Aller au contenu
Tous les transcripts
Conférence de pressePublic Sénat (sur YouTube)· 16 septembre 2026 44 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleJusticeÉducation & rechercheSécurité

Scandale du périscolaire : qui est responsable ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:40RelanceRéponse partielle

    Est-ce que Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire n'ont pas un peu vite évacué leurs responsabilités personnelles ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est pire à Paris qu'ailleurs ?

  • 6:50RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est pire à Paris qu'ailleurs ?

  • 8:11OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est reproché notamment à Anne Hidalgo ?

  • 9:36OuverteRéponse directe

    Vous avez été tenue au courant oui quand et surtout depuis que s'est-il passé en réalité ?

  • 10:21OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce sujet n'a pas été pris en compte plus tôt par les politiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:50Emmanuel GrégoireFait
    « « Malgré les actes posés et malgré la conscience réelle des abus sexuels dont sont victimes nos enfants dans notre pays. Nos institutions ont failli dans la protection de nos enfants et c'est un échec collectif. » »
  • 2:41Emmanuel GrégoireFait
    « « La direction des affaires juridiques avait considéré sans validation politique, sans validation ni par moi-même ni par mon cabinet, que lorsque les enquêtes judiciaires étaient en cours, le signalement au titre de l'article 40 était redondant. » »
  • 3:01Emmanuel GrégoireFait
    « « On a fait plein de choses mal. On va faire plein de choses mieux, mais quand même sur ce sujet aussi essentiel on ne couvre pas de pédophile à la ville de paris au regard de ce qui a été porté à ma connaissance ça n'a jamais été fait et je vous jure que ce sera jamais fait » »
  • 3:25Emmanuel GrégoireFait
    « « Multipliez les dispositifs de recueil de la parole des enfants, multipliez la formation, multipliez l'attention des parents et les signalements vont qui ont explosé partout. » »
  • 3:25Emmanuel GrégoireChiffre
    « « Au total, à Paris, 195 agents ont été suspendus depuis le début de l'année 2026, dont 74 pour violences sexuelles. » »
  • 6:50Elisabeth GutmannFait
    « « C'est plus qu'à Paris, il y a une concentration Parce qu'il y a beaucoup d'écoles sur le territoire parisien, donc nous ce qu'on remarque c'est qu'en fait ça couvre l'ensemble du territoire national » »
  • 10:21Colombe BruxellesFait
    « « Un animateur dans un centre de loisirs parisien et pendant un an fait l'objet d'une procédure pour consultation de sites pédopornographiques et il n'y a pas d'obligation, c'est-à-dire que pendant un an, cette personne a travaillé sans que l'employeur soit au courant » »
  • 13:45Elisabeth GutmannChiffre
    « « Pour nous, cette personne, elle encourait pour agression sexuelle sur mineurs une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Déjà, le parquet n'avait requis que la moitié, que 5 ans aujourd'hui, la personne se retrouve avec un an sous bracelet électronique qui correspond pour l'agression de 9 fillettes à 5 semaines par enfant. » »
  • 17:50Emma FerrandChiffre
    « « Sur les trois dernières années, il y avait notamment, je crois que de mémoire, c'était 52 animateurs suspendus pour des faits de violence sexuelle. » »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:09

Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Sens Public, votre rendez-vous quotidien de débats, chroniques et reportages. 90 minutes, deux grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité. L'actu de ce 16 septembre, c'est le scandale des violences dans le périscolaire qui frappe toute la France, même si aujourd'hui, c'est le maire de Paris qui est venu se défendre devant la commission d enquête sénatoriale. Qui savait pourquoi les animateurs fautifs n'ont-ils pas été sanctionnés plus tôt ? Les condamnations judiciaires sont -elles à la hauteur des traumatismes subis par les enfants ? On répond à toutes ces questions dans une minutes. Et puis, dans la seconde partie de ce sens public,

0:47

c'est un gros plan sur les relations houleuses entre Emmanuel Macron et le Sénat que je vous propose avec un premier bras de fer un an après son arrivée au pouvoir, l'affaire Benalla. S'il veut la responsable, il est devant vous, qu'il vienne le chercher et ce responsable, il répond au peuple français et au peuple plus loin.

1:07

Emmanuel Macron voulait réduire d'un tiers le nombre de parlementaires. Cette réforme constitutionnelle s'est fracassée sur l'affaire Benalla. 10 ans de macronisme et de contre-pouvoir sénatorial, c'est la revanche de l'ancien monde que l'on vous raconte dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, vous pouvez participer, vous pouvez réagir en scannant notre QR code. N'hésitez pas à témoigner notamment sur vos inquiétudes de parents, de grands-parents face à cette succession d'affaires dans le périscolaire à Paris, Anne Hidalgo et son successeur, Emmanuel Grégoire, étaient sur le grill du Sénat. Cécile Cixoux. Il n'y a pas une minute où je n'éprouve pas un sentiment de de gravité, de tristesse et de culpabilité.

1:50

Ce matin, Emmanuel Grégoire n'a pas caché au sénateur son émotion et ses regrets. Il y a bien eu, selon lui, des erreurs dans la gestion des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Des défaillances également pointées du doigt hier par l'ex-maire de Paris, Anne Hidalgo. « Malgré les actes posés et malgré la conscience réelle des abus sexuels dont sont victimes nos enfants dans notre pays. Nos institutions ont failli dans la protection de nos enfants et c'est un échec collectif. Le signalement systématique des agents douteux n'a par exemple pas été appliqué, c'était pourtant l une des consignes d'Anne Hidalgo. La direction des affaires juridiques avait considéré sans validation politique,

2:34

sans validation ni par moi-même ni par mon cabinet, que lorsque

2:41

les enquêtes judiciaires étaient en cours, le signalement au titre de l'article 40 était redondant. En revanche, la mairie n'a rien caché, aucune affaire n'a été Que notre administration puisse être suspectée d'avoir recruté et couvert des pédophiles, je tiens à dire qu'on a fait plein de choses mal. On va faire plein de choses mieux, mais quand même sur ce sujet aussi essentiel on ne couvre pas de pédophile à la ville de paris au regard de ce qui a été porté à ma connaissance ça n'a jamais été fait et je vous jure que ce sera jamais fait et le cas de paris n'est pas pour emmanuel grégoire un cas isolé un cas Ce qui se passe à Paris est une avant-garde de ce qui se passera ailleurs. Multipliez les dispositifs de recueil de la parole des enfants,

