Présidentielle 2027 : même sans François Bayrou, le MoDem compte "peser sur le débat", assure Marc Fesneau
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France Inter. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Il y aura peut-être ce soir une candidature de plus pour 2027. Jean-Luc Mélenchon pourrait être désigné dès aujourd'hui par la France insoumise pour prendre le départ de la course à l'Elysée une quatrième fois. Candidat déclaré, candidat potentiel, la liste est déjà longue, vous la connaissez. François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau et puis au Rassemblement National, dans l'attente du jugement du 7 juillet, Jordan Bardella et Marine Le Pen. Tout à gauche et tout à droite, aux extrêmes, la situation est donc à peu près claire.
Entre les deux, c'est la grande recomposition du paysage politique. Alors que veulent y porter ceux qui estiment qu'ils sont le centre ? Comment peser sur les programmes ? Y aura-t-il un candidat centriste ? Pour en parler ce dimanche, Marc Fénaud est en direct avec nous. C'est le président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée Nationale. Il est député du Loire-et-Cher. Une émission sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Marc Fénaud. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.
J'aurais dû ajouter que vous êtes aussi le premier vice-président du Modem. Ça c'est le parti de François Bayrou qui lui a déjà été trois fois candidat à la présidentielle. Est-ce qu'il le sera une quatrième fois ? Évidemment, ça viendra peut-être quelque part durant cette heure, cette question. A mes côtés pour vous interviewer, je les salue, Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte. Bonjour Alexandra. Bonjour Marc Fénaud. Bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Marc Fénaud. Et oui, Marc Fénaud, un homme discret qui cache peut-être une ambition. Et Françoise Fressos du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour Françoise.
Bonjour à toutes et tous. Vers 12h50, la séquence France 2027, ça se rapproche de plus en plus. C'est toujours l'idée de se centrer sur une question qui sera au cœur des débats. Et ce dimanche ?
L'Europe évidemment, l'Europe en laquelle le Modem, les centristes ont tellement cru, a-t-elle encore un avenir alors que les régimes autoritaires patous s'affirment et que l'allié américain est en train de flancher ?
Et d'abord Marc Fénaud, nous allons dérouler un peu d'actualité. Cinq minutes entre quatre yeux avant d'ouvrir la conversation. Dans le Cher, une free party est toujours en cours. C'est comme une rêve-party, mais c'est gratuit une free party. Encore 17 000 personnes fans de techno étaient rassemblées ce matin sur un terrain militaire jugé dangereux. Les organisateurs ont choisi la ville de Bourges car c'est le lieu de naissance du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui vient d'ailleurs de survoler la zone.
Les organisateurs de cette fête libre veulent justement protester contre une proposition de loi déjà votée à l'Assemblée qui va arriver au Sénat et qui vise à pénaliser ce type d'événement. Marc Fénaud, vous, qu'est-ce que vous dites au tofeur ?
Bon, je dis deux choses. La première, c'est qu'on a le droit, je comprends tout à fait, le conseil qui décide de pouvoir se réunir gratuitement, qu'il n'y ait pas d'enjeu d'argent et que des jeunes puissent se réunir avec les musiques qui sont celles de leur époque et de leur choix et donc pas de difficulté avec ça. La difficulté, c'est pas tant, vous parlez d'organisateurs, c'est pas tant qu'ils se réunissent, c'est de ne pas trouver de responsable. Et la difficulté de ce genre d'événement, c'est qu'au fond, quand il y a des incidents, quand il y a des dégradations...
Pour l'instant, tout se passe bien là-bas. Quand il y a des nuisances, oui. Sauf un obus découvert en bord du terrain.
Vous en parlerez probablement aux maires de la commune, aux agriculteurs voisins, de voir ce qu'ils vont retrouver demain matin, après-demain ou dans quelques jours sur le terrain considéré terrain militaire ou aux abords du terrain militaire. Donc le sujet n'est pas d'interdire ce type de manifestation, c'est de dire, quel est le responsable ? Qui se sent en responsabilité de rendre le terrain dans le même état que celui qu'il a trouvé ? Je rappelle qu'ils sont par ailleurs, même si je sais que c'est obsolète, toute notion comme celle-là, mais c'est un terrain qui ne leur appartient pas. On est sur le terrain d'autrui, c'est une violation stricte de la propriété privée.
Mais disons que c'est une free party et que ça fait partie du concept. Mais par ailleurs, qu'on vienne dégrader et qu'on n'est pas de responsable à mettre en face de cette dégradation et qu'au fond, chacun dit que c'est libre. Alors comme c'est libre, c'est libre aussi de responsabilité.
Mais là, vous êtes déjà sur les conséquences-là, c'est le texte de loi.
C'est ça ce que cherche à faire le texte de loi, pardon. Vous êtes co-signataire de cette proposition qui a été portée par Laetitia Saint-Paul. Ça n'est pas quelque chose du groupe Horizon, ça n'est pas quelque chose qui vient interdire les reparties, c'est quelque chose qui vient dire qu'on a besoin d'avoir des responsables, la liberté s'arrête quand on vient nuire aux autres. Il est très ferme ce texte.
Il prévoit une peine de 6 mois d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende pour sanctionner les organisateurs. Ça c'est quand même... Certains disent que c'est de la répression. C'est de l'autoritarisme plus que la sécurité. Ce n'est pas de la répression qu'on a besoin dans ce genre de manifestation.
Vous êtes sur des organisations ou des organisateurs. D'ailleurs c'est le principe même des REF parties ou des free parties, c'est de ne pas avoir de responsables. Donc ils ont décidé d'aller sur un terrain militaire avec manifestement du matériel militaire dormant, si je peux dire, dormant qui peut exploser à tout moment. Si demain matin ou ce soir, ce que je ne souhaite pas évidemment, et c'est le rôle des forces de l'ordre qu'il faut saluer dans cette affaire-là, quelque chose explose, qui va être responsable pénalement ? Qui va être responsable juridiquement ? Personne. Mais si tout se passe bien, si vous pénalisez les organisateurs et les participants...
