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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 novembre 2021 26 min

Pass sanitaire et troisième dose, Eric Zemmour dans le débat politique... Le 8h30 franceinfo de Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, bienvenue à tous dans le 8.30 politique de France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ankaoua de la chaîne LCP. Bonjour Myriam.

0:11
Yaël Braun-Pivet

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:13
Présentateur

Nous recevons ce matin la présidente de la commission des lois de l'Assemblée et députée La République En Marche, Desively Niel Braune-Pivet. Bonjour à vous. Bonjour. Emmanuel Macron va prendre la parole mardi soir, 20h. Il va parler de la crise sanitaire, de l'économie. Habituellement, c'est rarement pour annoncer de bonnes nouvelles. Pourquoi parle-t-il maintenant ?

0:35
Invité

Parce qu'il l'a parlé aux Français au début du mois de juillet, qu'il est important qu'à intervalles réguliers, il s'adresse à la nation parce que nous ne sommes pas encore sortis de l'épidémie. Nous venons d'adopter un nouveau texte à l'Assemblée nationale. Donc je crois que ces rendez-vous réguliers de dialogue avec les Français sont importants pour faire le point, pour dresser des perspectives.

0:55
Présentateur

Ce n'est pas lié forcément à une aggravation de la crise ?

0:57
Invité

On voit que la crise subsiste. Malheureusement, en ce moment, les chiffres ne sont pas très bons. On voit qu'il y a par endroit une résurgence de l'épidémie. On voit qu'on a certains territoires d'outre-mer qui sont encore en état d'urgence sanitaire avec des mesures plus strictes. Donc nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge. Donc c'est important que le Président s'adresse à nos concitoyens pour expliquer, pour dire où nous en sommes, tracer des perspectives. Je crois que les Français attendent ça de lui.

1:23
Yaël Braun-Pivet

Qu'il soit rassurant et pédagogique ou qu'il tape du poing sur la table face au relâchement qu'on a tous vu sur les gestes barrières autour de nous ?

1:31
Invité

Alors on ne se relâche pas tant que ça. Moi je crois que ça n'est pas exact et je crois que c'est ça qui nous permet d'avoir de bons résultats finalement et de bons chiffres par rapport à d'autres pays d'Europe notamment. Donc moi je crois que les Français restent vigilants. On voit bien qu'ils se sont vaccinés en masse, qu'ils continuent à être très attentifs. Et c'est ça qui va nous permettre de gagner cette bataille mais qui n'est pas encore gagnée. Donc le Président qu'il s'adresse aux Français, je crois que ce qui est important c'est qu'il soit très clair. Il l'est toujours, de la clarté, de la vérité parce qu'il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt.

2:05
Yaël Braun-Pivet

Alors justement, sera-t-il clair sur la troisième dose ? C'est la difficulté du gouvernement. Les plus de 65 ans et les plus fragiles doivent la faire, cette troisième dose. Mais ils traînent les pieds. Faut-il conditionner ce rappel au pass sanitaire ? Écoutez Gabriel Attal à l'issue du Conseil des ministres cette semaine.

2:22
Invité

Je vous ai dit la semaine dernière que c'est une idée qui fait son chemin, sur laquelle nous travaillons. Ce que je vous ai dit aussi, c'est que c'est une décision que nous serions amenés à prendre dès lors que nous aurions une recommandation des autorités de santé en ce sens. Nous avons ces derniers jours saisi les autorités de santé sur ce sujet-là. Nous attendons leur retour dans les prochaines semaines.

2:41
Yaël Braun-Pivet

Conditionner le pass sanitaire à la troisième dose, est-ce que vous y êtes favorable ?

2:44
Invité

Je crois que la réponse a été claire. Ça dépendra de ce que nous diront les autorités de santé. Ce qui est certain, c'est que cette troisième dose, elle est requise pour un certain nombre de publics qui tend à s'élargir parce qu'effectivement, l'efficacité vaccinale baisse.

