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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 8 septembre 2025 77 minAutoproduit

La gauche et le peuple, du divorce aux retrouvailles ? | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bien chers amis, chers chers camarades, bonjour à toutes et tous. Je propose qu'on commence tout de suite parce que comme vous l'avez vu, il y a pas mal d'intervenants ce matin pour pour cette conférence. Donc je propose qu'on qu'on commence d'emblé euh la discussion. cette discussion qui s'inscrit dans la continuité de la publication de l'ouvrage de l'Institut de la Boesséie Nouveau peuple nouvelle gauche.

Certains d'entre vous, certains et certaines d'entre vous j'imagine ont participé au temps fort animé par Clémence Gueté et auquel également Julien et José ont participé. Euh j'ai l'honneur et donc le le plaisir d'accueillir pour cette conférence Julien Talpin qui est sociologue et qui est coordinateur de l'ouvrage de la Boessie dont je dont je viens de parler. José Lopez à ma droite qui est politiste et spécialiste pardon des gauches de rupture en Europe.

Ellisabeth Gaufroid qui est spécialiste des gilets jaunes, ce qui à quelques jours du 10 septembre a une certaine actualité, on va dire. Et ma collègue et camarade que je suis ravi de revoir à l'occasion de cette conférence, Rachel Kéké. Vous pouvez l'applaudir [Musique] qu'on a hâte de voir revenir sur les banc de l'Assemblée nationale dans le groupe de la France insoumise donc ancienne députée du Val de Marne battu d'une courte tête par Non je vais pas le qualifier euh tu t'en chargeras et également également auteur d'un ouvrage qu'elle a dédicacé d'ailleurs euh dans mon cœur et en ce qui me concerne donc Jérôme Legavre député la France insoumise de SINE.

Alors, je dois le dire, il y a il y a une certaine forme une certaine incongruité ou une certaine forme d'ironie en tout cas à ce que quelqu'un comme moi anime une conférence sur la question de la de la gauche euh la gauche, le les milieux populaires, divorce ou retrouvailles. Bon, je suis pas une particularité hein, j'ai pas une une très très grande originalité, mais à vrai dire, et je pense que ça résume pas mal de choses concernant mon parcours, avant l'émergence et l'apparition de la France insoumise, je n'ai jamais voté. Voilà, si j'ai voté contre le traité de Mastricht et contre et pour le nom au référendum sur la Constitution européenne en 2005, pour le reste, j'y allais pas pour une simple et bonne raison, c'est que pour moi droite et gauche, c'était à peu près totalement interchangeable.

Voilà. Et je les confondais dans un rejet à peu près équivalent. Donc vous avez compris. euh mais est apparu dans le paysage la France insoumise, c'est pas une particularité française.

José va en parler juste après moi. Euh on observe quand même et pas simplement à l'échelle européenne euh un développement et une émergence de mouvement sur un terrain net de rupture et je pense que c'est une marque de la situation et c'est un élément qui est évidemment très très encourageant. Euh dans la continuité donc de la 2e partie de cet ouvrage, il nous revient d'aborder un certain nombre de questions.

On tentera d'aborder notamment la question "Ovent qu'il y a une droitisation, voire une extrême droitisation des milieux populaires. Euh qu'en est-il réellement ? On a vu dans la dernière période et Élisabeth en parlera bien évidemment apparaître des formes inédites de mobilisation.

Je pense évidemment au gilet jaune. Le 10 septembre a jailli sur les réseaux sociaux. Bien, j'espère que il aura le succès qu'il mérite et que le 10 septembre sera évidemment un rat de maré.

Et je l'ai dit, on assiste aujourd'hui à une émergence de mouvement ou de parties. N on peut penser notamment à ce qui se passe en ce moment en Angleterre avec le parti en constitution de Corbin et de Zara Sultana. Euh bref, de une forme de recomposition euh qui bien évidemment nous intéresse au premier chef.

Euh je passe sans tarder la parole à mon camarade José qui est à ma droite mais qui est, je l'ai dit, spécialiste des gauches de rupture en Europe et qui et qui va va dire tout ce qu'il a à nous dire. [Applaudissements] Euh bonjour. Euh merci d'être là.

Euh voulez m'excuser mais je parlerai en portugais avec les do. H, eu queria começar por salientar na minha, eu na minha apresentação vou falar um pouco sobre as mudanças que nós assistimos no sistema capitalista ao longo das últimas décadas e como essas mudanças no capitalismo provocaram uma mudança eh no apoio à esquerda radical na Europa e e em quem volta na esquerda. Ah, eu queria salientar, acima de tudo, que havia uma promessa inerente ao capitalismo na segunda metade do século XX, ah, que era a promessa de que as novas gerações iam viver tendencialmente melhor do que as gerações anteriores, que haveria uma progressiva melhoria das condições de vida e que a realidade a partir da expansão do neoliberalismo e com a expansão da precariedade foi a quebra desta promessa, o fim desta ideia de que nós vamos continuar a progressivamente melhorar as nossas condições de vida.

E o que eu vou tentar perceber é como é que isto mudou o apoio à esquerda. Donc moi je vais Bonjour à tous. Je vais commencer ma présentation en m'intéressant à la manière dont les transformations du capitaliste ont en fait transformé le rapport des classe populaire à la gauche puisque pendant de longues années et notamment au 20e siècle, la grande promesse du capitalisme, ça a été de pouvoir améliorer progressivement les conditions de vie, que chaque génération allait pouvoir vivre mieux que la précédente.

Et ça, ça a été le cas au 20e siècle, au début du néolibéralisme, mais aujourd'hui on est dans une situation vraiment différente. Et dans cette intervention, je vais essayer voilà de vous montrer comment les mutations structurelles du capitalisme ont impacté le rapport de la gauche aux classes popules. da segunda metade do século XX e a partir da expansão do neoliberalismo, que era esta ideia de que havia, por um lado, a desindustrialização, eh a produção industrial é movida para fora de parte dos países europeus.

Existe o declínio da classe trabalhadora que passa de representar mais de metade da força de trabalho para representar cerca de 20% da força de trabalho na maioria dos países. Temos ao mesmo tempo uma expansão do ensino universitário, que neste momento já já engloba quase 50% da população em alguns países como o Reino Unido ou como a Irlanda, ou cerca de 1/3 da população na maioria dos países europeus. e tínhamos ao mesmo tempo uma expansão da classe média eh com novas ocupações no setor dos serviços, eh no setor dos negócios, no setor das tecnologias.

E estas e esta e esta classe média absorbia uma parte destes novos graduados e de parte da classe trabalhadora que tinham assim uma possibilidade de ascensão social e que foram uma parte da razão do do sucesso do inicial do neoliberalismo. Donc pour caractériser cette période d'optimisme qui a justement caractérisé le capitalisme et même le début du capitalisme néolibéral. Euh il y a plusieurs euh plusieurs points.

Euh c'était l'époque donc déjà de la désindustrialisation et du déclin de la classe ouvrière traditionnel. Comme je l'ai déjà dit hier dans mon intervention, on est passé de euh plus de la moitié euh de l'électorat qui était ouvrier à plus d'un/art dans la dans la majeure partie des pays européens. On a eu en parallèle une extension de l'accès à l'éducation, notamment à l'éducation universitaire qui euh aujourd'hui on a des haut diplômés d'université dans qui représente quasiment la moitié de la population dans la plupart des pays européens comme euh le Royaume-Uni ou l'Irlande ou un/3 de la population dans d'autres pays.

Et puis en parallèle et tout ça est très lié, ça a été du coup l'ascension d'une nouvelle classe moyenne très liée au secteur des communications, de la technologie, du commerce, des services et cette nouvelle classe moyenne a justement absorbé une grande partie de ces nouvelles personnes diplômées et c'est ce qui caractérise beaucoup cette forme d'optimisme du capitalisme à l'époque. 20, 30 anos e vivemos agora claramente no período do fim deste otimismo. Ah, com a expansão do neoliberalismo, houve também uma expansão da precariedade e um aumento da concentração da riqueza.

A classe média deixou de absorver uma parte destes graduados. A mobilidade social foi bloqueada. Nós sabemos agora, por exemplo, que 10 a 25% dos universitários estão com salários baixos na maioria dos países europeus.

Tivemos ao mesmo tempo a emergência do precariado. Eh, à medida que a classe trabalhadora industrial desaparece ou não desaparece, diminui. Temos a emergência de novas ocupações de rotina no setor dos serviços, os motoristas de entregas, os trabalhadores do turismo, dos call centers, trabalhos mal pagos, trabalhos a contratos fixos, trabalhos instáveis que que começam a absorver uma parte da antiga classe média e dos universitários.

Euh mais justement ce qu'on décrit cet optimisme du capitalisme euh n'est plus du tout à l'œuvre depuis depuis plusieurs décennies. On assiste au contraire à la fin de cet optimisme avec le développement du néolibéralisme et de la globalisation. Tout ça a entraîné des formes nouvelles de précarité qui sont immenses et beaucoup plus importantes qu'avant. notamment en relation avec l'expansion du capitalisme de plateforme.

