Discours du ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun à la journée nationale de l'ANRU
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12Invité politiquePromesse
« L'État tiendra ses engagements sur le financement de l'enru essentiel que l'État soit au rendez-vous. C'est le cas dès le budget 2027. »
- 3:40Invité politiqueFait
« s'il y a pas de budget, il y aura pas d'en rue 3 parce qu'en fait il y aura plus vraiment d'objets sur lesquels on pourra se lancer. »
- 4:24Invité politiquePromesse
« La fenêtre de tir, c'est le mois de novembre et avec un examen du texte au mois de novembre, nous serons en capacité de prendre les décrets qui vont bien et d'avoir une perspective donnée aux élus locaux dès le début de l'année 2027. »
- 5:50Invité politiqueFait
« Certains vont reprocher une expression que j'accroche moi avec beaucoup de fierté à l'enue 3, c'est le concept de reconquête républicaine. »
- 7:59Invité politiqueChiffre
« Le vieillissement de la population dans le parc social et donc dans ses quartiers prioritaires, il est considérable. »
- 8:43Invité politiqueFait
« le texte de loi dont l'article 1er c'est en rue comporte aussi d'autres mesures qui sont nature à venir relancer la production de logement dans notre pays. »
- 10:53Invité politiqueFait
« Quand on était gamin dans mon collège Classep, on se disait très jeune, on habite du mauvais côté de l'autoroute, du mauvais côté de la ville. »
Temps de parole
- Vincent Jeanbrun100 %
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C'est évidemment un immense plaisir d'être avec vous parce que on vient de l'entendre dans cet audio. La rénovation urbaine ça marche. La rénovation urbaine ça change des vies et il y a encore beaucoup beaucoup de nos concitoyens qui attendent que la République ait cette maintendue. Je voudrais évidemment saluer toutes les personnalités présentes et messieurs monsieur le ministre chère Patrice Vergrit qui est le président de cette belle structure qui en rue.
Salut madame la ministre Emmanuel Cos qui est également là et qui porte la voix des bailleurs sociaux qui sont au cœur de ces sujets ainsi que toutes les associations d'élus partenaires qui étaient sur scène il y a encore quelques instants et des présidents engagés qui sont, croyez-le, dans la discussion avec le gouvernement et l'État toujours très exigeant mais toujours franc et toujours très constructif. Je voudrais vraiment les en remercier et saluer leur travail et ce de leurs équipes, saluer l'ensemble des partenaires de l'enrue qui sont essentiels à sa capacité à agir.
J'ai cité l'USH Cheema, mais je voudrais également saluer Action Logement Cher Nadia ainsi que l'ensemble des équipes et puis la caisse des dépôts et la banque des territoires. Cher Antoine, merci d'être ses partenaires fidèles euh de l'enrue et vous dire au fond une chose assez simple et une première conviction. La première conviction, c'est que se sont réunis aujourd'hui beaucoup d'élus locaux, en plus de toutes les personnalités qui sont encore ici et surtout beaucoup de maires et c'est je crois une des grandes forces de l'en rue, c'est de mettre les maires au cœur de la machine.
Et moi, je veux le dire aux élus qui sont ici, je crois à la rénovation urbaine quand elle est au plus proche du terrain, au plus proche des des connaissances des élus locaux. Et donc quand elle fait la place au maire, ça a été le cas et c'était la volonté de Jean-Louis Borlot qu'on a réentendu avec plaisir tout à l'heure dans l'audio euh dès l'anruin et ça a été poursuivi. Il faut que ça continue en ce sens. Ça me paraît évidemment essentiel. Et je veux donc commencer par dire au maire que avant de penser à l'enrue 3, il faut déjà qu'on termine l'enrufo et ça m'a encore été dit tout récemment, il peut y avoir des inquiétudes, peut y avoir des doutes. On m'a même parlé de scepticisme.
Je peux le redire ici avec énormément de clarté de fermeté. L'État tiendra ses engagements sur le financement de l'enru essentiel que l'État soit au rendez-vous. C'est le cas dès le budget 2027. Les moyens seront bien là parce que on ne transgige pas sur ces questions-là et donc nous aurons les moyens de terminer l'enru comme il se doit. C'est essentiel. Vous dire évidemment que terminer fièrement un enrueux sans aucune perspective d'avenir, ça aurait été totalement inacceptable. Et on entendait aussi dans l'audio tout à l'heure la voix de Valérie Lettard.
