15' en Aparté avec Boris Tavernier, VRAC. Pour une alimentation solidaire de qualité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Qui es-tu et quel est ce projet que tu portes depuis une quinzaine d'années ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les grands enjeux et défis des années à venir sur l'alimentation dans les quartiers populaires ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quels sont les grands freins pour Vrac ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la sécurité sociale de l'alimentation ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Qu'aurais-tu envie de dire aux élus travaillant dans les quartiers ?
- 14:00OuverteRéponse directe
As-tu un rêve pour les quartiers populaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Boris TavernierChiffre
« il y a plus de 10 millions de Français qui sont en précarité alimentaire et qui choisissent pas ce qu'elle mange »
- 3:30Boris TavernierFait
« on effectue aucune marge pour pour rendre ses produits les plus accessibles mais de l'autre côté on a négocie pas non plus les prix avec les paysans avec les fournisseurs »
- 4:00Boris TavernierChiffre
« l'adhésion est autour de 1 2 3 euros selon les associations vrac et prix coûtant sur les produits »
- 10:00Boris TavernierPromesse
« un budget 150 euros par mois par personne qui serait sacralisée »
- 13:00Boris TavernierFait
« il faut continuer de lever les freins qui soient économique et qui soit l'offre sur un territoire »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
quand on n'a pas beaucoup de moyens quand on est dans les quartiers populaires on consomme déjà très peu on utilise pas un four parce que beaucoup n'en ont plus on ne va pas au restaurant on ne prend pas forcément l'avion donc c'est le seul levier ça reste l'alimentation face à ces injonctions perpétuelles qui culpabilisent on nous dit de mieux manger on nous dit de faire ci de faire ça mais quand on a pas des moyens c'est vraiment vraiment difficile [Musique] bonjour borissette à Vernier merci de prendre ces 15 minutes en aparté avec nous sur la question d'alimentation donc la première question un peu traditionnelle c'est qui es-tu je me permets de tutoyer en fait qu'on se connaît donc avec qui es-tu et quel est donc ce projet que tu portes depuis une quinzaine d'années et les grands enjeux qui sont derrière bonjour je suis Boris Tavernier vous savez effectivement ça fait même 20 ans que je travaille sur les questions d'alimentation d'abord dans un bar resto salle de spectacle en circuit court en scope et puis depuis maintenant bientôt 10 ans à vrac vers un réseau d'achat en commun donc aujourd'hui j'occupe le poste de délégué général très bien si tu veux que je déroule sur qu'est-ce que c'est vrac qu'est-ce que qu'est-ce qui se cache derrière ce projet là mais j'avais fait le constat en tout cas que dans mon bar aussi sympathique soit-il en toucher un public sensibilisé militant qui s'était vraiment questionné sur la question d'alimentation et je voulais enlever plus loin dans la démarche et puis aussi sur ce constat que aujourd'hui il y a plus de 10 millions de Français qui sont en précarité alimentaire et qui choisissent pas ce qu'elle mange et c'est un phénomène qui est encore plus marqué dans les quartiers populaires parce que soit les gens n'ont pas les moyens soit il y a pas d'offre sur ces territoires beaucoup de déserts alimentaires de zone blanche qui empêchent les gens aussi de bien se nourrir et qui sont contraintes en tout cas de d'orienter leur consommation vers le moins cher à défaut de qualité à défaut de santé donc vrac on voulait quelque chose qui soit simple qui soit pas stigmatisant donc c'est des groupements d'achat donc on va faire nos courses ensemble avec les habitants d'un quartier et en étant ensemble en achetant des gros volumes en supprimant les intermédiaires on arrive à avoir des prix très intéressants donc c'est ouvert à tout le monde c'est vraiment universel mais on est dans les quartiers populaires donc on veut qu'une majorité des adhérents soient des habitants du quartier l'adhésion est autour de 1 2 3 euros selon les associations vrac et prix coûtant sur les produits donc on effectue aucune marge pour pour rendre ses produits