Carburant : Elisabeth Borne ordonne la réquisition ! #cdanslair Archives 2022
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Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse partielle
Le gouvernement a-t-il tardé à réagir ?
- 0:37OuverteRéponse partielle
Elisabeth Borne prend-elle un risque en ordonnant la réquisition ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir ciblé ESSO et pas Total ?
- 3:30RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'Elisabeth Borne a pris un risque en ordonnant la réquisition ?
- 6:45OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes plutôt compréhensif vis-à-vis des revendications de la CGT ?
- 8:05RelanceRéponse partielle
Le gouvernement emploie la manière forte, alors qu'il a donné l'impression de ne pas s'être occupé du conflit.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:37PrésentateurFait
« La réquisition, c'est la possibilité de débloquer, donc de réquisitionner des salariés, de débloquer des dépôts, mais pour des usages un peu particuliers. »
- 9:36PrésentateurChiffre
« 80% des stations fonctionnent. »
- 14:19PrésentateurChiffre
« Ses collaborateurs ont un salaire moyen de 5 000 euros bruts par mois. »
- 14:29PrésentateurFait
« On n'a pas un seul opérateur qui est à 5 000 euros. Nos salaires, globalement, en tant qu'opérateurs, ils tournent entre 2 100 et 2 800. »
- 17:38PrésentateurChiffre
« Total, c'est 16 milliards de profits. »
- 25:44InvitéPromesse
« Le gouvernement vise la fin de la semaine un déblocage au plus vite. »
- 35:17PrésentateurChiffre
« les producteurs d'électricité devront reverser aux Etats les profits excédant en 180 euros le mégawatt-heure »
- 44:18PrésentateurChiffre
« plus 5,6% d'inflation sur un an en France »
- 46:51PrésentateurChiffre
« un salaire de 810 euros par mois »
- 58:05PrésentateurFait
« on vivait dans un monde où l'inflation était autour de 1% »
- 58:54PrésentateurChiffre
« une troisième baisse d'impôt sur le revenu »
- 59:46InvitéFait
« vos salaires ne vont pas augmenter et vous allez travailler plus longtemps »
- 1:01:21Locuteur 5Fait
« un budget qui est en train d'être discuté en ce moment qui est très dépensier »
Temps de parole
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Bonsoir
à toutes et à tous. Réquisition. La première ministre Elisabeth Borne annonce la réquisition du personnel des dépôts d'Exxon Mobile. En revanche, rien chez Total où la grève est reconduite. Conséquence, les pénuries de carburant s'étendent avec des files d'attente toujours plus longues dans les stations-service et des automobilistes à bout de nerfs. On réalise là le caractère explosif de ces grèves dans le secteur pétrolier. Question, le gouvernement a-t-il tardé à réagir ? Elisabeth Borne prend-elle un risque en ordonnant la réquisition ? Le gouvernement doit-il tordre le bras à la direction de Total pour qu'il trouve un accord au plus vite avec la CGT pour sortir de ce conflit ?
Qu'en pense l'opinion ? Quand reviendra l'essence dans nos stations-service ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Carburant, Elisabeth Borne ordonne la réquisition ».
Pour
répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Dominique Seux. Vous êtes directeur délégué de la rédaction des Echos. En une aujourd'hui des Echos Essence face au blocage, l'exécutif se mobilise. Soazic Kéméner, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Citons votre chronique ce matin sur France Inter, « La vie quotidienne casse-tête des politiques ». Fanny Guinochet, éditorialiste à France Info, à La Tribune, où vous signez cet article intitulé « Grève dans les raffineries, la réquisition des personnels, l'aveu de faiblesse du gouvernement ». Et enfin Mathieu Plan, vous êtes économiste à l'OFCE. Merci de participer à cette émission en direct.
Dominique Seux, donc c'est l'annonce de cet après-midi. C'est Elisabeth Borne qui ordonne la réquisition des salariés. Alors, chez ESSO,
mais
pas chez Total. Pourquoi avoir ciblé ESSO ? Alors, parce que chez ESSO, il y a un accord social qui a été signé par deux syndicats. Un accord qui comporte une augmentation des salaires de 6,5% et une prime, la prime Macron défiscalisée, 3 000 euros par salarié. C'est une négociation qui s'est accélérée pendant le week-end. La CFDT a été à la manœuvre sur cette affaire-là. Et donc, dans la mesure où il y a un accord social avec des organisations majoritaires dans l'entreprise, pas forcément sur le site, mais dans l'entreprise, le gouvernement considère que cet accord doit s'imposer aux syndicats minoritaires. La CGT considère aujourd'hui chez ESSO qu'elle veut continuer à faire la grève.
Mais le gouvernement dit, attendez, la réquisition est tout à fait possible, puisqu'il y a un accord majoritaire, ce qui n'est pas le cas chez Total. Alors attention, une réquisition, ça ne veut pas dire que le carburant va revenir immédiatement pour l'ensemble des automobilistes. La réquisition, c'est la possibilité de débloquer, donc de réquisitionner des salariés, de débloquer des dépôts, mais pour des usages un peu particuliers, c'est-à
-dire
les ambulances, les hôpitaux, les pompiers, les aéroports. Ce n
'est
pas pour l'ensemble des Français, donc ça ne veut pas dire que ça va immédiatement revenir dans toutes les stations. Mais on voit bien la différence entre ESSO et Total, puisque chez Total, les syndicats, la CGT a encore confirmé à l'heure du déjeuner qu'elle poursuivait le mouvement. Et Elisabeth Borne a ajouté qu'après ESSO, si ça ne se débloquait pas, le gouvernement agira là encore pour débloquer la situation. Donc sous-entendu, elle a menacé d'avoir recours à la réquisition également chez Total. Fanny Guinochet, est-ce qu'Elisabeth Borne a pris un risque en ordonnant ainsi la réquisition ? Parce que maintenant, il va falloir assumer et appliquer la manière forte, le passage en force.
Oui, et surtout que ce matin sur France Info, on avait le représentant de la CGT Pétrole, l'Emmanuel Lépine, qui disait « si on réquisitionne, ce sera la guerre ». Donc c'est le représentant de la Fédération Pétrole, qui est une fédération au sein de la CGT, qui est une fédération historique, qui est puissante, qui est importante, qui a l'habitude de montrer les muscles, et qui disait ce matin « écoutez, si c'est ça, déjà, on fera jouer un certain nombre de clauses juridiques, parce que, alors dans ce cas précis, effectivement, la réquisition, à mon avis, ça se justifie, mais c'est vrai qu'il faisait écho à des réquisitions qu
'il
y
avait
eues en 2010, sous Nicolas Sarkozy, au moment d'un conflit social autour de la réforme des retraites, où le gouvernement avait réquisitionné des grévistes pour, justement, débloquer des dépôts, et la France avait été pointée du doigt par l'Organisation internationale du travail. Sachant qu'on parle beaucoup du droit de grève, mais c'est vrai que s'oppose aussi, il y
a
un autre droit qui est très important en France, c'est le droit de la liberté de circuler, de travailler, donc c'est un peu deux droits aussi qui s'opposent. Mais c'est vrai qu'on se demande comment, enfin, c'est pas la carte de l'apaisement que choisit le gouvernement. Après, il faut voir aussi comment ça va se passer, très concrètement, ça veut dire des images de grévistes qu'on oblige à, enfin, de salariés qu'on oblige à travailler. Une des solutions des grévistes pour ne pas reprendre le travail, c'est de se mettre en arrêt maladie, plus ou moins, donc, fictif,
hein,
donc il faudrait faire des contrôles. C'est de toute façon un sentiment de brutalité qui fait qu'à un moment où on était dans une séquence, en tout cas, c'est ce qu'essayait d'infuser le gouvernement sur une séquence, on va avoir d'autres méthodes de concertation, on est dans une semaine où il y
a
un bras de fer, où il
y
a un bras de fer où il va y avoir des images un peu difficiles, parce que les réquisitions, bon, ça peut aussi se faire dans la violence, il peut y avoir des dérapages, il y a des dérapages, là, actuellement, dans les stations-service,
il
y a beaucoup d'agacement, bon, je pense que c'est aussi ce qui fait qu'Elisabeth Borne prend la décision de débloquer certaines stations, parce que les Français sont exaspérés, mais elle prend un risque, vraiment, très clairement, le gouvernement, là, fait le choix d'une méthode autoritaire.
