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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 13 avril 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Détroit d’Ormuz : Trump appelle la France à l’aide - C dans l’air - 14.03.2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Pourquoi Donald Trump mobilise-t-il 2500 marines et trois navires en renfort au Moyen-Orient?

  • 2:55OuverteRéponse directe

    En tout cas, c'est la première fois depuis le début de cette guerre qu'il appelle à l'aide. Vous y voyez un aveu d'échec?

  • 6:29OuverteRéponse directe

    Comment vous analysez ces mots de Donald Trump sur le détroit d'Ormuz?

  • 7:14OuverteRéponse directe

    Quand Donald Trump parle de mission internationale, comment vous interprétez ces propos?

  • 7:57OuverteRéponse directe

    Quelle sera la réponse de la France? Emmanuel Macron a évoqué l'idée d'une mission internationale dans le détroit d'Ormuz.

  • 8:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que Trump veut nous emmener dans le piège du détroit d'Ormuz?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:25A.CasseFait
    « Donald Trump demande à la France et à d'autres pays d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz pour le sécuriser. Il en appelle aussi à la Chine, au Japon, à la Corée du Sud et au Royaume-Uni. »
  • 3:39G.MalbrunotFait
    « Je pense que c'est un début d'aveu d'échec. Tous les spécialistes savent que c'est très compliqué d'escorter les navires. »
  • 7:14A.LevalloisFait
    « Soit il a minimisé, ce qui paraît surprenant, mais il a peut-être minimisé le rôle que joue le détroit d'Ormuz et la capacité des Iraniens à pouvoir contrôler ce point, qui est essentiel et névralgique pour l'économie mondiale. »
  • 8:42A.LevalloisFait
    « Il sait qu'il ne peut pas le faire tout seul. Il ne veut pas que ce ne soit que les Etats-Unis qui payent le prix. »
  • 10:55R.WerlyFait
    « La seule manière de sécuriser le détroit, c'est d'en prendre le contrôle, c'est-à-dire de voir débarquer des forces sur la rive iranienne. »
  • 12:22A.CasseFait
    « Hier, après l'annonce de la mort d'un soldat français, Emmanuel Macron écartait la possibilité de faire un pas de plus dans le conflit. »
  • 13:48A.CasseFait
    « Selon une agence de presse iranienne, aucune infrastructure pétrolière n'aurait été endommagée sur l'île de Kharg. »
  • 15:13A.CasseFait
    « En Iran, le régime des mollahs tente de garder la tête haute. Malgré les bombardements à Téhéran, hier, des milliers de manifestants pro-régime défilent dans les rues. »
  • 15:57A.CasseFait
    « Nous savons que le nouveau soi-disant guide suprême est blessé et probablement défiguré. »
  • 17:17J-P.PalomérosFait
    « Dans ces conditions, la France garde toute liberté pour décider ou non de faire intervenir ses bâtiments dans le détroit d'Ormuz. »
  • 19:21J-P.PalomérosFait
    « On ne s'interdit pas d'avoir une position agressive si nécessaire. A un moment donné, quand vous êtes sur la défensive, il faut passer sur l'attaque si vous ne voulez pas être trop frappé. »
  • 20:49J-P.PalomérosFait
    « L'île de Kharg a été attaquée uniquement par rapport aux dépôts de munitions, les moyens militaires et l'aéroport, mais pas les réservoirs de pétrole. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

-Ceci est un dispositif médical. Sous-titrage en direct france.tv access. -A.Casse: Bonsoir à tous. Bienvenue dans "C dans l'air". Ce sont des mots inhabituels dans la bouche de Donald Trump et qui ont capté l'attention du reste du monde: le président américain appelle à l'aide de la France et d'autres pays pour envoyer des navires de guerre et sécuriser le détroit d'Ormuz. Pourquoi Donald Trump mobilise-t-il 2500 marines et trois navires en renfort au Moyen-Orient?

0:43

Prépare-t-il une intervention au sol? Cette nuit, il a frappé le talon d'Achille de l'Iran. C'est le principal terminal pétrolier de l'Iran. Ce soir, nous recevons Georges Malbrunot. Vous êtes grand reporter spécialiste du Moyen-Orient au Figaro. Christine Ockrent, bonsoir. Vous êtes journaliste spécialiste des affaires étrangères à France Culture. Vous êtes l'auteure de "Le Trump de A à Z". C'est une sorte d'abécédaire que vous enrichissez en temps réel. Agnès Levallois, bonsoir. Vous êtes spécialiste du Moyen-Orient et présidente de l'IREMMO, l'Institut de Recherche et d'Etudes Méditerranée Moyen-Orient.

1:25

Richard Werly, bonsoir. Vous êtes éditorialiste pour le site Blick et auteur de "Cette Amérique qui nous déteste". Donald Trump demande à la France et à d'autres pays d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz pour le sécuriser. Il en appelle aussi à la Chine, au Japon, à la Corée du Sud et au Royaume-Uni. Il veut une mission internationale maintenant. A quel point ce discours vous surprend-il? -C.Ockrent: C'est un discours à la Trump. Ce n'est pas un discours, c'est plus exactement un post, comme on dit. C'est plus des propos écrits sur son réseau, Truth Social. Il se sert de plusieurs réseaux à la fois. Le problème avec la parole du président

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des Etats-Unis, c'est qu'elle est soit approximative, soit contradictoire. Sur le même réseau, il y a quelques heures, il disait: "La marine américaine va étouffer les Iraniens." La nuit dernière, il avait dit qu'ils ont bombardé le pétrolier iranien. "C'est la victoire, les Iraniens veulent négocier, mais moi, je ne suis pas d'accord." A quel texte du président des Etats-Unis faut-il s'en tenir? Son propre chef d'état-major est un militaire sérieux et il a dit que c'était très difficile d'essayer d'assurer, si j'ai bien lu précisément, le déblocage de ce goulot d'étranglement. On voit plutôt Donald Trump qui lance des messages un peu dans tous les sens. Jusqu'où faut-il les prendre au sérieux? C'est toujours la question à laquelle personne n'a vraiment de réponse. -A.Casse: En tout cas, c'est la première fois depuis le début de cette guerre qu'il appelle à l'aide. Vous y voyez un aveu d'échec? -G.Malbrunot: Je pense que c'est un début d'aveu d'échec. Tous les spécialistes savent que c'est très compliqué d'escorter