Je voudrais la la saluer, la remercier dans cette volonté qui a été la sienne de lancer tout de suite une mission de préfiguration pour que les choses soient posées. et vous dire que grâce à ce travail, grâce à la mobilisation de tous les acteurs, de ce que j'appelle d'ailleurs l'équipe de France du logement et particulièrement les bailleurs sociaux Action Logement, l'USH, on a pu aller chercher victoire après victoire au niveau de Bercy et surtout avoir le soutien plein et entier du premier ministre Sébastien Lecornu qui a tenu lui-même, nous étions ensemble à Marseille, à annoncer cette volonté de mettre en œuvre un ENRU3.
Alors pour avoir un rue 3, il faut une loi et effectivement dans le contexte qui est le nôtre, avoir une loi au parlement, ce n'est pas simple. C'est pas simple pour deux raisons. D'abord, ça a été évoqué, il y a un enjeu de calendrier. Le calendrier est extrêmement serré. On rentre dans un débat budgétaire et je veux déjà le dire ici, s'il y a pas de budget, il y aura pas d'en rue 3 parce qu'en fait il y aura plus vraiment d'objets sur lesquels on pourra se lancer. et donc la stabilité de nos institutions dans les prochaines semaines et cette capacité à avoir un budget, une copie négociée évidemment discuter avec les parlementaires, elle est déjà une première étape importante.
Ensuite, deuxième étape, c'est l'inscription au calendrier parlementaire. Et là-dessus, je veux vous le dire avec là aussi beaucoup de clarté. La fenêtre de tir, c'est le mois de novembre et avec un examen du texte au mois de novembre, nous serons en capacité de prendre les décrets qui vont bien et d'avoir une perspective donnée aux élus locaux dès le début de l'année 2027. C'est quelque chose que je crois essentiel. Donc on n'est pas en train de se payer de mots. Le chemin, il est possible. Le chemin, il est devant nous. Ensuite, avoir une loi, ça implique qu'elle soit votée par nos parlementaires. Et là, encore bravo Gill tout à l'heure pour ce vote à l'unanimité.
Et puis j'ai cru comprendre que ce matin dans son discours d'ouverture, le maire de Saint-Denis avait dit que lui-même à ce titre personnel soutenait l'enrue 3. Je m'en réjouis et pourvu que ces mots soient entendus par l'ensemble de son groupe politique à l'Assemblée, ce sera évidemment très précieux. Mais en fait, ce sont tous les groupes politiques qui doivent entendre ce message, ce message de la banlieue, ce message de ces quartiers qui au fond euh connaissent les difficultés des populations, qui sont souvent oscilié à ces formes urbaines qui datent d'un autre temps et donc qui connaissent cette nécessité d'avoir des outils puissants pour venir rénover en profondeur l'urbanisme.
Non pas parce que on s'intéresse tant que ça aux bâtiments et aux rues, mais parce qu'on s'intéresse collectivement aux habitants qui sont dans ces quartiers. Et on a une conviction au fond, c'est que en transformant le quartier dans sa physionomie, on peut transformer la vie des gens à condition bien sûr d'avoir des politiques de la ville qui soient efficaces et qui viennent en renfort du droit commun. discussion qu'on a souvent ensemble et sur lequel je continue à me battre, soyez-en sûr.
Je veux aussi, puisque vous êtes tous engagé à à faire pédagogie de la œuvre de pédagogie auprès de vos parlementaires, à vous dire aussi deux choses parce que je l'entends dans le débat et on a eu une commission hier qui s'est globalement bien passée à l'Assemblée nationale. Certains vont reprocher une expression que j'accroche moi avec beaucoup de fierté à l'enue 3, c'est le concept de reconquête républicaine. Et certains nous disent nous on voudrait pas dans en rue qu'il soit que en conquête républicaine et il y a déjà des amendements qui sont déposés pour faire sauter ce mot-là parce que ce serait perçu comme un en rue 3 purement et simplement sécuritaire. C'est pas le sujet.
Si on avait voulu dire un rue 3 sécuritaire, on aurait dit en rue 3 sécuritaire. C'est évidemment pas l'ambition. Par contre, derrière ces mots extraordinaires de reconquête républicaine, il faut bien entendre que c'est comment collectivement on tient la promesse républicaine. Et ça veut dire faire reposer cet en rue 3 sur six piliers parmi lesquels les équipements publics et donc les écoles. Et quel est le plus bel outil que la reconquête républicaine ? Que l'école qui a évidemment un pilier sur la tranquillité publique et la sécurité.