Mathieu Plannes,
le
choix, l'élément déclencheur de la réquisition, c'est ce dont parlait Fanny Guinochet, c'est cet agacement des automobilistes, on en parlait avant le début de l'émission, chacun a des anecdotes de scooters qui vous passent devant, dans les stations-service, il y a une réelle tension, là, des Français vis-à-vis de l'accès au carburant. Clairement, on voit l'importance, du coup, de l'énergie dans nos économies, c
'est
évident les tensions que ça peut générer, surtout pour ceux qui ont besoin
de
leur véhicule pour travailler, qui l'utilisent au quotidien, et d'autres peuvent faire différemment,
et
donc, effectivement, la situation ne peut pas rester durablement comme ça, même au bout d'un moment, ça aura un impact économique,
économique,
y compris, on le voit bien, pour tous les transports routiers, pour les taxis, pour les ambulances et autres, donc, c'est vrai qu'au-delà de l'impact économique, c'est aussi la tension sociale que ça peut générer, avec des clivages qui sont assez forts sur ces questions-là. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que, est-ce que vous êtes plutôt compréhensif vis-à-vis des revendications de la CGT, des hausses de salaire, parce qu'en face, il y
a
des profits très élevés, au contraire, vous trouvez que c'est totalement anormal de bloquer des raffineries, et vu les conséquences que
ça
peut avoir sur les usagers. Donc, voilà, c'est des tensions fortes, avec un secteur qui est extrêmement stratégique. C'est extrêmement stratégique, l'énergie. Et donc, c'est vrai que le pouvoir, notamment, de négociation, parce que les conséquences sont très dures, on voit que c'est très élevé. Donc,
forcément,
le gouvernement est obligé de prendre parti ou position là-dessus. Et en même temps,
comme
il n
'a
pas fait le choix, et qu'on peut discuter, mais en tout cas, de ne pas taxer les super profits,
il
n
'y a
pas l'équilibre de l'autre côté, de dire,
bon,
en fait, je vais, du coup, enfin, voilà, les revendications de la CGT sont inacceptables, parce que, voilà... Il se donne l'impression de prendre fait et cause pour les pétroliers. Quelque part,
c'est un peu le
risque, je pense, qu'il y avait ça.
C
'est-à-dire qu'effectivement, il y a quand même ce choix-là. En tout cas, dans la question, même s'il faut quand même bien discuter de ce que revendiquent les syndicats, mais du partage de la richesse ou de la valeur ajoutée. Et donc, ça, c'est quand même quelque chose qui est central. Effectivement, le gouvernement a fait le choix, peut-être pour des bonnes raisons, on peut en discuter, de ne pas taxer les super profits. Donc, ça lui donne peut-être moins de marge de manœuvre pour être un peu dur vis-à-vis de la CGT et des négociations salariales.
C
'est peut-être, enfin, une question qui peut se poser dans l'équilibre et les rapports de force. Sois-y, Kemener, le gouvernement emploie donc la manière forte, alors qu'il a donné jusqu'à présent l'impression de ne
pas
s'être occupé de ce conflit, de ne même pas l'avoir vu venir.
C'est vrai, parce que les premières grèves ont commencé à la fin du mois de septembre, 27 septembre. Et quand est-ce qu'on entend le gouvernement s'en emparer ? C'est le 5 octobre, donc la semaine dernière. Olivier Véran porte parole du gouvernement. Et pourquoi il en parle ? Parce que Xavier Bertrand a écrit une lettre, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, à Clément Beaune, le ministre des Transports, pour lui dire, j'ai un problème, il n
'y
a plus assez de carburant pour les bus scolaires, on va avoir un problème justement pour que les enfants aillent à l'école. Et donc c'est à ce moment-là que le sujet devient un sujet politique. Et que répond à ce moment-là Olivier Véran ? Il dit, il n'y
a
pas de tension, il y a des tensions, pardon, mais il n
'y a
pas de pénurie. Donc c'est le mot qui
reste le mercredi dernier. Et les tensions, il dit, c
'est à cause de l'aristone de Total ?
Alors voilà,
il faut voir aussi les informations dont dispose à ce moment-là le gouvernement, qui sont les informations qu'on a tous d'ailleurs à ce moment-là, qui viennent de Total. Et justement, que disent les dirigeants de Total ? Ils disent, effectivement, il y
a
une tension, mais cette tension vient de l'aristone, puisque les automobilistes viennent chez nous, puisqu'il y a 20 centimes de moins, il y a les 30 centimes de moins décidés par le gouvernement, enfin qui ont été votés, pardon, cet été. Et puis il
y a
aussi les 20 centimes de chez Total. Donc les gens vont chez Total, et c'est pour ça que c'est compliqué. Donc ils disent, il y
a
effectivement la grève, mais il
y
a surtout cette ristone. Et donc le gouvernement n'a pas vu ce gros problème venir. Et on voit bien d'ailleurs, même jusqu'à ce week-end, quand on entend la ministre de la Transition énergétique, Agnès Panini-Renaché, expliquer, mais de toute façon, 80% des stations fonctionnent. C'était ce week-end, maintenant, on est plutôt à un tiers qui ne fonctionne pas, là c'était 20% pour un des carburants. Sauf qu'un pourcentage, ça ne fonctionne pas quand on a des personnes qui sont en train de passer dans
certaines
régions, d'une station à une autre, en particulier dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France, puisque c'est les régions qui sont particulièrement touchées, et ne trouvent toujours pas de carburant. Donc il y a une espèce de désespérance et un discours politique qui ne fonctionne pas. Donc il y a à la fois, au départ, une mauvaise anticipation de ce qui pouvait advenir de ce conflit, et puis il y a aussi des mauvaises informations qui ont été données au gouvernement. Et puis tout ça, ça vient s'ajouter dans un contexte social éruptif, puisqu'il
y a
une réforme des retraites qui a été annoncée. Certains au gouvernement sont déjà en train de dire, je discutais avec un conseiller ministériel ce matin, qui disait, mais regardez, en fait, la CGT est en train de nous faire payer la réforme des retraites. Donc
il y a
ça en arrière-plan aussi, c'est-à-dire que tout le monde a des arrières
-pensées. Il était temps d'éteindre
le feu, là.
Il y a des arrières-pensées assez importantes, et c'est vrai qu'il
y
a aussi ce piège dont vous parliez tout à l'heure, c'est-à-dire le gouvernement qui dit, on ne
veut
pas taxer les super-profits parce qu'on ne veut pas nuire à l'investissement en France, etc., il faut rester, avoir toujours le même taux d'imposition pour ne pas donner de mauvais signes aux investisseurs, et qui dit, mais du coup, il faut inciter à l'augmentation des salaires. Ce que disent les grévistes,
c
'est augmenter nous, puisque Total a fait des super-profits, il faut que ça nous profite à nous aussi.
Alors, près d'un tiers des stations-services du pays connaissent donc des difficultés d'approvisionnement, un blocage insupportable pour le gouvernement, je cite, qui demande donc cet après-midi la réquisition du personnel des dépôts de carburant des Sceaux, inacceptable pour la CGT, qui ce matin a reconduit le mouvement de grève, sujet de l'Asselo Gélabert, Dominique Lemarchand et Julien Lhonnet. Patienté et espéré. En ce moment, réussir à mettre du carburant dans sa voiture relève du parcours du combattant. Ce matin, dans cette station-service de la région parisienne, petit miracle, du gasoil vient d'être livré. Problème, c'est la ruée.
En fait, c'est une collègue qui est passée devant et qui nous a indiqué qu'il y avait encore du gasoil. Donc du coup, on vient tout faire le plein. Après trois quarts d'heure de queue, parfois, on est un peu agacé, effectivement. Mais bon, voilà, c'est le fait. Il faut bien qu
'on
le fasse avec. De toute façon, on
n
'a pas le choix.
C
'est
un
miracle. C'est un fric. C'est soulagé. Ah oui, oui, là, c'est le bonheur absolu.
Pourquoi
c'est le bonheur ?
Vous pouvez expliquer pour mettre du temps
? Parce qu'en fait, je dois rentrer
aussi chez moi dans l'Aveyron, qui est dans le sud-ouest.
Je
n'avais plus le gasoil pour redescendre. Ma famille m'attendait aussi. Vous
avez mis
combien de temps pour trouver
une station ?
Là, ça fait deux jours que je tourne. Partout en France, de nombreuses stations-service en rupture d'approvisionnement total ou partiel.
À
la mi-journée, plus de 2400 complètement à sec selon un site mis à jour en temps réel par les utilisateurs. Face à cette pénurie, le gouvernement exige des réquisitions chez ESSO.
J
'ai demandé au préfet d'engager, comme le permet la loi, la procédure de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement des dépôts de cette entreprise.
Chez
Total, les syndicats réformistes ont appelé à l'ouverture de négociations. La direction a répondu favorablement. J'espère que les autres syndicats représentatifs saisiront cette main tendue, car le dialogue social est toujours plus fécond que le conflit. À défaut, le gouvernement agira là encore pour débloquer la situation.
En l'espace de 24 heures, le ton de l'exécutif s'est durci. Hier, le chef de l'État renvoyait les différents acteurs de ce conflit social face à leur responsabilité.
On
ne
va
pas rentrer dans une situation, c'est le président de la République qui va faire les négociations salariales chez ESSO Total, parce que là, on va partir cul par-dessus tête. Le gouvernement
prend
sa part
en
mettant la pression pour que les négociations aboutissent au plus vite, mais il faut que les parties prenantes prennent leurs responsabilités. Les entreprises et les chefs d'entreprise concernés et les syndicats concernés, le blocage, ce n
'est
pas une façon de négocier. L'exécutif a donc choisi la manière forte, même si ce matin, la CGT le mettait en garde.