les plus accessibles mais de l'autre côté on a négocie pas non plus les prix avec les paysans avec les fournisseurs donc ça soit gagnant pour tout le monde donc il y a des commandes tous les mois notre action se passe dans les centres sociaux et on crie on crée des épiceries éphémères le temps d'une journée les habitants vont venir avec leur emballage avec leur bouteille et puis on va jouer à la marchande ensemble dans souvent dans un centre social ou dans un local prêté par un bailleur et donc depuis une quinzaine d'années vous avez monté des vracs un peu partout dans les quartiers qu'est-ce qui vous apparaissent comme les grands enjeux puis surtout les grands défis dans les années à venir sur ces sujets d'alimentation à vous en fait on s'est rendu compte qu'il y avait déjà une forte volonté de bien se nourrir même si au début du projet on disait mais non c'est les quartiers c'est la malbouffe ça marchera pas donc évidemment on arrive pas avec une posture bonjour on a des produits bio vous allez voir ça va être super parce qu'il y a toujours un rejet du bio un rejet des choses auxquelles on peut pas accéder c'est trop cher est-ce que c'est vraiment bio et puis une fois qu'on a goûté qu'on a parlé du prix qu'on a rencontré le paysan ça casse beaucoup de barrières mais en tout cas il y a une volonté de bien se nourrir il y a encore beaucoup de sacrifices des parents pour que pour bien nourrir ses enfants et à défaut de sa propre consommation mais en tout cas ça ça reste un enjeu très fort de nourrir les enfants il y a un fort besoin aussi de pouvoir agir sur les questions environnementales et transition écologique quand on n'a pas beaucoup de moyens quand on est dans les quartiers populaires on consomme déjà très peu on n'utilise pas un four parce que beaucoup n'ont plus on ne va pas au restaurant on ne prend pas forcément l'avion donc c'est le seul levier ça reste l'alimentation face à ces injonctions perpétuelles qui culpabilisent on nous dit de mieux manger on nous dit de faire ci de faire ça mais quand on a pas des moyens c'est vraiment vraiment difficile j'ai des adhérents qui faisaient oui mais être écolo ça coûte cher et là le fait d'accéder à une alimentation de qualité biologique à des produits d'entretien de lessive de liquide vaisselle de shampoing écologique ça permet de pas reverser trop de produits chimiques dans les dans l'évier et de participer à cette transition écologique donc ça c'est quelque chose aussi qui compte ce qui compte aussi c'est les enjeux de santé on est dans des quartiers qui sont fortement frappés par l'obésité par le diabète donc s'il y a une urgence aussi à pouvoir mieux se nourrir aujourd'hui et puis je dirais aussi cette envie de d'avoir un rôle dans ce système alimentaire donc la participation en tout cas c'est vrai qui est vraiment quelque chose d'important à la fois sur l'opérationnel sur ces épiceries éphémères mais aussi dans la gouvernance de des différentes associations aujourd'hui on arrive à 17 associations en France il y a des habitants des habitants dans quasiment toutes et c'est aussi les mieux placés pour parler de leur de leurs problématique et enfin je dirais aussi qu'il y a un énorme besoin de se retrouver d'être ensemble de faire des choses ensemble et l'alimentation c'est un vecteur parfait pour ça c'est aussi retrouver du plaisir partagé un bon plat et on a pu rencontrer des personnes qui ne se connaissaient pas alors qu'elles habitaient le même immeuble et qui se sont retrouvés chez vrac il y a pas beaucoup de d'endroits pour les femmes les hommes ont tous leur bistrot les terrasses dans tous les quartiers de France rempli rempli d'hommes et les femmes c'est la sortie de l'école donc elle se retrouve aussi elle pourrait récupérer souvent dans 10 minutes et puis elle reste plusieurs heures et puis ça nous permet de parler de tout autre sujet et puis de tirer ce fil de l'alimentation et d'aller faire des visites à la campagne avec les gamins de d'organiser des concours de cuisine de tout ce qui peut aussi changer le regard du grand public sur les quartiers populaires c'est quoi les grands freins pour vrac ça reste une solution au nom on voulait en tout cas que les gens puissent avoir le choix sur leur quartier de pas