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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 21 novembre 2025 19 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Face à Face : Didier François - 21/11

Au micro : Laurent NeumannSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Quand il dit perdre nos enfants, de quels enfants parle-t-il ?

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    Le président de la République avait-il relu le discours du chef d'état-major ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Faut-il relier ces propos à ceux de Thierry Burkhard en juillet ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Se préparer à un scénario d'affrontement avec la Russie ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Pourquoi la Russie a identifié la France comme son principal adversaire ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Les services de renseignement ont-ils des informations que nous n'avons pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41PrésentateurFait
    « Il dit ceci, si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, ajoute-t-il, s'il n'est pas prêt à souffrir économiquement, si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. »
  • 1:06InvitéFait
    « En fait, les soldats et les militaires sont les enfants de la nation. »
  • 2:50InvitéFait
    « aujourd'hui, l'un des risques que l'on peut avoir à faire face, c'est un risque d'engagement majeur des armées françaises en Europe, hors du territoire national »
  • 3:49PrésentateurFait
    « La Russie a identifié la France comme son principal adversaire en Europe. »
  • 4:00InvitéFait
    « si on est prêt à ce scénario d'affrontement, eh bien, on va le dissuader. »
  • 5:00InvitéFait
    « comment éviter que la Russie ne fasse une bêtise en allant tester les Pays-Baltes ou tester les Polonais ou tester les Moldaves »
  • 5:40InvitéFait
    « Si, au contraire, ça nous protège, mais c'est ce qui nous permet aussi d'organiser la résistance. »
  • 7:23InvitéChiffre
    « L'hypothèse est que, d'ici 2030, si on est capable de dissuader une attaque russe majeure en pouvant projeter l'ordre de 30 000 hommes en dehors de nos frontières aux côtés d'une force européenne »
  • 11:12InvitéChiffre
    « On parle de plus de 300 000 morts et blessés russes depuis le début de la guerre. »
  • 12:47InvitéFait
    « en fait, on est dans la logique de ce qui avait été déjà présenté à cet été, qui est une logique de capitulation. »
  • 13:10InvitéChiffre
    « Ils ont aujourd'hui une armée à 1,2 million de 100 000 hommes. »
  • 15:51InvitéChiffre
    « L'armée de terre recrute tous les ans 16 000 jeunes, quand même, que les choses soient claires. »
  • 16:40InvitéChiffre
    « Une classe d'âge, à l'époque, c'était que les garçons, c'était 400 000 hommes. Aujourd'hui, c'est 800 000 jeunes. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur30 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Laurent Neumann. Il est 8h28 sur RMC et sur BFM TV. Bonjour Didier François, vous êtes éditorialiste Défense BFM TV. On avait vraiment besoin d'un expert ce matin pour revenir évidemment sur les propos du chef d'état-major des armées, Fabien Mandon. Oui, ça fait jaser, ça fait beaucoup réagir. Il y a eu de la sidération, de l'inquiétude, beaucoup de critiques aussi. Je vais relire ces propos prononcés devant le congrès des maires.

Il dit ceci, si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, ajoute-t-il, s'il n'est pas prêt à souffrir économiquement, si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. D'abord, je voudrais essayer de comprendre Didier François, quand il dit perdre nos enfants, de quels enfants parle-t-il ? Est-ce qu'il parle juste des militaires ou il parle de chacun de nos enfants dans chaque famille de France ?

1:06
Invité

En fait, les soldats et les militaires sont les enfants de la nation. Bien sûr. Il y a quand même une petite hypocrisie à s'emballer là-dessus. Je rappelle que la semaine dernière, c'était le 11 novembre, et que tous les dirigeants politiques, Le Bleuet et ce qui est bien normal à la boutonnière, sont allés devant les monuments aux morts, où c'était justement nos enfants morts pour la France. Enfin, ça veut bien dire ce que ça veut dire d'un point de vue militaire.

Ça veut dire ce qu'a voulu rappeler le chef d'état-major des armées, c'est que dans un monde qui devient de plus en plus violent, où nos adversaires n'hésitent plus à recourir de manière totalement décomplexée à la guerre et à l'affrontement au rapport de force, rappelons que la liberté a un prix, et que le prix de la liberté, ce n'est pas seulement les armes, ce n'est pas seulement le budget, c'est la volonté de vouloir défendre ce que nous sommes et ce pour quoi nous vivons.