On a eu l'émergence d'une nouvelle classe précarisée, du précaria comme on l'appelle, avec de nouveaux emplois comme j'ai dit dans le secteur des services, du tourisme, du soin beaucoup. C'est des emplois qui sont beaucoup plus instables qu'avant avec des salaires très bas et ça ça cette nouvelle classe a justement absorbé les personnes qui auparavant faisaient partie de cette classe moyenne diplômée assez optimiste et qui aujourd'hui se retrouvent dans des situations en fait beaucoup plus précaires avec une mobilité sociale bloquée, ce qui provoque de la frustration, de l'anxiété. Euh et cette nouvelle classe, elle elle représente une part très importante justement euh de euh de la main d'œuvre aujourd'hui de la population active.

Eh n sentido temos a precariedade quase como uma realidade universal do século XX. Eh, temos, por um lado, as classes trabalhadoras empobrecidas e despobidas dos seus instrumentos de socialização e de luta com o declínio dos sindicatos. E temos uma nova classe trabalhadora que é mais diversa do que a classe trabalhadora industrial, composta por uma larga parte de mulheres, eh de minorias étnicas, de imigrantes, composta também por um conjunto muito grande de jovens com altos níveis de educação e presos num ciclo de baixos salários e contratos a prazo.

Temos ao só mais o comentário, eh temos ao mesmo tempo as classes médias palpizadas. Sabemos que mesmo as pessoas que continuam a ter a oportunidade de ascender a trabalhos qualificados continuam a ter poucas oportunidades de melhorar efetivamente as suas condições de vida. Sabemos, por exemplo, que 21% das mulheres com eh ensino universitário têm neste momento empregos mal pagos a partit c'est que la précarité elle est en réalité devenue une sorte de réalité universelle du capitalisme du 21e siècle où on a à la fois des classes ouvrières et laborieuses classiques industrielles paupérisées évidemment puisque elles sont bah dépourvues aussi des des instruments de lutte collective et socialisation qu'on pouvait avoir avant dans une période antérieure du capitalisme avec notamment le fort déclin des de du syndicalisme qu'on connaît.

C'est une classe qui est évidemment composée en grande partie de jeunes avec des forts niveaux de d'éducation, de diplôme, mais qui sont pris dans des cycles euh d'emploi euh à contrat précair et à salaires très bas. Et on a en même temps des classes moyennes, donc un peu au-dessus de ces classes très pauvres, mais qui sont elles aussi euh paupérisées. C'est-à-dire que même si elles ont eu l'occasion euh d'une forme d'ascension sociale euh jusqu'à ce qu'on peut appeler des classes moyennes avec des forts niveaux d'éducation, euh ça s'est pas traduit en fait directement par une amélioration significative de leur conditions de vie.

On a par exemple 21 % des femmes euh qui ont un haut niveau de diplôme universitaire qui sont dans des emplois euh temporaire et donc euh précair euh en Europe. Este conjunto de mudanças sociais, o capítulo que eu escrevi com o Raú Gomes eh para o novo livro do Instituto La eh fala um pouco sobre como mudaram os padrões de volta à esquerda ao longo deste período. ao mesmo tempo para tentar perceber quem é a base eleitoral da esquerda radical na Europa neste momento.

Nós salientamos alguns aspectos. Em primeiro lugar, salientamos que houve efetivamente um afastamento da classe trabalhadora dos partidos sociaisdemocratas. Este afastamento foi essencialmente em duas direções.

Em primeiro lugar, foi para abstenção. Houve uma parte significativa da classe trabalhadora que deixou simplesmente de acreditar na política porque não viu as suas demandas respondidas. E houve uma parte que virou à esquerda e é uma parte central agora do apoio da esquerda radical.

Nós contestamos no livro a tese do aburgamento do eleitorado de esquerda. da esquerda de rotura especialmente e mostramos que no geral estes partidos com raríssimas exceções recebem apoio acima da média da classe trabalhadora. Podem depois no livro ver como é que isto se desenvolve a nível nacional, porque diferentes partidos têm diferentes coligações, mas nós mostramos, por exemplo, que eh 40% do apoio ao Dilinque, o partido alemão da esquerda, é de é da classe trabalhadora. 60% do apoio eh ao Partido Comunista Português continua a ser da classe trabalhadora, tanto industrial e dos serviços e que partidos como a França e submissa, por exemplo, é muito forte junto dos trabalhadores industriais ou o Siris ou Podemos mais forte junto dos trabalhadores de serviços.

OK. Pardon. Ce qu'on a essayé de montrer dans notre chapitre du livre à partir de cette analyse justement des restructurations du capitalisme et des classes sociales, c'est comment ça va impacter les schémas de vote pour la gauche des ruptures.

Aujourd'hui, ce qu'on a vu et ce qu'on a détaillé, ce qu'on a, ce dont on a rendu compte, c'est que euh bon déjà, il y avait une partie effectivement très importante de la classe travailleur qui a abandonné la social-démocratie évidemment à au fur et à mesure que celle-ci abandonnit enfin abandonner l'idée d'essayer de répondre à leurs aspirations et on s'est posé la question évidemment de où est-ce qu'ils sont allés ces ces ces électeurs de la classe ouvrière et ils sont allés en major majorité dans deux directions. La première, c'est la plus forte, c'est l'abstention. la majorité a arrêté en fait de croire en la politique puisque celle-ci ne répondait pas du tout à leurs aspirations.

Mais il y a aussi une deuxième partie qui s'est est assez significative de cet électorat qui s'est tourné vers la gauche radicale, vers la gauche de rupture. Et donc dans le livre, on conteste formellement la thèse d'un embourgeoisement de la base sociale des parties de gauche de rupture et on le montre enfin on appuie ce propos avec beaucoup de données et d'études à travers l'Europe sur les différents électorats des mouvements de la gauche des ruptures. Et pour donner qu'un seul ou deux exemples, euh 40 % de l'électorat de D Link en Allemagne est représenté par enfin sont de la classe ouvrière.

Donc c'est une part assez significative. Après, vous verrez dans le livre si vous voulez euh voir les différences entre les différents pays. Il y a évidemment des des enfin des coalitions sociales qui sont un petit peu différentes.

Euh par exemple, la France insoumise est très forte euh dans les travailleurs industriels. Euh tandis que Ciriza et Podemos par exemple, c'est plus un mélange entre les travailleurs des services et les travailleurs socioculturels. Mais voilà, en tout cas quand on analyse vraiment la base sociale et la base électorale des partis de gauche de rupture, il y a encore une part très très significative de d'une classe laborieuse.

Não, eu não quero com isto ser excessivamente otimista e dizer que os partidos da esquerda radical têm sido extremamente bem sucedidos a atrair a classe trabalhadora. ainda há um caminho enorme por por correr, porque ainda há uma grande parte da classe trabalhadora aliada da política e aliada da esquerda. Mas para a atrair, nós temos de saber um, porque é que ela fugiu da esquerda e dois temos de saber on temos de saber onde a procurar, dois temos de saber porque é que ela fugiu da esquerda nós contestamos em primeiro lugar a ideia de que houve um um dos trabalhadores da esquerda para para a extrema direita.

Esta ideia, na verdade, já é contestada pela maioria dos estudos do comportamento eleitoral nas sociedades europeias. Eh, e é uma e é uma teoria que normalmente parte da assunção de que os trabalhadores fugiram da esquerda para a direita porque os trabalhadores são uma classe inerentemente conservadora que fugiu da esquerda porque esta adotou uma agenda identitária que não está de acordo com os valores dos trabalhadores. Nós posso nós contestamos esta tese em primeiro lugar mostrando que esta ideia de uma classe trabalhadora largamente conservadora é o mito.

Nós mostramos que a classe trabalhadora acompanha o resto do eleitorado. Eh, por exemplo, a classe trabalhadora não exprime qualquer reticência face às questões da comunidade LGBT e da homossexualidade. Eh, e também em relação às questões de imigração.

Mostramos também que muita desta discussão parte ainda daquela ideia do homem branco que trabalha em fábricas que eu já desmontei no início da minha intervenção. Eh, e temos nos lembrar quem fugiu da esquerda. Quem fugiu da esquerda foram efetivamente trabalhadores com baixos salários e baixos níveis de educação que deixaram de participar na política porque deixaram de ver nela uma resposta às suas questões materiais concretas. [Musique] Non, tout.

Euh donc après avoir enfin une fois avoir dit tout ça, on a j'ai pas envie de donner non plus l'impression que tout serait très optimiste et qui voilà et que tout serait réglé. Il y a encore une grande partie du chemin à faire puisque il y a encore une grande partie quand même des classes populaires qui ne votent pas encore et que qui ne soutiennent pas encore la gauche de rupture. Mais pour essayer d'adresser et de répondre vraiment intelligemment à cette question, il faut enfin se poser les bonnes questions et avoir les bonnes réponse et notamment pourquoi ces classes populaires ont fuit la gauche et donc où aller chercher de nouveaux soutiens.

