Budget, immigration, Aide médicale d'État...L'interview en intégralité de Manuel Bompard
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BFM TV, BFM Politique, Guillaume Daray. Vous êtes bien sur BFM Politique, notre invité ce matin, Manuel Bompard. Bonjour, merci d'être avec nous, coordinateur de la France Insoumise. À mes côtés, pour vous interroger ce matin, Anne-Sora Dubois, du service politique de BFM, et Ludovic Vigogne de La Tribune Dimanche, notre partenaire Ludovic Vigogne. Vous avez d'ailleurs réalisé avec Bruno Jeudi l'interview du Premier ministre paru ce matin dans La Tribune Dimanche. François Bayrou annonce donc, Manuel Bompard, qu'il va faire usage de l'article 49.3 et donc engager la responsabilité de son gouvernement sur le budget ainsi que sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Comment est-ce que vous réagissez à cette annonce du Premier ministre dans La Tribune Dimanche ?
Écoutez, ce n'est pas une surprise. Je pense que tous les gens qui suivent l'actualité politique savaient, je crois, qu'il n'y aurait pas de majorité à l'Assemblée nationale pour voter le mauvais budget de M. Bayrou et qu'il aurait donc recours à l'article 49.3 de la Constitution.
Et c'est la raison pour laquelle nous, les députés insoumis, mais je crois que ce sera d'ailleurs plus large, qui sommes opposés à ce budget, évidemment, nous déposerons en début de semaine une motion de censure pour faire chuter ce budget, parce que ce budget est le pire budget que le pays n'ait jamais connu depuis 25 ans, le budget le plus austéritaire et qui va se traduire par des conséquences qui vont être désastreuses pour le pouvoir d'achat des Français, pour l'économie du pays de manière générale, pour nos services publics, et que ce budget, on doit s'y opposer. C'est la raison pour laquelle nous déposerons cette motion de censure.
Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget, dit le Premier ministre. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
– D'abord, je veux dénoncer le chantage auquel le Premier ministre, le gouvernement… – Le chantage ? – Oui, évidemment, auquel se livre depuis maintenant plusieurs semaines, mais même avant, au moment du gouvernement de Michel Barnier, on avait déjà droit à ce chantage, où on nous promettait, s'il n'y avait pas d'adoption de ce budget, on nous promettait le pire, on nous disait que les cartes vitales n'allaient plus fonctionner, vous vous en rappelez ? – Bon, et là, c'est pareil.
– On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas eu de conséquences économiques, quand même, M. Moncart ?
– On pourra y revenir, si vous voulez, mais je veux vous dire une chose très simple, et c'est pourquoi je dénonce ce chantage. Aujourd'hui, on vit sous le régime de ce qu'on appelle la loi spéciale, c'est-à-dire que les députés ont voté une loi qui permet de renouveler, en quelque sorte, les lignes budgétaires du budget de l'année 2024. Donc en fait, aujourd'hui, on a un budget, c'est le budget de 2024 qui a été, pour l'instant, renouvelé pour l'année 2025. Mais vous avez des consignes qui sont données dans les ministères, et qui consiste à dire, non, non, pour l'instant, on gèle toutes les dépenses budgétaires parce que tant qu'il n'y a pas de budget, on ne peut pas dépenser.
Alors qu'en fait, si, on peut dépenser, puisqu'on a ouvert les lignes budgétaires du budget 2025. Et cette manière d'essayer d'obliger, en quelque sorte, de nous obliger à renoncer à nos convictions pour adopter ce budget alors qu'il serait très mauvais, c'est un chantage inacceptable. – Anne Seurat Dubois.
– Et pour autant, s'il n'est pas voté, la ministre des Comptes publics, Amélie de Monchalin, dit que les impôts augmenteraient pour 18 millions de Français.
Ce n'est pas terrible ? – Voilà, ça participe de ce que je vous dis depuis tout à l'heure. – Pour vous, c'est faux ? – Alors d'abord, Mme Vautrin dit, le coût de la censure, ça a été 12 milliards d'euros. C'est ce qu'elle dit.
– 100 millions d'euros par jour, dirais-vous ?
– Voilà, maintenant, elle le reporte pour les Françaises et les Français. Je vais vous dire quelque chose, parce que ce serait bien que ce soit su. L'OFCE, qui est un organisme indépendant, qui est l'Observatoire français des conjectures économiques, a fait des prévisions sur si le budget de Michel Barnier avait été mis en place. Ça se traduisait par une baisse de la croissance par deux et 0,8 point de croissance pour l'année prochaine. L'OFCE, le même organisme, a fait des prévisions de croissance avec la loi spéciale, qui aujourd'hui est à l'œuvre en France. Et il est tombé sur une prévision de croissance de 1,4 point de croissance. Ce que je veux vous dire, c'est que le budget de M.
Barnier à l'époque, mais le budget de M. Bayrou, qui s'inscrit dans la même logique, ont une conséquence pour la croissance et pour l'économie du pays beaucoup plus dangereuse que le fait de rester sur le régime de la loi spéciale. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'organisation.
18 millions de Français qui verraient leurs impôts augmenter si le budget n'est pas voté ?
Non, ce n'est pas vrai.
Ça, c'est mécanique.
On sait qu'effectivement, s'il n'y a pas de réévaluation par rapport au niveau de l'inflation, on bascule dans une autre poche. On va dire de quoi il s'agit précisément pour les gens qui nous écoutent. Chaque année, le barème de l'impôt sur le revenu est réévalué en fonction de l'inflation. Ça nécessite un vote à l'Assemblée nationale. Ils le voient sur leur feuille d'impôt, ils comprennent très bien les Français. Évidemment. Cette dimension était dans le budget de M. Barnier, ça s'est tombé. Quand nous sommes arrivés au début du mois de janvier à l'Assemblée nationale, par l'intermédiaire d'Éric Coquerel, président de la Commission des finances, nous avons fait une proposition.
Nous avons dit, votons immédiatement une loi d'urgence qui nous permet de voter des mesures consensuelles, par exemple la réindexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation.
Mais ça n'a pas été voté.
Et ensuite, on aura le temps pour discuter du budget. Donc, madame, si le budget de M. Bayrou tombe, nous avons tout à fait le temps de faire voter à l'Assemblée nationale une mesure qui sera consensuelle, qui consistera à réindexer le barème de l'impôt sur l'euro. Manuel Bompard. Et cette manière de faire du chantage pour dire si vous n'acceptez pas le mauvais budget de M. Bayrou, il n'y en aura pas et ça va être la catastrophe. C'est insupportable, c'est inacceptable. On peut tout à fait refuser le budget de M. Bayrou et faire en sorte ensuite qu'il y ait un autre budget avec d'autres mesures.
