Départements confinés, stratégie vaccinale européenne, élections régionales... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay
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Bienvenue dans le 8.30 France Info du week-end avec Myriam Ancawa, bonjour !
Bonjour Jules, bonjour à tous !
Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invité ce matin, Nicolas Bay, eurodéputé Rassemblement National et candidat aux élections régionales en Normandie, bonjour ! Bonjour ! La gestion de la crise sanitaire en France d'abord, et commençons par les écoles, décision est prise de ne pas les fermer, de les maintenir ouvertes, c'est cher au gouvernement, avec tout de même cette annonce hier, faire un cas positif dans une classe, et la fermeture de cette classe, est-ce que c'est suffisant, Nicolas Bay ?
Non, je ne pense pas que ce soit suffisant, évidemment les écoles sont sans doute un lieu de contamination qui est important, la question n'est pas tant de savoir s'il faut le faire aujourd'hui à l'instant T, ou que la question de savoir si on aurait pu l'éviter, parce qu'en réalité on voit bien, c'est exactement comme le confinement, Emmanuel Macron nous dit qu'on est obligé de confiner, Oui, ben un peu quand même, on peut quand même analyser un certain nombre de décisions, oui, sans doute qu'aujourd'hui on n'a pas tellement le choix, on est obligé, non pas de fermer les écoles, mais lorsqu'il y a des cas avérés, et bien sans doute de fermer des classes, mais la question elle est plus large, c'est de savoir pourquoi on en est arrivé là, on a eu le fiasco sur les masques, on a eu le fiasco sur les tests, on a maintenant ce qui est un véritable fiasco vaccinal, si on était comme le Royaume-Uni, avec 35 millions de personnes déjà vaccinées, ou ayant déjà en tout cas reçu une première dose, on n'aurait pas été obligé de confiner, et Olivier Véran nous disait, souvenez-vous au mois d'octobre, au mois de novembre, nous serons prêts pour le vaccin, ça n'était pas le cas.
Alors vous êtes dans l'opposition, c'est votre rôle, mais si on se situe maintenant au tenté, sur les écoles, qu'est-ce que vous proposez concrètement ?
Sans doute, on est obligé de faire du territorial, c'est ce qu'on a toujours défendu. Emmanuel Macron a privilégié pendant longtemps des dispositions qui étaient faites au niveau national, mises en oeuvre au niveau national, et qui n'étaient pas adaptées au territoire. Nous avons, nous, le Rassemblement National, préconisé une approche territorialisée. Aujourd'hui, elle est prise en compte, elle est prise en compte tardivement, et c'est dommage, et malheureusement, il n'y a pas une politique globale. C'est-à-dire qu'on a finalement une grille de lecture exclusive depuis un an, qui est la saturation hospitalière du nombre de lits en réanimation.
Et on a une politique unique aujourd'hui, qui est d'essayer très laborieusement d'accélérer sur la politique vaccinale, alors qu'on a pris un retard considérable. Il faudrait développer une vraie politique de test, à très grande échelle. Aujourd'hui, ce n'est pas fait à très grande échelle.
Aujourd'hui, on est quand même monté largement en puissance sur les tests.
Un peu, mais encore de manière très insuffisante. Si on avait des tests généralisés, des tests salivaires systématiques, etc., ça permettrait de tester, d'isoler, et d'éviter justement les mesures très restrictives de liberté, avec leurs conséquences économiques, sociales et psychologiques, qui sont absolument dramatiques.
Nouveauté ce matin, c'est aussi la Nièvre, l'Aube et le Rhône, qui s'ajoutent à la liste des 16 départements déjà concernés par des mesures de freinage renforcées. Cette approche territorialisée, qui est donc la bonne, c'est ce que vous nous dites ?
Oui, mais ce sont finalement des décisions qui montent surtout les échecs du gouvernement. Il y aura sans doute d'autres départements dans les jours qui suivent. Et avec, là encore, des conséquences qui seront lourdes sur la vie des Français.
Mais alors, est-ce qu'il ne faut pas reconfimer, Nicolas Baer ?