2:57
Yaël Braun-Pivet

Vous avez des collègues dans la majorité qui sont déjà contre l'idée, ce serait un pas de plus vers le contrôle social, de conditionner, c'est-à-dire d'activer ou désactiver le QR code en fonction de cette troisième dose. On se dit que ça va être quand même très compliqué à mettre en avant.

3:10
Invité

C'est plutôt une question de cohérence par rapport au pass sanitaire. Le pass sanitaire atteste du fait que vous êtes protégé contre le Covid et que votre vaccin est actif. Si au bout d'un certain temps, le vaccin n'est plus actif et qu'il faut une dose de rappel, il y a une certaine logique à le lier au pass sanitaire. Maintenant, nous verrons ce que nous diront les autorités de santé. Moi, je ne suis pas médecin, donc je n'ai pas à me prononcer sur cela. En revanche, il faut impérativement que notre pass sanitaire reste efficace.

3:41
Présentateur

Alors, à propos du masque qui sera de nouveau obligatoire dans les écoles primaires de 39 départements, je crois, à partir de lundi, pourquoi ne pas le généraliser dans toute la France tout de suite, puisque c'est ce qui arrivera très probablement ? Un médecin nous le disait encore tout à l'heure sur l'antenne de France Info.

3:59
Invité

Moi, je ne suis pas devin, donc je ne peux pas dire ce qu'il va arriver. Et notre responsabilité en tant qu'hommes et femmes politiques, c'est d'adapter notre action en fonction d'une situation présente aujourd'hui.

4:12
Présentateur

Elle n'est pas si différenciée, visiblement, sur l'ensemble de la France, cette situation ?

4:15
Invité

Si, elle est différente. Il faut regarder territoire par territoire. C'est pour ça que nous avons, sur un certain nombre de mesures, donné la main au préfet, pour que, justement, on puisse territorialiser certaines mesures, pas toutes, parce que, pour d'autres mesures, typiquement, tel le pass sanitaire, le choix est fait de le garder sur un rayon national. Le masque à l'école, ça dépend des situations, mais on voit en même temps qu'il faut rester vigilant, parce que, lorsque l'on l'a enlevé, on a eu une résurgence très rapide des cas, et il faut le remettre. Donc, soyons attentifs, soyons réactifs, surtout, ne soyons pas dogmatiques.

Il faut impérativement, vraiment, avoir une gestion très fine de cette épidémie, étaler dans le temps, s'adapter, réagir quand il faut le faire, et ne pas tarder à le faire quand c'est nécessaire, mais n'ayons pas des positions de principe dogmatique, qui, à mon sens, seraient inefficaces et seraient incomprises.

5:09
Yaël Braun-Pivet

Vous décrivez une mesure, une méthode, au cas par cas, sur la crise sanitaire. Vous nous dites qu'il ne faut pas être dogmatique, mais, justement, le pass sanitaire, vous avez refusé la territorialisation voulue par les sénateurs, la volonté de faire du sur-mesure en fonction du taux d'incidence, en fonction du taux de vaccination. Pourquoi ? Pour quelles raisons ?

5:30
Invité

Parce que, premièrement, les autorités de santé nous ont dit qu'il ne fallait pas territorialiser le pass sanitaire, que ça ne serait pas efficace, qu'on perdrait en efficacité, en lisibilité et en compréhension. Comment expliquer que, sur un territoire, vous avez le pass sanitaire, et qu'en franchissant une frontière invisible, puisque la frontière départementale n'est pas visible, vous n'auriez plus, à quelques kilomètres de là, besoin du pass sanitaire ? Ça serait incompréhensible pour nos compatriotes. Donc, moi, je crois qu'il faut, encore une fois, avoir des mesures qui soient adaptées, mais surtout lisibles, claires, compréhensibles pour nos concitoyens. Restez très prudents.

Nous ne sommes pas sortis d'affaires.

6:13
Yaël Braun-Pivet

Tout à fait. Mais le fait d'enjamber la présidentielle et les législatives avec ce pass sanitaire, qui peut être prolongé jusqu'à la fin de l'été, jusqu'au 31 juillet 2022, vous ne pensez pas que... Voilà, on ne sait pas ce qui va se passer. Vous donnez les clés de cet outil au successeur d'Emmanuel Macron s'il n'est pas réélu. Est-ce que c'est démocratique, ça, sans contrôle parlementaire ?