On va y venir, Manuel Bompard, dans un instant. Ludovic Vigone, vous avez réalisé cette interview. Vous avez une question sur l'état d'esprit du Premier ministre. Est-ce que ça peut jouer politiquement cette semaine ?
Oui, il a l'air plutôt tranquille, serein. Il estime que le travail de bonne foi qui a été mené autour de ce budget avec les différentes forces politiques pour arriver à une négociation plutôt conclusive va porter ses fruits. Et il estime que la motion de censure ne sera sans doute pas adoptée. Vous estimez qu'il a raison ?
Je ne le crois pas. Écoutez, moi, si les différentes oppositions restent fidèles aux engagements qu'elles ont fait, devant les électrices et les électeurs, alors elles doivent refuser ce budget. Et si elles refusent ce budget, la seule manière de refuser ce budget cette semaine, puisqu'il y a un 49-3, ce sera de voter la motion de censure.
Et par le Rassemblement National compris ?
Évidemment. D'accord.
Vous les appelez, eux, à voter la motion de censure.
Non, mais moi, j'appelle tous les députés à l'Assemblée Nationale à censurer ce budget. Et je dis, par exemple, puisque vous m'interrogez spécifiquement sur le Rassemblement National, que, soi-disant, il avait fixé des lignes rouges qui consistaient à dire, il ne faut pas que le budget ait un impact sur le pouvoir d'achat des Français. Dans ce budget, sur lequel le Premier ministre va engager sa responsabilité, vous avez une baisse de l'indemnisation des arrêts maladie pour tous les fonctionnaires qui, normalement, étaient indemnisés à 100% vont être indemnisés à 90%.
Ça concerne les policiers, ça concerne la fonction publique territoriale, ça concerne des millions de salariés qui vont voir l'indemnisation au congé maladie baisser. Dans ce budget, il y a une réforme, c'est un peu technique, de l'électricité qui va se traduire par une augmentation du tarif d'électricité.
C'est un argument, effectivement, qui a été avancé par différentes forces politiques, dont le RN. Donc, ce matin, vous dites, le RN doit voter la motion de censure ?
Je dis que chacun prend ses décisions. Mais vous leur dites quoi au RN ? Je dis que s'ils ne votent pas la motion de censure, ils auront fait la démonstration que les engagements qu'ils ont pris devant leurs électrices et leurs électeurs de protéger les Français d'un impact du budget sur le pouvoir d'achat, ils les auront pris, leurs engagements, ils les auront froissés, ils les auront mis à la corde. Donc, ils doivent la voter ? Voilà. C'est ce qu'ils font, ils font ce qu'ils veulent. Mais s'ils ne le font pas, je pense que les électrices et les électeurs du RN sauront son souvenir. Donc, vous leur dites, votez notre motion, député du RN.
Vous pouvez essayer de me faire dire les choses comme vous voulez, mais moi, j'utilise les mots. Il ne faut pas tourner autour du Pau. Mais je ne tourne pas autour du Pau. Qu'est-ce que vous dites aux députés du RN ce matin ? Je dis, monsieur, je dis à tous les députés de l'Assemblée nationale, dont le RN, dont ceux du Rassemblement national, dont ceux du Parti socialiste, à tous, je leur dis, votre responsabilité quand le Premier ministre engage sa responsabilité sur un mauvais budget, c'est de voter une motion de censure. Point à la ligne. Je n'ai pas de difficulté à dire, ne vous inquiétez pas.
Juste un détail encore, il y a le budget de l'État, il y a aussi le budget de la Sécurité sociale. Pour le faire adopter, il faudra sans doute des 49-3. François Bayrou dit ce matin dans la tribune dimanche que tous les 49-3 nécessaires seront déployés sans retard. À chaque fois, ça voudra dire qu'il y aura une motion de censure de votre part ?
À partir du moment où on ne se retrouve pas dans le texte, pour que les gens qui nous écoutent le comprennent, le 49-3, vous n'avez plus le choix. Soit vous laissez passer le texte, soit vous déposez une motion de censure pour vous y opposer. Et comme nous ne nous retrouverons pas dans le budget de l'État proposé par M. Bayrou, et que nous ne nous retrouverons pas, on le sait déjà, au vu des orientations qui sont présentées dans le budget de la Sécurité sociale de M. Bayrou, à chaque fois, on déposera une motion de censure.
Donc ce sera systématique.
Évidemment.
Qui peut se faire rejetée à chaque fois.
Mais ça, c'est après les députés qui décident. C'est comme ça que ça fonctionne. Mais vous savez, quand il y a un 49-3 qui est engagé, vous n'avez pas 3 ou 4 ou 10 choix, vous en avez 2. Soit vous le laissez passer, et donc ensuite, vous êtes redevable, vous êtes complice du budget qui a été adopté, soit vous vous y opposez, et alors pour s'y opposer, il faut déposer une motion de censure.
Alors justement, vous dites le mot complice. Il y en a qui vont devoir choisir en début de semaine. Parmi les députés, on sait que les socialistes vont choisir lundi ou mardi leur position sur cette question de la motion de censure, savoir s'ils la votent ou non. Qu'est-ce que vous dites ce matin à votre collègue, à votre, est-ce qu'on peut l'appeler encore cousin, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste ?
Moi, je dis aux députés socialistes de manière générale, Olivier Faure compris, que nous avons été élus sous une étiquette, l'étiquette du Nouveau Front Populaire, en portant un programme. Et la première phrase de ce programme, c'était que le Nouveau Front Populaire rassemble des femmes et des hommes, des formations politiques qui veulent rompre avec la politique d'Emmanuel Macron. Et clairement, ce budget n'est pas un budget de rupture avec la politique d'Emmanuel Macron.
Que quand on a été élus, comme c'est mon cas, pour, par exemple, investir davantage dans la transition écologique, on ne peut pas laisser passer un budget dans lequel il y a 2,5 milliards de coupes dans le budget de l'écologie. Que quand on a été élus, comme moi, pour faire de l'éducation une grande priorité pour le pays, on ne peut pas accepter un budget dans lequel il y a à peu près 200 millions d'euros de coupes dans le budget. Oui, mais d'accord. On peut voter contre. Mais à la fin, il faut être cohérent. Si vous votez contre un budget et qu'il y a un 49,3 pour essayer de passer en force ce budget, la continuité de votre vote contre le budget, c'est de voter la motion de censure.
S'ils ne la votent pas,
vous les qualifiez de quoi ? Vous avez dit complice il y a un instant. C'est quoi le terme ? Vous iriez jusqu'à trahison ?