Et donc pode o início, o início sobrepois das duas perguntas. Ah, ok. Eh, eu que repetir, não repetir a ideia de que não houve a fuga para a direita porque a ideia dos dos trabadores serem conservadores é o tá bom.

Euh pardon euh excusez-moi. Donc euh pour enfin déconstruire ce mythe euh enfin il faut vraiment se rappeler que euh enfin il faut déconstruire l'idée que la classe ouvrière euh telle qu'on l'entend souvent euh serait euh de façon naturelle et inhérente beaucoup plus conservatrice que euh le reste, donc notamment les classes moyennes. Ça, on le montre aussi dans le dans le dans le livre, dans le chapitre.

La classe ouvrière, y compris traditionnelle ne enfin n'est pas du tout beaucoup plus conservatrice sur les questions culturelles comme les questions LGBT et les questions de de l'immigration. Euh et ensuite, ça veut pas dire que l'extrême droite, enfin on veut pas dire que l'extrême droite n'a pas réussi à attirer euh certaines fractions des classe populaire. C'est une réalité.

Euh mais qui enfin ceux qui vont à l'extrême droite euh ont tendance à à être un segment de la des classes laborieuses avec des salaires moyens ou plutôt hauts pour la classe pour la classe ouvrière. je te laisse pode continuar. E eu queria e o que eu o que eu disse a seguir foi que o que nós falamos que sou rápido, eh nós contestamos esta ideia de cobassa da esquerda para a direita e contestamos eh e contestamos a ideia de que esta mudança aconteceu porque as classes populares não estão de acordo com a agenda materialista da esquerda e temos nos lembrar que o que aconteceu efetivamente ao longo deste período foram que as pessoas com baixos salários e baixos níveis de educação deixaram de participar na política, deixaram de acreditar que a política era capaz de providenciar soluções para as suas preocupações concretas.

Il faut se rappeler en donc le plus important à à comprendre, c'est qu'en fait une grande majorité des des travailleurs ont arrêté de croire en la politique comme je disais parce qu'ils ont arrêté de voir dans la politique une réponse à leur situation concrète et matérielle de vie. Ei, eh, e para além disto, o segundo ponto que eu gostava de salientar sobre as mudanças eleitorais à esquerda era a ideia de que houve um realinhamento efetivamente à esquerda de eh eleitores com altos níveis de educação, mas baixos salários. Eh, estamos aqui a falar especialmente de pessoas que estudaram níveis secundários ou níveis terciários de educação, com expectativas de melhoria das condições de vida, mas que viram essas expectativas frustradas.

Falo especialmente dos profissionais socioculturais que são uma parte muito significativa do volta à esquerda. falo de professores, médicos, enfermeiros, jornalistas que em alguns, por exemplo, na Grécia votam, 40% desta classe vota na esquerda radical, na Noruega, 25% desta classe vota na esquerda radical. Eh, mais uma vez podem ver no livro Diferentes Composições nos países.

Eh, e lembrar que esta é uma combinação progressista de classes marcada e com precariedade, progressismo cultural e frustração com a política. Et la deuxième partie de de la deuxième partie du bloc social des gauches de rupture aujourd'hui, elle est comme je disais en introduction très fortement constituée des travailleurs de la des classes moyennes paupérisées qui ont un très haut niveau de diplôme mais qui sont avec des très bas salaires. Et donc ça inclut comme je disais les précaires du secteur des services, les ce qu'on a appelé dans le livre les professionnels socioculturels qui sont composés par exemple des profs en majorité mais aussi des journalistes ou d'autres professions dans les mêmes secteurs.

Et c'est cette classe de professionnel socioculturel, elle constitue un une immense partie de l'électorat des gauches de rupture. par exemple en Grèce 40 c'est 40 % de cette classe dite de professionnel socioculturel qui vote pour la gauche de rupture. Eh, e termino, termino agora dizendo apenas que o objetivo para a esquerda agora é responder este ciclo de precariedade e de desencanto com a política, reforçando que um, a ideia de que a classe eh o eleitorado de esquerda saborgesou é falsa.

O a base eleitoral da esquerda é um conjunto das classes populares poporizadas com as classes médias palpizadas, unidas pela precariedade e para a frente ainda temos muito por fazer para atrair novas partes das classes populares, mas para isso temos de saber onde procurar e onde e para saber onde procurar temos nos lembrar de responder às situações concretas das pessoas que saeram da política que não fugiram porque a esquerda se virou à esquerda. em questões sociais, mas porque ainda não viram uma resposta concreta à precariedade e à incerteza. OK.

Donc pour conclure euh le grand défi de la gauche de rupture aujourd'hui et la grande question c'est comment réussir à enrayer ce cycle de désenchantement et de précarité qui touche de plus en plus de classes et de classes qui sont de plus en plus différentes ? Ce que j'ai essayé de montrer dans cette intervention, c'est bien que la coalition sociale des gauches des ruptures, elle ne s'est pas du tout embourgeoisée, mais qu'en fait, elle est constituée de plusieurs couches différentes de la société qui sont toutes paérisées, à la fois des classes populaires paupérisées et des classes moyennes paupérisées. et que pour répondre à cette question, on doit vraiment tenter d'adresser les situations concrètes et matérielles de cette nouvelle classe qui est plus fragmentée et se rappeler qu'en fait ces électeurs, ils ne sont pas partis de la gauche des ruptures parce que la gauche était trop de gauche, mais bien parce qu'ils étaient désenchantés par le manque de réponse concrètes que la gauche traditionnelle avait à leur offrir.

Et donc voilà, la gauche doit adresser ce problème de la précarité devenu de plus en plus général. Merci à tous. Merci José pour avoir rétabli un certain nombre de faits et démontés y compris un certain nombre de mythes.

Merci Zoé pour pour la traduction. Je passe sans tarder la parole à Ellisabeth qui comme je l'ai indiqué tout à l'heure est spécialiste du mouvement des gilets jaunes. Comme je ne l'ai pas dit tout à l'heure concernant le déroulé, chaque intervenant a une petite dizaine de minutes.

C'est à toi. Bonjour à 10 minutes. Il a pris 10 minutes avec la traduction.

Ouais. Euh bonjour à toutes et à tous. Donc je suis je suis très contente d'être ici, même si j'avais un peu surestimé la météo et j'ai l'impression vous regardant que je suis pas la seule.

Euh mais je vais me réchauffer en en parlant. Donc je suis ici pour vous parler un peu de la gauche et du mouvement des gilets jaunes. Enfin des gauches et du mouvement des gilets jaunes.

Donc je suis je suis contente parce que comme l'a dit Jérôme, c'est évidemment un sujet qui est vraiment d'actualité avec avec le 10 septembre qui arrive. Euh même si je pense que la situation qu'on actuelle est peut-être un peu plus lisible que celle qu'on a connu avant le mouvement des des gilets jaunes, donc dans les semaines qui ont précédé le le 17 novembre euh 2018. Euh voilà, à ce moment-là, le mouvement qui émerge sur les réseaux sociaux est vraiment perçu comme complètement illisible, inédit, on sait pas trop ce que c'est.

Et comme vous vous rappelez sans doute, ça a alimenté beaucoup de doutes, de débats au sein des gauches qui ont tergiversé. on y va, on y va pas, on soutient ou pas. Euh si les gauches ont ont se sont questionné sur ce mouvement, c'est parce que sans doute elles se sont demandées au départ si c'était pas un mouvement un peu réactionnaire ou en tout cas qui se construisait en opposition à la gauche.

C'était très certainement lié à la politisation assez hétéroclite des participants. Ce qu'on sait maintenant avec un peu plus de précision, c'est que environ un/ers des participants refusaient de se positionner sur le clivage gauche- droite, mais que quand il le faisait, 44 % d'entre eux se positionnaient quand même à gauche et 15 % d'entre eux le faisaient plutôt à droite. Ce qui ressortait de ce mouvement, c'était aussi une critique très vive des partis politiques mais qui, je pense, ne ciblait pas spécifiquement les partis de gauche, mais plutôt les problèmes de la représentation politique en général et en lien avec des des revendications à une meilleure représentation notamment des classes populaires avec des représentants peut-être plus proches socialement, proches géographiquement de ces catégories sociales.

Voilà. Donc dans dans l'ensemble, c'est pas un mouvement qui s'est construit contre la gauche et ça je pense que ça a été perçu peut-être assez rapidement par les principales forces de gauche. En tout cas voilà quand autour du 17 novembre dans l'ensemble et à partir du moment où ces doutes ont été partiellement levés, c'est plutôt posé la question de comment quelle attitude avoir vis-à-vis du mouvement.

