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interviewBFMTV· 22 janvier 2025 20 min

Retraites, budget, NFP… L’interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le coordinateur de la France Insoumise, vous êtes député des Bouches-du-Rhône. On va parler retraite, on va parler emploi, on va parler politique. Évidemment, ce gouvernement qui, à vos yeux, n'est qu'en sursis. Et vous l'avez dit, la censure finira par tomber. On va voir quand. Retraite d'abord. Qui doit payer ? Qui doit payer pour les retraites ? L'effort, il faut faire peser sur qui ? Sur les salariés ? Sur les entreprises ? Voir sur les retraités eux-mêmes ?

0:28
Manuel Bompard

D'abord, si on veut, comme je le souhaite, abroger la réforme des retraites de Mme Borne, c'est-à-dire revenir dans un premier temps au moins à l'âge de départ à la retraite à 62 ans, il faut effectivement des financements supplémentaires. Et je crois que ces financements, en tout cas, c'est les propositions que nous avions faites dans le débat parlementaire, ils peuvent passer par exemple, en tout cas c'est ce que nous avions proposé, par une légère surcotisation pour les plus hauts revenus. Les gens qui gagnent plus de 8000 euros par mois, qui pourraient payer une légère surcotisation qui permettraient de financer l'abrogation de la réforme des retraites.

Et puis on peut aussi financer le régime des retraites en organisant le retour à l'emploi d'un certain nombre de personnes. Vous savez qu'à chaque fois qu'une personne travaille, elle paye des cotisations et donc elle contribue au financement du régime de retraite.

1:09
Présentateur

Et on va le voir sur le front de l'emploi, en ce moment c'est plutôt fragile justement.

1:12
Manuel Bompard

Et je vous donne un dernier exemple, si vous avez des mesures volontaristes et contraignantes pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, vous pouvez générer 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour notre régime de retraite. Donc il y a plein de manières de pouvoir financer le régime des retraites. Mais puisque votre question fait référence à la proposition qui a été faite hier par la ministre du Travail,

1:31
Présentateur

Elle propose de taxer davantage les retraités qui, je cite, peuvent se le permettre. Et elle fixe à autour de 2000 voire 2500 euros par mois de retraite, de pension de retraite, ce qui pourrait être taxé davantage.

1:47
Manuel Bompard

D'abord je trouve ça scandaleux d'un point de vue démocratique, puisque c'est précisément la même logique que celle qui était dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale de M. Barnier. Vous savez, quand il proposait de reporter la revalorisation des pensions de retraite au 1er janvier, et finalement il proposait de les reporter au 1er juillet, et puis dans un deuxième temps il proposait de ne pas revaloriser les pensions de retraite pour ce qu'il considérait comme étant les retraités les plus aisés. Mais en fait cette mesure, elle a été censurée. C'est-à-dire qu'il y a une majorité de parlementaires qui a fait tomber le gouvernement de M.

Barnier, précisément en particulier sur cette mesure. Donc si cette mesure a été chassée, ce n'est pas pour qu'elle revienne deux jours après par la porte.

2:21
Présentateur

Mais alors si je vous suis dans cette logique-là, ça veut dire que rien de ce qu'il n'y avait dans le budget avant la censure ne devrait être repris ?

2:28
Manuel Bompard

Non, je dis que les points qui ont été manifestement les points qui ont conduit à la censure du gouvernement de M. Barnier, d'un point de vue démocratique, on peut quand même considérer qu'il ne s'agit pas aujourd'hui de venir les ramener.

2:40
Présentateur

Mais Emmanuel Mopar, vous dites qu'il faut faire à un moment contribuer les plus aisés. Oui. Quand la ministre du Travail dit qu'il faut faire contribuer les retraités les plus aisés, vous dites que ce n'est pas ce qu'on veut.

2:50
Manuel Bompard

Mais franchement, Apolline de Maller, un retraité qui gagne 2000 ou 2500 euros par mois, ce n'est pas parmi les pourcentages de la population les plus aisés dans notre pays. Ce n'est pas vrai. Je veux dire, vous n'en sortez pas si bien que ça aujourd'hui avec une portion de retraite de 2000 ou 2500 euros par mois. Donc si on veut organiser, parce qu'effectivement, moi je suis favorable au partage de la richesse, à une plus grande solidarité. Mais pour ça, on a des outils fiscaux pour le faire. C'est par exemple une réforme fiscale qui permet de rendre plus progressif l'impôt sur le revenu pour que les très hautes fortunes contribuent davantage.

