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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 19 septembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Crise sanitaire, Bridgestone, séparatisme... Le "8h30 franceinfo" d'Eric Coquerel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Toutes ces mesures restrictives ont forcément un coût pour les libertés et l'économie, vous les soutenez ?

  • 3:26OuverteRéponse partielle

    Sur ce débat entre responsabilisation individuelle et contrainte, on a l'impression parfois que la responsabilisation ne suffit pas et qu'il faut contraindre.

  • 4:37OuverteRéponse directe

    Mais s'il y avait des reconfinements partiels, s'il fallait aller jusque-là, des reconfinements par zone géographique...

  • 5:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes préoccupé sur le bon fonctionnement des institutions et la conduite du pays ?

  • 9:04RelanceRéponse partielle

    Ça n'a pas marché, la mobilisation est restée très faible. Ça veut dire que manifester en temps de Covid, ça ne fonctionne pas ?

  • 9:19FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est vraiment le bon moment ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueChiffre
    « Les chiffres des contaminations bondissent, 13 000 cas de contamination en 24 heures supplémentaires »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « et le nombre de décès qui augmente aussi. »
  • 1:12InvitéFait
    « On a demandé une planification sanitaire. Alors moi, si je fais le bilan aujourd'hui, elle n'est pas là. »
  • 1:24InvitéFait
    « Les masques, ok, il y en a en nombre, mais ils ne sont pas gratuits, comme nous l'avions réclamé »
  • 1:28InvitéChiffre
    « On nous avait dit 700 000 tests par jour. On est à plus d'un million. »
  • 1:50InvitéPromesse
    « On nous avait dit par rapport à la question de la souveraineté sanitaire, on va réquisitionner, nationaliser si c'est nécessaire. »
  • 2:10InvitéFait
    « une entreprise dans le 93 à Bobigny, qui s'appelle Peter Surgical, une petite entreprise. Mais sauf que cette petite entreprise, figurez-vous, elle fabrique des sondes motins. »
  • 2:25InvitéChiffre
    « Ils en ont fabriqué, au moment du confinement, la crise, 7 fois plus par jour. »
  • 3:54Invité politiqueChiffre
    « 127 étudiants de l'Institut National des Sciences Appliquées à Toulouse, tous positifs. »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « Sciences Po Paris, 40 cas obligés de fermer. »
  • 10:22InvitéPromesse
    « Nous, on a proposé de mettre en place un bouclier social et sanitaire. C'est-à-dire une dizaine de mesures sur lesquelles on se bat tous ensemble. »
  • 11:22InvitéFait
    « Cette politique qui consiste à fermer des entreprises, à faire payer toujours la crise. Cette idée par exemple que le gouvernement a de continuer à vouloir imposer son projet de retraite »
  • 11:54Locuteur 2Fait
    « Une fermeture complète de ce site, c'est un assassinat. Et c'est un assassinat prémédité, prévu de longue date. »
  • 13:46InvitéChiffre
    « Le CICE, d'après les études les plus favorables, c'est 100 000 emplois en quelques années. »
  • 17:45InvitéChiffre
    « Plus de 13 000 en une journée hier. »
  • 18:54Locuteur 6Fait
    « Je ne pouvais pas faire non plus comme s'il n'y avait pas une forme de provocation, évidemment, et que cette femme, par le port du hijab et le syndicat, d'ailleurs, qu'elle représente, ne nous envoyait pas un message. »
  • 24:00InvitéFait
    « Le séparatisme, c'est le fait d'estimer qu'à un moment donné, vous vivez entre vous et que vous imposez vos règles et vos lois sur celles de la République. »

Temps de parole

  • Invité63 %
  • Éric Coquerel13 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 210 %

6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info du samedi, à mes côtés Myriam Ancawa. Bonjour Myriam.

0:10
Éric Coquerel

Bonjour Mathéo, bonjour à tous.

0:12
Présentateur

Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invitée Myriam ce matin, et députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis.

0:17
Éric Coquerel

Bonjour Éric Coquerel.

0:18
Présentateur

Bonjour.

0:19
Éric Coquerel

On va bien sûr évoquer avec vous la rentrée sociale et l'affaire Bridgestone dans un instant, mais d'abord l'actualité sanitaire. Les chiffres des contaminations bondissent, 13 000 cas de contamination en 24 heures supplémentaires, et le nombre de décès qui augmente aussi. Du coup, les préfets multiplient les tours de vis, Bordeaux, Marseille, Nice, où désormais les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits. Toutes ces mesures restrictives, qui ont forcément un coût pour les libertés, pour l'économie, vous les soutenez ?

0:48
Invité

Si elles sont nécessaires, oui, parce qu'on a vu l'effet de la pandémie. Enfin, vous me permettrez de remarquer que nous, on a dit qu'il y allait y avoir une deuxième vague. D'accord ? On l'a dit il y a plusieurs mois. Non pas par catastrophisme, mais parce que ce qui se passait au niveau international, nous le laissait présager.