6:34
Invité

Alors, c'est très, très démocratique, puisque c'est un vote du Parlement. Nous en sommes à notre neuvième vote sur la question sanitaire. Pratiquement 200 heures de débat. Moi, j'ai fait mes calculs en commission des lois. J'ai passé, depuis le début de la crise, 25% de l'activité de la commission des lois a été consacrée à la gestion de la crise sanitaire. Donc, le Parlement est pleinement saisi de ces sujets.

6:58
Yaël Braun-Pivet

Donc, vous auriez pu faire une fois de plus avec une clause de revoyure

7:01
Invité

pour les parlementaires avant l'été ? Nous avons, dans le texte, conditionné l'utilisation faite par le gouvernement du pass sanitaire à la situation sanitaire et aux indicateurs, taux de saturation, taux d'incidence, nombre de cas relevés sur le territoire. Nous l'avons conditionné. Nous avons accru les moyens d'information du Parlement et nous avons accru le contrôle du Parlement en prévoyant notamment des rapports réguliers tous les mois. Moi, j'invite vos auditeurs et vos téléspectateurs à se rendre sur le site de la commission des lois. Sur le site qui est accessible à tous de la commission des lois, il y a un onglet crise sanitaire.

Et ils pourront consulter, s'ils le souhaitent, tous les rapports. Il y en a plus d'une quarantaine remis par le gouvernement au Parlement sur la crise sanitaire qui détaille l'ensemble des actes pris et l'ensemble des effets de ces actes. C'est très important parce qu'il faut être transparent sur la gestion de cette crise.

8:00
Présentateur

Yael Brunpivet, invité du 830 France Info ce matin. On se reparle juste après le Filinfo avec Lisa Guyenne.

8:05
Invité

Une cérémonie pour les victimes d'abus sexuels et un geste pénitentiel ce matin à Lourdes à l'Assemblée des évêques de France. Les évêques y ont reconnu hier et c'est une première la responsabilité systémique de l'institution un mois après les révélations du rapport sauvé. Alexandre Benalla annonce faire appel de sa condamnation à trois ans de prison dont un enferme, condamnation entre autres pour les violences contre des manifestants à Paris en mai 2018. La cour a jugé les explications de l'ancien collaborateur de l'Elysée, absurde et irresponsable. Aux Etats-Unis, au moins huit morts et plusieurs autres blessés dans un mouvement de foule lors d'un festival de musique à Houston.

On l'apprend ce matin. Au sixième jour de la COP26, des appels à manifester partout dans le monde. Aujourd'hui, pour demander la justice climatique. Hier à Glasgow, déjà des milliers de jeunes se sont mobilisés, emmenés par la militante suédoise Greta Sundberg. Le retour d'un roi au FC Barcelone. Le club a officialisé dans la nuit et l'arrivée de son nouvel entraîneur, Xavi, ancienne star du Barça et champion du monde en 2010. France Info.

9:11
Présentateur

C'est Yael Brunpivet qui est l'invité du 8.30 politique France Info ce matin. Myriam Ancawa.

9:15
Yaël Braun-Pivet

Oui, cette semaine fut aussi marquée par la présentation du contrat d'engagement pour les jeunes. Un dispositif permettant à 400 000 jeunes décrocheurs, entre 16 et 25 ans sans formation ni travail, de bénéficier d'un accompagnement des missions locales de l'État et puis d'une aide jusqu'à 500 euros par mois. Écoutez ce qu'en pense Xavier Bertrand en début de semaine sur France 2.

9:37
Locuteur non identifié

Mais qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles. On a un président qui ne se soucie pas du long terme, qui ne se soucie pas de remettre tout sur le travail.

9:44
Invité

C'est une mesure électoraliste.

9:45
Locuteur non identifié

Mais bien sûr, il fait campagne avec le chéquier de la France tous les jours. Et ça c'est insupportable.