Et à mon sens là, il faut peut-être distinguer ce qui relève du soutien euh de ce qui relève de la participation concrète à la mobilisation qui pose pas euh euh exactement les mêmes les mêmes questions, les mêmes problèmes. Sur la question du soutien, euh finalement les partis de gauche au départ gauche et écologiste aussi euh ont joué un un rôle assez classique euh de relais de certaines revendications du mouvement. euh a commencé par l'opposition à la fameuse taxe carbone qui avait euh cristallisé les mécontentements au départ.

Donc euh dans dans les jours qui ont précédé, le PCF PLFI euh et un ensemble d'autres parties ensemble génération le NPA euh ont demandé la suppression enfin l'annulation de cette taxe. Ça a été un peu plus compliqué chez les écologistes et chez les socialistes mais ils ont fini par suivre cette ligne aussi. Ensuite, il faut souligner que les groupes parlementaires de gauche ont essayé de porter la voie de ce mouvement au parlement en proposant une motion de censure.

Des députés insoumis, mais pas que se sont illustrés voilà par des discours à la tribune. Les insoumis notamment ont été particulièrement actifs sur la question de des violences policières en organisant de plusieurs conférences de presse là-dessus. un moment où euh on en parlait encore pas tellement euh dans les médias.

Donc je pense que ça a été euh important même si euh ces initiatives ont peut-être pas été hyper visibles pour les participants euh au mouvement. Voilà. Donc de ce point de vue, les partis ont joué leur rôle de relais, un rôle assez classique, assez attendu.

Voilà. En revanche, la question de la participation directe au mouvement et qui est celle qui se pose aujourd'hui avec le le 10 septembre est toujours un peu plus délicate puisque voilà priori ce qui relève de l'arène électorale de l'arène parlementaire est une sphère d'activité un peu distincte de l'espace protestataire l'espace de la rue et que même si les frontières sont pour por pour poreuses et qu'historiquement les parties de gauche ont toujours entretenu des liens avec ce monde contestataire Le passage de l'un à l'autre apparaît très souvent comme une forme de transgression qu'on qualifie de récupération politique. Et à force dans un mouvement où on estime qu'environ 3/4 des des participants considérait que les partis n'avaient absolument rien à faire dans le mouvement.

Bon, ça a pas empêché des parties de donner des consignes assez claires aux militants en disant qu'il fallait y aller comme le NPA, lutte Ouvrière et évidemment la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon avait dit à l'époque euh voilà dans les premières semaines de de la mobilisation que les insoumises devaient être dans le mouvement des gilets jaunes comme des des poissons dans l'eau. Ce qui a évidemment donné lieu à un tout un tas de débats du point de vue de ces militants de type voilà, est-ce qu'on met des drapeaux ou pas ?

Est-ce qu'on distribue des tractes ou pas ? Si on distribue des tractes, est-ce que on met le logo ou on met pas le logo ? Peut-être que certains d'entre vous se sont d'ailleurs posés ces questions.

Je pense qu'il y a pas une ligne de conduite spécifique qui se dégage, mais que en fait chaque militant s'est aussi adapté à la situation locale qu'il rencontrait parce que comme vous le savez, le mouvement était très éclaté géographiquement et voilà, il y avait différents types de configuration locales. Les militants étaient pas toujours exactement reçus de la même manière. Voilà.

Donc tout ça pose un peu la la question de quel effet cette participation de militants politiques. Bon, faudrait ajouter aussi la question des militants syndicaux et plus généralement des des militants du mouvement social au sens procuriste à eu dans le mouvement. euh ce qu'on peut euh OK, donc c'est je suis pas trop porteur.

Ce qu'on peut euh enfin le le constat qu'on peut faire assez clairement, c'est qu'il y a eu une politisation à gauche ou du moins dans un sens relativement progressiste de ce mouvement des gilets jaunes avec notamment l'affirmation des revendications sociales mais aussi de revendications démocratiques, même s'il y avait quand même parfois une petite difficulté à les articuler avec des revendications plus catégorielles de type féministe, antiraciste parce qu'elles étaient souvent perçues euh pas comme une source de division si vous voulez. Euh après voilà, encore une fois, est-ce que ça relève enfin c'est uniquement les faits des militants politiques qui ont participé ? Je je je ne pense pas.

Euh il faut pas oublier aussi que cette politisation à gauche est aussi le résultat de la construction d'un rapport de force interne euh dans le mouvement qui s'est avéré à terme plutôt favorable à la gauche puisque euh un certain nombre de militants qui euh ont annoncé leur leur intention de participer annonçait aussi le faire pour ne pas laisser le terrain à l'extrême droite dans la mobilisation notamment après l'appel lancé par des syndicalistes le comité Adama et la femme également le 1er décembre 2018 à rejoindre la la manifestation des gilets jaunes. Je pense que ça a été une date assez importante de ce point de vue-là. Voilà.

Et donc forcé de constater que ça a plutôt bien marché parce que les premiers à dire que l'extrême gauche ou la gauche a récupéré le mouvement des gilets jaunes, c'est ce sont les militants d'extrême droite radicale qui étaient assez actifs au début du mouvement et qui ont fini par pendant l'hiver 2019. Euh voilà, donc de leur point de vue, c'est la gauche qui a qui a qui a gagné. Euh euh voilà, donc je pense que le le mouvement a eu donc clairement suivi un un processus de politisation à gauche qui se remarque aussi au niveau individuel avec des participants euh voilà qui euh se sont progressivement politisé à gauche au cours du mouvement.

Je pense qu'il faut pas avoir non plus une vision complètement euh enchantée de de ça et que euh je pense aussi que certains participants euh qui avaient des fortes affinités à droite au début de la mobilisation ont pu aussi être conforté dans leur hostilité vis-à-vis de la gauche et que voilà, il y a pas non plus des effets de conversion magique de personnes qui avaient voilà des positionnements très opposés à la gauche au départ et que voilà comme je disais ce rapport de force s'est construit peut-être euh beaucoup sur des départs avec je pense peut-être le le départ de profil euh de peut-être plutôt classe moyenne avec justement des affinités de droite et je peux prendre par exemple voilà l'exemple d'une personnalité un peu connue Jacqueline Mourau, qui était l'une des figures du mouvement des gilets jaunes qui avait fait cette fameuse vidéo coup de gueule qui avait fait le buzz. Euh bon, je pense qu'on pouvait dire que elle elle portait une ligne plutôt droitière, si vous voulez dans ce mouvement, très d'accès sur les entreprises, très hostiles à certains modes d'action comme la manifestation et cetera qui faisait un peu désordre et on voit bien qu'au bout d'un moment, elle se reconnaissait plus dans le mouvement, elle est partie. Et je pense que là, c'est le cas d'une figure un peu connue mais que il y a beaucoup de gens au niveau moins connus, au niveau des individuels qui ont suivi un peu le le même mouvement.

Voilà. Donc je pense qu'on peut pas non plus convertir, si vous voulez tout le monde. Bref, et euh voilà.

D'autant plus que il y a aussi des poches, je pense plus réactionnaires qui ont subsisté sur le temps long dans le mouvement des gilets jaunes. La politisation à gauche n'a pas été complètement complète et que ces poches là peut-être plus réactionnair se sont aussi réactivées dans le contexte de la mobilisation antipasse euh voilà dans les en 2020 2021 à laquelle ont participé aussi beaucoup de gilets jaunes. 2 minutes.

Donc 2 minutes, c'est c'est le temps que je vais prendre pour conclure et parler un peu de voilà quelle leçon on pourrait tirer de de de ce mouvement des gilets jaunes. Là, moi je je pas de considération de de de grande stratégie, mais ce que ce que ce que je peux dire, c'est que quand on fait de la sociologie, de l'engagement et du militant, comme je le fais, la question qu'on se pose, c'est à quelles conditions les gens s'engagent et à quelles conditions les gens s'engagent surtout durablement. Et ce qu'on essaie de mettre en évidence, c'est les logiques sociales qui font que certaines personnes vont adhérer, se sentir bien dans un mouvement et y rester et que d'autres vont partir.

Voilà. Et donc ce qu'on ce qu'on appréhende souvent comme des formes de récupération euh politique, je pense en fait sont pas forcément le résultat d'un agenda maquievé est caché des militants, mais aussi le résultat de logique sociale où tout simplement les militants politiques ou autres plus expérimentés qui participent euh aux mobilisation, même s'ils sont très bien intentionnés, ont plus de savoir-faire, plus de compétences et donc naturellement, ils vont prendre un peu l'ascendant sur les nouveaux venus qui ont moins de de compétences. Voilà.