3:25

multipliez la formation, multipliez l'attention des parents et les signalements vont qui ont explosé partout. Au total, à Paris, 195 agents ont été suspendus depuis le début de l'année 2026, dont 74 pour violences sexuelles. qui est responsable, comment trouver des solutions ? On en débat tout de suite avec Colombe Bruxelles. Bonsoir, vous êtes sénatrice socialiste de Paris et membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les femmes et les hommes. Elisabeth Gutmann, de bonsoir bienvenue vous êtes cofondatrice du collectif sos périscolaire et ma ferrand bonsoir bienvenue à vous aussi vous êtes journaliste au service société du figaro et j'accueille adriam rachet bonsoir adrien

4:03

bonsoir qui a plutôt l'habitude d'être de ce côté là vous êtes rédacteur en chef adjoint des services politiques du point mais c'est un nouveau partenariat vous viendrez une fois par mois dans le sens public comme éditorialiste on va regarder d'ailleurs la une du point qui sort ce mercredi consacré à l'intelligence artificielle quand l'IA échappe à ses créateurs. Alors, j'ouvre le débat sur ce scandale. Déjà, je commence par dire que ça concerne évidemment toute la France. On ne va pas uniquement parler de Paris. Vous pouvez d'ailleurs témoigner grâce à notre QR code si vous avez été confronté à des animateurs périscolaires violents ou défaillants. Mais l'actualité, Colombe-Broncel, ce sont les auditions d'Anne Hidalgo hier,

4:40

d'Emmanuel Grégoire aujourd'hui devant la commission d'enquête sénatoriale. Est-ce qu'ils n'ont pas un petit peu vite évacuer leurs responsabilités personnelles ? Il parle d'échec ou de faillite collective. D'abord, c'est évidemment un échec à partir du moment où il y a un enfant qui est victime de violences sexuelles dans un lieu qui est un lieu, comme parent, qu'on considère comme un lieu protecteur. Quand on laisse nos enfants le matin à l'école, c'est un lieu protecteur où le personnel est du personnel municipal, évidemment que c'est un échec et c'est une somme d'échecs et de défaillance et je crois que ces auditions elles étaient importantes dans la lignée de l'audition qui avait été organisée quelques jours avant

5:24

avec des des maires, des maires de grandes villes, un maire d'une beaucoup plus petite ville et qui témoignait finalement alors avec des tailles de collectivités différentes, qui témoignaient finalement des mêmes difficultés comme employeurs, des mêmes défaillances parfois et ce moment du coup il était évidemment important. Donc c'est un système qui est défaillant mais ça pose, ça n'exonère pas de la question personnelle, de la responsabilité du ou de la mère. Alors, la rapporteure le rappelle d'ailleurs à chaque audition, ni elle ni le président ne sont des procureurs, des juges et la responsabilité par ailleurs des plaintes qui ont été déposées intuitus personnels, mais la responsabilité politique.

6:07

Forcément, il y a une responsabilité politique quand vous êtes mère, quelle que soit la ville, en responsabilité et qu'un enfant, un seul est victime de violence par un personnel qui dépend de votre administration, c'est forcément un échec, une blessure, une somme de faillite. Vous pouvez appeler ça comme vous voulez. Bien sûr. Et d'ailleurs, si ça n'était pas le cas, eh eh bien, il n'y aurait pas eu le choix fait par le Sénat de mettre en place une commission d'enquête sur ce sujet-là et il n'y aurait pas eu un certain nombre de convocations. Donc, bien sûr... Elisabeth Gutmann, est-ce que c'est le scandale Alors ma question est sans doute maladroite Je ne vous demande pas de faire un classement Mais est-ce que c'est pire à Paris qu'ailleurs ?

6:50

Alors c'est plus qu'à Paris, il y a une concentration Parce qu'il y a beaucoup d'écoles sur le territoire parisien, donc nous ce qu'on remarque c'est qu'en fait ça couvre l'ensemble du territoire national, ça c'est sûr Madame Evrenne l'a répété à plusieurs reprises, nous on a un site internet où on recense justement les signalements des familles, les familles avec lesquelles on rentre en contact et on est à peu près 600 signalements depuis 2021 sur 72 départements donc c'était vraiment l'idée c'était de montrer que le phénomène était systémique au niveau national. Mais à Paris il y en a combien de signalements ? Donc à Paris c'est gigantesque, ça couvre énormément de personnes. On sait là dans les chiffres qui ont été annoncés par le parquet alors madame Évren

7:29

disait une école maternelle sur trois on est plus proche d'une sur deux actuellement qui serait qui seraient concernés et une sur six en élémentaire donc c'est quand même vraiment c'est un phénomène qui est massif on voit aussi qu'il ya quand même quelques cas qui datent de l'année dernière ou de l'année d'avant on a assez peu de cas d'il ya très longtemps donc c'est quand même ça reste des cas vraiment dans un présent très proche et sur les justifications de dany dalgo puis d'emmanuel grégoire comment vous avez réagi en les entendant l'audition de dany nous a fait mal aux oreilles. Vraiment, cette dilution de responsabilité, ce désengagement, vraiment était pour les familles qu'on représente et pour les familles qu'on

8:11

accompagne depuis 5 ans et qui sont dans une douleur terribles et qui ont été complètement, qui se sont sentis abandonnés par la ville de Paris, abandonnés par la mer de Paris. Ça a été une audition qui a été extrêmement pénible à entendre du fait vraiment d'un abandon de responsabilités, de ne pas connaître le mot systémique, de ne pas reconnaître que ce qu'il se passait à Paris était systémique, mais par contre d'accepter de le reconnaître sur le territoire national, c'est incompréhensible. – Qu'est-ce qui est reproché notamment à Anne Hidalgo, Emma Ferrand ? Le fait, je crois, vous allez pouvoir détailler ça, mais d'avoir, quand elle est arrivée à la mairie, demander une sorte d'audit, qu'est-ce qui qu'est-ce qui se passe après ou qu'est-ce qui ne se passe pas après?

8:54

En fait, il y a plusieurs choses qui lui sont reprochées. C'est-à-dire qu'elle est arrivée à la tête de Paris en 2014. Très vite, elle, hier, a expliqué lors de son audition avoir été mise au courant d'éventuels abus, non pas dans le cadre du périscolaire, mais dans le cadre du conservatoire à Paris. Donc elle explique avoir mis en place plusieurs choses. Donc évidemment, on se dit que déjà à cet instant-là, techniquement, elle est au courant. Par la suite aussi en 2015, après même le rapport de l'inspection générale de la ville, donc le rapport qu'elle avait commandé, en 2015, elle a été aussi apostrophée par Jean-Pierre Lecoq, le maire du 6e arrondissement.

