Rodéos urbains : Face à l’hyperviolence, Bruno Retailleau appelle « à une révolution pénale »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00FerméeRéponse directe
Quand le gouvernement prendra enfin les mesures de fermeté qui s'imposent pour mettre fin à cette escalade de l'horreur ?
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Monsieur le ministre, samedi dernier alors qu'il tentait de mettre fin à un rodéo urbain, un sapeur pompier déviant a été volontairement chefauché par un multirécidiviste de 19 ans avec une violence inouie. Quelques minutes après, ce même délinquent bien connu des services est revenu cracher sur la victime alors qu'elle gisait au sol. Ce pompier volontaire de 38 ans, père de famille, est encore aujourd'hui dans un état très grave et je veux avoir une pensée pour lui et sa famille.
Le lendemain, toujours en haute Savoie, deux sapeurs pompiers ont à nouveau été pris à partie par un individu qui les a frappé alors qu'il soignait sa femme enceinte. Monsieur le ministre, nous ne sommes pas là face à des faits divers, mais à des faits de société abominable qui en disent long sur le niveau de décivilisation où nous sommes. Nous avons atteint un point de bascule dans le sentiment d'impunité.
Quand on est capable de faucher volontairement un pompier, celui qui donne de son temps pour secourir et sauver son prochain, c'est qu'il n'y a plus de limite en France. Oui, c'est une réalité. Ces barbares, ses délinquents n'ont plus peur de la justice ni de la loi.
Ils savent qu'aussitôt arrêter, ils ressortiront libres sans avoir rien compris ni appris. Alors, ma question est simple, monsieur le ministre. Quand le gouvernement prendra enfin les mesures de fermeté qui s'imposent pour mettre fin à cette escalade de l'horreur ?
Pour vous répondre, la parole est au ministre d'État, ministre de l'intérieur, monsieur Rotaillot. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la sénatrice, je vais répondre en lieu et place de mon collègue Gardessa qui est avec le président de la République. Vous savez que c'est la commémoration du crime des deux agents pénitentiaires lors de l'évasion de monsieur Amra.
Euh vous avez raison et je l'ai dit à vos côtés le weekend dernier, euh ce crime, cette tentative d'homis comme l'a très bien qualifié le procureur de la République, ça n'est pas un fait d'hivers, c'est un fait de société. Ce qui est encore plus choquant, c'est que euh le voyou, après avoir percuté le sapeur pompier à toute vitesse, a fait demi-tour, à baissé sa vitre, à cracher sur la victime et sur celui son camarade qui était en train de lui porter secours. Ça c'est absolument inadmissible.
Je pense, et vous avez parfaitement raison, qu'il faut une réponse à la hauteur de la gravité des événements. La première de ces réponses, je vous la donne simplement avec trois chiffres. Ce voyou, 19 ans, jeune majeur, 15 anécédenes judiciaires, moins de 6 jours de prison.
Et encore, ces 6 jours de prison, c'était de la préventive. Je pense que on ne règlera pas l'hyperviolence notamment des mineurs sans une réforme mais au-delà d'une réforme une révolution pénal puisque aujourd'hui on a choisi d'enfermer tous ces jeunes dans des longs parcours de violence où la sanction tombe trop tardivement lorsque souvent il y a des crimes de sang et en tout cas on ne peut même plus eux-mêmes les rattraper. Donc pour la victime c'est trop tard et pour eux-même c'est aussi trop tard.
J'appelle cette réforme depuis longtemps de tous nos vœux. Et puis il y a un point qui dépend du ministère de l'intérieur, c'est la doctrine face au rodéo. Jusqu'à présent, il y a deux doctrines.
Il y a la doctrine police euh préfecture de Paris avec des droits de poursuite et sur le reste de la France, gendarmerie, police nationale, pas de poursuite. La circulaire que je signerai dans quelques jours autorisera sur l'ensemble du territoire les poursuites bien sûr dans des conditions de sécurité mais les poursuites lorsqu'il y a rodéo. Je voudrais simplement dire que nous avons fait des gros efforts.
Nous avons confisqué plus de 55 % de véhicules depuis 6 mois et que depuis 1 an, ce sont pas moins de 52 % de plus de personnes interpellées. Voilà ce que je voulais vous dire. Comptez sur ma détermination.
Ah.
Bruno Retailleau