9:51
Yaël Braun-Pivet

Voilà, Xavier Bertrand qui vous dit que vous faites de l'assistanat aux frais du contribuable.

9:57
Invité

Écoutez, on vient de traverser une crise très grave et on disait qu'elle n'était pas terminée. Nous savons tous que nos jeunes ont terriblement souffert pendant cette crise, que beaucoup ont dû interrompre leurs études parce que les conditions d'études étaient trop difficiles, ils étaient trop isolés et ces jeunes-là, on ne peut pas les laisser sur le bord de la route, on ne peut pas les abandonner. Notre responsabilité...

10:20
Yaël Braun-Pivet

Ceux-là ne sont pas forcément tous décrocheurs de ce dispositif. Les étudiants par exemple ne font pas partie de ces aides.

10:26
Invité

S'ils sont décrocheurs et s'ils ne sont plus en étude du fait du Covid, ils feront évidemment partie de ces aides. Ces aides s'adressent à ceux qui sont complètement éloignés de tout parcours de formation et nous devons prendre soin d'eux aujourd'hui. On ne va pas attendre... Xavier Bertrand nous parle du temps long. Bien sûr qu'il faut s'occuper du temps long, mais il faut également, et c'est notre responsabilité, nous qui sommes aujourd'hui aux manettes, de prendre soin d'eux et de leur proposer aujourd'hui un avenir.

10:56
Yaël Braun-Pivet

Ça fait des semaines et des semaines que le gouvernement travaille sur ce dispositif. Alors la droite dit que c'est de l'argent jeté par les fenêtres, mais la gauche en revanche, elle est très insatisfaite. On avait l'impression que ça pouvait être beaucoup plus ambitieux. Il n'y a que 100 000 nouveaux entrants dans ce dispositif.

11:11
Invité

Ce qui est ambitieux, c'est de faire un accompagnement très étroit de ces jeunes. Parce que l'on sait que lorsque l'on est jeune, lorsque l'on est décrocheur, ça n'est pas pour rien, ça n'est pas un hasard si vous décrochez des études. Et donc ces jeunes-là, il faut vraiment les coacher, il faut les accompagner, il faut les suivre, il faut faire en sorte qu'ils repartent dans un cycle de formation. On voit en ce moment que notre chômage est bas, que les entreprises embauchent. Il faut absolument que les jeunes profitent de ces opportunités d'embauche. Il n'y a qu'à traverser la rue pour trouver du travail, c'est ça ? Justement non.

Il faut les accompagner, il faut les aider, il faut leur prendre la main pour les remettre sur le chemin du travail. Et c'est ce que nous allons faire avec ce plan. Donc vraiment, moi je ne comprends pas d'avoir juste des critiques à cet égard, alors que notre jeunesse, nous sommes tous concernés et c'est l'avenir du pays, nous devrions au contraire être tous unis pour leur ouvrir une voie d'avenir.

12:07
Yaël Braun-Pivet

La jeunesse justement qui défile en ce moment à Glasgow et qui interpelle ses aînés. Écoutez Greta Thunberg.

12:16
Locuteur non identifié

Ceux qui d'ailleurs ont négocié le traité de sortie avec le Brexit et nous avaient dit ne vous inquiétez pas tout va bien, par exemple, on constate qu'effectivement...

12:24
Yaël Braun-Pivet

Ça vous l'avez reconnu, c'est Christophe Castaner. On va essayer d'écouter la jeune leader du mouvement pour le climat, la Suédoise Greta Thunberg.

12:33
Locuteur non identifié

On va tout faire pour qu'il puisse continuer à exercer le métier. Ce n'est pas un secret. La COP26 est un échec. On ne peut pas résoudre une crise avec les mêmes méthodes que celles qui nous ont plongé dans cette même crise.

12:50
Présentateur

Voilà, on a réussi à l'entendre.

12:52
Yaël Braun-Pivet

La COP26 qui serait d'ores et déjà un échec pour Greta Thunberg, qu'est-ce que vous lui répondez ?