9:36

Donc là encore, il y a aussi effectivement suspicion qu'elle soit tenue au courant. Donc effectivement, c'est un peu ça qui lui était demandé. c'était de dire vous avez été tenu au courant oui quand et surtout depuis que s'est-il passé en réalité effectivement alors il ya un certain nombre de propositions on va essayer de les analyser ensemble au delà du constat emmanuel grégoire qui donne une interview à nos confrères du parisien aujourd'hui en france apparaître demain elle est déjà en ligne il propose notamment de changer le code de procédure pénale je crois que l bruxelles avec l'obligation de transmission d'informations à l'employeur parce qu'il explique que la mairie de paris employeurs n'était pas forcément prévenu d'un antécédent judiciaire d'un futur animateur en fait

10:21

la mairie que soit la mairie de paris où je repense à nos collègues maires, la mairie n'a pas d'obligation d'être informée à un certain nombre de moments qui sont pourtant les moments clés. Un de vos employés est mis en garde à vue. Il n'y a pas d'obligation d'être informé comme employeur. Ce Ce matin, le maire de Paris prenait un exemple, un animateur dans un centre de loisirs parisien et pendant un an fait l'objet d'une procédure pour consultation de sites pédopornographiques et il n'y a pas d'obligation, c'est-à-dire que pendant un an, cette personne a travaillé sans que l'employeur soit au courant, sinon il aurait été immédiatement suspendus.

11:02

Et ça, c'est vraiment quelque chose qui est remonté de tous les maires. J'imagine que dans le travail que vous effectuez en ce moment, en lien avec le projet de loi sur la protection de l'enfance ou le projet de loi dite intégrale sont des sujets qui remontent. Il faut changer le code de procédure pénale là-dessus pour que l'information soit automatique. Quelle est la justification pour ne pas le faire ? Pour ne pas l'avoir fait plus tôt. Je cherche la logique, on protège alors la présomption d'innocence je veux bien mais on protège le violeur ou l'agresseur et pas l'enfant quoi, c'est insupportable à entendre On est tous pris dans cette forme de de contradictions, pardon, je me permets de parler pour mes collègues qui siègent avec moi en commission. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas.

11:43

On est tous pris dans cette tension entre le respect de la présomption d'innocence, qui est un principe vraiment important dans un état de droit, et le fait que on tombe un peu de sa chaise, pardon de le dire trivialement, quand des exemples nous sont donnés. L'un des maires que nous auditionnions, je crois que c'est le maire de Colombes, nous disait « mais moi j'aurais besoin aussi de savoir la fin d'une procédure. Je n'ai aucune information comme maire et donc comme employeur. » On pourra revenir après sur le rôle du maire dans la relation avec les familles, mais ne serait-ce que comme employeur, il n'y a aucune obligation d'information. Et donc là-dessus, il y a vraiment un travail qui est à revoir il va y avoir plusieurs occasions de proposer ceci je crois que ça fait

12:23

consensus à ce stade de nos travaux alors il ya évidemment des procédures judiciaires un Un animateur périscolaire d'une école du 15e arrondissement de Paris a été condamnée hier à 50 prisons, dont une année sous bracelet électronique pour agression sexuelle sur 9 enfants. On écoute l'avocate d'une des familles de victime on peut constater que il sera il est pas relâché dans la nature on peut pas dire cela il a une peine de cinq ans dont un an avec surveillance électronique donc c'est quand même une peine répressive et derrière cela il il y a 10 ans de suivi socio-judiciaire. Donc, ça veut dire que la justice prend la mesure de la gravité des actes et également que ça va être sur du long terme pour

13:07

qu'ils puisse lui aussi prendre la mesure de ce qu'il a fait et pouvoir établir une réinsertion aussi dans la société. La justice prend la mesure de la gravité des actes, dit cette avocate. Est-ce que vous êtes d'accord Alors, non, pas exactement. Effectivement, ce n'est pas la position de notre collectif. Pour nous, cette personne, elle encourait pour agression sexuelle sur mineurs une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Déjà, le parquet n'avait requis que la moitié, que 5 ans aujourd'hui, la personne se retrouve avec un an sous bracelet électronique qui correspond pour l'agression de 9 fillettes à 5 semaines par enfant. Est-ce que c'est suffisant ? Non, ce n'est absolument pas suffisant. Alors oui, c'est la première condamnation parisienne.

13:45

Enfin, on a une condamnation, mais on ne peut pas se réjouir qu'il y ait enfin une condamnation. Ce n'est pas normal qu'on en soit là aujourd'hui. Ça veut dire quoi ? C'est le pantom des peines qu'il faut revoir ? Bien sûr, il y a énormément de choses à revoir au niveau judiciaire et on en parle quand même depuis des années, on en parle avec les ministères, on en parle à Matignon, à l'Elysée, c'est vraiment quelque chose d'un sujet qu'on porte beaucoup aussi, qui va avec la reconnaissance de la parole de l'enfant, qui va avec le fait que quand un enfant est agressé, il n'y a pas forcément des séquelles physiques. Donc ça veut dire qu'il faut prendre en compte les séquelles psychologiques et en fait la justice aujourd'hui a beaucoup de mal à prendre en compte ces séquelles psychologiques

14:23

qui pourtant vont durer des années. Adrien, vous pouvez intervenir ? Oui Justement j'avais une question à vous poser. Vous parlez de la justice et de la longueur de la réponse de la justice. Vous parlez aussi du côté du politique. Vous dites on est allé voir l'Elysée, on est allé voir des ministères, on a prévenu la mairie de Paris. Pourquoi ce sujet-là pendant tant d'années les politiques ont eu tant de mal à s'en saisir ? Alors c'est une vraie question qu'on s'est posée dès le départ puisque nous notre collectif s'est créé en 2021. Dès fin décembre 2021 on contacte la ville de Paris, on contacte madame Versigny à la protection de l'enfance, monsieur Bloch qui a été auditionné par le Sénat et on leur dit voilà nous on a reçu des dizaines de témoignages puisqu'on avait mis

15:05

des appels sur un témoignage sur les réseaux sociaux dans les groupes de parents parisiens et on reçoit des dizaines de témoignages sur des violences physiques, psychologiques et sexuelles dans plein d'écoles parisiennes et on lui dit la situation qu'on est en train d'observer, elle est alarmante, tout ça a l'air systémique. Systémique ça veut dire quoi ? Ça veut dire ça il y a 5 ans, on est bien d'accord. Bien sûr, oui c'est ça. Systémique ça veut dire quoi ? Parce que c'est un mot qui fait hérisser le poil de certains politiques. Systémique ça ça veut dire permis par le système. Donc pourquoi permis par le système ? Le système est défaillant et aujourd'hui tout le monde le reconnaît. Et c'est cette défaillance du système qui permet toutes ces violences de se produire sur les enfants.