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les navires. Je crois que Donald Trump commence à réaliser que ses buts de guerre étaient flous et que surtout, son après est encore plus flou. Il réalise aussi ce que commencent à réaliser les stratéges israéliens. Ils ont remporté d'importants succès tactiques. Ils ont commencé par décapiter le régime. Ils y sont plus ou moins parvenus. Ils ont une autre phase, qui est de viser les cibles balistiques. Ils y sont assez bien parvenus. Là, le ministre de la Défense israélien a dit que l'on rend dans une troisième phase. Simplement, en face, l'Iran arrive à organiser une défense qui tient la route. L'Iran, de son côté, s'est focalisé sur la dégradation des senseurs qui permettent d'intercepter les drones et les missiles, notamment dans le Golfe. Aujourd'hui, on qu'un certain nombre de pays auraient moins de senseurs. C'est la raison pour laquelle, après les frappes américaines sur l'île

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de Kharg la nuit dernière, frappe contre des cibles militaires et non pétrolières, l'Iran focalise sa riposte sur les Emirats arabes unis. Et donc, je pense que l'on s'achemine vers une semaine assez difficile. Maintenant, on va rentrer encore dans le plus dur. -A.Casse: Cette troisième phase dont vous parlez... -G.Malbrunot: C'est la phase contre les infrastructures. Israel a visé cet après-midi une partie d'un quartier de Téhéran. En riposte, ou en tout cas en menace, l'Iran a déjà dit: "Attention, il faut évacuer

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les quais et les ports des Emirats arabes unis." On est dans cette montée en puissance. Israel et les Etats-Unis ont remporté des succès tactiques, mais ils n'ont pas de vision pour l'après. Derrière, l'Iran, à travers le détroit d'Ormuz, a fortement perturbé l'économie mondiale et détient en quelque sorte la clé de la fin de cette guerre. Eux ont la capacité de perturber le trafic mondial de pétrole et de gaz et d'attirer aussi, et je pense que c'est un piège... Je pense qu'ils auraient la capacité

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de frapper sévèrement des tankers. Je crois que l'on entre dans une troisième phase. Je ne sais pas si elle sera décisive, mais elle sera plus dure. -A.Casse: Je veux aussi avoir votre avis sur cette phrase de Donald Trump. Comment vous analysez ces mots? -A.Levallois: Soit il a minimisé, ce qui paraît surprenant, mais il a peut-être minimisé le rôle que joue le détroit d'Ormuz et la capacité des Iraniens à pouvoir contrôler ce point, qui est essentiel et névralgique

7:14

pour l'économie mondiale. Avant la guerre, avant le lancement des frappes, la question du détroit d'Ormuz était déjà posée. On se demandait si les Israéliens et les Etats-Unis entraient en guerre, si l'Iran allait jouer cette carte. A chaque fois, on pose la question de ce détroit d'Ormuz. Est-ce qu'il va être utilisé ou pas? Tout le monde a eu le sentiment que les Iraniens n'iraient pas jusque-là. C'était aussi perturber le fait de pouvoir vendre leur pétrole. Leur pétrole passe aussi par le détroit d'Ormuz. Les Iraniens n'ont pas d'autre voie de sortie de leur pétrole. -A.Casse: Quand Donald Trump parle de mission internationale,

7:57

comment vous interprétez ces propos? Il en appelle aux autres pays pour l'aider. -A.Levallois: Il sait qu'il ne peut pas le faire tout seul. Il ne veut pas que ce ne soit que les Etats-Unis qui payent le prix. Là, on retrouve la logique de Trump. Il considère que tout le monde profite de ce pétrole qui sort du détroit d'Ormuz. Dans l'esprit de Trump, il n'y a aucune raison que les Américains seuls payent le prix qu'il faut payer pour pouvoir libérer ce détroit d'Ormuz. Dans sa logique de transaction qui est la sienne, tout le monde a besoin de ce pétrole. La Chine, la France, les Européens... Il est normal qu'ils participent. Bien sûr que ce n'est pas gagné, mais il est dans sa logique qui est de considérer qu'il y en a marre.

8:42

Ca reprend ce qu'on a vu sur tous les autres terrains. -A.Casse: J'ai envie de savoir aussi quelle sera la réponse de la France. Emmanuel Macron a évoqué l'idée d'une mission internationale dans le détroit d'Ormuz. Il avait l'air plutôt d'accord, mais après la sortie de la phase la plus chaude du conflit. -G.Malbrunot: Il ne va pas s'associer aux Etats-Unis. Humiliation supplémentaire pour Donald Trump, les Iraniens n'ont jamais autant exporté de pétrole que depuis le début de la guerre ou qu'un jour avant. Eux-mêmes sécurisent et contrôlent le détroit. Pour Trump, ce n'est pas une bonne nouvelle. -A.Casse: Est-ce que Trump veut nous emmener dans le piège du détroit d'Ormuz? -R.Werly: Donald Trump a un problème.

9:27

Il essaye de le régler. Son problème, c'est que militairement, malgré toutes ses déclarations et celles de son secrétaire à la guerre, qui dit que l'Iran est à genoux et qu'il ne reste qu'à aller le ramasser, que le pays est déjà tombé, la réalité, c'est que ce n'est pas vrai. Le détroit d'Ormuz, c'est le symbole donné au monde entier que ce n'est pas vrai. On ne sait pas ce qui se passe en Iran. On voit bien en revanche que Donald Trump n'arrive pas à sécuriser le détroit d'Ormuz. Tous les pays, y compris la Chine, voient qu'il n'y arrive pas. Ca a du sens de vouloir le libérer.

10:11

Le détroit d'Ormuz, même en cas d'opération navale, ne sera pas pour autant sécurisé. Il est possible de faire des convois. En mer Rouge, il y a une opération qui a lieu depuis 2024. Il s'agissait de protéger les navires pétroliers et les cargos des tirs des houthis. C'est des milices chiites. Ce sont des convois. Vous avez de part et d'autre des navires marchands et des navires militaires qui les aident en leur donnant une couverture antiaérienne. Ca n'empêche ni le prochain convoi d'être touché, ni le détroit de redevenir dangereux une fois que le premier convoi est passé. La seule manière de sécuriser le détroit, c'est d'en prendre le contrôle, c'est-à-dire de voir débarquer des forces sur la rive iranienne.

10:55

Admettons que les Américains déploient une force qui contrôle 30 kilomètres à l'intérieur des terres, si vous envoyez des drones à l'intérieur de l'Iran, le détroit ne sera pas sécurisé. Pour l'instant, la réalité c'est que Donald Trump n'est pas en mesure de sécuriser le passage du pétrole. -C.Ockrent: Ce qui est sidérant, c'est qu'à chaque convulsion dans cette partie du monde, et Dieu sait s'il y en a eu, à chaque fois, on est surpris. "Oh, le détroit d'Ormuz!" C'était déjà le cas en 1973. C'était le cas en 79, avec la révolution iranienne. C'était le cas pendant la guerre Iran-Irak.