Par exemple, dans le débat budgétaire, nous avions proposé une taxe sur le patrimoine, par exemple, de 1% sur le patrimoine des milliardaires. Ça, par exemple, vous voyez, ça concernait 147 personnes et ça permettait de faire rentrer dans les caisses de l'État 14 milliards d'euros.

3:36
Présentateur

Donc on ne touche pas, Manuel Bompard, aux retraités.

3:39
Manuel Bompard

Non, je pense qu'on a des règles, on a la revalorisation des portions de retraite chaque année, ça concerne tous les retraités. Et ensuite, si on veut renforcer la justice fiscale dans notre pays, et moi j'y suis favorable, ça passe par l'impôt sur le revenu. Par exemple, on crée 14 tranches d'impôt sur le revenu pour que les 1% les plus riches, les 0,1% les plus riches, payent effectivement à proportion de leur revenu, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

4:00
Présentateur

Quand on sent bien que ça tourne quand même autour de cette idée, à un moment ou un autre, de taxer davantage les retraités, parce qu'il y a eu cette proposition de la ministre du Travail hier, alors le gouvernement a immédiatement dit qu'elle parlait en son nom propre, et donc ce n'était pas forcément la position du gouvernement. Mais du côté, on le voit bien du MEDEF par exemple, il suggère de supprimer l'abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu des retraités. Tout cela, vous êtes contre ? Vous dites qu'on ne touche pas aux pensionnages des retraités ?

4:27
Manuel Bompard

Moi j'essaye de défendre une position qui est une position cohérente, et une position cohérente, c'est une position qui, pour financer et pour lutter contre le déficit, parce qu'on a effectivement une difficulté de déficit aujourd'hui, met à contribution effectivement les plus riches en France. Et les plus riches en France, ce n'est pas les retraités qui gagnent 2000 ou 2500 euros par mois. C'est les 1% les plus riches, c'est les 0,1% les plus riches, c'est les grandes entreprises qui font des bénéfices et des profits extraordinaires, qui versent des dividendes records, et eux, ils peuvent être mis davantage à contribution.

Mais essayer de faire croire que c'est une mesure de justice fiscale d'aller s'en prendre aux retraités qui gagnent 2000 euros par mois, ça me paraît vraiment très malhonnête.

5:02
Présentateur

Sur la réforme de la réforme des retraites, le conclave des partenaires sociaux devrait commencer à se mettre en place. Il y a eu une première réunion la semaine dernière. Vous êtes toujours contre ?

5:12
Manuel Bompard

Mais en fait, il y a un piège grossier dans ce conclave. Et d'ailleurs, ce piège grossier, il a été confirmé encore hier par la ministre du Travail à l'Assemblée nationale. En réponse à une question d'une de mes collègues écologistes, elle a dit les choses franchement. Elle a dit, soit l'ensemble des personnes qui sont dans ce conclave se mettent d'accord, et alors il y aura une proposition qui sera débattue à l'Assemblée nationale sur la base de leur accord. Et s'ils ne se mettent pas d'accord, alors il n'y aura, on revient. Et c'est la réforme actuelle, c'est-à-dire la réforme de Mme Borne, passée en force par 49.3, qui va continuer à s'appliquer.

5:42
Présentateur

Mais pourquoi vous imaginez qu'ils ne se mettent pas d'accord ?

5:43
Manuel Bompard

Mais parce que précisément...

5:44
Présentateur

Quand vous partez du principe qu'ils ne se mettent pas d'accord ?

5:46
Manuel Bompard

Mais parce que précisément sur la question centrale, qui est la question de l'âge de départ à la retraite, puisque c'est le sujet qui a mobilisé les Françaises et les Français, le MEDEF a toujours pris position pour l'âge de départ à 64 ans et n'a jamais envisagé de revenir sur cette mesure. Et donc M. Bayrou a donné dans cette discussion un droit de veto au MEDEF, qui peut tout simplement bloquer toute disposition sur ce sujet.