15:43

Donc quand on rencontre la mairie de Paris, donc Patrick Bloch, son équipe, la Dasco, etc., il ne se passe absolument rien. On les rencontre à trois reprises jusqu'à ce qu'ils décident de rompre complètement le dialogue avec nous en 2024, suite à une rencontre où on était venus avec les familles de victimes de l'école Emurio. Ils ont souhaité après cette rencontre cesser tout contact avec nous. Peu importe, on n'avait pas décidé que c'était notre seul interlocuteur et on a continué surtout main dans la main avec les médias et c'est grâce aux médias aujourd'hui que le sujet a émergé. Alors, c'est effectivement, on ne va pas s'en satisfaire, mais la première peine ferme prononcée par la justice depuis le début du scandale dans la capitale il ya beaucoup d'autres procédures

16:26

et ma ferrand oui bien sûr vous voulez dire des procédures judiciaires oui bien sûr il y a plus de 200 enquêtes pénales en cours rien qu à paris donc effectivement c'est énorme comme le disait elizabeth il n'en aura en plus sans doute d'autres sachant qu'en plus une enquête ne signifie pas un seul cas il peut y avoir plusieurs plusieurs enfants qui sont concernés dans une seule et même enquête donc en fait effectivement c'est impressionnant et c'est le cas partout en France Vous qui avez travaillé, enquêté sur ces dossiers je reprends la question d'Adrien sur ce retard face à un scandale systémique comment vous, vous l'analysez Je pense que finalement,

17:06

les élus ont du mal à entendre l'alerte des parents qui sont les premiers concernés. Et je pense que le travail d'Elisabeth et Anne de SOS a eu du mal à être entendue et de fait, par résonance, nous aussi, il a mis du temps à arriver jusqu'aux oreilles des journalistes finalement. Nous, finalement, il y a une grosse vague qui s'est faite fin 2025. J'ai plus la date exacte, mais je crois que c'était en novembre 2025 quand Patrick Bloch, en fait, a pris les devants et a annoncé lui-même des chiffres. Exactement. Lui-même a annoncé des chiffres. Donc sur les trois dernières années, il y avait notamment, je crois que de mémoire, c'était 52 animateurs suspendus pour des faits de violence sexuelle.

17:50

Et effectivement, si vous voulez, tout s'est réveillé comme ça. Et après, la machine était lancée, on Ça a permis aussi à SOS Périscolaire de se positionner sur le sujet, d'expliquer qu'elle travaillait dessus depuis plusieurs années. Et puis finalement ensuite les témoignages ont abondé. Il y avait quand même un reçu de prendre en compte certaines problématiques parce que le déplacement des animateurs par exemple c'était quelque chose de courant et nous on leur ramenait, on ramenait déjà ce sujet justement dans le débat avec la mairie de Paris en disant on nous rapporte que beaucoup d'animateurs sont déplacés pour des faits de violence déplacés mais pas virés non, les animateurs n'étaient jamais licenciés d'ailleurs c'est toujours compliqué parce

18:28

qu'il y a un statut de fonctionnaire qui est compliqué un vacataire n'est pas repris, un fonctionnaire c'est compliqué donc il y avait déjà ce sujet de déplacement et ils le connaissaient tous. Tout le monde savait qu'il y avait ces déplacements-là, puisque c'était la pratique qui était courante. Alors, beaucoup de réactions. Une première question que je prends dans ma voix Alain Dorillac, qui nous demande si l'argent annoncé par Sébastien Lecornu pour lutter contre ces violences va suffire, vous avez bien suivi l'actualité effectivement le Premier ministre a annoncé un déblocage ou un plan je ne sais pas de plus de 4 milliards hier c'est le thème de la chronique de Steve Jourdain, tout de suite on répond à votre question.

19:07

On revient donc sur ces dernières annonces de Sébastien Lecornu. Bonsoir Steve, bienvenue pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Annonce détaillée aujourd'hui par le Premier ministre dans le journal Le Monde. 1 ,5 milliard contre les violences sexistes et sexuelles. 2 ,6 milliards pour la protection de l'enfance. L'objectif affiché par le Premier ministre et de construire une politique globale de la détection des violences jusqu'au jugement. Ça se matérialiserait par des recrutements, Thomas. 300 nouveaux magistrats, 700 enquêteurs, 300 personnels supplémentaires dans l'éducation nationale avec Avec notamment de nouvelles infirmières scolaires, Matignon annonce aussi 40 millions d'euros pour numériser.

19:46

La justice est tentée de raccourcir les délais entre la plainte et le jugement. Et puis alors il y a d'autres mesures qui sont très concrète. Sébastien Lecornu acte la mise en place à partir de novembre d'un questionnaire à l'école pour mieux repérer les violences sexuelles subies par les enfants. Il dit vouloir renforcer les maisons des femmes. Autre mesure annoncée lorsqu'une plainte pour crime sexuel sera classée sans suite. La décision devra désormais être motivée de manière individualisée. L'idée c'est d'éviter qu'une victime soit sèchement et conduite en trois mots, classement sans suite. Il faudra dorénavant expliquer le choix de ne pas poursuivre. Et pourquoi ces annonces interviennent maintenant ?

