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interviewLCP - Assemblée nationale· 7 avril 2026 4 min

Racisme : échange tendu entre Mathilde Panot et Sébastien Lecornu à l’Assemblée - 7/04/2026

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Mathilde Panot

Présidente, Monsieur le Premier ministre, à Saint-Denis, dans la ville des rois morts et du peuple vivant, des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées samedi pour proclamer un front antifasciste et dire non au racisme. Cet événement historique est né du déferlement de haine qu'a subi Bali Bagayoko depuis son élection. Que les racistes se tiennent pour dit, c'est toujours par milliers que nous leur tiendrons tête. Bali Bagayoko n'est pas seul, il fait notre fierté. Il fait la fierté de toutes celles et ceux qui ont été trop longtemps privés de représentation politique.

Si un siècle de combats philosophiques et politiques nous ont appris une chose, c'est que les êtres humains sont jetés dans le monde avant de pouvoir se définir. Le racisme a ceci de les réduire, de les déshumaniser, de les assigner, et ce, avant même qu'ils ne prennent la parole. Comble de l'horreur pour ses opposants, Bali Bagayoko n'est pas seulement un élu noir, c'est un élu noir qui veut partager les richesses. Voilà ce que vous ne supportez pas. D'ailleurs, vous avez immédiatement attaqué son arrêté anti-expulsion. Collègues, il faut dire le moment politique que nous vivons, celui d'un racisme répugnant où ressurgissent les structures héritées de l'histoire coloniale.

Les responsables sont connus et récidives à toute occasion, car pour une chaîne comme CNews, le racisme n'est jamais un dérapage, c'est un modèle économique. A cet instant, certains silences sont intolérables. La France insoumise ne se laissera pas donner des leçons de République de la part de ceux qui ont tant tardé à réagir. Vos condamnations à retardement, votre soutien à reculons et le silence de l'homme qui est censé présider la République. Emmanuel Macron appelle Éric Zemmour pendant 45 minutes, quand celui-ci est pris à partie dans la rue, mais n'a rien à dire au maire de la deuxième ville d'Île-de-France lorsqu'il est traité de singe sur les plateaux.

Monsieur le Premier ministre, faut-il être condamné pour provocation à la haine raciale pour recevoir un geste de solidarité du Président de la République ? Si l'on ne s'entend pas sur l'évidence que la République refuse le racisme, alors il ne vous faudra plus parler de République. Merci beaucoup, Madame la Présidente Pannot. La parole est à Monsieur le Premier ministre.

2:07
Présentateur

Merci Madame la Présidente de l'Assemblée nationale. Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Pannot. La semaine dernière, le Président Stéphane Peux, député d'ailleurs de la circonscription de Saint-Denis, m'a interpellé sur ce sujet et sur lequel il faudrait affirmer, et je l'ai dit avec force, le racisme n'est pas une opinion et donc il doit être combattu à chaque moment et à chaque instant. Et c'est pour cela que j'ai demandé au préfet de la Seine-Saint-Denis de se porter partie civile auprès et aux côtés du maire de Saint-Denis, justement, dans les démarches qu'il a faites. La justice est saisie et les enquêtes devront effectivement dire le droit.

Mais, vous voyez, sur la première minute de votre question, Madame la Présidente Pannot, j'étais d'accord avec vous. Et puis au bout d'une minute, c'est plus fort que vous, vous avez joué de l'ambiguïté, laissant à entendre au fond que le gouvernement de la République pouvait être raciste, laissant entendre que celles et ceux qui soutiennent ce gouvernement pouvaient être racistes. Et je le redis avec beaucoup de force, vous participez à une banalisation du mal, vous participez à la banalisation de ce racisme, et c'est dangereux justement pour cette cause. Autre ambiguïté, Madame la Présidente, il ne peut pas y avoir de discrimination à la carte.

Ce qui est abject pour le racisme est abject pour l'antisémitisme, pour l'homophobie, pour l'ensemble des discriminations, car la République, c'est le refus de toutes les discriminations. C'est la différence entre le communautarisme et la défense de la République. Donc, refusons le racisme, refusons l'antisémitisme, refusons l'homophobie, avec la même force et pas à la carte.

3:44
Mathilde Panot

Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre.