Nicolas Dupont-Aignan dans BFM Politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 50 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Cette résurgence de l'antisémitisme, quelles en sont les causes selon vous et comment faut-il la combattre ?
- 2:04RelanceÉludée
Ce climat, comment l'expliquez ? Et est-ce que les adversaires de Donald Trump ont raison de dénoncer une attitude du président américain qui incite à la haine ?
- 3:18OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'elles vont dans le bon sens, ces mesures contre la violence à l'école ?
- 9:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez cette réaction de l'eurodéputé italien ? Est-ce que vous auriez pu faire la même chose ?
- 14:16OuverteRéponse directe
Quelle est votre marge de manœuvre par rapport à Marine Le Pen ?
- 24:10FerméeRéponse directe
Vous soutenez l'appel à bloquer les routes le 17 novembre ? Le gouvernement doit annuler ces hausses de taxes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:39Invité politiquePromesse
« Ordonnance de 45, abaisser la majorité pénale à 16 ans. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Atteinte à des forces de police, 12 mois avec sursis. »
- 8:03Invité politiquePromesse
« J'avais proposé pendant la présidentielle 40 000 places de prison. »
- 25:20Invité politiquePromesse
« Je baissais la taxe sur l'essence de 13 centimes pour mettre l'essence au niveau du diesel. »
- 29:11Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron nous a dit oui, je baisse les taxes sur les plus riches, 5 milliards, 5 milliards, c'est énorme, sur les très très riches. »
- 30:40Invité politiqueChiffre
« il a supprimé 120 000 emplois aidés d'insertion »
- 32:38Invité politiqueChiffre
« arrêter de donner 9 milliards à l'Union européenne »
- 35:20Invité politiqueFait
« le président de la République dit que les dirigeants hongrois et polonais sont fous »
- 35:44Invité politiqueFait
« la soumission française aboutissait à une situation dangereuse du 4e Reich »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan69 %
- Présentateur13 %
- ?8 %
- Invité5 %
- Invité 24 %
≈ 41,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bienvenue
à vous si vous nous rejoignez, c'est BFM Politique, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne et notre invité en direct jusqu'à 13h. Et puis comme chaque semaine, vous n'oubliez pas le hashtag BFM Politique pour vos questions à notre invité. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Thierry Arnaud. Les Etats-Unis ont vécu hier l'une des pires attaques antisémites de leur histoire, la pire même selon certains. 11 victimes, plusieurs blessés à cette synagogue arbre de vie de Pittsburgh. Cette résurgence de l'antisémitisme, pas seulement aux Etats-Unis d'ailleurs, Nicolas Dupont-Aignan, quelles en sont les causes selon vous et comment faut-il la combattre
?
Écoutez, c'est un mal insidieux, un poison
qui
a été souvent maintenu sous les écrans et qui apparaît à nouveau être impitoyable, être impitoyable et lutter contre les préjugés, lutter contre cette haine. Mais vous savez, dans notre pays aussi, elle existe et elle existe dans bon nombre de nos quartiers. J'ai été pendant un certain temps maire d'une ville où il y
a
une synagogue et j'ai toujours été impressionné par,
parfois,
le climat de rejet qui pouvait exister, pas tant d'ailleurs dans notre ville que dans certains quartiers, où au contraire, ça s'est même aggravé
et
c'est insupportable. Voilà, donc il faut lutter,
il
faut être beaucoup plus ferme pour toute résurgence symbolique,
c
'est-à-dire les prises de parole et puis il faut être ferme sur Internet. Et il faut être ferme aussi dans les peines de prison et ça,
ça
concerne la France parce qu'aux Etats-Unis, on ne
peut
pas dire que le système pénitentiaire soit laxiste.
Alors
aux Etats-Unis, il
y
a eu cette attaque antisémite, elle a été précédée de quelques jours par l'envoi de ces engins explosifs qui, fort heureusement, ont été interceptés et qui visaient un certain nombre de personnalités, d'anciens présidents, Barack Obama, une candidate, Hillary Clinton, etc. Ce climat, comment vous l'expliquez ? Et est-ce que les adversaires de Donald Trump, par exemple, ont raison de dénoncer une attitude du président américain qui incite à la haine ?
Je crois que c'est un peu facile, voilà. De grâce, n'instrumentalisons pas à titre politique, dans un sens ou dans un autre, ces phénomènes. Je crois que ça a toujours existé. Vous savez, le Ku Klux Klan était fort aux Etats-Unis, longtemps. Donc je crois qu
'il y a
une société américaine qui est violente, on la connaît. Mais moi, je me garderai d'intervenir dans ce débat parce que je ne sais pas. Quand je ne sais pas, je ne réponds pas.
Mardi, le gouvernement annoncera une série de mesures pour lutter contre la violence à l'école. On ne connaît pas encore donc l'intégralité de
ce
qui sera dévoilé, mais on a déjà une assez bonne idée de ce qui en constituera l'architecture essentielle. Quatre mesures, notamment la présence de policiers ou de gendarmes avec l'accord du chef d'établissement dans les collèges ou les lycées. Le signalement systématique des faits et des sanctions proportionnées, la convocation facilité des conseils de discipline. Et puis un suivi beaucoup plus rigoureux des élèves exclut la possible création, dit le ministre Jean-Michel Blanquer, d'établissements spécialisés pour les 13-18 ans avec des personnels éducatifs qui pourraient comprendre des militaires ou des policiers. Est-ce qu'elles vont dans le bon sens, ces mesures ?
Écoutez,
moi j'entends la même chose depuis, à l'exception de la dernière mesure, je vais y revenir, mais j'entends la même chose depuis 10 ans. C'est ahurissant, parce qu'on sait très bien pourquoi il
y
a cette violence. Alors la mesure intéressante, c'est la dernière. Je la réclame depuis des années. C'est-à-dire des établissements spécialisés pour que des élèves, des durs à cuire, des élèves profondément violents puissent sortir des établissements. Parce qu'aujourd'hui, et c'est ça le drame,
quand
un élève est viré, et c'est très rare, puisque l'ensemble de l'éducation nationale, de la structure administrative protège en fait les voyous
et
désavoue les professeurs. Et c'est pourquoi les professeurs n'en peuvent plus.