20:23

Il y a bien sûr l'émotion provoquée par le meurtre de la petite Liana au mois de juin, mais il y a aussi la proposition de loi dite intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Elle arrive à l'Assemblée le 1er octobre. Sébastien Lecornu veut l'accompagner d'une programmation financière sur plusieurs années, un peu comme ce qui se fait actuellement, Thomas, pour les armées. Concrètement, on ne repartira plus de zéro chaque année. Budget après budget, on saura à l'avance combien d'argent sera consacré à la lutte contre les violences sexuelles, combien de magistrats et d'enquêteurs seront déployés et avec quels objectifs. – Alors donc pour bien comprendre ce sera ou ce seront 1 ,5 milliards d'euros en plus ? – Eh bien non, Thomas c'est là que l'annonce

21:02

tombe un peu à plat, Matignon le reconnaît, ces 1 ,5 milliard ne sont pas de l'argent nouveau, c 'est ce que l'Etat dépense déjà mais qui était jusqu'ici dispersé entre la justice, la police, la santé, l 'éducation. Même chose pour une partie des recrutements. Ils étaient déjà programmés. La nouveauté c'est qu'on additionne tout ça et qu'on sanctuarise en quelque sorte cette somme. On sait donc désormais combien l'Etat dépense chaque année. 1 milliard

21:38

la promesse, 300 nouveaux magistrats, 700 enquêteurs, 300 personnes. Sauf que pour l'instant il n'y a pas le budget si j'ai bien compris. Et pour l'instant c'est pas nouveau. D'accord. Non mais pardon pour cette réponse un peu rapide. Non mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça peut se jouer là lors du débat parlementaire sur la loi dite intégrale par exemple ? Il faut que ça se joue. Je crois que l'émotion qui a étreint le pays suite au décès de l'assassinat, la petite Liana, il doit aujourd'hui, cette émotion elle doit être entendue. Les associations qui ont travaillé main dans la main avec les parlementaires dans une coalition qui permettait enfin de faire travailler et les associations travaillant sur

22:17

la question des violences faites aux femmes et les associations travaillant sur la question des violences faites aux enfants, ce qui n'était pas courant avant. Ce travail-là il doit maintenant aboutir mais il nécessite des moyens supplémentaires et il nécessite des moyens qui ne soient pas pas uniquement des regroupements, mais des moyens supplémentaires. Avec des moyens supplémentaires et pas uniquement ceux déjà annoncés. En effet, sur la question de la chaîne judiciaire, pour dire les choses rapidement, je rappelle ce chiffre qui a fait froid dans le dos à tout le monde, quand suite à la demande de Gérald Darmanin de faire le bilan des enquêtes pour violences sexuelles contre les enfants qui étaient finalement stockées et non traitées par la justice,

22:57

on est sur le chiffre ahurissant de 70 000. Et je me permets, pardon, de faire le lien avec le débat que nous avions avant sur les violences dans le cadre périscolaire. Combien de ces plaintes, combien de ces 70 000 plaintes concernent des personnes qui sont en contact avec les enfants, que ce soit dans le périscolaire, dans les conservatoires, dans les associations, à l'éducation nationale ? Personne n'en sait rien. Et pourtant il devrait là aussi y avoir un principe de précaution immédiat pour que ces personnes soient suspendues. Donc aujourd'hui, les annonces du Premier ministre... Moi j'ai toujours envie d'être optimiste. Elles sont la reconnaissance du fait que le cri d'alarme, il est au moins audible et entendu.

23:40

Et que toute la mobilisation de la société, elle existe. Mais le compte n'y est pas. Si on décode, voilà. En fait, il n'y a pas l'argent. On sait bien quel est le contexte budgétaire. Donc ça va être aux parlementaires de le trouver, cet argent. Et il va falloir qu'il y ait des choix qui soient faits. Parce que oui, protéger aujourd'hui les femmes victimes de violences et les enfants victimes de violences, en effet, ça a un coût. 100 % d'accord avec vous. Donc il va falloir trouver des économies ailleurs ? Eh bien, il va falloir trouver soit des sources de recettes, soit des sources d'économies. Mais ce sujet, il est fondamental. Et pardon, je me permets juste de le redire, c c'est le coût pour une société d'avoir un enfant qui toutes les trois minutes, si je reprends les statistiques,

24:21

est victime de violences. Le coût pour la société est bien plus important que ces 3 milliards d'euros. Et donc il faut en effet y aller. Et y aller vite, on n'a plus le temps d'attendre. Cette loi intégrale, Elisabeth Wittmann, est-ce qu'elle ne risque pas de décevoir beaucoup de monde ? Et vous et les familles que vous représentez prioritairement ? Alors elle n'est pas elle n'est pas unique la loi intégrale puisqu'à côté de ça il y a le projet de loi protection de l'enfance, il y a la proposition de loi qui avait été proposée par Viollet Spilbout et Paul Vanier. Donc on va voir ce qui va finir par passer à l'intérieur du temps qui reste du mandat présidentiel. Combiner les trois vont pouvoir améliorer justement les conditions de sécurité des enfants.

25:00

Cette loi intégrale, elle est importante. Elle a déjà quand même été pas mal réduite. Elle va à nouveau être réduite parce que le temps parlementaire, il est court. C'est deux semaines de débat. Deux semaines, c'est pas grand-chose. La proposition de la protection de l'enfance, elle a eu trois jours et trois jours, c'était dix articles. Aujourd'hui, on a beaucoup plus. On a 69 articles. Donc, il y a quand même beaucoup à discuter. Est-ce qu'elle va décevoir ? Elle va décevoir si elle n'est pas appliquée. Elle va décevoir s'il n'y a pas un budget derrière et s'il n'y a pas des décrets d'application qui suivent. Aujourd'hui, on a quand même malheureusement en France beaucoup de lois qui n'ont pas de décret d'application, qui ne sont pas appliquées.

25:31

Donc là, ce dont les familles ont besoin, ce dont les familles partout en France ont besoin, c'est que les lois soient appliquées et qu'enfin, les enfants soient protégés. Est-ce que c'est aussi une question d'efficacité, Emma Ferrand ? C'est-à-dire, l'idée dès que les services travaillent un peu trop chacun de leur côté et que là, on va leur donner un objectif ou une direction et un cap commun ? C'est un peu la question, oui, effectivement. C'est toute la problématique, en fait. On se rend bien compte de ce système, c'est que tout est décentralisé aujourd'hui. La question, c'est est-ce qu'il faut davantage centraliser, de donner un cadre commun à la fois aux établissements, même en tout cas aux structures, à l'administration ? C'est la question qui se pose.