pouvoir dire bah il y a rien on peut pas on peut pas faire autrement les limites ça reste quand même une commande mensuelle ça reste aussi essentiellement sur des produits secs parce que c'est vraiment sur ces produits là qu'on arrive à avoir des prix intéressants aujourd'hui sur les fruits et légumes ça reste ça reste cher je dirais pas que ça reste cher je dirais que les revenus et les minima sociaux des personnes sont pas assez élevées mais on peut pas concurrencer la tomate du Maroc avec une tomate de Clem saison donc ça ça reste une vraie difficulté les fruits et légumes il faut qu'il soit financés et ça revient sur des sur des politiques plus globales où on paye rien au prix en France aujourd'hui tout est subventionné il y a 9 millions de 9 milliards d'euros de la pack chaque année mais qui vont pas forcément dans la bonne agriculture donc ça ça reste un frein le frein économique le frein le frein de mobilité je rencontre beaucoup de personnes qui qui à se déplacer aussi ou qui doivent passer leur vie à se déplacer pour faire leurs courses et avoir les meilleurs prix donc voilà c'est quelques freins qu'on peut qu'on peut avoir mais en tout cas il y a une vraiment cette volonté j'insiste là-dessus de bien se nourrir et puis la défiance sur le bio on arrive à la casser en rencontrant vraiment les paysans et en refaisant ce lien là c'est quelque chose de très très important au début du projet les gens venaient parce que c'est pas du tout accès à ce genre de produit il y a une dizaine d'années ça a été démocratisé dans les grandes surfaces un peu partout même chez les discounters et continue de venir parce qu'ils ont pas confiance au bio industriel donc ce lien de confiance c'est quelque chose qui est qui est vraiment important dans notre alimentation depuis quelques années maintenant avec plusieurs associations pas de travail sur les questions de sécurité sociale de l'alimentation alors j'imagine c'est un concept très large mais en quelques mots tu peux nous dérouler ce que ça pourrait être ce que ça devrait être en fait en tout cas ça part de cette volonté de sortir des politiques pour les pauvres c'est aujourd'hui on voit bien ça fait plus de 40 ans qui a des banques alimentaires des Restos du Coeur et il y a toujours plus de monde qui en bénéficient avec les problématiques de dignité de non choix des produits d'accueil d'accompagnement et il y a vraiment une urgence à sortir de ça et puis à sortir de cette alimentation liée au gaspillage lié aux invendus à la surproduction la sécurité sociale l'alimentation c'est alors en fait assez simple je sais pas quand combien de personnes suivront cet entrevue mais je pense que personne n'a les mêmes salaires personne n'a les mêmes revenus et pourtant quand on va chez le médecin on est tous remboursés et bizarrement ça pose pas de problème j'ai jamais vu des personnes riches se plaindre d'être remboursées chez le médecin ou de fréhospitalier et ben c'est l'alimentation c'est un peu le même fonctionnement un projet universel pour vraiment pour tout le monde ça c'est quelque chose c'est vraiment socle très très important et un budget 150 euros par mois par personne qui serait sacralisée il faut il faut plus que l'alimentation soit systématiquement la variable d'ajustement chaque mois on reçoit 150 euros donc ça c'est le deuxième principe et on choisit de manière démocratique avec des caisses de conventionnement sur les territoires on choisit comment on va utiliser cet argent là donc on peut imaginer la fléchés en tout cas vers une alimentation durable ça nous permet donc à la fois de soutenir une agriculture paysanne biologique et aussi de rendre accessible des des meilleurs produits en interdit pas les personnes d'utiliser leur argent pour aller dans les grandes surfaces mais avec cet argent là évidemment on aimerait bien la fléchir sur sur une alimentation plus propre mais ça pose quand même ce souci si on parle de démocratie alimentaire les gens devraient pouvoir choisir librement et en bonne conscience ce qu'ils veulent consommer sauf qu'aujourd'hui c'est pas le cas personne ne consomme en bonne conscience ce sont des matraqué par la publicité on est matraqué par des promotions et puis on a quand même besoin aussi peut-être