C
'est qu'à chaque fois qu'il y
a
une mesure,
elle devient trop tard. Donc il y a le fameux
mouvement pas de vagues.
Mais cela existe. Je l
'ai
dénoncé combien de fois avec les enseignants de mon mouvement politique. Donc, il faut rétablir une échelle des sanctions. Une vraie échelle des sanctions. Et il faut exclure définitivement un élève d'un établissement. Mais simplement, qu'est-ce qu'on en fait ? Et c'est pourquoi il est très important de créer des établissements fermés, je l'avais proposé.
Mais
cela ne suffit pas. Car si on croit que c'est à l'école qu'on va régler les problèmes de la société, on se trompe.
Et
c'est là où les mesures annoncées, les premières, sont dérisoires.
Je
prends l'exemple du policier dans l'établissement. Il y a 11 000 collèges et lycées.
Le
gouvernement n'est même pas capable de mettre des policiers à l'extérieur de l'établissement
pour
éviter les raquettes,
les
trafics de drogue.
Et
on va nous dire qu'il va mettre des policiers à l
'intérieur. Mais vous savez
bien que ce n
'est
pas tous les collèges, tous les lycées qui sont concernés.
Sur
les 11 000, c'est quelques dizaines au maximum, peut
-être une centaine. Il faut plutôt
d'abord mettre des surveillants, c'est-à-dire du personnel non enseignant, qui a été supprimé au fil des années. C'est-à-dire revenir à du personnel non enseignant qui gère l'établissement. Il faut ensuite des sanctions appropriées. Mais vraiment. Et actuellement, elles n'y sont pas. C'est ce que le ministre promet. Oui, mais on le promet depuis... J'ai entendu tous les ministres le promettre. Oui,
il n'est pas forcément
responsable des non-décisions, en l'occurrence, de ses prédécesseurs. Peut-être, mais à chaque fois, ça ne
s
'est pas fait. Ça ne se fait toujours pas. Et puis le problème de fond, c'est la politique pénale française, c'est-à-dire les lois pénales, la procédure pénale, le fait que des délinquants multirécidivistes, mineurs, terrorisent les quartiers. Et là, il faut tout changer. Ordonnance de 45, abaisser la majorité pénale à 16 ans. Et puis surtout,
avoir
des peines de prison effectives pour les trafiquants de drogue, pour ceux qui portent atteinte aux forces de police. Parlez aux pompiers, parlez aux infirmières, parlez aux policiers, parlez aux gendarmes. Actuellement, atteinte à des forces de police, 12 mois avec sursis. 12 mois avec sursis. Dans ma ville, dans ma circonscription, j'ai tous les jours des cas.
45
délits, 45 violences, le jeune ressort
du
tribunal dans la minute et
il vient
narguer les autorités
dans le quartier. Donc si M.
Castaner
ne change pas
la politique
pénale,
rien ne se passera. On va écouter Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, qui il
y a
quelques jours proposait un certain nombre de mesures pour lutter contre la violence des bandes.
Je
souhaite que nous fassions évoluer notre approche du renseignement. Aujourd'hui, nos services de renseignement travaillent sur une approche par bande.
Je
souhaite que nous fassions une approche par individu.
Je
souhaite que nous ayons une cartographie précise des différents lieux qui sont occupés par ces bandes. Cages d'escalier par cages d'escalier. Mètre carré par mètre carré.
Qu
'est-ce que vous
répondez au ministre ? Quand j'entends ça, et
tous les policiers de France qui entendent ça, se disent Emmanuel Macron a nommé un incompétent comme ministre de l'Intérieur.
Parce que les bandes, on les
connaît, les cages d'escalier, on les connaît.
En 2010, je vais vous
dire, attendez, c'est une plaisanterie. En 2010, Maurice Signolet, commissaire divisionnaire, il est notre délégué national à la sécurité, a été responsable à la préfecture de police de Paris
de
la cartographie des bandes. En 2010, il m'a écrit un SMS hier soir en me disant, tu passes à la télé, dit que cela existe depuis 2010.
C
'est une insulte d'ailleurs aux forces de police, puisqu'on sait précisément où sont les bandes, on connaît ville par ville les individus. Donc ce
n'est pas la cartographie, c'est les
moyens qui manquent ? Mais c'est une volonté politique, ce sont des moyens, et c'est surtout une réforme pénale. Tant qu'on ne changera pas la loi pénale, qui fait que jusqu'à deux ans de prison, jusqu'à deux ans de prison,
On
a bien compris,
mais il n'y a pas d'incarcération, tant qu'on ne
construira pas les prisons nécessaires. M. Castaner fait
partie d'un gouvernement qui a réduit la promesse de M. Macron, Mais c'est très concret, il faut pouvoir emprisonner les
voyous. C'est très concret. Combien de prisons et combien de policiers en plus ? J'avais proposé pendant la présidentielle 40 000 places de prison.
Nous
sommes à 57 000 et des poussières. Pour avoir un prisonnier par cellule,
qui
est la norme des droits de l'homme de la Cour européenne des droits de
l
'homme,
il
faudrait déjà en construire 15 000.
J
'avais proposé d'utiliser les casernes désaffectées pour faire des établissements intermédiaires, notamment pour les primo-délinquants. Car il n
'est
pas question de mettre en prison, au premier délit, à un jeune de 15 ans, avec des chevronnés qui sont à Freyne ou à Fleury-Mérogis. J'ai proposé de copier le système anglais
qui
fonctionne.
Un
vol de portable en Angleterre, le jeune même de 14 ans, à 8 jours, dans un établissement spécialisé,
où
on lui apprend des repères. Premier délit, première réponse.
