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interviewLe Média (sur YouTube)· 14 novembre 2024 57 min

DÉTESTER LES IMMIGRÉS MAIS LES EXPLOITER / RÉVÉLATIONS SUR LA FACE CACHÉE D’UNE VILLE RN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour ne rater aucune de nos vidéos n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche il y a une méthode qui qui me dérange un petit peu et on nous a dit non mais votre association s'appelle latinos fron terass il est pas question qu'on donne de l'argent une association qui est pas un nom français au final ben il manquait sur une heure de travail il manquait quasiment 5 6 € de l'heureéation il y a beaucoup de choses qui qui peuvent se passer où un chef d'équipe baiser faire ch [Musique] la bonjour à toutes et à tous bienvenue dans ce nouveau numéro du grand format de face cachée l'émission d'enquête du média aujourd'hui nous allons évoquer un sujet au combien d'actualité l'immigration vous le savez tous l'immigration est au cœur des débats politiques affichés comme une priorité des problèmes à régler pour les Français à en croire notre ministre de l'Intérieur Bruno retaillo cette immigration ne serait pas une chance pour notre pays et serait même à l'origine d'une grande partie des mots de la société française une mécanique de bouc émissaire qui cache pourtant d'autres réalités beaucoup plus nuancé car l'immigration constitue encore une manne de main d'œuvre exploitable à merci pour des sects eur en peine de recrutement aujourd'hui le média vous emmène à beauer dans cette commune du gare dirigée par l'extrême droite depuis une dizaine d'années une vaste communauté d'immigrés originaires d'Amérique latine s'est installée exploité dans les structures agricoles locales devenant indispensable à la dynamique économique de cette région française pourtant la municipalité rassemblement national refuse de les aider à s'intégrer travailleurs latinos exploités c'est la face cachée de Beer une commune aux main de extrême droite une enquête de Raphaël blandamour et Simon Brem on se retrouve juste après pour en discuter avec nos invités ils sont étrangers ne parlent pas français et c'est pourtant sur eux que repose la dynamique économique de cette région du sud de la France beauer est une ville du Gard d'environ 15000 habitants ici la surface agricole représente presque 80 % du territoire entre 2010 et 2020 le nombre de saisonniers qui travaillent a augmenté de près de 70 %. en réponse à cette demande croissante une main d'œuvre étrangère principalement composée de sud-américains originaires d'Équateur de Bolivie ou encore du Venezuela est venu s'installer ici les premiers sont arrivés il y a une dizaine d'années désormais ils seraient plus de 2000 bien que ces travailleurs immigrés contribu à l'économie locale leur quotidien reste difficile leurs conditions de travail pénibl ignorés par les pouvoirs publics ils restent vulnérable aux abus des exploitants agricoles et sont rabaissés à leur simple fonction une force de travail utile un temps remplaçable et mal payé embauché sur des travaux que personne d'autre ne veut faire l'agriculture c'est pas facile c'est c'est un milieu où on est toujours mené à être ben avec le comme j'ai dit la chaleur tout ça on en trouve pas des Français qui sont capables de de travailler comme le font ces personnesl et puis nous dans nos exploitations ce qui coûte le plus cher c'est main d'œuvre donc on a besoin de d' avoir une manœuvre efficace qui savent travailler B par forte chaleur on travaille avec la nature donc ben c'est la pluie c'est le vent donc il faut des personnes qui soit assez costaud pour pour résister à tout ça quoi costaud ou qui n'ont pas vraiment le choix de s'imposer de telles conditions de travail Benoît boisson a 23 ans il cogère l'exploitation nectapêche spécialisé dans la production de fruits et dont le chiffre d'affaires se monte à 100 millions d'euros par an dans le beau cararoa nectapèche fait office de modèle d'après nos informations les travailleurs immigrés il seraiit bien traité mais être embauché ici n'est pas donné à tout le monde dans de nombreuses fermes les conditions sont indigne certains travailleurs rencontrés ont connu des situations proches de l'esclavage susanna est équatorienne arrivée en Espagne il y a une vingtaine d'années elle a obtenu des papiers espagnol puis comme beaucoup d'autres a migré en France dans l'espoir de meilleures conditions de vie pourtant elle va vivre l'enfer dans une exploitation près de Montpellier où les menaces et la violence symbolique étaient monnaie courante decían que tenemos que sacar 16 Cajas que si no sacamos las 16 Cajas para España ese era el el cuento de ellos todos los días si no sacáis las 16 Cajas os vais a España era vas trabajando muy rápido y encima tienes que ir escuchando esos gritos es muy agobiante a veces creo que esos gritos te comen más te te quitan la fuerza y no rindes porque te pones nerviosa a las mujeres nos ubicaban por nombres nosotros somos yo soy Susana es mi nombre Enriquez es mi apellido Susana Enriquez es mi identidad y al venir aquí que te digan seora50 seora 30 yo e laabra animo Rido Rido dans stressante qu'un drame a éé évité de justesseisto estaba en una chapela y se le bajó la presión del mucho Calor cuando estás en julio en agosto eso sudas y tu cuerpo a veces ya no resiste y la señora se se se cayó tuvimos que sacarla la sacamos afuera y otra vez le pasó lo mismo llamamos a a la ambulancia la ambulancia se la llevó y dijo que gracias a nosotros que le echábamos agua para que no seerma la señora [Musique] ce que szanna raconte se retrouve dans de nombreux parcours que ce soit dans les centres de tri où la plupart des travailleurs sont des femmes ou dans les champs beaucoup évoquent aussi un nombre important d'accidents du travail Rodrigo est équatorien il y a 3 ans il a été victime d'uncient parulement grave tractor hemos cargado y después del Medio día que hemos ido a trabajar ha pasado el el remolque el chóer pues pasó no se no Miró para atrás lo que hizo fue acelerar más por é para avanzar rápido pero claro se había bajado otro compañero y todo estábamos todos así encerrado solamente sentido que me ha pasado el pie Izquierdo cuando quise sacar el otro ya había caído la la otra LLANTA ahí a los dos pies pues no pude trabajar más me tenido que sacar zapato porque se sech sebr comp le diga Jefe le la blessure de Rodrigo a bien été reconnue comme accident du travail mais il n'a pas pour autant arrêté et il continue saison après saison à travailler dans les [Musique] champs ces conditions de travail délé TER peuvent conduire au pire en 2011io Maldonado un travailleur détach est décédé de déshydratation dans un champ voisin il avait 33 ans ce drame a mis la lumière sur un système massif d'exploitation de travailleurs immigrés l'affaire terrafekundis cette entreprise d'intérim espagnol a fourni entre 2012 et 2015 aux agriculteurs français plus de 26000 travailleurs principalement sud-américains ils étaient exploités dans