Vous ne pouvez pas à la fois dire, j'organise une grande manifestation sportive, des Jeux Olympiques, des rencontres sportives de foot sur tous les terrains de France et de Navarre, tous les week-ends, dire j'ai besoin d'un responsable, d'un organisateur. Qui tient la buvette ? Il faut une licence 4. On vérifie les circuits d'argent et dans ce simple événement-là, dire il n'y a pas de responsabilité, c'est tellement libre que c'est libre d'aucune responsabilité. Non, il faut un peu de responsabilité, ça ne vient pas obéir. Ce que je comprends, j'ai passé l'âge de passer pour un jeune, largement, donc je ne veux pas donner le sentiment que je viens obéir cette volonté-là de liberté.
Enfin, il y a une partie de responsabilité. C'est assez de cette société où, au fond, personne ne veut jamais prendre de responsabilité. C'est des forces de l'ordre qui sont pleinement mobilisées. Jusque dans mon département du Loir-et-Cher, j'ai des gendarmes qui sont mobilisés pour encadrer une manifestation qui n'a pas été prévue. Quand vous avez des manifestations...
600 gendarmes, 14 points de contrôle.
Oui, mais c'est des gendarmes qui ne sont pas par ailleurs sur d'autres secteurs et pour contrôler d'autres méfaits. Et donc, je pense qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités. C'est le sens de ce texte de loi.
Bon, vous avez entendu les partisans de ce genre de faits et les acteurs de la musique électronique qui ne sont pas du tout d'accord avec le niveau...
Moi, je pose une question simple. S'il y a de la dégradation, qui paye ? C'est ça, ma question. Et à la question que je pose, il n'y a pas de réponse depuis des années, pour ne pas dire des dizaines d'années. C'est un problème.
Donc ça, c'est la conséquence. Mais le texte, il est délamant.
La conséquence de ne pas avoir de responsable et de laisser faire comme ça, c'est que vous avez des dégradations. Dans la plupart des cas, vous demanderez à tous les voisins qui ont assisté à ce genre d'événement avec des feux, des incendies, des dégradations de parcelles agricoles, des dégradations de forêts. Parfois sur des zones, y compris qui sont des zones protégées. Tout ça n'a pas d'importance parce qu'on serait libre. La liberté, quand même, s'arrête au moment où on nuit à l'autre. C'est dans l'article 4, je crois, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Faire respecter la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce n'est quand même pas quelque chose d'invraisemblable dans une démocratie.
Je crois qu'on a compris, Marcelo, votre point de vue sur les free parties. On passe à une préoccupation plus quotidienne des Français après deux mois de conflit au Moyen-Orient, c'est le prix du pétrole. Depuis hier, on connaît les conditions exactes pour bénéficier de l'indemnité carburant. C'est une aide de 50 euros pour les grands rouleurs aux revenus modestes. Ça ferait environ 3 millions de personnes. Ce dispositif, Sébastien Lecornu, il l'a annoncé le 22 avril. Il a donc été publié au journal officiel hier, le 2 mai. Il sera accessible d'ici la fin mai sur le site des impôts. On peut appeler ça une politique à petits pas quand même.
Ce n'est pas à petits pas. On nous reprocherait de mettre en passe un dispositif s'il n'était pas cadré et bordé pour vérifier que ceux qui sont bénéficiaires sont bien ceux qui sont la cible du dispositif tel qu'il a été prévu. Donc qu'il faille un mois pour mettre en place un dispositif comme celui-là, ça ne me paraît pas invraisemblable. Deuxième élément, comme vous l'avez compris, le gouvernement et Sébastien Lecornu singulièrement, et ils ont eu raison de le faire à décider de mettre en place un dispositif ciblé. Pourquoi ?
D'abord parce qu'on ne sait pas, on en reparlera peut-être ce que va devenir ce conflit de fonds, les aternoiements, je ne sais pas comment les qualifier, en tout cas les prises de position erratiques du président des Etats-Unis, Donald Trump. Et donc on a besoin d'avoir une visibilité que nous n'avons pas aujourd'hui. Et deuxième élément, il faut dire les choses comme elles sont, nous n'avons pas la capacité financière à faire une politique tout azimut de chèques. La dernière fois que ça a été fait, c'était au moment de la crise ukrainienne, c'est entre 6 et 8 milliards d'euros qui ont été mis sur la table. Autant qui a été mis dans la dette.
Parce que quand on dit on va donner 6 milliards d'euros aux Français, 8 milliards d'euros, comme il n'y a pas de cagnotte cachée, c'est 6 milliards ou 8 milliards d'euros qui viendront gonfler la dette. Et les mêmes viendront nous dire qu'après la dette augmente.
Dans votre circonscription, est-ce que c'est une politique à petits pas ? Vous nous dites que c'est bien pensé, vous êtes d'accord avec la politique ciblée ?
Ça nécessite d'être ajusté en continu.
Mais ça fait déjà deux mois que le conflit dure. Comme vous dites, on ne voit pas le bout de ce conflit. Qu'est-ce qu'ils vous disent les Français dans votre circonscription ? Est-ce que vous voyez un risque d'explosion sociale, de colère type gilet jaune ? Parce que, mine de rien, ils ont besoin tous les jours, eux, ces gros rouleurs, au revenu modeste, de prendre leur voiture.
C'est pour ça qu'il y a un dispositif. Parce que je sens bien que dans l'opinion et dans la population, le premier mois, on peut dire, bon, on va passer ce premier mois et que petit à petit, les uns et les autres rognent sur qui les vacances ou les congés, qui tel ou tel déplacement personnel, de nature personnelle. Et donc on a besoin, pour les gros rouleurs, c'est-à-dire ceux qui font plus de 30 kilomètres aller-retour, c'est ça la base du dispositif par jour, de pouvoir leur apporter une aide qui leur permettra de soulager le surplus lié à l'augmentation du carburant.