12:58
Invité

D'une part, qu'on a besoin d'avoir des jeunes qui s'engagent, des jeunes qui croient, des jeunes qui font que la planète entière se mobilise. Donc, ils participent et ils ont leur utilité dans ce processus-là de prise de conscience et d'action.

13:14
Yaël Braun-Pivet

Donc, c'est essentiel. Elle n'est pas la seule à le dire, d'ailleurs.

13:21
Invité

Elle n'est pas la seule à le dire, mais moi, je serais beaucoup plus mesurée. Ce n'est pas vrai que ça ne sert à rien. Ce n'est pas vrai. Parce qu'on sait tous que la bataille du climat se gagnera ensemble. Et que si nous n'avons pas une coordination de l'ensemble des pays, si nous n'avons pas des pays qui se bougent d'un seul mouvement, on n'y arrivera pas.

13:38
Présentateur

Les objectifs ne sont jamais atteints, ne sont même jamais respectés. Par l'ensemble des États, quel que soit le numéro de la COP, de la 21 à aujourd'hui, c'est la même chose.

13:47
Invité

Oui, mais on ne peut pas nier qu'on a fait des immenses progrès en la matière grâce aussi à ces COP, grâce à ces mobilisations. Donc, qu'elles mettent des objectifs ambitieux, que chacun apprêt trace des chemins pour y arriver. Nous voyons bien que chacun n'avance pas forcément au même rythme, qu'il y a aussi des situations politiques. Regardez, aux États-Unis, la période Trump nous a fait perdre un temps fou.

14:11
Présentateur

Le Brésil.

14:12
Invité

Et donc, le Brésil, la Chine en ce moment, qui repart sur certaines centrales à charbon. Donc, on voit bien que chacun n'arrive pas au même rythme, n'avance pas au même rythme. C'est le cœur du problème. C'est le cœur du problème. Mais justement, c'est dans ce type d'événements qu'on peut réussir à réimpulser un mouvement global, une dynamique. Donc, il ne faut pas s'en passer. Mais, évidemment, il ne faut pas se contenter de cela. C'est insuffisant. Mais, c'est indispensable.

14:37
Yaël Braun-Pivet

Les jeunes, également, regardent très près ce qui se passe à Calais. Et ils interpellent les dirigeants. Elle est très difficile, cette situation. Des centaines de migrants tentent toujours de traverser la Manche. Le bilan humain s'alourdit. Deux morts, quatre disparus. La création d'un sas d'hébergement d'urgence n'est manifestement pas suffisant à entendre les associations. Qu'est-ce que vous proposez ? C'est très compliqué, Calais.

15:01
Invité

C'est très compliqué depuis des dizaines d'années. C'est compliqué parce que les migrants qui sont là-bas ne veulent pas rester en France. Ils veulent aller en Angleterre. Donc, nous, toutes les mesures que l'on fait sur de l'accompagnement, sur des hébergements, des propositions d'hébergement, même un accueil sur notre territoire, en fait, ne conviennent pas à ces populations qui ne souhaitent pas être en France.

15:23
Présentateur

Le centre de la Croix-Rouge à Sangatte convenait plutôt pas mal ?

15:27
Invité

Non, pas plus. Moi, je crois vraiment que cette situation, malheureusement, on ne pourra jamais la régler tout seul. On a besoin de relancer et d'avoir un dialogue étroit avec les Anglais, évidemment, et de relancer la question européenne sur l'asile. Ce sont, encore une fois, des sujets qu'on ne pourra jamais régler seul.

15:47
Présentateur

Est-ce qu'il faut, en attendant, comme c'est le cas en ce moment, empêcher les migrants de s'installer, les empêcher de poser leur tente, prendre les tentes, les matelas, etc. Est-ce qu'il faut continuer à faire ça ? Les évacuations, oui.