1:58
Présentateur

C'est aussi simple que ça. On va revenir sur les raisons de ces propos, mais d'abord quelques questions que tout le monde se pose. Le chef d'état-major des armées qui parle devant le congrès des maires, il le fait avec le feu vert du président de la République. Je me suis demandé tout simplement si le président de la République avait même relu son discours et les propos qui font jaser, comme vous dites.

2:17
Invité

Alors relu, honnêtement, je n'en sais rien. Je ne vais pas poser la question, chef d'état-major des armées. En revanche, ce qui est logique, c'est qu'il soit intervenu devant les maires après être intervenu devant les députés, et cela dans un cadre de présentation de la situation stratégique générale aux élus de la République. Pourquoi ? Parce que, rappelez-vous la séquence, on a l'impression que ça tombe comme un cheau sur la soupe, mais pas du tout.

En fait, le président de la République s'est exprimé le 1er, le 13 juillet dernier, sur la présentation, lors des voeux à la nation et aux armées, de la revue stratégique nationale, dans laquelle on explique qu'aujourd'hui, l'un des risques que l'on peut avoir à faire face, c'est un risque d'engagement majeur des armées françaises en Europe, hors du territoire national, puisque le territoire national, lui, il est protégé par la dissuasion nucléaire, il est sanctuarisé.

En revanche, si dans 3 ans, 4 ans, 5 ans, la Russie, un petit peu revigorée, avec une armée qui s'est reconstituée après la guerre en Ukraine, parce que pour l'instant, elle est usée par la guerre en Ukraine, mais on voit bien qu'ils sont sur un modèle de croissance qui fait qu'ils testeraient la solidarité européenne à un moment où les Américains ne sont pas sur le territoire.

3:32
Présentateur

J'essaye de faire de la pédagogie pour ceux qui nous écoutent sur RMC ou qui nous regardent sur BFM TV. Donc, vous êtes en train de me dire que ce qu'a dit, Fabien Mandon, il faut nécessairement le relier à ce qu'avait dit son prédécesseur Thierry Burkhard. C'était le 11 juillet dernier, juste avant la prise de parole d'Emmanuel Macron. On va reciter ses propos. La Russie a identifié la France comme son principal adversaire en Europe. Ça veut donc dire qu'il faut clairement se préparer à quelque chose de sérieux avec la Russie ? En fait, l'idée, c'est de se dire

4:00
Invité

si on est prêt à ce scénario d'affrontement, eh bien, on va le dissuader. Le problème, c'est qu'il ne faudrait pas que la Russie fasse un mauvais calcul. L'idée, ce n'est pas de faire la guerre, mais de tout faire pour l'empêcher. C'est toujours la même chose. Le rôle des armées, c'est d'empêcher la guerre. D'abord, parce que les armées, c'est les premiers qui seront. La nation serait engagée dans la guerre. La guerre serait une catastrophe. Donc, l'idée, c'est d'être suffisamment fort avant et de montrer notre détermination pour que l'adversaire ne fasse pas d'erreur de calcul et ne se dise pas « Oh là là, il y a tous les herbivores là-bas qui sont dans le pré.

Ils ne sont pas prêts à se défendre. » Oui, mais ce n'est pas que lui, en fait. Regardez, c'est étonnant. On a toujours ce débat très franco-français. Hier, le chef d'état-major de l'armée suédoise a dit la même chose. Le polonais dit pareil. Les Allemands disent, eux, 2029. Donc, voyez bien que tous les Européens voient ce qui se passe. Ils voient deux choses. Ils voient un retrait américain de l'Europe. Ils voient une montée en puissance de la Russie.

Et donc, la question qui se posera, c'est comment éviter, alors qu'on a perdu, en fait, ces deux protections, entre guillemets, comment éviter que la Russie ne fasse une bêtise en allant tester les Pays-Baltes ou tester les Polonais ou tester les Moldaves qui ne sont pas dans l'OTAN. Et qu'est-ce qu'on ferait si, demain, un pays européen avec lequel on a une monnaie commune, une économie commune, une énergie commune, des valeurs communes, des institutions communes étaient attaqués ou testés ? On est bien obligés d'y aller.

5:23
Présentateur

Il y a une autre question que beaucoup de gens doivent se poser. Pourquoi nous ? Pourquoi la Russie a identifié la France comme son principal adversaire ? Je rappelle quand même qu'on a la puissance nucléaire, on a une vraie puissance militaire, on a un siège au Conseil de sécurité de l'ONI. Ça veut dire que tout ça ne nous protège pas ? On ne nous protège plus ?

