi, à un moment donné, on va quand même remettre les choses un peu à plat. Il sert d'abord les intérêts américains, ce qui est normal. Mais dites-moi, monsieur, quand monsieur Obama a fait une vidéo pour soutenir l'élection d'Emmanuel Macron entre les deux tours de l'élection présidentielle, est-ce que ça vous a gêné ? Non, je ne le crois pas. Il sert, il sert. Donc c'est un peu à géométrie variable. Ça, ça s'appelle le complotisme.
C'est-à-dire que vous voyez des choses qui sont suspectes, dans des positionnements qui sont exactement similaires, récurrents, réguliers et tout à fait anodins qui se déroulent avec tous les responsables politiques. Ce qui me choque plus, monsieur, c'est l'accusation que je trouve totalement folle, qui démontre la panique, en réalité, de la campagne En Marche, d'une violence tout à fait inouïe, qui viserait à faire croire que nous sommes des agents américains. Au-delà du fait qu'on en sourirait presque si ça n'était pas agaçant. Alors moi, je voudrais quand même mettre les choses au clair. Qui veut sortir du commandement intégré de l'OTAN, le Rassemblement National ?
Qui n'a eu de cesse de dénoncer l'extraterritorialité du droit américain qui attaque nos entreprises européennes ? Donald Trump aussi, contre l'OTAN et Sybvanon aussi. C'est le Rassemblement National. Je vous parle de la France. Oui. Qui a voté contre le PNR, parce que le PNR visait à adresser l'intégralité des données des voyageurs européens aux Etats-Unis ? C'est le Rassemblement National. D'accord ? Aux compagnies aériennes. Ça, c'est une chose. De l'autre côté, qui est Young Leader ? C'est-à-dire fait une formation par une structure dont les Américains se servent pour défendre leurs intérêts et créer des élites qui sont pro-américaines ? M. Macron, M. Édouard Philippe.
Qui a vendu Alstom à General Electric ? Nous livrons ainsi à une situation de dépendance sur notre nucléaire, à des intérêts américains. C'est Emmanuel Macron. Qui paye des journalistes, soi-disant des décodeurs, pour lutter contre les fake news ? Facebook. Bon, alors, je vais vous dire une chose. À un moment donné, il va falloir arrêter. Moi, je veux bien qu'on se lance dans cela. Mais je ne suis pas sûr que, quand on va tout mettre sur la table, on ne s'aperçoive qu'en réalité, la soumission aux intérêts américains n'est pas exactement là où on lâche.
Un dernier mot sur cette question. Depuis deux ans, les conflits entre la France et les Etats-Unis, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, se sont multipliés. L'accord sur le climat de Paris, Donald Trump en est sorti. L'accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump l'a dénoncé. C'est difficile de démontrer qu'Emmanuel Macron est à la solde des Etats-Unis et Donald Trump.
Et c'est encore plus difficile de démontrer que Marine Le Pen l'est.
D'accord, voilà. Il n'y a pas des désaccords fondamentaux depuis l'élection de Donald Trump entre Donald Trump et la France d'une part et entre Donald Trump et l'Europe d'autre part ?
Moi aussi, j'ai regretté que Donald Trump sorte du plan climat. Moi aussi. Moi aussi, j'ai des oppositions qui sont extrêmement fortes sur certains sujets avec Donald Trump. Et où est le sujet ? Et c'est normal. Ça s'appelle la politique. Chacun a ses convictions. On les confronte. Parfois, nous sommes d'accord. Parfois, nous sommes en désaccord. Ce que je trouve honteux aujourd'hui, c'est que le gouvernement met toute son énergie, d'ailleurs Emmanuel Macron l'avait dit, à délivrer des calomnies et des diffamations qui sont relayées sans aucune nuance et sans aucun recul par une majorité de la presse. Ça, les Français, je crois, ne seront pas dupes.
Et si le gouvernement pense que ça va avoir une influence sur les élections, eh bien je crains qu'ils soient déçus.
Marine Le Pen, vous restez avec nous, 9h moins 10. David Doba, pour le rappel de l'actualité sur France Info.
Attention, plusieurs opérations en cours ce matin en Ile-de-France. C'est le cas sur l'A86, l'A4 et l'A6. Ou bien encore autour de Roissy, taxis, mais aussi auto-école et ambulanciers convergent vers Paris. Ils protestent contre la loi d'orientation des mobilités. Manifestations également à Toulouse, Strasbourg et Dijon. Des propos inqualifiables, un clip odieux. Le rappeur Nick Conrad refait parler de lui, déjà condamné pour un morceau qui appelait à pendre les blancs. Il s'en prend avec des propos qui laissent assez peu de place à l'imagination à la France. Le ministre de l'Intérieur dénonce un appel à la haine et saisit le procureur de la République.