1:03
Éric Coquerel

Vous n'étiez pas les seuls à le dire. Beaucoup de...

1:05
Invité

Je n'ai pas dit qu'on était les seuls. Des épidémiologistes en parlaient aussi. Mais nous l'avons dit, et je m'en remarque même que certains ont ri quand Jean-Luc Mélenchon l'a dit. Et on a demandé une planification sanitaire. Alors moi, si je fais le bilan aujourd'hui, elle n'est pas là. Les masques, ok, il y en a en nombre, mais ils ne sont pas gratuits, comme nous l'avions réclamé, notamment pour les jeunes enfants qui sont obligés de les mettre. Et c'est un coût pour les familles. Les tests, on nous avait dit 700 000 tests par jour. On est à plus d'un million. Il n'y a pas de problème. Mais sauf que, comme vous le savez, un test, il est efficace par rapport à la pandémie.

Si vous pouvez avoir des résultats dans les 24-48 heures, comme c'était au début. Si vous avez des résultats, comme c'est de plus en plus le cas au bout de 7 jours, vous constaterez que ça n'a pas d'effet.

1:42
Éric Coquerel

Il y a des tests salivaires aujourd'hui, c'est l'actualité.

1:44
Invité

Oui, d'accord. Mais ce que je veux dire par là, c'est que là, ils arrivent à un moment donné où l'épidémie a été relancée. Troisième point, on nous avait dit par rapport à la question de la souveraineté sanitaire, on va réquisitionner, nationaliser si c'est nécessaire. Je me rappelle, c'est Bruno Le Maire, à qui je souhaite par ailleurs un propre établissement, qui l'avait expliqué. Il n'y en a pas eu. Un exemple, une entreprise dans le 93 à Bobigny, qui s'appelle Peter Surgical, une petite entreprise. Mais sauf que cette petite entreprise, figurez-vous, elle fabrique des sondes motins. Vous savez ce que c'est des sondes motins ? C'est indispensable dans les appareils respiratoires.

Ils en ont fabriqué, au moment du confinement, la crise, 7 fois plus par jour. Mais figurez-vous, cette entreprise, elle a fermé depuis. Elle a fermé parce que le fonds de pension qui la gère a préféré aller externaliser en Inde ces sondes. Je ne sais pas comment on va faire sans ces sondes. On a demandé plusieurs fois au gouvernement ce qu'il allait faire. C'est un exemple. Mais moi, ce que je... Attendez, la dernière question que je pose là-dessus, je me demande à M. Véran, combien y a-t-il de lits aujourd'hui, de réanimation, en plus, dans les hôpitaux, par rapport à Mars 2020 ? Je vous pose cette question parce que je l'ai posée à l'ARS Seine-Saint-Denis.

Donc on n'est pas prêts pour vous à vous entendre. Et hier, j'ai entendu qu'on était en train de monter en capacité. Sur les informés hier soir, j'ai entendu un hospitalier dire qu'il était très inquiet. J'aimerais bien que M. Véran me réponde par rapport à cette question.

3:04
Présentateur

C'était Frédéric Valtoux, le président de la Fédération hospitalière de France, parce que le plan blanc, les mesures du plan blanc ont été réactivées en région Île-de-France. Mais sur ce débat entre responsabilisation individuelle et contrainte, on a quand même l'impression parfois, selon les régions, selon les endroits, selon les personnes, que la responsabilisation ne suffit pas et qu'il faut contraindre. Mais c'est un vrai débat presque philosophique, finalement.

3:28
Invité

Oui, mais bien sûr. Mais d'abord, je trouve que très franchement, les Français, ils ont fait plus que jouer le jeu. D'abord parce que les Français sont responsables. Ils ont vu autour d'eux, dans leur famille, dans des proches, des gens malades, parfois malheureusement des décès. Donc moi, je le vois, on parle de responsabilisation. Les gens ont leur masque, etc. Donc il y a quand même...

3:49
Éric Coquerel

Tout le monde est responsable, y compris les jeunes ?

3:51
Invité

Oui, oui, oui, les jeunes sont responsables. Moi, je le constate, je trouve que les jeunes sont responsables.

3:54
Éric Coquerel

127 étudiants de l'Institut National des Sciences Appliquées à Toulouse, tous positifs. Oui, je dis globalement. Sciences Po Paris, 40 cas obligés de fermer.

4:01
Invité

Oui, l'équipe de rugby du stade français, à un moment donné, qui part en entraînement, il y a la moitié de l'équipe qui est atteinte. Ce que je veux dire par là, c'est que la vie sociale reprend, à un moment donné, ses droits. Bon, surtout que l'épidémie avait reculé, les gens avaient besoin de... c'est le cas de le dire, de respirer. Bon, mais globalement, de manière globale, je trouve que les gens font attention. Eh bien, on a quand même une population responsable. Alors, est-ce qu'il faut plus de contraintes ? Peut-être, et d'ailleurs, il faudra à ce moment-là plus d'accompagnement économique à nouveau.