C
'est ce qui a été fait à New York,
dans
les années 90, tolérance zéro. Cela veut dire qu'il faut un appareil pénal, structuré, organisé, différencié. Il ne s'agit pas de faire que du tout répressif. Il faut mêler répression, prévention. Mais cela veut dire un investissement qui se chiffre à 3 ou 4 milliards d'euros, c'est possible, étalé. Vous retrouvez
deboutlafrance
.fr, financé par les crédits de l'État, car je vois que, quand il s'agit d'accueillir les migrants, M. Macron est capable de mettre 2 milliards sur la table, quand il s'agit de financer l'Union Européenne,
M.
Macron est capable de mettre 2 milliards sur la table, quand il s'agit d'aider 3 000 familles, les plus riches de France, M. Macron est capable de mettre 5 milliards sur
la table.
Alors justement, du point...
Eh bien, la sécurité des Français vaut bien
3 ou 4 milliards.
L'Europe, parlons-en, mardi, la Commission européenne a pour la première fois rejeté le budget d'un de ses membres, c'était l'Italie en l'occurrence, et je voudrais qu
'on
revoie ensemble cette scène assez étonnante de la présentation par Pierre Moscovici des conclusions sur l'Italie, et on voit que ses notes sont saisies par un eurodéputé italien qui s'appelle Angelo Ciorgia, qui est membre de la Ligue, le parti d'extrême droite de Matteo Salvini, et qui, que l'on voit, essuyer ses chaussures, sa chaussure en l'occurrence, sur les notes du commissaire européen.
Est
-ce que vous
comprenez
cette réaction, Nicolas Dupont-Aignan ? Est
-ce
que vous auriez pu faire la même chose ?
Ce
n
'est
pas ma façon d'agir, mais je la comprends parce que cela fait 10 ans
qu
'une commission de Bruxelles, qui n'est pas élue,
pas
élue, démocratiquement, qui est composée de technocrates souvent corrompus, mène une politique totalement contre-productive économiquement,
qui a conduit... Alors, pas élue, elle est nommée
par le gouvernement, et elle applique des décisions qui sont prises à l'unanimité par les chefs d'État et de gouvernement ?
Non,
non, non.
Je vais vous répondre, si vous permettez. Conduit une politique totalement contre-productive, qui a abouti à ce que les Italiens soient appauvris, et à conduire un peuple
à
changer de voie politique, tel
que
le résultat des élections l'a prouvé. De quoi s'agit-il
? Le
gouvernement italien a été élu.
Il
décide de changer de politique, de faire une politique de baisse d'impôts très forte sur les PME, et sur les Italiens, qui étaient accablés de taxes, et de faire une politique de justice sociale, notamment avec un revenu universel. Cette politique conduit à un léger,
à
un accroissement du budget, du déficit budgétaire, dans les clous... Pas léger, il est multiplié par 3,
par rapport à ce que l'Italiens promet. Dans les clous, 2
,4% de
Maastricht.
Oui, mais ils avaient promis 0,8%. Mais le gouvernement précédent. Il y a encore le droit, pour les électeurs, de voter des politiques différentes. Le respect de Maastricht, un déficit inférieur à celui de la France. Inférieur à celui de la France.
Mais en échange de ses engagements... Si je
peux finir, Thierry Arnault, pour que les auditeurs comprennent. Cela veut dire que ce qui est en cause,
c
'est la capacité d'une démocratie à fonctionner. En face, on a une commission de Bruxelles qui n
'est
pas élue, et qui prend prétexte
que
ce gouvernement ne lui plaît pas, refuse par exemple les migrations, veut une autre politique économique pour soi-disant le sanctionner. On a deux légitimités. Attendez, je finis ma phrase, si
je veux. Allez-y, mais ne soyez pas trop nombreux. Ça ne vous plaît pas, peut-être.
Mais
ce n'est pas la question. Moi, j'ai des questions à vous poser. Oui, mais on a deux légitimités.
On a d'un côté une démocratie, qui respecte d'ailleurs en plus le traité de Maastricht, et de l'autre, on a des commissaires non élus qui veulent mettre fin à la démocratie des nations.
Eh bien, moi,
je serais toujours partisan de la démocratie face à l'autoritarisme inefficace. Vous voyez bien que l
'Italie prend un certain nombre d'engagements. Certes, c'était le gouvernement précédent, mais en échange de ses engagements, elle reçoit plus de 50 milliards de fonds européens, des fonds structurels, des fonds du plan Juncker, pour mettre en œuvre la politique sur laquelle elle s'est mise d'accord avec la Commission.
C'est très intéressant ce que vous dites, parce que cela voudrait dire
qu
'en Europe,
il
n
'y a
plus d'élections possibles. D'ailleurs, à chaque fois qu'il y
a
eu un référendum, il a éteigné.
Cela veut dire que quand on prend des engagements, on les tient et on échange,
on les soutenus. Les peuples ont le droit de changer d'avis. Si l'Italie estime qu'elle doit accroître légèrement son déficit
budgétaire dans le respect... On prend de l'argent et qu'ensuite
on change d
'avis.
Mais il ne prend pas l'argent.
On
reçoit 50
milliards.
Ils ne reçoivent pas 50 milliards. La France paye 9 milliards et se voit imposer une politique. Donc l'Italie a le droit, le peuple italien, a le droit encore d'élire des députés, des sénateurs, un Premier ministre, qui est d'ailleurs 70% de popularité, alors que les gouvernements qui soutiennent l'Union européenne sont impopulaires. Vous savez, l'Europe ne se construira pas contre les démocraties. Alors en revanche, est-ce qu'on ne
peut
pas se mettre autour de la table, voir avec l'Italie une autre politique économique collective, car moi je ne suis pas pour les déficits à tout crin, je suis pour qu'on relance l'activité, qu'on incite à produire européens, qu'on arrête les traités de libre-échange, comme le CETA qui a été mis en place en France sans vote du Parlement, sans vote du Parlement, qu'on arrête la politique folle des travailleurs détachés, qui induit une concurrence déloyale des producteurs nationaux, qu'on arrête la politique agricole qui conduit au suicide de nos agriculteurs. Est-ce qu'on a le droit encore d'oser une autre politique européenne ? C'est ça
le débat. Alors on
va continuer. Et on aura ce débat aux élections européennes.