5:40
Invité

Si, au contraire, ça nous protège, mais c'est ce qui nous permet aussi d'organiser la résistance. Vous avez bien compris que, par exemple, la coalition européenne, aujourd'hui, se fait autour de deux pays qui sont les deux seuls pays qui ont l'arme nucléaire, qui sont la Grande-Bretagne, qui ne sont plus dans l'Union Européenne, et la France. Pourquoi ? Parce qu'avec un retrait américain, c'est les deux seules puissances qui restent sur le continent européen, dotées et donc capables de dire à la Russie, on n'a pas peur. Les autres sont plus dans une situation plus inquiétante. Donc, ils sont obligés de s'appuyer sur une partie de notre dissuasion pour pouvoir réagir.

Donc, les Russes le savent parfaitement. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils font ce qu'on appelle la guerre hybride. On ne va pas avoir un déboulé de char sur les Champs-Élysées. Soyons sérieux, ça n'a aucun sens. En revanche, le risque, évidemment, c'est, un, ce qu'on appelle cette fameuse guerre hybride, c'est-à-dire la guerre informationnelle, parce que sur le débat, je peux vous dire que les trolls russes, ils y vont sacrément.

6:28
Présentateur

Et il faut le dire, ça n'arrive pas qu'en France. Il y a eu une voie ferrée qui a été sabotée en Pologne ce week-end. C'est tous les jours en Europe.

6:35
Invité

Donc, le chef d'état-major des armées est dans son rôle quand il dit aux maires de France qui seront, après l'avoir dit aux députés, c'est ce qu'il avait fait dans un premier temps, attention, il faut que vous soyez prêts à pouvoir organiser la résilience de la nation. C'est autour de vous que se ferait, par exemple, la mise en place des structures hospitalières, des trains, des hôpitaux, des aéroports, enfin, de tout ce qui serait la logistique et le fait qu'une nation tienne face à une agression. Donc, il est totalement logique que le chef d'état-major des armées aille s'appuyer, et c'est ce que prévoit la revue nationale, sur ce qui fait la résilience de la France.

Mais on avait l'habitude de ça. La revue nationale, pour ceux qui nous écoutent, d'un mot ? La revue nationale stratégique, en fait, c'est l'analyse qui est faite par les services de renseignement et l'ensemble des services de l'État des risques majeurs et qui disent, voilà, on a une hypothèse. L'hypothèse est que, d'ici 2030, si on est capable de dissuader une attaque russe majeure en pouvant projeter l'ordre de 30 000 hommes en dehors de nos frontières aux côtés d'une force européenne, eh bien, si on est capable, ça ne veut pas dire que ça va arriver, si on est capable de répondre à ce scénario-là, on est capable de répondre à tous les scénarios de crise.

Le but du jeu, encore une fois, c'est de dissuader la guerre,

7:44
Présentateur

c'est de gagner la guerre avant la guerre. C'est très clair. Didier François, je le disais en vous présentant, vous êtes vraiment un expert de ces sujets-là et moi, en écoutant Fabien Mandon, je me suis dit, mais est-ce que le haut commandement militaire, nos services de renseignement, savent des choses ? J'imagine que oui, que nous, nous ne savons pas. Par exemple, sur les intentions précises des Russes ou sur l'écroulement potentiel des Ukrainiens, là, dans leur guerre, d'ici quelques semaines ou quelques mois. Est-ce qu'ils ont entre leurs mains des informations que nous n'avons pas et que vous, d'ailleurs, vous avez peut-être ? Non, alors, encore une fois, les services de renseignement

8:16
Invité

essaient évidemment de décrypter, mais on ne peut pas être dans la tête de Poutine, que les choses soient claires. En revanche, il y a des choses que l'on peut voir et pas seulement les services de renseignement. On voit bien que depuis 2008, la Russie monte en gamme et qu'elle est de plus en plus agressive. Géorgie, Syrie, prise de la Crimée, attaque de l'Ukraine. Donc, on voit bien la tendance. On voit bien la Chine aussi. Parce que nous, on est toujours ultra franco-français et puis très européen-centré. Mais les Américains, pourquoi ils se retirent de l'Europe ? Parce qu'eux estiment qu'entre 2027 et 2030, il y a un véritable risque que Xi Jinping veuille reprendre Taïwan.