J'étais heureux de voir qu'on va enfin prendre les frais fixes, par exemple, du monde des discothèques. Ils m'avaient contacté par rapport à ça. Mais il y a beaucoup d'autres sociétés qui vont se retrouver. Mais encore une fois...

4:37
Éric Coquerel

Mais s'il y avait des reconfinements partiels, s'il fallait aller jusque-là, des reconfinements par zone géographique...

4:42
Invité

Je ne sais pas, je ne suis pas au gouvernement. À la France Insoumise... Si c'est nécessaire, qu'ils voulaient... Voilà, vous accompagnerez, en tout cas... Mais les contraintes, c'est le constat d'un échec. Parce que s'il y avait eu contrainte en mars, c'est parce qu'on estimait qu'on n'avait pas assez de masques, qu'on ne testait pas assez, et qu'on était très inquiets de l'embouteillage possible dans les hôpitaux qui étaient débordés. J'ai l'impression que ces critères-là n'ont pas été résolus par le gouvernement. Vous auriez mieux fait, franchement. Malheureusement, c'est plus qu'une impression.

5:04
Éric Coquerel

Vous auriez mieux fait, Éric Coquerel. C'est une crise de l'incertitude où tout change chaque jour.

5:07
Invité

On aurait mieux fait. On aurait eu du mal, déjà, parce qu'ils ont tellement abîmé l'État. Moi, j'entends parler, c'est la technostructure. Non, c'est qu'ils ont tellement abîmé l'État à force de supprimer des postes, à force de fonctionnaires dans les administrations et autres, qu'à un moment donné, ça se sent sur le terrain, au niveau de l'argent qui, normalement, sert justement pour la santé, etc. Éric Coquerel. Je ne sais pas si on aurait beaucoup mieux fait, mais je vous assure que, par exemple, on aurait pris des décisions, notamment de réquisition, de nationalisation.

On aurait fait tout de suite un effort supplémentaire pour l'hôpital, pas dans plusieurs mois, pour justement se garantir qu'il est lit. Donc, de ce point de vue-là, nous aurions, par exemple, rendu les masques gratuits.

5:45
Présentateur

Donc, oui, on aurait mieux fait. Vous avez cité le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui est donc positif au coronavirus. Il est isolé chez lui, 7 jours, il ne présente pas de symptômes. Il va continuer à exercer ses fonctions. Est-ce que vous êtes préoccupé sur le bon fonctionnement des institutions et la conduite du pays ? Oui, oui, je suis préoccupé. Si un ministre est positif, vous n'êtes pas préoccupé ?

6:04
Invité

Non, je suis préoccupé pour lui, Bruno Le Maire, déjà. Mais pour le fonctionnement du pays, c'est asymptomatique. Non, ce qui me préoccupe plus, c'est moins ce qui se passe tout à la tête de l'État. Parce que je peux espérer que le gouvernement ne tombe pas malade tous en même temps, etc. Ça pourrait poser un problème. Mais c'est surtout, comme je vous dis, au niveau, justement, de tous ceux qui font l'État dans ce pays. On avait un État qui fonctionnait. À force d'avoir dégraissé, à force d'avoir supprimé un fonctionnaire sur deux, je vous assure qu'on l'a affaibli considérablement. Et moi, c'est ça que je constate. Si je prends la Seine-Saint-Denis, on a un bon préfet en Seine-Saint-Denis.

Il fait des réunions, il vient d'en faire encore une, utile, efficace. Mais quand, par exemple, on estime à un moment donné qu'il y a une possibilité de famine, bien entendu de famine en Seine-Saint-Denis, quand des associations comme Médecins du Monde vous expliquent qu'elles agissent maintenant en Seine-Saint-Denis comme elles agissaient dans des pays très pauvres il y a plusieurs années.

6:58
Éric Coquerel

Vous pensez que la Seine-Saint-Denis va payer le même tribut que pendant cette première vague ?

7:01
Invité

Malheureusement, s'il n'y avait pas eu les associations, les collectifs citoyens, on ne s'en serait pas sortis. Et je crains pour la suite. Donc, je vous dis, ils ont abîmé l'État. Et il est urgent, justement, de le reconstruire.

7:10
Présentateur

C'est ce que nous proposons. Bon, apparemment, vous connaissez bien l'antenne de France Info. En tout cas, vous savez qu'à 8h40, on fait une pause pour le fil info avec Armel Balog. A gaz tout de suite.

7:19
Invité

Les mesures du plan blanc réactivé en Ile-de-France, c'est comme un plan d'urgence pour l'anesthésiste réanimateur Jean-Michel Constantin de la Pitié-Saint-Pétrière à Paris, invité de France Info ce matin. Selon lui, ça va permettre de répondre le plus vite possible aux impératifs de la crise du Covid-19. Les consultations aux urgences ont augmenté de 90% dans la région francilienne, selon l'ARS. Des consultations en hausse aussi aux urgences des hôpitaux universitaires de Strasbourg. Un service saturé, selon le Force ouvrière. Le syndicat dénonce le manque de personnel. Des patients attendent jusqu'à 30 heures sur des brancards.