6:08
Présentateur

Ce matin, mes concrets de Paris Match croient savoir qu'Emmanuel Macron... Oui. J'ai bien compris que vous alliez parler du PS, ne vous inquiétez pas, j'ai bien entendu le « ceux qui ont cru ». Mais Paris Match croient savoir... Je ne parlais pas spécialement du Parti Socialiste, mais... Qui font partie de ceux qui ont cru peut-être à ce conclave. Mais écoutez ça, Paris Match croient savoir qu'Emmanuel Macron serait, je cite, « ouvert à une modification de l'âge légal de départ à la retraite, avec une petite astérisque, qui est si le coût du travail n'est pas touché ».

Mais imaginons, parce qu'effectivement vous partez du principe que personne ne se mette d'accord, imaginons d'abord que les partenaires sociaux se mettent éventuellement d'accord et aboutissent dans leurs discussions. Imaginons aussi qu'un Emmanuel Macron, finalement, lâche du lest autour de la question de l'âge, et qu'à la fin, il se retrouve avec peut-être pour tout le monde un an de gagné, qu'on se trouve, allez, entre vos 62 ans et les 64 ans actuels, à 63 ans. Est-ce que vous ne dites pas, et est-ce que les Français ne se diront pas, ça s'est fait sans eux, sans vous ?

6:57
Manuel Bompard

Mais imaginons que vous gagnez au loto demain, je serai content pour vous.

7:01
Présentateur

Non, mais là, on n'est quand même pas dans du hasard pur.

7:04
Manuel Bompard

On n'est pas dans du hasard pur, mais à un moment, je veux dire, il faut prendre les gens au sérieux sur les positions qu'ils ont exprimées. Je veux dire, le MEDEF et le patronat ont toujours une position très claire sur le refus de revenir sur la réforme de Mme Borne. Donc, si demain, ils ont une révélation, c'est très bien, j'en serai très heureux, je vais vous dire franchement les choses. Si demain, ils ont une révélation et qu'on peut revenir et abroger la réforme des retraites, j'en serai très heureux.

Mais quand même, dans notre démocratie, il y aurait quand même un principe de base, c'est qu'on devrait pouvoir avoir au moins le droit de pouvoir en débattre à l'Assemblée nationale et de pouvoir voter sur le sujet.

7:35
Présentateur

Mais vous ne trouvez pas ça bien, si les partenaires sociaux en débattent ?

7:38
Manuel Bompard

Mais évidemment que je n'ai pas de problème avec le fait que les partenaires sociaux en débattent, ce n'est pas le sujet. Le problème, c'est qu'à la fin, si les partenaires sociaux ne sont pas d'accord, alors c'est la démocratie parlementaire qui devrait trancher sur le sujet. Or, on sait très bien qu'à l'Assemblée nationale, il y a une majorité pour abroger la réforme des retraites. Mais quand nous, nous avons inscrit ce texte à l'ordre du jour, c'était dans notre niche parlementaire il y a à peu près un mois et demi, les députés du Modem, c'est-à-dire de M. François Bayrou, ont pourri la discussion, ont l'ont empêché d'aller à son terme en déposant des amendements d'obstruction.

8:05
Présentateur

Donc vous pensez qu'ils ne sont pas honnêtes ?

8:08
Manuel Bompard

Je pense que c'est un piège, que François Bayrou gagne du temps, qu'il espère comme ça pendant trois mois ne pas être censuré, mais qu'à la fin, ça ne conduira pas. Malheureusement, je le regrette à l'abrogation de la réforme des retraites. Et encore une fois, ça a été encore confirmé hier, parce que vous ne pouvez pas essayer de faire croire aux gens des choses qui ne correspondent pas à la réalité. La vérité, c'est que s'il n'y a pas d'accord de tout le monde dans ce conclave, c'est-à-dire que tous les gens qui sont autour de la table se mettent d'accord, alors s'il n'y a pas d'accord, alors c'est la réforme actuelle qui continuera à s'appliquer.

Donc je vous le dis franchement, je ne crois pas que ce conclave aboutira sur un miracle.

8:39
Présentateur

Vous n'y croyez pas du tout à ce conclave, est-ce que ceux qui y croient, c'est-à-dire la CFDT, la CGT réserve pour l'instant, mais ne dit pas non, mais réserve encore un peu son idée de participation ou pas, et puis du côté des politiques, le parti socialiste, est-ce que ça veut dire que pour vous, ils sont en train de se faire complètement avoir ?