Non, mais moi, je vais utiliser mes propres mots si vous voulez bien. Moi, je dis que s'ils ne votent pas la motion de censure, alors ils auront procédé à un changement d'alliance. C'est-à-dire qu'ils seront dans un soutien sans participation au gouvernement de François Bayrou. Et à partir de ce moment-là, ils auront, de mon point de vue, renié les engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs.
Et donc, pour vous, ils ne seront plus dans le nouveau Front populaire ?
Le nouveau Front populaire ne peut pas regrouper au sein d'une même coalition des gens qui sont dans le soutien au gouvernement et des gens qui sont dans l'opposition au gouvernement. Donc, évidemment qu'à partir de ce moment-là, parce que je crois savoir qu'outre les députés insoumis, les députés écologistes, les députés communistes, en tout cas dans leur grande et leur immense majorité, voteront la motion de censure, alors oui, mathématiquement, on peut le dire, les députés socialistes se seront mis à distance du nouveau Front populaire.
Mais vous dites mathématiquement, à distance, ça reste assez flou quand même. Parce que la dernière fois, Éric Coquerel avait parlé de séance de rattrapage. Vous ne voulez pas être clair, dire carrément s'ils ne votent pas cette motion de censure, ils sortent du NFP, ils auront décidé de même, l'alliance sera terminée.
Évidemment, ce que je viens de dire, Anne-Soradoua, quand je parle de changement d'alliance, je crois que c'est assez clair. Ça veut dire qu'ils ne seront plus alliés avec le nouveau Front populaire, mais alliés avec la coalition au pouvoir aujourd'hui. Et puisque vous voulez que je sois clair, moi, vous savez, je fais ce que je dis et je dis ce que je fais.
Nous avons dit, il y a plusieurs semaines, que dans l'hypothèse où le Parti socialiste ou des députés socialistes ne votaient pas la motion de censure, alors évidemment, s'il devait y avoir une nouvelle élection législative anticipée, alors ils ne pourront pas, ceux qui n'ont pas voté la motion de censure, porter les couleurs du nouveau Front populaire. Mais c'est à vous
d'en décider tout seul, parce que Europe Écologie, les Verts, le PCF, peut-être qu'ils ont leur mot à dire, et eux, ils se diraient, bon, sur la motion de censure, on n'a pas voté ensemble, mais pour les étapes d'après, le nom de la gauche, ça compte plus que tout. Je comprends votre question,
mais j'ai entendu Marine Tondelier encore cette semaine qui disait à la fois que son intention était évidemment de censurer le gouvernement, mais aussi que si certains voulaient ne pas censurer et qu'ils ne voyaient pas le problème, alors on avait un problème. Je reprends les termes qu'elle a employés. Je crois qu'elle dit des choses assez proches de ce que je disais.
Je reviens un instant sur ce que vous venez de dire. Ça veut dire qu'en cas de nouvelle dissolution, il y aura un candidat de la France Insoumise face à un candidat socialiste qui n'aurait pas voté cette motion de censure. Mais pas forcément de la France Insoumise.
Et ça pourrait être un candidat écologique, ça pourrait être un candidat communiste. Je veux même vous dire, ça pourrait même être un candidat socialiste qui a voté la motion de censure. Donc mon sujet, ce n'est pas à la France Insoumise contre la motion de censure. Mais il y aura un candidat contre ces députés. Mais parce qu'il faut que tout le monde comprenne. Et il faut bien que dans chaque circonscription du pays, s'il doit y avoir une élection législative, toutes les personnes aient le pouvoir de pouvoir voter pour un candidat de l'opposition de gauche pour aller vite. Donc il faut bien qu'ils aient un bulletin de vote qui porte cette parole.
Il y a une grande voix de gauche hier qui s'est exprimée, c'est Lionel Jospin. Il a appelé les députés socialistes à ne pas censurer le gouvernement. Et il a dit aussi que Lionel Jospin était une union libre qu'elle ne devait pas se faire sous le fouet. Lui aussi, c'est un traître ?
D'abord, moi, je n'ai pas employé le mot de traître. Et pour le reste, je suis en désaccord, radical, avec ce que dit Lionel Jospin dans son interview. Parce que je pense que précisément, ce qui a fait beaucoup de mal à la politique de manière générale, à la gauche en particulier, c'est quand vous faites campagne sur un programme, que vous défendez un certain nombre de mesures, un certain nombre de revendications, que donc vous déplacez des électrices et des électeurs qui se disent on peut leur faire confiance. Et puis, une fois que l'élection a lieu, quelques mois plus tard, finalement, vous reniez votre programme pour aller rejoindre une coalition gouvernementale.
Et bien moi, ça ne sera jamais avec moi, je vous le dis franchement, parce que je crois à la fidélité à la parole donnée, à la cohérence de son positionnement. Et personne ne peut croire sérieusement que le budget présenté par François Bayrou aujourd'hui a quelque rapport que ce soit avec le programme que nous avons porté dans les élections législatives, tout simplement. Manuel Bonaparro, on va venir un petit peu
tout à l'heure justement sur le détail de ce projet, mais vous êtes sur le choix des mots. Il y en a un qui a écrit une note de blog, j'imagine ça ne vous a pas échappé, c'est Jean-Luc Mélenchon, les mots sont extrêmement forts, c'était en fin de semaine. Il écrit « Comptez sur les insoumis pour tenir chacun, chacune, bien informé du nom des coupables ». C'est notre travail
d'information, évidemment. D'information ou de délation ? Vous savez, les votes à l'Assemblée nationale, ils sont publics, ils figurent sur le site de l'Assemblée nationale et heureusement, c'est un principe en démocratie. Vous avez élu des représentants dans chaque... Donc ceux qui ne votent pas la censure sont des coupables ? Ils seront coupables du fait que le budget passe, oui, évidemment. Enfin, vous savez, on a une responsabilité en tant que député. Cette responsabilité, ce n'est pas toujours facile, c'est de prendre des décisions et là, en l'occurrence, chaque député, quelle que soit son étiquette politique d'ailleurs, va être devant sa propre responsabilité.
Est-ce qu'il vote la motion de censure et il empêche le budget de M. Bayrou de voir le jour et donc de ravager l'économie du pays ? Parce que là, on parle beaucoup de politique un peu politicienne. Mais la vérité, c'est que les conséquences de ce budget sur l'économie, ces conséquences de ce budget...