11:38

A chaque fois qu'il y a sur les marchés... Le pétrole, c'est un prix mondial. Nous sommes moins dépendants aujourd'hui du pétrole iranien, mais on en a encore un peu. Toute l'économie mondiale tressaute. A chaque fois, on s'étonne. -A.Casse: On a désormais aussi les yeux sur une petite île surnommée par Donald Trump "le joyau de la couronne iranienne", l'île de Kharg. Pourquoi Donald Trump envoie-t-il plus de 2000 marines et des renforts au Moyen-Orient?

12:22

- Ce sont donc quelques mots inhabituels chez Donald Trump qui font réagir le monde entier: l'Amérique demande de l'aide pour sécuriser le détroit d'Ormuz, toujours aux mains des Iraniens qui laissent passer au compte-gouttes et selon leur bon vouloir les pétroliers étrangers. Hier, après l'annonce de la mort d'un soldat français, Emmanuel Macron écartait la possibilité de faire un pas de plus dans le conflit. - Face à la guerre en cours, la position de la France est purement défensive. En soutien à ses alliés, elle ne saurait justifier jamais qu'on s'en prenne à elle. La France continuera de faire preuve de sang-froid, de calme, de détermination. - Donald Trump est plus déterminé que jamais. Il promet de bombarder le littoral sans merci jusqu'à en reprendre le contrôle. Hier soir déjà, les Etats-Unis ont attaqué le joyau stratégique du régime de Téhéran, l'île de Kharg, un confetti de terre d'à peine sept kilomètres de long, point de départ de 90% des exportations de pétrole. Des frappes immédiatement applaudies par son allié israélien.

13:48

- La lutte s'intensifie. Nous entrons dans une phase décisive qui se poursuivra aussi longtemps que nécessaire. - Selon une agence de presse iranienne, aucune infrastructure pétrolière n'aurait été endommagée sur l'île de Kharg. Donald Trump prévient, ce sera l'étape d'après. Les soldats pourraient être déployés dans la zone. Les médias américains s'interrogent. - 2500 marines américains se dirigent vers le Moyen-Orient accompagnés de navires de la marine américaine. La mission n'est pas encore claire. - Cela ne veut pas forcément dire que les Etats-Unis préparent une intervention au sol, mais c'est une option sur la table.

14:32

- En retour, le régime des mollahs promet de réduire en cendres les installations pétrolières et énergétiques des Etats-Unis dans la région. Menace mise à exécution ce matin aux Emirats arabes unis. La colère de Téhéran se concentre aussi sur Israël. Certains missiles iraniens parviennent à traverser le Dôme de fer. - Je suis sur les lieux d'un incendie déclenché par un missile. Des éclats sont tombés ensuite. Les familles ont été déplacées. Il y a eu beaucoup de dégâts. - En Iran, le régime des mollahs tente de garder la tête haute. Malgré les bombardements à Téhéran, hier, des milliers de manifestants pro-régime défilent dans les rues. Pour la première fois depuis le début de la guerre, les dirigeants iraniens apparaissent en public. - Le problème de Trump, c'est qu'il n'est pas assez intelligent pour comprendre que l'Iran est une nation déterminée. Plus il y aura des pressions, plus la volonté de notre nation va se renforcer. - Toujours invisible en revanche, le nouveau guide suprême. Le Pentagone ironise et donne de ses nouvelles.

15:57

- Nous savons que le nouveau soi-disant guide suprême est blessé et probablement défiguré. Il a publié hier une déclaration plutôt faible en réalité, mais sans voix ni vidéo. Son père est mort, il a peur, il est blessé, il est en fuite et il manque de légitimité. - Les Etats-Unis renseignés, mais pas suffisamment visiblement. Ils promettent 10 millions de dollars contre toute information concernant Mojtaba Khamenei ou les dirigeants des Gardiens de la révolution. -A.Casse: Bonsoir, General Jean-Paul Paloméros.

16:34

Merci d'être avec nous ce soir. Donald Trump appelle plusieurs pays à l'aider. Comment peut-on répondre à cet appel? *-J-P.Paloméros: Si j'ai bien compris, le président va répondre favorablement mais dans les faits, il est hors qu'un de question qu'un bâtiment passe sous le commandement opérationnel des leaders des opérations israéëo-américaines. Dans ces conditions, la France garde toute liberté pour décider ou non de faire intervenir ses bâtiments dans le détroit d'Ormuz. Ca a été parfaitement expliqué sur votre plateau. Ce n'est pas une bataille navale comme on pourrait l'entendre au sens propre du terme. La bataille d'Ormuz, elle fait partie intégrante de la guerre qui est livrée en ce moment.

17:59

S'il y a un moyen de contrôler le détroit d'Ormuz, ce n'est pas en envoyant les Marines, aussi forts soient-ils. Il s'agit de Marines qui sont encadrés et qui ont des F-35. Pour fournir une couverture permanente dans le détroit d'Ormuz, avec des drones et tout ce qui peut permettre d'identifier l'adversaire, c'est une solution, mais elle n'est pas sans risques. Donald Trump va se trouver piégé entre son annonce et la réalité de ce que pourrait être l'accompagnement,

18:36

en limitant les risques. Imaginons des essaims de drones iraniens... La bataille d'Ormuz est loin d'être gagnée. On comprend que les alliés ne soient pas prêts à suivre cette voie. -A.Casse: Vous dites qu'il y a quand même une option pour dire à Donald Trump qu'on participe à cette intervention tout en choisissant quelle forme ça pourrait prendre. On pourrait le faire tout en maintenant notre position défensive? *-J-P.Paloméros: Dans l'absolu, il s'agirait de protéger des bateaux et des pétroliers. Mais dans la réalité, pour protéger

19:21

ces pétroliers, il faut être prêts à faire la guerre et à passer à l'offensive. Ca avait été bien expliqué par les dirigeants allemands, anglais et français. On ne s'interdit pas d'avoir une position agressive si nécessaire. A un moment donné, quand vous êtes sur la défensive, il faut passer sur l'attaque si vous ne voulez pas être trop frappé. C'est un équilibre difficile. On le voit bien de l'autre côté. Je ne voudrais pas revenir sur la mort de ce brave adjudant-chef qui était au coeur de sa mission, mais le théâtre de la guerre est large et régional. Nous en faisons partie.