Donc je pense que le le rôle aussi peut-être des militants, c'est ça serait de réfléchir à tout ça et d'essayer de trouver des manières, des modes d'action qui permettent de valoriser toutes les compétences y compris des des compétences qui sont pas forcément directement liées à une trajectoire de lutte militante. Ça a été le cas dans les gilets jaunes où beaucoup de gens ont par exemple pu euh comment dire mobiliser leurs compétences professionnelles pour organiser la vie sur les ronds-points, savoir construire une cabane et cetera et de fait se sentir valorisé dans la lutte. Euh ce qui ce que je pense qu'il faut aussi avoir en tête, c'est que les appétences, les préférences pour tel ou tel type de mode d'action là encore divers selon vos vos propriétés sociales, votre expérience de la lutte et que parfois certaines modalités d'action paraissent idéales pour des militants qui adorent par exemple les je sais pas moi les les âgés avec des dispositifs très complexes de répartition de la parole qui se veulent inclusif mais que d'autant plus quand on on n pas forcément voilà de disposition très scolaire. certaines modalités d'action qui paraissent être la voilà la la quintessence de de l'émancipation individuelle peuvent rebuter certains et donc être aussi attentif à ça puisque finalement bon bah quand il me semble que les les luttes sociales visent une forme d'émancipation collective à terme et aussi dans et par l'action mais qu'elle repose aussi très largement sur la satisfaction personnelle que les gens peuvent tirer à être là, à agir.

Voilà. Et je m'arrêterai là-dessus. Merci.

Merci Elisabeth. Euh le temps étant compté sans présentation, je passe la parole tout de suite à Julien. C'est à toi.

Bonjour à tous et toutes. Je vais commencer par m'excuser parce que du fait de d'autres engagements, je dois partir à 11h en fait. Donc effectivement, je contrain un peu tout le monde et puis je pourrais pas rester jusque jusqu'au bout.

Mais j'avais envie de de participer quand même à ce euh ce ce débat en fait et évoquer donc ce nouveau livre de la collection de l'artit la Boessie Nouveau Peuple Nouvelle gauche. Euh et moi je suis très heureux qu'on ait réussi à à organiser cette cette table ronde qui montre aussi bah la façon dont on essaie comme on le disait aussi hier lors de la présentation du livre de déconstruire un certain nombre de mythes qui entourent le rapport de la gauche au aux classes populaires. Rossé le disait la l'idée de la disparition au fond d'un soutien populaire à la gauche notamment à la gauche de rupture qui est très largement à relativiser et ce qu'on essaie dans le livre c'est de balayer quels sont aujourd'hui les différents les différentes strates sociales de soutien de la gauche dans dans sa diversité euh et puis de regarder aussi comment on peut élargir élargir le cercle.

Euh Ellisabeth a a évoqué à l'instant le rapport avec les gilets jaunes qui est peut-être qui était peut-être moins conflictuel, qu'on l'a parfois euh présenté. Et je voudrais à présent à mon tour évoquer le rapport de la gauche à un autre groupe et un groupe social, on peut dire que qui est celui du rapport de la gauche au euh au au quartier populaire qui a considérablement évolué depuis quelques années, ce qui constitue à mon avis un tournant historique dont on n pas pris tout à fait la la mesure et donc sur lequel je voudrais revenir et voir un peu les enseignements stratégiques qu'on peut éventuellement tirer de de de cela. Euh moi, j'ai passé une partie de ma carrière en tant qu'universitaire à étudier le divorce de la gauche avec les euh euh les les quartiers populaires.

Mon livre précédent portait justement sur le rapport de la gauche euh euh au quartier à dans la ville de Roubé qui est une des villes les plus populaires de France et qui est de longue date un de mes terrains terrains d'enquête. Euh travail que j'ai mené, je le précise, avant l'arrivée sur euh sur sur le terrain et la circonscription de euh de David Guirot où ce qui ne cessait de se dégager, c'était la désaffection, la désillusion, voir la la le rejet extrêmement violent de la gauche dans sa diversité du fait de promesses trahies et non tenues à répétition. Alors, c'était évoqué par Clémence Geté hier euh notamment au cours du du quinquena Hollande, mais pas seulement. euh la déchéance de nationalité euh euh évidemment à plusieurs reprises euh euh le le droit de vote des étrangers, le réceépicissé d'identité qui n'a pas été euh euh finalement tenu alors que c'était dans le programme de euh de de 2012.

Euh euh euh le programme euh économique et social euh et euh l'absence de de de politique de redistribution et cetera et cetera a été durement ressenti et Rossé le disait. Ce qui manque bien souvent au milieu populaire dans leur diversité au-delà des quartiers, c'est de voir les effets concrets et matériels euh de de leur vote et de la victoire de la gauche quand elle survient. Euh et l'expérience qu'on fait de la politique quand on habite dans un quartier, c'est surtout euh le le l'expérience de son inutilité et le fait qu'on a tout le temps le sentiment de perdre au fond.

C'est l'expérience de la reproduction de la marginalité sociale pour soi et ses enfants. Et cette expérience-là, elle produit irrémédiablement au fond à se détacher de la politique et euh euh et et et et de la gauche. Vient se surrajouter à tout ça euh le fait que dans les quartiers, on a aussi le sentiment que certaines des questions fondamentales qui font votre expérience sociale, on a longtemps eu le sentiment qu'elle n'était pas prise en charge par la gauche. la question du racisme systémique, des violences policières, de l'islamophobie, plus récemment la question de la Palestine, j'y reviendrai.

Toutes ces questions là qui ne sont pas exclusives des questions strictement économiques et sociales ont pendant très longtemps été mis de côté par une bonne partie de la gauche, si bien qu'au fond avait du mal à s'y à s'y identifier. Euh et ça produisait voilà moi ce qui ressort beaucoup de mes travaux, de la résignation, de la désillusion, la politique, ça ne sert à rien. Alors tout ça a considérablement changé depuis quelques années, je le disais 2018-29, je dans dans mon chapitre, j'essaie de revenir un peu sur les différentes étapes de ce tournant.

Moi, je pense qu'un moment important de ce point de vue-là, c'est la participation d'une bonne partie de la gauche à la marche contre l'islamophobie de novembre 2019. fort. Tout le monde n'était pas là mais mais quand même.

Il y a eu aussi les mobilisations contre les violences policières de juin 2020, George Floyd, le comité Adama et cetera. Là aussi, la mobilisation de la gauche et notamment de la France insoumise a été importante et ça a été reçu de façon tout à fait positive et c'était important dans dans les quartiers. Les réactions aux révoltes de 2023 juin 2023 suite à la mort de Naël ont aussi en fait été extrêmement différentes de celles qu'on avait vu en en 2005 au fond où cette fois-ci il y avait un discours, pour le dire rapidement, de compréhension euh de de de la colère y compris dans son expression violente, ce qui était quand on se replonge 20 ans en arrière, pas du tout le cas en novembre 2005.

Donc les choses ont bougé et on pourrait également évoquer les positions notamment de la France insoumise sur sur Gaza. Tout ça tout ça produit des effets et on a assisté depuis quelques années à la fois une remontée des scores de la gauche dans les quartiers populaires et y compris ce qui constitue quasiment une sorte de miracle social, une baisse de l'abstention dans les quartiers. Et honnêtement, c'était pas gagné.

C'est pour ça que je parle quand même de de tournants historiques. Jean-Luc Mélenchon a fait des scores tout à fait considérables dans les quartiers les communes populaires en scène Saint-Denis et au-delà en en en 2022. Les députés notamment insoumis en scène Saint-Denis dans de nombreuses communes populaires en 2022 et en 2024 attestent aussi de cette de cette de de de cette évolution.

Alors pourquoi je l'ai dit, il y a une évolution de l'offre politique, on peut dire du discours, des prises de position qui n'étaient pas celle qu'on entendait jusque là. Mais ça ne suffit pas. D'une certaine façon, il ne suffit pas d'avoir le bon logiciel politique pour engranger des voix, convaincre et surtout briser cette désaffiliation, cette désillusion, cette résignation extrêmement profonde à l'égard de la politique et de la gauche qui habite nombre des habitants des des quartiers populaires.

Il faut aussi qu'il y ait des intermédiations militantes pour le dire très simplement. C'est le travail militant à un moment qui paye. Alors, il y a eu un travail militant de la part notamment des militants de gauche insoumis, mais il faut quand même reconnaître que les militants de gauche aujourd'hui dans les quartiers ne sont pas légions.

Ils sont pas si nombreux que ceuxl. Et un des trucs qui a quand même pesé dans ses scores en 2022, dans ses scores en 2024, c'est qu'il y a eu une mobilisation importante au-delà des seuls rangs euh des partis politiques. On peut dire même pas véritablement de sympathisants.

Moi, c'est ce que j'ai pu observer sur le terrain, de gens qui se sont reconnus quand même dans cette offre politique là. des travailleurs sociaux, des militants associatifs, des éducateurs qui à un moment au regard de aussi la crainte de l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir se sont mobilisés et se sont dit faut y aller. L'exemple peut-être le plus patent de cela, c'est l'appel qui avait eu lieu, je sais pas si c'est plutôt un symbole que véritablement quelque chose qu' qui a compté numériquement, mais l'appel du collectif mê qui est depuis pour partie devenu l'assemblée des quartiers qui a un rassemblement au fond de d'une bonne partie des militants historiques des quartiers populaires notamment issus du MIB et d'autres organisations des quartiers à voter pour Jean-Luc Mélenchon en en 2022.