des conditions déplorables le 12 juin 2024 la justice a condamné l'entreprise et ses dirigeants ils doivent notamment 4 million d'euros àursaf c'est la plus grande affaire de fraude sociale en France dans le bassin beroa nombreux étaient les agriculteurs à faire appel à Terra fekundis Gill et vigneron comme son père et son grand-père avant lui il admet avoir recouru à ce type d'entreprise et n'en garde pas un bon souvenir il y a une méthode qui qui me dérange un petit peu on appelle une agence d'intérim espagnole et qui nous fournisse de la main d'œuvre et à partir de ce moment-là on dit ben pour leund j'en veux 3 4 5 10 20 50 ils nous fournissent 50 personnes eux ils s'occupent de tous les papiers nous on a juste à payer les heures mais il y a c'est comme tous les commerces en France il y a une part de leur salaire qui passent dans ces sociétés de d'agences d'intérim et qui prennent beaucoup d'argent je préfère payer quelqu'un vous y fait verser un salaire son argent il va à lui c'est lui qui l'a gagné là je versais des sous à une structure qui reversé aux ouvriers je savais combien je l'ai payé et je savais ce que ils avaient à la fin parce que je discutaism avec eux au final et ben il manquait sur une heure de travail il manquait quasiment 5 6 € de l'heure pour cet agriculteur on peut même aller jusqu'à parler d'esclavagisme moderne parce que quand vous arrivez à avoir une centaine de personnes le même jour au même endroit quand vous vous avez passé la période de covid où les frontières étaient fermées et Queau moment du ramassage des melons les mecs ils avaient le covid ils étaient quand même dans les champs parce que les gars qui étaient qui étaient vraiment covidés on les on les a gardé en France on les a alors que l'État voulait les renvoyer en Espagne on les a gardé en France les mecs qui faisaient deux fois 8h dans la journée pour remplacer les heures qui étaaient de ceux qui étaient malad aujourd'hui ce vigneron a décidé de se passer de ses travailleurs et fait ses récoltes avec une vendangeuse une machine à récolter le raisin le système terrafekundis semble être désormais dépassé mais les travailleurs immigrés aujourd'hui principalement embauchés sous contrat français Contin continu de mettre leur intégrité physique et psychique en jeu notamment dans les exploitations qui alimentent la grande distribution un travailleur qui souhaite rester anonyme accepte de nous raconter une scène d'humiliation vécu dans un champ de cerisier d'une des plus grandes fermes de la région formé à la vavite à la cuueillette le manager le surprend à faire une erreur et prévient l'un des gérants de l'exploitation la M dejé caer la hoja una hoja muy importante de la Cereza me me dice que que porque había dejado caer la la hoja eso no me enseñó mi encargado y todo pasó tan rápido que comenzó a alterarse se puso muy nervioso me me hizo bajar de la escalera me dijo que me me gritó por tercera vez que por ya había dejado caer las hojas blancas después de llamó al encargado cabreadísimo entre el español y franc comenzaba a decir se puso muy a gritar gritó mucho gritó mucho para que menti gritó muchísimo que daba miedo que entonces el encarrado estaba muy muy nervioso conmigo yo estaba comenzando a temblar él llamó al encargado lo comenzó a a decir que por qué este Chico lo hace mal no le enseñaste muy bien comenzó a amenazarlo al encargado y yo estaba presente delante de él a un a un Metro y yo voy a acercarme dejo mi Cubo de cereza y él me coge de la camiseta me dice que que este Chico no triga nunca más más gente entendiste se puso como como un loco psicópata eh y mis compañeros todos estábamos callá el único que como fue 5 minutos entre grito y grito y grito y y él se fue me cogió de la camiseta y me empujó hacia atrás y yo nunca pensé que me iba a coger de la camiseta y comenzaba a temblar se le notaba la furia por dentro y y yo estaba asustado no sabía que hacer y él pensaba que me me iba a tocar porque dice que nunca Tony siempre humilla a la gente humilla a los latinos no sé a cualquier gente Pors que estén trabajando ahí todos todos los años tiene que soportar esa humillación l'exploitation dont il parle est appelé zorodu par les locaux un nom qui est revenu plusieurs fois au cours de notre enquête zorodu du nom de ses propriétaires est l'une des plus importantes exploitations du secteur avec un chiffre d'affaires de plus de 30 millions d'euros par an elle emploie plus de 200 saisonniers en haute saison et produit plus de 10000 tonnes de fruits par an principalement à destination de la grande distribution dans le beauerois zudu à mauvaise réputation auprès des travailleurs latinos plusieurs témoins nous ont fait part de pratiques maltraitantes au sein des entrepôts et des vergers les cadences y seraient particulièrement soutenues et les cont-emîtres appelés refet abuseraient de leur autorité pour atteindre les objectifs fixés par l'entreprise comme des menaces répétées de licenciement le propriétaire lui se défend de toute forme de violence physique ou verbale mais reconnaît à dem000 mot qu'il peut y avoir des écart de la part de certains de ses employés il y a parfois des problèmes entre un chef d'équipe et un salarié bien sûr bien sûr que ça arrive qu'est-ce qu'on fait on l'échange comme ça on voit si ça vient d'un problème entre les chefs ou si ça vient du salarié vraiment où il y a un souci il y a beaucoup de choses qui qui peuvent se passer où un chef d'équipe baiser enfin faire chier un salarié quelle raison j'en sais rien il mène la vie dure et le gars il en a plein plein le dos quoi qu' des chefs les j'y mettrai pas ma main au feu hein mais moi personnellement jamais on on a rien à retirer d'un conflit côté paiement d'anciens saisonniers se plaignent de ne pas avoir perçu leurs heures supplémentaires payé au juste prix cette femme d'origine venézuélienne a travaillé pour zorodu en 2021 elle confirme les humiliations et violences quotidiennes et témoignent aussi d'un défaut sur sa paye de plusieurs centaines d'euros de 500 600 800 € cuando uno nunca recibe ese anticipo y por ejemplo si yo trabajo 240 horas él no me declara las 240 horas sino que me declara menos y luego me paga en negroendes une mécanique qui non seulement lui empute ses droits au chômage ou à la retraite mais permettrait aussi à l'employeur de ne pas payer les heures complètes salvadoru ber ses accusations selon lui ses employés devrai même lui être reconnaissant car plusieurs fois par mois il ferait des avances sur salaire pour aider certains dans le besoin lors de notre rencontre et pour prouver de sa bonne foi il tient à nous montrer une fiche qui retrace ses accomes qu'il ferait pour aider certains saisonniers je pense qu'on est une des seules entreprises où toutes les semaines ou tous les vendredis on donne des acces toutes les semaines et comment vous pourriez concevoir qu'on puisse faire ça sur 4 ou 500 salariés sans qu'il ait un problème je c'est des gens qui ont peur peut-être ils sont ici garder leur travail non non oui