50 euros, ça fait, je faisais le calcul en venant jusque chez vous, ça fait à peu près l'équivalent de l'augmentation sur 3 ou 4 pleins pris en charge.
On peut dire sur un mois ? Oui, on peut dire sur un mois.
Et donc je trouve que c'est plutôt un dispositif qui est calibré. Après, ne nous faisons pas le reproche collectivement d'essayer d'ajuster au fur et à mesure. On a les agriculteurs, on a les pêcheurs, on a les artisans, on a eu les chefs d'entreprises qui tiennent des entreprises de transport. Il faut qu'on essaye d'ajuster, mais dans la limite qui est celle quand même d'argent que nous n'avons pas. Et donc il faut qu'on essaye d'être raisonnable.
Qui doit payer ? Vous connaissez le débat sur Total. On a à la fois les prix qui grimpent à la pompe et puis les bénéfices de Total au premier trimestre, plus 51% du bénéfice net. Ça a fait bondir. Certains disent que Total est une fierté nationale, d'autres disent que c'est un profiteur de guerre. Est-ce qu'il faut taxer Total ? Est-ce qu'il faut qu'il aille plus loin dans son plafonnement ? Parce qu'il a annoncé, Sébastien Lecornu appelle à un plafonnement généreux des prix à la pompe. Qu'en pensez-vous ?
D'abord, sans qu'on lui demande vraiment quoi que ce soit, Total a décidé dès le début de la crise de plafonner ses prix. C'est le seul qui les fait. À moins de 2 euros ? Oui, à moins de 2 euros sur le gasoil, sur le diesel et sur le super.
Gasoil juste au-dessus de 2 euros.
Voilà, juste au-dessus de 2 euros pour le gasoil. Au fond, ils ont décidé, ils ont bien vu qu'il fallait qu'ils fassent leur part de l'effort qui devait être nécessaire. Deuxième élément, on est dans un pays où en permanence, on tape sur nos fleurons. On adore taper sur les fleurons industriels ou les fleurons économiques. On peut à la fois dire qu'on reconnaît la puissance de Total, le fait que ce soit un fleuron, et que ça participe d'ailleurs de notre souveraineté énergétique, de ce point de vue-là. Et deuxième élément, de regarder dans quelle mesure il y a du super profit ou il y a des marges qui sont indus qui seraient mises sur la table.
Et c'est là le travail qui est à faire aussi par les services de la DGCCRF et à ce moment-là, de réclamer notre dû. Mais Total a une situation particulière parce qu'ils sont à la fois foreurs, extracteurs, ils sont raffineurs et ils sont distributeurs. Et parfois pour le compte de tiers. Donc quand on parle de bénéfices supplémentaires, est-ce que c'est sur les Français ou c'est sur d'autres ? C'est ça la question qu'il faut regarder. Et je ne sais pas, ça serait peut-être intéressant d'ailleurs de savoir, le coût du plafonnement pour Total.
Qu'il y ait une mise à contribution à un moment ou à un autre qui soit demandée, moi je n'ai pas, d'ailleurs le Premier ministre n'a pas fermé la porte, mais en permanence se chercher un bouc émissaire. Le vrai bouc émissaire, les boucs émissaires, c'est ceux qui ont décidé de cette guerre de façon complètement incongrue et qui ont décidé sans savoir
quel était leur objectif de guerre. Quand le Premier ministre dit peut-être que Total peut faire peut-être un effort un peu plus important sur le plafonnement, c'est-à-dire ne pas aller juste en dessous de 2 euros, mais peut-être aller un peu plus en dessous. Est-ce que vous appuyez ou pas ?
Oui, je trouve que c'est à Total de faire en sorte d'aller à la limite. On ne peut pas vendre à perte en France, d'ailleurs en général, mais on ne peut pas vendre à perte. Donc dans la limite de cette bordure-là, il me semble que Total peut peut-être regarder ce qu'il peut faire en plus. Mais reconnaissons que depuis 2 mois, Total l'a fait. Vous allez sur toutes les pompes, les pompes Total, je ne veux pas faire de la promotion pour eux, mais enfin vous parlez de Total, alors je réponds sur Total. Reconnaissons que c'est eux qui ont le plus plafonné leur carburant.
Quand même, Total, plus 50% de bénéfices au premier trimestre par rapport à l'année dernière. Forcément, ils se sont enrichis sur cette crise. On ne peut pas lier. Mais c'est au niveau mondial. C'est au niveau mondial. Il y a une proposition de loi socialiste qui a été déposée, notamment Boris Vallaud en a parlé, qui vise à taxer en moyenne les bénéfices qui seront au-delà de 20% sur trois exercices. Est-ce que vous pourriez la voter, cette proposition de loi ?
D'abord, on a une maladie française. C'est un président de groupe, ancien ministre des Relations à Parlement qui vous le dit, c'est de faire des lois. Quand vous faites une loi, le temps de voter une loi, vous savez, le temps moyen d'une loi, même en procédure accélérée, c'est entre 6 et 12 mois. Bon, c'est très sympathique d'aller dire aux Français « Attendez si ça... » C'est très déclaratif tout ça. C'est très totémique. On fait semblant de si tant est que la loi soit votée. Donc, je trouve que ce n'est pas opérant par rapport à la réalité de nos concitoyens.
Je préfère avoir le dispositif qui a été disposé sur la table par le Premier ministre qui, lui, est opérant plutôt qu'une loi sur des profits qu'on ne saura pas qualifier et qu'on ne saura pas qualifier et distinguer entre les profits nationaux et les profits internationaux. C'est vrai qu'en plus, on ne peut pas taxer à l'international. 3 milliards de profits supplémentaires. Il y en a 2,8 milliards qui sont à l'extérieur de nos frontières. Qu'est-ce qu'on dit ? Donc, ça veut dire
qu'en fait, on est impuissant.