Justement,
on
va continuer à parler d'Europe et des élections européennes qui s'annoncent avec Olivier Beaumont, c'est la séquence politique au
quotidien. Et
c'est à vous Olivier.
Merci
Thierry. Bonjour. Bonjour, monsieur. Vous étiez, il y a un mois, vous aviez présenté le manifeste de Debout la France pour les élections européennes. Vous étiez encore il y a quelques jours à Strasbourg. J'aimerais comprendre quand même aujourd'hui votre marge de manœuvre par rapport à Marine Le Pen, que vous aviez rejoint au second tour de l'élection présidentielle.
J'avais soutenu.
Que vous aviez soutenu, c'est exact. Et dont on a du mal aujourd'hui à percevoir les différences fondamentales. Elle-même, d'ailleurs, le dit, je la cite, que rien politiquement ne vous sépare. Qu'est
-ce
qui vous sépare finalement de Marine Le Pen ?
Mais, écoutez, j'ai été candidat à
l
'élection présidentielle.
Au
premier tour.
Et
il y a 2 millions de Français, près de 2 millions de Français. 1,7 millions. 1,8 millions, exactement. Qui ont estimé que j'avais un programme sérieux, crédible, patriotique et humaniste.
Au
second tour, j'ai eu le courage de choisir. Et j'en en félicite tous les jours. Face à Emmanuel Macron, qui mène une politique de destruction du pays. Et j'espère qu'on en parlera sur le plan économique, sur le plan aussi européen. On y viendra. Destruction du pays. Pour autant, j'ai toujours gardé mon indépendance. Et je l
'ai
même dit au meeting de second tour, que je restais libre. Et je continue. Et nous avons de plus en plus de soutien, à la fois des Républicains, à
la
fois, je vais venir, et du Front National, sur
cette ligne patriotique. Mais demandez à Marine Le Pen. Quelles sont les
différences sur les élections
européennes ? Vous avez rappelé la sortie de la PAC, les travailleurs détachés. C'est à vous qu'on pose la question. C'est à vous qu'on pose la question. Quelles sont les différences ? Mais là-dessus, il n'y a pas de différence. Dans l'élection
européenne, on voit peu de différence.
Eh
bien, je m'en réjouis. C'est pourquoi, d'ailleurs, je lui ai tendu la main.
Et
c'est pourquoi j'ai décidé, compte tenu de la crise européenne qui existe,
de
l'importance de l'enjeu de
l
'élection du Parlement européen, car,
en
mai prochain, on a l'occasion historique d'avoir une majorité au Parlement européen,
qui
bloque la mauvaise politique européenne et qui permet de construire une nouvelle Europe respectueuse des nations. Et donc, je suis candidat à
l
'élection européenne. M. Wauquiez n'est pas candidat. Marine Le Pen ne veut pas être candidate. J'ai proposé à Marine Le Pen et à Laurent Wauquiez, je leur ai écrit, et je leur ai dit, soutenez la liste que je
vais conduire. Laurent Wauquiez vous
a déjà dit non. Eh oui, je vais y revenir. Soutenez la liste que je conduis, parce que c'est une liste qui va être, pour la première fois dans la vie politique française, une liste d'union, qui rassemblera enfin des gens qui pensent pareil sur beaucoup de sujets et qui sont séparés artificiellement par des logiques partisanes.
D
'ailleurs, il y a beaucoup de gens du Front National qui l'ont compris. M. Beaumont, deux députés européens du Front National qui me soutiennent, 20 conseillers régionaux, énormément de cadres, comme des gens, et c'est ça qui est nouveau, et qui, moi, me remplit d'espoir pour demain, comme des gens des Républicains, les alliés historiques des Républicains, Jean
-Fédéric Poisson, M.
Norte, UCNIP, Hervé Fabre-Baudré-Bessuy, conseiller de François Fillon, maire dans les Bouches-du-Rhône. On est en train, je ne
sais
pas si vous réalisez
ce que je suis en train de faire. Il
y a le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font. Oui, je suis en train de le faire. Ça veut dire que Marine Le Pen, elle ne le fait pas ce rassemblement, puisque vous venez de citer notamment le cas de deux eurodéputés ex-RN qui vous rejoignent. Elle a du mal aujourd'hui à rassembler, et aujourd'hui, c'est vous qui incarnez ce rassemblement
? Vous n'allez
pas me faire dire du mal de Marine Le Pen. Pourquoi
?
Parce que je l'ai soutenue, parce que même si j'ai eu des désaccords avec elle, je ne dis pas de mal d'un allié.
Marine Le Pen, ça reste un allié pour vous aujourd'hui. Je l'ai
soutenue loyalement au second tour, même après le débat du second tour. Je lui ai fait part de mes remarques. Elle n'est pas candidate aux Européennes. Elle n'a pas de tête de liste aux Européennes, qui sont motivées, si je puis dire. Il y a
peu
de différence sur le programme européen, parce qu'elle a évolué grâce
à l'accord... Donc vous en êtes où de vos discussions ? Est-ce qu'elle est
prête à soutenir votre liste ? Mais je le souhaite grâce à l'accord que nous avions établi au second tour, où je l'ai fait évoluer, j'en suis fier. Et je lui dis très clairement, à partir du moment où vous n'êtes pas candidate, à partir du moment
où
il y a beaucoup de gens de chez vous qui comprennent ma démarche, mais pourquoi vous ne me soutenez pas ? L'union ne peut pas se faire toujours à sens unique.
Et
je ne dirai pas de mal d'elle. Elle réfléchit. Elle réfléchit sans doute. En tout cas, beaucoup de gens chez elle me soutiendront. Comme, parce que je tire les leçons de la présidentielle, notre union n'était pas suffisante.