Et ils disent si nous, on est occupés à Taïwan, on ne pourra pas s'occuper de l'Europe. Donc, grosso modo, démerdez-vous. Et donc, tout le monde a ça en tête. Tout le monde sait que c'est pour ça qu'on accélère le tempo pour pouvoir être prêt au cas où. Parce que, encore une fois, alors, moi, je suis un vieux con, donc j'ai l'habitude. Dans les années 80, on avait la guerre froide. On savait ce que c'était. On faisait notre service national. On avait ces structures de l'OTAN qui faisaient que des troupes pouvaient transiter par la France pour aller des ports de l'Atlantique jusqu'à l'Est. Tout ça, on vivait avec.

Il se trouve que pendant 30 ans, on a eu une période de paix totalement exceptionnelle en Europe de l'Ouest. Et que donc, on a un peu oublié ces fondamentaux. Et que donc, maintenant, quand on nous dit que la pluie mouille, oula, ça fait peur. Oui, ça fait peur. Mais en fait, on vit très bien avec. On a vécu, toute notre génération a vécu avec ça.

9:34
Présentateur

Vous m'avez répondu sur les possibles intentions russes. Et là, on analyse les faits. Mais il y a aussi le possible écroulement de l'armée ukrainienne. On entre dans un hiver qui s'annonce à nouveau extrêmement long. On voit les coups de boutoir qui sont portés sur la ligne de front. On parle quand même de centaines, voire de milliers de morts tous les jours. Est-ce que nous avons un certain nombre d'informations qui pourraient nous laisser penser que les Ukrainiens pourraient s'écrouler dans les semaines ou les mois qui viennent ? Alors, un effondrement,

10:02
Invité

non, on n'y croit pas. Là, aujourd'hui, il y a une poussée russe qui est due à de la conjonction. Mais, premièrement, c'est intéressant, l'Ukraine. Pourquoi ? Quand les choses soient claires, les paroles du chef d'état-major ne consistaient pas à dire on va envoyer le trou pour l'Ukraine qu'on va que la Russie. Enfin, là aussi... Mais c'est bien de le redire. Non, mais je préfère le redire parce qu'il y a quand même... Voilà, les hommes politiques qui jouent avec ça, bon, ils savent quand même exactement que c'est pas vrai. En revanche, ce qui est intéressant, c'est de voir, par exemple, l'Ukraine. Ben, eux non plus, ils voulaient pas la guerre. Eux aussi, ils voulaient la paix.

Eux, ils perdent leurs enfants tous les jours. Il y a 1000 morts par jour, au moins, côté russe. Et c'est très élevé côté ukrainien. S'ils avaient pu l'éviter, ils auraient préféré le faire. Ils l'auraient évité s'ils avaient été forts. Aujourd'hui, je pense pas qu'ils vont s'écrouler. En revanche, ils ont un vrai problème de mobilisation. Pour le coup, quand on discute avec des commandants ukrainiens sur le front, leurs unités, elles sont à 70% simplement de leurs effectifs au lieu des 100%. Ce qui fait que c'est difficile de tenir le front parce que, justement, ils ont refusé de mobiliser les jeunes de 18 à 25 ans. La moyenne d'âge dans les tranchées en Ukraine, c'est 42 ans.

C'est quand même élevé. Et c'est difficile. Quand on discute avec eux, ils disent, attention, une guerre face à un pays comme la Russie qui n'a pas peur des pertes et qui s'en fout complètement parce que son opinion publique ne va pas renverser Poutine qui tient ça d'une main de fer. On parle de plus de 300 000 morts et blessés russes depuis le début de la guerre. Donc ça fait 100 000 par an quand même à la louche. C'est ça qu'essaye de rappeler le chef d'état-major des armées aux Français qui, évidemment, heureusement et tant mieux, vivent bien. Donc attention, le monde n'est pas le monde de bisounours que l'on croit parfois. Mais ils ne sont pas prêts de s'effondrer.

En revanche, ils ont un problème comme ils n'ont pas d'hommes. Ils dépendent des drones pour se défendre. Or, il se trouve que les dix derniers jours, il y a un brouillard de chiens qui est sur toute la ligne de front et que donc les Russes, eux, envoient des vagues humaines et que comme les drones, ils ne fonctionnent pas, ça recule. Mais elle n'est pas à l'état de s'effondrer. Et puis la deuxième chose, j'imagine qu'on allait y venir, c'est le plan de paix. Oui, c'est ce que j'allais vous dire.