Non, on n'est pas impuissant puisque la preuve, on met en place un dispositif. Par contre, la vérité m'oblige à dire que nous ne sommes pas en situation, nous, tout seuls, de faire en sorte parce que le seul sujet, c'est qu'on arrive à faire baisser les prix du pétrole. Et là, c'est la question de l'impuissance collective que nous avons face à un conflit que personne n'arrive à maîtriser, pas même les auteurs de ce conflit, d'ailleurs.
Il y a quand même une initiative européenne. L'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, le Portugal ont demandé, au fond, à l'Europe d'étudier l'établissement d'une taxe européenne sur les super-profits pétroliers. Est-ce que vous, qui êtes un pro-européen, vous dites que c'est peut-être la voie ?
Moi, je trouve que dès lors qu'on parle de fiscalité, plus on le fait au niveau européen, pardon, je vous ai coupé, mais plus on le fait au niveau européen, plus c'est opérant parce que sinon, il y a des effets d'évitement que chacun connaît.
Donc ça, vous ne fermez pas la voie ?
Non, non, non, je trouve que... Mais c'est un sujet global, d'ailleurs, quand on a évoqué l'affaire de la taxe du Kman, le problème de la taxe du Kman, si c'est au niveau mondial, il n'y a pas de sujet. Si c'est au niveau que français, ça en fait fuir tous les autres. Bon, donc il faut qu'on essaie de regarder sur la fiscalité. Dieu sait s'il y a des besoins d'harmonisation sur la fiscalité européenne. Et donc, s'il y a la capacité au niveau européen de regarder ça, quels sont les superfois qui sont faits par les uns ou par les autres ? Nous ne nous acharnons pas que sur Total, par les uns ou par les autres.
Il y a les distributeurs, il y a les raffineurs et tout le monde n'est pas Total, si je peux dire. Et à ce moment-là, on pourrait éventuellement regarder les choses. Donc on n'y va pas tout seul ? Mais ça ne sert à rien d'y aller tout seul. En tout cas, sur la fiscalité, ça ne sert à rien d'y aller tout seul.
Est-ce qu'il ne faut pas baisser les taxes sur le carburant ? Le Rassemblement National, en parle beaucoup, mais ce matin, sur France Info, Agnès Sévren, sénatrice Les Républicains, disait qu'il fallait baisser les taxes. Il y avait trop de taxes sur les carburants par rapport à nos voisins européens, si bien qu'il y a des gens qui vont faire leur plein en Espagne ou à l'étranger.
Le système fiscal français global, il est basé sur une fiscalité des carburants qui est assez élevée. Donc ça marche très bien, ce système-là, si on sait où on fait des économies pour équilibrer le budget. Pardon. C'est le choix qu'on a fait depuis des lustres, d'avoir une fiscalité sur les carburants qui est plus élevée que dans d'autres pays européens.
Est-ce qu'il faut remettre ça en question ?
Est-ce qu'il faut se poser la question ? Oui, mais on ne va pas le faire là dans l'urgence de la crise. Il y aura d'autres crises, Marc. Oui, mais qu'on ait besoin de se poser...
Est-ce qu'en soi, les taxes sur les carburants sont trop élevées ?
Parce qu'on est tous à dire qu'il faut faire une transition du fossile vers l'électrique et vous êtes en train de me dire qu'il faut encourager le fossile. Parce que si vous baissez la taxe sur les carburants, vous encouragez le fossile. Donc vous préparez les futures crises parce que vous dites continuez comme ça puisque de toute façon le prix du carburant sera... On le baisse. J'entends les indiens dire qu'on va le baisser de 50 centimes. Ça va rendre attractif donc le prix du fossile et puis le jour où ça remonte on aura un problème. Et c'est de l'argent par ailleurs indistinctement distribué.
Quand vous dites faire baisser les taxes, comment je choisis celui qui a les moyens un peu de faire face et celui qui n'en a pas du tout la capacité ? Et deuxième élément, je serais curieux de savoir comment vous vérifiez que cette baisse des taxes elle se répercute à la pompe intégralement. Parce que quand on l'a fait, le risque...
On l'a fait dans la restauration, ça n'a pas fonctionné.
On nous avait beaucoup vendu qu'on allait baisser la TVA et qu'on allait le voir dans le prix des repas et la vérité oblige à dire que ce n'est pas ce qui s'est passé. Bon, donc cette baisse aveugle est inopérante et par ailleurs à mon avis pas du tout dans la trajectoire qu'il faut trouver. Question de François Sressot.
Toutes ces questions elles s'inscrivent dans un contexte qui est quand même très préoccupant. On voit croissance zéro au premier trimestre, retour de l'inflation. Est-ce que vous dites qu'on est à un tournant dans ce conflit pétrolier ? Est-ce qu'on a vraiment un risque aujourd'hui de stagflation et donc au fond un décor pour l'élection présidentielle qui devient extrêmement noir ?
Peut-être un peu tôt pour le dire mais en tout cas les nuages sombres s'accumulent. On ne va pas dire le contraire parce que quand vous avez une croissance qui est aussi affaiblie et qui va se contaminer cette baisse de croissance à l'ensemble du monde et par ailleurs une inflation parce que là on est sur les carburants mais les carburants ils produisent les plastiques, les emballages, ils produisent les engrais. Enfin les agriculteurs en savent quelque chose, ceux qui nous écoutent le savent. Bref, tout ça va avoir un effet inflationniste. D'ailleurs il y a eu quelques révisions déjà à la hausse de la inflation.
Le budget 2026 il est par terre ?