Les conséquences négatives, mais il y en a des positives. Lesquelles, là ? Alors justement,
Anne-Soura Dubois va revenir regarder sur ce que les socialistes estiment avoir obtenu un certain nombre de choses. On va en parler. Puisqu'ils disent avoir épargné à leurs beaux yeux, un certain nombre de souffrances aux Français, disent les élus socialistes.
pression de 4 000 postes d'enseignants et de 500 agents à France Travail, des moyens en plus pour la justice, l'annulation des déremboursements des médicaments, ça c'était une ligne rouge aussi de Marine Le Pen, la réouverture du dossier des retraites, même si effectivement, on n'en connaît pas l'issue encore, négociations de fonds commencés et des moyens supplémentaires pour l'hôpital. C'est quand même positif tout ça, non ?
Alors, c'est intéressant. C'est bien que vous me posiez la question, ça va permettre une bonne fois pour toutes de faire la lumière dans la réalité de ces conditions.
C'est bien pour les Français, ça ?
Non, ce qui est bien, c'est d'abord qu'on puisse en parler pour vous donner un certain nombre d'informations. Vous savez, François Bayrou, c'est quelqu'un qui vous donne un bonbon et puis vous reprend trois bonbons de l'autre côté. Et à la fin, il essaye de vous faire croire qu'il vous a gagné quelque chose. Donc, je vous donne un exemple, par exemple, Anne-Faura Dubois. Le premier exemple que vous avez dit, c'est qu'ils ont annulé...
La suppression des 4 000 postes d'enseignants.
Voilà, ils ont annulé une mesure qui était prévue dans le budget qui était de supprimer 4 000 postes d'enseignants. Alors effectivement, ils l'ont annulé sur le papier. Et puis, dans le même temps, ils ont fait voter des coupes supplémentaires au budget de l'éducation nationale de plus de 200 millions d'euros. La mesure des 4 000 postes d'enseignants, elle était budgétée pour cette année à 50 millions d'euros. Je l'explique pour les gens qui nous écoutent. M. Bayrou vient de dire, je vous rends 50 millions d'euros, mais je vous prends 200 millions d'euros.
Peut-être qu'il aurait fait les deux, s'il n'y avait pas eu négociation avec le Parti Socialiste. Il aurait pris dans le budget et il aurait supprimé 4 000 postes d'enseignants.
Mais si après, vous voulez vous satisfaire de coupes dans le budget de l'éducation nationale de 200 millions d'euros, c'est votre problème. A la fin, ils ont même obtenu le retraite. Ils n'ont rien obtenu puisque cette mesure n'était pas présente. Il n'y a rien de bon dans ce qu'ils ont obtenu ? Je ne sais pas. Rien ou pas. Moi, je prends les points factuellement que vous avez évoqués. Ensuite, vous m'avez parlé du déremboursement des médicaments. Ce matin encore, dans la presse, on apprend qu'il va y avoir une mesure pour taxer les mutuelles. Pourquoi ?
Parce qu'en fait, les mutuelles ont anticipé ces dispositifs-là sur le déremboursement des médicaments et ont augmenté leurs tarifs pour les Françaises et les Français. Donc on fait croire aux gens...
Ce que vous avez déjà prévu de faire de longue date.
Donc on fait croire aux gens qu'en vérité, ils ne vont pas payer leurs médicaments plus chers, mais en fait, ils vont devoir payer leurs mutuelles plus chères. C'est le deuxième point. Les mutuelles,
ce n'est pas l'État qui décide des tarifs qu'elles appliquent.
D'accord, très bien. Mais essayer de faire croire aux gens qu'ils vont y gagner quelque chose du point de vue de leur pouvoir d'achat, c'est tout simplement mensonger. Le troisième élément que vous avez cité... La réouverture du dossier des retraites ? Bon, là, je pense qu'on peut, si vous voulez, continuer la plaisanterie pendant longtemps. Aucun tabou,
dit le Premier ministre,
y compris sur l'âge des 64 ans. Écoutez, les socialistes sont rentrés dans cette négociation en disant qu'on a une ligne rouge, c'est l'abrogation de la réforme des retraites. Ensuite, ils sont revenus, d'ailleurs c'était sur votre plateau, je me rappelle, et Olivier Faure avait dit s'il n'y a pas le mot suspension dans le discours de politique générale de Bayrou, alors on votera la censure. Il n'y a pas eu le mot suspension dans le discours de politique générale de François Bayrou.
Aujourd'hui, on a inventé un conclave dont tout le monde sait déjà que le résultat est biaisé par avance puisqu'il faut qu'il y ait unanimité de tous les partenaires sociaux pour qu'une mesure puisse être discutée à l'Assemblée nationale et qu'il n'y aura pas d'unanimité sur la brogation de la réforme des retraites.
Ils partissent parce qu'on clave même des partenaires sociaux avec qui ils pouvaient avoir de bonnes relations.
Je ne leur reproche pas d'essayer d'aller se battre pour arracher des choses. Je reproche au Premier ministre François Bayrou d'avoir mis en place un cadre qui est un cadre bloqué par avance. Si vous voulez qu'on puisse débattre de la réforme des retraites, il y a une chose très simple, c'est faites voter les députés et vous verrez, il y a une majorité de députés qui sont pour la brogation de la réforme des retraites. Donc très concrètement
pour les Français qui nous écoutent, qui ont le sentiment que peut-être les socialistes ont réussi à obtenir quelques éléments pour leur vie quotidienne, vous vous dites il n'y a rien et il vaut mieux renverser le gouvernement ?
Guillaume Daré, on va prendre un dernier exemple et après je vais répondre à votre question. On va prendre un dernier exemple. Le Parti socialiste a revendiqué d'avoir obtenu l'annulation des trois jours de carence pour les congés maladie des fonctionnaires. C'était une mesure qui visait à prélever sur les fonctionnaires à peu près 200 millions d'euros. Alors effectivement, M. Bayrou a reculé sur ce sujet. A la place, il a mis en place une indemnisation à 90% des congés maladie plutôt qu'à 100%. C'est-à-dire qu'il a rendu 200 millions d'euros aux fonctionnaires mais il leur a pris 800 millions d'euros. Manuel Bopard. Chacun fera son point de vue.
Mais moi, pardonnez-moi, si ça, ça s'appelle des grandes victoires pour les Françaises et les Français. Autre question très concrète de quelque chose qui a été modifié par la commission mixte parité.
Rien à sauver, on a compris, mais celle-là, elle va vous plaire. Le budget, le prochain budget ne touchera pas, ça a été en discussion, aux avantages qui sont accordés aux anciens présidents de la République et aux anciens premiers ministres. Qu'en pensez-vous ?
Moi, j'étais favorable à ce qu'on puisse, dans un moment où on dit que tout le monde doit faire des efforts, il ne me semble quand même pas absurde de demander aux anciens premiers ministres ou aux anciens présidents de la République de contribuer aussi aux efforts. Donc, je pense que ça aurait été de bonnes mesures d'ouvrir aussi ce dossier. Comment vous comprenez
que ça n'avait pas été fait ?