Bon, un appel de militant associatif à voter pour un candidat, ça n'a rien d'exceptionnel. Sauf que là aussi, il s'agissait d'une rupture historique puisque à l'inverse, le militantisme dans les quartiers, le militantisme antiraciste depuis près de 30 ans s'est construit dans une position d'autonomie à l'égard de la gauche, au regard de ces trahisons successives, au regard de l'incapacité de la gauche à faire de ces questions des questions des questions centrales. J'ai presque j'ai presque fu.

Donc c'était une rupture de ce point de vue-là que ces militantsl appellent à voter pour un candidat à l'occasion de ces de ces des élections là. Et donc ce travail d'intermédiation ça joue le terrain, ça compte. Sinon l'offre politique aussi ajustée, puisse-têtre, puiss-elle têtre, elle n'est pas forcément entendue par des gens qui par ailleurs ne sont pas connectés en permanence à l'actualité politique.

Alors malgré ça, euh il faut pas se leurer et se bercer d'illusion. Il y a encore du boulot. y compris par exemple dans une ville comme Roubé, moi ça m'avait frappé l'année dernière, alors que le RN était aux portes du pouvoir, encore 50 % des électeurs ne se sont pas rendu aux urnes.

Euh ce qui dit des choses quand même de l'ampleur de la désaffection, c'est-à-dire que les gens ont bien conscience quand même dans les quartiers que si demain le RN parvient au pouvoir, ils seront en première ligne des politiques racistes et en même temps, ils y vont pas. L'abstention a un petit peu baissé, il faut le dire quand même. Il y a eu un travail de mobilisation.

Il y a des gens qui se sont rendus urde mais un électeur sur deux malgré tout dans une commune comme Roubé, c'était vrai aussi dans de nombreuses communes populaires ne se sont pas au rendu dans ce moment de remobilisation nationale et cetera qui était celui du du NFP. Donc il y a encore beaucoup beaucoup de travail. Que faire ?

Alors, j'ai pas évidemment de solution à miracle, mais juste deux trois mots. Un, ne pas considérer que ces ces voixlà sont acquises pour toujours. Il faut continuer le travail au regard justement de l'ampleur de cette désaffection.

Euh, c'est pas acquis. Et euh je crois que les élections municipales doivent être l'occasion d'enfoncer le clou d'une certaine façon euh à la fois par l'offre politique qui est proposée et par les candidats et candidates qui seront effectivement euh en en en tête de liste. Deuxième point, moi je crois beaucoup et je l'ai dit hier que en fait il y a pas que les élections et que la condition précisément pour élargir le cercle et aller chercher ces 50 % qui restent, c'est de renouer le lien en dehors des seules campagnes électorales et être au côté mener des luttes que ce soit sur le logement, l'éducation, les services publics en dehors des périodes de campagne.

C'est vous êtes certainement pour beaucoup des militants et c'est facile à dire d'une certaine façon mais moi je crois qu'il y a que le travail militant qui paye et c'est uniquement en renouant ce travail de lutte concret sur le temps long auprès des habitants des quartiers en dehors des échéances électorales et donc que ce travail ne soit pas uniquement perçu comme de façon cynique comme un moyen d'aller gagner des voies mais véritablement d'être au côté des gens que on pourra renouer ce lien avec ceux qui sont le plus le plus loin à l'instar de ce qu'avait un peu essayé la France insoumise en 2017-28 euh de ce qui était la méthode Dalinski d'une certaine façon qui a été un peu abandonné en chemin et moi je crois qu'il y a des enseignements à tirer de de cela. Dernier point, moi je crois qu'on a encore un problème quand même de euh composition du personnel politique euh et de de de composition et de participation des euh des catégories populaires et des habitants des quartiers au plus haut au fond euh de la représentation politique à gauche. Pour le dire très simplement, on aurait besoin de davantage de Rachel Kéké, de Ali Duara, de Abdel Kader Lamar et d'autres au sein de nos rangs.

Très concrètement aujourd'hui, les représentants de la gauche et de la gauche de rupture demeurent très majoritairement de classe moyenne supérieure et blanc. Et ça ça peut pas durer en fait. Si véritablement euh la gauche veut représenter les intérêts des catégories populaires, il faut qu'elle puisse le faire aussi directement par elle-même.

Et là, il faut faire de cet enjeu-là à mon avis un enjeu cardinal pour les années à venir. Mais je ne doute pas que ce sera le cas. Voilà.

Merci. [Applaudissements] Là, tu parles. Bonjour.

Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureuse d'être là et cette année, il y a beaucoup de monde, hein. C'est bien.

Euh moi, je vais dire pendant longtemps dans les classes populaires euh dans les quartiers populaires précaires, euh il y a longtemps qu'on n'a pas donné la parole aux habitants des quartiers populaires dans le débat public il y a très très longtemps. Mais heureusement qu'il y a la France insoumise, la gauche plus présentement la France insoumise qui a commencé à faire ce travail là euh à faire du porte à porte, aller vers les gens, parler avec eux, euh organiser des moments de débat dans des quartiers populaires. Ce que je veux dire c'est que c'est vrai que ces quartiers votent mais d'autres souvent d'autres votent pour la France soumise mais c'est pas c'est pas assez c'est pas assez parce que ils se ils ne croient plus à la politique.

Parce que moi quand je parle avec eux souvent ils me disent "Non, les politiciens c'est des menteurs. Euh les politiciens ils disent pas la vérité. Ils viennent quand ils ont besoin de quand il y a les votes, ils viennent pour chercher les voix.

Et moi souvent je leur dis il faut vous intéresser aussi à la politique parce que c'est vrai que quand tu travailles c'est le travail la maison, les enfants, tu n'as pas le temps de faire d'autres choses. Et sachez que les habitants des quartiers populaires, la majorité ce sont ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler et qui n'ont pas le temps de de s'occuper d'eux-mêmes, qui n'ont pas les moyens d'aller en vacances même avec leurs enfants. Donc c'est un peu compliqué pour eux.

Et ce que moi aussi je leur dis souvent, c'est que les habitants des quartiers populaires, ils aiment trop le clientélisme. C'est-à-dire quand quand un candidat vient leur dire surtout ceux de la droite vient leur dire si tu votes, moi je te donne un logement et tu chutes, ils disent que oui euh c'est vrai si je vois je vais te donner un logement vous, est-ce que vous allez me donner un logement ? Oui, je vais te donner.

Et après quand la personne est élue que la personne ne respecte pas ce qu'il a dit, on trouve que les politiciens c'est des menteurs. Vous voyez, moi je l'ai vu quand j'ai été quand j'étais à l'Assemblée nationale, j'ai étis à Pépignan. Je suis allée dans j'ai fait le Tour de France pour aller voir dans les quartiers populaires.

Je suis allée dans le quartier populaire des gitans et là il y a un a un groupe de femmes qui m'ont dit le maire de Pépignan il prend un groupe de personnes quand les élections approchent il leur donne de l'argent pour acheter des vélos, des trottinettes pour leurs enfants vous voyez mais maintenant il y a pas d'association pour les recevoir. Tout est fermé, ils savent plus où aller. Donc moi je l'ai dit mais sortez du clientélise parce que quand vous êtes dedans après vous mettez toutes les partis politiques dans le même sac vous voyez et ça c'est dangereux.

Donc les quartiers populaires, moi je peux dire il y a trop de souffrances. Et moi je vais vous dire euh je suis je vis là-bas, mes enfants sont nés là-bas, ils ont grandi là-bas. Mais la situation de la jeunesse, c'est compliqué.

C'est compliqué parce que les enfants qui vont à l'école qui qui n'ont même pas quand ils vont en 3e, ils arrivent même pas à avoir de stage. Les les enfants qui ont le bac, ils arrivent même pas à avoir d'atternance. Il y a des enfants qui sont là qui n'ont pas d'université parcours sup et ces enfants sont à la maison comme ça, ils n'ont pas ils vont pas à l'école.

Bon, ces enfants, ils deviennent quoi demain ? Comment l'État fabrique ces enfants ces jeunes qu'aujourd'hui on voit, ils sont dans les rues et en plus ils font face à des violences policières. Donc ce que moi je veux dire, il suffit pas d'être à l'Assemblée nationale mais il faut visibiliser ce problème là des quartiers populaires.

Il faut parler de leur situation des logements insalubres de la vie chère de comment je peux dire de de leur façon de vivre les façons de faire. La France est soumise elle faire mais c'est pas assez. Et il faut donner aussi euh de la place à des militants qui sont sur le terrain.

Il faut les mettre comment je peux dire sur la liste électoral. Il faut leur donner la chance parce que ce sont eux qui connaissent le terrain et ils connaissent le problème de ces habitants là parce qu'ils sont plus proches d'eux quand ils sont plus proches. Moi j'ai été quand j'ai été candidate à l'Assemblée nationale mais tous les quartiers populair ils étaient contents tout le monde était content.