Non, je pense qu'il faut se donner les moyens d'accélérer, sans doute, sur la politique vaccinale. Et ça nécessite de sortir des ornières idéologiques. Quand je vois Thierry Breton, commissaire européen, qui nous explique qu'ils ne veulent pas acheter, pour des réseaux idéologiques, tout le monde l'a compris, le vaccin russe, alors qu'il est aussi fiable que les autres, et qu'on aurait la possibilité de diversifier nos sources d'approvisionnement, alors même qu'on s'est mis dans le carcan de l'Union Européenne, avec la commande groupée, que cette commande groupée aboutit à des livraisons qui n'arrivent pas en temps et en heure, et qu'on n'est incapable de se faire respecter ?
Justement, la campagne vaccinale et surtout la stratégie en Europe, tout le monde le reconnaît, connaît des ratés, à commencer par le président de la République lui-même, qui l'a dit à la télévision grecque. Écoutez.
On n'a pas pensé que ça irait aussi vite. Là-dessus, on a sans doute, en quelque sorte, moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d'ambition, j'allais dire de folie, oui, de dire c'est possible, et on y va. On est trop rationnel, peut-être.
On est trop rationnel. Au fond, on n'a pas la culture du risque en Europe. Ça, c'est structurel, ce n'est pas conjoncturel. Est-ce qu'il a raison le président de la République ?
Et surtout, on est enfermé dans un carcan. On ne défend pas de nos intérêts. Il y a un certain nombre de pays qui se sont affranchis du carcan européen. La Hongrie qui achète des vaccins en Chine ou en Russie. Le Royaume-Uni qui a quitté l'Union Européenne et qui est le plus avancé de tous les pays du continent européen aujourd'hui. Justement parce qu'il a une capacité à agir de manière autonome. Donc, c'est la prime au Brexit ? Comment vous répondez concrètement à cette question-là ?
Par plus ou par moins d'Europe ?
Non, l'Union Européenne, par mieux, il faudra mieux. L'Union Européenne, aujourd'hui, dans son fonctionnement comme dans ses orientations politiques, est incapable de défendre nos intérêts. Vous savez, on nous a toujours dit l'Union Européenne, c'est l'échelon efficace en cas de crise. On a eu la crise financière en 2008, l'Union Européenne était absente. On a eu la crise migratoire en 2015, l'Union Européenne était absolument incapable de protéger nos frontières extérieures. Aujourd'hui, on a une crise sanitaire. Elle a été défaillante également à tous les étages.
Mais si ce n'est pas l'Union Européenne, ça veut dire que c'est le chacun pour soi, 26 grandes Bretagnes au sein de l'Union Européenne qui jouent leur propre carte. Vous pensez que c'est possible ?
Ça aurait été mieux pour la France ? Mais c'est la réalité du monde, ça. Chaque pays défend ses intérêts. Ce n'est pas la réalité de l'Europe aujourd'hui. Et ça n'empêche pas des coopérations. Et c'est comme ça qu'on est efficace. Israël a vacciné 80% de sa population sans avoir un partenariat particulier avec les pays voisins, ça ne vous a pas échappé. Les Etats-Unis, qu'on a beaucoup décrié, ils en sont à 135 millions de doses qui ont été injectées. La question est très simple. Dans ces cas-là, est-ce qu'il faut sortir de l'Europe ? Non, je ne dis pas ça. Je dis simplement qu'il faut tout changer. Mais aujourd'hui, quel est le problème ?
L'Union Européenne est entre les mains de la Commission Européenne, des commissaires que personne n'a élus, accessoirement que personne ne connaît, et qui sont incapables d'avoir l'agilité nécessaire parce que c'est une bureaucratie très lourde. Or, en cas de crise, ce qui fait la différence, c'est la capacité d'adaptation. Et on a le problème, d'ailleurs, avec notre administration sanitaire.