Vous demanderez à ceux qui étaient en commission mixte paritaire. Mais je pense que tout le monde peut comprendre dans le pays que quand vous allez voir aujourd'hui des Français qui ont beaucoup de difficultés, qu'on subit l'inflation, l'augmentation des prix de l'électricité, qui ont des difficultés à pouvoir payer leur logement, les loyers ont augmenté, les charges dans les bailleurs sociaux ont explosé de manière extraordinaire. Moi, je pense qu'on peut quand même accepter l'idée que tout le monde doit contribuer et en particulier ceux qui en ont les moyens.
C'est d'ailleurs le problème et je m'arrête là, mais c'est d'ailleurs le problème majeur de ce budget, c'est qu'en fait on fait reporter la charge des efforts nécessaires sur les 90% des Français et on préserve les 10% les plus vides On va revenir dans un instant Manuel Bompard
sur l'un des mots qui vous a aussi fait bondir cette semaine l'expression du sentiment de submersion migratoire évoquée par le Premier ministre et il y a un Français qui a une question très concrète à vous poser.
BFM TV BFM politique Guillaume Daré Vous êtes bien sur BFM politique notre invité Manuel Bompard le coordinateur de la France Insoumise avec qui on évoque bien sûr le 49.3 annoncé par le Premier ministre François Bayrou le Premier ministre qui vous a fait bondir comme toute la gauche avec certains des mots qu'il a aussi employés quand il a évoqué le terme de sentiment de submersion en matière d'immigration sur cette question de l'immigration il y a un Français qui a une question très concrète à vous poser ceux qui font la France et bien ce matin il s'agit de l'adjoint au maire de Mamoudzou Dinouren M.
Kolomanti qui habite à Mayotte premier adjoint au maire de Mamoudzou qui est membre du mouvement départementaliste il souhaite vous interpeller justement sur la situation migratoire sur place et les défis qu'il rencontre on l'écoute
bonjour monsieur bon part je suis M. Kolomanti Dinouren donc Premier adjoint au maire de Mamoudzou il me semble que vous critiquez le terme de submersion migratoire utilisé par le Premier ministre M.
Bayrou mais ici à Mayotte la réalité est terrible une série réalité qui impacte la santé la sécurité le logement quasiment à l'ensemble de la structure maoraise j'ai deux questions pour vous pourquoi refusez-vous de nommer les choses telles qu'elles sont aujourd'hui ressenties par l'ensemble la place de Mayotte et deuxième question il me semble que vous n'êtes encore jamais venu à Mayotte n'est-ce pas le temps de venir constater les choses sur place la réalité implacable des choses pour que Mayotte ne soit plus une fiction pour vous pour le futur je le remercie beaucoup
Manuel Bopard qu'est-ce que vous lui répondez
d'abord je le remercie évidemment pour ces questions et je lui apporte et j'apporte par son intermédiaire à la population de Mayotte tout mon soutien puisqu'elle a été évidemment frappée meurtrie par les catastrophes climatiques ces dernières semaines ensuite sur le fond des questions qu'il me pose d'abord je veux dire que quand le premier ministre a utilisé cette expression de submersion aux migrataires il n'a pas parlé de la situation à Mayotte il a parlé de la situation nationale du pays il a commencé par Mayotte et que c'est tout simplement faux vous savez aujourd'hui en France vous avez 8% d'étrangers il y en avait 7% en 1982 il y en avait 6,5% en 1930 c'est des chiffres officiels c'est des chiffres de l'INSEE donc c'est totalement absurde de parler de submersion
il n'a pas parlé d'une submersion il a parlé d'un centime de submersion
d'abord je veux
d'abord ce maorais vous lui dites c'est votre réalité
elle n'existe pas je vais répondre dans un deuxième temps sur la question spécifique de Mayotte il n'y a pas de problème mais je veux juste vous dire c'est faux sur le fond et la responsabilité d'un premier ministre c'est pas de reprendre en fait des impressions ou des ressentis c'est de les dénoncer c'est de les démonter quand ils s'appuient sur des éléments factuels et y compris attendez je termine y compris du point de vue du sentiment des françaises et des français quand vous prenez les études à long terme il y a eu un travail qui a été fait par un chercheur qui s'appelle Vincent Tibéry peut-être vous l'avez vu vie la part de français qui considère qu'il y a trop d'immigrés en France a chuté de 17 points en 40 ans donc ce n'est pas vrai de dire qu'il y a en France un sentiment de cette nature il y a une extrême droitisation de la classe politique française mais pas des français
64% des français jugent que François Bayrou a eu raison d'utiliser cette expression oui mais est-ce que c'est pas vous qui êtes en décalage peut-être avec une perception qu'en est les français dans leur majorité de ce qu'est l'immigration je viens de vous donner
un élément pas des enquêtes qu'on fait sur la base comme ça sur 500 personnes qu'on interroge je vous parle d'enquêtes de travail sérieux de chercheurs sur des longues périodes dans lesquelles on regarde les tendances longues et bien les tendances longues elles ne vont pas dans cette direction maintenant parce qu'il y a une question qui m'a été posée je ne veux pas manquer de respect à la personne qui me l'a posée Louis-Di c'est ma réalité sur la situation de Mayotte évidemment qu'à Mayotte la situation est extrêmement compliquée mais ce serait mensonger de ne l'apprendre que par le prisme migratoire la vérité c'est qu'à Mayotte il faut quand même le dire l'Etat a une responsabilité parce que depuis des années et des années l'Etat a abandonné Mayotte que les services publics sont dans un état désastreux que les gens vivent dans des bidonvilles qu'il n'y a pas l'accès à l'eau tous les jours et oui c'est vrai qu'il y a aussi des difficultés liées à l'immigration à Mayotte mais quelles sont les réponses qui nous sont
alors question très concrète juste Manuel Bompard vous allez pouvoir y répondre justement sur les solutions qui peuvent être apportées
il y aura jeudi une proposition de loi des républicains qui sera examinée à l'Assemblée nationale qui vise à restreindre le droit du sol à Mayotte concrètement il faudra désormais que les deux parents résident depuis au moins un an sur les territoires français pour que leur enfant qui naîtrait sur le sol maorais soit français est-ce que vous soutiendrez cette proposition de loi ?
Mais en fait d'abord il faut là aussi Mais pourquoi non ? Je vais vous expliquer pourquoi est-ce que vous savez que contrairement à ce qu'on raconte à longueur de plateau le droit du sol n'existe déjà plus à Mayotte ? Il y a déjà eu des modifications qui ont été apportées il y a une dizaine d'années à Mayotte qui fait que ce n'est pas vrai ce qui est raconté c'est-à-dire de faire croire qu'une personne en situation irrégulière qui arriverait sur le sol maorais et qui donnerait naissance à un enfant que cet enfant aurait automatiquement la nationalité française c'est faux c'est factuellement faux Mais est-ce qu'il faut le restreindre davantage ? Pardon ?