Lacoste arrête ses partenariats avec deux rappeurs accusés d'agression sexuelle. Le belge Roméo Elvis et le français Moa Lasquale. Leurs agissements ne correspondent pas aux valeurs de la marque. Le drapeau de la Maison-Blanche est en berne ce matin. Hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, la doyenne de la Cour suprême des Etats-Unis, morte hier à 87 ans. Cette mort inquiète les démocrates. Donald Trump doit nommer ça ou son successeur un juge républicain, probablement à la place de la doyenne démocrate. Avant-dernière étape du Tour de France aujourd'hui, un contre-la-montre de 36,2 km précisément entre l'Ur et le sommet de la Planche des Belles-Filles.

Le maillot jaune est toujours sur le dos de Primoz Roglic.

8:37
Présentateur

France Info Le 8.30, France Info jusqu'à 9h avec le député insoumis Éric Coquerel et Myriam Onkawa.

8:47
Éric Coquerel

Éric Coquerel, jeudi dernier il y avait un appel à manifester, un appel à la grève, notamment à l'initiative de la CGT. Un peu plus tôt, la semaine dernière, les Gilets jaunes ont appelé aussi à une mobilisation. Ça n'a pas marché, la mobilisation est restée très faible. Ça veut dire que manifester en temps de Covid, ça ne fonctionne pas ?

9:08
Invité

Ce n'est pas évident, ça clairement. Manifester, les gens ont peur, les gens sont inquiets.

9:13
Éric Coquerel

Alors pourquoi vous les appelez à manifester des gens si au fond le moment est anxiogène ? Est-ce que c'est vraiment le bon moment ?

9:19
Invité

Pourquoi nous soutenons ces appels ? Parce que vous avez remarqué qu'en même temps, il y a des choses qui ne sont pas supportables. Le jour de la manifestation du 17, j'ai entendu sur certaines radios, mais pourquoi manifeste-t-il ? Et c'est là qu'on annonce le plan de licenciement et la fermeture de Bridgestone. On va y venir. D'accord ? On va y venir. Oui, mais c'est un rapport. C'est qu'on constate par exemple que des entreprises comme celle-ci, comme Nokia, comme Cargill, etc., on pourrait faire une liste, profitent par exemple du Covid après avoir touché des fonds pour faire des licences. Mobiliser, appeler à manifester dans cette période.

9:52
Éric Coquerel

Vous reconnaissez que les chiffres de la mobilisation sont décevants.

9:55
Invité

Oui, ils ne sont pas à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer. Mais d'abord, qui ne tente rien à rien, donc je pense qu'il faut essayer de se mobiliser.

10:04
Éric Coquerel

Mais peut-être autrement ? Autrement que...

10:06
Invité

Je ne sais pas. Autrement, moi je ne connais pas des formes autres pour l'instant que la grève. Alors il y a peut-être aussi les mots d'ordre sur lesquels il faut travailler. On avait par exemple commencé à travailler avec les associations et les syndicats de mobilisation sur un collectif qui ne s'appelait plus jamais ça, avec y compris les partis politiques. Nous, on a proposé de mettre en place un bouclier social et sanitaire. C'est-à-dire une dizaine de mesures sur lesquelles on se bat tous ensemble. Ça va à des masques gratuits, à pas de licenciement, à la réduction du temps de travail.

Moi je le repropose aujourd'hui, c'est-à-dire d'essayer d'élargir le front, on appelle ça une fédération populaire, c'est-à-dire d'élargir le front pour justement être capable de se mobiliser. Moi je suis, vous savez...

10:43
Éric Coquerel

La faible mobilisation c'est uniquement à cause du Covid pour vous, parce qu'on voit quand même que ça fait un moment que les rentes sont plus clairceuses mais dans la rue.

10:52
Invité

Je crois que c'est à cause du Covid, dans ce qu'il a en termes de répercussions sanitaires, mais aussi dans la vie de tous les jours. Quand vous êtes inquiet pour votre santé, et bien à un moment donné vous vous repliez plus sur vos préoccupations individuelles que collectives. Alors il y a les gens tout de suite concernés par des fermes auto-entreprises qui se mobilisent, mais c'est vrai que c'est pas le moment où on est le plus enclin. Pourtant c'est nécessaire. C'est nécessaire parce qu'il y a le Covid au niveau épidémique, mais il y a aussi ce que j'appellerais le Covid social. C'est-à-dire cette politique qui consiste à fermer des entreprises, à faire payer toujours la crise.

Cette idée par exemple que le gouvernement a de continuer à vouloir imposer son projet de retraite, alors que non seulement c'est pas le moment, ça diviserait les français, mais qu'en plus ça fait travailler les gens plus longtemps, ce qui n'est pas nécessaire, alors qu'on devrait travailler tous et non pas plus chacun d'entre nous.