Et
le programme n'a pas suffisamment convaincu. Et donc c'est pourquoi j'ai beaucoup travaillé avec mes équipes,
qui
sont derrière moi, beaucoup travaillé pour avoir un programme européen sérieux, crédible, sur les frontières, sur les travailleurs détachés. Ce travail, il est fait.
C
'est un
manifeste, un écrit.
Il n
'a
pas bougé ce programme. C
'est quasiment le même que celui de la présidentielle.
Il a bougé, vous pouvez le trouver sur internet. Je suis candidat aux élections européennes pour proposer une évolution de l'Europe, une réorientation qui permette à la nation d'être libre tout en ayant des beaux projets de coopération. C'est révolutionnaire. Pour la première fois, pour la première fois, les européistes qui nous mettent dans le mur ne pourront pas dire « Ah ben le programme n'est pas sérieux ». Il y
a
un programme sérieux, solide. Et je veux un vrai débat avec Emmanuel Macron, avec les gendarmes marches, avec ces européistes illuminés, pour qu'on puisse comparer. Et je dis aux gens du FN, comme aux Républicains qui sont patriotes, il y en a encore, je leur dis « Mais pourquoi on ne s'unit pas ?
»
Si on n'est pas unis, eh bien Macron et les autres gagneront toutes les élections. On a vu les différences. Et ce langage de l'Union, je vous assure qu'il porte à la base. De plus en plus d'électeurs veulent l'Union à droite.
Si c'était à refaire, vous avez soutenu Marine Le Pen au second tour, vous le referiez
de la même façon ? Mais oui, je le
referai. Vous avez failli le payer cher
quand même. Et alors, je
m
'en
fiche
de ce que je
peux payer. Ce qui compte,
c
'est d'arrêter ce piège de Mitterrand qui fait que la gauche a le droit de s'unir et la droite n'a pas le droit de s'unir. Qui fait que M. Macron a été élu parce qu'il y a eu des divisions insupportables. Et je dis à M. Wauquiez, parce qu
'il
n
'y a
pas de Mme Le Pen dans la vie, je dis à M. Wauquiez, si vous continuez
à
dire une chose et à faire son contraire, eh bien, vous serez plus crédible. Et
lui, dis non à
votre rassemblement, vous avez soutenu Marine
Le Pen. C'est ce qu'il vous écrit dans la réponse à votre lettre. Quand
je lis ses discours,
il
dit des choses beaucoup plus à droite que Mme Le Pen. Et en même temps, il veut présenter comme tête de liste aux européennes M. Léonetti, qui a signé tous les traités
européens qui nous ont mis
dans le pétrin, si je ne
veux
pas employer un mot vulgaire. Vous savez, les électeurs républicains, il y en a de plus en plus qui viennent à debout la France, des militants. Et ils me disent tous la même chose. Ils me disent, on ne comprend pas avec Laurent Wauquiez, il dit des choses justes, contre l'immigration, pour les frontières, il va voir Orban. Et puis, son parti, les républicains, font exactement l'inverse. Donc, il
y a
un moment, il faut choisir.
On
peut me critiquer,
mais
moi, j'ai toujours été clair. Je veux l'union des patriotes et des républicains. Je suis convaincu
qu
'il y a moins de différence que de ressemblance. Et je vois qu'à la base, nos électeurs en ont marre d'avoir défaite après défaite parce que Mme Le Pen ne veut pas parler à M. Wauquiez, M. Wauquiez ne veut pas
parler à Mme Le Pen. Il y
a
un
sondage très intéressant qui est sorti cette semaine chez nos confrères du Point, un sondage Ipsos, qui pour la première fois met Marion Maréchal Le Pen devant Laurent Wauquiez auprès des sympathisants de droite. Qu'est-ce que ça dit de ce parti ? Et je vais même un petit peu plus loin. J
'ai
su que vous aviez été faire une petite visite dans les locaux de son école, son institut Licep, il y
a
quelques jours à Lyon. Ça veut dire que demain, peut-être, ou à l'avenir, c'est une personnalité avec qui vous pourriez travailler
? Toutes
les
personnalités
qui
voudront unir sur un programme sérieux, crédible,
avec
des gens intègres. J'insiste sur l'intégrité
dans
cette période politique car on ne restera la confiance que s'il y a l'intégrité. Intégrité sérieux, programme commun,
toutes
les personnalités sont les bienvenues. Je remarque d'ailleurs que le sondage dont vous parlez, le mois d'avant, c'était moi qui étais en tête
à
quasi égalité avec Marion Maréchal
et qui aura le droit de
sondage BVA.
De quoi parlez-vous quand vous parlez d
'intégrité ? Vous vous interrogez sur les affaires qui concernent le Rassemblement National
par exemple
? Je m'interroge sur l'ensemble de la vie politique.
D
'ailleurs, je fais une proposition en passant. On a beaucoup entendu parler de M. Mélenchon. Je veux qu'il y ait une commission indépendante composée de parlementaires,
de
Français tirés au sort et de magistrats qui remettent, qui sortent tous les comptes de campagne de la présidentielle, même celui de M. Macron,
qui
les mettent sur la table
et
que les Français connaissent les détails des comptes présidentiels. Voilà. Parce que ça permettra de purger les affaires, de savoir qui a fait quoi et qu'on arrêtera de salir les uns ou les autres.
Une dernière question, Nicolas Dupont-Aignan, concernant Emmanuel Macron qui, à partir du 4 novembre, va faire une itinérance mémorielle, comme il dit, dans le nord de la France, une semaine sur le terrain pour arpenter les lieux les plus emblématiques de la Première Guerre mondiale et aussi pour aller à la rencontre des Français, un dépassement de terrain. Vous saluez cette initiative plutôt originale ou au contraire, comme Laurent Wauquiez, par exemple, vous dénoncez un coup marketing ?