8:59
Manuel Bompard

D'abord, moi je n'ai pas commenté les décisions des organisations syndicales, elles font leur choix, je comprends que certaines se disent qu'il y a peut-être un endroit dans lequel on peut bien arracher des choses, et je comprends, et en même temps, je crois que les réflexions existent aussi dans les organisations syndicales, dans les communiqués qu'elles ont produits, qui dénoncent le caractère vicié du processus, à la fois pour les raisons que je viens vous indiquer,

9:20
Présentateur

On les sent au minimum vigilantes.

9:21
Manuel Bompard

et à la fois pour les prévisions budgétaires complètement loufoques qui ont été mises sur la table par François Bayrou, puisqu'il a intégré en fait dans le calcul du déficit du régime de retraite le fait que l'État verse chaque année les retraites des fonctionnaires. Je veux dire, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas honnête, c'est une manière de présenter les choses qui est tout à fait biaisée. Donc ça, c'est leur choix. En fait, moi après, je ne reproche pas à des gens de croire ou de ne pas croire à la possibilité d'y parvenir. Par contre, je reproche à des gens de dire quelque chose qui ne correspond pas à la réalité.

Quand, encore il y a quelques jours, je voyais Olivier Faure dire « En tout état de cause, à la fin, c'est l'Assemblée nationale qui votera sur le sujet », ce n'est pas vrai, ça ne correspond pas à la réalité de ce qui est sur la table.

9:58
Présentateur

Donc il n'est pas juste en train de se faire avoir, il est en train de participer pour vous à une forme de mascarade.

10:02
Manuel Bompard

Soit il est naïf, soit il essaye de justifier en quelque sorte sa décision de non-censure et pour ça, il tord un peu la réalité des faits.

10:09
Présentateur

Je vais y venir dans un instant à la question aussi du nouveau Fonds populaire, mais quand vous dites « Ce n'est pas très honnête la manière dont les choses sont présentées », est-ce que le rapport de la Cour des comptes, vous estimez qu'il sera honnête ? Est-ce que vous faites confiance à la Cour des comptes ?

10:21
Manuel Bompard

En fait, il n'y a pas besoin d'un rapport de la Cour des comptes, à Pauline de Malherbe, il y a déjà quelque chose qui s'appelle le Conseil d'orientation des retraites, et qui dit par exemple que ces trois dernières années, le régime de retraite, il a été excédentaire en France. Donc après, à plus long terme, à horizon 10 ans…

10:35
Présentateur

Ah oui, à plus long terme, ils estiment que ce ne sera plus le cas, mais…

10:37
Manuel Bompard

Voilà. Bon, mais souvent, ils ne prennent pas en compte, par ailleurs, les effets induits par le report de l'âge de départ à la retraite, pour que les gens qui nous écoutent le comprennent. Si vous reportez l'âge de départ à la retraite, ça veut dire que vous avez des gens qui, d'habitude, étaient à la retraite, qui finalement vont être sans emploi, donc ils vont devoir être indemnisés parce qu'ils sont au chômage, par exemple.

10:53
Présentateur

Donc pour vous, ça ne sert à rien de demander à la Cour des comptes ? Non, je pense qu'on n'en a pas besoin. On a déjà les données. Mais je vous repose la question, puisque la Cour des comptes va faire ce rapport, est-ce que par avance, malgré tout, vous faites confiance à la Cour des comptes ? Est-ce que vous pensez que la démarche de la Cour des comptes est une démarche neutre, honnête ?

11:07
Manuel Bompard

Évidemment que la Cour des comptes, par principe, est une instance qui, j'espère en tout cas, essaye de formuler les choses de manière honnête. Maintenant, je dis que les hypothèses de départ peuvent influer sur le calcul de fin, parce que quand François Bayrou vient dans son discours de politique générale et dit qu'il manque 50 milliards d'euros dans les caisses de retraite, je vous le disais tout à l'heure, parce qu'en fait, il intègre l'argent versé par l'État pour payer les retraites des fonctionnaires, c'est une manière malhonnête de présenter les choses. Donc j'attendrai de voir quels sont les documents de la Cour des comptes. Mais on a déjà toutes les données sur ce sujet.

On a déjà toutes les données. Et il est tout à fait possible aujourd'hui de financer, d'abord dans un premier temps, le retour à l'âge de départ à la retraite à 62 ans, c'est-à-dire l'abrogation de la réforme des retraites, et ensuite d'aller plus loin, parce que pour ma part, je suis pour aller plus loin, je suis pour revenir à la retraite à 60 ans. Je ne m'en suis pas caché. Nous avons défendu cette proposition pendant les élections législatives. Et je vous rappelle que les Françaises et les Français ont mis le nouveau Fonds populaire en tête en termes de nombre de députés à l'Assemblée nationale.

