Élisabeth Borne : "Il n'y aura pas de coupure de gaz pour les ménages"
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Et avec Léa Salamé, nous vous proposons donc aujourd'hui un grand entretien exceptionnel. 8h20, 9h, la Première Ministre Elisabeth Borne est l'invité de France Inter. Madame la Première Ministre, bonjour et bienvenue. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et de faire votre rentrée radio à notre micro avec Léa Salamé. Nous allons vous interroger sur tous les grands dossiers et les urgences de cette rentrée. Puis les auditeurs de France Inter auront largement la parole pour dialoguer avec vous. L'ami Charline Vanhoenacker viendra fermer le banc, clore le banc à 8h57.
Une question pour commencer afin d'essayer de qualifier, de caractériser le moment dans lequel on se trouve en cette rentrée. Diriez-vous, Elisabeth Borne, comme François Bayrou, que la France traverse la crise la plus grave qu'elle ait connue depuis la guerre ?
Je vais répondre à votre question mais je voudrais tout d'abord souhaiter une bonne rentrée à tous les élèves qui reprennent aujourd'hui le chemin de l'école, du collège, du lycée, à leurs professeurs, à tous les personnels de l'éducation nationale, et puis aux parents pour qui ça peut être un moment un peu stressant. Alors effectivement, le contexte est compliqué aujourd'hui. On voit qu'il est compliqué au plan international.
On a une guerre aux portes de l'Europe, en Ukraine, qui détruit des villes, qui fait des victimes, et puis qui a des conséquences aussi très concrètes sur notre vie, avec des problèmes d'approvisionnement en énergie, avec un impact sur l'inflation, sur le pouvoir d'achat. Et puis je pense que tous les Français ont vu cet été que le dérèglement climatique, ce n'est plus une théorie, c'est une réalité, avec la canicule, avec la sécheresse, avec les incendies. Donc aujourd'hui, c'est dans ce contexte que la rentrée se passe.
Mais est-ce que vous diriez que c'est la crise la plus grave depuis la sortie de la guerre, ou est-ce que c'est trop alarmiste ? Je vous pose la question parce qu'à ce micro, lundi, le patron du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux, disait que l'activité était bonne, que 80% des patrons français aujourd'hui étaient plutôt optimistes. D'un autre côté, Jean-Luc Mélenchon vous accuse d'en faire trop, d'avoir des messages qui font peur alors que la peur tétanise, dit-il. Est-ce que vous n'en faites pas trop dans l'alarmisme pour faire accepter aux Français qu'ils vont devoir payer davantage ?
Attendez, il ne s'agit pas d'être alarmiste, il s'agit de dire la vérité aux Français. Et une fois qu'on a fait ça, on ne reste pas les bras croisés, on agit pour répondre aux préoccupations des Français sur l'énergie, sur le pouvoir d'achat, sur le dérèglement climatique, sur la santé. Ça a été un sujet sur lequel on a été très mobilisés tout l'été. Certains nous prédisaient des catastrophes dans les hôpitaux. On a été mobilisés et on a pu passer cet été grâce à la mobilisation aussi des personnels de santé. Donc je pense que c'est important de dire la réalité sur la situation.
Et puis ensuite, je peux vous assurer que mon gouvernement, il travaille d'arrache-pied pour apporter des réponses. Moi, mon objectif, c'est d'être utile pour les Français.
Vous avez essayé de les rassurer, les Français, notamment mardi soir sur Quotidien, face à Yann Barthès, en répétant que les ménages ne seraient pas touchés par des coupures de gaz en plein hiver, que ça ne concernerait, si ça arrive, que les entreprises. Et pourtant, les Français ont peur, si j'ose dire. Un récent sondage montre que 6 Français sur 10 s'attendent à des pénuries de gaz chez eux, à la maison. Est-ce que vous pouvez les rassurer ce matin que même si Gazprom arrête ses livraisons de gaz, même si le prix du gaz explose, même si on ne sait pas quelle sera la météo le 15 janvier, il n'y aura pas de coupure de gaz, de coupure de chauffage cet hiver chez les ménages ?
Ce que je peux vous dire, c'est que ça fait des mois qu'on se prépare, avec mon gouvernement, pour éviter de devoir faire des coupures. Peut-être, si je vous donne un ordre de grandeur, si on baisse notre consommation de gaz de 10%, alors il n'y aura pas de restriction. Donc ça montre que c'est quelque chose qui peut être à notre portée.
Si on n'y arrive pas, est-ce qu'il y aura des coupures de gaz pour les ménages ?
Je vous confirme que, si toutes les hypothèses défavorables, si on ne fait pas ces économies, si on ne se mobilise pas suffisamment, si l'hiver est froid, si on a des problèmes d'approvisionnement sur le gaz naturel liquéfié, il pourra y avoir des restrictions, mais elles ne concerneront pas les ménages. Je vous redis, il n'y aura pas de coupure de gaz pour les ménages.
