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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 5 juin 2017 8 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & famille

Alexandre Malafaye : "l'hyperconcentration du pouvoir avec Macron ne pourra pas durer"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    On reçoit Alexandre Malafaye. Bonjour.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a déjà vu un tel renouvellement aussi rapide en politique française ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    En quoi consiste cette révolution précisément ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi dites-vous que c'est une révolution technologique ou une ubérisation de la politique ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Si ce qui se dessine arrive, qu'est-ce que ça change pour la nouvelle Assemblée ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette gouvernance change aussi la pratique démocratique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Alexandre MalafayeFait
    « On est dans un phénomène qu'on pourrait comparer à la révolution des smartphones lorsqu'ils sont arrivés. »
  • 4:30Alexandre MalafayeChiffre
    « Le code du travail, c'est 4500 pages. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On reçoit maintenant notre invité Alexandre Malafaille. Bonjour. Bonjour.

Fondateur du singopia. Et on parle du renouveau de la vie politique. Bah on y est parce que sil y a il y a 200 députés qui ne vont pas se représenter donc ils seront forcément nouveaux.

Et parmi tous les autres, il y en aura beaucoup de nouveaux notamment ceux d'En Marche qui vont sans doute battre beaucoup de sortants. Est-ce qu'on a déjà vu ça dans la vie politique française ? Un tel renouvellement aussi rapide ?

Ah bah on est dans un phénomène qu'on pourrait comparer à la révolution des smartphones lorsqu'ils sont arrivés. C'estàd qu'il y a une rupture absolument invrais qui s'opère et les concurrents sont chaos et ils mettent un certain temps à se refaire. On est exactement dans la même analogie, c'estàd que personne a vu venir Emmanuel Macron avec sa formation politique.

Rappelez-vous, il y a un an, tout le monde euh tout le monde riait. Même à l'automne, tout le monde continuait à prendre ça très avec beaucoup de légèreté et puis finalement le phénomène s'est installé. Mais il s'est installé pourquoi ?

Sans refaire trop d'histoire. C'est parce qu'il y a une attente évidemment profonde de renouveau et puis il y a un rejet de la classe politique, la façon de faire la politique telle qu'elle a été pratiquée. Voilà.

Donc ce renouveau, il a l'air de se confirmer. Il faudra quand même attendre dimanche soir et puis le 18 juin quand même voir vraiment les résultats circonscription, pardon, par circonscription. Mais oui, vous avez une révolution qui est euh qui est à l'œuvre et qui est en train de transformer profondément en tout cas la vie politique telle qu'on la voit maintenant.

Vous dites révolution plus que renouvellement finalement. En quoi ça consiste cette révolution précisément Bah c'est-à-dire que ça consiste déjà à avoir complètement ringardisé les formations politiques traditionnelles, à avoir mis quand même à la retraite beaucoup de monde. Alors il y a plus un point d'appui qui est celui qui avait été initié par François Hand en 2012 avec cette cette réforme sur le non cumul des mandats.

Donc vous avez quand même toute une place toute une série de places à prendre avec des des des élus locaux qui avaient quand même un implantation. Donc là vous avez ce phénomène là mais surtout parce que voilà ce qui est arrivé avec Emmanuel Macron peut très bien se reproduire demain. Demain rien n'empêchera un nouvel entrant qui s'appuie sur les nouvelles technologies avec une bonne tête on parlait des smartphones tout à l'heure donc c'est une révolution.

Pourquoi vous dites c'est une révolution technologique aussi enfin qui s'appuie là-dessus ou c'est une révolution c'est une ubérisation de la politique ? On pourrait pratiquement dire qu'en fait la classe politique actuelle s'est fait ubérisé. En tout cas d'abord parce qu'ils n'ont ils n'ont pas du tout pris en compte la nature des changements qui étaient à l'œuvre.

Ils auraient pu regarder ce qui se passait aux États-Unis, mais il fallait trouver simplement celui qui allait faire. Mais Emmanuel Macron a gagné cette élection sans parti politique avec quoi ? Avec la technologie et avec de l'argent.

Et ça ça donne quoi dans le temps ? Alors dans le temps, ça veut dire que bah les partis vont devoir se réinventer. Ils pourront plus faire ce per plus aucun parti ne pourra fonctionner à l'ancienne.

Voilà, il va falloir trouver le moyen de faire de la politique de manière plus moderne, sans doute plus en phase avec les avec les gens. Ça va remettre en cause certainement l'idée des primaires, comment est-ce qu'on peut faire des primaires dans un contexte comme ça. Et puis je vous dis, il peut y avoir demain n'importe quel nouvel entrant qui trouve grâce à la technologie, grâce à internet et grâce à des moyens qui trouvent l'opportunité de naître très rapidement.