15:57
Invité

Il faut continuer, à mon sens, à leur proposer des solutions d'hébergement dignes quand ils sont dans des tentes en plein air à l'approche de l'hiver. Leur prendre leur tente. Ça n'est pas très digne, moi, je crois. Et donc, leur proposer... On les incite en prenant leurs affaires. Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est leur proposer des solutions d'hébergement pérennes et stables qui, elles, sont dignes, mais qui, effectivement, ne sont pas forcément sur place. Ne sont pas forcément sur place. Il faut, et c'est le schéma national d'accueil, il faut les orienter sur l'ensemble du territoire national, ceux qui ne veulent pas. Et c'est là où ça devient très complexe.

Parce que sur la question des évacuations, vous ne répondez pas.

16:34
Yaël Braun-Pivet

Il y a la question de la mise à l'abri et il y a la question de l'évacuation des camps. Les associations demandent un moratoire là-dessus. Mais la mise à l'abri, c'est aussi l'évacuation des camps.

16:43
Invité

Donc, vous assumez, il faut évacuer. Continuez.

16:45
Présentateur

Donc, confisquer les affaires, je le redis, c'est très simple, confisquer les affaires, enlever les tentes.

16:50
Invité

Encore une fois, je ne me satisfais pas. Vous savez, moi, j'ai travaillé longtemps dans l'humanitaire. Je ne me satisfais pas d'avoir des personnes qui sont dans des tentes par les températures qui vont venir. Ça n'est pas pour moi des conditions dignes d'accueil. Donc, résultat, il faut qu'on les héberge ailleurs. C'est ça, moi, ma position. Donc, si, pour les héberger ailleurs, il faut démanteler ces camps de tentes... Et les laisser dormir dehors quelque temps. Non, pas les laisser dormir dehors. C'est ce qui se passe. Les reloger ailleurs. Pas les laisser dormir dehors, bien évidemment.

17:22
Présentateur

Myriam.

17:23
Yaël Braun-Pivet

Alors, c'est peut-être le rappel...

17:25
Présentateur

Ah oui, exactement, vous avez raison. Vous avez raison. On donne plutôt la parole à Lisa Guyenne pour le fil info, puisqu'il est 9h10.

17:31
Invité

Un festival de musique qui vire au drame à Houston, aux Etats-Unis. Un mouvement de foule a fait au moins 8 morts et une vingtaine de blessés ce matin. D'après les autorités, la foule s'est pressée vers le devant de la scène, ce qui a provoqué un début de panique. Il conteste son implication et vient de passer sa première nuit en détention provisoire. Le chanteur Jean-Luc Laet est mis en examen pour viol et agression sexuelle sur deux mineurs, des adolescentes qui l'accusent de relaxions forcées sous emprise à partir de 2013. Le naufrage du Bugalé-Bresse n'est plus un mystère pour la justice britannique.

Une cour a jugé hier que le chalutier a coulé il y a 18 ans à cause d'un accident de pêche. Les familles des cinq marins bretons disparus restent persuadées que c'est un sous-marin de l'armée anglaise qui est en cause. Ils passent leurs dernières heures à bord de la Station Spatiale Internationale. C'est la fin de six mois de mission pour Thomas Pesquet et son équipage. Ils rentrent sur Terre. Départ demain de l'ISS, arrivée prévue lundi après-midi au large de la Floride. France Info.

18:34
Présentateur

Yaël Braun-Pivet, l'invité du 8.30 politique ce matin. Je voulais qu'on parle de la condamnation d'Alexandre Benalla. Trois ans de prison, dont un ferme, donc pour cet ancien collaborateur du Président de la République. Vous présidiez la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale où on vous a accusé de vouloir enterrer cette affaire. Et le Sénat notamment dit que sans lui, on n'en serait pas là aujourd'hui.

18:59
Invité

Ça n'est pas exact. La justice s'est saisie dès l'origine de cette affaire. Il faut bien que vos auditeurs comprennent qu'il y a l'action de la justice et l'action du Parlement qui ne sont pas les mêmes et qui n'ont pas les mêmes objectifs. Le Parlement, lorsqu'il fait une commission d'enquête, normalement il n'intervient pas à chaud et il doit agir pour savoir si les pouvoirs publics ont bien fonctionné. La justice vient pour sanctionner des faits répréhensibles et on voit qu'elle est entrée en voie de condamnation pour Alexandre Benalla. Donc le rôle du Parlement n'était pas de condamner Alexandre Benalla ou de voir si les faits pénaux étaient constitués ou pas.

