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InterviewClémentine Autain· 20 novembre 2025 8 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéTravail & emploiSolidarités & familleJustice

🟠 L'assassinat de Mehdi Kessaci est un choc dont nous devons faire quelque chose politiquement.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:26InvitĂ© politiqueFait
    « Nous comptons nos morts, mais que fait l'État ? »
  • 2:50InvitĂ© politiqueFait
    « Les moyens des réseaux sont infinis. Vous n'avez pas le sentiment que quels que soient les emplois qu'on pourra leur proposer, les réseaux sont toujours plus forts ? »
  • 4:55InvitĂ© politiqueFait
    « Il y a de la cocaĂŻne qui circule dans des milieux bourgeois qui peuvent dans le mĂȘme temps faire des leçons aux jeunes des quartiers. »

Temps de parole

  • ClĂ©mentine Autain100 %

ModÚle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Clémentine Autain

Bonjour Clémentin Autin. Bonjour. Le ministre de l'intérieur et le garde des saut se rendent à Marseille aujourd'hui aprÚs l'assassinat de médiassi. Laurent NunÚz a parlé de points de bascule. Est-ce qu'il a raison ? Oui, je pense que c'est un événement ce qui s'est passé et je voudrais d'abord dire ma tristesse et toute mon empathie que je veux exprimer pour Amine qui a perdu non seulement son frÚre Medy mais aussi un autre frÚre. Donc c'est une famille qui est douloureusement enillée et je pense que c'est un choc dont nous devons faire quelque chose politiquement.

Moi, je connais bien euh ce sujet du narcotrafic parce que dans la circonscription que je reprĂ©sente, il y a notamment la ville de Sevran qui nord de la Saint- au nord de la scĂšne Saint-Denis oĂč il y a euh on le sait une plaque tournante de la drogue. Et au mois de septembre, je suis allĂ©e Ă  un hommage parce que un jeune un jeune homme, pĂšre de de deux enfants, a Ă©tĂ© assassinĂ© dans le cadre d'un rĂšglement de compte. Et quand je suis allĂ©e Ă  l'hommage qui a Ă©tĂ© rendu par la famille, les proches, j'ai discutĂ© avec de nombreux jeunes du quartier. Et de quoi m'ont-ils parlĂ© ?

Au fond de la mĂȘme chose que ce dont parle MIT dans la tribune qu'il a rĂ©digĂ© pour le journal Le Monde ou dans les interviews qu'il donne depuis hier courageusement, il dit une chose simple, il dit "Nous comptons nos morts, mais que fait l'État ?" Et je pense que l'État doit agir correctement. Il y a une part qui relĂšve bien sĂ»r de la rĂ©pression euh et notamment cette rĂ©pression pour moi, elle doit aller chercher les tĂȘtes de rĂ©seau.

ce sont des milliards d'argents qui sont brassĂ©s et donc il faut d'abord s'attaquer au rĂ©seau de blanchiment et donc investir dans les cellules qui permettent en haut d'aller traquer cette cet argent et donc de retrouver les commanditaires d'une certaine maniĂšre et aussi tous les rĂ©seaux de renseignement qui sont Ă  mon sens affaiblis. Ça c'est une premiĂšre chose. Il faut investir dans la police de proximitĂ© qui a Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©e notamment sous Nicolas SarkoZi et donc on a on a plus les moyens dans nos quartiers populaires d'avoir une police qui est au contact de la population et qui a un autre rapport que cette police nationale aujourd'hui.

Et puis enfin euh c'est l'essentiel, je dirais, c'est tout le volet prĂ©vention. Et ce vol et prĂ©vention, comme le dit Amine trĂšs bien, il commence par le fait que les services publics ont abandonnĂ© nos quartiers populaires et que les jeunes chez nous n'ont n'ont n'ont pas de perspective, n'ont pas d'avenir, ne savent pas oĂč se projeter. Donc ça commence Ă  l'Ă©cole. C'est aussi les perspectives dans l'emploi. Qu'est-ce qu'on leur propose ? Comment on fait pour que les habitants des quartiers populaires ne se stancent pas trĂšs jeunes relĂ©guĂ©s en fait sans avenir ? Mais les moyens des rĂ©seaux sont infinis.

Vous n'avez pas le sentiment que quels que soient les emplois qu'on pourra leur proposer, les rĂ©seaux sont toujours plus forts parce qu'ils pourront toujours mettre plus d'argent sur la table. Il y a pas une certaine forme de naĂŻvetĂ© de dire que si on leur donne Ă  tous un emploi et bien ils ne tomberont pas dans le deal. Alors bien sĂ»r, si vous comparez entre mĂȘme un emploi qui pourrait ĂȘtre correctement rĂ©munĂ©rĂ© et ce qu'on peut gagner avec le deal, parfois il y a pas photo. Mais quand quand on tombe dans ce ce mĂ©canisme lĂ , c'est aussi que on n' pas l'espoir de pouvoir avoir une vie digne correctement par le travail. Et c'est aussi qu'on se sent abandonnĂ©.

C'est aussi qu'on a vĂ©cu des discriminations en chaĂźne, le racisme, c'est tout ça. Et et que l'État ne nous donne pas de place dans cette sociĂ©tĂ©, ne nous permet pas d'ĂȘtre valorisĂ©. C'est pas qu'une question d'argent. Vous voyez ce que je veux dire ? Je moi, je suis pas d'accord avec le prĂ©sident de la RĂ©publique qui propose aux jeunes tout le monde doit les jeunes doivent pouvoir rĂȘver d'ĂȘtre milliardaires. C'est c'est pas ça le rĂȘve.