Je
ne ferai jamais de politique sur les morts pour la France. J'ai un grand-père qui a été aviateur et qui a été abattu pendant la guerre. je déteste les petites histoires politiciennes sur... Donc, si le président de la République rend hommage aux morts pour la France et j'aimerais aussi qu'il célèbre la victoire
de
nos soldats, de nos militaires, car j'ai appris qu'il refusait qu'il y ait une cérémonie d'hommage aux soldats qui sont morts volontairement et qui ont défendu leur patrie. Je le regretterai, mais en tout cas, je saluerai toutes les initiatives qui rendent hommage à ceux qui sont morts pour la France et je ne ferai jamais de polémique là-dessus.
Merci, merci Nicolas Dupont-Aignan. Merci beaucoup Olivier. Vous restez avec nous. Dans un instant, on parle économie, pouvoir d'achat, suite et fin de BFM Politique. A tout de suite. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne et l'invité de BFM Politique jusqu'à 13h. Le moment est venu de parler pouvoir d'achat, prix du carburant.
C
'est la séquence économie et c'est avec vous, Guillaume Paul de BFM Business. Bienvenue Guillaume.
Bonjour Thierry.
Bonjour
Monsieur Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Je vous propose de commencer à parler du prix de l'essence avec cette flambée des prix à la pompe. Conséquence alors notamment de la hausse du prix du pétrole mais aussi de la montée en puissance de cette fiscalité verte, cette taxe carbone qui augmente, qui va continuer d'augmenter dans les prochaines années.
Il
y a des pétitions qui circulent, il
y
a des appels à bloquer les routes, notamment le 17 novembre prochain. Vous soutenez cet appel. Est-ce que vous dites, en gros, le gouvernement doit annuler ces hausses de taxes, celles qui sont entrées en vigueur, celles qui vont entrer en vigueur et puis ce que vous dites, un foulé, est-ce que vous dites que finalement la transition écologique, c'est peut-être un luxe qu'on ne peut pas s'offrir, que les Français ne peuvent pas subventionner
finalement
?
Alors, il y
a
beaucoup de choses. Arrêtons d'abord de mentir aux Français. Le gouvernement n'organise pas la transition écologique. J'ai fait une proposition très simple. Alignement du prix de l'essence sur le prix du diesel. Car oui, il faut passer du diesel à l'électrique, du diesel à l'essence non-polluant. Je
suis
le premier à vouloir l'écologie. C
'est
ce qui va se faire ? Non.
Non.
Vous aurez un alignement
en 2022. Non, non, mais c'est là le haut.
Peut-être, oui, je peux. C
'est
le grand mensonge d'État. La grande arnaque. Incroyable ce qui se passe.
L
'alignement, je l'ai proposé. Je baissais
la
taxe sur l'essence de 13 centimes pour mettre l'essence au niveau du diesel. J'augmentais la prime à la conversion, je la doublais.
Et
je pouvais le faire car avec l'augmentation du baril,
le
gouvernement touche un milliard
de
TVA en plus. Donc, j'affectais l'augmentation de la TVA liée à l'augmentation du prix du pétrole que subissent déjà les Français. Je l'affectais à la baisse du prix de l'essence, des taxes sur l'essence. Et je n'augmentais pas le diesel. On avait ainsi,
on
gagnait sur les deux tableaux, pas de dépenses supplémentaires pour l'État, alignement du prix de l'essence et du diesel, augmentation de la conversion. Ça, c'est l'écologie.
Entre
parenthèses,
pourquoi
le gouvernement n'augmente, il n
'y a
pas de TVA sur le kérosène des avions et il
n
'y a pas de taxes sur les super tankers qui amènent des marchandises de Chine pour la mondialisation. Ça, ça n'intéresse pas le gouvernement. Donc, le gouvernement ment aux Français. C'est super menteur. Super menteur trois fois. Il ment aux Français en faisant croire qu'il fait la transition écologique. Il a pris. Il a pris. J'ai amené les chiffres parce qu'il faut quand même les connaître.
si
on prend un plein de 70 euros,
une
voiture moyenne, 70 euros, depuis Mme Royal, parce qu'elle dit que ce n
'est
pas bien ce qu'il fait, mais elle, elle y a été aussi, depuis 2014, plus 10 euros de taxes en diesel, plus 10 euros,
jusqu
'en 2018. Première mesure, 2018. Et puis, et c'est ça qui est complètement fou dans ce qui se passe, jusqu'en 2022, le gouvernement a promis, a prévu, 10 euros supplémentaires de taxes par plein en diesel jusqu'en 2022. C
'est de la folie pour la France qui travaille. C'est tout.
Est-ce qu'il peut y avoir une fiscalité écologique non punitive, mais incitative ? Mais bien évidemment.
Laquelle ? Mais je viens de vous le dire. Donc ce
milliard d'euros de TVA, vous
l'aurait... Si on alignait le prix de l'essence sur le prix du diesel d'aujourd'hui, sans augmenter le prix du diesel et sans augmenter le prix de l'essence, parce qu'il prévoit aussi d'augmenter le prix de l'essence de 8 centimes, de 11 centimes jusqu'en 2022.
Mais
je veux reprendre un point. Parce que j'ai lu l'interview de M. Darmanin dans un journal de ce matin.
Il
dit nous voulons remercier ou aider la France, ceux qui font tourner la France. Mais alors les artisans, les gens qui vont travailler avec leur voiture, ils ne
font
pas tourner la France
? Non
mais ça veut dire quoi ?
À
Barcelone, le prix de l'essence, à la frontière française, il est de diesel, il est d'un 20 ou d'un 30. Donc c'est du racket fiscal. Ce sont des milliards d'euros que veut empocher le gouvernement. Et je vous le dis, il prend cet argent pour le donner à l'Union Européenne, aux migrants et aux plus riches. Eh bien ça, il faut arrêter ça. Et comme il n'entend pas raison, il est suffisant, arrogant, inconscient, eh bien je dis, il n'y
a
qu'une solution, c'est soutenir les mouvements citoyens qui le samedi 17, pas un jour de semaine, même si je sais qu'il
y a
des gens qui travaillent
le samedi.