Notre administration sanitaire, elle est enfermée dans son schéma, elle ne tient pas compte des cliniques privées, elle ne tient pas compte de la médecine libérale, et au bout de plus d'un an de crise, elle commence tout doucement à se dire il faudrait peut-être faire appel à l'armée pour les chaînes logistiques, il faudrait peut-être associer la médecine libérale. Ben oui, il serait le temps d'y penser.
Tout n'est pas complètement catastrophique. L'Europe réagit notamment sur les exportations. Il y a un mécanisme de contrôle des exportations vis-à-vis du Royaume-Uni qui va être mis en place. Il y a un gros bras de fer avec Boris Johnson. On avance quand même, il était temps.
Non mais ça fait trois mois que ça aurait dû être fait. Ça fait trois mois que le Royaume-Uni garde ses doses d'AstraZeneca parce qu'il les produit lui-même et n'honore pas les commandes européennes. Donc ça fait trois mois qu'on se fait piétiner, qu'on est traité comme un paillassant. Et aujourd'hui, au bout de trois mois, on va peut-être réfléchir à mettre en place un mécanisme. Mais c'est déjà fini. On a accumulé un retard considérable. Et lorsque il y aura la reprise économique, parce qu'on peut espérer qu'elle ait lieu,
eh bien ce retard, on le paiera au prix fort. Mais justement, Nicolas Bay, je rebondis sur ce que vous nous dites, vous vantez aussi le mérite de la Grande-Bretagne pour la réussite vaccinale dans ce pays. Mais est-ce que ce ne serait donc pas prendre tous ces pays voisins, les 26 pays de l'Union européenne, pour des paillassions si on appliquait la même politique ?
Non, il ne s'agit pas de ça. Il s'agit simplement de permettre aux États de s'organiser par eux-mêmes avec des coopérations. Vous savez, il y a des pays qui ont participé à la commande groupe européenne, mais ont eu la clairvoyance de commander aussi de leur côté des doses supplémentaires. La France, elle, elle s'est enfermée totalement dans le schéma européen. Bon, on est entre les mains de la Commission européenne, 30 000 fonctionnaires à Bruxelles, dans leur bureau, qui ne tiennent pas compte de la réalité du terrain dans les différents pays. Voilà, ce schéma est inefficace. Et c'est l'échec d'Emmanuel Macron. Il n'a pas été capable au Conseil européen de défendre nos intérêts.
Les commandes de vaccins, justement, au sein de l'Union européenne, on va en reparler dans un instant. Juste le temps d'écouter Diane Ferchit, Le Fil Info, à 8h41.
Des contrôles pour limiter les déplacements interrégionaux tout ce week-end dans les gares, les aéroports et au péage. 90 000 gendarmes et policiers déployés au total. Ils veilleront aussi au respect du couvre-fait à 19h et au nombre de personnes rassemblées en extérieur. Pas plus de 6 mesures valables dans l'ensemble de la France. La campagne de vaccination est sur France Info. Le président de Doctolib fait état d'une accélération forte depuis les trois dernières semaines. 85% de rendez-vous pris en plus cette semaine, même s'il est par endroits toujours très difficile de trouver un créneau.
A partir d'aujourd'hui, les personnes âgées de 70 à 74 ans sont dorénavant éligibles à la vaccination. Les classes fermées risquent de se multiplier à partir de lundi dans les 19 départements confinés. Une classe sera désormais fermée dès le premier cas de Covid. Le nombre d'élèves contaminés a augmenté de 40% cette semaine. Et pour garder leurs enfants, les parents pourront demander à bénéficier d'un arrêt de travail. L'État français a des responsabilités lourdes et accablantes mais n'est pas complice de génocide au Rwanda entre 1990 et 1994.
Conclusion de la commission du clair qui se montre en revanche sans concession envers François Mitterrand lui attribuant un rôle central accablant par son obstination. C'est dur à encaisser, reconnaît sur France Info. Le sélectionneur du 15 de France, Fabien Galtier, les Bleus, termine à la deuxième place du tournoi des 6 nations après leur défaite face à l'Ecosse hier soir au Stade de France, 27 à 23. France Info.