26:15

Mais par exemple, est-ce qu'il y a un fichier national dans lequel les actes en question sont recensés que toutes les administrations peuvent... Vous dites non. Non, c'est une des demandes qui est faite aujourd'hui et qui a été portée dans les auditions par le maire de Paris comme par les autres maires et qui est portée depuis longtemps, c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de fichier national qui permette de recenser les signalements. Et donc pour donner un exemple très concret aujourd'hui, je prends la ville de Paris, ça pourrait être une autre ville. La ville de Paris suspend un animateur ou un intervenant conservatoire, bref un agent municipal pour suspicion de violences sexuelles, cet animateur il va suspendu par son employeur, s'il décide d'aller travailler dans

26:55

un autre département, dans une autre ville, dans une autre région où de l'autre côté du trottoir il n'y a aucun moyen pour le nouvel employeur, d'être informé de ce signalement. Donc ça c'est une des demandes absolument fondamentales, c'est qu'il y ait un fichier national. – Et c'est ce qui était reproché effectivement par Agnès Evren ce matin. – Ça rejoint une question d'un autre téléspectateur, on va le voir s'afficher, allez-y. – Oui, oui, c'était ce qui était reproché ce matin par Agnès C'est vrai, c'est vrai. Elle notifiait le manque de traçabilité, effectivement, notamment aussi quand il y a un classement sans suite, se pose aussi la question, est-ce que l'administration dans ces cas-là est censé le savoir ? Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

27:33

Alors il y a un certain nombre de procédures, il y a les procédures judiciaires et puis il y a une procédure qui vise de nouveau la ville de Paris, le maire actuel et et Anne Hidalgo. C'est une quinzaine de familles qui dénoncent des violences, des atteintes sexuelles sur leur enfant. On écoute l'avocat de ce collectif MeToo Ecole. Aujourd'hui, je l'ai dit, cette plainte vise la ville de Paris, elle vise une institution qui est compétente pour l'organisation et la gestion du périscolaire parisien. Elle ne vise donc pas des personnes, elle vise uniquement un système. Car la ville de Paris savait, mais la ville de Paris n'a pas agi depuis 2015 pour assurer la sécurité de nos enfants.

28:17

Et avec ces procédures judiciaires multiples, avec la commission d'enquête sénatoriale Adrien, on n'a pas fini évidemment d'entendre parler de ce thème. Oui, rappelez-vous en mars, le scandale du périscolaire était l'un des terrains d'affrontement de la campagne municipale parisienne. Eh bien, spoiler alerte, la page est loin d'être retourné sous l'effet de la commission d'enquête, dont les conclusions seront bien sûr extrêmement scrutées, mais aussi des procédures judiciaires en cours que vous avez citées. Ce thème devrait revenir en force. Alors est-ce que ça se matérialise déjà dans cette campagne présidentielle ? – Plus ou moins, le sujet qui s'étend bien au-delà de Paris, on l'a dit, n'a pas encore la place qu'il mérite dans le débat.

28:56

Pour autant, depuis quelques semaines, des candidats font des propositions plus ou moins sérieuses, vous jugerez par vous-même. Edouard Philippe propose, par exemple, de créer une inspection nationale de l'enfance qui devra, je cite, « contrôler les lieux qui accueillent des enfants ». Marine Tondelier, la patronne des écologistes, réclame, elle, des cours d'éducation à la vie affective dès la maternelle. Bruno Retailleau souhaite carrément la castration chimique des pédocriminels. Quant à Ségolène Royal, elle veut mettre des caméras de vidéosurveillance partout, que ce soit dans les écoles ou dans le périscolaire. Plus largement, c'est le thème de la protection de l'enfance qui prend de plus en plus d'importance ? Oui, malheureusement, il aura fallu des événements tragiques pour

29:37

que le sujet longtemps délaissé revienne au-dessus de la pile. Outre le périscolaire, on peut citer l'affaire Bétharam, les révélations de la civise, un rapport sénatorial alarmant sur l'état de la protection de l'enfance ou bien sûr les meurtres des jeunes Lola et Liana. C'est dans ce contexte que sont débattus la loi sur la protection de l'enfant, c'est la fameuse loi dite intégrale. Mais c'est aussi dans ce contexte qu'en vue de 2027, plusieurs partis formulent des propositions. Le Parti socialiste comme les écologistes réclament un ministère de l'enfance de plein exercice. Le Rassemblement national demande, je cite, des peines réellement dissuasives pour les violeurs d'enfants récidivistes. La France insoumise souhaite recentraliser l'aide sociale à l enfance

30:21

quand Gabriel Attal insiste, lui, sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Le frémissement semble être là. Attention néanmoins à ce que ça ne reste pas au stade du catalogue. Il ne faudrait pas qu'au délaissement du sujet succède une surenchère de promesses sans lendemain. Merci beaucoup. On pourrait rajouter à la liste le scandale de l'aide sociale à l'enfance aussi. Il y avait consacré un débat juste avant le break estival et là aussi c'est un scandale français majeur. Ministère de l'enfance de plein exercice, Colombe Bruxelles. Est-ce que ça réglerait la question des services qui travaillent chacun dans leur coin ? Les tuyons institutionnels ne règlent jamais tout. Je crois qu'il faut échapper à cette illusion.

31:02

Par contre, cela marquerait d'abord un intérêt en tant que tel pour l'ensemble des questions qui concernent l'enfance mais aussi la nécessaire coordination de l'ensemble des administrations et des acteurs. Ce qui manque aujourd'hui lorsqu'on effectue un travail de parlementaire et qu'on auditionne les uns et les autres. On voit bien qu'il n'y a aucune coordination qui permette de poser tous les sujets en tant que tel sur l'enfance, que ce soit sur le sujet de la protection des enfants, mais sur d'autres types de sujets. Pardon de faire un pas de côté par rapport au thème de l'émission, mais quand on a beaucoup travaillé à la délégation Droits des femmes sur la question des familles monoparentales, ce sont des mères à plus de

31:41

83%. Quand on cherche un interlocuteur, et je suis assez tenace pour travailler concrètement sur la façon dont on lutte contre la précarité ou la précarisation des mères solos, je peux vous dire que j'ai un certain nombre d'interlocuteurs ministériels. Si on avait enfin cette forme de coordination, elle permettrait au moins de ne plus perdre de temps. Vous faisiez allusion, et pardon je rebondis là-dessus, à la civise. En 2023, la la délégation aux droits des femmes de façon transpartisane, avec des élus de tous bords politiques. Nous avions interpellé le gouvernement sur le fait que le départ forcé du juge Durand, et du coup, qui était le président de la Civise et qui l'apportait avec une conviction que personne ne pouvait nier.