Moi j'ai toujours dit que les faits commis par cette personne étaient d'une gravité extrême et qu'il fallait que la justice s'en saisisse, fasse son travail et on voit qu'elle est allée à son terme et qu'elle est entrée en voie de condamnation.

19:54
Présentateur

Quel que soit le comportement du Parlement par ailleurs.

19:57
Invité

Mais ça n'a rien à voir en fait. Ce que je veux dire c'est que c'est vraiment deux choses très différentes que le Parlement a joué son rôle. Le Parlement, son rôle c'est de contrôler l'action du gouvernement. Et c'est ce qu'il a fait et la justice a joué son rôle et je crois qu'il y a encore un certain nombre d'instructions et d'affaires qui sont en cours vis-à-vis de cet individu. Donc la justice suit son cours et c'est bien normal.

20:19
Yaël Braun-Pivet

En termes d'images du Parlement, vous savez comme moi que l'Assemblée nationale a un pouvoir de contrôle de l'exécutif. Vous n'avez pas l'impression au vu des condamnations c'est bien qu'il y avait une affaire. Il y a des condamnations qui sont lourdes aujourd'hui de la justice. Que le fait que l'Assemblée n'ait pas été au bout de ses auditions n'ait pas pu faire un travail de contrôle c'est terrible, non ?

20:39
Invité

Écoutez, l'Assemblée nationale si l'on se remémore la façon dont ça s'est passé s'est saisie effectivement de son action de contrôle et a ouvert une commission d'enquête et les oppositions je le rappelle à l'époque ont boycotté cette commission d'enquête et c'est la raison pour laquelle moi je n'ai pu que constater qu'elle devait prendre fin puisque les oppositions ne souhaitaient plus y participer. Alors allons boycotter

21:03
Présentateur

après de nombreux épisodes qui vous étaient reprochés sur le moment.

21:07
Invité

Écoutez, on ne va pas refaire l'histoire. On ne va pas faire le film, bien entendu. Mais voilà pourquoi ils ont boycotté. En étant très claire, un, souhaiter que la justice fasse son oeuvre et c'est ce qui est en train de se passer et c'est ce qui s'est passé hier et deux, que le Parlement puisse jouer son rôle et malheureusement je n'ai pas pu aller au bout parce que les oppositions n'ont pas souhaité poursuivre ce travail. Le Sénat a rendu un rapport il n'a pas été non plus beaucoup plus loin. Donc ce qui est important moi je crois c'est que vraiment la justice et c'est ça qui est important soit ait pu poursuivre son action et c'est ce qu'elle fait

21:42
Yaël Braun-Pivet

et c'est ce qu'elle a fait hier.

21:43
Invité

Myriam Brunpivet

21:44
Yaël Braun-Pivet

Vous allez regarder le premier débat entre les candidats à l'investiture des Républicains c'est en début de semaine lundi soir.

21:51
Invité

Alors c'est lundi soir donc oui je pense que je le regarderai d'un neuf attentif.

21:55
Yaël Braun-Pivet

le plus difficile à battre pour Emmanuel Macron

21:58
Invité

Écoutez là

21:59
Yaël Braun-Pivet

Barmier, Pécresse, Bertrand

22:01
Invité

Je n'en ai pas la moindre idée je crois que moi en tout cas et nous dans la majorité présidentielle aujourd'hui nous nous plaçons dans la construction déjà d'une action aujourd'hui pour les Français et donc nous continuons à agir on a parlé tout à l'heure du contrat jeune et c'est ce que nous continuerons à faire jusqu'au bout On a l'impression que Michel Barmier

22:22
Yaël Braun-Pivet

commence à inquiéter beaucoup dans les rangs de la majorité Christophe Castaner qu'on a entendu brièvement expliquait qu'au fond il n'était pas irresponsable de la crise entre le Royaume-Uni et la France sur les licences de pêche qu'il avait mal négocié finalement l'accord du Brexit qu'il y avait des trous dans la raquette c'est de sa faute la crise avec les pêcheurs Michel Barmier ?