Moi,
je souhaite bon courage aux policiers ou à qui que ce soit d'autre qui viendrait sur une raffinerie. Eh bien, on lui dirait, vas-y, redémarre la raffinerie. C'est un travail de haute qualification et donc, aujourd
'hui, il n'y a pas de blocage, mais bien simplement une grève. Sur le terrain, comme ici, près du Havre, les grévistes ne désarment pas. Le gouvernement, qui prétend être un genre de médiateur entre le salariat et le patronat, c'est des conneries. Ils ne défendent que les intérêts financiers des grandes multinationales. Les revendications portent sur les salaires. Hier, la direction de Total publiait ce communiqué. D'après le document, ses collaborateurs ont un salaire moyen de 5 000 euros bruts par mois.
C'est
tellement faux, rétorque les intéressés. On n'a pas un seul opérateur qui est à 5 000 euros. Nos salaires, globalement, en tant qu'opérateurs, ils tournent entre 2 100 et 2 800. Pour les plus anciens,
on
a parfois même, on a l'exemple, un détail de salaire d'un salarié qui a 26 ans d'entreprise et qui touche 2 200 euros. On est très loin des chiffres qu
'ils
annoncent, c'est une évidence. Bras de fer avec la direction et bras de fer entre syndicats. Chez ESSO, la CFDT et la CFECGC, majoritaires au sein du groupe, ont signé un accord sur les salaires.
Pas
la CGT et FO. Dominique, on est surpris quand même de voir la France totalement à l'arrêt et à bout, alors qu'on parle là de 2 dépôts bloqués et d'une raffinerie. On parle de quoi ? De 1 000 personnes. C'est dire la puissance de la FNIC,
la
FIC, donc cette fameuse Fédération nationale des industries chimiques, CGT, qui bloque le pays. C'est une question assez traditionnelle quand on parle de grève. Est-ce qu'il est légitime que quelques centaines de personnes, quelques milliers de personnes, en l'occurrence quelques centaines, paralysent la vie ou bloquent ou gênent la vie de millions de Français ? Bien évidemment, le principe de la grève, c'est de gêner. Sinon, il n
'y a
pas d'efficacité de la grève. Mais la question de la proportionnalité est quand même posée et ici, elle est posée. Pourquoi est-ce qu'il y a un tel effet ? C'est qu'en France, il n
'y
a pas tant de raffinerie que ça. Je crois qu
'il
y en a 8 et vous n'avez pas tant de dépôts que ça. Donc, c'est assez logique que ça se concentre comme ça. Le gouvernement a manifestement, comme le disait Souazie-Keménair tout à l'heure, il a sous-estimé l'affaire dès le début.
C
'est-à-dire qu'il a
cru
que l'engorgement dans les stations totales venait du fait de la ristourne. Ce qui était vrai au début. Mais à un moment, ça a basculé et il s'est trompé de 3-4 jours. Et il a fait évidemment l'erreur de ne pas rapatrier un ou deux ministres pendant le séjour du gouvernement tout entier à Alger. Samedi matin, au moins Clément Beaude, le ministre du Transport, les transports devaient revenir à Paris. Ça semble maintenant évident. D'autant plus que la ministre, l'autre ministre en charge, Agnès Pannier-Renaché, est coincée chez elle ou à son bureau par le Covid. Donc, elle pouvait se démultiplier dans les médias audiovisuels, mais c'était à distance. Donc, il
y a
eu une sous-estimation de l'affaire. Mais
malgré
tout, quand même, la responsabilité de la CGT est très engagée. La CFDT, Laurent Berger, a pris position, ce qui est très rare quand même. Le secrétaire général de la CFDT, Premier syndicat de France, a dit « Cette grève, qu'il a qualifiée lui-même de préventive, n'a pas de sens. Il vaut mieux se mettre autour de la table et il a signé, enfin,
il
a signé. Ses troupes ont signé un accord cette nuit sur SO. »
Il
y a aussi la question, quand même, qui a été évoquée dans votre reportage, des revenus. Total a fait une communication sur les 5 000 euros bruts par mois. – Contesté par les syndicats. – Dont on attend néanmoins qu'ils nous montrent les feuilles de paix. Donc,
on
ne parle pas, dans tous les cas de figure, c'est nettement au-dessus du salaire médian. – Fanny Guinochet, on parle là de très peu de salariés. Total, c'est 16 milliards de profits. Pourquoi est-ce que Total, il
y a
un moment, le pays est bloqué ? Il faut aussi savoir céder quand le rapport de force est à ce point en la défaveur de tous les Français.
–
C'est effectivement la difficulté. C'est qu'aujourd'hui, on a une entreprise privée, Total, un fleuron français qui, depuis 10 jours, n'a pas souhaité ouvrir la porte à la négociation. Parce qu'au tout départ, Soazic-Kémener le rappelle, la grève, elle démarre fin septembre. Et Total estimait, donc c'est une grève avec des demandes importantes de salaire, plus de 10%, c'est ce que demandent les grévistes, 7% pour l'inflation, 3% pour le partage des profits. Total dit, non, on a déjà donné 3,5% en début d'année et on va avoir les négociations obligatoires, les fameuses NAO. Normalement, elles étaient en janvier pour 2023. On va les avancer en novembre.
Les grévistes disent, ben non, on ne souhaite pas que ça se passe comme ça, on aimerait démarrer tout de suite. et là, le bras de fer s'engage et on est effectivement dans une impasse. La difficulté pour le gouvernement,
c
'est que Total, c'est une entreprise
privée,
totalement privée.
Et
contrairement
à
Renault, contrairement à la SNCF à un moment, contrairement à EDF, il n'y a pas de capitalisation de l'État. Donc l'État se retrouve, et là où c'est un peu pervers, le système, c'est qu'effectivement, on a une entreprise privée, mais qui fait presque un service d'intérêt public. On le voit aujourd'hui, Total n
'est
quasiment pas en monopole, mais quand Total ne fonctionne pas, quand les raffineries totales s'arrêtent, on a une partie de notre économie, une partie de notre pays qui est bloquée. Donc le gouvernement, au début, il a pris les choses, effectivement, peut-être à la légère, mais à sa décharge, il a dit, c'est une entreprise privée. En plus, on ne
peut
pas dire que les relations entre Patrick Pouyanné et le gouvernement soient au beau fixe depuis longtemps. L'un a besoin de l'autre,
c
'est
-à
-dire qu'actuellement, mettre le pistolet sur la tempe de Total, alors que c'est quand même Total qu'achemine du gaz et qu'on est en plein conflit avec la Russie, on a quand même besoin du gaz et de Total. Donc le gouvernement est aussi pris en défaut dans une impasse entre des syndicats avec qui il n
'a
pas envie d'agacer plus que ça parce qu'effectivement, on est dans un contexte social tendu et puis une entreprise privée dont il a besoin avec laquelle, bon, il a des relations compliquées mais qui reste une entreprise totalement privée et une entreprise privée qui dit, bah écoutez, moi,
elle peut résister aux ministres et aux présidents parce que quand même... Bah
écoutez, Pouyanné,
on
ne l
'a
pas entendu, on ne
l
'entend pas.
Quel caractère !
Une
force de caractère ! Parce qu
'effectivement, c'est une entreprise qui fait énormément de profit, qui est quasiment en situation de monopole et dont il sait qu'il a aussi une force de frappe qui fait que ça lui donne une certaine puissance.
En
même temps, Soazie-Queménère, demander au patron de Total de céder face aux grévistes, est-ce que ce n
'est
pas donné une grève, une prime à la grève ? Et de dire, vous voyez, il n
'y a
que ça qui marche. Vous parliez tout à
l
'heure de la réforme des retraites, aller dans la rue, bloquer le pays et on recule derrière.
Oui, d'autant qu'il n
'y a
pas eu de victoire sociale depuis bien longtemps,
en
tout cas depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron alors qu'il y a été... Alors si, on peut parler d'une victoire sociale pour ce que les Gilets jaunes n'ont pu obtenir mais ce n
'était
pas un corps constitué, enfin ce n
'était
pas une organisation constituée comme la CGT. Donc effectivement, on sait bien que le gouvernement ne porte guère la CGT dans son cœur mais en même temps, quand on écoute depuis le début, la communication, elle est quand même très précautionneuse sur la question des responsabilités.
C
'est-à-dire que j'ai entendu par exemple Mathilde Panot qui est la présidente du groupe Insoumis dire au gouvernement vous parlez mal des grévistes en gros. Mais si on écoute bien, ils font très attention. C'est-à-dire qu'il y a à la fois la question de la responsabilité de Total à débloquer les choses et puis la question de la responsabilité des grévistes.
On
n'est pas du tout dans un cas de figure comme en 2010 de ce qu'on pouvait entendre du gouvernement de François Fillon sur les grévistes dans les raffineries.
D
'ailleurs, ça avait
collé. Parce que là, c'était
contre la réforme des retraites.