32:24

Et qui avait proposé, je crois, de mémoire 82 mesures. Le fait que le juge Durand soit sorti, le fait qu'il n'y ait plus d'engagement pour porter la Civise, aujourd'hui, je crois que c'est un quart des mesures qui avaient été proposées qui sont mises en place. Je revois revenir cet entretien pour les enfants en maternelle. Il est fondamental. Il était déjà dans les préconisations de la Civise, non d'un chien. On a besoin qu'il y ait quelqu'un qui se batte pour les enfants. Et donc oui, c'est pour ça qu'un ministère de l'enfance, il est important. Alors on l'a dit, c'est loin d'être un phénomène uniquement parisien. Je veux bien qu'on essaye de prendre la mesure de ce scandale national. Peut-être pour commencer avec vous, Emma Ferrand,

33:06

ça concerne pas seulement les grandes villes, plus les grandes villes que les petites. Qu'est-ce qu'on peut en dire Pas seulement les grandes villes. En réalité, ça concerne toutes les communes de toutes les tailles. Ça s'explique par rapport à ce que je vous disais tout à l'heure. Puisque tout est décentralisé, il n'y a pas de risque que ça ne se passe pas ailleurs en réalité, surtout que comme le disait Elisabeth c'est systémique donc en fait le système bien que ce soit décentralisé c'est à peu près la même chose partout donc effectivement il y a à la fois les Les écoles maternelles, les écoles élémentaires, mais il y a aussi des centres de loisirs et ça dans toutes les villes. Juste avant que l'émission ne démarre, vous m'avez alerté sur ce qui se passe

33:46

dans les Landes et notamment à Tarnos. Pourquoi c'est un cas d'école entre guillemets intéressant ? Oui parce qu'en fait je veux dire que tous les dysfonctionnements sont dans ce qui se passe actuellement à Tarnos. Tarnos donc c'est une petite ville des Landes dans lequel il y a au départ une plainte qui est déposée, un signalement qui est fait par un enfant, qui fait des révélations sur des faits d'agression sexuelle et de viol de la part d'un animateur. Et puis se rajoute au fur et à mesure un nombre de plaintes conséquentes. Aujourd'hui nous par exemple on accompagne 14 familles, il y a 15 plaintes au total Et en fait, on se retrouve avec un dysfonctionnement entier dans l'ensemble de la chaîne. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on refuse...

34:25

Les gendarmeries de Tarnos et de Dax refusent de prendre les plaintes des familles, ce qui est, je le rappel, totalement illégal. Sous prétexte, on leur a dit que le parquet avait dit qu'ils ne pouvaient plus prendre de plaintes. Donc on a des familles qui sont en attente depuis le mois de juillet de pouvoir déposer plainte ou de pouvoir déposer des compléments de plainte et on leur dit « non, vous n'avez pas le droit de déposer plainte ». Donc ça déjà, ça n'est absolument pas acceptable. Et on se rend compte également d'un autre dysfonctionnement qui ressemble malheureusement beaucoup à ce qui s'est passé dans l'affaire Liana, c'est qu'aujourd'hui, le juge d'instruction n'a entre les mains que trois plaintes sur les 15 déposés

34:56

et c'est une question c'est une grande question où sont-elles passées et cet animateur a été mis d'abord en détention provisoire pendant un mois à la maison d'arrêt près de Mont-de -Marsan, là où est enfermé d'ailleurs le meurtrier de Liana. Et il a été libéré au bout d'un mois pour sa propre sécurité. Parce qu'il a été dit qu'il n'était pas possible d'assurer sa sécurité au sein de cette maison d'arrêt. Donc il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de revenir dans les Landes. Mais là où il se trouve actuellement, visiblement dans ce que j'ai lu dans la presse, il serait en Bretagne. Qui veille sur le fait qu Il n'agresse pas d'autres enfants, parce que sa sécurité à lui est -elle plus importante que la sécurité des autres enfants ?

35:38

Donc en fait on a une chaîne entière de dysfonctionnements et qu'aujourd'hui des parents qui sont dans l'impossibilité de porter plainte, avec potentiellement des victimes sur plusieurs années en arrière et là on est vraiment encore sur l'arbre qui cache la forêt, et par contre un mis en cause qui lui est en liberté. Je voudrais, alors il y a encore beaucoup de thématiques, le temps à filer, on va parler du recrutement quand même, parce que l'une des auditions qui nous a frappés, peut-être vous aussi, madame la sénatrice, c'est celle d'une journaliste de RTL qui s'appelle Hermine Leclesch. Elle était auditionnée le 3 septembre dernier et elle racontait une enquête qu'elle avait menée en novembre 2025. Elle testait les conditions de recrutement des animateurs périscolaires.

36:14

Elle s'était présentée dans une mairie avec un CV en partie falsifié. Voici son récit. Mon entretien a duré 8 minutes et portait sur est-ce que j'ai déjà eu des expériences avec des enfants j'ai répondu très rapidement est ce que j'ai eu des ennuis avec la justice est-ce que j'étais disponible aujourd'hui et ce que j'avais un diplôme dans l'animation c'est toutes les questions qui m'ont été posé. Quand je suis partie de cet entretien, je ne savais pas que j'allais travailler dans une école Ulysse. Je l'ai découvert en arrivant sur place.

36:49

Et l'entretien, comme je vous le dis, il a duré 8 minutes au total, mais il y 8 minutes entre le bonjour et le au revoir. Une école Ulysse est une unité qui accueille les enfants handicapés, 8 minutes pour être recrutée. Elle ne le dit pas là, mais son casier judiciaire n'a pas été vérifié. On lui a posé la question, elle a dit « oui, pas de problème Et est-ce qu'on peut dire, alors ça c'était novembre 2025, donc ça fait un peu moins d'un an. Quelles sont les règles du recrutement et comment c'est possible, Colombe-Brossel ? C'est complètement ahurissant, mais malheureusement on a C'est l'espace à Créteil, en l'occurrence. Oui, et on a reçu une autre journaliste il y a quelques jours qui, elle, dans le Nord, avait été recrutée sur...

37:29

Elle avait déposé son CV sur une boîte mail, sur une plateforme, et on lui avait dit super, il est 9h32, rendez-vous à 11h30 dans telle école. Il n'y a même pas eu de rendez-vous physique avec la personne qui l'a recruté ? Matériellement, en deux heures, il n'y a évidemment pas eu de contrôle du casier judiciaire avec toutes toutes les failles qu'on a exposées sur les limites de ce sol contrôle. On voit bien que là aussi, la question, c'est finalement celle d'un cadre national et d'une harmonisation des procédures. Et il y un sujet qui est beaucoup revenu dans les auditions, c'est la demande d'un cadre national pour les animateurs. Aujourd'hui, il n'y a pas de diplôme d'Etat. Donc il n'y a pas de niveau minimum et de conditions minimum. Le maire de Paris, ce matin, faisait un parallèle.