Pourquoi ? parce que il voyait quelqu'un enfin qui leur ressemblait qui va aller à l'Assemblée nationale. Et ça, ils ont ils ont vraiment fait ma campagne.

Et quand j'ai été élu, mais ça a été je sais pas dans l'histoire de la France, ça a été waouh. Pourquoi ? Parce que enfin quelqu'un qui les représente et qui va pas et moi mes prises de paroles faisaient pleurer les gens.

Et moi je vais vous dire mais les femmes de chambres, les femmes de menace, souvent quand je prenais pas la parole à l'Assemblée nationale quand il me voyaent me demandait mais quand est-ce que tu parles ? Quand est-ce que tu parles ? Parce que quand je parlais, il y a des gens même qui étaient devant la télévision qui pleuraient.

Moi dans les manifestations, il a des gens qui voulaient me dire mais ta prise de paroles sur la réforme de retraite. J'ai commencé à pleurer et j'ai dit enfin l'Assemblée nationale représente le peuple. Vous voyez donc les quartiers populair ont besoin de cette assurance là.

Ils ont besoin de cette assurance là. Il faut il faut leur donner la chance. Il faut aller vers eux.

Et moi je remercie beaucoup la France insoumie d'avoir commencé ce boulot là et c'est pour ça crèe trop de jalousie chez les autres partis. Nous sommes là pour les électeurs. Non arrêtez votre jalousie parce que la France insoumise travaille dans les quartiers populaires et on le voit partout.

Maintenant comment il faut faire parce que j'ai 5 minutes là parce que Rachel Kek quand parle ça finit pasin. Comment il faut faire ? Moi je pense que il faut former des gens du peuple.

Il faut former des gens pour leur apprendre à faire de la politique. Il faut les former. Il faut les aider.

Aidez les jeunes. Aller vers eux. N'ayez pas peur.

Parce qu'il y a d'autres quand ils voient les jeunes, ils pensent que non, on a peur, ils vont nous faire du mal. Non, c'est parce que ils sont déçus de comment la politique se mêle envers envers envers eux, leur façon d'être. Donc il faut aller vers eux, il faut les amener.

Moi quand je vois les jeunes insoumis et que je vois pas beaucoup de jeunes de quartiers populaire, j'ai mal au cœur. Je pense que ces jeunes peuvent militer. Ils peuvent mais il faut les mettre, il faut les rassurer en fait pour dire que c'est pas tous les partis qui sont mauvaises.

Il y a des partis qui sont bons aussi. Maintenant euh moi je pense qu'il faut donner aussi comme je l'ai dit tout à l'heure plus de de de paroles. Il faut leur donner la parole.

C'est à eux de prendre. Faut pas que les gens parlent à leur place. Et pas seulement les pros de la politique, il faut leur dire, moi je suis pas pro de la politique hein.

Je faisais je faisais mon lit, je nettoyais mon lit et quand on m'a pris, je suis devenue. C'est-à-dire quand on te donne la chance de prendre la parole, tu deviens parce qu'à force de parler, à force de faire les choses, tu prends de la hauteur. Maintenant euh Oui.

Bon, j'ai déjà tout dit, hein. Et puis bon, les faits participer aussi, c'est très c'est c'est important aussi. Donc voilà.

Donc moi je remercie encore la France insoumis, les associations, les militants et moi je vais dire au groupe du GA, soyez solidaire dans les quartiers populaires parce que entre groupe de GA, il y a trop de divisions et ça arrive chez les habitants des quartiers populaires parce que ça, j'attends ça beaucoup. Si on est du de d'un quartier populaire parce queon va vers où on fait du porte à porte. Si entre nous on est déjà divisé et qu'ils ils attendre nos problèmes entre nous, est-ce qu'ils auront encore ce courage là d'avoir confiance en nous ? tout ce qui est géant des quartiers populaires de toute la France, soyez solidaires.

C'est vrai qu'il peut avoir euh des C'est vrai qu'il peut avoir des des choses qui ne vont pas entre nous, mais la le dialogue ramène beaucoup de choses. Il faut qu'on soit sage parce qu'on a les municipales qui arrivent, on a la présidentielle qui arrive et je sais que si on est solide, on travaille bien, nous allons gagner. Maintenant pour finir, moi j'aime une chose, il fait froid un peu.

On va se lever, on va se réchauffer un peu en chantant. Vous pouvez vous lever s'il vous plaît pour que Jérôme le gars ou il fait froid. Voilà, je pensais qu'on était en automne OK là il y a le 10 septembre.

Le 10 septembre on dit bloquer le pays. Moi quand je suis allé partout même en Allemagne quand j'ai été je dis aux gens pendant mes conférences il faut qu'on bloque ce pays-là. Oui, quand j'ai dis, j'ai l'habitude de dire bloqué bloqué mais je suis contente que ma voix a porté et maintenant le début c'est le 10 septembre.

Il faut bloquer parce que nous pendant 22 ans si on navait pas tenu dur, on n'allait pas gagner. Nous sommes 68 millions de de de population en France. Si nous bloquons ce pays, je vous dis même une semaine gouvernement va reculer.

Il faut bloquer. Donc pour bloquer, on va dire la rue elle est à qui ? J'ai dit la rue, elle est à qui ?

À qui ? À qui ? À qui ?

À qui ? À qui ? La rue, elle est à qui ?

Elle est à qui ? À nous. Vous êtes sûr ?

Vous êtes sûr que le 10 septembre la rue, elle est à nous ? Oui. Vous êtes sûr qu'on va tout bloquer ?

Oui. À bas les traites. Àas les traites.

Laissez-nous bloquer le pays. N'écoutez pas les médias qui veulent nous diviser. N'écoutons pas les médias parce qu'on souffre, on en a marre.

Donc là le 10 septembre, ça va pas s'arrêter. Au 10 septembre 17 18 19 20 excecteur. La rue, elle est à qui ?

À qui ? Qui ? Merci.

Je savais qu'elle mettrait le feu. Ça a pas loupé. Ça a pas loupé.

Merci beaucoup Rachel. Euh bien en plus ça nous a réchauffé donc c'est parfait. Et la perspective que tu donnes évidemment on la partage à fond.

Euh, évidemment, la discussion qu'on vient d'avoir moi m'inspire quelques remarques. J'ai J'essaie d'être bref. Euh, il est quelle heure ? 11h6.

À 15, j'arrête. Euh, c'est promis. Donc euh, oui, je l'ai dit tout à l'heure, euh c'est un peu difficile pour euh pour un gars comme moi euh d'évoquer la gauche puisque la gauche, je l'ai indiqué, ça a jamais vraiment fait partie de mes références.

Euh alors je vais je vais je vais pas parler de moi mais je pense quand même et ça a été évoqué dans un paquet de d'interventions ce matin que incontestablement pour répondre à la question qui est posée par cette conférence du divorce au retrouvaill point d'interrogation incontestablement il y a eu divorce il y a eu divorce avec les parties traditionnelles de la gauche et entre nous ce divorce sinon divorce en tout cas fracture. et rejet massif, il est légitime, il est parfaitement légitime et parfaitement compréhensible en raison des renoncements, en raison des capitulations, en raison de ce qu'il faut bien appeler les trahisons successives. Moi, j'appartiens à cette génération, j'étais gamin quand Mitteran a été élu.

Je me rappelle moi le le l'espoir suscité par l'élection de Mitteran. Bon ben ça a duré quelques temps mais ça a pas duré bien longtemps. 83 c'est le premier plan de rigueur.

Moi le souvenir que j'ai de mes de mes années d'enfance et de mon adolescence c'était les plans de licenciement qui succédaient à des plans de privatisation qui succédaient à des attaques en règle contre un paquet d'acquis un paquet de conquête sociale. C'était même pas la droite qui le faisait. Alors évidemment la droite quand elle était là elle s'employait à le faire mais la gauche en faisait tout autant et parfois même elle allait plus loin.

Euh je me rappelle par exemple 95 c'est ma première grève. Euh 95 les gens font grève contre le plan Jupé et arrive ensuite arrive ensuite en 97 un gouvernement de gauche. Ce gouvernement de gauche fait campagne en disant nous allons abroger le plan Jupé.

Mais ils l'ont pas approché, ils l'ont maintenu. Et aujourd'hui, on se retrouve à l'Assemblée nationale tous les ans à discuter un projet de loi de financement de la sécurité sociale. On devrait même pas avoir en discuter parce que la sécurité sociale, c'est la propriété des travailleurs et que la et que la sécurité sociale, ce n'est pas à l'Assemblée nationale d'en discuter, ce n'est pas à l'État de dire ce que l'État dit chaque année.

Voilà ce que nous allons couper. Voilà ce que nous allons baisser dans les dépenses, dans les dépenses sociales qui sont financées par les travailleurs parce qu'encore une fois la SQ, elle est à nous. Alors et je suis désolé mais la gauche, les partis traditionnels de gauche ont une responsabilité écrasante dans ce bilan écrasante.