Non il n'est pas par terre mais ça va nécessiter en cours d'exécution budgétaire et je sais que le Premier ministre Cornu y est très vigilant c'est qu'en cours d'exécution il va falloir qu'on fasse des économies parce que ça ne tiendra pas sinon. Et donc oui il y a un grand risque systémique si la crise dure. Alors ce qui est un peu incompréhensible c'est qu'elle existe aussi aux Etats-Unis cette crise qui est en train de naître et ce qui est un peu hallucinant si vous me permettez cette expression c'est que le Président des Etats-Unis continue à laisser faire et à souffler sur le chaud et le chaud et pas sur le chaud et le froid d'ailleurs.
Une question sur les gros rouleurs puisque vous avez dit tout à l'heure il faut s'ajuster en continu. Sébastien Lecornu dans la Tribune dimanche dit aujourd'hui qu'il faut s'adapter en fonction de la durée du conflit. Est-ce qu'il faut comprendre que les aides aux gros rouleurs dureront, enfin seront distribuées jusqu'à la fin de la guerre en Iran ?
Je ne sais pas si c'est jusqu'à la fin de la guerre ce n'est pas la fin de la guerre le sujet c'est la fin de la hausse des prix Oui enfin c'est lié Oui je reconnais que c'est assez lié mais en tout cas je ne sais pas si c'est une guerre qui va se terminer parce qu'au fond il n'y aura pas de vainqueurs et il y a beaucoup de vaincus dans cette affaire-là et je ne vois pas où vont être les vainqueurs et les vaincus les premiers c'est les citoyens du monde parce que c'est à nous
A partir du moment où en tout cas le baril va refuer
Sébastien Lecornu je ne suis pas à son porte-parole directe mais enfin ce que je comprends c'est qu'il y aura des besoins d'ajustement parce que si on n'est pas capable d'ajuster un peu les dispositifs en fonction de ce que vivent les français alors on est là pour rien
Marc Fénaud je vous parlais du budget 2026 et quid du budget 2027 ça va être compliqué à adopter dans Le Parisien Yael Brown-Pivet la présidente de l'Assemblée Nationale se dit plutôt favorable à l'utilisation d'un 49-3 pour faire passer le budget pour l'année 2027 donc sans vote des députés qu'est-ce que vous en pensez ?
Le 49-3 on l'a beaucoup vilipendé c'est un outil constitutionnel c'est pas hors de la démocratie le 49-3 d'ailleurs c'est un outil très puissant parce qu'il permet de renvoyer un premier ministre Mais est-ce qu'il faut aller vite
sur le budget 2027 ou est-ce que... Non mais je vous laisse
Le problème c'est que le 49-3 il peut avoir comme conséquence de renvoyer un premier ministre on l'a vu à deux reprises 49-3 ou 49-2 et deuxième élément c'est que si un 49-3 je vois pas qui voterait pas la censure l'extrême gauche la votera le RN la votera et probablement la gauche la votera donc on n'aura pas de budget Si vous avez un 49-3 et qu'il y a une censure Vous craignez une nouvelle dissolution ? Non il n'y a pas de dissolution Je parle de quelque chose qui n'est pas entre mes mains donc c'est toujours un peu compliqué
En fait il vaut mieux un 49-3 qu'une loi spéciale selon vous ?
C'est plus simple Enfin non Ce qu'il faut c'est qu'on ait un budget qui soit pas simplement un expédient Pourquoi ?
Pour répondre à votre question Parce que la dette continue à cavaler L'an prochain c'est 80 ou 90 milliards L'année d'après c'est 100 milliards 100 milliards c'est à peu près le double de la plupart des budgets militaires, éducation nationale et autres Donc on est en train de s'entraver de se rendre inopérant y compris pour le quinquennat qui viendra Donc si certains veulent prendre ses responsabilités c'est pas la nôtre Vous connaissez le combat qui a été celui de François Bayreau sur le sujet c'est pas un combat pour l'esthétique c'est un combat concret Mais si vous dites je fais une loi spéciale ça veut dire que vous toutes les augmentations sont naturelles il n'y a pas de réduction globale des dépenses et que 9 mois plus tard seulement au mieux vous pouvez rectifier le tir 9 mois plus tard ça veut dire que vous perdez une année Donc le mieux c'est d'avoir un budget qui soit sérieux Est-ce qu'il peut passer par 49-3 ?
J'en sais rien S'il passe par 49-3 ou s'il passe par les voies normales parce qu'après tout s'il passe par 49-3 il peut passer par les voies normales puisque le 49-3 c'est un outil pour contraindre une majorité il n'y a pas de majorité donc c'est pas la peine d'aller au 49-3 et donc on a besoin simplement d'essayer je vais au bout quand même parce que cette question vous avez raison budgétaire est importante est-ce qu'il y a des gens responsables autour de la table et pas seulement responsables de leur petite boutique d'ici la présidentielle responsables après la présidentielle parce que le budget qu'on vote pour 2027 il engage la France pour 28, 29 et 30
Oui mais on sera en pleine campagne présidentielle
Oui d'accord mais est-ce qu'on peut penser qu'on n'est pas forcément condamné et à l'impuissance et deux à l'irresponsabilité quand il y a une campagne présidentielle moi je pense que ça sera d'ailleurs un des débats responsable par responsable vérité ou mensonge ça sera l'un des débats qu'il faudra poser sur la table
Marc Fénaud le temps fort de la semaine ça était le 1er mai les manifestations traditionnelles bien sûr pour cette journée des travailleurs et puis un autre débat ce jour doit-il rester férié, chômé et payé dans les cortèges vous les avez entendus les représentants syndicaux ont apporté eux une réponse tout à fait claire
nous on dit pas touche au 1er mai tout simplement c'est le fruit de l'histoire des conquêtes sociales c'est le fruit de l'histoire ouvrière il est né quand même ce 1er mai du combat pour la journée du 8h il est né de la répression anti-ouvrière extrêmement sanglante notamment en 1886 il y a 140 ans à Chicago mais il y a eu d'autres événements en France
heureusement comme les travails du dimanche en fait pour Noël on voit bien que c'est un volontariat très forcé par les employeurs puisqu'on voit des patrons qui passent dans les entreprises en disant j'ai pas le nombre et qui poussent et qui poussent jusqu'à ce que la personne décide et accepte
pas touche au 1er mai c'est donc le slogan qu'on a entendu dans les cortèges mais mercredi le gouvernement a présenté un projet de loi qui permettra aux artisans fleuristes et aux boulangers de faire travailler leurs salariés ce jour-là sous condition donc à partir du prochain 1er mai 2027 est-ce que vous voterez ce texte ?