Nicolas Bay, député européen du Rassemblement National, candidat aux élections régionales en Normandie et l'invité de France Info ce matin. Vous nous avez parlé, Nicolas Bay, du vaccin russe notamment, de toutes les possibilités à étudier pour augmenter le nombre de doses disponibles et dans quelque sorte, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères qui snobrait un peu ce vaccin. Il a rappelé sa position en tout cas clairement hier sur France Info à votre place. On l'écoute. Spoutnik, on a dit aux autorités russes,
venez le tester. ils ne viennent que de déposer la demande de test là, il y a quelques jours. Il est distribué
dans une vingtaine de pays, Spoutnik V.
Oui, mais je vais vous donner des exemples par rapport à cet outil de propagande. Puisque, à mon avis, la manière dont c'est géré, c'est plus un moyen de propagande et de diplomatie agressive, d'une certaine manière, qu'un moyen de solidarité
et d'aide sanitaire. Le vaccin russe, c'est d'abord un outil de propagande ou une réponse sanitaire à la crise ?
Mais il y a dans les propos de Jean-Yves Le Daillon pas l'ombre d'un début d'argumentation. Et je trouve ça assez effrayant. Attendez,
il y a des arguments. Le premier argument, c'est de dire...
Les Russes n'ont même pas
commencé à demander... Ils l'ont fait là maintenant. Ils auraient pu le faire les en avant.
Mais vous savez pourquoi ? Parce qu'ils produisent d'abord leur dose pour la population russe. Voilà, ce qui est assez logique.
Les Russes ne sont pas vaccinés en masse.
Non, mais justement... Regardez les chiffres. C'est forcément long, bien sûr.
Mais ils préfèrent justement faire une sorte de diplomatie. Ils l'expliquent bien dans d'autres pays avant même leur propre population. Mais je vais vous dire,
le problème, ce n'est pas que les Russes essayent d'utiliser, de tirer un avantage, d'avoir généré leur propre vaccin. C'est qu'on soit incapable, nous. Sanofi et Pasteur... Mais il n'y a pas de politique d'influence. Mais bien sûr que si. Il y a une politique d'influence quand même de Vladimir Poutine des rapports de force mondiaux, tous les pays qui ont... Regardez ce qui se passe avec le Royaume-Uni et AstraZeneca. Tous les pays qui ont la capacité à la fois à trouver un vaccin, ça c'est le domaine de la recherche, puis à produire un vaccin, ça c'est l'aspect industriel, ils essayent évidemment sur la scène mondiale dans un contexte de tension d'en tirer profit.
Les Russes, exactement comme les autres. La question n'est pas là. On fait la guerre, une guerre froide, une guerre économique, notamment à la Russie depuis des années, depuis 7 ans. Ils sont sous sanctions européennes. Au début de la crise, parce qu'on n'a pas de masque, on est obligé de demander à des avions gros porteurs russes de faire le pont aérien entre la Chine et la France pour nous approvisionner en masque. Quelle humiliation !
Et aujourd'hui, on est incapable de produire notre propre vaccin, on est incapable de faire honorer les engagements d'AstraZeneca à l'égard de l'Europe notamment, et du coup, on est en situation de dépendance, et évidemment, un pays comme la Russie qui produit son propre vaccin tire profit sur la scène mondiale.
Nicolas, on en vient à la réponse à la crise économique maintenant.
Alors, il y a Bercy en ce moment qui cherche le meilleur moyen de débloquer les 200 milliards d'euros qu'ont épargnés les Français pour relancer l'économie. Il y a une piste qui est à l'étude, c'est faciliter les donations en argent au sein d'une même famille. Exemple, des grands-parents qui donneraient 2000 euros, c'est jusqu'à 10 000 euros à un de leurs petits-enfants, ça ne serait pas imposé. C'est une bonne idée ?
Oui, mais d'ailleurs, aujourd'hui, on a des dispositifs fiscaux, aujourd'hui, extrêmement lourds qui limitent considérablement les possibilités de transmission de patrimoine d'une génération à l'autre. Donc, les assouplir, c'est très bien, beaucoup de pays l'ont déjà fait bien avant nous et il n'y avait pas besoin de la crise sanitaire pour le faire. Mais je pense que ça ne règlera...