Alors Elisabeth Borne, concernant les entreprises, et prenons donc ce scénario, expliquez-nous, on est en janvier, on n'a plus assez de gaz, vous couperez le gaz pendant plusieurs heures, plusieurs jours, pendant des semaines, ça va toucher toutes les entreprises, certaines seulement, comme le scénario est totalement inédit. Dites-nous à quoi vous vous préparez, comment ça va se passer ?
Alors d'abord, j'ai eu l'occasion de le dire, mais je le redis, on attend que nos experts sur l'électricité, sur le gaz, nous précisent des scénarios, et d'ici la fin du mois de septembre, au début du mois d'octobre, moi je présenterai toutes les hypothèses, tous les scénarios, compte tenu des dernières informations données par nos experts. Sur l'électricité et sur le gaz, c'est vraiment deux situations différentes. Sur l'électricité, chaque année, on se prépare à devoir faire face à des pointes de consommation qui peuvent conduire à ce qu'on appelle du délestage tournant, c'est-à-dire qu'on coupe sur une courte période, moins de deux heures, par quartier.
Et évidemment, au préalable, on a identifié les consommateurs sensibles, on veut évidemment s'assurer qu'on ne va pas couper l'électricité chez quelqu'un qui a un appareil médical, donc tout ça est recensé pour qu'il n'y ait pas effectivement des drames du fait de ces coupures. Mais sur le gaz ? Sur le gaz, c'est plus compliqué, je vous dis, on ne va pas couper les particuliers, donc on discute avec les entreprises, avec les gros consommateurs, les entreprises qui consomment beaucoup de gaz, pour regarder quelles seraient les conséquences si on coupe le gaz dans une entreprise. Vous en avez certaines qui ont des process industriels, si vous arrêtez le process... Ils sont obligés d'arrêter ?
Oui, mais dans certains cas, le process ne peut pas repartir. Donc tout ça a fait l'objet d'un travail très précis tout l'été avec les préfets qui ont échangé avec les entreprises et on identifie les entreprises pour lesquelles on n'empêcherait pas le redémarrage du process industriel. On veut aussi... D'abord, j'ai aussi appelé les entreprises à ce qu'elles anticipent et à ce qu'elles aient des plans de sobriété. Et je le redis, si on arrive sur la base de ces mesures, on va dire, de responsabilité à baisser de 10%, alors il n'y aura pas de problème. Donc c'est d'abord ce qu'il faut faire.
Et ensuite, effectivement, il pourra y avoir sur ces gros consommateurs de gaz des coupures, mais on travaille aussi à un mécanisme de droit à consommer, c'est-à-dire l'entreprise à qui on dirait « on va vous couper » a pu se mettre d'accord avec une autre entreprise pour laquelle c'est moins grave et on échange des droits à consommer.
En gros, vous expliquez que ça va être compliqué pour les chefs d'entreprise qui nous écoutent ce matin. Ça risque d'être compliqué. Il faut dire les choses simplement.
Et je l'ai dit au MEDEF lundi, que si nous nous mobilisons tous pour baisser notre consommation, alors il n'y aura pas de restriction. On a pris toutes les mesures depuis des mois. Nos stocks, avant la fin de l'été, seront remplis à 100%. On a augmenté les capacités de nos terminaux métaniers qui nous permettent d'importer du gaz naturel liquéfié. On a diversifié nos sources d'approvisionnement. Donc on fait le maximum pour qu'il n'y ait pas effectivement de restriction cet hiver.
Si ça c'est pour les entreprises, pour les particuliers, pour les ménages, pour les Français, il y a une question. Vous la connaissez, c'est une question qui domine aujourd'hui. Combien ma facture d'électricité va augmenter à partir du 1er janvier ? Pour être très clair, vous avez dit que c'était à un moment où vous ne pouvez pas subventionner l'électricité ad vitam aeternam et que donc ça va augmenter. De combien ça va augmenter ? Bruno Le Maire dit que ce sera une hausse contenue et raisonnable. Ça veut dire quoi ? Plus 10% sur ma facture d'électricité ? Plus 20 ? Plus 40% ? Combien ?
Je ne vais pas vous répondre ce matin parce qu'on est en train d'y travailler et de prendre les derniers arbitrages. Donc on le dira dans les toutes prochaines semaines. Mais je vous confirme que s'il n'y avait pas de dispositif mis en place par l'État, la facture augmenterait de 100%. C'est évidemment inenvisageable. Donc on va continuer à amortir la hausse du prix du gaz et de l'électricité pour les ménages. Et par ailleurs, on aura aussi des dispositions pour protéger les plus fragiles. Donc c'est le travail qui est en cours.
Donc il n'augmentera pas de 100% ? Il n'augmentera pas de 100%. La facture d'électricité, mais il peut augmenter de 50%.