20:05

-A.Casse: La position de la France, jusqu'ici défensive, est difficile à tenir longtemps. *-J-P.Paloméros: Elle est difficile à tenir longtemps. On ne peut pas prendre des coups en permanence sans avoir à répondre un jour ou l'autre. C'est ça, l'engrenage de la guerre. A partir du moment où l'adversaire est déterminé... Regardez, il y a eu cette frappe des Américains sur l'île de Kharg. Il y a une ambiguïté dans l'opinion. L'île de Kharg a été attaquée uniquement par rapport aux dépôts de munitions,

20:49

les moyens militaires et l'aéroport, mais pas les réservoirs de pétrole. Evidemment, l'Etat islamique a rebondi là-dessus pour attaquer un complexe pétrolier dans les Emirats. On est dans une guerre asymétrique. Il faut que la coalition fasse quand même attention. Tout ce qui touche la population est un centre de gravité de cette guerre. S'il va trop loin, il va se mettre tout le monde à dos, y compris les plus fervents partisans de la chute de ce régime. L'exercice est difficile. On arrive à l'heure de vérité.

21:34

On va voir si le déséquilibre s'accentue entre l'attaquant et le défenseur, en ce qui concerne le nombre de drones et de missiles. Je pense que les Iraniens en ont encore sous le pied. Je peux me tromper. On va voir si on va s'attaquer aux grandes infrastructures, et c'est une logique d'escalade qui est habituelle dans ce genre de conflit, on va voir si les pays du Golfe peuvent mieux se défendre, mais je ne vois pas avec quels moyens. -A.Casse: Vos propos font beaucoup réagir en plateau. Vous parlez de l'heure de vérité et vous posez la question du rôle de la France. On est sans doute en train de vivre un moment de bascule. -G.Malbrunot: Comme je le disais tout à l'heure, on va rentrer dans une phase décisive

22:17

parce qu'on va s'attaquer aux infrastructures. Il y a un mois, avant le début de cette guerre, les conseillers d'Emmanuel Macron disaient qu'ils ne croyaient pas que des frappes aériennes contre le régime iranien feraient tomber ce régime. Ils ne croyaient pas que ces frappes permettraient aux Iraniens de retourner dans la rue. Emmanuel Macron est lucide. Il connaît son conseiller diplomatique. Celui-ci a été en poste à Téhéran pendant longtemps. Il connaît la résilience du régime. Il fait le service minimum. L'Iran, via ses proxy en Irak, après nous avoir infligé une perte en Irak, va observer la réponse

23:00

de la France. Emmanuel Macron l'a déjà dit: ce n'est pas de rentrer en guerre contre l'Iran. La France veut une option diplomatique. C'est pour ça qu'elle a essayé, avec l'Italie en particulier, de convaincre l'Iran de trouver une solution sur le détroit d'Ormuz. -C.Ockrent: Pour des intérêts commerciaux. Tout le problème, c'est la navigation. La navigation des pétroliers, des porte-containers, et autres. Il y a le pétrole, mais il y a les engrais, les produits industriels, les produits alimentaires... Tous les émirats ont besoin d'être alimenté.

23:43

Ca peut passer par le canal de Suez, la mer Rouge et l'Arabie saoudite, mais c'est un goulot d'étranglement. Les armateurs et les assureurs de veulent plus entendre parler d'envoyer des bateaux dans ce détroit. Je crois qu'il y a un bateau turc qui est passé, deux bateaux indiens... Et comme le disait Georges, la France et l'Italie hier étaient en train de négocier avec Téhéran pour laisser passer quelques bateaux. Mais c'est un enjeu qui est bien davantage que militaire.

24:27

C'est un enjeu commercial bien davantage que militaire. On peut imaginer que toute la flotte qui entoure le porte-avions descende avec lui, mais ce n'est pas le projet. Ceux qui doivent être particulièrement embarrassés, ce sont les Britanniques, qui ont constaté à leur honte qu'il leur fallait du temps pour envoyer un destroyer à Chypre. Les Britanniques sont toujours dans l'ambiguïté de cette relation spéciale avec les Etats-Unis et ils sont beaucoup plus gênés que nous avec cette déclaration

25:11

de Trump. -A.Casse: Jusqu'ici, on était impliqués et non engagés, mais on a un soldat français qui est mort pour la France. La première perte française. On s'est demandé si ça allait infléchir la position d'Emmanuel Macron, qui a rappelé hier que nous n'étions pas en guerre, mais aujourd'hui, il y a cette demande de Donald Trump de participer à cette mission internationale. Est-ce qu'on n'est pas entraînés dans cette guerre? -R.Werly: Dans toute guerre, il y a un facteur d'engrenage possible. A partir du moment où la France a des éléments déployés dans la zone,

25:56

on l'a vu avec le Kurdistan irakien, il y a aussi la base militaire à Abu Dhabi... A partir du moment où la France est exposée, où elle a des bâtiments, des bases, des soldats, le risque d'engrenage est encore plus grand. Quand on écoute bien Emmanuel Macron, il dit que la France ne doit jamais justifier qu'on s'en prenne à elle. Il n'est quand même pas tout à fait clair. On ne peut pas exclure qu'à un moment donné, si les intérêts français sont à nouveau frappés...

26:40

On rentrera dans le schéma évoqué par le général. Je rappelle que c'est la deuxième fois. Il y avait eu la frappe contre la base d'Abu Dhabi et la mort de cet adjudant-chef. S'il y avait une troisième frappe, est-ce que la France ne répondrait pas? -A.Levallois: On est quand même engagés avec notre base à Abu Dhabi. C'est un élément important à rappeler. On a des accords de défense avec les Emirats arabes unis. On considère que la France est aux côtés des Emirats arabes unis. Même si on ne veut pas rentrer en guerre, nous sommes impliqués en raison de cette présence. Il ne faut pas sous-estimer l'importance que ça représente. Le fait qu'un soldat ait été tué en Irak, c'est dramatique, mais ça montre bien cette position d'équilibriste sur laquelle nous sommes. On est en position défensive, mais on se retrouve quand même directement concernés. -A.Casse: Ce "en même temps" ne pourra pas durer longtemps.

28:03

Je vous vois réagir, général. *-J-P.Paloméros: Je suis complètement sur cette ligne. Un autre centre de gravité, c'est évidemment la faiblesse des pays du Golfe. Nous n'avons pas tous les moyens du monde. Nous n'avons peut-être pas de quoi arrêter les pays d'acheter missiles balistiques les plus performants, mais on a déployé des moyens anti-drones. Il faudrait profiter des sociétés qui sont capables de proposer ces drones. Le plus grand danger, c'est le drone. Il est quasiment indétectable.