12:00
Présentateur

Il y serait encore en tête, là, si les élections avaient lieu demain ?

12:02
Manuel Bompard

Je n'en sais rien. Vous savez, par définition, vous ne pouvez pas savoir le résultat des élections avant qu'elles aient lieu.

12:07
Présentateur

Vous le savez bien, il y a eu ces élections partielles le week-end dernier en Isère. C'était un siège que vous aviez gagné, que vous avez donc perdu. Est-ce que ceux qui ne votent pas pour vous, c'est des bourgeois fascistes ?

12:21
Manuel Bompard

D'abord, je vais vous dire, il y a eu effectivement une élection législative partielle. C'est une circonscription assez particulière. C'est une circonscription que nous avions, en quelque sorte, arrachée à la droite, en triangulaire, au mois de juillet dernier. C'est une circonscription historiquement de droite. Elle a été cinq ans socialiste pendant le quinquennat de François Hollande. Donc, nous avions réussi à la gagner. Et si nous avions réussi à la gagner, notamment parce qu'il y avait une participation très importante. Il y avait eu 70% de participation. Et là, évidemment, la participation a été moindre, comme toujours dans les élections partielles.

D'ailleurs, pardonnez-moi, je suis content qu'on en parle maintenant, mais j'aurais bien aimé qu'on en parle avant. Parce que peut-être que ça aurait produit...

12:52
Présentateur

C'est ce matin que vous êtes avec moi.

12:54
Manuel Bompard

Je vous entends, mais je ne fais pas le reproche à vous personnellement. Mais je trouve qu'une des difficultés qu'on a dans ces élections législatives partielles, c'est qu'elles passent complètement sous les radars médiatiques. Donc, ça ne produit pas de la mobilisation populaire.

13:04
Présentateur

En l'occurrence, quand je vous pose cette question, c'est aussi parce que les arguments de certains de vos camarades, Herciliasoudé par exemple, ce n'est pas de dire qu'il n'y a pas eu de participation, c'est de dire qu'il a perdu face au bloc, je cite, le bloc bourgeoiseau-fasciste. C'est pour ça que je vous demande si ceux qui ne votent pas pour vous sont bourgeois et fascistes.

13:20
Manuel Bompard

Je vais répondre, je suis en train de répondre, j'essaye de malherbe. Oui, oui, vous essayez de gagner du temps, vous êtes finalement comme François Bayou. Non, mais non, Apolline de malherbe, je ne gagne pas du temps. C'est quand même intéressant de savoir qu'il y a eu 35% de participation. Parfaitement, parfaitement intéressant. C'est quand même un argument et un paramètre. Bon, maintenant, pour le reste, vous savez, il y a quelque chose qui ne m'a pas échappé. C'est qu'au deuxième tour de cette élection législative partielle, le Rassemblement national qui a été éliminé du premier tour a appelé à voter pour la candidate macroniste.

Donc, il y a eu effectivement une convergence entre le bloc d'extrême droite et le bloc macroniste dans cette élection. Et puis, parce que si vous voulez qu'on fasse le tour des arguments sur ce sujet, j'observe qu'à gauche, il y a eu aussi des décisions de division. Quand M. Glucksmann, à trois jours du premier tour de cette élection législative partielle, décide de ne pas soutenir le candidat du nouveau Front populaire, il pose un acte de division. Et une des conséquences de cet acte de division, c'est aussi le résultat. Maintenant, toutes les élections législatives partielles sont des élections plus difficiles.

Et s'il devait y avoir des élections demain, je forme le vœu qu'une mobilisation populaire permette au nouveau Front populaire non seulement de finir en tête, mais d'augmenter encore son avance à l'Assemblée nationale.

14:15
Présentateur

Emmanuel Montparn, il est mort, le nouveau Front populaire. Enfin, en tout cas, en ce moment. Il peut être ressuscité, mais pour l'instant, il est mort.