Ce n'est pas nos hypothèses, donc on veut avoir une augmentation.
Ce serait en dessous de 40%. Parce que Bruno Le Maire le dit.
On ne va pas le faire ce matin en direct. En tout cas, il y aura une augmentation. Elle sera contenue. Et par ailleurs, il y aura des dispositifs pour accompagner les ménages les plus fragiles.
Un mot rapide sur les prix de l'électricité qui pèsent aussi beaucoup sur les mers. Certains menacent de ne plus payer les factures de leur ville. On entendait hier le maire communiste de Montaterre dans l'Oise qui disait craindre une multiplication par 4 des factures. Où se trouve les 2 millions qui manquent ? Posaient-ils comme question ? Quel service je ferme ? J'arrête la restauration scolaire ? Je ferme la mairie 3 jours par semaine ? Voilà les questions qu'il formulait. Vous lui répondez quoi à ce maire ?
Je lui réponds que les collectivités, comme les entreprises, bénéficient de dispositifs pour limiter. Mais évidemment, le prix augmente beaucoup. Mais je ne vais pas rentrer dans les détails techniques. Avec l'énergie nucléaire, on amortit, là aussi, pour tout le monde, la hausse des prix de l'électricité. Je pense que ce n'est pas forcément un très bon exemple de décider, quand on est un maire, de ne pas payer ses factures. Et je signale à M. le maire que nous avons voté, dans les textes du mois de juillet-août, un dispositif pour accompagner les communes. C'est 430 millions d'euros, je crois. Les communes qui peuvent être mises en difficulté. Donc, je pense que c'est bien...
Donc, ne donnez pas le mauvais exemple, il faut payer les factures. C'est ça que vous dites ?
Voilà, absolument.
Alors, on a parlé de l'électricité, on a parlé du gaz. On comprend le message de la rentrée, ça va augmenter. En revanche, le carburant. Le carburant, paradoxalement, aujourd'hui, je dis paradoxalement parce que le carburant va baisser en ce 1er septembre à 30 centimes le litre. Cette baisse n'arrive-t-elle pas à contre-temps, Mme la Première Ministre, alors que les prix du brut se stabilisent, alors que nos comptes publics, vous le savez, ne sont pas du tout dans les clous ? Pourquoi cette baisse ? Pourquoi l'État doit subventionner le carburant alors que le prix baisse aujourd'hui ? Au fond, les automobilistes avaient besoin de cette baisse il y a trois mois, pas aujourd'hui, non ?
Alors, les prix du carburant, ils ont remonté de près de 10 centimes depuis une semaine. On avait souhaité mettre en place une remise carburant. Dans les discussions qu'on a pu avoir au Parlement, finalement, on a voté une disposition qui prévoit que la remise passe à 30 centimes. Malgré la remise, il faut qu'on ait en tête que le prix du gasoil, c'est 1,90 euros le litre. Donc, ça n'est pas rien. C'est même quelque chose qui peut peser sur le pouvoir d'achat de gens qui utilisent beaucoup leurs voitures. Se rajoute la remise de 20 centimes proposée par Total Energy. Évidemment, c'est assez paradoxal.
Au moment où on veut accélérer sur la transition écologique, on est tous frappés par les enjeux de dérèglement climatique, de financer, de subventionner des énergies fossiles. Vous savez, c'est l'articulation entre l'urgence. On ne va pas mettre en difficulté les Français. Il faut en effet les accompagner sur leurs frais de carburant. Et puis, le fait de préparer l'avenir. Moi, je peux vous assurer que je préférerais qu'on dépense de l'argent pour investir, pour aider les Français. Et on y travaille et on le mettra en place prochainement pour permettre à chacun d'accéder à un véhicule électrique.
Et donc, c'est la location de longue durée à moins de 100 euros par mois pour développer les transports en commun. Mais il faut concilier l'urgence et puis la préparation de l'avenir.
Et là, on en revient, Madame la Première Ministre, à la question des super profits. Dans ce contexte ultra tendu, une entreprise qui double ses bénéfices en raison des prix de l'énergie et de la guerre en Ukraine ne devrait-elle pas payer une taxe exceptionnelle sur ces super profits ? On sait que vous n'avez pas fermé la porte. Quand Bruno Le Maire, lui, semble l'exclure totalement, il se demande même ce que c'est que des super profits. Il dit encore ce matin dans les échos qu'on ne réindustrialisera pas le pays avec des nouvelles taxes. Alors, dites-nous tout simplement, quelle est exactement la ligne du gouvernement ? Vous n'êtes pas sur la même ligne que votre ministre de l'économie ?