Et il le faut parce que justement c'est les plus modestes dans ce pays qui ont le plus besoin que la puissance publique soit à leur côté pour les protéger et on en a besoin de ramener de la tranquillité publique dans nos quartiers. Et c'est pas Thierry Repentin avec ce qui s'est passé récemment qui me dira le contraire. Il faut absolument qu'on soit là-dessus. Mais c'est que un pilier parce qu'il faut aussi qu'on parle de transition énergétique et climatique. Il faut qu'on adapte nos patrimoines bâtis, nos espaces publics et la vie de nos concitoyens. Et puis il faut qu'on fasse ensemble collectivement qu'on prenne la mesure du choc démographique majeur qui nous attend.
Le vieillissement de la population dans le parc social et donc dans ses quartiers prioritaires, il est considérable. Donc ça pose la question de l'adaptabilité de et la la capacité à accueillir les personnes à mobilité réduite. C'est tout ça qui va devoir irriguer cet enrue. Et puis une question qu'on a parfois laissé un peu de côté, c'est aussi la question des mobilités. refaire le quartier si on ne le reconnecte pas au reste de la ville ou à son tissu urbain qui l'entoure, c'est aussi quelque chose où on perd une occasion. Et donc c'est tout ça que qu'on veut mettre dans cet en rue à 360°gr comme j'ai mal appelé.
Et là aussi, faites œuvre de pédagogie s'il vous plaît auprès des parlementaires. C'est pas un enrue caricatural, c'est vraiment un enrue qui se veut le plus généreux et ambition et ambitieux possible. C'est vraiment ça que je porte et je crois que ceux qui travaillent à cette copie avec moi peuvent en témoigner. C'est évidemment important. Vous dire aussi un petit mot sur le fait que quand on veut faire de la rénovation urbaine, ça en passe par de la production de logement. Produire du logement neuf, rénover de l'ancien à neuf pour faire en sorte que il y ait aussi une réalité d'équilibre, d'aménagement et cetera.
Il faut qu'on se le dise ici parce que le texte de loi dont l'article 1er c'est en rue comporte aussi d'autres mesures qui sont nature à venir relancer la production de logement dans notre pays. Faciliter la rénovation, faciliter l'adaptation au changement climatique, aider aussi à reconstruire post incendie, ça a l'air de rien mais quand même. Libérer aussi le choc d'investissement pour que le logement privé en plus du logement social puisse sortir de terre plus facilement. Et là, moi je veux le redire ici, je pense parler à des gens convaincus, mais il est hors de question d'opposer logement social et logement privé. Si on veut un parcours résidentiel, il faut de tout.
Si on veut de la mixité sociale et fonctionnelle, il faut de tout. Et donc, il faut qu'il y ait un véritable plan de relance logement pour accompagner la rénovation urbaine de nos quartiers. Et là aussi, si vous aviez la gentillesse de faire la pédagogie à vos parlementaires, je vous en serai extrêmement reconnaissant.
Je vais pas faire rallumer la lumière, mais vraiment je vous invite à à regarder ça aussi avec beaucoup d'attention parce qu'aujourd'hui après avoir joué un rôle contrecyclique majeur, les bailleurs sociaux eux-mêmes nous disent bah en fait maintenant c'est nos opérations de logement social qui ont du mal à sortir parce qu'on narrive pas à faire la copromotion qui permet et la mixité sociale du quartier et l'équilibre des opérations.
Et ça c'est évidemment très important pour moi aussi vous dire, j'aurais peut-être dû commencer par là mais que moi qui suis un enfant des bar HLM de ma ville, ville dont je suis devenu mère quelques années après, j'avais un rêve, c'était de transformer le quartier don dans lequel j'avais grandi parce que tout gamin allait savoir pourquoi, j'étais obsédé par une sentiment d'injustice. Le fait que mon quartier ressemblait pas aux autres quartiers de la ville. Quand on était gamin dans mon collège Classep, on se disait très jeune, on habite du mauvais côté de l'autoroute, du mauvais côté de la ville.