Oui, c'était contre la réforme des retraites mais il y avait des mots très durs. Là, on voit que quand même le gouvernement fait très attention même si c'est la CGT et qu'il y a plutôt une volonté de discuter avec Laurent Berger même si les relations sont notoirement très compliquées. Donc, c'est une partie très très compliquée et qui vient se superposer à un climat politique très compliqué puisqu'il y
a
cette réforme des retraites. Il y a en même temps le budget à l'Assemblée nationale. Il y a la question russe. Donc, finalement, c'est aussi pour ça. Ce n'était pas sur le dessus de la pile cette histoire de grève des carburances parce que le gouvernement avait déjà fort à faire par ailleurs. Donc, ils ont laissé ça un peu de côté et ils ont sans doute eu tort.
Mathieu Planzoisi-Keméner disait que ça fait longtemps qu'il n
'y a
pas eu en décrochant la queue du Mickey comme on dit alors que derrière il va y avoir il va y avoir non mais il y a les élections de Philippe Martinez la succession Philippe Martinez il
y
a ça derrière en toile de fond qui fait que la CGT a un combat à mener. Oui, et
puis
c'est un combat assez important. Alors, c'est vrai ça a été rappelé que c'est finalement une affaire privée mais qui a des conséquences publiques et ça c'est important. Donc, le pouvoir de négociation est énorme. Du coup, même on le voit on en parle beaucoup c'est une conséquence directe
pour
les gens la réalité c'est que c'est peut-être effectivement le début de la course des conflits sociaux
et
donc c'est qui va gagner c'est-à-dire sur ce partage des richesses et qui va payer le choc notamment qui nous arrive avec l'inflation avec ses profits dans certains cas comment on partage cette richesse
et
donc c'est vrai que l'État quelque part aujourd'hui a joué son rôle avec le bouclier tarifaire et des remises carburants maintenant la question qui va se poser c'est quel est le rapport de force au sein des entreprises entre les salariés
et
les employeurs sur les négociations salariales en fait c'est est-ce que on doit les salariés vont encaisser des pertes de points d'achat est-ce que les entreprises vont prendre un peu sur leur profit pour distribuer un peu plus aux salariés et donc ce conflit il est assez typique avec des profits extraordinaires et des revendications salariales incroyables de l'autre côté donc voilà c'est un peu exacerbé si vous voulez c'est un peu exacerbé et ça arrive sur le devant de la scène avant d'autres à mon avis effets c'est-à
-dire
qu
'on
va le voir derrière certainement par la suite des conflits salariaux qui seront beaucoup plus élevés jusqu'à présent il y
avait
des revendications vis-à-vis de l'État
je
pense que désormais on va passer aussi sur les revendications vis-à-vis des entreprises Dominique So bien sûr il y aura une augmentation de salaire chez Tata l'énergie très conséquente très conséquente probablement plus de 6% la question pour l'instant c'est est-ce que l'entreprise considère qu'on ouvre la négociation qu'on fait une grève avant le
début de la
négociation
moi
s'il y avait un pari à faire je pense que l'entreprise dans les heures qui viennent ou dans les jours qui viennent va dire on se met autour de la table dès maintenant et la base de départ c'est X% 4-5% et au-delà on peut en discuter j'ai probablement comme ça parce qu'il faut bien trouver une porte de sortie ils ne
vont
pas rester l'un en face de l'autre comme ça mais du point de vue de l'entreprise ils se disent si nous mettons tout de suite sur la table des chiffres alors que les raffineries sont bloquées c'est une prime en fait à la grève préventive voilà et donc c'est un mode de
fonctionnement parce
que dans beaucoup d'entreprises et la majeure partie des entreprises il y a des négociations
il
y a des accords dans certaines entreprises vous avez des négociations des rendez-vous de négociations qui ont déjà eu lieu trois fois en un an donc en fait nous ne sommes pas dans un paysage complètement immobiliste sur le plan salarial alors pour venir à l'essence est-ce qu'on sait quand l'essence pourrait revenir et d'ailleurs il y
a
une sous-question de Patrick dans l'Orne que se passerait-il si les salariés refusaient d'être réquisitionnés est-ce que les vacances de la Toussaint pourraient être gâchées maintenant par c
'est ce que souhaite le gouvernement veut absolument éviter ça après remettre en route une raffinerie je ne
suis
pas une spécialiste mais les experts et en tout cas les gens qui travaillent dans ces raffineries ils vous disent qu'il
ne
suffit pas d'appuyer sur un bouton ça prend un petit peu de temps en plus là il y
a
quand même une certaine désorganisation qui a été mise en place avec des raffineries qui étaient approvisionnées d'autres pas donc ça va prendre un petit peu de temps mais le gouvernement vise la fin de la semaine un déblocage au plus vite et au moins à la fin de la semaine effectivement sachant que sur les réquisitions pour répondre à votre question les salariés en question on risque des amendes je reviens juste un petit point sur la CGT la CGT vous le disiez très justement a envie de montrer qu'elle existe dans un contexte où en plus il faut le rappeler en fin de semaine vous avez la marche que propose Jean-Luc Mélenchon donc le but du jeu c'est de montrer regarder quand même
les luttes syndicales
pour le pouvoir d'achat les luttes syndicales ça marche aussi bien plus que ou pas seulement les luttes politiques ça ne se passe pas qu'il y a cette concurrence-là qui se joue il y
a
une autre concurrence qui se joue c'est entre syndicats il va y avoir des élections professionnelles dans la fonction publique début décembre donc c'est bien de montrer les muscles et de montrer quand même qu'on est présent aussi dans le privé et puis la CGT en interne on en parlait mais Philippe Martinez passe la main d'ailleurs on ne l'entend pas beaucoup il est certes à l'étranger mais on ne
l
'entend pas là dans ce conflit il passe la main en mars prochain et sa volonté c
'est
de passer la main à une femme il l'a déjà dit il essaye d'adouber cette femme Marie Buisson qui vient plutôt de l'éducation qui a envie de faire faire un virage sociétal plus écologique plus féministe à la CGT c'est pas tout à fait la candidate de la fédération puissante fédération de la chimie donc voyez on est dans cette alchimie-là aussi dans ce contexte-là qui fait que les choses pour l'instant elles se sont beaucoup durcies
pour
répondre très concrètement à la question quand le carburant va revenir en début d'après-midi l'UFIP qui est l'association professionnelle des pétroliers a indiqué qu'en fait les importations de pétrole pour se substituer au celui qui manque sortant des raffineries sont en train de s'accélérer de manière extrêmement sensible qui viennent notamment de Rotterdam et donc on en a des Pays-Bas de Belgique et aussi des Etats-Unis et du Moyen-Orient donc en fait l'UFIP considère que les choses vont s'améliorer assez rapidement c'est-à-dire d'ici la fin
de semaine j'ai entendu
assez rapidement bon sois-y qu'est-ménère est-ce qu'en creux cet agacement qu'on constate dans toutes les stations services il ne montre pas notre grande dépendance aux énergies fossiles et que le monde d'après décarboné ça peut vite tourner vinaigre
alors
je pense qu'il y
a
deux choses il y a à la fois le climat de fatigue généralisé après des années deux années de pandémie on voit bien qu'il n
'y a
plus tellement de marge de manœuvre c'est-à-dire que dès qu'on a une pénurie de carburant très rapidement les choses s'enveniment les gens viennent aux mains ils s'inquiètent ils s'agacent ça vient très très vite il n
'y
a plus les un ou deux jours de latence qu'on pouvait avoir auparavant tout de suite on rentre dans le dur du sujet ça c'est la première chose et ensuite effectivement on sait le carburant c'est une matière éruptive depuis des années et des années mais là effectivement on entre dans la grande interrogation c'est mais comment on va faire il y a vraiment une vraie question les fractures françaises dont on parle très souvent ressortent il suffit de regarder il
y a
une carte très intéressante dans le parisien ce matin qui montre les gens qui sont dépendants à 75% de leur voiture pour aller travailler à 80%
ou
à 100% notamment en région parisienne donc on voit bien ceux qui habitent au centre de Paris pas de problème métro etc et puis dès qu
'on
s'éloigne un peu ça devient très compliqué alors dans le reste de la France alors on voit bien les situations sont très constrassées on voyait tout à
l
'heure dans le reportage dans l'ouest on peut encore faire son plein sans aucun problème en revanche dans d'autres régions c'est très compliqué et là ça devient un gros problème pour les aides-soignantes d'ailleurs c
'est
l'argument qui a été utilisé je trouve assez bon escient par Elisabeth Band cet après-midi elle a pris justement tout ce côté-là c'est-à-dire les aides-soignantes ne peuvent plus aller à domicile les enfants comment font-ils pour se rendre à l'école elle a pris tous ces exemples de vie quotidienne qui parlent au français
parce
qu'effectivement c'est la peur de la grosse panne c'est le roman de Barjavel alors là c'est l'électricité qui s'arrête mais voilà tout s'arrête d'un coup donc ça nous renvoie à cette angoisse-là alors chez les jeunes on parle beaucoup d'éco-anxiété mais là il peut se développer aussi une forme d'anxiété chez ceux qui ont des voitures en se disant mais en fait c'est fini et comment je fais ?