28:41

Il ne coûte pas cher. On ne sait même pas combien les Iraniens en ont encore et ils ont toujours des capacités de production. On a intérêt à soutenir les pays du Golfe. -A.Casse: J'ai une question qui vous est adressée. qui vous est adressée. En quoi pourrait consister l'aide militaire française? *-J-P.Paloméros: Ca pourrait être du renseignement. Peut-être des drones, si on voulait s'engager jusque-là. On engage des moyens de surveillance pour aider la coalition à endiguer

29:26

la menace. On a des drones américains qui sont complètement compatibles avec ce qui existe. Pour moi, c'est le maximum. Le minimum, c'est ce que je viens de dire: la défense. Je pense que le président Macron est convaincu que le détroit d'Ormuz est un piège gigantesque, y compris pour monsieur Trump, qui ne l'a sûrement pas compris. Il ne va pas tarder. -A.Casse: Je pense qu'il n'a pas pris la mesure de ce piège. -G.Malbrunot: Comme cela a été dit, ça a été utilisé dans le passé. Les Iraniens ont dit dès le début du déclenchement de cette guerre qu'ils utiliseraient le levier du détroit d'Ormuz. Ca fait partie de leur arsenal de riposte. -A.Casse: Ca n'avait pas été utilisé pendant la guerre des Douze Jours. -G.Malbrunot: Non, justement parce qu'elle avait duré 12 jours. On a un pays dont les infrastructures militaires ont été sérieusement dégradées, qui aujourd'hui, arrive à organiser

30:53

une riposte calibrée, proportionnée, symétrique. Il y a eu une organisation depuis le mois de juin. Et on peut remonter plus loin. L'Iran fabrique des drones depuis 1995. Ils en ont des milliers. Ils se sont préparés. L'Iran, comme le Hezbollah au Liban, est convaincu que quoi qu'ils fassent, ils vont se prendre des pruneaux de la part d'Israël au minimum. C'est pour ça qu'ils ont envisagé des négociations, avec plus ou moins de bonne volonté, mais que derrière tout ça,

31:34

il y avait un plan de défense, de riposte... Ali Larijani, avant le début des frappes, il a fait le tour de toutes... C'est le patron du conseil de sécurité suprême. Il a fait le tour de toutes les capitales du Golfe et avait menacé que si les Américains frappaient, ils frapperaient en retour. -A.Casse: Restons sur Ali Larijani. On l'a vu dans le reportage. Hier, il a défié les Américains en allant dans la rue. Il n'y avait pas que lui, il y avait aussi le président iranien. Au moment où le secrétaire de la guerre Pete Hegseth dit qu'ils se cachent comme des rats... -C.Ockrent: On voit bien que le récit est de plus en plus important dans les conflits contemporains. Ce défilé est spectaculaire. A Téhéran, il y a des gens qui soutiennent ce régime. C'est un pied de nez spectaculaire adressé à Donald Trump et à ce ministre

32:55

qui veut désespérément se faire appeler "ministre de la guerre", Pete Hegseth, et qui croit qu'il est dans un gigantesque jeu vidéo. Il a interdit d'accès un photographe parce qu'il trouvait que ses photos n'étaient pas suffisamment valorisantes. Pour en revenir à cette manifestation, c'était tout à fait spectaculaire. Je crois que les Israéliens ont bombardé pas très loin, au même moment. Ils ont bombardé un quartier de Téhéran. De la part de ce régime que l'on dit à bout de souffle, qui a été décapité, mais qui a une capacité de décentralisation,

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une stratégie de mosaïque... Ils ont installé des centres de commandement qui leur ont permis d'arroser tout le Golfe. Cette manifestation en particulier est un formidable camouflet adressé aux Etats-Unis et à Israël, quelle que soit la nature épouvantable de ce régime. -A.Casse: Celui qu'on ne voit toujours pas, c'est le nouveau guide suprême, le fils de Khamenei. Les Américains lancent une récompense. Ils veulent savoir où il est. -R.Werly: Ca rappelle Ben Laden, l'Irak et la capture de Saddam Hussein. Si l'information donnée se confirme, à savoir qu'une vidéo qui pourrait être authentifiée comme une vidéo actuelle et pas quelque chose de tourné il y a longtemps, si ça devait sortir, vous imaginez le camouflet pour monsieur Hegseth. Il a dit qu'il était défiguré... Quelle défaite psychologique ça infligerait

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aux Etats-Unis! Ali Larijani, c'est l'homme de l'appareil d'Etat. Il a eu tous les rôles. Son dernier, c'est le chef des organes de sécurité. C'est l'homme que connaissent tous les gouvernements de la région. Il incarne l'Etat iranien aux yeux de la communauté internationale. Le voir dans les rues de Téhéran de cette manière, ça montre que l'Iran continue de fonctionner. -A.Casse: Il y a aussi un clip réalisé par l'intelligence artificielle où on voit Ali Khamenei passer le flambeau à son fils. C'est une façon de dire aux Américains qu'ils savent aussi communiquer. -A.Levallois: Ils utilisent les moyens les plus modernes. Il y a toujours cette volonté de peindre l'Iran comme un pays arriéré, à cause de la présence des religieux. Etre capables de diffuser ce type de vidéo, ça montre la capacité de ce régime à communiquer sur les mêmes codes.

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On voit bien qu'aujourd'hui, l'homme fort de l'Iran, c'est Ali Larijani. Celui qui prend toutes les décisions et qui qui sort, c'est lui. Le régime est encore capable de se mobiliser et d'organiser une manifestation de cette nature en dépit des bombardements. Les deux hommes forts du régime, à l'exception de Mojtaba Khamenei, que l'on n'a pas encore vu, ils prennent le risque d'être présents. C'est un signal fort qui est adressé aux Américains et à ceux qui regardent cette guerre. -G.Malbrunot: Avec eux, les gardiens de la révolution. Mojtaba Khamenei me semble incarner la continuité vis-à-vis de son père. Mais il est diminué physiquement. Je ne suis pas certain que ce soit lui qui dirige vraiment les opérations. C'est à la fois la continuité et la posture de défi vis-à-vis

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des Américains. -A.Casse: Les Iraniens auraient demandé aux habitants de Dubaï de quitter certaines zones. C'est un paradis doré qui se trouve impliqué dans cette guerre. 45 personnes ont été arrêtées à Abu Dhabi pour avoir filmé. Un touriste anglais risquerait 2 ans de prison à Dubaï. - Dubaï, l'eldorado de nombreux influenceurs français. Sur les réseaux sociaux, ils sont des centaines à vanter leur vie de rêve au coeur des Emirats arabes unis. Tout en plaçant leurs produits pour des marques. Un petit paradis pour millionnaires devenu zone de guerre du jour au lendemain. Explosions au loin - J'ai trop peur! Le bruit est encore plus fort! - Rattrapés par le conflit au Moyen-Orient, des figures de la téléréalité comme Maeva Ghennam espèrent être rapatriés.