Et et quand on grandit avec ce ce type de marqueur dans la tête, ça pose quand même un certain nombre de questions et ça nous prédestine pas tout à fait aux même choses. Et moi, j'ai eu la chance sur mon parcours et c'était probablement plus facile à l'époque d'avoir l'école, d'avoir les professeurs, d'avoir une famille qui m'a encouragé. Mais faut être honnête, c'est beaucoup plus dur aujourd'hui. Et en rêvant d'un jour changer la vie de ces ses habitants qui nous ont succédé, ma famille et moi, dans ces quartiers, dans ses tours, dans ses bars, un jour, j'ai eu la chance d'être maire et tout de suite, j'ai dit comment on fait pour changer la vie de ses habitants ?
Comment on transforme le quartier ? Puis j'ai regardé les finances de la ville et je me suis dit, on va pas y arriver. Et puis là là j'ai rencontré l'en rue et là j'ai rencontré les partenaires et là j'ai rencontré tous ces financeurs mais aussi toute cette expertise qui a été mise à notre service. Et j'allais dire peut-être le plus important de l'espoir parce que quand vous êtes maire tout seul sans partenaire sans vision parfois il y a de quoi désespérer.
Mais quand vous avez une structure qui en plus maintenant a une expertise et une certaine bouteille, on va le dire comme ça, qui vous dit on sait faire, on a déjà fait et il y a aujourd'hui des territoires de la République qui étaient en déprise, en désérance et qui aujourd'hui sont des quartiers, des endroits où ils font bon vivre, où on a recréé de la mixité sociale, de la mixité fonctionnelle, où les gens sont heureux d'aller à l'école. Je crois que c'est ça dit beaucoup de choses et d'ailleurs en ayant le soutien de l'en rue, j'ai pu transformer littéralement le quartier de mon enfance. Il y a un petit plaisir pervers à raser l'école dans laquelle vous étiez petit. Je j'avoue.
Mais le plus beau cadeau qu'on m'est fait, c'est quand justement on a inauguré une magnifique école flambe en œuvre au pied du quartier où j'ai grandi et où des familles sont venues me voir en disant que c'est monsieur le maire, nos enfants, on voulait pas qu'ils aillent à l'école du quartier. Donc on les mettait loin dans une autre école. Et quand on a vu et on voulait partir et on voulait quitter le quartier à tout prix.
Mais quand on a vu l'école que vous avez construite, quand on a vu la qualité que vous étiez en train de mettre dans le quartier, non seulement on s'est dit qu'il fallait rester et on a remis nos enfants à l'école publique dans le quartier, ce qui d'ailleurs favorise la mixité sociale. Vous pouvez pas imaginer l'émotion que j'ai eu à ce moment-là parce que c'était une grande preuve de reconnaissance un peu de l'action du maire mais surtout de l'action publique. Et au fond, ça venait dire la promesse républicaine, c'est pas un mensonge, ça existe.
Voilà ce que je voulais partager avec vous très rapidement, vous dire que l'enru 3 nécessite encore un effort pour qu'on l'ait de manière ferme et définitive et nécessite la mobilisation de chacun. Mais c'est vraiment là, il y a une volonté, je le sens, très large et très transpartisane. Donc c'est tout à fait possible. Ça dépend de nous tous et croyez bien que j'y mettrai toute mon énergie et tout mon cœur parce que je suis absolument absolument convaincu.
et vous me permettrez de terminer ce propos en saluant le travail extraordinaire des équipes de l'enrue qui est un travail pas simple, qui nécessite un dialogue complexe avec des élus qui savent être caspiés quand il faut, avec des habitants, avec les services de l'État, avec beaucoup parfois aussi de commandes contradictoires. Euh on demande beaucoup beaucoup de logement et en même temps on demande de dentsifier pour faire de la place à la à la nature. Il y a beaucoup de règles et de normes complémentaires mais on demande de faire moins cher. Tout ça évidemment il faut le prendre en compte.
Et donc un grand merci aux équipes de l'enrue et si vous me permettez un mot tout particulier pour sa directrice générale qui je dois le dire a donné vraiment un dynamisme ces dernières années à l'en rue avec beaucoup de talent, beaucoup de fermeté mais en même temps beaucoup de diplomatie ce qui est assez rare. Alors, un tonner d'applaudissement pour les équipes de l'enrue et pour sa directrice Anneclaire Miallo. Et vive l'enue, vive la République et vive la France.
Vincent Jeanbrun