Est-ce qu'il faut le restreindre davantage ?
La question c'est est-ce que avant d'envisager de nouvelles modifications est-ce que cette modification qui a déjà été apportée au droit du sol à Mayotte a-t-elle produit des résultats ? Est-ce qu'elle a produit des résultats ? Est-ce que depuis qu'on a modifié le droit du sol ça s'est traduit par une baisse des flux migratoires en particulier entre les Comores et Mayotte ?
Évidemment non Je veux même vous dire vous savez il y a des pays dans lesquels il n'y a pas le droit du sol et pourtant ils ont aussi parfois des difficultés liées à une augmentation des flux migratoires donc la question à Mayotte pour traiter ce sujet c'est pas par une nouvelle modification du droit du sol ça ne va rien changer la question c'est de nouer une discussion un rapport de force une discussion notamment avec les Comores pour faire en sorte que les gens n'aient pas besoin de partir donc ça veut dire pour avoir à la fois des accords de coopération économique et à la fois demander aux Comores en échange de ces accords de coopération économique de faire leur travail voilà comment on résout le problème pas en agitant comme ça des choses qui ne vont rien changer sur la réalité donc nous on ne va pas mourir
Bruno Retailleau Bruno Retailleau était à votre place ici il y a deux semaines il s'est dit notamment favorable aux statistiques ethniques pour rouvrir le débat pourquoi pas justement sur le droit du sol dans tout l'hexagone comment finalement quand vous voyez ces propositions et ces prises de parole vous qualifiez votre ministre de l'intérieur
ah ben je pense que c'est un porte-parole des idées de l'extrême droite dans le gouvernement de François Bayrou d'extrême droite oui évidemment enfin écoutez monsieur Retailleau reprend une à une enfin dois-je vous rappeler les expressions de monsieur Retailleau avant d'avoir été nommé ministre de l'intérieur dois-je vous rappeler que monsieur Retailleau considérait qu'il y avait en France des français de papier qui est une expression qui est née en politique en France dans la bouche de Jean-Marie Le Pen donc moi j'ai évidemment Bruno Retailleau est un personnage dangereux et qui amène au gouvernement et qui porte au gouvernement des idées qui sont des idées dangereuses et ça me permet de dire
c'est un mot extrêmement fort
personnage dangereux ça veut dire quoi ? c'est un personnage dangereux qui vient alimenter des obsessions qui vient raciste classer oui évidemment enfin excusez-moi quand vous dites qu'il y a des français de papier c'est-à-dire que vous commencez à classer les français en deux catégories ah bah c'est des propos et c'est des expressions qui sont des expressions racistes j'ai déjà eu l'occasion de le dire oui et je trouve ça extrêmement choquant maintenant puisque vous me posez une question sur monsieur Retailleau
lui dit ce sont les préoccupations des français et je m'attache à cela
et maintenant puisque vous me posez une question sur monsieur Retailleau je vais vous dire quelque chose tout à l'heure on parlait de la censure et notamment de la décision des députés socialistes et bien je vous dis que s'ils ont besoin d'un argument supplémentaire pour voter la censure de ce gouvernement c'est que honnêtement je ne crois pas qu'il puisse y avoir une personne en France qui se dise socialiste et puis qu'il puisse accepter que monsieur Retailleau reste au ministère de l'Intérieur et que donc s'ils ne veulent pas censurer pour le budget au moins ils devraient censurer pour empêcher monsieur Retailleau de continuer à faire ce qu'il est en train de faire depuis des mois et des mois
Justement puisque vous parlez des socialistes je reviens encore sur les considérations qu'ils ont pu obtenir en tout cas les choses négatives qu'ils ont pu amoindrir concernant l'AME l'aide médicale d'État elle devait être baissée de 200 millions d'euros finalement ça ne sera que 100 millions d'euros les socialistes disent qu'ils ont fait pression pour ça est-ce que vous leur attribuez ce point
ou là non plus ? C'est scandaleux ils ont eux-mêmes voté dans la commission mixte paritaire un amendement qui baisse le budget de l'aide médicale d'État de 111 millions d'euros tout le monde sait sur ce sujet
Alors qu'ils devaient baisser de 200
D'accord mais
Non mais c'est leur apport à la négociation
Oui mais à un moment il y a des questions qu'on décomprime À un moment il y a des questions de principe en fait quand on est
Mais s'ils n'étaient pas à la négociation ça aurait peut-être 200 encore une fois Oui peut-être
ça aurait pu être 300 400 et 500 aussi
Mais c'est mieux que 100
Et peut-être que ça aurait été mieux 50 ou 40 enfin vous voyez moi mon sujet c'est pas celui-là c'est une question de principe Attendez parlons d'abord du sujet de fond La focalisation sur l'aide médicale La focalisation absurde qui a été dénoncée à de multiples reprises par exemple par tous les professionnels de soins Je veux juste dire deux choses sur ça Toutes les personnes quelles que soient leurs opinions politiques doivent pouvoir le comprendre Si vous ne soignez pas une personne parce qu'elle n'a pas de papier en France vous mettez en danger la population dans son ensemble Pour une raison simple c'est que les virus les microbes ils ignorent bien le fait de savoir si vous avez des papiers ou si vous n'en avez pas Premièrement Deuxièmement tous les professionnels de santé vont vous dire la même chose Si vous ne soignez pas une pathologie dès que vous la détectez alors elle va s'aggraver et à la fin ça va se traduire par des coûts supplémentaires pour le régime de santé Donc c'est absurde de baisser le budget de l'aide médicale d'État et c'est scandaleux que des députés socialistes aient donné leur voix pour accepter cette baisse même au nom d'une baisse qui serait moins importante que l'autre Parce que si vous ne vouliez pas de baisse du tout il y a une chose très simple à faire Vous votez la motion de censure
Vous faites tomber le gouvernement Vous faites tomber ce budget et là il n'y a pas de baisse du tout Olivier Faure sans aucun doute nous regarde il vous aura entendu On vous sent en colère Il y en a d'autres Sur ce sujet je suis en colère Il y en a d'autres qui sont en colère Il y en a d'autres qui sont en colère Ce sont les grands patrons Vous les avez entendus cette semaine Effectivement qui sont en colère parce qu'il va y avoir une surtaxation prévue pour l'instant pour un an qui doit rapporter 8 milliards d'euros à l'État Il considère que c'est une taxe comme le dit par exemple Bernard Arnault sur le Made in France qui a des risques de délocalisation Il y en a une qui n'est pas du tout d'accord c'est bien sûr Sophie Binet la patronne de la CGT qui dénonce leur comportement qui dit je cite qu'ils n'en ont plus rien à faire de la France, de l'intérêt général que leur seul intérêt c'est l'appât du gain que les racquittent le navire Franchement Est-ce que ce n'est pas des mots trop durs pour des gens qui créent aussi de la richesse en France qui ont un savoir-faire et qui emploient des gens en France ?