non mais il y en a qui ont peur on a un tover de de 15 20 % les gens quand ils sont partis il pourrai faire s'il se sentent laésés ils pourraient défendre leur droit ce qui ce qui est tout à fait est-ce que c'est si facile quand on est travailleur immigré comme ça qu'on par pas la langue de défendre ses droits face à un grand patron un grand patron plus il est grand plus il est faible plus il est grand plus il est faible euh 40 ans d'activité trois prudom de travers sud-américain français peut-être un sud-américain peut-être un Français peut-être enfin tris sur 40 anes d'activité un argumentaire qui fait bondir pin élu municipal d'opposition et secrétaire de l'association latinos S fronterras qui accompagne ses travailleurs non mais pour aller au prudom vous imaginez vous parlez pas vous parlez pas français vous vous comprenez pas les lois vous moi plusieurs fois j'ai eu des discussions avec des personnes qui m'ont dit mais je c'est pas possible c'est injuste je il faut qu'on fasse quelque chose je lui dis mais comment tu vas le prouver est-ce que tu as des témoignages est-ce que tu vas nous tu vas dire devant le juge voilà ce qui s'est passé le patron va dire mais c'est pas vrai il va appeler quelqu'un qui va dire exactement le contraire et vous serez deux contre un parole contre parole donc c'est quasiment impossible et ça demande une une vrai travail clairement j'entends régulièrement parler d'anomalie d'employeurs qui se comportent pas correctement d'accidents de travail masqué de salaire pas payé complètement d'heur supplémenta enfin des anomalies juste c'est très difficile euh d'arriver à en avoir les preuves il faut même que la personne qui vous le dit entre quatre yeux a envie même d'aller plus loin euh parce que ben elle a besoin de travailler d'abord donc elle veut pas prendre de risque pas être reconnu elle a pas non plus je pense le soutien une histoire de solidarité qui se fait pas entre entre eux peut-être parce qu'ils se connaissent pas peut-être parce qu'ils sonent pass sage ou je je compliqué la solidarité pour dire j'ai été témoin de quelque chose et je si tu a un problème je vais témoigner avec toi une loi du silence qui profite t exp que regr ley del Silencio te cortas te corta te haces daño te ca de la escalera es culpa tuya ellos no lo van a ver como si fuera una responsabilidad de la empresa ellos lo van a decir te has caído porque no te has sujetado bien te has hecho daño siempre va a Silencio entre los demás no te puedes tampoco quejar si te quejas pues te puede echar los 3 años que has estado trabajando lo pierdes en un solo momento y la gente se calle nunca va a haber esa esa esa libertad de expresión siempre so radical fera dictameno unalaéime pour lutter contre cette situation l'association latino s fronteras accompagne depuis 2016 les travailleurs immigrés sud-américains et leurs famille objectif les aider dans leur démarche administrative mais aussi favoriser leur intégration or l'association regrette qu'au quotidien trop peu de choses soi mis en place par les pouvoirs publics pour l'inclusion des familles sud-américaines nous association on donne des cours de français mais on aurait besoin d'être aidé pour ça on on voudrait aussi améliorer l'intégration l'intégration de d'immigrés hein parce qu'on c'est de ça qu'on parle passe par par la langue mais aussi par la participation à la vie de la commune et ça fait plusieurs fois qu'on demande par exemple à participer au défilé il y a un grand défilé en juillet le défilé de la ville c'est les fêtes de la ville et cetera il y a un défilé de personnes en costumes traditionnels locaux on dit mais est-ce qu'on pourrait pas aussi faire des défiler les costumes sud-américains il demande que ça mettre un peu de c'est 20 % de la population éventuellement donc on pourrait dire ben oui il y a pas que les arlaisiennes il y a pas que les costumes locaux il y a ça aussi et ce serait une façon de travailler non on a en fin de non recevoir là-dessus dans 15 jours on a visité un un monument historique l'abaye de Saint-Romain on organise la CCBTA nous a passé un guide qui parle espagnol et on a demandé des subventions à la ville pour organiser ce genre de choses et on nous a dit non mais il est pas question votre association s'appelle latinos in fronteras il est pas question qu'on donne de l'argent à une association qui est ce nom-l qui est pas un nom français donc voilà voilà un peu la situation depuis 2014 la municipalité de Boker est aux mains du rassemblement national le parti de Marine Le Pen y a organisé ses universités d'été en 2023 et lancé sa campagne des européennes à beauquer l'extrême droite est en territoire conquis l'ancien maire Julien Sanchez devenu député européen en juillet dernier tient depuis plusieurs années des propos anti-immigration allant jusqu'à parler de phénomène de remplacement de la population française moi je voudrais alerter les Français sur les phénomènes migratoires qui sont très très importants actuellement il y a aujourd'hui 27 % des enfants qui naissent sur le sol français qui ont au moins un parent né à l'étranger hors Union Européenne et nous avons aujourd'hui une substitution de population qui est en cours nous avons également un phénomène qui est très sur le sol français on priorise les clandestins par rapport au français ça il faut alerter les Français là-dessus et agir conformément à cette ligne politique xénophobe le Mare Ren refuserait de faciliter l'intégration de la communauté sud-américaine alors que de plus en plus de famillees hispanophone s'installe dans cette commune et que dans les rues du centreville les commerces sont aux couleurs des pays d'Amérique latine nous avons sollicité Julien Sanchez et Nelson Chaudon mais remplaçant après l'élection de Monsieur Sanchez Parlement européen mais nos nombreuses relances sont restées veines du côté des agriculteurs beaucoup tenteraient d'aller vers un modèle plus respectueux des travailleurs comme Gilles qui se diversifie et tente une agriculture plus raisonnée mais ses exploitants restent désemparé face à la pression de la concurrence toujours plus forte notamment en provenance d'Espagne ou du Maroc des pays où les réglementation sont moins protectrices de l'environnement et des travailleurs en France les petites ures agricoles sont tiraillé entre les exigences légales et la survie de leur exploitation en parallèle elle voit les superstructures grignoter toujours plus de parcelles de terrain chaque année ce sont des exploitations de plus en plus grosses aujourd'hui alors vous avez toujours attention les petites exploitations qui font de la vente directe comme moi je suis en train de faire mais à côté de ça vous avez des grosses machines des grosses exploitations des mégaastuctures pour alimenter toute la GD toute la grande distribution de France voire d'Europe aujourd'hui on est en train de centraliser avec des exploitations qui font 1000 hectares de melon qui font 1000 ou 2000 heares de salade et vous avez un producteur de melon en France