C'est une bonne idée parce qu'il y a beaucoup
de politiques dans l'opposition qui considèrent
que c'est un peu inégalitaire.
Mais on voit bien, la démarche de l'État est toujours la même. Sur les livrets d'assurance-vie, sur les livrets A, etc., l'épargne des Français, ça représente peu ou prou 2500 milliards d'euros et puis on dit que la dette publique, c'est à peu près autant. Donc, on voit bien l'idée qu'un gouvernement... C'est-à-dire que le gouvernement a été irresponsable pendant des années et même des décennies en accumulant une dette publique considérable et voudrait faire payer aux Français qui, eux, ont fait preuve de prudence en épargnant. Non, mais sur l'économie, moi, je pense qu'il faut libérer et protéger. Ce sont les deux moyens efficaces. Il ne faut pas augmenter les impôts.
On est déjà à un niveau de 47% de prélèvement obligatoire. On est un des pays les plus fiscalisés de l'OCDE. Donc, il faut évidemment baisser la fiscalité, baisser les normes, les contraintes qui pèsent sur nos entreprises, pas seulement d'ailleurs la fiscalité et puis aussi être capable de se protéger. Si on veut réindustrialiser, créer de la croissance et de l'emploi, il faut protéger l'économie. Parce que là,
il y a vraiment un vivier d'argent. 200 milliards d'euros, c'est colossal. Et pour l'instant, les Français ont plutôt peur et par précaution ne dépensent pas. Pour relancer l'économie, Marine Le Pen, elle a une proposition. C'est un grand emprunt national avec un taux d'intérêt à 2% pour que justement les Français investissent, placent leur argent. C'est 4 fois plus que le livret A. Mais ce qui étonne, c'est qu'au fond, l'État viendrait emprunter auprès des Français à des taux bien supérieurs que ceux du marché. Est-ce que c'est de la rationalité économique ?
Oui, pourquoi ? Parce que ça permettrait que la dette publique française soit détenue par les Français. Alors qu'aujourd'hui, l'une de nos fragilités par rapport à d'autres pays, il y a des pays qui ont une dette plus élevée encore que la nôtre, je pense à l'Italie, mais ils ont l'avantage qu'elle soit largement détenue par les Italiens. Donc on emprunte l'argent des Français pour rembourser directement la dette,
pas pour investir dans des secteurs d'avenir ?
Si, bien sûr. On peut faire de l'investissement parce que ce que propose Marine Le Pen, c'est une dette à très long terme. Donc ça permettrait en effet d'investir massivement et qu'elle soit remboursée ensuite beaucoup plus tard. Mais on voit bien que le gouvernement n'a comme seule approche que la relance de la consommation. Il faut avoir une vision d'ensemble, c'est-à-dire qu'il faut créer la croissance et l'emploi, réindustrialiser la France, mettre en place quand c'est nécessaire.
Ça va contre la logique du libre-échange mondialisé, mais mettre en place les protections douanières quand c'est nécessaire pour qu'on soit capable de produire sans avoir une concurrence déloyale, de produire un certain nombre de choses chez nous. Parce qu'aujourd'hui, c'est ça notre fragilité. Notre industrie a été totalement disloquée, notre agriculture même aujourd'hui est menacée par cette logique du libre-échange mondial.
Il y a la relance de l'économie, le financement de la dette, dette abyssale, 115% du PIB. C'est un niveau jamais vu depuis 1949. C'est ce que notre l'INSEE cette semaine. Marine Le Pen promet qu'elle va rembourser, contribuer à rembourser la dette si elle est élue. Comment faire ? Sans augmenter les impôts ?
Le seul moyen, enfin il y en a deux, pardon, c'est d'être capable de faire la chasse aux mauvaises dépenses publiques parce qu'il y en a quand même. Il y a des gisements d'économie et par ailleurs, rembourser par la croissance et par l'emploi. C'est-à-dire changer de modèle économique. Je vous rappelle quand même que la dette avait déjà franchi les 100% du PIB avant la crise sanitaire. Donc évidemment, on était déjà très fragilisés avant, donc on l'est encore plus après. Les mauvaises dépenses, les mauvaises dépenses, à l'heure où les Français sont menacés de perdre leur emploi,
c'est quoi les mauvaises dépenses ?