Non ce n'est pas des mots trop durs Écoutez c'est révoltant C'est révoltant que vous avez aujourd'hui des dirigeants d'entreprises qui depuis des années et des années notamment suite à la crise du Covid ont fait des profits qui sont des profits gigantesques extraordinaires Vous avez des entreprises qui ont le CAC 40 l'année dernière a distribué un record historique jamais vu en France de dividendes qui ont été versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 Et aujourd'hui quand on leur demande de contribuer et franchement de manière extrêmement insuffisante un tout petit peu à la solidarité nationale c'est trop haut c'est trop haut si c'est comme ça on va partir Vous savez la surtaxe sur l'impôt sur le revenu dont on parle pour un an Sur les sociétés Sur l'impôt sur les sociétés pardon merci pour un an pour un an c'est 10% des dividendes versés par le groupe LVMH à ses actionnaires l'année dernière Excusez-moi mais dans une période où on demande à tout le monde de faire un petit peu des efforts je pense que monsieur Bernard Arnault peut accepter qu'il va verser 10% de moins Vous lui dites Bernard restait en France ?
Non mais je lui dis d'abord arrêtez de faire du chantage comme ça partagez parce que pardon mais Bernard Arnault son empire et il a été acquis aussi avec de l'aide publique avec de l'aide de l'État que Bernard Arnault aujourd'hui il touche de la politique agricole commune il touche du crédit Ludovic Vigogne il y a une question très précise à vous poser Je le vois aujourd'hui faire du chantage comme ça je trouve ça mais vraiment désastreux
Le groupe LVMH le groupe de Bernard Arnault c'est aussi un groupe qui paye plus d'impôts en France qu'il n'y fait de bénéfices
C'est un groupe qui a des filiales dans les paradis et donc monsieur vous le savez donc vous n'allez pas me dire qu'il paye les impôts qu'il devrait payer en France ce n'est pas vrai et en l'occurrence puisqu'on parle du budget nous on avait proposé une mesure très simple une mesure qui s'appelle le dispositif Zuckman pour les entreprises c'était juste pour faire en sorte que les entreprises payent leurs impôts là où elles produisent leur richesse ça permettait de rentrer 25 milliards d'euros dans les caisses de l'État ça on aurait pu le faire par exemple quand monsieur Arnault j'ai dit ce que j'en pensais
Il y aura peut-être moins d'impôts en France dans ces cas-là LVMH Moins de ? Moins d'impôts
avec votre proposition Il paierait leurs impôts Il ne s'agit pas de dire qu'il doit payer les impôts relatifs aux chiffres d'affaires qu'il produit mondialement mais ce qu'il produit en France ça doit être imposé en France Maintenant quand j'ai vu après monsieur Arnault j'ai entendu par exemple le PDG de Michelin Absolument Je vais vous dire j'ai trouvé ça révoltant Produire en Europe nous coûte deux fois plus cher qu'en Asie dit-il Le PDG de Michelin a annoncé il y a trois mois plus de 1000 suppressions d'emplois dans des usines de Michelin en France Il n'y avait pas de surtaxe sur l'impôt sur les sociétés à ce moment-là
Pour vous il n'y a pas de problème de compétitivité Il a expliqué justement devant les parlementaires que quand il verse 100 euros brut à un salarié ça coûte 142 à l'entreprise et que le salarié lui ne touche que 77,50 euros Et la différence elle sert à quoi monsieur Daré ? A financer la protection sociale
Donc les salariés Mais est-ce que c'est pas trop élevé par rapport à d'autres pays ? Mais le problème c'est que vous devez comparer des choses qui sont comparables En Allemagne par exemple il y a des protections sociales ?
En Allemagne excusez-moi de vous le dire mais le coût du travail en Allemagne dans l'industrie il est plus important qu'en France Mais dans un contexte international Excusez-moi Guillaume Daré là vous avez pris précisément le mauvais exemple mais maintenant je vais vous dire une chose C'est ce que Michelin prend comme exemple J'entends Mais il faut comparer des choses qui sont comparables Si vous comparez ce qu'on appelle le coût du travail ce qu'eux appellent le coût du travail en France et vous dites en gros entre le brut et le net il y a un écart mais alors vous devez comparer par exemple aux Etats-Unis tout ce qui va devoir être payé en plus par exemple les systèmes assurantiels qui vont vous permettre d'avoir accès à un système de santé parce que là aujourd'hui c'est la sécurité sociale Vous évoquez justement les Etats-Unis
Vous comprenez que ces patrons-là ils le disent aussi dans un contexte où Donald Trump dit je vais mettre des droits de douane supplémentaires sur ce qui vient du Canada sur ce qui vient de l'Union Européenne donc ces patrons Mais alors qu'est-ce qu'on va faire nous ? Qu'est-ce qu'on va faire ?
Est-ce que c'est bien le moment de taper sur nos entreprises en disant
Mais il ne s'agit pas de taper sur nos entreprises de leur demander de participer Est-ce qu'il n'est pas question
précisément de les renforcer pour qu'elles soient
à l'effort national ?
Alors attendez Il y a plein de sujets On va essayer de les prendre un par un si vous voulez bien Premièrement vous faites une comparaison avec les Etats-Unis Je dis attention quand vous faites une comparaison avec les Etats-Unis parce que vous savez que le déficit aux Etats-Unis est plus important que le déficit en France et que la dette en pourcentage du PIB aux Etats-Unis est plus importante qu'en France Donc vous êtes tous en train de me dire depuis le début de l'émission qu'il faut qu'on fasse des efforts parce qu'on a trop de déficit ou trop de dette Puis à la fin vous venez me comparer avec les Etats-Unis mais bizarrement sur la question de la dette ou du déficit vous ne comparez pas avec les Etats-Unis Donc ça c'est déjà pour vous dire quelque chose sur la comparaison avec les Etats-Unis Pour le reste vous me posez la question des décisions qui ont été prises par Donald Trump ou qui vont être prises sans doute d'augmenter les droits de douane par rapport aux pays européens Moi la question que je pose c'est elle est où la réaction de l'Union Européenne ?
Il faut faire la même chose ? Non mais c'est quand même stupéfiant Premièrement M.