11:54
Présentateur

Parce qu'on se dit, mais peut-être que dans l'esprit des Européens, on se dit que ce plan de paix sur lequel Donald Trump est censé travailler depuis des mois, peut-être qu'il n'a aucune chance. Il y a un plan de paix qui a été présenté. Il est en 28 points. J'en résume les principaux. L'Ukraine doit céder les territoires déjà occupés par la Russie, c'est-à-dire la Crimée, les quatre blasts du Sud-Est dont l'intégralité du Donbass, si j'ai bien compris.

12:18
Invité

Ça, c'est l'article 21. Oui, en fait, ils disent reconnaissance de facto que l'Ukraine se retire de la totalité du Donbass. La ligne dans laquelle il serait retiré serait une zone démilitarisée. Donc, une reconnaissance de facto des conquêtes et un arrêt de la ligne de... Donc, ça, c'est Donbass.

12:34
Présentateur

Et l'Ukraine serait amputée de la moitié de ses forces militaires. En fait, c'est... Donc, en réalité, pardon le dire... 600 000 hommes. Pardon de le dire comme ça. En fait, ce n'est pas un plan de paix. On demande à l'Ukraine

12:46
Invité

de capituler. Oui, à ce stade, en fait, on est dans la logique de ce qui avait été déjà présenté à cet été, qui est une logique de capitulation. Le problème étant que, en fait, vous le voyez bien, aujourd'hui, l'Ukraine, c'est eux qui, en fait, usent l'armée russe. L'économie russe et le système russe est organisé pour recruter. Ils sont à 20% en plus de leurs objectifs de recrutement. Ils ont aujourd'hui une armée à 1,2 million de 100 000 hommes. Et ils produisent des armes à une tendance extrêmement forte. Une des inquiétudes, par exemple, des Européens, c'est demain, paix en Ukraine. Tant mieux, honnêtement. Mais l'armée russe, elle continue de croître.

13:23
Présentateur

L'économie russe continue à être montée sur la guerre. Parce que ce sont des conditions inacceptables pour l'Ukraine, mais ce sont des conditions inacceptables pour l'Europe et la future sécurité de l'Union européenne aussi. Et c'est peut-être pour ça qu'il faut se préparer à la suite. C'est exactement ça, le sujet.

13:37
Invité

C'est-à-dire qu'encore une fois, le jour où ça s'arrête en Ukraine et que la Russie continue de monter en puissance, le risque, c'est que son appétit se porte sur d'autres... Et pareil, ça ne sera pas du déboulé de char. Ils ne sont pas fous. Mais, exemple bête, demain, un groupe de paramilitaires pro-russes en Estonie au nom de la défense d'une minorité russophone décide de saisir 40 km² en Estonie. Les Américains ont une autre chose à faire.

14:04
Présentateur

Qu'est-ce qu'on dit aux Français ? C'est compliqué de leur dire qu'il faudrait aller mourir pour l'Ukraine, mais c'est encore plus difficile de leur dire d'aller mourir pour Riga, pour Viljus ou pour Saline. Le problème, c'est que c'est exactement

14:14
Invité

ce que disait Marcel Déa en 1939. C'est-à-dire qu'on ne va pas mourir pour Danzig. Et la réalité, on s'est tapé 50 guerres. Donc, le problème, c'est justement, pour éviter de se taper les 50 guerres, il vaut mieux être fort avant pour que l'adversaire ne soit pas tenté de faire une bêtise.

14:27
Présentateur

Vous comprenez quand même que ce climat soit terriblement anxiogène. Ça arrive au moment où Matignon diffuse un guide de survie à tout le monde. Et alors, j'ai appris que Taïwan faisait exactement la même chose. Là, c'est pour se prémunir de l'invasion potentielle des Chinois à Taïwan. Mais en réalité, il y a plein de pays qui font ça, non ?

14:44
Invité

En fait, tous les pays font ça. Je veux dire, un sac de crise, un sac de crise. Que ce soit une crise naturelle, une guerre ou autre chose, il faut de l'eau, il faut de la bouffe, il faut de quoi faire du feu, il faut de quoi se couvrir. C'est béabat quand même. Tout ça est parfaitement normal. Mais là aussi, parfaitement normal. Malheureusement, dans le monde, on a cru pendant des années que, pendant les 30 dernières années, que la parenthèse exceptionnelle de paix que nous avons vécu était la norme. On est en train de se réveiller. C'est évidemment difficile pour l'autruche de sortir la tête du sable parce que c'est désagréable. Honnêtement, ça gratte. Mais en fait, la vérité, c'est ça.