et ça amène je disais un reportage très intéressant ce matin qui expliquait qu'à partir du moment où il y avait une gare qui s'installait ça faisait un appel d'air il y avait plein de gens qui allaient s'installer autour et donc ça crée des demandes en transport en commun ça pose des questions vertigineuses sur l'après l'après Covid l'après énergie fossile et on voit bien que rien n'est résolu parce qu'il suffit de voir les queues qu'il peut y avoir dans beaucoup de stations-service aujourd'hui
c
'est vrai que Fanny Guinochet c
'est
le syndrome de la moutarde on a l'impression qu'on va de pénurie en pénurie mais elles sont maintenant anxiogènes ces pénuries parce qu'elles sont presque organisées quand on nous dit c'est la voiture thermique ça sera fini on a l'impression que ce monde de pénurie qu'on vit mal on est en train on y va à marche forcée
il y a des bascules qui sont très importantes qui sont en train de se faire effectivement la voiture c'est un très bon exemple quand l'Europe dit il n'y aura plus de moteur thermique en 2035 2035 c'est demain et on voit bien qu'on a tout misé sur l'électrique avec à un moment un prix de l'électricité ou en tout cas le sentiment que l'électricité allait être assez facile là on se dit ok on va avoir des véhicules électriques mais en fait on va les recharger ça va nous coûter très cher et puis à un moment où on nous parle de sobriété où on nous dit attention il va falloir brancher vos radiateurs à tel moment éviter de mettre votre four à tel moment parce qu'on risque d'avoir des délestages et des ruptures d'approvisionnement en fait la voiture électrique je vais la brancher la nuit je vais la brancher quand est-ce qu'il n
'y aura
pas des problèmes aussi d'approvisionnement déjà qu'on n'a pas assez de bornes électriques donc c'est vrai que ça soulève des questions qui sont assez anxiogènes parce qu'on prend des virages technologiques des virages et il faut s'en réjouir des virages industriels très importants avec une grande part d'incertitudes et parfois des risques qui sont forcément dans toute innovation on ne mesure pas tout à l'avance mais avec des risques ou une situation géopolitique aussi qui est géostratégique qui ne facilite pas qui n'appelle pas forcément à la sérénité
ce
sera intéressant de savoir si dans les semaines qui viennent les ventes de véhicules électriques baissent un peu quand on parle aux dirigeants de Stellantis elles sont en tête pour le mois de septembre est-ce que aussi alors du coup face à ces pénuries on stocke on a stocké du papier toilette pendant le Covid on a stocké de
la moutarde
et
on
stocke de l'essence ce qui d'ailleurs provoque non mais du coup comme on sait que c'est possible les pénuries maintenant la pénurie appelle la pénurie on a vu d'ailleurs dans les stations-service des gens remplir des géricanes ça va être un monde où il va falloir stocker chez soi on n
'en
est pas là quand même mais c'est vrai qu'il peut y
avoir
des comportements un peu j'allais dire irrationnels c'est à dire de peur de peur de manquer donc effectivement des comportements en tout cas stocker des barils de pétrole c'est un peu compliqué dans les appartements mais il y en a qui le font en
prévision de la
fin de la ristourne oui après c'est vrai que sur des géricanes je pense que quand même il y
a
aussi un élément de fond qui est important enfin qui n
'est
pas un élément de fond uniquement mais il y a quand même ce risque de rupture d'approvisionnement aussi sur le gaz cet hiver et donc ça nous prépare aussi quelque part un hiver difficile on ne s'attendait pas à avoir ça sur l'essence et le pétrole donc effectivement tout ce qui était la fin de l'abondance dont parlait Emmanuel Macron on y est pas pour les raisons qu'il avait évoquées en fait c'est parce que c'est des grèves donc c'est un conflit social qui crée ça mais ça montre aussi notre dépendance à l'énergie aux énergies fossiles et aussi la dépendance à l'extérieur parce que ce n
'est
pas nous qui produisons ce pétrole là donc si un jour on ne nous livre plus ce pétrole comment on fait et on aura les mêmes sujets à mon avis sur les batteries avec le lithium le lithium est extrêmement concentré dans trois pays qui sont producteurs donc on voit aussi cette dépendance à ces énergies à ces matières rares en fait ces métaux rares qui sont des enjeux géostratégiques très importants et qui font notre quotidien c'est à dire qu'une fois qu'on nous enlève tout ça on ne sait plus vivre
alors
c'est une idée qui agite le débat depuis plusieurs mois faut-il oui ou non taxer les super profits et notamment ceux des pétroliers le gouvernement propose aujourd'hui à l'Assemblée ce qu'il appelle une contribution sur les bénéfices des entreprises énergétiques alors c'est un mécanisme moins ambitieux mais une fois encore le débat avec l'opposition s'annonce houleux sujet de Léa Dermidjan Stéphane Lopez et Juliette Perrault
C
'est un sujet qui a tendance à agacer Bruno Le Maire ces derniers mois
C
'est l'espèce de réflexe pavlovien en France dès qu'il y a une difficulté une taxe dès qu'il y
a
un bon résultat une taxe dès qu'il y a un problème une taxe un prélève obligatoire un impôt mais assez avec ce réflexe pavlovien qui n'a pas réussi à la France
taxer les profits des grandes entreprises l'idée a pourtant fait son chemin
la
première ministre avait semblé faire un pas en avant
je
ne ferme pas la porte à taxer les super profits la rue a fait monter la pression d'un cran
mais
c'est finalement l'Europe qui a donné la dernière impulsion
Dans
le
contexte
actuel il n'est pas juste de tirer des bénéfices records de la guerre et au détriment des consommateurs dans
le
contexte actuel les profits doivent être partagés et redistribués à ceux qui en ont le plus besoin
Dans
le viseur de Bruxelles les
fournisseurs d'énergie comme Total ou Engie
les
27 se sont accordés sur deux grands points
du
1er décembre au 30 juin les producteurs d'électricité devront reverser aux Etats les profits excédant en 180 euros le mégawatt-heure
Les
entreprises pétrolières devront elles s'acquitter d'une contribution de 33% sur les bénéfices supérieurs de 20% à la moyenne des 4 dernières années
Deux
dispositions que le gouvernement français a retranscrites en amendement encore insuffisant tacle l'opposition
Il
faut qu'il
y ait
un dispositif additionnel complémentaire à ce dispositif européen C'est prévu dans l'accord européen Il peut y avoir une taxe
nationale
supplémentaire D'ailleurs la Belgique le fait La Belgique a annoncé qu'ils allaient mettre en place une taxe
nationale
complémentaire Elle va rapporter à l'échelle de la Belgique 5 milliards d'euros pour les deux années qui viennent
On
peut se priver de ça ? Nous on proposait une taxe
extensive
On proposait que toutes les multinationales qui font plus de 100 millions de chiffres d'affaires en France et qui ont fait des bénéfices supérieurs à 20% en 2021 en 2022 supérieurs à ceux de 2019 soient imposés au double Donc nous on avait une vision beaucoup plus extensive de cette taxation
Un
débat sur les super profits toujours d'actualité Alors que commence tout juste l'examen du projet de budget 2023
Hier,
Bruno Le Maire est venu présenter le texte
Un
ministre rompu
à l'exercice
Je
suis heureux de vous retrouver mesdames et messieurs les députés
pour
mon sixième projet de loi de finances consécutif
Pour
rien au monde je n'aurais manqué ce rendez-vous démocratique
Démocratique Cela reste à voir ironise l'opposition alors que le gouvernement pourrait passer en force avec le 49-3
Le
gouvernement de toute évidence va utiliser le 49-3 On nous dit que ce n
'est
plus qu'une question de jour Pour un gouvernement qui prétendait vouloir faire du compromis de la coopération de la concertation on a un gouvernement traditionnel de droite qui va imposer ces mesures antisociales par un 49-3
Sur
le fond le projet ne fait pas non plus consensus y compris chez les éventuels alliés de la majorité
Si
on continue à ce rythme-là la charge de la dette ce sera 100 milliards d'euros Je ne
parle
que de la charge de la dette des intérêts C'est plus que le ministère de l'éducation nationale et de l'intérieur réuni C'est un budget totalement irresponsable
En
tout 3300 amendements au texte ont été déposés La France Insoumise et le Rassemblement National ont déjà prévenu qu'il comptait lancer une motion de censure si le gouvernement avait
bel et bien recours au 49-3
Alors
question téléspectateurs Pourquoi la question de la taxation des super profits est-elle si délicate Dominique Seux qui est pour et qui est contre
? Alors
elle est délicate d'abord il faut définir ce qu
'est
un super profit et il faut ensuite savoir qu'en faire Définir un super profit en réalité ce n
'est
pas si simple que ça parce qu'il y a les profits qui peuvent être réalisés grâce
j
'allais dire au talent au génie des dirigeants des salariés vis-à-vis de leurs clients vous prenez un constructeur d'automobiles il vend plus de voitures est-ce que c'est indus ?