14:20
Manuel Bompard

En tout cas, non, il n'est pas mort. En tout cas, la décision du Parti socialiste, en tout cas d'une majorité qui ont voté la motion de censure avec les députés insoumis, avec les députés écologistes, avec les députés communistes et ultramarins. Donc il y a effectivement 58 députés socialistes qui ont tourné le dos aux engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs. Vous savez, la première phrase du programme du nouveau Front populaire, c'était le nouveau Front populaire réuni des femmes et des hommes qui veulent construire un projet de rupture avec le macronisme.

Alors quand on a été élu sur la rupture avec le macronisme, on ne sert pas en quelque sorte de force d'appoint pour garantir la continuité de la politique d'Emmanuel Macron en France.

15:00
Présentateur

Il y a la question du vote sur la censure, il y a la question aussi des discussions avec le gouvernement. Les communistes, par exemple, continuent à discuter. Ils étaient même reçus par Bruno Retailleau sur des questions de sécurité il y a quelques jours. Vous avez vu, j'imagine que vous avez vu Manuel Bompard. Je vous repose la question. Pour vous, ça ne veut pas dire pour autant que le nouveau Front populaire est mort ?

15:18
Manuel Bompard

Je pense que toutes celles et ceux qui sont restés fidèles aux engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs continuent à répondre à cet espoir, à cette aspiration du rassemblement, puisque c'était ça le nouveau Front populaire, sur un programme qui est un programme de rupture avec le macronisme. Et ça, ça va se poursuivre. Maintenant, je ne vais pas esquiver votre question, je vais vous dire les choses franchement. Dans maintenant deux semaines, le budget va revenir à l'Assemblée nationale. Et probablement, certainement, que le gouvernement va avoir recours à l'article 49.3 pour essayer de passer en force son budget.

Dans ce budget, on apprend maintenant depuis plusieurs jours qu'il va y avoir, par exemple, plus d'un milliard de coupes dans le budget de l'écologie, 700 millions de coupes dans le budget de l'enseignement supérieur et la recherche, des coupes dans le budget de la culture, dans le budget du sport. Bref, que le Parti Socialiste s'est gargarisé d'avoir obtenu la suppression des trois jours de carence, mais que dans le même temps, le gouvernement au Sénat...

16:09
Présentateur

Et le renoncement aux suppressions des 4 000 profs d'enseignants.

16:12
Manuel Bompard

Je vais y venir, si vous voulez, mais en attendant, parce que c'est quand même important que les gens le sachent. C'est-à-dire que le gouvernement dit oui, oui, on ne va pas ajouter les trois jours de carence, vous savez, c'est pour les arrêts et maladies des fonctionnaires, mais au Sénat, le gouvernement fait voter un amendement pour réduire l'indemnisation de 100% à 90%. C'est-à-dire que le gouvernement vient d'accorder le fait de ne pas prendre finalement 250 millions d'euros aux fonctionnaires, mais leur impose 800 millions d'euros de prise. Manuel Montpart, dans deux semaines, quand vous dites... Ils ont floué les gens.

16:37
Présentateur

Quand vous dites dans deux semaines, dans trois semaines, dans un mois ou plus tard, il y aura potentiellement un 49,3 sur le budget, si à ce moment-là, le Parti Socialiste censure, vous oublierez qu'ils ne l'ont pas fait initialement.

16:48
Manuel Bompard

Je vais le prendre dans l'autre sens si vous voulez bien. C'est-à-dire qu'évidemment que si le Parti Socialiste ne censure pas au moment du vote sur le budget, alors il confirmera un changement d'alliance. Et clairement, il se sera mis à dos définitivement du nouveau Front populaire. Ça me paraît être une certitude. Et moi, je forme le vœu que l'ensemble du nouveau Front populaire vote la motion de censure et que le gouvernement soit censuré pour protéger les Français de l'impact de sa politique. Il y aura deux candidats de gauche.

17:14
Présentateur

C'est François Hollande qui le laisse entendre déjà cette semaine. Il dit qu'il y aura deux candidats de gauche et on laisse entendre et on comprend qu'il y aura probablement dans son esprit Jean-Luc Mélenchon et lui.

17:24
Manuel Bompard

Je ne sais pas si François Hollande sera candidat. Ce qui me paraît certain, c'est qu'il est bien mal placé pour représenter la gauche à l'élection présidentielle. Doit-je vous rappeler que quand François Hollande a fini son quinquennat de président de la République, il a été dans l'incapacité de se représenter parce qu'il avait tellement rompu avec les aspirations populaires que plus personne ne lui faisait confiance. Le Parti Socialiste dans l'élection suivante a fait moins de 7% des voix à l'élection présidentielle. Donc il devrait plutôt s'excuser François Hollande plutôt que de donner des leçons à tout le monde.