Trump commence en disant nous on va prendre le Groenland Je rappelle que le Groenland fait partie du territoire européen On n'a pas eu une réaction de la Commission Européenne Et ensuite en matière de droits de douane évidemment qu'il faut faire la même chose Évidemment Il faut avoir une politique de protectionnisme pour protéger nos industries et qu'elles ne soient pas soumises Aujourd'hui Mais c'est pas d'empourdance Moi vous savez j'étais favorable au protectionnisme depuis des années et des années avant même que Donald Trump arrive au pouvoir aux Etats-Unis parce que tout simplement il faut faire en sorte que les entreprises l'industrie reste en France pas qu'elles soient transférées ailleurs et si vous êtes en train de me dire qu'on a une possibilité puisque vous avez pris le sujet par le problème de la compétitivité de s'aligner sur le coût du travail en Hongrie en Moldavie ou en Chine Bon courage mais vous irez expliquer aux salariés français que le SMIC il va passer à 300 euros par mois et vous savez très bien que vous ne le ferez pas Donc il faut arrêter avec cette logique là La vérité c'est que les travailleurs français ils sont parmi les plus productifs du monde Ils ont un savoir-faire qui est un savoir-faire extraordinaire Ils peuvent être dans des technologies de pointe mais par exemple pour être dans des technologies de pointe il ne faut pas commencer par amputer le budget de la recherche casser la recherche après on ne sera plus sur des technologies de pointe Voilà pour vous prendre des exemples Donc la France elle a des avantages compétitifs mais ces avantages compétitifs ça ne passera pas par la destruction du droit du travail ou par la baisse des salaires pour s'aligner sur les autres pays
Manuel Bompard c'était l'une des images de ces derniers jours Regardez la tombe de Jean-Marie Le Pen qui a été dégradée à coup de masse justement Comment vous réagissez à ces images ?
Évidemment je ne peux pas être d'accord avec l'idée qu'on aille profaner une tombe c'est une évidence et donc ce n'est pas normal de faire ça de la même manière Vous condamnez ça ?
Évidemment mais de la même manière d'ailleurs puisqu'on parle de tombes profanées que j'ai vu ces derniers jours que le monument avec des tombes des soldats attirailleurs sénégalais avait été profané et je trouve bizarre d'ailleurs que ça n'ait pas suscité la même indignation Le président de la République a lui-même réagi Pour ma part en tout cas je suis aussi indigné par cette profanation Pour le reste quand j'entends des dirigeants du Rassemblement National multiplier les prises de parole sur les plateaux de télévision en disant qu'il faut respecter les morts Je me rappelle des propos de Jean-Marie Le Pen quand un jeune colleur d'affiches à Marseille qui s'appelait Ibrahim Ali a été tué par des militants du Rassemblement National et à l'époque Jean-Marie Le Pen avait eu cette formule et il avait dit cette mort nous interroge et nous pose une question c'est pourquoi y a-t-il autant de Comorien à Marseille moi personnellement je ne l'ai pas oublié vous voyez donc le respect pour les morts ça ne peut pas être à géométrie variable
votre condamnation effectivement plusieurs images regardez ou je vais vous demander de choisir regardez est-ce que vous êtes plutôt vous êtes plutôt Richard Ferrand ou Laurent Fabius on le sait Laurent Fabius son mandat s'achève à la tête du Conseil Constitutionnel dans quelques semaines Emmanuel Macron le Président de la République envisagerait c'est d'ailleurs évoqué dans la tribune dimanche ce matin de nommer l'un de ses proches de ses fidèles Richard Ferrand à la tête du Conseil Constitutionnel
Richard Ferrand moi je suis pour la suppression du Conseil Constitutionnel le passage à une 6ème République mais là il va y avoir un choix à faire oui mais je ne vais pas avoir à choisir mais Richard Ferrand ça vous semble
légitime ou pas pour un tel poste
de qui Richard Ferrand bon c'est un proche un très proche du Président de la République Emmanuel Macron donc il a le pouvoir de nomination mais ensuite ça doit passer devant l'Assemblée Nationale on a demandé l'avis des députés
on vous en éteint
on prendra et au moment où l'examen devant l'Assemblée Nationale aura lieu vous verrez ce que l'on votera mais je pense que le Conseil Constitutionnel ne peut pas être l'endroit où on recase ses amis les gens qui finalement pour des raisons en plus pour M. Ferrand c'était pour des raisons d'enquête judiciaire c'est peut-être pas le meilleur endroit pour recycler ses vieux amis
regardez est-ce que vous êtes plutôt Eric Dupond-Moretti ou Jeff Tuch ça fait partie des sorties justement de la semaine et des derniers jours Eric Dupond-Moretti qui a fait son premier spectacle hier soir qui a donné c'était sa première les Tuches ça sort la semaine prochaine ça sera grand public et populaire qu'est-ce que vous allez voir si vous devez aller voir
l'un des deux spectacles je pense que les Tuches c'est plus populaire que Eric Dupond-Moretti bon allez mais après M. Dupond-Moretti je ne l'ai jamais vu en théâtre par contre je l'ai vu à l'Assemblée nationale et là franchement je n'ai pas été convaincu
c'était pas un bon comédien ?
à l'Assemblée c'était peut-être pas un mauvais comédien mais on attendait d'un ministre de la justice qu'il ne soit pas un comédien
Emmanuel Bompard on vous entend tout au long de cette émission on sent que la motion de censure n'est pas certaine de passer et vous demandez toujours la démission du président de la République comment vous pouvez croire une seconde que ça va arriver ?
d'abord je pense que la question qui nous est posée c'est comment on ramène un chemin de stabilité pour le pays
la censure c'est un chemin de stabilité vous pensez ? je pense oui
je pense qu'en fait à s'entêter à mettre en oeuvre des gouvernements qui sont des gouvernements minoritaires mais la démission vous n'y croyez pas ?
si j'y crois évidemment je pense que si le gouvernement de François Bayrou tombe alors je pense que le président de la République va être devant ses propres responsabilités et puisque vous parliez de sondage tout à l'heure j'avais noté que les français sont plutôt d'accord avec moi puisque j'avais noté que 60 ou 65% disaient qu'en cas de chute du gouvernement de François Bayrou le président de la République devrait partir et je pense que c'est comme ça qu'on retrouvera un chemin de stabilité c'est à dire on ira devant les françaises et les français et on leur dira maintenant trancher quel est le choix politique que vous voulez pour le pays c'est comme ça ça fonctionne en démocratie merci beaucoup Emmanuel Bompard d'avoir été notre invité ce matin merci Anne-Saurabre Dubois
merci Ludovic Wiggen
Manuel Bompard