alors d'abord rappelez que la loi n'avait pas changé depuis 1947 le 1er mai il est chômé férié payé c'est le seul jour comme ça dans l'année donc il est particulier y compris pour la symbolique des luttes syndicales
et ça doit rester comme ça c'est ça la question
donc il faut que principiellement il reste comme ça par ailleurs qu'est-ce qui s'est passé il y a 2 ou 3 ans il y a 2 ans je crois il y a eu des contrôles chez des boulangers singulièrement un peu quelques fleuristes qui ont fait que des gens se sont retrouvés condamnés alors qu'il y avait une forme de tradition, coutume je ne sais pas comment dire qui s'était installée chez ces simples professions et donc il y avait besoin par la loi de restabiliser quelque chose qui s'était installée depuis des dizaines d'années la loi n'avait pas changé il y a 2 ou 3 ans c'est simplement l'application de la loi qui avait fait que il y avait eu peut-être des rigidités qui étaient apparues bon l'objectif pour moi d'un texte et c'est le texte du gouvernement c'est de dire boulanger fleuriste sous réserve d'ailleurs d'un accord syndical et pour le reste non sauf s'il y a un accord de branche mais j'entends les syndicats s'il n'y a pas d'accord de branche il n'y a pas d'accord de branche et puis il me semble donc que border comme ça c'est votable ce qui n'était pas il y avait 2 sujets sur la première version alpha si je peux dire la première c'était question de procédure vous ne pouvez pas sur un texte aussi emblématique que celui des luttes sociales dans un pays comme le nôtre mais même dans tous les pays dire on balaye ça par une motion de rejet et par ailleurs intellectuellement dire je vote une motion de rejet sur un texte que je défends moi j'ai un petit peu du mal à comprendre comment on arrive à faire ça et donc j'ai dit pour ce qui nous concerne au groupe Les Démocrates que nous ne ferions plus ça parce que je pense que c'est c'est Gabriel Attal
qui a déposé une proposition de loi et fait voter une motion enfin voulait faire voter une motion de rejet
je trouve que collectivement il faut qu'on s'interroge sur les procédures parlementaires comme on les manœuvre aujourd'hui on parlera peut-être de commissions d'enquête tout à l'heure pour ne pas les dévoyer et donc il y avait ça et deuxième élément c'est qu'on ouvrait la panoplie à des tas de métiers qui n'étaient pas en question et donc si c'est restreint si c'est le produit d'un accord syndical et d'ailleurs j'ai entendu y compris les responsables syndicaux dire pour les boulangers on veut bien entendre éventuellement parler est-ce qu'il y a un accord de branche ? s'il y a un accord de branche et bien allons là-dessus donc restreint
borduré
borduré restreint et le 1er mai reste un jour chômé, férié, payé parce que c'est l'histoire de la France et c'est l'histoire aussi des luttes syndicales
alors c'est intéressant ce que vous dites parce que François Bayrou avait lui essayé de supprimer le jour férié vous vous mettez mais c'était pas le 1er mai non et vous vous mettez vraiment le 1er mai à part c'est vraiment le symbole
c'est le symbole des luttes sociales mais parce qu'il est juridiquement à part c'est le seul jour de l'année chômé, férié, payé chômé, obligatoirement chômé c'est pas la même chose qu'un jour férié il a pas le même statut donc c'est pas la même chose que le lundi de Pentecôte d'ailleurs le lundi de Pentecôte on est revenu dessus ou d'autres jours le 8 mai c'est pas le produit des luttes syndicales c'est le jour qu'on s'est choisi d'ailleurs parce que c'est le jour où il y a eu l'armistice avec les Allemands ça n'est pas la même chose et le même statut donc ça n'est pas la même chose par ailleurs je l'ai dit récemment dans un texte que j'ai produit je pense qu'on s'interroge sur la capacité que nous avons à soutenir notre système social parce que c'est ça la question du travail qui est posée c'est pas la question de est-ce qu'on travaille le 1er mai chez les fleuristes et les boulangers
la question c'est les cotisations sociales
est-ce qu'on fait peser le système social sur les salariés les entreprises et sur rien d'autre ou sur très peu d'autres choses ça c'est un sujet parce qu'il faut qu'on produise de la richesse mais si la richesse elle est complètement absorbée et c'est le problème d'ailleurs de la différence entre le brut et le net sur les salaires si elle est complètement absorbée par le système social ça veut dire qu'il faut qu'on trouve d'autres moyens et ça ça peut être un joli débat présidentiel
mais il y a un autre sujet aussi c'était un peu comme le sujet du travail du dimanche il y a 10 ans est-ce qu'il n'y a pas des gens qui ont envie de travailler le 1er mai payer double parce que c'est un problème de pouvoir d'achat
oui mais je pense que c'est à nous le législateur oui non mais c'est d'abord parce qu'il y a un problème de salaire absolument c'est-à-dire que les gens veulent payer double parce que sans doute la rémunération n'est pas assez élevée ça revient à mon premier problème qui est celui d'un net et d'un brut qui sont trop différenciants parce que les charges brutes sont trop élevées
mais vous dites aujourd'hui en France on vit mal de son travail
oui on vit en tout cas on n'a pas le même espoir que ceux qui nous ont précédés c'est-à-dire que quand on rentrait à 25 ans on pouvait espérer un peu s'enrichir si je peux dire avoir un peu de capital peut-être pouvoir faire l'acquisition d'une petite maison ou d'un petit appartement la plupart de nos concitoyens aujourd'hui n'ont plus cette perspective-là et par ailleurs ils pensaient pourvoir aux besoins de leurs enfants qui allaient en études tout ça a disparu le différentiel s'est accéléré et donc on a un sujet quand même de travail globalement mais c'est pas de il faut travailler plus seulement c'est est-ce que le travail rémunère et quelle est la charge que prend le travail dans le système social ça ça fera partie sans aucun doute des débats c'est un beau débat présidentiel mais ce n'est pas un débat et juste la remarque Fénaud c'est le mal français si je peux me permettre de dire ça vous voyez on prend un totem on l'agite on range le totem parce qu'évidemment ça agit tout le monde parce que ça marche bien c'est fait pour ça et à la fin on n'a pas avancé