Il y en a beaucoup. Par exemple, la fraude sociale, ça représente 50 milliards d'euros. selon Charles Pratt, son ancien magistrat qui a fait une étude très poussée. Par exemple, la fraude sur les caisses de retraite, la fraude sur les sciences maladies. À l'heure où les Français ont besoin justement de protection sociale ? Non, mais il y a des fraudes. Je parle de fraude. La fraude fiscale, le poids de l'immigration dont tout le monde sait qu'il est exorbitant et que le coût direct et indirect ça représente des dizaines de milliards d'euros.
Et sur certaines dépenses publiques que vous voulez réduire, on n'augmente pas les impôts. En même temps, vous ramenez la retraite à 60 ans ce qui va évidemment encore creuser le déficit.
Non, pas tout à fait. En réalité, on souhaite avoir la retraite à 40 annuités ce qui compte tenu de l'âge moyen d'entrée sur le marché du travail aujourd'hui est à peu près à 24 ans. Donc la retraite pleine à 40 annuités, en pratique, c'est la retraite à 64 ans. Et il y a, c'est vrai, des catégories qui commencent à travailler plus jeunes mais ça correspond souvent à des métiers plus éprouvants et plus pénibles et à ce moment-là, on peut admettre qu'ils peinent leur retraite un peu plus tôt. Mais honnêtement... Tout ça en pariant sur le retour de la croissance
qui pour l'instant n'est pas risqué.
Créer les conditions, changer de modèle économique, sortir de la logique du libre-échange total, être capable à la fois de baisser la fiscalité et de baisser les contraintes. Aujourd'hui, on veut accumuler des contraintes supplémentaires sur nos entreprises. C'est des coûts supplémentaires. Quand on dit les contraintes environnementales, on va faire des normes plus exigeantes mais on sera imité nulle part sur la planète et par contre, on va obéir encore à la compétitivité de nos entreprises.
Nicolas, vous êtes candidat aux élections régionales en Normandie. On va bien sûr parler de ces élections régionales juste après le Filinfo à 9h moins 10 avec Diane Ferschit.
Pour le secrétaire général de l'Association des maires de France, les écoles vont se fermer d'elles-mêmes peu à peu sur France Info. Philippe Laurent craint qu'il y ait à un moment plus assez de personnel pour s'occuper des enfants. Après les annonces du ministre de l'Éducation nationale, désormais, une classe sera fermée dès le premier cas de Covid. Mesures qui concernent les 19 départements soumis à des restrictions renforcées et une course contre la montre est engagée selon Matignon face à l'épidémie et la prédominance du variant anglais. Le nombre de patients Covid en réanimation approche le pic de l'automne dernier.
4 766 personnes recensées hier pour faire appliquer les mesures de restriction. 90 000 policiers et gendarmes sont déployés tous ce week-end dans les gares, les aéroports et au péage, notamment à la sortie de l'Île-de-France. Objectif, empêcher l'expansion du virus vers d'autres territoires. Déjà à 5 jours que le canal de Suède est obstrué par un porte-conteneur, son propriétaire dit avoir bon espoir qu'il puisse être débloqué. Dès ce soir, il assure que le navire ne souffre d'aucune avarie et qu'il pourra repartir dès la fin du sauvetage. Et puis n'oubliez pas, le passage à l'heure d'été ce sera la nuit prochaine. A 2h, il sera 3h. Il vous faudra donc avancer vos montres d'une heure.
France Info.
Nicolas, je vous voyais un peu secouer la tête à ce que nous disait Diane Fersit sur les contrôles renforcés en ce moment, les groupes de 6 personnes, les contrôles dans les gares, sur les péages, sur les déplacements des Français aujourd'hui pour bien veiller à ce qu'ils respectent les consignes sanitaires. Ça ne vous plaît pas ?