Si, si, par principe. On est sur la même ligne au sein du gouvernement. Ça, c'est le principe ? Non, non, mais on dit la même chose. Vous savez, c'est compliqué de savoir qui fait des super profits. Moi, j'ai vu des amendements qui ont été débattus au Parlement en juillet-août. On nous dit une entreprise qui augmente de 30% ses bénéfices. Mais une entreprise, elle peut augmenter de 30% ses bénéfices parce qu'elle avait fait deux mauvaises années et qu'elle retrouve juste la rentabilité dont elle a besoin pour investir, pour protéger les emplois. C'est le cas total ? Donc, c'est compliqué de savoir effectivement ce que sont les super profits.
Il faut qu'il y ait un travail pour savoir de quoi on parle. Et ce qu'on dit, Bruno Le Maire, comme moi, c'est que nous souhaitons prioritairement que les entreprises qui n'ont pas de raison d'augmenter leurs prix, ne les augmentent pas, rendent du pouvoir d'achat aux Français. Si elles peuvent baisser les prix, qu'elles le fassent. C'est la remise de 20 centimes de totale énergie. Est-ce que c'est suffisant ? Et si les entreprises, par ailleurs, ont des marges financières, qu'elles augmentent leurs salariés. Ça répond aussi au problème de pouvoir d'achat.
Mais on fera le point, et Bruno Le Maire le dit dans son interview, d'ici la fin de l'année, pour regarder si certaines entreprises n'ont pas entendu notre message.
Donc, vous nous le dites clairement ce matin, il n'y aura pas de taxes exceptionnelles comme c'est le cas par exemple en Grande-Bretagne. Je n'ai pas dit ça. Vous avez dit qu'on leur demande d'augmenter leur salaire ou de baisser les prix. On leur demande prioritairement.
Je pense que les entreprises vont faire preuve de responsabilité. Si certaines ne le faisaient pas, nous ne fermons pas la porte.
Emmanuel Macron présidera demain à l'Elysée un conseil de défense sur toutes ces questions énergétiques. Marine Le Pen vous a écrit, Elisabeth Borne, pour dénoncer un contournement du Parlement. Elle demande de convoquer une session extraordinaire du Parlement en mettant à l'ordre du jour un débat suivi d'un vote sur toutes ces questions. Que lui répondez-vous ?
Je peux lui dire qu'elle a un temps de retard. Ce n'est pas comme si on n'avait pas parlé au mois de juillet de ces enjeux énergétiques. Il est d'ores et déjà prévu un débat au Parlement sur la politique énergétique, à l'Assemblée comme au Sénat. Donc on peut rassurer Mme Le Pen, c'est bien prévu. Par ailleurs, vous savez, moi j'ai suivi ce que faisaient mes prédécesseurs de réunir ce qu'on a appelé un comité de liaison, président du Sénat, président de l'Assemblée nationale et président de groupe de l'Assemblée et du Sénat.
On peut très bien, si c'est la demande du président du Sénat et de la présidente de l'Assemblée nationale, avoir une rencontre prochainement pour parler de ces enjeux énergétiques. Mais pour Mme Le Pen, le débat est d'ores et déjà prévu.
Sur la crise énergétique, Dominique Seux nous disait il y a deux jours qu'elle ne s'explique pas que la guerre d'Ukraine a bon dos et que ça fait des années et des années qu'on a un problème de crise énergétique et que d'une certaine manière, on aurait dû, puisque grâce au nucléaire français, on devrait être souverain et indépendant et on ne l'est pas, on continue d'importer de l'électricité et surtout, on a des vrais problèmes sur notre part nucléaire, Mme la Première Ministre, puisque à l'heure où nous parlons, 32 réacteurs nucléaires sur les 56 que nous avons sont à l'arrêt pour des problèmes.
L'opposition critique vos allers-retours et l'absence de vision sur la politique énergétique et le patron de DF a des mots très durs, Jean-Bernard Lévy. Il est particulièrement critique, voilà ce qu'il disait encore il y a deux jours au MEDEF. Ce n'est pas un problème d'expertise que nous avons, mais un problème d'un manque de main d'oeuvre, un manque de bras parce qu'on n'a pas assez d'équipes formées. Et pourquoi on n'a pas assez d'équipes formées ? Parce qu'on nous a dit, votre parc nucléaire va décliner, préparez-vous à fermer des centrales.
Attendez, je ne vais pas engager une polémique avec Jean-Bernard Lévy. Mais vous savez, au début du quinquennat, j'ai moi-même en tant que ministre de l'écologie porté une loi qui disait qu'on serait encore à 50% d'énergie nucléaire en 2035. Donc ça veut dire que la nécessité, le fait qu'on aura des réacteurs nucléaires dans les prochaines décennies, le fait que compte tenu de l'âge de ces réacteurs, il faille engager des opérations de maintenance lourde, je pense qu'on n'a pas dévié depuis 2017. On demande à EDF, évidemment, de mettre en oeuvre ce programme de maintenance lourde, de recruter des compétences.
Vous avez fermé Fessenheim. Quel signe c'était ?