un producteur de salade et ça c'est de plus en plus vrai voilà des gens qui sont proches de la retraite qui ont 10 15 hectares de vigne ben plutôt que de réinvestir ou qu'il y a pas de repreneur derrière ou et ben ils vont vendre à ces grosses exploitations qui grossissent de plus en plus pris dans un piège à plusieurs lames les travailleurs sud-américains de Boker tententx aussi de s'en sortir les nouvelles générations vont à l'école et s'intègrent peu à peu tandis que leurs parents apprennent la langue comme ils le peuvent s'organisent en communauté et rêve de reconversion professionnelle pour un jour quitter définitivement les champs yoando emigré de PA queigré decadorine con laanine con la Ilus de que TR a y me regrar a mi pas perandoas aquí ya todas esas ilusiones se desvanecen y ya veremos cómo se presenta el futuro porque yo a veces no le veo mu [Musique] bueno nous sommes de retour sur le plateau de face cachée merci de de nous rejoindre pour ceux qui arrivent nous sommes en présence aujourd'hui de Raphaël blanc d'amour bonjour bonjour vous êtes le journaliste qui a coréalisé cette enquête avec votre confrère Simon Brem et nous recevons par zoom Frédéric d'Écosse vous êtes sociologue au CNRS rattaché au laboratoire d'économie et de sociologie du travail membre du Collectif de défense des travailleurs agricole saisonnier codestras et aussi bénévole au sein de la permanence d'accès au droit ma première question puisque nous venons de de de voir ce ce documentaire qu'est-ce que vous en avez pensé quelle est votre première réaction j'ai beaucoup aimé bravo bravo à Simon et Raphaël parce que c'est vraiment un bou intéressant c'est pas souvent qu'on arrive à à voir des des documentaires qui des reportages qui arrivent à à arriver un peu en profondeur dans le dans le sujet qui passe un peu à travers de toutes les les tartes à la crème qu'on peut voir voir dans les dans les dans les dans ce genre de sujet habituellement là je trouve que tu as vous avez réussi assez assez bien à capter à expliquer à la fois comment fonctionne l'agriculture intensive à le faire avec un certain nombre de de nuances en opposant un petit un petit producteur en allant confronté avec un avec un un gros arriculteur euh je trouve qu'on entend aussi la voix des la voix des migrants on voit le H travail on voit les familles on voit tout ça donc les projets les projets migratoires des gens les gens sont on dépend de manière assez assez digne enfin voilà c'est c'est un travail de qualité et merci pour ça merci alors ma seconde question sera merci euh sera pour toi Raphaël euh donc tu as tu as rencontré un certain nombre de travailleurs immigrés là-bas est-ce que tu as des nouvelles d'eux aujourd'hui nous rentrons dans une période d'hiver qui est d'un point de vue saisonnier une période creuse pour le travail qu'est-ce qu'ils font pendant l'hiver comment ils s'organisent comment ça se passe bah c'est c'est c'est différent en fonction de de quel profil ils ont et quel est leur parcours il y en a qui vont en fait tout simplement revenir en Amérique latine certains quelques un qui avaent juste un un visa et qui repartent d'autres vont en Espagne pour bah voilà se rapprocher de leurs famille leurs amis et et autres et puis il y a ceux qui qui restent tout simplement qui restent soit parce que voilà ils se reposent aussi après cette période qui qui est intense pour eux où des fois ils ont des journées de 10 12h et puis et puis ils peuvent aussi bah tou le chôage tout simplement parce qu'ils ont ils ont cotisé pour pour certains et puis et puis il y a pas il y a il y a Suzanna par exemple qui elle voilà ne travaille plus mais qui cherche voilà à faire des études qui être soignante et et qui du coup fait des stages donc voilà ça ça dépend vraiment et tu en a d'autres qui vont aussi essayer de de faire des petits boulots couturières pour un peu suenir et et joindre les debouts h donc aussi avoir une logique de d'élargissement des possibilités professionnelles ouais éé ouais c'est ça ce que ce que j'ai vu ou ce qu'on a vu en tout cas c'est que il y a cette volonté aussi pour certaines personnes pas pas tous hein mais de de sortir des champs un peu de de dire bah voilà c'est euh c'est des conditions qui sont très difficiles c'est pas forcément très très bien payé et donc de vouloir en sortir que ça soit pour retrouver des des métiers comme M soignante ou couturière ou tout simplement enfin travaill dans le BTP ou ce genre de chose d'essayer de rebondir et que ça soit pas né vraiment une finalité mais tous sont pas non plus comme ça voilà et il y en a qui se contentent de ça entre guillemets si on si on peut dire alors il y a on évalue à peu près entre 15 et 20 % la population latino saber par rapport à la population globale de la ville comment est-ce que Frédéric je m'adresse à vous comment est-ce que cette communauté s'est construite à cet endroitlà pourquoi comment elle est arrivée là c'est quoi son histoire en fait alors 15 à 20 % je sais pas c'est difficile à savoir parce queil y a pas de il y a il y a pas de de comptage de cette population il y a quelques années la population elle-même va Esser de se compter au moment de moment des élections en Équateur et et oui je pense que une population autour de 3000 4000 5000 personnes ça me semble ça me semble un ordre d'idée à peu près à peu près correct euh alors c'est c'est c'est une migration de rebond déjà faut comprendre ça c'est-à-dire que c'est une une rémigration à par après une première installation en Espagne ça veut dire queon est des fois face à des gens qui sont en Europe depuis depuis plus de 20 ans euh c'est principalement des populations qui viennent d'Équateur et de Bolivie et qui sont venus en Europe et en Espagne en en premier lieu à la faveur de la dégradation de de des de la situation économique sociale et politique dans les pays d'origine par exemple en Équateur la deariation de l'économie en 2000 voilà vous avez un gros un gros afflu de la population avant la mise en place des visas en 2003 qui sont qui correspondent en fait à à à à ces processus politiqu et économique dans les pays d'origine euh et après en fait vous vous avez des populations qui s'installent en Espagne et qui vont subir une deuxième crise qui est la crise financière espagnole des années 2008- 200009 quoi euh donc là c'est mais d'ailleurs vous le voit vous le voyez il y a beaucoup de de gens sur place qui sont qui sont des gens qui avaient acheté des appartements et qui se sont retrouvés avec l'éclatement de la la la la bulle immobilière euh sans appartement euh et qui et qui se sont retrouvés la plupart du temps expulsés en fait des secteurs qu'ils avaient petit à petit réussi à atteindre c'est-à-dire que généralement vous arrivez dans des secteurs en Espagne comme l'agriculture pour les femmes plutôt l'aide l'aide à domicile l'aide à la personne euh et euh B les gens on ce ce que tu disais Raphael l'instant c'estàd qu'on les gens ont essayé de sortir de l'agriculture so s intégré dans des services