Gérald Darmanin nous annonce en fanfaronnant comme souvent 90 000 policiers pour contrôler les péages, c'est-à-dire pour traquer les familles qui vont faire quelques dizaines de kilomètres de trop pour aller s'aérer. C'est absolument insupportable. Ce que les Français attendent, c'est 90 000 policiers dans nos cités qui contrôlent les péages de la drogue, qui contrôlent des quartiers qui sont entre les mains des trafiquants et des islamistes. Ce n'est pas 90 000 policiers pour aller pour chasser les Français qui auraient le malheur de vouloir promener un peu la famille dans la verdure.
C'est tout ça et montre quand même un gouvernement profondément déconnecté des réalités et qui en toutes circonstances finalement fait preuve et est faible avec l'effort et fort avec les faibles. C'est preuve d'une extrême sévérité à l'égard des Français qui ont fait des sacrifices considérables, qui continuent de faire des efforts énormes mais par contre qui laissent les délinquants, les criminels prospérer dans notre pays.
Vous êtes candidat au régional en Normandie. Ces élections doivent avoir lieu les 13 et 21 juin prochains. Le Conseil scientifique doit remettre demain ses préconisations. Faut-il maintenir ces élections ?
Oui, je crois qu'il faut maintenir ces élections. En réalité, Emmanuel Macron avait initié l'idée bien avant la crise sanitaire de les reporter après 2022 parce qu'il sait qu'elles vont être mauvaises pour son camp politique. Mais on ne peut pas confiner la démocratie comme ça. Il avait même essayé d'acheter en quelque sorte les présidents de régions sortant en leur proposant des dotations publiques supplémentaires, des nouvelles compétences pour les régions pour justifier ce report. Sauf qu'aujourd'hui,
l'épidémie flambe. 71% des Français, c'est un sondage Odoxa, réclame un report. Ce sont les Français ?
Oui, mais ce sondage, il montre une chose qui est assez évidente, c'est que ces élections régionales et départementales ne sont pas du tout dans la tête des Français et on peut parfaitement le comprendre. On a des restrictions de liberté absolument majeures, on a une situation économique dramatique, on a l'épidémie qui continue en effet de prospérer. Bon, évidemment, les Français n'ont pas la tête dans les régionales et départementales. Mais moi, ce que je dis à nos compatriotes, c'est que c'est le moment, l'occasion pour eux de s'exprimer par les urnes et c'est la dernière occasion qu'ils ont avant 2022.
Il y a beaucoup de pays partout en Europe et même dans le monde qui ont organisé des élections, y compris des élections présidentielles et législatives qui nécessitent des campagnes longues, etc. dans ce contexte de la crise sanitaire. C'est ce qu'il y a par exemple
des Etats-Unis. On maintient ce scrutin même si demain le Conseil scientifique
préconise de le repousser. Si on n'est pas capable en France d'organiser ces élections régionales et départementales qui sont des élections locales alors que tous les pays du monde sont capables de le faire, ce serait une nouvelle démonstration du déclassement de la France. Le problème, ce n'est peut-être pas
le scrutin lui-même mais la campagne, les bains de fou, le serrage de main, la difficulté d'être sur le terrain.
Moi, j'ai annoncé ma candidature aux élections régionales en Normandie. On va mener campagne de manière un peu différente. On ne va pas faire des grandes réunions publiques. Bien sûr, ça n'empêche pas de parler à nos compatriotes, d'utiliser aussi les moyens numériques pour faire campagne et montrer l'enjeu de ces élections. C'est un enjeu important.
Et après les régionales vient la présidentielle dans un peu plus d'un an avec un nouveau candidat déclaré, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, annonce qu'il a fait au point cette semaine.
Je serai candidat à l'élection présidentielle de 2022. Je le fais par devoir parce que j'estime qu'au moment où nous sommes, le choix, ce sera entre le déclin et le redressement de mon pays. Je veux conduire le redressement de mon pays et je veux réconcilier les Français.