Non Tesla qui progresse aux Etats-Unis on se dit c'est plutôt leur génie propre à l'inverse quand vous avez des profits qui sont réalisés parce que simplement les cours mondiaux ont augmenté c'est le cas effectivement pour Total c'est le cas pour Engie c'est le cas pour l'ensemble des producteurs d'énergie là ils ne récoltent ça tombe du ciel en réalité donc c'est vrai que dans ce cas-là dans ce deuxième cas il y a plus de légitimité à se poser la question que dans le premier cas et on sait alors pourquoi c'est compliqué dans le deuxième cas alors dans le deuxième cas c'est compliqué parce que la première question c'est de savoir est-ce qu'au fond l'Etat aura le meilleur usage de l'argent en faisant une taxe ou est-ce qu'il vaut mieux forcer par exemple les pétroliers à dire vous devez investir plus dans les éoliennes le solaire les énergies renouvelables
où
vous devez augmenter les salaires comme on en parle depuis de
l
'émission ça c'est la première question et la seconde question elle est purement pratique comment on taxe des super profits et c'est tout le débat européen depuis un mois et demi de maintenant c'est un super profit par rapport à la moyenne des cas dernières années avec une augmentation corrigée des variations de plus de 20% ou est-ce que c'est plus simple et on sait que dans le cas de Total ça a été annoncé ce matin par Bruno Le Maire la
taxe
sur les super profits de Total en France rapportera 200 millions d
'euros et
pourquoi est
-ce
si peu ? parce que alors ça peut être discuté mais il s'agit de taxer les profits qui sont réalisés sur l'activité raffinage ah parce qu'en France Total ne fait que du raffinage Total ne découvre pas et ne va pas produire du pétrole en France sachant que les impôts sont déjà payés ailleurs Mathieu Plannes pourquoi cette pudeur de gazelle pourquoi ne pas employer le mot taxer les super profits je cite comment elle va s'appeler cette version française de la taxe sur les super profits elle va s'appeler la contribution temporaire de solidarité
bon
je pense qu'on n'aime pas trop dire le mot impôt donc taxe non plus donc contribution ça passe mieux j'imagine
dans
le débat public surtout que Bruno Le Maire l'avait dit
de
façon assez nette et assez claire je n'augmenterai pas les impôts et donc il tient cette ligne et même il continue à les baisser sur un certain nombre de mesures notamment la baisse des impôts sur la production qu'on va avoir ou la baisse de l'impôt sur les sociétés donc c'est vrai que ça vient un peu à contre-courant de dire dans ce cas là on va augmenter les impôts avec l'idée depuis à peu près d'ailleurs ça commence sous Hollande depuis une dizaine d'années
de
rendre la France plus attractive plus compétitive donc il y a eu beaucoup de baisse de fiscalité ça commence avec le CICE après ça a été d'autres types d'impôts et donc il y a cette idée de dire si jamais on augmente les impôts ou si on annonce des augmentations d'impôts en fait je ne tiens pas ma parole je risque de renvoyer l'image d'une France qui taxe qui disait à chaque fois qu'il y
a
un problème ce qui est bon on peut se discuter parce que d'autres pays le font mais je pense que ce n
'est
pas du tout dans la ligne du gouvernement et ce n
'est
pas ce qui est annoncé donc la contribution ça invite de partir sur le débat de l'impôt
et
on parle de contribution temporaire donc temporaire c'est le temps juste de un an peut-être deux ans mais ce n
'est
pas un impôt durable donc c'est comme ça et puis c'est au niveau européen donc ça décale un peu le débat au niveau européen sur une contribution temporaire plutôt que de dire c'est un renversement de fiscalité au risque que Fanny Guinochet déguisez le débat en France sur les inégalités parce qu'on ne taxe pas les super profits total on lui laisse ses 16 milliards on voit le patron de total lui ce n
'est
pas 10% de hausse
c
'est 52% de hausse qui s'est octroyé son revenu a augmenté de 52% à près de 6 millions d'euros ça fait 400 fois le SMIC tout ça est-ce que ce n
'est
pas du carburant à colère ?
si c'est vraiment un sujet les inégalités en France qui est toujours socialement très sensible et là encore plus dans un contexte où on le rappelle on a de l'inflation tout part de là aussi c'est parce que les gens voient leur pouvoir d'achat diminuer de jour en jour parce qu'on nous dit qu'il y
a
des pics d'inflation vous regardez sur l'alimentation vous regardez sur effectivement le carburant l'énergie les français voient leur pouvoir d'achat baisser et donc ils se disent il n
'y a
pas de raison que nous on fasse des efforts et que du côté des puissants et bien il n'y en est pas et c'est vrai que cette question des super profits il y a aussi la question du périmètre est-ce qu'on taxe juste les pétroliers les énergéticiens qui bénéficient de rentes ou en tout cas qui ont profité de la conjoncture voilà sans rien faire ou est-ce qu'on élargit à beaucoup plus d'entreprises on peut penser que certaines entreprises c'est Emma CGM qui est une entreprise de logistique de transport de fret a aussi profité d'une certaine façon de la conjoncture parce que c'est les problèmes de logistique de la Chine qui se ferme etc qui fait qu'ils ont aussi beaucoup engrangé et c'est des bénéfices qui sont des bénéfices records donc c'est un sujet extrêmement extrêmement virulent le gouvernement tient sa ligne de ne pas taxer plus les entreprises en disant oui mais on fait pression pour qu'ils fassent des gestes que toutes ces entreprises elles fassent des gestes directement vers le consommateur c'est bien plus efficace que alors ça se discute que la collecte d'une taxe où après nous on doit redistribuer mais regardez toujours pour revenir à Total par exemple ils ont appliqué une ristourne ils appliquent une ristourne sur le plein que vous faites directement qui
pourrait être prolongé d'ailleurs qui
pourrait être prolongé voilà enfin qui serait prolongé le temps de la grève l'idée c'est de dire comme les automobiliers n'ont pas pu profiter de cette ristourne là comme les stations ne sont pas accessibles eh
bien
on prolongerait d'autant mais ça Total pour l'instant n'a absolument pas donné son go et son feu vers là-dessus et de dire regardez eh bien du côté des frais bancaires les banques aussi actuellement ont plutôt engrangé des bénéfices eh bien elles peuvent limiter plafonner on met un bouclier tarifaire sur les frais bancaires pareil sur les assurances pour que dans les dépenses du quotidien eh bien les français récupèrent un petit peu de pouvoir d'achat
alors ce contexte explosif est évidemment nourri également par la hausse des prix plus 5,6% d'inflation sur un an en France les étudiants notamment ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois sujet d'Anne Mackignon David Lemarchand avec Anne Mackignon
Michel
Paul avant de descendre assurez-vous de ne rien oublier à bord
chemise impeccable et concentration maximale pour Jérémy le conducteur de ce tram il n'a que 20 ans bienvenue à bord de la ligne 3
étudiant en licence de sociologie le jeune homme travaille à temps partiel chaque samedi et une partie des vacances scolaires il gagne entre 500 et 700 euros par mois le prix de son
indépendance
j
'ai pu avoir ma voiture déjà donc ça fait un grand changement dans une vie quand même d'avoir une voiture j'ai pu avoir mon appartement je sais que j'ai pas de galère de l'emploi je sais que j'ai un revenu qui est annualisé tous les mois je touche la même somme
il n'a surtout pas d'autre choix pour payer des factures qui ne cessent d'augmenter non boursier il a touché une prime inflation de 100 euros à la rentrée une aide exceptionnelle mais qu'il juge insuffisante
des fois on se dit mais en fait ça va pas passer c'est pas possible je vais devoir reprendre je vais devoir reprendre de l'argent que j'ai mis de côté je vais devoir me serrer la ceinture enfin forcément ça rend la situation instable peu confortable
et
oui dans les années à venir ça me fait peur mais j
'ai
espoir qu'il
y
ait une prise de conscience aussi de la part des pouvoirs publics et qu'il y
ait
un réel accompagnement
Jérémy a pourtant la chance de pouvoir compter sur sa famille des petits coups
de
pouce qui lui font faire quelques économies
des
petites ou des grosses
des petites plutôt
ça
c'est bien ouais allez deux en plus
Catherine sa mère agente dans une
crèche ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour lui
on
essaye d'équilibrer un peu le budget comme on sait que bon il travaille mais bon il n
'y a
pas des grosses ressources donc il y
a
le loyer déjà je me dis s'il arrive à payer son loyer de
toute
façon c'était l'objectif
c'est l'objectif après le reste nous on aide tout comme ça s'il a besoin des fois des habits aussi c'est pareil on achète ou on complète quoi
Henri
21 ans étudiant à Lille ne peut compter que sur lui-même alors pour subvenir à ses besoins il travaille en alternance à la SNCF
sur
les roulements je grande sainte j'ai le 121 A
j
'ai le 477 B ou j'ai le B477
une
semaine sur deux le jeune homme analyse les performances des agents de conduite pour un salaire de 810 euros par mois
quand