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- J'ai tous les passeports dans mes tétés. S'il y a la guerre, il faut partir. La France, protégez-nous! - Des influenceurs partis s'installer à Dubaï pour son soleil et sa fiscalité avantageuse: pas d'impôt sur le revenu dans l'émirat. Alors, en France, certains créateurs de contenu raillent leurs confrères. - La médiocrité de ce tweet est incroyable! - Le gouvernement assure qu'il fait tout son possible en matière de rapatriement. - Je comprends l'inquiétude profonde de nos ressortissants sur place. Je mesure aussi l'angoisse

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de leurs familles et je leur dis que nous allons nous mobiliser jusqu'à ce que chacun d'entre eux soit retourné en vie. - Selon le Quai d'Orsay, plus de 12 vols ont été affrétés, avec 2000 ressortissants rapatriés au total. Une polémique après l'autre. Des expatriés français auraient, pour certains, quitté les Emirats en laissant leurs animaux de compagnie. - S'il vous plaît, ne les abandonnez pas! Si vous voulez partir, ne faites pas preuve de lâcheté! - Lundi, un député interpellait la ministre

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de l'Agriculture pour demander une simplification des démarches admiratives. Demande acceptée. Dubaï, un havre de paix rattrapé par la géopolitique. Pour balayer cette mauvaise publicité, les autorités tentent de reprendre la main. Menaces de prison et d'amende, ou comment les influenceurs découvrent la réalité des monarchies du Golfe. - Ma copine s'est fait arrêter dans un gros barrage. Ils ont arrêté chaque voiture. Ils ont fouillé les téléphones. C'était pour voir si les gens n'avaient pas propagé des informations. - La réputation de Dubaï, une question de survie pour la ville, devenue une place touristique et économique incontournable du Moyen-Orient. Le régime iranien menace de frapper les succursales de banques internationales et les sièges de grands groupes de la tech. -A.Casse: La police d'Abu Dhabi annonce avoir arrêté 45 personnes pour avoir filmé "des images trompeuses". Il y a aussi ce Britannique qui a été interpellé et qui risque 2 ans de prison pour "cybercriminalité". Il a filmé l'explosion qui a touché

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un des aéroports de Dubaï. La réponse va quand même assez loin. -R.Werly: Ca rappelle une réalité, c'est que Dubaï est un Etat policier. Il y a des caméras partout. Tout est géré. Cette apparente liberté que l'on confond souvent avec l'efficacité, c'est qu'il n'y a pas de libertés. Assez vite, ces résidents vont être ciblés, surtout s'ils sont actifs sur les réseaux sociaux. Les Emirats arabes unis ont une population qui peut être tentée de trouver que c'est à cause de tous ces influenceurs que les problèmes arrivent. L'idée d'une coexistence pacifique entre les Emiratis et les étrangers présents, ça pourrait voler en éclats. Dubaï, c'est construit sur du sable, au sens propre et au sens figuré. -C.Ockrent: Dubaï, ce n'est pas un modèle, c'est un mirage. C'est une ville-monde.

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Il n'y a pas que les influenceurs. Il y a ce côté assez ridicule, y compris avec les animaux de compagnie. Mais maintenant, l'Iran menace de taper les banques. On a vu des entreprises occidentales qui ont décidé de retirer leur personnel. Dans ces émirats, il y a aussi 8 millions d'Indiens. Il y a 5% d'autochtones. En tout, il y a 8 millions d'Indiens! Il y a tous les gens qui travaillent dans des boulots beaucoup moins alléchants que cette dame qui exhibe son passeport. Au-delà de cette frayeur, que l'on comprend, il y a des intérêts absolument gigantesques et pas simplement français ou européens. Il y a aussi une stratégie financière des Emirats, une stratégie technologique. Ils ont investi auprès de la famille Trump près d'un milliard de dollars pour avoir accès aux semi-conducteurs,

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à Nvidia, et transformer ces Emirats en une nouvelle puissance technologique. Ce sont des enjeux considérables. -A.Casse: Qu'est-ce qui va changer pour les monarchies du Golfe? -G.Malbrunot: Elles avaient fait un double pari. Elles ont sous-traité leur sécurité aux Américains. Ca a marché moyennement. D'autre part, ils ont entretenu des liens avec l'Iran. Ca a échoué sur les deux plans. Les Emirats ont pris 43% des frappes de missiles et de drones, beaucoup plus qu'Israël. Il faut aussi se rappeler que les Emirats

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ont signé la normalisation avec Israël. On leur avait dit que c'était pas bien. Je pense que nos alliés sont allés assez loin dans la coopération sécuritaire avec Israël, les Iraniens le savent et aujourd'hui, ils leur font payer l'addition. Les Emirats, comme pour le Bahreïn, ou le Qatar, demain, il va y avoir une révision de leurs alliances. Les Etats-Unis ont déclaré la guerre et ce sont ces pays qui en payent les conséquences. -A.Casse: Est-ce que c'est trop tard? -A.Levallois: Tous les responsables que j'ai rencontrés dans le Golfe m'ont dit qu'il ne fallait pas que Trump rentre en guerre parce qu'ils allaient en payer le prix cher. Tout le modèle économique et le modèle

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que veulent projeter ces émirats, c'est l'utilisation de ce fameux soft power, et on s'aperçoit aujourd'hui, à travers ces influenceurs, que ça repose sur du sable. En cas de difficulté, la première action des influenceurs, c'est d'appeler à l'aide le pays dont ils sont les ressortissants. La difficulté des pays du Golfe, c'est qu'ils n'ont pas énormément de choix. Même s'ils estiment que les Américains ne sont pas à la hauteur de leurs engagements...

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Les pays du Golfe achètent des assurances-vie auprès des Américains, auprès des Européens, pour pouvoir, en cas de difficulté, faire valoir ces assurances-vie. Pourquoi ils achètent des centaines de milliards de dollars d'armements aux Etats-Unis? C'est pour avoir la protection américaine en échange. On voit bien que ça ne fonctionne pas comme ils espéraient que ça fonctionne. Ils n'ont pas tellement d'autre choix. Nous, Français ou Européens, ne pourront pas remplacer cet allié stratégique.