11:37
Présentateur

On y vient. Bridgestone, équipementier japonais florissant, va donc fermer son usine de Béthune dans le Pas-de-Calais. 863 salariés sur le carreau. Des élus locaux qui crient au scandale. Xavier Bertrand était sur France Bleu Nord. C'est le président de la région des Hauts-de-France, président LR.

11:54
Locuteur 2

Une fermeture complète de ce site, c'est un assassinat. Et c'est un assassinat prémédité, prévu de longue date. On est aujourd'hui en septembre 2020 et visiblement, on a eu affaire à des cyniques et à des menteurs.

12:06
Présentateur

Voilà, Xavier Bertrand sur la chaîne France Info, des cyniques, des menteurs, je vous vois au célèbre.

12:12
Invité

Oui, oui, c'est clair. Enfin, il ne faut peut-être pas faciliter le travail des cyniques et des menteurs. Vous parlez de Xavier Bertrand ? Non, je ne parle pas de Xavier Bertrand, je parle de ceux qui viennent. Il est sincère dans ce qu'il dit. Oui, je pense qu'il est sincère.

12:24
Éric Coquerel

Le gouvernement a organisé ? Non, c'est pas ce que je dis. Le gouvernement laisse faire.

12:29
Invité

Et ce n'est pas seulement ce gouvernement, c'est des gouvernements successifs qui, depuis des années, pratiquent la même politique. Cette politique, c'est quoi ? C'est que vous mettez beaucoup d'argent public dans les entreprises, sans contrepartie, sans aucune condition.

12:40
Éric Coquerel

Ça, c'est les aides. Mais là, on est dans un cas de fermeture d'usine.

12:43
Invité

Oui, oui, mais on y est. Parce que, je vais vous dire pourquoi on est dans le sujet.

12:47
Éric Coquerel

Ce n'est pas forcément lié aux contreparties.

12:48
Invité

Mais si, en partie.

12:49
Éric Coquerel

Les contreparties, l'entreprise japonaise peut les rembourser, ça ne l'empêchera pas de fermer son site.

12:54
Invité

Sauf que des exemples comme Bridgestone, d'entreprises qui viennent dans un pays, qui touchent les aides publiques, d'accord, et qui, après, partent dans un autre pays qui est plus avantageux en termes de dumping social, comme, par exemple, paraît-il, va le faire Bridgestone, parce qu'il y a des articles qui sortent, en Pologne. Ce qui est en plus facilité, parce que les traités européens permettent qu'il y ait une libre concurrence sur l'Union européenne, sans aucune harmonisation sociale.

13:18
Éric Coquerel

Concrètement, si vous mettez des contreparties aux aides, le CICE ou encore le plan de relance, vous n'aurez pas la garantie que l'entreprise Bridgestone, c'était le cas exactement. J'entends bien. J'entends ce que vous dites. À Blanquefort, avec l'usine Ford. Vous, je suis insoumise. Comment, si vous étiez aux affaires, vous obligez une entreprise étrangère à ne pas licencier, à ne pas fermer ?

13:40
Invité

Concrètement. Déjà, inversons la question. Parce que, pour l'instant, le fait de mettre de l'argent beaucoup sur le contrepartie, ça ne marche pas. Le CICE, d'après les études les plus favorables, c'est 100 000 emplois en quelques années. Il doit vendre l'argent, comme vous, j'imagine. Un emploi égale à 1 million d'euros. Donc, à ce rythme-là, excusez-moi, mais je préférerais embaucher des fonctionnaires, des gens qui servent l'État, etc. Bon, tant qu'à faire. Et puis, aider les entreprises qui font vraiment des efforts en termes sociaux, en termes d'égalité salariale entre les hommes et les femmes, etc. Comment empêcher Bridgestone de ne pas fermer son misère ?

Déjà, donc là, cette politique de mettre de l'argent, comme on est en train de le refaire, je le dis parce que c'est d'actualité. Les 100 milliards qui sont prévus par l'État, une grande partie sera sans contraint. Donc, déjà, on ne fait pas ça. Deuxièmement, on ronde avec les traités européens. Parce que Bridgestone, je vous le dis, ils ouvrent en Pologne. Pourquoi ils ouvrent ?

14:23
Éric Coquerel

On sort de l'Union Européenne ?

14:24
Invité

Non, on ronde avec ces traités européens. On n'accepte plus les traités qui organisent la libre concurrence. C'est plus supportable. On ne peut plus accepter que des entreprises viennent s'implanter, organisent elles-mêmes, parce que c'est ce qu'ils ont fait. Unilatéralement, la France sort de ce traité. Attendez, laissez-moi citer l'exemple de Bridgestone. Il est intéressant. Ils ont organisé eux-mêmes la baisse de production en refusant de transformer leur entreprise par rapport aux pneus qui sont nécessaires. D'autres l'ont fait, eux ne l'ont pas fait. S'ils ne l'ont pas fait, pourquoi ne l'ont pas-ils fait ?