Si c'est que l'argent qui qui est le moteur dans la sociĂ©tĂ©, alors peut-ĂȘtre que les jeunes quelque part, ils rĂ©pondent aussi en disant "Ah, puisque pour ĂȘtre valorisĂ©, il faut avoir de l'argent, allons lĂ  oĂč on trouve de l'argent." C'est pas ça pour moi la rĂ© que vous parlez du prĂ©sident de la RĂ©publique, il a dit "Vous achetez un peu de cannabis ou un peu de cocaĂŻne pour votre usage personnel. En fait, vous ĂȘtes complice de la criminalitĂ© organisĂ©e. Il a fustigĂ© les bourgeois qui s'adonnent Ă  ça. Il a raison. Est-ce que c'est aussi la faute des consommateurs ?

Moi, je raisonnerais pas de de cette maniÚre-là parce que les consommateurs quelque part, ils sont aussi dans une tragédie qui est qui relÚve qui pas tous, j'entends bien, tout n'est pas tragique mais ce que je veux dire, c'est que on sait bien qu'il y a un enjeu de santé publique autour de ça. Donc j'aimerais qu'on il y aurait pas de trafic. Bien, c'est l'évidence. C'est l'évidence et donc il faut s'attaquer à cet enjeu de santé publique, mais je le prendrai plus sous sous l'angle de la santé publique que de la simple moralis moralisation.

Et par ailleurs, c'est vrai que il y a de la cocaĂŻne qui circule dans des milieux bourgeois qui peuvent dans le mĂȘme temps faire des leçons aux jeunes des quartiers parce que ils sont des dealers et donc des dĂ©linquants mais eux-mĂȘmes pourraient se remettre en question. Mais ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que ce ne sont pas seulement les bourgeois qui s'achĂštent de la cocaĂŻne ou de l'extasie parce que il y a aujourd'hui un trafic qui est si immense que les prix ont baissĂ© et que ça touche des populations beaucoup plus massives que la simple haute bourgeoisie.

Donc c'est pour ça que j'insiste sur l'enjeu de santé publique et je voudrais aussi en terme de solution, puisque je suis là pour vous parler de solutions, dire que nous avons à protéger les familles dans les quartiers populaires et notamment avec l'anonymisation des témoignages.

Moi ce que j'ai vu c'est des gens qui sont parcureur de Paris a proposĂ© hier sur France info ex mais je je je parce que les gens sont tenaillĂ©s par la peur et je veux vraiment tĂ©moigner du point de vue de ce que je vois de ce que je sais par la peur mĂȘme de tĂ©moigner voilĂ  de tĂ©moigner et donc si on veut pouvoir aussi mieux enquĂȘter et donner les moyens Ă  la police de faire son travail il faut faire en sorte de protĂ©ger celles et ceux qui savent, qui peuvent, qui peuvent parler et enlever cette peur.

Vous savez, c'est c'est terrible de vivre dans l'angoisse que votre enfant simplement en se promenant dans le quartier euh la journĂ©e ou la nuit et bien peut le soir, je veux dire, peut euh se prendre une balle perdue dans la tĂȘte. Enfin, il faut comprendre ce que c'est de vivre avec cette cette peur, ce que ça veut dire et ce sentiment d'abandon. J'insiste lĂ -dessus. Les familles dans ces quartiers-lĂ , c'est le sentiment que tout s'effondre, que l'Ă©cole s'effondre, qu'il y a pas de transport, qu'il y a pas de perspective, que les les services publics euh ne sont ne sont plus lĂ . On dĂ©sertĂ© ces quartiers d'ĂȘtre dans des zones oĂč oĂč en fait l'État n'est plus.

Et vous savez le trafic, pourquoi il s'installe dans les quartiers ? Euh le lien avec la pauvretĂ© qui a Ă©tĂ© montrĂ©, c'est pas simplement parce que on va trouver des jeunes qui sont en quĂȘte d'avoir de l'argent et et on va voir des gens pour faire le deal. C'est pas seulement ça, c'est qu'ils savent aussi que dans ces quartiers lĂ  et bien il y aura moins de rĂ©gulation, moins de contrĂŽle et c'est pour ça que les pieds deal s'installent dans les quartiers qui sont des quartiers trĂšs populaires. Donc si on veut casser ça, si on veut sortir de lĂ , il faut que l'État investisse et s'occupe de ces quartiers populaires. Ça fait partie des solutions sur ce sujet. Merci infiniment ClĂ©ment Notin.

Vous Ă©tiez l'invitĂ© des 4V. Je soulligne que votre le film qui raconte votre histoire et celle de votre mĂšre, la comĂ©dienne Dominique Lafin qui s'appelle Dites lui que je l'aime qui est tirĂ© du livre. VoilĂ , ça c'est le film dites-lui que je l'aime. La petite fille que l'on voit sur la fiche, c'est la comĂ©dienne qui joue votre le rĂŽle de vous. Petite, ça sort le 3 dĂ©cembre. C'est l'histoire que vous connaissez peut-ĂȘtre entre vous et votre maman, la comĂ©dienne Dominique Laf.