d'éducation à l'école sur ces sujets là pour pouvoir devenir des bons mangeurs cette sécurité sociale ou pas c'est quelque chose qui réfléchit puis je dirais 4-5 ans il y a un junior sans frontières à Christelle la Confédération paysage le réseau salarial il y a des chercheurs il y a des assos comme comme vrac aussi qui participent ça commence à grossir ça commence à être médiatisé mais politiquement c'est très compliqué aujourd'hui ça en tout cas sur sur ce mandat il est peu probable que ça passe les insoumis et repécologie c'était montrer intéressé en tout cas il y a encore besoin de travailler dessus on commence à mener des expérimentations sur sur plusieurs territoires de de voir voilà si chacun cotise selon ses moyens et qu'il reçoit 100 ou 150 euros comment il les utilise tout en travaillant de manière démocratique donc ça va être aussi approuver par exemple que ça peut fonctionner et sa vraie basculement politique c'est un vrai choix donc c'est quelque chose d'assez ambitieux qui peut mettre quand même une dizaine d'années avant d'exister les quartiers s'ils étaient tous devant toi là aujourd'hui tu auras envie de leur dire quoi à ses élus qui travaillent dans les quartiers qui sont au travail pour les quartiers qui évidemment il y a énormément de choses à faire moi j'aimerais bien qu'il y ait plus de politique de la ville en soi que le droit commun existe partout malheureusement on n'est pas là il y a encore beaucoup de travail pour réduire les inégalités mais moi j'ai vraiment j'aimerais vraiment insister évidemment sur cette question d'alimentation qui aujourd'hui est pas ancrée dans la politique de la ville et si vous regardez dans le rétroviseur deux ans derrière c'est longues files d'attente dans les quartiers toutes ces personnes qui sont mobilisées de les assauts pour pouvoir nourrir les habitants de ces quartiers on voit qu'il y a quand même quelque chose qui qui se passe quand on dès qu'on fait un événement autour de l'alimentation les gens sont là ça les FEDER non seulement pour se nourrir mais pour pour faire lien on a pu créer très récemment à Lyon une maison de l'alimentation et en un mois et demi on voit qu'il y a déjà plus de 250 habitants du quartier qui viennent régulièrement soit manger soit acheter des produits donc il faut continuer de lever les freins qui soient économique et qui soit l'offre sur un territoire parce que oui on a envie de bien manger dans les quartiers on a envie de végétaliser aussi son quartier on a envie de travailler sur ces questions environnementales et on a envie surtout d'être en meilleure santé donc l'accès à l'alimentation de qualité c'est un vrai choix politique donc il faut continuer de soutenir ça les collectivités locales évidemment mais aussi en partenariat avec l'État avec des entreprises et les associations et les citoyens et c'est aussi évidemment on va pas on va pas changer le monde tout seul quoi donc il y a un vrai intérêt à pouvoir coopérer travailler ensemble pour aller plus loin et juste pour finir la petite les petites sceptiques 15 minutes est-ce que toi Boris taré Vernier toi ou pour vrac tu as un rêve pour les pour les quartiers j'aimerais bien j'aimerais bien effectivement qui est que la politique de la ville puisse disparaître ça serait ce serait la plus belle réussite que tous ces habitants soient aussi comme tout le monde en fait ce soit pas se sentent pas des citoyens de seconde zone c'est un petit peu ce qu'on peut ressentir parfois on est déjà physiquement géographiquement très éloigné des centres-villes on a une politique spécifique parce qu'on n'est pas comme les autres je pense que le droit à être comme tout le monde ce serait ce serait un joli rêve parce que il se passe des belles choses dans les quartiers et moi j'ai vraiment cette envie profonde de que que les gens regardent les quartiers différemment on va pas changer l'image de ces quartiers mais vraiment qu'on les regarde différemment il y a des il y a des belles énergies il y a des super belles personnes il y a des beaux projets donc allons-y en fait allons les visiter ces quartiers et n'ayant pas peur parce que le seul risque c'est de faire de belles rencontres merci beaucoup pour ces 15 minutes avec nous merci [Musique]
Boris Tavernier