C'est qu'ils ont pris l'argent et puis qu'ils ont commencé à investir dans des pays où la main-d'oeuvre est moins chère, mais où on sait qu'on va pouvoir aller ensuite dans les autres pays européens sans problème vendre ces produits, parce que vous avez un grand marché libre. Donc ça, vous comprenez que ça, ça ne peut plus marcher. Donc vous me demandez s'il faut rompre avec ces traités, oui. Et si nous demain, nous gouvernions ce pays, nous ne sortirions pas de l'Union Européenne. Mais on romperait avec ces traités. Et croyez-moi qu'on serait suivi par beaucoup d'eux européens qui s'ouvrent de la même manière des institutions.

15:25
Présentateur

La traité européenne, oui. Il y a eu une réunion lundi sur le cadre de l'entreprise. La ministre Elisabeth Borne a promis de ne pas laisser tomber les salariés. Vous ne lui faites pas confiance, par rapport à ce que vous venez de décrire, justement.

15:38
Invité

Bruno Le Maire a dit il n'y a pas longtemps la même chose vis-à-vis de Ford. Et puis moi, j'aurais confiance en Elisabeth Borne. C'est quand on lui posait le problème par rapport au plan de relance. On disait arrêtez de donner de l'argent sans contrepartie. Regardez Nokia, regardez ces entreprises qui, non seulement ne jouent pas le jeu, mais en plus font passer, je l'ai dit tout à l'heure, au nom de la crise du Covid, des licenciements boursiers prévus depuis longue date. Bon, si au lieu, si quand on disait ça, on avait un gouvernement qui disait, ah bah oui, vous n'êtes peut-être pas toi-tien, mais ce n'est pas le cas. Il valide cette politique.

16:05
Éric Coquerel

La charte des contreparties de Bruno Le Maire, c'était dans les échos cette semaine, sur laquelle les entreprises s'engageraient contre l'argent du plan de relance.

16:11
Invité

Oui, très bien.

16:12
Éric Coquerel

C'est un pas en avant ?

16:13
Invité

Oui.

16:14
Éric Coquerel

Participation, environnement, gouvernance ?

16:16
Invité

Oui, bien sûr. Une charte, ça va être sympa. Non, mais attendez. On a un système capitaliste. Ce n'est pas suffisant ? Non, mais non. Qu'est-ce qu'il faut faire alors pour les contreparties ? On a un système capitaliste mondialisé, financiarisé.

16:23
Locuteur 6

S'engager par écrit sur un nombre d'emplois ?

16:25
Invité

Dont l'objectif, c'est le taux de profit à la fin de chaque mois pour les actionnaires. Et c'est ça le seul critère. On n'est même plus dans un capitalisme entrepreneurial où, de famille en famille, on essayait quand même de garder un outil industriel à peu près intact. Donc on essayait quand même d'investir. Là, c'est autre chose qui est en jeu, avec en plus le court-termisme. Si vous pensez qu'un système comme ça, vous allez lui faire signer une charte, c'est de la rigolade. Donc non, il ne faut pas faire ça.

Il faut donc décider une politique de l'État qui, non seulement rompt avec le libre-échange, qui est capable de protéger son industrie au niveau européen, si c'est possible, et sinon au niveau français, et qui, justement, est capable d'attaquer la rente, voire ne nationaliser des entreprises quand elles sont stratégiques. Et tout ça, le gouvernement ne le fait pas. A tout de suite, Éric Coquerel.

17:12
Présentateur

À 8h50, on reprend le fil de l'info avec Armel Balogog.

17:15
Invité

La Haute Autorité de Santé donne son feu vert aux tests salivaires, plus faciles et moins désagréables que le prélèvement dans le nez. Mais ils sont réservés aux personnes ayant des symptômes du Covid, aux enfants et aux personnes très âgées. Une nouvelle arme, donc, pour contrer le retour de la pandémie de Covid-19. Plus de 3600 personnes hospitalisées en une semaine en France, 570 en réanimation. Le nombre de malades bat un nouveau record. Plus de 13 000 en une journée hier. Mais ce chiffre est à relativiser. Il résulte aussi du grand nombre de tests pratiqués en ce moment. Dans ce contexte, plusieurs villes durcissent le ton.

À Toulouse, il faut maintenant être assis pour boire un verre dans un bar. Finis les apéritifs sur la plage après 20h à Nice. Plus de pique-nique à plus de 10 dans les parcs. Les mamans et les femmes du quartier des Isards à Toulouse réclament de la tranquillité. Elles ont occupé la place principale du quartier hier. Geste symbolique pour faire cesser les violences. Il y a eu 32 règlements de comptes en deux ans dans ce quartier. 13 000 châteaux, musées, monuments historiques à visiter ce week-end pour les journées du patrimoine. Emmanuel Macron invite les Français à y participer malgré la pandémie. Mais 400 sites vont rester fermés.

Événements annulés, notamment dans les Bouches-du-Rhône et en Guadeloupe.