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Si les Américains ne respectent pas leur part du deal, ça a des implications énormes. -R.Werly: Le bouclier antiaérien des Emirats arabes unis, le bouclier qui est à base de missiles Patriot et de matériel américain, il a très bien fonctionné. Cela semblait supérieur à la protection du Dôme de fer. Les missiles, il faut les remplacer une fois qu'ils ont été tirés. La tactique des Iraniens, c'est d'épuiser le bouclier antiaérien. Si la guerre dure, on peut arriver à un moment où le bouclier aérien de Dubaï est fracturé. -A.Casse: Un article a été écrit par vos soins. Il y avait l'idée de cibler les usines de dessalement, un blocage prolongé du détroit d'Ormuz et l'inquiétude pour le secteur immobilier s'il était touché, ainsi que la désertion des élites. -R.Werly: Il ne faut pas oublier qu'au-delà de tout ce qu'on vient

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de dire, Dubaï, c'est une énorme spéculation. Vous avez un certain nombre de compagnies qui ont des quartiers généraux régionaux qui génèrent du vrai business, mais pour une large part, c'est de la spéculation. L'immobilier est l'archétype de la spéculation. Le secteur immobilier au lendemain de cette guerre, à quoi va-t-il ressembler? Toutes ces tours qui sont en train d'être construites... A Dubaï, il y a des grues partout. On est vraiment en train de toucher au coeur la viabilité économique de ce miracle. -A.Casse: Dubaï ne peut pas survivre à une guerre longue? -G.Malbrunot: Si, quand même. -R.Werly: Le pays va survivre. Les émirats qui vont survivre. Le miracle économique de Dubaï, sûrement pas. Après, se pose une autre question. Si d'aventure il y avait un changement

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de régime en Iran et une reconstruction, pour le coup, Dubaï pourrait en profiter. Ce serait l'endroit le mieux positionné pour la reconstruction. -A.Casse: Cette guerre provoque le déplacement de plusieurs populations. Magali Lacroze, vous êtes au Liban. Bonsoir. Que vous disent les réfugiés que vous rencontrez? -M.Lacroze: Ce qu'on ressent, ces derniers jours, Aurélie, c'est d'abord un sentiment de tension immense. Il y a aussi une intensité sonore. Il y a énormément de drones qui passent du soir au matin dans le ciel libanais. Ce qui nous frappe aussi beaucoup, c'est le nombre de réfugiés que nous croisons.

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On estime qu'ils sont plus de 800.000. Ils sont certainement beaucoup plus. Ce sont des gens à qui l'armée israélienne a donné l'ordre d'évacuer du Sud-Liban, fief du Hezbollah, mais pas seulement, à l'est, tous ces gens qui convergent vers Beyrouth dans un état de stress intense et de fatigue. Je me souviens de cette mère de famille à qui j'ai posé la question tout récemment, à savoir si c'était la première fois qu'elle évacuait sa maison. Elle m'a regardée avec des grands yeux et elle m'a répondu que ça faisait

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tellement de fois qu'ils sont déplacés. Ca n'a pas été très facile de leur parler. Ils ont du mal à nous faire confiance. Pour avoir des témoignages, c'est un peu compliqué. Ils ont peur que ce qu'ils disent pourrait être retenu contre eux. Quelque chose a changé ces derniers jours dans la société libanaise, mais aussi chez les réfugiés, depuis la frappe sur la corniche qui a ciblé ce front de mer au centre de Beyrouth. L'armée israélienne ciblait un militant du Hezbollah. Ce sont des civils qui ont été touchés, notamment des réfugiés. Il y a eu des morts et des blessés. Pas plus tard que tout à l'heure, j'ai rencontré une famille qui m'a expliqué qu'elle venait du Sud-Liban,

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qu'elle refusait d'aller se réfugier dans un centre ou une école. Elle craignait que des militants du Hezbollah s'infiltrent parmi eux. - Scène de panique au coeur de Beyrouth. Deux frappes israéliennes viennent de s'abattre sur le front de mer. 12 personnes sont tuées, principalement des réfugiés. Au petit matin, la colère se lit sur le visage des habitants. Officiellement, Tsahal ciblait un militant du Hezbollah, mais des centaines de déplacés ont été visés sur le front de mer. - Hier, il y avait des tentes de déplacés, des gens qui marchaient sur le trottoir. Ils disent qu'ils ont tapé des Iraniens, mais c'est faux. On habite ici. On a vu que les gens visés n'étaient que des civils. - Ces derniers jours, la tension monte chez les réfugiés. Certains craignent que des militants du Hezbollah se soient infiltrés parmi eux. - Les gens ciblés par les frappes, les hommes du Hezbollah, sont dangereux pour tout le monde. Nous avons peur de ça ici.

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Je prie pour que la situation se calme, pour que l'on puisse retrouver une vie normale et retourner chez nous. - Cet homme, lui, se demande encore où fuir. Faute de place dans les abris, sa famille dort dans la rue depuis des jours sur les hauteurs de Beyrouth. - Mon fils et sa mère ont dormi ici. Les filles et mon deuxième fils là-bas, et moi, je reste ici jusqu'au matin. Hier, nous avons dormi sans dîner. On reçoit de l'aide, c'est une chance, mais parfois, les bénévoles oublient que nous sommes là. Hier, j'ai acheté un bidon d'eau à 100.000 livres libanaises. C'est le double du prix. Tout est trop cher. Il n'y a plus d'argent. Il n'y a plus de travail.

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Nous vivons au jour le jour. - Dans cette école, les enfants jouent tandis que les parents tentent de se reposer. 80 familles ont trouvé refuge ici. 900.000 personnes ont été déplacées au Liban, fuyant le sud du pays pour le nord, mais désormais, Tsahal vise la capitale libanaise. - On va et on vient de conflit en conflit. Dès qu'on arrive quelque part, on est bombardés de nouveau. Comme l'autre jour sur la plage. Tout peut virer au drame en une minute. Derrière tout ça, il y a l'alliance de Trump avec Israel. C'est lui qui soutient Netanyahou. Netanyahou est la marionnette de Trump.