comme euh dans les secteurs comme comme le bâtiment l'aide à la personne comme je l'ai dit l'industrie légère l'hôtellerie restauration et en fait la crise de 2008 2009 vient bouleverser tout ça et renvoyer massivement les gens vers l'agriculture et c'est à ce moment-là euh qu'en fait il y a la mise en place du travail détaché entre l'Espagne et la France et en fait le travail détaché va être un moyen de compenser en fait la perte de salaire qui va être subie par ces migrants à l'onde de la crise de 2008- 200009 et en fait ce ce qu'il faut ce qu'il faut arriver à comprendre c'est que ce phénomène en Provence c'est du détachement c'est principalement de l'intérim international c'està-dire qu'on a des boîtes d'intérim installé en Espagne principalement à Valence et à Mia comme c'est le cas de la plus grosse boîte qui s'appelle terfekundis qui va en fait permettre l'accès au marché du travail d'un autre pays de l'Union en l'occurrence la France à ces migrants qui sont sous carte de séjour tant que vous êtes sous carte de séjour vous n'avez pas la liberté de circulation vous n'avez pas la liberté de vous emboucher directement donc tant que dur ce Sasse des papiers en fait tant que la carrière de papier reste bloquée à ce niveau-là vous n'avez plus qu'une solution qui est euh l'intérim international et cet intérim national international il a commencé à se développer euh à partir des années 2000 euh et il s'est développé euh à partir de l'Espagne parce qu'il y avait une communauté espagnole porte installé qui était elle-même issue de l'immigration saisonnière antérieure c'est-à-dire que jusqu' les années 90 via les contrats saisonniers de l'Office pensais d'immigration etintégration l'Office d'immigration internationale à l'époque il y avait euh tout un flux et des gens qui se sont installés donc c'est en fait le détachement s'est coulé dans ces réseaux et dans ses pratiques migratoires antérieures et euh il s'est développé un système euh un un nouveau canal d'approvisionnement en main d'œuvre pour l'agriculture provinciale quel est le détachement comment ça fonctionne c'est euh ça fonctionne sur le différentiel de cotisation c'est-à- direire que vous avez 20 à 25 % de cotisation en moins en Espagne et ça fonctionne principalement sur la sous-déclaration des heures c'est-à-dire que euh vous allez comme tu le disais tout à l'heure Raphaël très très justement vous allez faire 12h 13h 15h en saison principalement en juillet et août et on va déclarer la moitié des heures à la sécurité sociale espagnole donc à la fois on a un différentiel de cotisation et et en même temps on a des pratiques de sousdéclaration des heures fait qu'on a un système qui est largement qui est largement profitable pour les pour les les les employeurs de main d'œuvre localement je disais tout à l'heure ça ça fonctionne parce qu'il existe un système d'illégalisation et un système de mise en régularité administrative progressif qui fait que les gens vont au bout de 3 ans parce qu'en Espagne vous pouvez obtenir les papiers au bout de 3 ans via lag social aujourd'hui 2 ans avec la l'obligation de faire une formation mais donc vous comprenez que vous faites vos papiers au bout de 3 ans après au bout de du deuxème renouvellement vous pouvez demander à venir travailler en France via le Bay du détachement et au bout de 3 ans pour les Latino-Américains vous pouvez demander à être naturalisé espagnol d'accord une fois que vous êtes naturalité espagnool vous obtenez le droit à la libre circulation et vous avez ce qu'on a aujourd'hui à ber c'est-à-dire que je vous disais tout à l'heure ber c'est euh l'installation d'une communauté sur place qui se coule dans le détachement avec ces prolongements que via le phénomène d'obtention de la la nationalité espagnole la possibilité de venir s'installer sur place et là pour le coup vous avez une immigration beaucoup plus familiale c'est-à-dire que vous avez deux trois générations des fois vous avez du rapatriement directement de pays d'origine et cetera donc vous avez dans les écoles une forte présence d'enfants latino-américains vous avez euh tout un tas de dynamique comme ça dans la ville de beauer qui fait que c'est une immigration qui est très qui est très présente les églises par exemple sont remplis les églises étaient comme à peu près partout en France complètement déserté aujourd'hui vous avez un office qui se fait en langue espagnol et les églises sont pleines pour vous donner un exemple un peu de de ce qui peut de ce de ce que de ce qu' a pu amener comme transformation l'immigration saisonnière dans la région de Baire ce qu'on comprend c'est que plus on Pr précarise enfin plus cette ces personnes qui finalement passent un peu leur vie à fuir des crises économiques si je comprends bien restent dans une précarité administrative de papier plus on laisse ces populations dans la précarité plus elles sont sujettes à l'exploitation ben c'est c'est peut-être la partie la moins visible des politiques migratoires c'est-à-dire qu'on a on a on a des fois du mal à comprendre comment peut cohabiter la présence d'une migration importanteune localité et d'une mairie Ren comme c'est le cas de ber vous commenciz votre reportage comme ça en fait les les les politiques migratoires ont principalement pour vocation de précariser comme vous disz le le les populations donc soit par l'illégalisation soit par la construction d'une immigration euh économique c'est-à-dire une immigration qui soumet euh le la présence sur le territoire français la légalité la présence sur le territoire français à à l'emploi et au fait de de de de remplir une fonction économique en fait donc vous aviez le cas pour le contrat aui où vous étiez vraiment sur un contrat de travail qui valait titre de séjour le détachement c'est un peu la même logique finalement c'estàd c'est c'est une forme d'utilitarisme migratoire c'estàdune immigration qui est pensée et organisée qu'à partir de la fonction économique qu'elle remplit et c'est une immigration qui finalement gérit comme ça satisfait un peu tout le monde tous les bords politiques confondu je sais pas si vous rappelez si vous rappelez il y a quelques il y a quelques années de d'Éric Zemour qui en voyage dans le dans le sud de la France France disait à quel point il aimait les gariguettes et que les garigettes c'étaaiit magnifiques parce que c'était des Marocains qui venaient et qui les ramassaient et que comme il retourner dans leur pays d'origine ça posait aucun problème vous voyez bien comment le fait de penser d'organiser le phénomène migratoire sous ces sous ce jourlà finalement ne ne pose finalement aucun débat parce qu'on entretient le myth myth quiavait bien montré abdelmek Sayad par exemple d'une immigration qui restera provisoire et et et donc on met les populations dans dans une précarité au regard du séjour et surtout dans une fragilité en terme de en terme politique c'estàdire produire des discours à longueur de journée chaque fois que vous allumez la radio chaque fois que vous