alors moi j'aimerais alors ça c'est pour tous ceux qui sont allés à la boulangerie Gabriel Attal qui s'est retrouvé derrière la caisse non mais si quand même il faut le dire ce 1er mai ça a été l'occasion de faire de la politique vous n'êtes pas allé acheter une baguette vous n'êtes pas allé acheter une baguette
je n'ai pas été acheter une baguette parce que figurez-vous qu'à la campagne on n'est pas toujours très près du boulanger et c'était possible d'être ouvert collectivement j'essaie de ne pas rentrer dans les sujets de personne
vous dites que c'est devenu un objet politique
mais c'est devenu un objet politique pour tout le monde c'est-à-dire qu'on adore en France ériger les totems se bagarrer et à la fin on n'avance pas
Sébastien Lecornu et Laurent Wauquiez sont allés aussi à la boulangerie non mais ce n'est pas la question
d'aller dans une boulangerie puisque le sujet on travaille tous le 1er mai c'est sur ces métiers particuliers il y a quelque chose qu'on peut faire donc ce n'est pas la même chose que de dire on agite l'idée que c'était ça votre question est-ce qu'il ne faudrait pas que les gens puissent librement travailler le 1er et par ailleurs j'entends les mêmes qui nous disent attention la société de consommation n'est pas que des consommateurs on peut aussi un jour par an ou un jour par semaine ne pas être simplement des consommateurs et avoir une vie d'une autre nature que celle de la consommation ce n'est pas une philosophie qui m'est étrangère en tout cas
Marc Fénaud vous avez vu qu'on a commencé déjà à parler de 2027 les candidatures se déclaraient ou murmuraient ou supposaient se multiplient je répète un petit peu la liste François Hollande Bernard Cazeneuve Manuel Valls Jean-Luc Mélenchon on pourrait l'apprendre aujourd'hui Edouard Philippe Bruno Retailleau on n'oublie pas Gabriel Attal donc où se situe le centre dans ce paysage question de François Sressose où est passé François Bayrou
depuis sa défaite aux élections municipales de Pau
écoutez il est à Paris il est en train de finaliser l'écriture d'un livre qu'il avait commencé d'ailleurs il y a quelque temps il est très engagé il voit beaucoup de monde d'ailleurs et nous voyons beaucoup de monde pour essayer de regarder comment on peut aborder cette question de précédent ancienne donc François Bayrou si la question de François Bayrou a disparu non François Bayrou n'a pas disparu c'est pas parce qu'il n'a pas décidé
qu'il est candidat ?
non attendez laissez-moi finir il n'est pas candidat ou il hésite ? c'est pas parce que vous apparaissez ou vous êtes dans le paysage vous êtes obligé d'être candidat il y a une espèce de réflexe pavlovien avant c'était pour avoir réussi dans sa vie à 50 ans il faut l'avoir une Rolex maintenant il faut être candidat enfin tous ceux vous avez remarqué
qu'il y a eu beaucoup de livres ces dernières semaines et que tous ceux-là sont non non c'est généralement pour être candidat
non non pas toujours pas toujours pas toujours aussi ça peut être pour poser un certain nombre de choses et de réflexions qu'on a sur le débat en revanche François Bayrou a bien l'intention il avait dit et il a réexprimé à une occasion je ne sais plus laquelle qu'il ne souhaitait pas lui-même être candidat à la présidentielle
mais c'est vrai c'est toujours vrai ça ou pas ? oui oui
je répète ce qu'il dit en on et en off à ceux qui le voient et à ceux qui l'attendent donc c'est vrai aujourd'hui ?
mais oui si je vous dis c'est vrai aujourd'hui ou c'est vrai pour toujours je peux témoigner du fait que François cherche une seule chose c'est de regarder quelle est la meilleure équation pour que au fond ceux qui sont des responsables politiques au sens étymologique du terme se rassemblent pour faire en sorte que nous ne menions pas notre pays au chaos la question c'est pas seulement de battre tel ou tel de battre Mélenchon de battre Bardella ou Mme Le Pen la question c'est qu'est-ce qu'on propose aux Français qui soit un point d'équilibre et donc François Bayrou a bien l'intention et nous avons bien l'intention avec lui de faire en sorte que nous posions les limites et les balises et parmi tous les candidats
qui ont été cités par Alexandra lequel se rapproche le plus de vos idées
si vous êtes capable de me donner le moindre début du commencement d'un programme pour l'un ou l'autre de ces candidats nommés on est plutôt dans une espèce de pré-pré-pré-figuration de dire je suis là
Gabriel Attal a dévoilé pas mal de pistes non non ça n'est pas un problème présidentiel mais d'ailleurs
ça n'est pas un reproche nous ne sommes pas autant du projet présidentiel donc nous avons l'intention de peser sur le débat présidentiel en disant voilà ce que devrait être un projet sur la France sur la question de la démocratie sur la question du travail sur la question de l'Europe quand allez-vous présenter ce projet ? il me semble que l'horizon pour présenter ça c'est début d'été ou entrée d'automne parce que ça permettra de mettre dans le débat et ça permettra que cet espace du centre on va l'appeler comme ça puisse dire voilà ce en quoi il se reconnaît et quelles sont ses valeurs
avec qui cet espace du centre ? parce que Gabriel Attal justement a souhaité la création d'un comité de liaison avec Horizon et le Modem en vue de fédérer un espace du centre et du centre droit est-ce que cette proposition vous intéresse ? est-ce que c'est la bonne méthode ?