17:53
Présentateur

C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon cherche déjà les parrainages ?

17:56
Manuel Bompard

Non, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. C'est vrai que La France Insoumise, j'ai signé moi-même un courrier. Il est signé en mon nom d'ailleurs, contrairement à ce que j'ai entendu à la télévision. Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui a écrit. C'est moi en tant que coordinateur de La France Insoumise qui a effectivement envoyé un courrier puisque dans l'hypothèse d'une élection présidentielle anticipée, on dispose de 35 jours entre la date de la démission du président de la République et la date de l'élection.

18:16
Présentateur

Vous y demandez quoi ?

18:16
Manuel Bompard

Je leur demande s'ils sont prêts à s'engager à parrainer le candidat qui sera investi par La France Insoumise. Il n'y a pas le nom

18:21
Présentateur

de Jean-Luc Mélenchon sur votre courrier ?

18:23
Manuel Bompard

Vous pouvez retrouver le courrier, vous verrez, c'est le candidat qui sera investi par La France Insoumise en cas d'élection présidentielle anticipée. Et c'est quand même bien, mais vous aviez parlé

18:36
Présentateur

avec vos camarades du Parti Socialiste, du Parti Communiste, d'Europe Écologie Les Verts, de cette initiative ?

18:43
Manuel Bompard

Non, pas du tout. Mais enfin, écoutez, heureusement que La France Insoumise peut encore prendre ses dispositions pour pouvoir être en mesure d'entrer dans... Non, mais je pensais que vous vous parliez

18:51
Présentateur

entre vous puisque s'il y a... Si votre souhait est qu'en cas de présidentielle anticipée, il y a un candidat global de tout le monde, c'est peut-être la moindre des choses d'en parler avec eux.

19:02
Manuel Bompard

Mais non, puisque nous, nous récoltons les parrainages nécessaires et si d'autres récoltent aussi des parrainages, à la fin, tous ces parrainages iront ensemble. Mais attendez, pardonnez-moi, je ne veux pas mettre

19:10
Présentateur

en cause votre travail

19:13
Manuel Bompard

journalistique, mais je veux juste vous dire là, vous n'avez pas révélé un scoop parce qu'en fait, moi, j'ai annoncé publiquement que j'avais envoyé un courrier pour...

19:18
Présentateur

Je n'ai aucunement l'intention de révéler un scoop. Ce que je veux comprendre, c'est pourquoi est-ce que Fabien Roussel, par exemple, vous en fait le reproche ? Il le faisait à ce micro-là la semaine dernière. Oui, il l'a alimenté. Et probablement parce qu'effectivement, il estime que vous auriez pu appeler vos copains avant.

19:31
Manuel Bompard

Non, mais parce qu'il voulait polémiquer avec nous. Mais vous savez, d'ailleurs, il disait des choses inexactes puisqu'il disait Jean-Luc Mélenchon a envoyé un courrier pour demander des parrainages à la sacre de la tue. Tout à fait, c'est pourquoi

19:38
Présentateur

je vous demandais si son nom était sur...

19:40
Manuel Bompard

Il suffisait de lire le courrier qu'il avait manifestement sous les yeux pour savoir que ce n'était pas vrai. Pour répondre à votre question, je pense qu'une force politique comme la France Assoumise, qui a fait 22% des voix à la dernière élection présidentielle, qui a organisé le rassemblement, c'était la NUPES puis le NFP, autour d'un programme très largement inspiré du programme de la France Assoumise, qui est le groupe parlementaire qui dispose du plus grand nombre de députés à gauche. Je pense qu'une force politique comme la nôtre, elle a une responsabilité en cas d'élection présidentielle anticipée.

Et cette responsabilité, c'est de proposer une candidature en espérant que ça puisse être une candidature commune. Et donc vous faites tout pour y être prêt. Nous le ferons. S'il y a une élection présidentielle anticipée, nous proposerons une candidature et nous discuterons avec les autres formations politiques en leur proposant de faire candidature commune avec nous.

20:18
Présentateur

Merci Manuel Bompard d'avoir répondu à mes questions ce matin, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône, il est 8h52.