Ce type de fulgurance qu'on a avec Emmanuel Macron peut très bien survenir demain, y compris pour Emmanuel Macron si demain il était pas à la hauteur des enjeux. Encore plus vite que lui peut-être. Alors pourquoi pas ?

Tout est possible sur un temps un peu plus court he pour la pour la prochaine législative. Si ce qui se dessine arrive véritablement, qu'est-ce que ça peut changer dans la manière que va avoir de fonctionner la nouvelle assemblée ? On aura beaucoup de candidats qui vont qui vont directement découler de de du président de la République et qui devront leur élection à ce nouveau président.

Ce qui va être très très intéressant à observer dans les semaines qui viennent, c'est le la manière dont les pouvoirs vont s'organiser et et se compléter ou ou se confronter. Euh je sais pas encore comment cette assemblée va se va va fonctionner. les parlementaires jeunes expérimentés pour une bonne partie d'entre eux inexpérimentés pardon pour une bonne partie d'entre eux comment est-ce qu'ils vont se situer ?

Est-ce qu'ils vont être de la logique du suivisme ou est-ce qu'ils vont prendre la pleine mesure de leur rôle en tant que député ? député, il est pas là. Enfin, en théorie enfin à partir du moment où il dépend entièrement de d' marche.

Oui. Oui. Non, mais ça ça veut dire qu'on revient alors là pour le coup, c'est une révolution sur sur la forme, mais on va revenir juste qu'après sur une pratique qui est celle de l'ancienne, c'est-à-dire aucune capacité de se mettre en travers ou de de jouer son rôle à la fois de dire on s'autonomise sur la fabrication de la loi et puis après on contrôle le travail du gouvernement.

C'est comme ce qu'on attend du parlement. et des intellectuels comme Chantal Mou par exemple qui parlent de post-démocratie. C'est-à-dire que finalement il y a plus ni droite ni gauche, il y a une ligne politique définie par une personne avec un parlement qui qui obtempère, on va dire.

Est-ce que vous avez le 100 présent qu'il y a aussi quelque chose qui change au niveau de la pratique démocratique ? Pas forcément dans le sens où on l'attendrait, c'est-à-dire plutôt dans le sens d'une recentralisation. Oui, mais ça ça peut durer un temps.

Je vois pas comment vous allez avoir sur toute une série de sujets des projets de société, des visions de société qui vont se qui vont très vite se cristallisé. Typiquement sur la problématique qui était évoquée tout à l'heure sur le la question du droit du travail. Euh ça va très très vite se mettre en place.

Il y a quand même un nombre de forces qui vont pas accepter qu'on change complètement la donne. Alors cela dit, le phénomène très intéressant sur lequel de fond sur lequel s'appuie à mon avis Emmanuel Macron et c'est pour ça que la société peut changer jusqu'où on verra mais elle peut changer c'est que cette idée de dire il faut faire confiance aux acteurs, il faut faire confiance en fait aux parties prenantes, il faut faire confiance au terrain, c'est une nécessité en tout cas c'est vécu comme tel par beaucoup de gens dans le domaine de l'éducation. Monsieur Blanquer l'a bien compris.

On voit bien que visiblement sur le fait de faire ses devoirs à l'école, le fait de pouvoir redoubler, tout ça est en train de s'organiser dire on laisse faire, on laisse faire les acteurs. Ouais, on laisse faire les acteurs. Mais il y a quand même un seul chef dans tout ça.

Alors voilà, c'est c'est tout le paradoxe. C'estàd que le le problématique c'est l'équilibre des pouvoirs entre d'un côté ce qui est en train de se construire avec Emmanuel Macron qui concentre beaucoup de choses, que concentre beaucoup de leviers de pouvoir, son équipe extrêmement rapprochée, toute une bande de jeunes Zénars qui sont là avec des formattages bien particuliers, des conseillers communsée et Matignon qui mettent quand même un tout petit peu en question le fonctionnement de la 5e République. D'un côté, on veut envoyer quelque part une dynamique vers le terrain et de l'autre côté, vous avez cette hyperconcentration du pouvoir et d'un d'un niveau d'interventionnisme qui a l'air supérieur à celui qu' avait Nicolas Sarkozi quand il était aux affaires, c'est-à-dire d'interventionnisme, c'està-dire directement auprès des ministres, auprès des équipes des ministres pour voilà que la feuille de route soit respectée à la virgule près quoi. tout étant contrôlé.

Alors, on verra dans la dans la vraie vie he encore après le 19 juin pour l'instant c'est encore je dirais si je puis dire le folklore politique des élections mais le 19 juin voilà cette dynamique là d'hypercôle si elle se traduit elle va poser quand même de vraies questions de fond sur la gouvernance un risque de de caporalisation de l'Assemblée nationale avec un un exercice vertical ou jupitérien du pouvoir comme Oui. une manière de de fonctionner où personne ne va oser se mettre en travers et donc vous allez avoir alors si tout fonctionne bien, si l'intelligence supérieure d'Emmanuel Macron est capable de de faire face à l'extrême complexité du système parce que il faut bien partir d'une chose et que voilà on l'a déjà dit mais gagner une élection c'est une chose, gouverner c'est autre chose. On est dans des phénomènes d'une immense complexité.

Je vais donner juste un chiffre qui peut être éclairant. Quand Donald Trump arrive à l'OTAN pour le sommet de l'OTAN, il arrive avec 1000 personnes. La délégation américaine, c'est 1000 personnes qui viennent avec lui.

Alors dedans, il y a les services de sécurité, il y a les gens qui lui amènent ses bouteilles d'eau parce qu'il boit pas l'eau du robinet. Mais il n'empêche que quand même ça donne la la mesure de derrière des enjeux des administrations, des systèmes qui sont donc la la l'administration française c'est pareil, les les enjeux politiques sont d'une complexité incroyable. Question qui touche le code du travail, le code du travail c'est 4500 pages.

Donc on rentre pas dedans comme ça en disant voilà on va simplifier, c'est c'est compliqué. Voilà. Donc cette hyper complexité là, elle suppose de s'appuyer sur des équipes avec qui on travaille, à qui on fait confiance, à qui on laisse une marge d'action.

L'Élysée peut pas tout contrôler. Enfin ça a déjà on a déjà vu les limites de ce type de système, de ce type de dérive. Et puis c'est plus qu'attendre les gens.

Les gens au contraire, ils attendent le renouveau mais le renouveau c'est pas simplement par la l'hyperconcentration qu'on ait besoin de cette hyperconcentration peut-être pendant un temps court pour faire passer les quatre cinq grandes réformes dont le pays a besoin. Mais après, il faut s'appuyer sur le pays, sur ces forces vives dont on parle souvent, sur cet appel du terrain qui est dire laissez-nous faire, laissez-nous créer de la richesse, laissez-nous embaucher, laissez-nous nous organiser. Après, bien sûr qu'il faut réguler he l'État, de toute façon en France, on a on est dans une triplique he le citoyen, l'État et voilà.

Donc on va pas tout d'un coup faire sortir l'état du jeu, mais c'est cette place de l'État qu'il faut revoir. Est-ce que la gouvernance Macron c'est aussi un effet psychologique finalement ? Ah bah c'est ce qui se traduit avec le vote des français de l'étranger.

C'est que là pour le coup vous avez de toute façon cette incarnation du renouveau qui est là et pour l'instant même quand il trébuche, même quand il parle des coissa quissa, même quand monsieur Ferrand est là pour l'instant on a rien apprise sur cette espèce de dynamique de parce qu'il une attente forte et parce qu'il y a personne en face. Pour l'instant c'est quand même le chaos debout pour tous les opposants y compris ceux qui sont dit les contestataires qui n'arrivent pas à se situer dans cette période. Et vous craignez le point de enfin vous craignez vous prévoyez un un point de basculement ou de retournement de tout cela ?

Non je ne prévois pas d'abord je ne prévois pas je l'espère pas. Moi, je fais partie de ceux qui disent "Si fonctionne, tant mieux. Notre pays peut s' peut s'emporter.

Il y a besoin de faire un sombre de réformes. Il faut les bon équilibre mais il y a besoin de faire ses réformes." Voilà, si ça fonctionne, tant mieux.

Je suis juste inquiet sur finalement l'hypergouvernance qui est en train de se mettre en place et les risques d'une dérive autoritaire j'enseyen mais en tout cas globalement comme on est face à quelqu'un de très intelligent très difficile à contrer qui exerce un phénomène de voilà de de de de fascination sur son entourage qui n'y ait pas tout d'un coup cette espèce de dérive où tout le monde suit sans se poser trop de questions. Alexandre Malafé merci beaucoup d'avoir posé précisément ces questions et d'avoir été notre invité.