18:31
Présentateur

Le 8.30 France Info avec Myriam Onkawa et Éric Coquerel. Éric Coquerel, vous êtes donc député insoumis. Plusieurs députés LR et une élue à La République En Marche, Anne-Christine Lang, ont quitté avant-hier une audition à l'Assemblée Nationale pour protester, selon eux, contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée. Écoutez d'abord les explications de cette députée.

18:54
Locuteur 6

Je ne pouvais pas faire non plus comme s'il n'y avait pas une forme de provocation, évidemment, et que cette femme, par le port du hijab et le syndicat, d'ailleurs, qu'elle représente, ne nous envoyait pas un message. On ne peut pas faire comme s'il n'y en était.

19:11
Présentateur

Voilà, Anne-Christine Lang sur BFM TV. Ils se sont levés, disent-ils, pour défendre les valeurs de la République et de la laïcité. Anne-Christine Lang est une séparatiste.

19:21
Invité

Elle divise le peuple. Elle décide de ne pas accepter qu'une jeune femme, qui en a le droit, parce qu'on a le droit à l'Assemblée, de venir avec un voile, ou, comme récemment d'autres personnes l'ont fait, ecclésiastique, en habit de prêtre, ou en habit bouddhiste, etc., sans que les mêmes députés, eux, ne sortent de la salle. Donc, elle décide qu'elle ne va pas écouter. Elle décide d'insulter la personne qui est en face. Elle savait qu'elle venait. Donc, tout le monde connaît cette responsable de l'UNEF. Donc, elle savait qu'elle venait habillée, comme elle a le droit de le faire. Et au lieu d'écouter ce qu'elle avait à dire, alors qu'elle était invitée, elle décide de sortir.

Moi, ce qui m'inquiète, chez Anne-Christine Lang, c'est qu'il n'y a pas longtemps, elle s'était insurgée contre un conseiller régional du Front National qui avait fait la même chose dans son conseil régional. Elle s'était insurgée. Et là, maintenant, elle l'accepte. Donc, il y a une espèce de droitisation, une espèce de racisme très clair qui est en train de s'emparer de la société française et qui fait que maintenant, des gens décident, vis-à-vis d'une seule religion, une seule religion, les musulmans, que ce qui est tolérable ou pas. Donc, je trouve que c'est... Vous le dites vous-même.

Vous n'êtes pas une jeune femme venir, celle qu'elle souhaite à l'Assemblée Nationale, porter un message qui était en plus un message intéressant.

20:38
Éric Coquerel

Cette jeune femme vice-présidente de l'UNEF, vous dites vous-même, vous la connaissez. Il y a déjà eu des polémiques. L'UNEF est un syndicat de gauche qui décide de mandater cette jeune femme. Il n'y a aucun message politique pour vous. Je vous pose la question. Tout ça est totalement inotente, totalement neutre.

20:56
Invité

Quoi que je pense de la religion, par ailleurs, etc., des religions en générales, est-ce que nous sommes dans une société qui interdit que dans l'espace public, des personnes, des citoyens portent un signe religieux ? Ma réponse est non, sauf, sauf, justement, s'ils sont à un moment donné représentants de l'État, comme les députés que nous sommes. C'est pour ça que moi je suis étonné, parce que dans le même parti que les LR qui ont protesté, il y a une députée qui s'appelle Valérie Boyer qui porte ostensiblement une croix, y compris, mais vraiment ostensiblement, et elle l'assume, y compris dans l'Assemblée. Ça, ça pose des problèmes à personne. Et le fait que dans le même parti, le vôtre...

Ça ne pose pas de problème. La France insoumise, M. Cochrane... Alors que là, ça, c'est interdit, normalement, justement, dans l'enceinte de l'Assemblée. Donc je vous le dis, à partir de où la loi l'autorise, et fort heureusement, parce que la laïcité, c'est pas une arme de guerre contre les religions. C'est très clair sur les règles. C'est pas une arme de guerre contre les croyances. C'est une arme de guerre contre les croyances, d'accord ? C'est le fait de respecter la liberté de conscience, la liberté de croyance et la vertu culte, à partir du moment où elle n'enfreigne pas les lois de la République. Et le fait qu'elle soit une responsable syndicale.

21:53
Éric Coquerel

Laissez-moi vous poser cette question. Est-ce que c'est compatible avec le voile ? Je vous pose la question, parce que j'ai retrouvé ce que disait l'un de vos collègues, Adrien Quatennens, c'était en 2018, sur cette même jeune fille de l'UNEF, et c'était sur France Info.

22:05
Locuteur 1

Vous dites que le seul fait d'être responsable syndicale devrait amener cette jeune fille à se dévoiler. Elle ne peut pas parler en nom de son syndicale avec un voile.

22:12
Locuteur 3

Je ne vous ai pas dit ça. Je vous ai dit qu'à titre personnel, moi je considère que ça me gêne. Je pense qu'une responsable syndicale... Oui, ça vous gêne, donc vous préférez que elle se dévoile. Je pense en tout cas qu'en tant que ça, quand elle occupe sa fonction de responsable syndicale, ce serait souhaitable.