C'est qu'on revient à un monde normal tel qu'on connaissait avant.

15:18
Présentateur

Il y a autre chose qui risque de gratter. J'ai vu qu'Emmanuel Macron s'apprêtait à prendre la parole le 27 novembre prochain. Il va faire un déplacement dans les Alpes. Et alors, on parle d'un retour du service militaire. Retour n'est pas le bon mot, mais d'un service militaire qui pourrait s'adresser à 10 000 soldats, nouveaux soldats, des jeunes majeurs, hommes et femmes d'ailleurs, garçons et filles, volontaires, potentiellement payés. C'est une demande de l'armée. C'est une nécessité absolue. Où en est le projet pour ce que l'on en sait ?

15:48
Invité

Pour l'instant, il y a un besoin. Vous voyez bien qu'il y a un besoin. L'armée de terre recrute tous les ans 16 000 jeunes, quand même, que les choses soient claires. Et ça marche très bien. Il n'y a pas de sujet là-dessus. Il n'y a pas d'inquiétude sur le patriotisme de la jeunesse et son engagement pour défendre le pays. En revanche, il y a un vrai besoin de ce qu'on appelle un peu de masse. C'est-à-dire qu'on a des armées qui sont taillées depuis des années. Et donc, aujourd'hui, ce qui est proposé, de toute manière, le président tranchera et puis il expliquera.

Mais ce qui est le plus facile de faire aujourd'hui, ce qu'on est capable de faire, c'est effectivement sur un volume de 10 000 hommes, un peu sur le modèle

16:28
Présentateur

du service civique. On a l'argent, on a les infrastructures, on a l'encadrement militaire pour se reculper.

16:33
Invité

Alors justement, c'est pour ça que on va parvenir à une classe d'âge entière. Une classe d'âge, à l'époque, c'était que les garçons, c'était 400 000 hommes. Aujourd'hui, c'est 800 000 jeunes. Ça, aujourd'hui, une classe d'âge qui vienne pendant un an faire un service national, on n'en a pas les capacités. En revanche, une remontée en puissance, c'est-à-dire donner à des jeunes qui veulent le faire, la capacité d'apprendre comment se comporter, qu'est-ce que c'est qu'une arme, qu'est-ce que c'est qu'une manœuvre, etc. Donc, un vrai service militaire, une formation. Si vous en formez 10 000 par an, ça vous fait 100 000 sur 10 ans, c'est déjà pas mal pour avoir une petite base.

Après, ça pourra monter en puissance. Mais à ce stade, sur le modèle du service civique, c'est à peu près ce qu'on peut faire de plus efficace.

17:11
Présentateur

J'ai gardé le plus difficile, peut-être d'ailleurs le moins intéressant, vous allez me dire ce que vous en pensez pour la fin. Les réactions politiques au propos du chef d'état-major des armées, on a entendu certains à gauche dire c'est des vattes en guerre, d'autres dire c'est inutilement alarmiste. J'ai même entendu un élu de RN dire il n'est pas légitime à dire tout ça. Comment vous avez réagi, vous, le spécialiste de ces questions ?

17:32
Invité

D'abord, moi, je ne suis pas surpris parce que, encore une fois, la pluie, ça mouille. Oui, à la guerre, on en a des morts. Juste une chose pour ceux qui disent que ce n'est pas légitime. Quand les responsables des services de renseignement intérieur ou extérieur viennent mettre les élus français en garde et les français à travers eux contre la menace terroriste islamiste, par exemple, ils sont dans leur rôle et c'est normal. Et là, ça couine parce qu'on dit que c'est des Russes qui viennent nous emmerder. Mais voilà, il y a un moment, il faut rester raisonnable et arrêter les chicailleries holisticiennes. On a le droit de ne pas aimer un gouvernement, un président, etc.

Mais enfin, le pays, ça reste le pays. Donc indépendamment de tout ça, je pense que le chef d'état-major des armées est dans son rôle en disant attention, on est quand même dans une situation de tension internationale que vous, peut-être, n'avez pas totalement réalisée et que pour être efficace et pour être crédible, il faut dire qu'on est prêt à défendre notre liberté. Elle a un prix.

18:22
Présentateur

Merci Didier François d'être venu éclairer ces propos du chef d'état-major et il est très précisément 8h47 sur RMC et BFM TV.