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Lui, il s'amuse avec un missile. - Tenir, mais pour combien de temps encore? L'accès à l'eau potable est difficile et l'accès aux soins, encore plus. L'aide humanitaire s'organise. - Ils ont besoin d'eau potable? Nous préparons les kits d'hygiène. Nous avons distribué des couvertures, des matelas dans le centre, et maintenant, nous préparons les kits pour les femmes. - Médecins Sans Frontières a lancé une opération d'urgence dans le pays. Se déplacer dans la ville représente toujours un danger. - Il y a quelqu'un au bureau qui est chargé de nous suivre

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et de veiller à notre sécurité. Il y a du shampooing, de la lessive et des serviettes hygiéniques. - Mais l'aide est-elle suffisante? Chaque jour, de nombreux réfugiés arrivent à Beyrouth. - Nous sommes débordés par l'afflux de réfugiés. Certains d'entre nous sont déplacés et tentent de venir en aide à d'autres personnes déplacées. - Au Liban aujourd'hui, 12 soignants ont été tués dans des frappes attribuées à Israel. -A.Casse: Qu'est-ce qui vous a marquée dans ce reportage? -A.Levallois: C'est la situation absolument catastrophique

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dans laquelle se trouve le peuple libanais. On est pas loin d'un million de déplacés. C'est énorme sur un tout petit pays. Ce qui m'inquiète véritablement, et on le voit dans les commentaires de certaines personnes interviewées, c'est le spectre d'une guerre civile qui est en train de réapparaître, avec cette peur que des militants du Hezbollah soient parmi ces fameux déplacés. Il y a des craintes de riposte israélienne. On voit bien aujourd'hui que dans certaines régions, les Libanais ne veulent pas accueillir de réfugiés, alors que dans la guerre précédente en septembre 2024, il y avait eu un formidable réseau au sein même de la société libanaise qui s'était mis en place. Aujourd'hui, ces mêmes Libanais

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ont peur qu'en ouvrant leurs portes aux déplacés, ça entraîne des bombardements. Tous les Libanais sont très inquiets de ce risque. -A.Casse: On passe à vos questions SMS. -G.Malbrunot: Le Hezbollah est mal perçu par le peuple libanais, y compris par sa base chiite dans le sud. Il reproche de les avoir conduits dans la guerre après le 7 octobre. Cela étant, avec les frappes israéliennes sur les populations civiles, ce sentiment est atténué. On peut appliquer ce phénomène au Liban, mais aussi en Iran. Quand vous frappez des écoles, ça ne va pas vous amener la population sur laquelle vous comptez pour renverser le régime. Le Hezbollah affiche une résilience à laquelle on ne s'attendait pas. Le Hezbollah est revenu à sa bonne vieille tactique de guérilla qui était la sienne

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avant 2000 et l'occupation israélienne. -C.Ockrent: Et ce sont eux qui ont pris l'initiative de taper sur Israel. -A.Casse: Nouvelle question. -C.Ockrent: Erdogan est très mal à l'aise. Il veut être la puissance dominante dans cette partie du monde. Ce n'est pas un pays arabe, encore moins un pays perse, et il veut avoir de bonnes relations avec tout le monde. Là, il y a eu au moins trois missiles iraniens qui sont entrés dans l'espace aérien turc et qui ont été interceptés par les forces de l'OTAN. La Turquie est un membre de l'OTAN. Il est dans une position d'équilibriste difficile. -A.Casse: Nouvelle question.

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-A.Levallois: On s'attendait à ce que les houthis interviennent, mais ils sont aussi en négociation. Ils ont négocié un peu avec les Américains pour tenter de trouver une issue et de rester dans une position dominante au Yémen. Les houthis sont venus en soutien au Hamas après les terribles attentats du 7 octobre. En même temps, ils ont leur propre agenda national. Je crois qu'il ne faut jamais oublier que c'est un mouvement qui a aussi ses propres intérêts. Il veut bien participer à la défense de certains principes, mais il a aussi sa propre stratégie qui prime sur le reste. -A.Casse: Le nouveau guide suprême en appelait aussi aux houthis.

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-G.Malbrunot: En cas d'escalade, une des hypothèses, une des options envisagées, c'est que les houthis entrent dans la guerre et bloquent un autre détroit qui donne accès à la mer Rouge. -A.Casse: Nouvelle question. -R.Werly: Ca n'en prend pas le chemin. Donald Trump est en train de lever les sanctions contre la Russie pour permettre à certains pays, notamment l'Inde, de pouvoir importer davantage de pétrole. Le donnant-donnant en question, c'est-à-dire "On vous soutient sur l'Iran, vous soutenez l'Ukraine", pour être possible, vous imaginez les risques que prendraient les pays européens

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en participant directement à cette opération. Pour l'instant, la situation en Ukraine est relativement stabilisée, semble-t-il. L'Ukraine peut profiter, on le dit peu, de ce moment. C'est un moment où tout le monde a besoin de l'Ukraine, y compris Donald Trump pour ses capacités antidrones. Volodymyr Zelensky l'a dit à Paris. C'est le pays qui a le plus appris à gérer les assauts de drones. C'est un avantage pour l'Ukraine que le pays peut faire valoir. Ca supposerait qu'on fasse confiance à la parole de Donald Trump. Je ne crois pas qu'on puisse vraiment lui faire confiance. -A.Casse: Christine confirme. -C.Ockrent: Et je suis polie.

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-A.Casse: Nouvelle question. -A.Levallois: Bien sûr, le tourisme est impacté. -G.Malbrunot: Dubaï, c'est 90 millions de passagers chaque année. L'aéroport est visé régulièrement. Le tourisme sera impacté et il est impacté d'ores et déjà. Il ne faut pas minimiser la capacité de rebond de ces pays qui avaient déjà connu une crise en 2008 et qui incarnaient jusqu'à présent une stabilité et un gisement de croissance. C'est pour ça que nos influenceurs y vont et ne paient pas d'impôts et qu'il y a du travail, de l'argent. -C.Ockrent: Et des visas de 10 ans. -A.Levallois: Il faut mettre

1:02:42

en avant la sécurité. Cette guerre va remettre en question ce modèle. Il y aura d'autres personnes intéressées car il y aura aussi du business à faire après la guerre, mais ça remet en question ce modèle. -A.Casse: Avec des chambres d'hôtel qui sont maintenant à 30 euros, à Dubaï. -G.Malbrunot: Et c'est une bonne chose. -R.Werly: Ce n'est pas la panique, notons-le. -A.Casse: Merci à tous les quatre d'avoir participé à l'émission. Tout de suite, "C à vous". -M.Bouhafsi: Bonsoir, Aurélie. 15e jour de guerre au Moyen-Orient et tous les regards sont braqués sur le détroit d'Ormuz, qui fait paniquer l'économie mondiale.

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Vous saurez pourquoi dans un instant avec l'ex-ambassadeur français Gérard Araud. Et si le secret médical disparaissait?