j'ai commencé mes études j'avais envie de faire des études à plein temps d'être étudiant à plein temps de ne pas avoir à me soucier de venir au travail d'avoir une fiche de salaire et j'ai été très rapidement rattrapé par la réalité des choses qui est que quand on ne travaille pas on a des difficultés je pense que mes parents devraient faire beaucoup de sacrifices pour me permettre de faire mes études correctement à Lille et c'est une charge que j'ai décidé aussi d'assumer en partie un salaire qui ne suffit pas à couvrir toutes ses dépenses alors Henri fait aussi des petits boulots d'intérim et au quotidien trouve des astuces avec son colocataire pour
faire baisser ses charges car avec l'inflation tout est devenu beaucoup plus cher économie d'électricité course tout est anticipé
il
y a des produits qu'on a arrêté d'acheter parce qu'on a trouvé des alternatives qui sont parfois plus écologiques mais aussi moins coûteuses notamment sur l'huile d'olive l'huile d'olive c'est quelque chose on a fait un trait dessus donc on n'utilise plus d'huile d'olive pour cuisiner on va essayer de trouver d'autres matières grasses qui vont être moins chères et surtout on va essayer de réutiliser par exemple on va acheter un bloc de lardons et bien on va garder la graisse pour cuisiner avec plus tard beaucoup de responsabilités pour le jeune homme qui a le sentiment de passer parfois à côté de sa jeunesse
quand
on commence à travailler si tôt on entre très vite dans un monde très adulte
très
professionnel très carré très réglementé des fois on se surprend à faire des choses qu'on n'aurait peut-être pas fait si on ne travaillait pas on se dit mais
là
j
'ai
l'impression d'avoir 10 ans de plus que ce que j'ai et je pense que le fait de travailler de commencer à travailler tôt oui
on
perd
une certaine insouciance selon une enquête réalisée en 2021 40% des étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur travaillent en
parallèle de leurs études une absolue nécessité pour la moitié d'entre eux
dimanche il y
a
une grande manifestation contre la vie chère est-ce que ces jeunes dont on voit qu'ils sont les premiers aux avant-postes de la précarité est-ce qu'ils seront dans la rue dimanche à l'appel de cette manifestation alors
il
y
en aura il y en
aura évidemment
quelques-uns mais pour l'instant cette manifestation c'est la manifestation de Jean-Luc Mélenchon c'est
-à
-dire que c'est la manifestation c'est la réplique de vous souvenir de la déferlante Jean-Luc Mélenchon avait appelé une déferlante après l'élection d'Emmanuel Macron donc à l'automne à l'automne 2017 ce n'était pas vraiment une déferlante il n
'y avait
pas énormément de gens dans la rue là c'est un contexte très difficile pour la NUP qui s'est en plus coupé de toute une partie des jeunes Jean-Luc Mélenchon avec des propos qu'il a pu avoir sur les questions des violences sexuelles et sexistes donc Jean-Luc Mélenchon en ce moment on entend beaucoup de jeunes qui commencent à douter de leur choix parce qu'il y
a
eu beaucoup de jeunes qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle à la dernière présidentielle pour l'instant il
n
'est pas anticipé même les partenaires de la NUP je discutais aujourd'hui avec un des dirigeants du PS qui disait on n
'est
pas sûr du tout qu'il y
ait
énormément de monde pour l'instant c'est une tentative politique d'exister en tout cas pour l'instant c'est pas quelque chose sur lequel les jeunes peuvent s'agréger pour faire entendre des revendications parce que les revendications des jeunes c'est juste vivre bien vivre mieux réussir à résister à l'inflation et on entend plutôt des jeunes résigner ce qui mobilise les jeunes ça a été les manifestations spécifiques pour le climat dans la lignée de Greta Thunberg pour l'instant on n
'a
pas la résurgence de ça en France ça peut changer mais c'est pas le cas pour l'instant
vivre bien vivre mieux est-ce qu'ils peuvent se tourner Fanny Guinochet vers la CGT par exemple la jeunesse ça
semble difficile la CGT a quand même du mal certes elle existe elle bloque les raffineries mais c'est un syndicat qui est en perte de vitesse c
'est
un vieux syndicat centenaire qui bouge encore et qui montre qu'il est extrêmement résilient mais de là à attirer une jeunesse surtout que la ligne je vous le disais tout à l'heure la ligne de la CGT elle est pas très claire et elle a du mal à s'éclaircir il n'y a toujours pas eu de femmes vous me direz dans certains partis politiques non plus et dans d'autres pans de notre vie politique mais il n
'y
a toujours pas eu de femmes à la tête jamais de ce syndicat par exemple et on voit bien que là par exemple celle qui serait pressentie pour prendre la suite de Philippe Martinez en marche prochain un certain nombre de CGT vont mettre des bâtons dans les roues parce que l'ADN de ce syndicat est aujourd'hui reste un peu sur des vieux bastions pareil à la CFDT même si Laurent Berger essaye de faire un syndicat de compromis de co-gestion il a du mal à recruter aujourd'hui ce sont pas là où les jeunes se retrouvent et puis les façons de militer ont certainement aussi un peu changé aujourd'hui les causes qui Soazic le disait les causes qui aujourd'hui mobilisent les jeunes c'est essentiellement des causes sociétales beaucoup alors certes il
y a
l'économie mais c'est quand même la question du climat c'est la question de
l'égalité de ce point de vue
Total pourrait faire un bon totem là non
? ah
bah ça après Libra Total mais c'est aussi la question de l'égalité la question de l'égalité homme-femme la question des violences de la discrimination quand vous regardez la jeunesse c'est vraiment les items qui arrivent en tête les difficultés sociales des jeunes elles sont là et là où c'est quand même votre reportage est très parlant c'est que c'est quand même toujours parmi les premières victimes des crises et notamment pendant le Covid souvenez-vous dans les banques alimentaires on a vu arriver un certain nombre de jeunes et le gouvernement avait mis d'ailleurs vous vous souvenez les restos U restaient ouverts et à des tarifs je crois que c'était un euro à ce moment là parce qu'on se rendait compte qu'il y avait des jeunes qui n'arrivaient même pas à avoir un repas correct
allez
tout de suite on revient à vos questions Dominique sur la question téléspectateurs réquisitionner les salariés des raffineries ça veut dire quoi concrètement en tous les cas ça n'impose pas le climat on vient d'apprendre vous me le disiez qu'une autre raffinerie semble-t
-elle de
Donge raffinerie totale les syndicats le syndicat CGT annonce rentrer en grève à Donge aussi un point à vérifier mais c'est ce qu'on entend c'est ce qu'on entend ça veut dire que ce genre de coup de menton dont on parlait tout à l'heure en disant c'est pas facile à faire appliquer ça peut même crisper et ça peut ajouter de l'huile sur le feu
je
crois que la réquisition chez ESSO est inévitable elle est assez logique à partir du moment où il y
a
un accord social signé par des syndicats représentatifs et majoritaires c'est assez logique dans le cadre total la CGT fait monter les enchères et dit au gouvernement chiche la réquisition demain à 6h allez-y si vous êtes cap en gros pour reprendre une formule un petit peu enfantine et donc on sent que ça monte sur une échelle de perroquettes c'est le climat social de la rentrée qui est en train de s'installer on l'attendait au mois de septembre en vérité sur les salaires dans les entreprises ça démarre là dans la plus grande l'entreprise la plus emblématique de France Mathieu Plannes ça sent le retour des gilets jaunes à plein nez non ? Est-ce que vous
voyez l'ombre des gilets jaunes
qui se passe ? Forcément tout le monde la voit il y a deux choses là-dessus la première c'est qu'effectivement le public le plus exposé au choc inflationniste c'est effectivement le public des gilets jaunes c'est ceux qui utilisent leurs voitures ceux qui sont dans le périurbain voire zone rurale c'est pas les grandes agglos effectivement c'est ceux qui sont plutôt dans des logements individuels et donc effectivement la facture énergétique elle explose pour eux sachant qu'ils sont plutôt en bas des salaires ils sont pas au SMIC mais juste au-dessus et or ils ont aucune garantie de revalorisation de leur salaire donc ils prennent le choc des deux côtés quelque part il y
a
beaucoup d'inflation et pas de garantie de hausse de salaire contrairement aux prestations retraite par exemple qui ont été augmentées
et
donc je pense que c'est effectivement un public qu'on retrouvera qui paye pleinement la crise après à la différence du mouvement des gilets jaunes le gouvernement essaye d'éponger la crise là aujourd'hui c'est-à
-dire
qu'il met en place un bouquet tarifaire des remises la crise des gilets jaunes même si finalement la crise énergétique était beaucoup moins grave elle part d'une hausse de taxes carbone quand il y
a
eu une baisse de l'ISF donc c'est plutôt un gouvernement qui l'avait provoqué c'est une décision gouvernementale qui à mon avis contribuait à déclencher la crise des gilets jaunes là aujourd'hui le gouvernement essaye de protéger par rapport à un choc international sur l'énergie donc c'est quand même l'origine est assez différente pour moi
mais