Il y en a qui travaillent le samedi. Mais si on ne réagit pas,
on
va se faire tuer sur place par ce gouvernement qui est inconscient.
Un mot sur les chiffres du chômage qui se sont tombés pour le troisième trimestre,
c
'était jeudi, qui n'étaient pas bons, qui nous disent qu'on a eu une hausse de 0,5% du nombre d'inscrits au troisième trimestre. Ce qui est intéressant dans ces chiffres, c'est qu'on voit que le chômage ne baisse pas alors qu'il y
a
toujours des besoins d'embauche, que les entreprises le disent. On cherche de la main d'oeuvre désespérément, on ne la trouve pas. C
'est
-à-dire qu'on est au paroxysme de ce phénomène d'inadéquation entre l'offre et la demande des entreprises. Est-ce qu'il est temps de mettre le paquet vraiment sur ce sujet de la formation et de l'apprentissage
? Arrêtons
de faire croire cela.
Non, c'est une réalité.
C'est une réalité. Les chiffres des
sondages, les entrepreneurs sont
en quête perpétuelle de main
d'oeuvre. Excusez-moi. Bien sûr qu'il
y a
un problème d'adéquation de la demande et de l'offre. C'est évident. Il est massif. Il n'est pas sur les 6 millions de chômeurs, ce n
'est
pas vrai. Et le gouvernement fait croire cela pour se disculper des mauvaises mesures qu'il a prises. Parce que
si
on en est là après un an et demi, je crois que c
'est
l'occasion de faire maintenant un premier bilan. Le gouvernement nous a dit, Emmanuel Macron nous a dit oui, je baisse les taxes sur les plus riches, 5 milliards, 5 milliards, c'est énorme, sur les très très riches.
Il
va y avoir le ruissellement. Le premier de cordée va aider le second de cordée.
Mais
comme il n'a pas fléché les aides, comme il n'a pas dit je vous donne de l'argent mais vous investissez en France, comme j'avais proposé, eh bien l'argent il s'est évaporé. Et ce qui est terrible, c'est que ce gouvernement a cassé la croissance parce qu'il a cassé la consommation, notamment en accablant les retraités qui consommaient. Et la première dans les sondages, si vous regardez, la première raison pour un chef d'entreprise de ne pas investir, ce n
'est
pas simplement la problème de formation, c'est le carnet de commande. Il a cassé la croissance en matraquant la consommation et notamment les retraités. Deuxièmement, il n'a pas traité l'affaire des travailleurs détachés. 600 000 travailleurs détanchés en France,
c
'est-à-dire qu
'ils
ne payent pas les charges sociales françaises qui viennent d'Espagne, du Portugal, de Pologne et de Roumanie. Troisièmement, il a supprimé... Il l
'a
traité, mais pas d'une manière qui vous satisfait.
C
'est un peu... Il
l'a
corrigé à la marge,
mais
ça ne change rien. Voilà. Parce qu'il n
'a
pas traité le problème fondamental, si on est précis, vous avez raison, Thierry Arnaud, d'être précis, parce qu'après, on peut nous accuser d'exagérer. Aujourd'hui, un travailleur détaché qui vient de Roumanie paye les charges sociales roumaines et pas françaises, comme elles sont moitié moindres, l'artisan, le français, il est pénalisé. Donc moi, je veux des concurrences loyales. Et j'avais proposé
que
l'artisan, le polonais ou le roumain, s'il vient en France, j'accepte, il paye les charges sociales françaises, comme la moindre des choses. Bon. Troisièmement, il a supprimé 120 000 emplois aidés d'insertion,
ce
qui fait que les gens sont repartis au RSA. C'était quand même mieux d'aider, de payer quelqu
'un... C'était une erreur, cette
suppression des
emplois aidés, il aurait fallu les
maintenir. Mais je l'ai dit 20 fois, il vaut mieux avoir un emploi d'insertion même subventionné
que
de payer le RSA. Enfin, je préfère voir quelqu'un qui sort du RSA qui travaille plutôt que quelqu'un qui va pas. Et j'en oublie un dernier point qui est quand même fondamental, c'est qu'il a continué cette politique de libre-échange intégral
qui
ruine notre agriculture avec des produits qui arrivent du monde entier, le CETA avec le Canada, là, il va signer le Mercosur. Donc vous voyez bien qu'Emmanuel Macron n'a pas traité
les
causes du chômage français. Et
donc il peut y avoir un
résultat. Moi, ma question reste une minute mais la question à laquelle on n
'a
pas répondu c'est qu'est-ce qu'on fait pour ce chômage de masse de plus en plus important avec des personnes qui sont de plus en plus enquistées dans le chômage de longue durée et qu'on a de plus en plus de
difficultés à sortir du chômage.
justement ces emplois d'insertion plutôt que de payer le RSA. Je voulais mettre au travail ceux qui sont depuis longtemps au chômage dans des emplois collectifs, publics, subventionnés légèrement par l'État mais c'est mieux de payer une aide et une formation plutôt que de payer un RSA. Et je veux que chaque personne qui
est
au RSA travaille. C'est-à-dire qu'on arrête la cistana sans travail et que l'on permette ainsi aux gens à la fois de se remettre au travail par un emploi d'insertion. Et je voulais baisser les charges sur les
PME. C'est quand même un peu
la philosophie de ce que défend le gouvernement. Non pas du tout. Il en a supprimé 120 000. Les emplois aidés, non. Mais l'idée d'une insertion et d'un travail plutôt que ce
que vous appelez la cistana, c'est pas la logique.