Attendez, ce n'est pas parce qu'on a fermé deux réacteurs suite à une décision prise sous le quinquennat de M. Hollande qu'on n'a pas assuré EDF qu'il faudrait continuer à produire de l'énergie nucléaire. Entre-temps, on a acté qu'on allait construire des nouveaux réacteurs. Mais sur le parc existant, c'est très clair, il n'y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires, il faut recruter. Il y a eu beaucoup de rapports dans le précédent quinquennat sur la nécessité, en effet, de remonter en compétence dans cette filière, de former les salariés, les opérateurs dont on a besoin.
Donc, il faut s'y mettre, il faut accélérer pour avoir les bonnes compétences dans cette filière qui est très importante pour notre pays.
Le nouveau patron d'EDF, il sera nommé quand ? Ça devait être à la rentrée ? On est à la rentrée ?
Oui, oui, ça viendra. C'est en cours de finalisation.
Dans l'intervalle, vous êtes contraint de rouvrir les centrales à charbon. Celle de Saint-Avol, dont Moselle, sera réactivée à l'hiver. On pensait en avoir définitivement fini avec le charbon ultra-émetteur de CO2. Et on est acculé à rouvrir une centrale de ce type après l'été que vous décriviez tout à l'heure, Elisabeth Borne. N'est-ce pas une véritable régression environnementale ?
Bien évidemment, on aurait souhaité ne pas avoir à envisager de redémarrer une centrale à charbon. Je le redis, plus on pourra de façon citoyenne, responsable, baisser tous nos consommations, plus on tiendra, et EDF tiendra, ses calendriers de remise en service de ses différents réacteurs en maintenance. 31 ou 32, j'ai le chiffre de 31 sur 56 réacteurs arrêtés, ça n'est satisfaisant pour personne. Donc voilà, je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon.
Puisqu'on est sur le réchauffement climatique, baisser la vitesse sur l'autoroute, c'est envisageable ?
Ça ne réglerait pas les problèmes de gaz ou d'électricité. Ensuite, c'est des sujets qui sont très sensibles. On a des gens qui prennent tous les jours leur voiture pour aller travailler. C'est des sujets qui peuvent faire l'objet de débats.
C'est ouvert, l'idée de... Je vous dis, c'est sur la table ou ce n'est pas le sujet ?
Pour régler les problèmes de gaz et d'électricité, en priori...
Non, non, c'est une question qui s'était proposée par la Convention sur le climat quand vous l'avez montée. C'était une des mesures proposées.
Oui, alors vous savez, on a aussi une mesure du 80 km heure dont on a gardé un certain souvenir. Donc on voit que c'est un sujet sensible. Donc voilà, il ne faut pas... Il faut trouver des mesures. Vous savez, il faut trouver des mesures...
C'est un mauvais souvenir, le passage des 90 à 80 km heure ?
Il faut trouver des mesures qui recueillent l'adhésion. Moi, je pense aussi que la prise de conscience, elle se renforce. Donc peut-être que des choses qui n'étaient pas acceptables hier peuvent le devenir. Mais il ne s'agit pas de prendre des mesures qui sont vécues de façon négative par les Français. On a besoin d'adhésion pour mener une transition écologique qui doit être radicale pour répondre à l'urgence climatique.
Allez, on file au standard de France Inter. Beaucoup de questions ce matin. Claude, bonjour. Oui, bonjour. On vous écoute. Soyez le bienvenu.
Bonjour, madame. Vous êtes l'exemple parfait de ce que peut produire l'école publique française. Pensez-vous que vous auriez pu faire la même carrière si vos professeurs n'avaient eu aucune formation ? Ce qui va se passer pour des dizaines de milliers d'enfants à compter d'aujourd'hui. Merci.
Merci, Claude, pour cette question sur la rentrée scolaire. Pour pallier en effet le manque d'enseignants, vous avez été contraint de recruter 3 000 contractuels, formés en quelques jours. Votre réponse, Elisabeth Borne, à notre auditeur ?
Alors, on a évidemment voulu qu'il puisse y avoir un enseignant devant chaque élève pour cette rentrée. Et c'est forcément une angoisse pour les parents de se poser la question de savoir si ça sera le cas. Donc ça sera, je ne vais pas vous dire qu'il ne peut pas y avoir un cas, je redis, c'est 12 millions d'élèves, 860 000 professeurs. Donc qu'il puisse y avoir des ajustements dans les jours qui viennent, sans doute. Mais en tout cas, je pense que cette rentrée, elle va bien se passer. Ça ne me satisfait pas qu'il y ait des problèmes d'attractivité, de recrutement dans certaines académies, dans certaines disciplines.