Il laisse entendre qu'il est prêt à quitter. Le PSG, Kylian Mbappé, met un coup de pression sur les dirigeants. En recevant le titre de meilleur joueur de la saison hier, il a affirmé qu'il était temps pour lui d'avoir plus de responsabilités, peut-être à Paris ou peut-être ailleurs. Et puis Alain Delon, les yeux pleins de larmes hier soir à Cannes. Il a reçu des mains de sa fille sa première palme d'or. Un hommage posthume de son vivant selon lui.
Marine Le Pen, il y a 5 ans lors des dernières élections européennes, vous êtes arrivé en tête avec un peu moins de 25% des voix. Vous avez envoyé à Strasbourg et à Bruxelles le plus gros groupe parlementaire français, 24 eurodéputés. Mais quand on regarde le détail des votes de vos députés, on est parfois surpris. Je vais vous donner quelques exemples. Vous avez donné celui du PNR, le fichier des passagers. Vous avez voté votre groupe contre. Vous avez également voté contre la création de l'agence européenne des gardes frontières. Contre le renforcement des pouvoirs et des moyens.
Attends, je vais vous répondre un par un.
D'accord ? Oui, allez-y.
Parce que, bon, nous avons voté contre le renforcement de Frontex. Oui. Et pour cause, parce qu'aujourd'hui, Frontex est une agence d'accueil des migrants. Une agence d'accueil des migrants. Par conséquent, renforcer une agence d'accueil des migrants, ça ne nous dit pas, en fait. Voilà, on est assez contre. D'abord, nous pensons que ce sont les nations qui doivent maîtriser leur immigration et donc maîtriser leurs frontières.
Deuxièmement, tant que la mission de Frontex sera d'aller chercher des migrants pour les ramener sur le territoire européen plutôt que d'aller chercher des migrants en pleine mer pour les sauver mais pour les ramener dans leur port de départ, eh bien, nous n'avons aucune raison d'aggraver l'immigration clandestine sur le territoire national au travers de Frontex. Contre le budget d'Europol, Marine Le Pen.
Contre le budget d'Europol. Qu'est-ce que vous reprochez à Europol ?
Parce que, encore une fois, il s'agit là d'une manière de priver, d'aspirer la souveraineté des États. Nous pensons que la Commission, dans ces conditions, a trop de pouvoirs, que c'est aux nations de coopérer. Nous sommes pour la coopération des nations. Mais cette coopération doit rester libre. Mais Europol, Marine Le Pen, il faut préciser... Or, le problème, bien souvent, de toutes ces structures qui nous sont offertes, c'est aussi le cas, d'ailleurs, de la haute autorité de lutte contre la corruption européenne, c'est qu'en réalité, tout ça est piloté par la Commission européenne
à qui nous dénions toute légitimité. Si vous le permettez, Marine Le Pen, vous avez voté contre l'interdiction du glyphosate, vous avez voté contre la réforme de la directive des travailleurs détachés qui prévoyait de durcir la législation, contre le SMIC européen, contre la résolution qui renforçait la lutte contre l'évasion fiscale. Est-ce qu'il y a deux rassemblements nationaux, l'un à Paris et l'autre à Bruxelles ?
On a l'impression qu'on est tombé dans un trou pendant cinq ans. On vous a expliqué tout ça au fur et à mesure des années. On vous a dit précisément les raisons pour lesquelles nous avions voté. Alors, allez-y, je vous en prie. Pourquoi nous avons voté, en l'occurrence, pour l'interdiction immédiate du glyphosate ? Parce que nous avons dit, nous sommes pour la suppression du glyphosate.
Mais en l'état actuel des choses, si on supprime brutalement le glyphosate sans donner aux agriculteurs un produit qui leur permette de ne pas voir leur culture être détruite, alors nous allons faire tomber des milliers d'exploitations agricoles et nous allons évidemment livrer nos productions à la concurrence déloyale de gens qui, eux, utilisent du glyphosate. Car c'est ça le problème de l'Union européenne. C'est qu'en réalité, même si demain nous interdigions brutalement le glyphosate en France, nous ne pourrions pas, compte tenu des règles de l'Union européenne, interdire l'importation des productions qui sont toutes, monsieur, mondialement cultivées avec du glyphosate.
Donc c'est profondément injuste pour nos propres agriculteurs et j'ai donc dit qu'il fallait investir massivement dans la recherche pour trouver un substitut au glyphosate. Mais dites-moi, encore une fois, sur ce sujet, ça n'est pas le Rassemblement national et le groupe auquel il appartient au sein du Parlement européen, qui est financé par Bayer-Monsanto, c'est bien la LDE, c'est-à-dire le parti politique que va bientôt rejoindre En Marche.
Et qui n'y figurait donc pas encore puisqu'il n'a pas de député européen.
Ah si, il figurait dans leur congrès, ils sont allés à leur congrès, ils avaient des représentants qui sont venus, etc. Donc vous voyez, il y a toujours une explication. Nous, je voudrais que les Français qui nous écoutent comprennent qu'à chaque fois, nous pensons à l'intérêt supérieur de la France et des Français. Et si nous mettons en œuvre un vote qui va à l'encontre du titre, parce que souvent il y a des titres très flatteurs, mais la réalité du rapport est beaucoup moins flatteur. C'est parce que nous les défendons. Il faut qu'ils en soient absolument convaincus. Et c'est le cas pour la directive détachement des travailleurs, par exemple.
On nous a dit, regardez, on va voter une amélioration. Certes, c'était une amélioration, mais en réalité, minime. Mais pourquoi ne pas voter quelque chose qui va dans le bon sens ? Parce que nous, nous sommes contre la directive détachement des travailleurs. Vous êtes contre tout ? Vous reconnaissez vous-même que c'est une amélioration ? Si je peux terminer ma question, Marie-Lepé, je vous en prie.
Vous dites vous-même, à l'instant, c'est une amélioration, et on a voté contre.
On a voté contre parce qu'on est contre.
Contre l'amélioration ?
Non, même légèrement amélioré. Mais est-ce que ça ne va pas dans le bon sens, même une légère amélioration ? Non, ça ne va pas dans le bon sens. Ce qui va dans le bon sens, c'est de supprimer la directive détachement des travailleurs, qui crée une concurrence épouvantable à nos propres travailleurs français. Est-ce que vous ne poserez pas le chaos aux améliorations ? Non, monsieur. Mais regardez les votes. Vous dites cela. Vous n'avez pas travaillé votre sujet. Moi aussi, on a travaillé. Vous pouvez vous donner le détail, si vous le souhaitez.
Allez auprès du Parlement européen, et demandez-lui, probablement, les à peu près 18 000 ou 20 000 votes qui ont eu lieu dans les cinq dernières années. Si vous voulez qu'on rentre dans le détail des votes, parlez-moi de nos délits, un instant, Marine Le Pen. Non, je termine.
Le site Vote Watch, qui recense tous les votes de tous les députés européens...
Vous verrez, monsieur, que nous votons pour un certain nombre de choses. Et par exemple, la dernière session, une des dernières sessions qui a eu lieu en avril, je crois que nous avons voté 60% pour des textes qui étaient proposés.
Vous allez peut-être me dire que c'est un complot, mais le site Vote Watch, qui recense tous les votes de tous les députés européens, estime qu'aucun député de votre parti ne se classe parmi les 100 plus influents de l'ensemble des lémicycles.
Est-ce que vous reconnaissez ce chiffre ou pas ? C'est tout à fait normal, puisque nous étions un groupe minoritaire. Ça n'empêche pas d'être présent aux commissions de travail. Mais ça n'est pas un sujet de commission, monsieur. C'est un sujet que, lorsque vous êtes au Rassemblement national d'un groupe minoritaire, vous n'obtenez par exemple pas de rapport. En l'occurrence, le PPE et les socialistes se sont mis d'accord en début de mandat pour que nous n'obtenions aucun des postes qui auraient pu nous permettre d'avoir un peu plus d'influence. Il nous reste 30 secondes, Marine Le Pen. Mais nous avons, dans notre rôle d'opposant, été particulièrement performant.
On l'a compris, Marine Le Pen, vous votez contre toutes les dispositions proposées par l'Europe parce que vous combattez ce système. Mais c'est faux, c'est faux. Et que la moindre petite amélioration vous semble illégitime. C'est faux. Et pourtant, vous voulez rester au sein de l'Union Européenne et vous voulez même garder l'euro maintenant.
Non, monsieur Délis, c'est faux. Vous ne voulez pas garder l'euro ? Il y a toute une série de choses pour lesquelles... Vous ne voulez pas garder l'euro ? Dites c'est faux. Non, mais vous me posez quatre questions dans une question. Vous voulez garder l'euro ? Bon, alors laissez-moi répondre à votre question.
Juste sur l'euro parce qu'il nous reste 20 secondes, Marine Le Pen. Pardon.
Donc juste sur l'euro. Nous considérons... C'est simple, les Français nous ont dit qu'ils ne veulent pas sortir. En tout cas, pour l'instant, ils ne veulent pas sortir. Donc on nous donne un cahier des charges. C'est d'améliorer la situation, d'alléger les inconvénients majeurs de cette monnaie. Les Français vous ont convaincu ? Car ils existent, les inconvénients sont majeurs. Ils sont d'ailleurs compris par les Français. Donc si les Français changent à nouveau d'avis, vous changerez aussi, Marine Le Pen ?
Mais non, nous allons mettre en œuvre la gouvernance, un changement de gouvernance de l'euro et notamment changer les missions de la Banque Centrale Européenne qui aujourd'hui ne lutte pas ni contre le chômage, ni contre la faiblesse de la croissance en Europe.
Merci beaucoup, Marine Le Pen.
Merci, messieurs les procureurs. J'étais ravie de vous rencontrer ce matin. C'est toujours un plaisir. A combien j'ai été condamnée alors, pour finir ? Merci beaucoup, Marine Le Pen. A revenir bien volontiers.
Avec plaisir. Il est 8h59, le journal, dans une minute. Merci à vous.
Marine Le Pen