22:26
Éric Coquerel

Ça veut dire qu'il y a un débat ? Mais attendez... Il y a des nuances, y compris...

22:29
Invité

Non, mais non, non, non. ...au sein de la France Info, sur ce sujet fondamental. Sur cette question, Adrien Quintanas, il s'exprime en tant que citoyen. Il dit, voilà moi ce que je pense du voile, etc. Bon, c'est son droit, c'est son... Mais en tant que député, je peux vous assurer qu'à partir du moment où vous représentez la souveraineté populaire et la nation, vous ne pouvez pas, et ils n'auraient pas fait, ce qu'ont fait les députés d'En Marche. Et d'autant plus qu'il y a aussi un autre problème. C'est qu'encore une fois, ils ne le font pas par rapport à d'autres religions. Est-ce que vous vous rendez compte le message terrible qui est envoyé ? Et ça, c'est un non.

Ce n'est pas la laïcité, c'est la discrimination. Une toute petite question.

23:05
Éric Coquerel

Vous avez dit Anne Christine Lang est séparatiste. Comment ? Vous avez eu cette phrase tout à l'heure, vous avez dit Anne Christine Lang. Bien sûr, parce qu'elle sépare. Est-ce qu'il faut lutter contre le séparatisme, l'islamisme, la montée de l'islamisme dans certains services publics ? Est-ce que c'est utile de parler de ça et de faire un projet de loi ?

23:23
Invité

Vous vous posez la question. Vous venez de me dire... Attendez...

23:25
Éric Coquerel

Il y a deux mots que vous utilisez. Aujourd'hui, il y a un projet de loi qui arrive.

23:28
Invité

Je vous pose la question pour vous sur le projet de loi. Est-ce qu'il est utile ? Moi, j'ai une autre question à vous poser. Est-ce qu'il y a un danger séparatiste aujourd'hui lié à une seule religion en France ? Ma réponse est non. Voilà. Ma réponse est non. Si on entend par séparatisme le fait que des gens vivent entre eux, c'est-à-dire que ce n'est pas seulement une communauté. Ça, des communautés, il y en a plein dans le pays. On n'a jamais été contre les communautés. Vous avez des gens qui, par affinité, le séparatisme, c'est quoi ? Attendez, laissez-moi terminer.

Le séparatisme, c'est le fait d'estimer qu'à un moment donné, vous vivez entre vous et que vous imposez vos règles et vos lois sur celles de la République. Est-ce qu'il y a un danger séparatiste ? Moi, j'aimerais bien avoir des chiffres. Il y a eu des chiffres qui ont été faits par rapport à la question, puisqu'on parle de l'islam politique, par rapport à des listes communautaires, puisque le gouvernement a engagé une action depuis quelque temps. J'aimerais bien avoir les chiffres. On nous a dit qu'il y avait quelques... J'ai exactement les chiffres, je ne vais pas vous dire de métier. Il faut qu'on avance.

On nous a dit qu'il y a 210 débits de poissons, 15 débits de pubs, 12 établissements, avec plusieurs religions. J'aimerais avoir les chiffres. Moi, il y a une chose, par contre, que le préfet du 93 nous a dit l'autre jour, c'est qu'on lui a demandé, vous rappelez, une liste communautaire, vous êtes tous venus nous voir, en nous disant, mais à l'élise communautaire, vous ne croyez pas qu'il faudrait légiférer ? Je crois que c'était Castaner. Vous savez combien il y a eu de l'élise communautaire au municipal en Seine-Saint-Denis, l'endroit où on imaginait qu'il y en avait le plus ? Vous donnez le chiffre ? Je n'ai pas ce chiffre. Zéro. Il n'y a pas eu une liste communautaire.

Donc, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'on met un fantasme qui repose sur une question de racisme par rapport à une population d'origine musulmane. C'est là qu'on risque de séparer. Et s'il y a du séparatisme dangereux, moi, je vais vous dire, il est par rapport aux gens qui, justement, sortent d'une salle quand une jeune femme voilée vient à l'Assemblée nationale alors qu'elle en a le droit, et qui acceptent d'autres religions, ou par exemple, dans le 16e arrondissement, quand il y a des très riches qui vivent en ghetto de riches et qui, eux, imposent leurs règles et leurs lois à la République en faisant privilégier toujours plus une politique pour les riches.

25:15
Présentateur

Voilà, ça, c'est du séparatisme. On doit s'arrêter là. Promis, on vous réinvitera pour parler de la 5G parce qu'on n'a pas eu le temps. Merci beaucoup, Eric Coquerel, député insoumis de Seine-Saint-Denis. Merci, Myriam. On se retrouve demain avec Jean-Jérôme Bertolli sur France Info.

Crise sanitaire, Bridgestone, séparatisme... Le "8h30 franceinfo" d'Eric Coquerel — Éric Coquerel · Pourquijevote