Et évidemment, c'est pour ça que, dans le cadre de ce qui avait été annoncé par le président de la République, on veut redonner de l'attractivité au métier d'enseignant. Ça passe par des enjeux de rémunération. On a annoncé qu'il y aurait une revalorisation de 10% inconditionnelle, si je peux dire, du salaire des enseignants. Puis qu'une discussion allait aussi s'engager pour une autre augmentation, une augmentation supplémentaire du salaire des enseignants. Mais il n'y a pas que la rémunération. Je pense qu'il y a un enjeu de sens du métier d'enseignant. Il faut redonner aussi des marges de manœuvre aux équipes pédagogiques, redonner du sens, redonner de l'envie de faire ce métier.
C'est tout le travail que mène le ministre de l'Éducation nationale, Patel Gagne.
Ça fait cinq ans que vous êtes au pouvoir. C'est la sixième rentrée. Entendre le ministre de l'Éducation nationale dire que la rentrée ne va pas être optimale, est-ce que ce n'est pas un aveu d'échec ?
Vous savez, la revalorisation des enseignants, elle a commencé dans le précédent quinquennat. Aujourd'hui, il faut aussi voir ce qu'est la réalité. Sans doute, du fait des créations d'emplois très importantes dans le précédent quinquennat, c'est 1,4 million d'emplois supplémentaires dans le précédent quinquennat. Donc, c'est une bonne nouvelle. Avec la crise Covid, il y a beaucoup de métiers dans lesquels on n'arrive plus à recruter. Ça veut dire que, quelque part, les salariés, ils ont le choix, ou les Français, ils ont le choix, et il faut renforcer l'attractivité des métiers. C'est une question qui se pose à l'État employeur, et c'est tout le travail qui est fait avec les enseignants.
C'est une question que toutes les entreprises qui ont des difficultés de recrutement doivent se poser. Comment je renforce l'attractivité des emplois que je propose ?
Allez, on retourne au standard. On nous attend Annie, avec une question précise sur les retraites, je crois. Bonjour, bienvenue.
Merci, bonjour madame. Bonjour madame. Je voulais vous demander, je suis retraitée. Depuis trois mois, nous attendons une augmentation de 4% juillet-août, et au mois de septembre, on ne sait pas si nous allons avoir une augmentation, parce que depuis pratiquement un mois, on ne parle plus du tout de nous, retraités. Alors, je vous pose la question, madame, d'une part, si nous avons 4% au 1er septembre, avec effet rétroactif, parce que j'ai cru comprendre ça sur l'antenne, de un mois ou de deux mois ? Merci. Ou de pas du tout.
Ou de pas du tout. Merci Annie pour cette question, la première ministre vous répond.
Alors madame, je vous confirme qu'il y a bien une revalorisation de 4% qui interviendra pour tous les retraités dans le courant du mois de septembre, et il y aura bien une rétroactivité de cette revalorisation sur le mois de juillet.
Puisqu'on est sur les retraites, la réforme des retraites, Elisabeth Borne, c'était l'urgence du candidat Emmanuel Macron ?
Ça reste un enjeu très important. Vous savez, moi j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, dans notre pays, on se singularise, si je peux dire, par rapport aux autres pays européens, aux autres pays de l'OCDE, par le fait que la part des jeunes qui travaillent et la part des seniors qui travaillent est moins importante que dans les autres pays.
Vous allez la faire, la réforme ?
Bien évidemment, on souhaite engager des discussions avec les organisations patronales et syndicales, on souhaite avoir des discussions évidemment avec les parlementaires. Les discussions, elles s'engageront après le Conseil national de la refondation. Vraiment, je pense que c'est important que chacun mesure que si on veut avoir un modèle social, et je pense que tous les Français y sont attachés généreux, alors on va me dire que, peut-être que le terme peut heurter certains, mais je pense que quand on prend en charge l'école, quand on prend en charge tout vos frais de santé, c'est quelque chose qui est important pour les Français.
Si on veut financer un modèle social protecteur, il faut avoir des ressources, et on ne peut pas se priver d'une partie, de notre capacité de travail pour créer des richesses, c'est aussi important pour pouvoir demain financer la transition écologique.
Mais pardon, c'est vrai que c'était la première grande annonce du candidat Emmanuel Macron, je ferai, et c'est une urgence, la réforme des retraites. On a entendu hier, vous aviez un séminaire gouvernemental, Olivier Véran est sorti, il nous a annoncé sept projets de loi pour 2023. Il n'y a pas le mot retraite dans ces sept projets de loi ? La réforme des retraites, c'est pour quand ?
Je vous assure que nous souhaitons avancer, mais on est aussi dans une démarche de concertation, d'écoute, de recherche d'un chemin. Il faut qu'on nait ces discussions avec les organisations patronales et syndicales, et avec le Parlement. Mais les discussions, elles s'ouvrent quand ? Je vous le redis, on a un Conseil national de la refondation que le Président de la République tiendra la semaine prochaine, et dans la foulée, on va avoir un programme de discussion, d'abord sur l'assurance chômage, avec les organisations patronales et syndicales, mais il faut aussi qu'on puisse parler de ce sujet, de ce sujet qui est un sujet complexe, il ne faut pas le nier.