allumez la télé vous entendez les discours sécuritaires qu'on entend depuis des années à chaque élection c'est la même chose vous voyez bien quelle est la fonction ou du moins l'effet induit de ce genre de de ce genre de pratique c'està-dire que vous vous considérrez vous finissez par considérer que vous n'êtes pas bienvenu et que votre raison d'être ici finalement c'est de remplir au mieux une fonction économique mais absolument pas de d'intégrer la citoyenneté ou quoi que ce soit ça me rappelle ce que Suzanna dit à la fin elle parle du fait qu'elle elle rêvait effectivement très simplement de venir et de repartir et que finalement les choses sont beaucoup plus compliquées parce qu'on s'insère dans cette société finalement puis les enfants et puis les choses font qu'on reste Raphaël tu parlais beaucoup de l'interdépendance en fait du fait qu'il y avait aussi un besoin de ces petits agriculteurs notamment des petites structures qui qui ont du mal à un peu exister face aux grandes qui prennent énormément d'espace et que il y avait une logique d'interdépendance en fait entre ces saisonniers et ces et ses agriculteurs est c'est un peu comme ça que que moi j'ai je l'ai vu ou les témoignages m'ont fait ressentir c'est que eux ils viennent parce que il y a du travail qu'ils ont besoin de travailler que les conditions étaient un peu meilleures que qu'en Espagne même si c'est pas Byzance et puis et puis il y a effectivement les les agriculteurs qui alors pour les plus petits ont besoin de cette manœuvre et euh ne trouveraient pas en fait finalement de locaux comme peut-être c'était le le cas les les décennies précédentes et donc ils ont besoin et ils ont fait appel finalement à ces agences tristement célèbres comme terrafikundis et et donc ils ont eu besoin de cette manainuvre finalement elle est là et et c'est très bien pour pour eux finalement pour leur business et puis il y en a d'autres qui en profitent grassement et euh et donc voilà c'est cette dualité entre les grandes structures qui vont jouer sur ce rapport de force de de cette voilà main d'œuvre et ces latinos qui ont finalement besoin de travailler donc il vont des fois pas se plaindre ils vont euh s'ils ont mal ou s'ils font mal ou quoi ils vont pas forcément le dire s'ils ont des problèmes avec les rfet les les les les contremetttres dans dans les champs bah ils vont ils vont garder pour eux et euh et voilà et donc ça va ça va avantager bien sûr les les grands propriétairees et puis euh et puis au final il y a les plus petits euh ça la main d'œuvre si je me trompe pas Frédéric ça représente 50 % des dépenses pour pour un agriculteur donc donc c'est sûr que c'est quelque chose sur lequel il essaie de de jouer et de trouver finalement le moins cher euh et eux de leur côté essayent de de tout simplement travailler et euh et juste pour terminer euh c'est c'est c'est ces producteurs c'estes ces exploitants finalement c'est pour euh nourrir la France et c'est aussi pour nourrir la grande distribution que ça soit en France mais aussi en Europe donc il y a aussi ce modèle économique dans lequel ils sont coincés ou s'ils veulent continuer à à à subvenir à leur à leur besoins ou faire tourner leur leur exploitation bah ils ont besoin de cette cette mainœuvre et d'être peut-être un peu moins regardant parfois mais comment on explique parce que c'est ce que dit aussi l'un des exploitants le le le patron de nectapèche si je me souviens bien euh ils arrivent pas à recruter comment on explique que est-ce que c'est parce que les conditions de travail sont très dures que par conséquent seuls les gens dans la très grande précarité accepte finalement de se plier à des conditions de travail aussi difficiles il nous dit les en gros personne ne travaille comme c'est latinos dans les champs et cetera comment on explique ça qu'est-ce qui fait que personne ne veut faire ce travail en fait mais en fait dans votre question vous montrez les deux phases du problème c'està-dire que vous le posez du point de vue de l'acceptabilité h donc du point de vue de la personne qui viendrait travailler et on voit tout de suite se pose la question de est-ce qu'il y a des locaux qui viennent ou pas et après vous posez la question vous posez le point de vue du point de vue de la question du point de vue de de l'employeur et vous et et vous dites est-ce que la personne correspond ou non est-ce qu'elle bosse pareil voilà et et le problème c'est que ce cette deuxième dimension elle reste souvent un peu un peu cachée il y a un exemple que j'aime bien donner qui est le le je sais pas si vous rappelez au moment du covid au moment où Guillaume fait cette espèce de grand locution où il nous explique qu'on va mourir de FA et qu'il faut qu'il y ait une armée de euh de de travailleurs français qui se dirige vers leschamps pour nous sauver de la famine on crée une plateforme euh où il y a 350000 personnes qui qui qui s'inscrivent et au final quand vous regardez le rapport du Sénat sur cette question là vous avez 17000 euh mises en relation c'est-à-dire que concrètement 17000 personnes qui ont été embauchées dans les exploitation euh et donc qu'est-ce que ça nous dit ça nous dit que bah les les les les employeurs finalement ne veulent pas cette main d'orre là et vous l'entendez vous l'entendez tout le temps c'est-à-dire que bah c'est des bras cassés on peut pas on peut pas ils suivent pas le rythme ils vont pas à ce rythme là euh ils reviennent pas le lendemain alors c'est un discours d'employeur qu'il faut prendre pour un discours d'employur c'està dire la fois avec vérité je veux dire les les les salariés français ser trop exigant c'est c'est c'est un discours qui sert à dévaloriser une face de travail principalement enfin faut faut pas non non plus prendre le discours au pied de la lettre et se dire à quel point les locaux sont des bras cassés et cetera alors évidemment quand vous avez la possibilité de faire autre chose vous faites éventuellement autre chose ça c'est un autre débat euh et et après il y a la question des des du niveau de rendement qu'on qu'on qu'on attend de la main d'œuvre il y a la question de du du niveau de salaire que vous donnez il y a la possibilité ou non de renoncer à faire des orçus euh quand vous devez encore une fois faire 12 à 15 he en saison euh ben c'est pas la même chose si vous êtes un travailleur isolé sans famille disponible disposé à faire les choses ou si vous avez des gamins les récupérer à l'école et cetera donc évidemment que évidemment que les les les les choses se configurent de manière très différente en fonction de du profil du du travailleur en question mais mais encore une fois la les les remarques que vous faisiez à l'instant sont sont intéressants on a évidemment la question de du coût et du fonctionnement de cette agriculture là euh et on a une différence entre le fonctionnement de petites exploitations et le fonctionnement de grandes exploitations arboricoles que vous avez que vous avez montré dans ce dans ce reportage là vous avez eu une