comme c'est un choc exogène les français peuvent se dire le gouvernement dans la discussion forcément l'origine du choc est quand même importante en tout cas d'être discuté et donc ça n'aura peut-être pas les mêmes conséquences les prévisions économiques du FMI qui sont sorties en début d'après-midi montrent que la France est
d
'assez loin le pays qui dans l'ensemble de l'Europe connaîtra l'inflation la plus basse cette année 5,8% en moyenne deux pays font un petit peu moins mais c'est particulier c'est la Suisse et la Norvège et tous les autres c'est beaucoup plus 17% aux Pays-Bas 12% en Belgique et 10% en Allemagne alors justement à propos d'étrangers ne peut-on pas se fournir en carburant auprès des dépôts situés dans les pays voisins Belgique Allemagne Italie Espagne c'est vrai que alors on
avait envoyé les Belges
venir profiter de la ristourne en France maintenant on voit le mouvement inverse
mais on le fait en fait on a déjà importé pour essayer d'abonder comme le gouvernement a essayé aussi de remettre du carburant en utilisant des stocks stratégiques mais tout ça ça coûte de l'argent quand vous importez vous importez souvent le cours du pétrole en plus à augmenter et puis les stocks stratégiques là vous piochez dedans il va falloir les reconstituer surtout dans le contexte dans lequel on est et la semaine dernière l'OPEB donc le cartel des producteurs de pétrole a pris la décision de réduire sa production ce qui a fait augmenter les prix donc il y a un risque que quand on reconstitue nos stocks on paye un peu plus cher
Mathieu Plannes question de Charlotte donc si je comprends bien seuls les salariés qui ont le pouvoir de nuisance peuvent obtenir quelque chose c'est Geoffroy Roux de Bézieux qui disait que le rapport de force quand même était en faveur des salariés en ce moment et qu'il fallait tous aller frapper à la porte de son patron
c
'est le moment effectivement non c'est le moment alors il
y a deux
choses là le point de négociation est particulier parce que chez Total c'est aussi les conséquences que ça a sur l'ensemble de l'économie la désorganisation donc le gouvernement y compris intervient les choses c'est que le rapport de force dans les entreprises a changé qui sont liés aux difficultés de recrutement et ce qui est rare normalement est cher et donc effectivement le pouvoir de négociation du salarié est modifié parce que l'employeur a besoin de vous et si vous partez il va avoir du mal à vous substituer et donc à recruter donc c'est le moment de négocier des hausses de salaire d'autant plus que l'inflation est là
c
'est à dire que quand vous avez 5 ou 6% d'inflation pour maintenir votre pouvoir d'achat il faut que votre salaire augmente de moins donc on peut le faire et on est fondé à le faire oui mais sauf que c'est pas ce qu'on voit en fait et c'est la particularité c'est que finalement il y
a
une inertie dans les hausses de salaire et ça a augmenté effectivement on est à peu près à 3% c'est mieux que ce qu'on avait l'année dernière mais l'inflation elle est passée de 1,5 à plus de 5 5 à 6 donc aujourd'hui les baisses de ce qu'on appelle le salaire réel sont pratiquement historiques donc c
'est
vrai que c'est un peu particulier on pourrait s'attendre entre l'inflation et les difficultés de recrutement qu'on ait une très forte hausse des salaires et moi je pense que ça va arriver avec retard en réalité c'est que les gens ont réalisé concrètement que cette inflation était durable plus les difficultés de recrutement et donc on risque d'avoir des effets de rattrapage d'où les questions de négociations salariales là à l'automne qui risquent d'être assez tendues donc ce qui se passe chez Total vous nous dites c'est un peu un avant-goût de ce qui pourrait se passer dans les autres entreprises parce qu'on va réaliser maintenant que patron il faut des augmentations oui c'est à dire qu'on vivait dans un monde où l'inflation était autour de 1% désormais c'est fini on n'est plus à 1% et ça c'est compris et donc on ne demande plus juste des primes et de l'intéressement on demande des augmentations généralisées pour couvrir le problème de l'inflation et puis en plus vous pouvez mettre les boîtes en concurrence aujourd'hui elles ont des difficultés à recruter vous pouvez dire si vous n
'êtes
pas content je vais voir l'employeur d'ailleurs on voit que les démissions n'ont jamais été aussi élevées donc c'est vrai que ça crée des relations sociales assez différentes ou qu'une pression sociale différente et je pense qu'effectivement tout ça risque d'aller en augmentant parce que cette inflation est là pour durer un petit moment c'est un point vraiment essentiel c'est à dire que les salariés ont tout à fait le droit de se tourner vers les employeurs depuis des années c'est l'état les finances publiques qui payent l'augmentation des pouvoirs d'achat la taxe d'habitation d'un côté les primes d'activité de l'autre une troisième baisse d'impôt sur le revenu l'entreprise
ne peut pas vous
augmenter donc l'état aide exactement c'est ce qui se passe depuis une dizaine d'années c'est aux entreprises aujourd'hui qui le peuvent naturellement mais c'est aux entreprises de faire le job c'est assez logique macroéconomiquement et microéconomiquement Fanny Guinochet qui seront les suivants ? la SNCF la RATP les dockers les routiers qui vont se mettre en grève pour obtenir les mêmes hausses de salaire
? il y a des risques alors en plus vous parliez des routiers ou des problèmes dans le transport je peux vous dire que les pénuries d'embauche elles sont extrêmement importantes donc effectivement là le rapport de force par exemple sur les routiers ou les transporteurs quand vous voyez les problèmes des chauffeurs de bus actuellement c'est un vrai sujet mais c'est vrai qu'on l
'a
un petit peu dit tout à l'heure c'est aussi il y a la question des salaires mais on va être aussi dans un contexte social où en plus on nous dit vos salaires ne vont pas augmenter et vous allez travailler plus longtemps il y a cette réforme des retraites qui est là qui est prévue quand même pour le début d'année en tout cas c'est ce que laisse entendre le gouvernement qui veut aller vite qui veut une réforme qui soit applicable dès l'été prochain donc ça veut dire début d'année janvier l'inflation je parle sous le contrôle de Mathieu Plan et de Dominique Seux et des économistes mais l'inflation a priori sera encore assez présente là c'est aussi un moment difficile la réforme des retraites ça touche tout le monde les retraités certes ont été indexés mais ils vont dire mon Dieu je ne
vais
pas avoir de retraite quand même mon pouvoir d'achat risque de baisser mes pensions vont diminuer les jeunes vont se dire on me demande je ne
vais
pas avoir de retraite et de travailler quand même plus longtemps c'est quand même un point de crispation extrêmement fort et là vous aurez pour l'instant on ne sait pas si Emmanuel Macron va s'attaquer au régime spéciaux ou en tout cas ceux qui y restent mais vous allez avoir certainement la fonction publique qui va se mobiliser et puis d'autres secteurs le secteur de l'hôpital et de la santé ne va pas très bien non plus là aussi vous avez des pénuries d'embauches vous avez quand même un certain nombre de secteurs où il y a une somme de choses qui peut aussi réapparaître notamment sur la question des conditions de travail
Sois-y qui aimait dire au sein du gouvernement il n
'y en
a pas qui s'inquiètent d'ailleurs de cette réforme des retraites qui pourrait cristalliser tous ces mécontentements qu'a décrit Fanny Guinochet
alors
pour l'instant ce qui est dit au sein du gouvernement mais ça peut évoluer très très vite c'est que cette réforme est nécessaire pour montrer à la fois le geste réformiste d'Emmanuel Macron et aussi pour rassurer les marchés après un budget qui est en train d'être discuté en ce moment qui est très dépensier donc c'est une façon de donner des signaux dire oui la France veut se réformer oui la France veut faire quelque chose donc pour l'instant il n
'y a
pas de remise en cause mais si le climat social s'envenime effectivement on sera comme d'habitude c'est à dire qu'on mesurera il y
aura
une espèce de balance qui sera faite on se souvient la dernière fois la réforme des retraites il y
avait
eu un 49-3 et puis ça s'était arrêté parce qu'il y
avait
la crise
du Covid
donc l'histoire est arrêtée elle peut reprendre à tout moment
et
bien merci beaucoup d'avoir participé à cette émission vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Elisabeth Le Mouane bonsoir Anne-Elisabeth alors au programme ce soir de c'est à vous
on
prolonge vos débats avec le bras de fer engagé par le gouvernement avec les grévistes des raffineries on a parlé de la procédure de réquisition annoncée cet après-midi à l'Assemblée nationale par Elisabeth Borne le gouvernement compte-t-il agir de même avec les salariés de Total qui ont cessé le travail depuis fin septembre et est-ce que ça va régler pour autant la situation ce sont des questions qu'on pose au ministre des Transports Clément Beaune qui sera dans un instant notre invité
c'est à vous c'est à suivre Anne-Elisabeth Le Mouane bonne soirée sur France 5 et on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air