On a cette question, effectivement, de comment la part des seniors qui sont au travail peut augmenter dans notre pays, comment on peut travailler progressivement un peu plus longtemps, mais évidemment, le sujet, il est différent selon le métier que vous faites. Il y a des gens qui ont démarré tôt les carrières longues, donc il faut prendre le sujet dans sa complexité.
En tout cas, ce n'est pas la semaine prochaine, on a compris que la réforme des retraites...
Ça passe par des discussions et par des concertations.
La semaine prochaine, il y a effectivement ce Conseil national de la refondation qu'Emmanuel Macron veut mettre en place. Les Républicains, la France insoumise, le Rassemblement national, le PS, les Verts ont déjà annoncé qu'ils boycotteraient. Ce dispositif qui a été annoncé comme l'outil phare pour rénover notre démocratie n'est-il pas mort-né ?
Écoutez, d'abord, il y aura des représentants associatifs, il y aura des organisations patronales, des organisations syndicales, des associations d'élus. Moi, je m'interroge, est-ce que dans la période actuelle, où on fait face à des défis considérables, où il y a sans doute des bouleversements, comme notre pays n'en a pas connu depuis des années, est-ce que c'est naturel de refuser la discussion avant même qu'elle n'ait commencé ? En tout cas, de notre...
Vous regrettez ce boycott de tous les partis ?
Je dis que chacun est libre de ses choix, mais que je trouve un peu paradoxal de refuser la discussion. Je pense que c'est important qu'on puisse partager les diagnostics, qu'on puisse discuter des objectifs, et je le redis, nous, c'est en tout cas le souhait du Président de la République, et c'est aussi ce que je souhaite, qu'on puisse au maximum partager avec les forces politiques, avec les organisations patronales, syndicales, les associations, les associations d'élus, et la porte restera ouverte.
Dans l'actualité, le Conseil d'État, qui a donné son feu vert mardi à l'expulsion de l'imam marocain Hassan Iqyoussen, dont Gérald Darmanin avait fait ces dernières semaines, un symbole de la lutte du gouvernement contre les discours séparatistes, le Maroc a suspendu le laissé-passer consulaire qu'il avait délivré le 1er août à l'imam Iqyoussen, afin de permettre son expulsion par la France. Cette suspension, le Maroc l'a justifié en disant que la décision d'expulsion de la France était unilatérale et faite sans concertation. Votre réaction, Elisabeth Borne ?
Écoutez, on va poursuivre les discussions. Je sais que le ministre de l'Intérieur devait en avoir avec l'ambassadeur du Maroc en France hier. Une décision d'expulsion, suite à des propos qui ont été qualifiés d'incitation à la haine par le Conseil d'État, c'est une décision unilatérale de chaque État.
Aujourd'hui, il est en fuite cet imam. Il n'aurait pas dû être mieux surveillé ?
Alors, vous savez, heureusement, on est dans un pays dans lequel, quand on n'est pas condamné, on n'a pas des mesures de privation de liberté. Et en l'occurrence, il y avait eu une décision du tribunal administratif qui avait rejeté la décision d'expulsion. Donc voilà, en tout cas, cet imam, il n'est plus aujourd'hui sur le territoire français. Il est où ? Je ne vais pas vous le dire ce matin. De toute façon, il ne pourra pas revenir sur le territoire français. et on exécutera, s'il revient en France, la décision d'expulsion qui a été validée par le Conseil d'État.
Hier, François Melins, le procureur général près de la Cour de Cassation, s'inquiétait de votre réforme de la police judiciaire, celle que Gérald Darmanin prépare. Il estime qu'elle ne va pas dans la bonne direction, qu'elle est porteuse d'un certain nombre de dangers. Vous allez la faire, cette réforme, malgré tout ?
Vous savez, il s'agit d'avoir une bonne coordination de toutes les forces de police dans un territoire. Moi, j'ai été préfète. Je peux vous assurer que de s'assurer qu'il y a une bonne coordination de toutes les forces de police, c'est important. Il y a des inquiétudes qui ont été exprimées. Il va bien sûr falloir y répondre. Je pense que les préfets, ils ont bien en tête l'importance, le caractère essentiel de l'indépendance de la justice. C'est donc des enquêtes judiciaires, mais il faut lever les inquiétudes qui ont été exprimées.
Encore trois, quatre questions très rapides d'actualité, si vous le voulez bien. D'abord, juste le pic inflationniste, on l'a passé ou pas ? Parce qu'hier, on apprenait que pour la première fois, les prix avaient légèrement ralenti en août, à 5,8 sur un an contre 6,1 en juillet. Est-ce qu'on l'a passé ou pas, le pic inflationniste ?