concentration en quelques années des terres une spécialisation toujours plus importante une agriculture qui s'est massivement salarisée avec une logique d'économie d'échelle avec une logique de compression des coûts euh et et ça fatalement ça ça ça a un impact sur les conditions de travail et les conditions d'emploi qui sont proposer au au salariés en fait l'agriculture il faut bien comprendre que vous êtes en arborculture Ray en maréchage vous êtes sur un taux de 85 à 90 % de CDD ça veut dire quoi ça veut dire que le le CDI c'est euh c'est une anomalie c'est-à-dire que pour arriver à obtenir un CDI il faut arriver à se fidéliser c'estàdire il faut démontrer à l'employeur euh que vous avez sa confiance que vous avez cette possibilité à travailler au niveau de rendement qu'on vous qu'on qu'on vous impose euh cette capacité aussi des fois à à à vous taire en face à un certain nombre de manquements au droit du travail ou de traitement vexatoire c'est intéressant ce que tu disais Raphael à l'instant tu disais le com enfin tu comparais les conditions de travail dans l'agriculture espagnole et l'agriculture dans l'agriculture en France alors souvent on n Les dans les entretiens les gens parle du différentiel de salaire 2 € 2 € sur le sur le sur le salaire net en moyenne mais il y a aussi la question de à la fois du du rendement euh qui est qui est vécu enfin qui est qui est dit comme étant moindre en France et la question aussi de la nature du commandement c'est-à-dire la manière dont don dont les dont les chefs s'adressent à vous et vous font comprendre ce qu'il faut que vous fassiez et et on est voilà le le le le secteur agricole même si les les salariés migrants nous expliquent que c'est mieux en France on est quand même dans un secteur assez marqué par une certaine violence des rapports sociaux et des rapports de travail euh c'est quand même euh le le le le un des seuls secteurs où des inspecteurs du travail se sont fait tirer dessus ça qu'il faut arriver à comprendre c'estàd qu'on est dans un système euh économie qui marche sur la tête c'est-à-dire que bah si vous prenez l'exemple à la fin des années 60 vous aviez une part euh du budget des des ménages consacrés à l'alimentation qui étaent de l'ordre de 50 % aujourd'hui on est autour de on est autour de 15 % donc évidemment vous avez une pression sur les prix évidemment vous avez une logique de compression des coûts euh et c'est c'est bien bien entendu dans dans cette globalité qu'il faut essayer de de de comprendre les choses et je trouve que votre reportage arrive plutôt bien à le à le faire vous parliez tout à l'heure beaucoup de du travail détaché du système du travail détaché par lequel cette communauté s'est fondue dans laquelle elle s'est fondu mais il y a aussi un autre système qui peut-être s'adresse un peu plus aux travailleurs immigrés originaires du Maghreb c'est vous en avez un peu évoqué mais je voudrais qu'on qu'on revienne dessus c'est celui de l'office de l'Office français de l'immigration et de l'intégration c'est espèce de contrat saisonnier passé avec accord des gouvernements et maghrébains en tout cas marocains et tunisiens et la France pour permettre à des des travailleurs immigrés donc marocains et tunisiens principalement de venir travailler en France de manière saisonnière c'est-à-dire ils ont un contrat de travail et en durée de de de de séjour limité ils doivent rentrer récemment la alors il y a eu plusieurs choses qui favorisent cette logique alors qu'on est ce qui est quand même paradoxal c'est qu'on est dans un débat sur l'immigration qui semblerait être horrible on est submergé et cetera et en même temps on a un arrêté ministériel donc qui inclut les métiers de l'agriculture comme métier en tension c'està dire que ça permet donc d'ouvrir ces contrats dit offi à toute l'agriculture française et il y a la FNSEA qui vient de proposer un nouveau service de recrutement de ses travailleurs saisonniers moyennant une prestation de 600 € par saisonnier la FNSEA organise laavenue de Tunisiens et de Marocains sur le territoire Fran FR avec l'aval du gouvernement j'aimerais bien que vous réagissiez à cette à ces éléments d'actualité sachant qu'en plus une note de cadrage donc ça on on peut le lire dans miaapart par exemple une note de cadrage de la Fédération recommande d'éviter d'employer le terme migrant fa que les exploiteurs n n'utilisent pas ce terme migrant mais bien saisonniers hors Union Européenne non parce qu'en fait l'immigration saisonnière c'est ce que je vous disais tout à l'heure est pensé comme un dispositif antimigratoire c'estàdire que euh migrant c'est la personne qui peut accéder un jour à l'installation permanente donc on est dans des dans dans dans des dispositifs qu'on appelle non migrants aux États-Unis par exemple qui sont justement des dispositifs vocation à créer une espèce de mob de de pendularité permanente entre deux états sans possibilité de s'installer jamais et le contrat au fi en fait c'est déjà ça alors le contrat aui vous ditz à l' instant c'est principalement pour les Tunisiens et les Marocains euh moi dans ma présentation dans ce que je disais tout à l'heure je disais c'est les Espagnols qui sont venus massivement avec ces contrats jusqu'en 1991 euh en fait c'est un dispositif qui existe qui a été mis en place par l'ordonnance de 45 et qui a qui qui a été finalement utilisé par toutes les vagues migratoires successives donc espagnole portugaise latinoaméri maghrébine et aujourd'hui latino-américaine c'est intéressant de voir qu'aujourd'hui on a des contrats aui notamment dans l'entreprise dans laquelle vous avez été mettre votre caméra et proposer le micro au patron euh ou qui qui qui justement font ses contrats pour des Boliviens des équatoriens des Péruviens et c'est un système finalement qui fonctionne qui fonctionne assez bien parce que il y a on est vraiment sur ce que je disais tout à l'heure c'està-dire un archétype de lutilitarisme migratoire c'est-à-dire les gens ne peuvent venir que pour travailler et leur séjour se limite finalement au contrat de travail le bon immigré c'est celui qui vient qui travaille et qui rentre chez lui ben oui on est on est on est sur le fantasme patronal d'une d'une réduction de du travailleur à sa force de travail finalement dans lequel on n pas se se préoccuper des des coûts de de renouvellement sur place et de et de reproduction sur le long terme donc de ce point de vue-là c'est c'est c'est c'est totalement logique que le patronat plébisite ça et que la principale organisation patronale dans le dans le dans le domaine agricole met en place des dispositifs pour faciliter la sélection du du des des des saisonniers en fait ce qu' ce qu'il faut AR la comprendre c'est que c'est des formes d'immigration euh de de de saisonnière qui finalement sont organisées de manière à ce que elle ne remp elle remplissent cette fonction économique et finalement c'est ce que j'essayé de vous dire aussi finalement c'est pas contradictoire du tout avec la production d'un système