Et donc oui, il y a rejet orientation dont je parle, elle appartient pas au passé. Ça continue Julien a parlé tout à l'heure de ce qui s'est passé euh de comment dire de la répression d'état, de la répression policière. Moi, je suis élu comme Rachel dans des quartiers populaires.

Dans ma circonscription, il y a deux villes. C'est Clichis Soubois, enfin il y en a plusieurs mais il y a notamment Cliché Sousbois et Montfermeil. Clici Soubois, c'est en 2005 Zed et Bouna qui sont tués par des policiers.

Desed et des Bounas, il y en a eu beaucoup. Il y en a eu beaucoup. trop et on se rappelle Naël tué à Nanterre en 2023 dans les mois qui ont suivi à Montfermeil, c'est un jeune de 30 ans qui a été assassiné 14 coups de taser.

Il a été tué tué abattu comme un animal parce qu'il faut dire les choses comme elles sont. Et quelques semaines après, c'est à Auberviller, c'est Wanis, il avait 18 ans, percuté de plein fouet par une par la la voiture des policiers qui euh qui l'a littéralement emplafonné. En l'espace de quelques mois, trois marches blanches dans ces deux départements des hautes scèes et de scèes Saint-Nis, mais je me rappelle l'attitude des de nos camarades du Nouveau Front Populaire, du PS et du PC qui nous disaient quand les jeunes criaient leur colère, quand ils nous disaient "Mais il faut t'appeler au calme." Nous on disait et à juste titre, il faut la justice.

Il faut la justice et la vérité. Et ils ont fait partie de ceux qui nous ont insulté. Je me rappelle l'attitude des députés du PC, du PS, des verres qui ont ovnner debout Yael Bron Pivet quand après le 7 octobre 2023, elle a prétendu faire acclamer, faire approuver par acclamation debout le soutien inconditionnel à Israël.

Nous nous avons fait le choix de ne pas nous lever. Nous sommes restés assis, nous avons dit soutien inconditionnel à Israël jamais. et nous avons été de toutes les manifestations, y compris quand elles étaient interdites.

Et ça nous a valu d'être traité d'antisémite, y compris par les dirigeants du PS. On discute beaucoup et à juste titre aujourd'hui de la marche à la guerre parce que la situation c'est aussi ça. Dans quelques semaines, Bairou va présenter son plan. son plan, son budget, 44 milliards de coupe, il doit il veut baisser, il veut taper dans toutes les dépenses.

Il y a un budget qui augmente, c'est le budget de l'armée, c'est le budget de la guerre. J'étais à l'Assemblée nationale avec mes camarades de la France insoumise quand a été présenté la résolution sur la guerre en Ukraine pour livrer toujours plus d'armes au régime de Zelenski. Ça fait 3 ans que la guerre dure.

Il y a des centaines de milliers de victimes des deux côtés, du côté ukrainien bien sûr, et aussi du côté russe. Pour certains, ça suffit pas. Il faudrait que ça continue.

J'ai entendu, j'ai très bien entendu les dirigeants du PS dire, par exemple, être encore plus à droite et encore plus forcé sur le terrain de la course aux armements et des livraisons d'armes à Zelenski encore plus à droite que le gouvernement. Et parmi eux, il y avait notamment, comment il s'appelle lui ? Boris Vallot, le président du groupe parlementaire du PS.

Donc cette orientation, elle continue et ce rejet, il est légitime. Quand je dis rejet, c'est un vrai rejet. Je vous rappelle quand même qu'aux dernières élections présidentielles, Annie Hidalgo fait je sais plus combien 1 et demi ou 2 % un score confidentiel et Rousell et bienfait a fait à peine plus.

Mais entre nous, ce rejet non seulement il est légitime mais il est mérité. Et cet effondrement de ces parties, de ces parties qui ont encadré ce qu'on a appelé pendant des décennies, le mouvement ouvrier, la classe ouvrière, cet effondrement, moi je ne vais pas m'en plaindre. Je m'en plains d'autant moins que a surgi une gauche de rupture.

Et cette gauche de rupture, j'en j'en ai donné des exemples à travers ce qu'on a fait après la juste au moment de l'assassinat de Naël et des suites. Ce qu'on a fait et ce qu'on continue à faire contre le génocide à Gaza et qu'on va continuer à faire et qu'on va amplifier ce qu'on fait sur la question de la guerre contre la guerre et qu'on est entre nous les seuls à faire. Moi, j'ai eu la chance de participer parce que ce mouvement, il est pas propre à la France.

Ce mouvement, on l'observe partout. J'ai eu la chance de participer il y a 2 semaines à la convention nationale de DSA. Vous savez, c'est ce nouveau parti qui s'est constitué aux États-Unis sur une ligne de rupture avec le Parti démocrate.

Il y avait 1200 délégués dans cette convention nationale. La question qui m'a été posée notamment, mais qui a été posée à tous les invités étrangers, c'était la suivante : que faut-il faire ? Que faut-il faire ? pour pour l'emporter tout simplement pour l'emporter et j'ai donné mon point de vue qui était partagé d'ailleurs manifestement par un certain nombre de participants s'il s'agit de continuer à pratiquer les accommodements avec le système qu'on pratiquait aux États-Unis bien évidemment les démocrates mais les démocrates ils ont toujours fait partie du système.

Et ici ces partis traditionnelles se revendiquant de la gauche dont j'ai parlé. On sait où conduisent ces accommodements, on sait où conduisent ses concession et ses capitulations. Ça conduit à la démoralisation, ça conduit à la défaite systématiquement.

On l'a vu en Angleterre, on le voit en Allemagne, on le voit en France, on le voit partout. ce système et c'est une aspiration profonde dans ce pays. Les gens Rachel l'a dit, pourquoi il vote plus pour un et je trouve que c'est en train de se modifier cette situation mais parce qu'il n'y croit plus mais à l'inverse il y a une inspiration très profonde à un changement radical.

Dans cette convention de DS, il y a une députée Rachid Atlaïb, formidable députée de D3, l'une des villes les plus ouvrières des États-Unis, qui a pris la parole et qui a dit "Il y a une aspiration révolutionnaire dans ce pays." Imaginez dire ça aux États-Unis. Donc oui, il y a et c'est presque 100000 membres d'essa et Black Lives Mat qui a pris la parole à cette convention, c'est 300000 membres.

Donc il y a un mouvement de fond et on observe la même chose avec le parti de Corbin et de Sultana euh en Grande-Bretagne. On observe ces processus pas simplement en France avec la avec la France insoumise. Alors qu'est-ce qu'il nous revient de faire ?

Et bien il nous revient de camper fermement et nettement sur une orientation de rupture. L'accommodement, les concessions, les capitulations, on sait où ça conduit. Il y a une aspiration dans ce pays à changer radicalement les choses parce que les gens n'en peuvent plus, parce que ce système les fait crever et que oui, ce système, il va falloir le balayer.

Et ça commence par à partir du 10 septembre tout bloquer. Ça commence par le dire et ça commence par prendre les mesures qui s'imposent pour pouvoir le faire. Et oui, on va aller chercher, on va aller chercher sur le terrain, il faut le faire sur le terrain de la mobilisation et il faut le faire sur le terrain des élection.

Moi, je suis élu par exemple, je l'ai dit dans cette circonscription, il y a Clichés sous-bois. Clici sous-bois, généralement, c'est 20 % de participation. Aux dernières législatives, alors j'entends ce qu'a dit Julien, c'est comme à Roubet.

Aux dernières législatives, il y a un électeur sur deux qui s'est déplacé, c'est 50 %. Il y en a 50 % qui ont continué à s'abstenir. Il on leur a tant dit, on leur a tant promis.

Ils ont été tellement dégoûtés que pour l'instant il se voi pas encore d'y aller. Oui, mais en l'espace de quelques mois, aux européennes, il y avait 20 % de participation à Clichi. Aux législatives, il y a eu 50 %.

Et il disait quoi ? Il disait "Si continue, ils vont nous ils vont nous à la mer. Ils vont nous à la mer et ça on va l'empêcher.

Et on a vu ce que vous avez fait sur la Palestine. On a vu que vous avez tenu la tranchée. Vous êtes notre bouclier.

Vous êtes notre empart. On est avec vous. Et moi, j'ai vu surgir et je conclus là-dessus.

J'ai vu surgir en quelques jours pas des dizaines, des centaines de militants et en particulier des jeunes, des jeunes des quartiers populaires qui ont poussé la porte de la permanence, qui s'emparaient des tractes et qui disaient "T'inquiète pas, la barre d'immeuble, elle va être entièrement recouverte, on s'en occupe." Et parmi eux, un paquet d'entre eux maintenant sont des militants des groupes d'action de LFI. Une fois l'élection passée, ils sont pas retournés chez eux.

Et par exemple à Clich sous-Bois toujours il y a un gage de jeunes qui vient de se monter. C'est ça qu'il faut faire. Et en faisant ça, on va l'emporter.

Oh.