22:43
Invité

Écoutez, franchement moi je ne me pose pas comme ça dans ma réflexion je vais laisser les Républicains établir un petit peu continuer à débattre entre eux pour choisir leur candidat franchement moi ça ne me regarde pas ça ne me concerne pas je regarderai ça d'un oeil attentif parce que c'est la politique et que j'adore la politique mais après je laisse les Républicains choisir leur candidat et nous verrons après et nous débattrons bien évidemment avec le candidat qu'ils auront choisi

23:13
Yaël Braun-Pivet

Éric Zemmour ça vous concerne le niveau élevé dans les intentions de vote on a pu lire dans le Parisien ce matin que vous aviez flippé je cite au moment d'un dîner avec des proches constatant que beaucoup de votre entourage étaient tentés par ce vote là

23:30
Présentateur

et que vous avez quitté la table c'est ça ?

23:32
Invité

alors je n'ai pas lu cet article du Parisien mais c'est vrai c'est vrai ?

ah voilà non mais c'est vrai je confirme non c'est un phénomène qui existe et donc il faut il faut le regarder attentivement moi je suis toujours surprise parce qu'effectivement on voit que certaines thèses prennent dans l'opinion et donc il faut il faut s'en préoccuper maintenant moi en tant que femme lorsque j'entends ces propos sur les femmes et notamment sur les femmes politiques lorsqu'il écrit que les femmes politiques sont forcément soit des épouses soit des maîtresses du fait des lois sur la parité je trouve ça très dégradant pour les femmes politiques que nous sommes mais quitter la table et donc franchement je pense que le débat ne va pas forcément être très élevé

24:16
Présentateur

quitter la table plutôt que d'essayer de convaincre ses potentiels partisans

24:20
Invité

mais vous ne savez pas combien de temps j'ai passé à essayer de les convaincre avant quitter la table dites-le nous non mais écoutez franchement

24:29
Yaël Braun-Pivet

on voit un très gros durcissement dans la riposte aujourd'hui contre Zemmour François Bayrou a dit qu'il était inhumain Xavier Bertrand son programme est une folie Anne Hidalgo c'est un guignol et le grand rabbin de France Rahim Corsia qui estime que Eric Zemmour est antisémite il a raison de dire ça

24:44
Invité

en tout cas c'est vrai que alors je ne sais pas si lui est antisémite mais en tout cas il est entouré d'un certain nombre de personnes qui sont très clairement antisémites moi j'ai vu des images récemment d'un groupuscule qui le soutiendrait et qui s'entraînent à tirer sur des caricatures antisémites donc moi je suis quand même très inquiète je suis de confession juive j'ai déjà été attaquée à de nombreuses reprises parce que du fait de ma religion je suis c'est pour ça que je vous disais moi je suis inquiète parce que je suis une femme parce que je suis juive et je trouve qu'aujourd'hui en 2021 avoir des débats politiques qui se placent sur ce terrain là mais c'est inimaginable et je suis vous voyez je me faisais cette réflexion je vais vous confier une réflexion très personnelle moi j'ai mes grands-parents qui ont immigré en France parce que juifs et parce que pour chasser par les nazis et bien je suis finalement heureuse qu'ils ne soient plus là aujourd'hui et qu'ils n'entendent pas et qu'ils ne voient pas ce débat public de cette façon là je crois qu'ils auraient eu honte du pays qui les a accueillis et de la France qu'ils ont tant aimé

25:50
Présentateur

on va s'arrêter là dessus Yael Roi-Pivet merci beaucoup invité du 830 France Info ce matin retrouvez sur

25:56
Invité

franceinfo.fr et l'appli Radio France si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisée La Bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr et sur le site Info

26:13
Locuteur

sur le site Info sur le site Info