sécuritaire c'est le système sécuritaire le discours sécuritaire qui finalement idéologiquement vient préparer à la mise en place à la perpétuation d'un système euh d'immigration limité à la force de travail h oui puis euh j'imagine que ce genre de dispositif aussi ça va encore renforcer la concurrence que que les travailleurs les ouvriers agricoles peuvent avoir entre eux finalement et euh qui jouent sur leur vulnérabilité dans dans ce contexte et dans leur intégration dans comment ils peuvent aussi faire revendiquer leur leurs droits et ça si on commence à dire benah en fait moi je peux te remplacer avec un un Péruvien ou je sais pas ou plutôt là et ben très facilement ils vont devoir peut-être se plier enfin je sais pas c'est des hypothèses bien sûr mais ça fait encore à croire accroîre cette concurrence qui est déjà relativement forte notamment à ber h alors pour finir comment est-ce que on peut imaginer une évolution positive qu'est-ce qu'il faudrait penser mieux B par rapport à ce que toi tu as vu sur le terrain qu'est-ce que tu penses être éventuellement des choses à mettre en place assez rapidement pour participer à à faire évoluer leur situation bah c'est c'est c'est très difficile de de donner une réponse ou une recette sinon ça serait peut-être fait mais déjà ce qu'on ce qu'on peut voir sur là on a beaucoup parlé de de l'aspect euh main d'œuvre finalement sauf que bah c'est des êtres humains c'est des gens qui ont des aspirations qui ont des enfants que qui eux-mêmes vont vont avoir des rêves vont vont vont peut-être partir vont vont voyager vont vont avoir toute une toute une vie et euh et ça on l'oublie peut-être un peu et donc c'est peut-être un peu plus d'humain dans dans ces gens qui alors actuellement sont en communauté parce que ils parlent pas nécessairement la la langue et et donc se mélange pas nécessairement beaucoup avec avec les beauquerrois ou en tout cas avec les les gens de la région mais peut-être que essayer de les inclure et et faire en sorte que déjà on sache qui qui qui sont et c'est aussi le sens de de ce reportage c'est que com moi j'ai appris qu'il y avait des suides américain à bqu enfin je tombais des NU enfin entre guillemets aucun sens que cette communauté soit implantée là-bas et soit aussi diversifié euh soit aussi aussi importante et et sur lequel en fait finalement le le tissu économique là-bas repose et donc ça c'est ramener peut-être un peu plus d'humain et puis audelà des des belles paroles c'est ouais essayer de de de leur donner plus de droit et d'être peut-être moins exigeant mais nous de notre côté en tant que consommateur ou quoi on doit peut-être réfléchir à acheter plus cher nos nos fruits si si on le peut parce que certains producteurs dans dans lesquels on certaines productions dans lesquelles on est allé elles fournissent le Hard la grande distribution et le hard discount donc donc voilà c'est aussi tout un modèle qu'il faut peut-être revoir une réflexion qu'il faut nous aussi avoir parce que quand ça sera pas les Sud-Américains bah ça sera effectivement peut-être les c'était d'ailleurs avant d'autres populations dans les M donc donc voilà il faut faut peut-être voir ça et essayer de de de prendre les c'estes migrants finalement effectivement mais comme des êtres humains euh à par entière et qui peuvent faire partie au final de de notre village France si je peux dire enfin voilà moi je c'est des belles paroles mais bien sûr après sur le terrain c'est c'est complètement différent il y a il y a d'autres logiques aussi comme je disais pour les producteurs qui qui doivent faire tourner leur économie aussi Frédéric vous vous aviez peut-être avec votre expérience de bénévole et engagé auprès de ces de cette population de cette communauté qu'est-ce que vous pensez qu' faudrait tout de suite ou ou moi je su je suis d'accord avec avec avec ce que dit Raphaël euh être être humain et sujet politique surtout peut-être euh c'est-à-dire euh des gens sous sous les deux s les sous les deux déclinaisons c'est-à-dire la dimension politique institutionnelle c'est-à-dire c'est à la fois une population qui passe que elle a le passeport espagnol et tout simplement en capacité de voter donc ça on le voit bien d'ailleurs à la fois du côté du du du RN ou ou du côté de de l'opposition les latinos sont courtisés et il y a peut-être des choses bon avec les limites de la politique institutionnelle mais il y a peut-être des choses qui peuvent bouger de ce côté-là donc ça c'est un premier élément de réponse et après euh il y a un peu le le le travail qu'on essaie de faire avec latino slantellas donc latino slantellas c'est une association qui a été créée par les par par par les migrants latino-américains qui sont arrivés il y a à peu près 10 ans à ber et depuis 3 ans il y a une permanence d'accès au droit d' ch S flontellas qui se tient tous les tous les tous les samedis donc Laim flontellas fait aussi comme le voit dans le reportage de de des cours de français voilà tout un certain nombre d'initiatives qui sont des initiatives c'est c'est pas peu de chose en fait c'est-à-dire que moi qui travaille depuis depuis des années là-dessus c'est la première fois où on voit finalement une communauté euh en capacité ou du moins qui qui qui propose des formes d'organisation politiques euh et et et finalement ben on voit que c'est c'est cette cette capacité à à se rassembler à faire ensemble et à revendiquer des droits alors peu à peu nous on reçoit des gens qui ont qui ont des problématiques du travail en droit deétranger et cetera et et et on voit que finalement quand on apporte cette ce soutien les gens se mobilisent donc c'est pas un problème de de de population qui en soit est né pour courber les chines et incapable de comprendre politiquement ce qui se passe et d'agir c'est simplement bah des fois il faut il faut des relais donc nous on est là pour faire ce relais et on est surtout là pour aider les gens à s'autonomiser dans leur démarche et à prendre confiance et à vouloir faire faire communauté à vouloir faire du politique soyons donc des relais en fait de leur de leur paroles merci beaucoup en tout cas l'émission touche à sa fin merci beaucoup à toi raphaë d'avoir été avec nous merci à Frédéric Descos je rappelle que vous êtes sociologue au CNRS rattaché au laboratoire d'économie et de sociologie du travail membre du Collectif de défense des travailleurs agricoles saisonniers codestras et bénévole au sein de la permanence d'accès au droits de rechos Sin Fronteras merci merci à vous d'avoir suivi cette émission sur YouTube sur le canal 165 de la Freebox mais aussi désormais sur le bouquet gratuit de l'application Molotof TV merci pour votre fidélité et votre soutien vous savez que nous n'existons que grâce à vous à vos abonnements et à vos dons merci aussi à vos nombreux commentaires que nous lisons attentivement n'hésitez pas à contacter aussi directement le pôle enquête du média si vous avez des informations à nous 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