38:14

Je n'y avais pas pensé. Je l'ai trouvé malin. Donc je le dis tel quel en disant mais c'est quand même incroyable que les crèches qui sont tout autant déconcentrées que le périscolaire. Une crèche, c'est normé. Vous avez des auxiliaires de puériculture tel diplôme, telle proportion de personnel ayant cette qualification pour faire tourner une crèche. Vous avez des éducatrices de jeunes enfants. Pareil, telle condition de diplôme, telle proportion obligatoire. Un directeur ou une directrice ? Finalement, on devrait faire la même chose pour le Et c'était l'un des regrets exprimés par Vincent Péion dans son audition, en disant qu'on n'a pas construit ce cadre national du périscolaire pour que diplôme, formation... On n'a pas parlé de formation, mais c'est évidemment un sujet absolument majeur.

38:54

Là en l'occurrence elle se retrouve cette jeune femme si elle avait continué dans une école qui est une école qui accueille les enfants handicapés, je pense qu'il faut un minimum de formation avant de jouer un rôle d'animateur paris scolaire dans une pour accueillir n'importe quel enfant. Bien sûr, mais peut-être encore plus dans une école. Quelque part, vous posiez la question tout à l'heure, il y a finalement une forme de dévalorisation de la place des enfants dans notre société pour pouvoir encadrer des enfants pour pouvoir travailler avec des enfants c'est finalement pas si grave que les gens n'aient pas de formation c'est ça que ça signifie et donc il faut absolument qu'on arrive à briser ça et à faire en sorte qu'il y ait un cadre

39:33

des procédures de recrutement homogénéisées, des procédures de formation obligatoires, impératives, parce que sinon, on laisse ça à chaque maire. Je termine d'une phrase... J'ai été très frappée dans la C'est la table ronde organisée il y a quelques jours avec plusieurs maires, où ils me disaient à quel point ils étaient laissés seuls. Seuls pour décider comment recruter, seuls pour décider comment suspendre ou non un animateur, seul pour décider que faire en termes de réintégration ou non d'un animateur. Et qu'en fait, ils ne peuvent pas faire ça tout seuls. Ils ont besoin de l'aide de l'État. Alors, difficulté de recrutement, ça doit pas s arrangé. Ils avaient dit que j'ai vu le... à juste titre, ces scandales, personne ne les minimise sur ce plateau.

40:17

Mais c'est vrai qu'on a aussi des témoignages d'animateurs périscolaires qui disent que c'est quasiment plus possible de travailler, on est montré du doigt, on est systématisé. Il doit y avoir de moins en moins de candidats et de candidates. Alors oui c'est difficile mais il y a un point qui est très important qui n'a pas été abordé, c'est-à-dire que sur le territoire national en fait il y a 50 % des périscolaires qui sont déclarés au service départemental de la à jeunesse et des sports, et 50 % qui ne le sont pas. Et en fait, cette différence, elle est très importante. C'est-à-dire que ceux qui déclarent leur périscolaire à jeunesse et sport sont soumis à des vérifications, le volet B2 du casier judiciaire, le fige Aïs, via un logiciel automatique,

40:50

on rentre le nom de l'animateur et ça vérifie automatiquement des quotas d'encadrement, c'est-à-dire un adulte pour tant d'enfants et puis voilà, une possibilité de vérification de la part du service départemental. Et ceux qui ne déclarent pas le service – Ceux, ça veut dire les mairies. – Donc les mairies, donc 50 % des mairies en France ne sont soumis à rien du tout. Donc ils peuvent demander le volet B3 du casier judiciaire uniquement. Et il peut y avoir un adulte qui ferait le jardinage du village le matin et qui viendrait s'occuper des enfants l'après-midi et il pourrait s'occuper de 140 enfants d'un coup. Donc en fait, il y a déjà aussi cette énorme faille qui représente quand même la moitié des accueils de mineurs en France,

41:29

que nous on a d'ailleurs porté auprès des différents ministères qu'il faut combler. On parle d'harmonisation, elle est essentielle cette harmonisation, c'est aussi quelque chose qu'on demande au niveau national et nous on travaille beaucoup avec les maires de plein de communes, de villages et de grandes villes. Et j'étais encore d'ailleurs la semaine dernière avec la commune de Marseille, avec laquelle on discute justement de tous ces protocoles, de comment on renforce la sécurité des enfants. Et effectivement tout ce qui nous revient c'est que les maires se sont sentis abandonnés. Et ce qu'on voit dans toutes les affaires, que ça soit du plus petit village à la plus grosse ville, c'est qu'en fait chacun fait comme il peut ou comme il pense que c'est le mieux.

42:04

Et ça, ça ne peut pas durer parce que forcément il y a des choses qui ne vont Est-ce qu'il y a effectivement une question de difficulté de recrutement qui s'aggrave aujourd'hui, Emma Ferrand ? Je ne sais pas si elle s'aggrave. En tout cas, elle est bien présente, effectivement, déjà, il y a peu de candidats. C'est-à-dire pour que des administrations soient obligées de faire un recrutement dans la rue pour certains cas, c'est que vraiment, effectivement, les candidats sont très peu nombreux. Et puis, il y a aussi, du coup, on prend un peu le premier venu. Ce qui explique effectivement les témoignages des journalistes qui ont été auditionnés par la Commission à dire qu'en fait, on ne vérifie pas parce qu'on n'a pas le temps,

42:46

parce qu'ils ont besoin de moi tout de suite, qu'importe mon bagage. Et donc voilà, on passe au travers des défilés. Est-ce que c'est lié aussi à la question des rythmes scolaires ? Alors, c'est le débat qu'a posé Emmanuel Grégoire ce matin, je crois qu'il a raison de dire qu'il ne faut pas mélanger la pédocriminalité, malheureusement. Elle existait avant que la semaine soit de 4 jours et demi à Paris et elle continuera à exister et elle existe dans des endroits. Le sujet n'est pas celui-là, ne mélangeons pas tout. Il y a par ailleurs un sujet sur les temps de l'enfant mais la pédocriminalité elle existe et elle doit enfin être considérée pas uniquement comme un fait divers mais comme un fait de société et être traitée comme telle.

43:28

Merci beaucoup à toutes d'avoir participé à ce débat. Merci à vous d'avoir également participé en scannant notre QR code. Je vous dis à très bientôt sur l'antenne de Public Sénat. Merci à vous.