Xavier Bertrand, qui avait battu Marine Le Pen en 2015 pour les élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais. C'est un adversaire de taille redoutable pour vous ? Avec le soutien et le retrait de toute la gauche et de l'extrême-gauche. Il peut se passer beaucoup de scénarios encore pour la présidentielle.
Moi, je vois surtout une grande fébrilité chez M. Bertrand parce qu'il nous avait dit si je gagne les élections régionales, je me lancerai dans la campagne présidentielle. Nous sommes aujourd'hui à trois mois des élections régionales. Il n'est pas du tout sûr d'être élu. Moi, j'espère que Sébastien Chenu l'emportera face à Xavier Bertrand explique qu'il va être candidat aux élections présidentielles. Et d'ailleurs, on voit qu'il y a là une démarche extrêmement personnelle, un agenda personnel, un plan de carrière, beaucoup plus qu'un projet pour la France. Parce que la vraie question, ce n'est pas de savoir si M.
Bertrand, comme un certain nombre d'autres dans son camp, rêve d'être candidat et rêve de l'Elysée en se rasant le matin. La question, c'est de savoir quel est son projet et quelle est la différence entre Xavier Bertrand et Emmanuel Macron. Une république des territoires,
dit-il, au-dessus des partis.
Oui, mais tout ça, ce sont des mots. Moi, je pense que pour l'immense majorité de nos compatriotes, il n'y a aucune vraie différence fondamentale d'orientation politique. Sur la question régalienne,
il y a une petite différence quand même quand on écoute les propositions de Xavier Bertrand.
On peine à l'avoir. Il a l'air d'être
un meilleur rempart contre le Rassemblement National dans des sondages de deuxième tour. Il est donné à 57%. Même pas peur ?
Non, même pas peur. Il est un rempart contre rien du tout. Je pense qu'il incarne, y compris par les responsabilités ministérielles qu'il a occupées dans le passé, une ligne politique qui, peu ou prou, est celle d'Emmanuel Macron. Il ne veut pas protéger l'économie française. Il ne veut pas lutter contre l'immigration. Il a toujours fait preuve d'une certaine faiblesse et d'un certain laxisme à l'égard de l'islamisme. Donc finalement, on ne voit pas bien ce qu'il apporterait dans cette campagne.
On évoque deux questions pour terminer. Vous évoquiez les Hauts-de-France à l'instant. Dans la Somme, on l'a appris via nos confrères de l'Opinion, Damien Rieux est candidat au départemental. C'est un activiste d'extrême droite, cofondateur de Génération Identitaire, l'association qui a été dissoute par Gérald Darmanin il y a quelques semaines. Est-ce que vous assumez ce candidat ?
Cette dissolution est absolument inacceptable. Est-ce que vous assumez ce candidat-là qui occupait les mosquées de la liberté d'opinion ? À Poitiers en 2012,
qui a monté les opérations de Génération Identitaire au code de l'échelle.
Il a été poursuivi par la justice et il a été relaxé. Donc il faudrait que Gérald Darmanin reconnaisse et respecte les décisions de justice.
Les degrés de proximité des politiques avec les musulmans.
D'accord. Il a le droit de combattre l'islamisme. Il a le droit de combattre l'immigration. Il a le droit de dire que la jeunesse de France doit se mobiliser contre la menace islamiste. Alors pourquoi vous n'êtes pas allé
manifester pour soutenir Génération Identitaire ?
Mais moi j'ai dit et y compris d'ailleurs je crois sur votre plateau que cette dissolution de Génération Identitaire est absolument scandaleuse. Et quand on voit d'ailleurs la mensuétude incroyable dont l'UNEF bénéficie, l'UNEF est une organisation d'extrême-gauche qui organise des réunions qui sont interdites aux Blancs, eh bien on se demande quand même quelles sont les priorités du gouvernement.
Merci beaucoup Nicolas Bey, député européen du Rassemblement National et candidat aux élections régionales en Normandie. Demain on va recevoir à votre place Karima Dely à la même heure candidate dans les Hauts-de-France. Sous-titrage ST' 501
Nicolas Bay