Je pense qu'on ne peut pas encore dire ça. C'est plutôt une bonne nouvelle qu'on ait eu une inflation plus faible sur les derniers mois, mais on considère qu'on devrait avoir passé le pic d'inflation plutôt au cours de l'année 2023.
Encore une question politique, cette fois-ci, dans l'émission Quotidien, vous avez dénoncé les ambiguïtés de la France insoumise sur la laïcité et sur l'antisémitisme, qui les font sortir de l'arc républicain, avez-vous dit avant de vous reprendre ? Ils font partie de l'arc républicain ou pas, les insoumis ? Question simple.
Ce que je peux vous dire, c'est que mon gouvernement, moi-même, nous sommes très mobilisés pour trouver des compromis au Parlement, à l'Assemblée nationale. Il y a des partis avec lesquels on ne cherche pas ces compromis, le Rassemblement national, parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, et je l'ai dit, France insoumise, parce qu'on a des désaccords profonds, mais vous voyez, ces désaccords, c'est aussi Mathilde Panot, la présidente du groupe France insoumise, qui, sur cette antenne, exprimait le fait que son objectif, c'est le désordre à l'Assemblée nationale et dans la rue. Moi, je ne prends pas ça comme une volonté d'ouverture et de compromis.
Donc, pour vous, les insoumis sortent de l'arc républicain ? Donc, pour moi, les insoumis ne font pas partie des forces politiques avec lesquelles on peut travailler à l'Assemblée nationale. Je pense qu'ils ne le veulent pas. Ils veulent le désordre. Je pense que pour mon pays, ça n'est pas la bonne réponse. Je pense que les Français ne veulent pas le désordre. Ils veulent qu'on apporte des réponses concrètes aux problèmes concrets auxquels ils sont confrontés. C'est ce à quoi je m'emploie avec mon gouvernement.
Deux questions sur l'application de France Inter. Etienne, les étudiants dont je fais partie subissent plus fortement l'inflation que le reste de la population. Le gouvernement va-t-il prendre des mesures pour limiter l'augmentation des loyers et des factures d'énergie ? Donc, pour cette catégorie-là, les étudiants.
Alors, le gouvernement a pris des mesures pour les étudiants. Je ne vais pas toutes les énumérer. Mais par exemple, il y a eu une revalorisation de 4% des bourses. Les bourses qui ont été versées au mois d'août. Les étudiants, beaucoup d'entre eux, vont bénéficier de l'aide exceptionnelle de rentrée de 100 euros. On va maintenir les repas à 1 euro pour les étudiants. On est très attentifs à ces enjeux sur le pouvoir d'achat des étudiants. Et je pense que des associations d'étudiants auront l'occasion d'en parler avec la ministre.
Sonia vous demande qu'en est-il du projet d'inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution, comme cela avait été évoqué il y a quelques semaines.
Alors, il y a une proposition de loi qui a été déposée par différents groupes de l'Assemblée nationale. Je ne peux pas vous dire que c'est les textes qui vont être examinés dans les prochaines semaines. On a textes sur l'assurance chômage, après les textes sur le pouvoir d'achat, sur les énergies renouvelables. Mais donc, les textes, ils ont été déposés.
Depuis la Drôme et ses amphi-détés ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a promis pour la rentrée politique la bataille générale face au gouvernement et a estimé qu'un compte à rebours de la dissolution de l'Assemblée était enclenché. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce qu'il y aura une dissolution dans ce quinquennat ? Est-ce que vous pouvez tenir sans avoir la majorité absolue ? Parce que déjà, vous avez annoncé que vous allez faire passer le budget par le 49-3.
Je pense que c'est une illustration supplémentaire que certains cherchent à trouver des réponses pour les Français, qu'il y a beaucoup des groupes politiques d'opposition qui cherchent des compromis, et puis il y en a d'autres qui veulent le chaos, qui veulent le désordre. Écoutez, c'est un choix. Moi, je suis là pour apporter des réponses aux Français, pour être utile. Vous allez pouvoir tenir sans dissolution 5 ans ? Moi, je ne vais pas préjuger de la suite. Je n'ai pas de boule de cristal. Ce que je peux vous dire, c'est que, vraiment, je mets toute mon énergie à pouvoir trouver des compromis pour bâtir les meilleures réponses pour les Français.
Mais malgré tout, le projet de loi sur le budget, vous n'excliez pas d'utiliser le 49-3, faute de majorité ?
Vous savez, on va d'abord chercher des compromis avec les groupes d'opposition. Ensuite, on ne peut pas être dans l'immobilisme. Il faut qu'on ait un budget. Vous savez ce que ça veut dire ? Ne pas avoir de budget. Il faut que chacun ait en tête, qu'on l'exécute par douzième. Dans une période où il y a de l'inflation, je pense qu'on ne répondrait pas aux problèmes des Français. C'est important d'avoir un budget dans notre pays.
Restez avec nous, Elisabeth Borne. Il est 8h56.
France Inter
Élisabeth Borne