Il ne donne pas les moyens aux collectivités de permettre cette insertion. Et deuxièmement, baisser les charges sur les PME qui produisent en France divisé par deux l'impôt sur les sociétés de ceux qui produisent en France. On
va
baisser l'IS. On va le baisser. Non, l'IS va baisser mais le CICE a baissé. C'est-à-dire que l'avantage Hollande a été réduit. Et vous le savez très bien. Donc, il y a une politique à mener. Et puis enfin, arrêter de donner 9 milliards à l'Union européenne, ça sera un des thèmes de ma campagne européenne. On ne donne plus 9 milliards net à l'Union européenne, on les rend aux retraités. Et on relance la consommation. Il faut baisser les charges des PME qui produisent en France, relancer la consommation et arrêter la concurrence déloyale. Merci. C'est un programme complet.
Merci beaucoup. Merci Guillaume. Guillaume, on va passer au mot de la fin tout de suite. Deux questions et si vous le pouvez des réponses rapides. Vous dites, on arrête de donner 9 milliards à l'Union européenne. Mais en quelques mots et de manière aussi succincte que possible, du coup, ça devient quoi l'Union européenne ? Parce que si on cesse de mettre des moyens communs, en quelque sorte de créer un pot commun et de répartir les choses, on n'est plus du tout dans un système d'union. la France est un des pays qui donne le
plus et qui reçoit le moins.
On
appelle un contributeur net. Très fort. Il faut bien sûr rester à donner un peu, bien sûr. C'est comme une copropriété. Vous habitez dans un appartement ou dans une maison ?
Oui, j'habite dans un appartement, mais
je ne suis pas sûr que ça
passionne ceux qui nous écoutent. Si, mais vous payez... Il y a un syndic de l'immeuble
et
vous payez vos charges et vous payez une petite majoration pour le syndic. Eh bien, moi, je veux changer, je veux virer le syndic de l'immeuble. Je ne
veux
pas déménager. Je ne suis pas pour ceux qui veulent le Frexit. Je veux rester en Europe. Je suis européen. J'aime l'Europe. Mais je veux virer le syndic de l'immeuble, arrêter qu'il m'envoie une facture exorbitante pour nourrir des charges que je ne maîtrise pas
et
je veux rétablir la porte de mon appartement parce que ce syndic d'immeuble, il a enlevé la porte de l'appartement ce qui fait que c'est un squat géant.
Je
ne
suis
pas sûr qu'une copropriété, son syndic,
ça fonctionne bien.
Mais je veux mettre
un syndic, mais un syndic qui ne soit pas trop cher, qui s'occupe des parties communes, les grands projets industriels, scientifiques, parce qu'il
y
a la Chine, il
y a
les Etats-Unis. Et moi, je suis européen, je veux que l'Europe soit musclée dans ce qu
'on
ne peut pas faire seul. En revanche, je ne veux plus que l'Europe laisse entrer les migrants chez moi, dans mon appartement, ouvre le frigidaire. Je ne veux plus qu'elle m'envoie à une facture exorbitante. Je ne veux plus que cette structure décide à quelle heure je déjeune, quelle est la couleur de ma moquette et de mon papier peint. Je veux que l'Europe revienne à l'Europe
que
le général de Gaulle avait réussie. Cette belle Europe de la réconciliation, de la paix. Vous savez,
vous
allez voir, on va surprendre aux élections européennes parce qu
'on
va sortir du truc pour ou contre l'Europe. Mais moi, tout le monde est pour l'Europe, personne n'est contre l'Europe.
En
revanche, on a quand même le droit de dire qu'on ne
va
pas continuer à payer une organisation qui nous fait du mal, qui renforce cette délocalisation, la misère humaine parce que les peuples se révoltent. Et je ne veux pas voir demain des nationalismes de haine. Je veux qu'on remette l'Europe sur ses pieds. Peut-être sont-ils déjà un peu là. Je voudrais qu'on en termine. juste une parenthèse, Thierry Arnaud. Quand le président de la République dit que les dirigeants hongrois et polonais sont fous, c'est gravissime. Parce qu'au même moment, il félicite Erdogan hier et il se prenait en photo avec le prince d'Arabie saoudite.
Alors, moi, j'aimerais que le président de la République arrête d'insulter les chefs d'État européens qui sont élus démocratiquement.
Il vous est arrivé de
comparer la chancelière allemande et son gouvernement au 4e Reich. Ce n'était pas nécessairement un compliment. J'ai dit, ce n
'est
pas exactement la phrase si vous la reprenez,
j'ai dit que la
soumission française aboutissait à une situation dangereuse
du 4e Reich. C
'était
un but à propos de la Grèce. Il est tapiché
à l'écran. Je n'ai jamais insulté Mme Merkel.
Dire que son
gouvernement c'est le 4e Reich, ce n'est pas nécessairement un compliment. Je voudrais vous poser une rapide dernière question. Est-ce qu'il faut continuer à vendre des armes à l'Arabie saoudite
? Il
faut d'abord changer de politique étrangère et arrêter d'être soumis à l'Arabie saoudite. Mais sur ce point précis ? Sur ce point précis, je dirais qu'il faut un embargo provisoire
et
qu'il faut examiner la situation et qu'il ne faut pas se livrer à la gesticulation.
Ce
que j'aimerais, c'est qu'au Moyen-Orient, pour une affaire sérieuse, on ait une politique équilibrée. Si c'était un Syrien qui avait été massacré dans un consulat en Turquie, M. Trump, M. Macron et les Anglais auraient déjà déclenché la guerre contre la Syrie. Donc, moi, ce que je veux simplement, c'est qu'on soit équilibrés, qu'on arrête de faire de la gesticulation et qu'on essaye enfin au Moyen-Orient d'avoir une France qui pèse et qui ne soit pas soumise à l'Arabie saoudite.
Merci. Merci beaucoup Nicolas Dupont-Henon d'avoir accepté notre invitation, d'avoir été l'invité de BFM Politique aujourd'hui. Vous restez avec nous, bien sûr, comme chaque dimanche désormais, vous en avez l'habitude. La suite, c'est avec Dominique Rizet et Philippe Gona. C'est affaire à suivre. Très belle journée à tous sur BFM TV.
Sous
-titrage Société
Radio-Canada
Nicolas Dupont-Aignan