d'abord j'étais à ce rendez-vous avec d'autres collègues avec l'UDI d'ailleurs aussi et donc vous êtes la bonne personne à qui poser la question ? oui je vous... mais la question c'est dans le moment qu'on traverse c'est de continuer à se parler et de regarder qu'est-ce que peuvent être les points de convergence est-ce que ça veut dire que pour l'instant on est au point de convergence ? non parce que vous voyez bien que pour l'instant on est au stade d'émergence des candidatures
mais comité de liaison ça ça veut dire des régions régulières ?
c'est justement pour maintenir un lien liaison c'est pas un comité présidentiel c'est un comité de liaison donc l'idée c'est de se dire qu'on puisse se parler qu'on évite les embûches qui vont être les nôtres parce que évidemment comme il y a plusieurs compétitions entre les candidats il y a des compétitions entre les candidats il y a toujours un risque de dérapage et de quelle est la limite dans laquelle on se met ?
par exemple il y a un certain nombre de sujets certains disent est-ce que ça va des LR à la social-démocratie ce qui me paraît l'espace qui doit être le nôtre mais quand j'entends parfois des propositions de monsieur Retailleau je me dis que ça ne marche pas c'est pour ça que je ne veux pas parler des personnes je veux parler du projet parce que si je commence à m'attacher à telle proposition de tel ou tel je veux que nous
est-ce qu'il y a un risque que ce centre ne soit pas représenté au deuxième tour de la présidentielle ?
il sera forcément représenté parce que je vais vous dire une conviction qui est certaine si ce que nous pesons électoralement et ce que nous sommes n'est pas incarné au travers d'un candidat il n'y a aucune chance qu'il soit au deuxième tour donc la question c'est pas que ce soit un candidat qui vienne du modem de l'UDE ou de je ne sais pas où la question c'est que ce que nous représentons soit posé sur la table par le candidat qui sera à un moment désigné par les uns ou par les autres
donc on entend un peu de chemin vous parlez de la social-démocratie est-ce que vous pensez qu'un pont est possible aujourd'hui avec des hommes comme François Hollande ou Bernard Cazeneuve est-ce qu'on peut arriver à la constitution d'un centre-gauche
centre-droit ? j'ai vu un certain nombre d'entre eux nous avons des points de divergence par exemple sur des sujets économiques mais avec Bernard Cazeneuve sur les sujets régaliens est-ce qu'on a des points de désaccord majeurs ?
j'ai pas l'impression est-ce que la politique contrairement à ce que dit le parti socialiste qui est maintenant sans défaut ce qui a été mené par le président Hollande était une politique qui n'était pas plutôt favorable à l'attractivité du pays avec les baisses de charges massives et autres non donc est-ce qu'on peut pas trouver je ne dis pas qu'on pense la même chose le sujet c'est pas qu'on pense la même chose est-ce qu'il y a des points de convergence est-ce qu'avec Cazeneuve Hollande Attal Edouard Philippe on pense Philippe vous les cité
en dernier ? non non
vous le mettez à droite ou au centre-droite ? si vous voulez je vous le refais dans l'autre sens
mais vous ne citez aucun républicain
non mais attendez laissez-moi finir est-ce qu'on a la même vision sur les questions européennes non mais je ne vais pas faire la litanie parce que sinon je fais ce que vous avez fait tout à l'heure vous en avez pour 10 minutes est-ce que nous avons le même regard sur le projet européen c'est-à-dire qu'est-ce qui marche qu'est-ce qui marchera on en reparlera peut-être tout à l'heure c'est ça qui compte c'est pas de savoir quel est le meilleur au casting parce que le meilleur en février c'est pas forcément en avril c'est pas forcément le meilleur en décembre et tout le monde le sait en revanche la question qui nous est posée devant les français c'est qu'est-ce qu'on va leur dire qu'est-ce qu'on va leur proposer pas je suis le meilleur on s'en fiche à date à date c'est qu'est-ce qu'on leur dit qu'est-ce qu'ils attendent de nous quelle est la part de ce que nous avons réussi et en lucidité de ce que nous n'avons pas réussi et qu'est-ce qu'elle est la part de ce qui n'a pas réussi d'ailleurs de la capacité et d'ailleurs c'est peut-être le principal des difficultés c'est on a donné le sentiment qu'on rassemblait dans tout le monde et qu'on était tous d'accord la vérité les LR viennent très tard à l'esprit de responsabilité en 2024 avec la dissolution jusqu'alors ils étaient dans l'opposition et désormais qu'ils sont au pouvoir ils voient bien que les contingences évidemment y compris pour faire des chèques sont plus compliquées à faire que celles qui réclamaient quand ils étaient dans l'opposition la question c'est de trouver autour de la table des gens qui ont une conscience aiguë de la crise devant laquelle nous sommes qui va venir du fait du contexte international et du fait des propres difficultés français c'est ça qu'il faut mettre autour de la table et après viendra la candidature
Marc Fénaud et donc on comprend que ça n'est pas encore fait vous êtes ce midi sur un plateau de l'audiovisuel public avec nos amis du monde vous voyez où je veux en venir demain le rapport du député UDR allié du RN Charles Aloncle sera rendu public c'est un document de 400 pages il est consacré à la neutralité au fonctionnement et au financement de l'audiovisuel public il a été approuvé par la commission d'enquête par 12 voix contre 10 que doivent retenir les citoyens et contribuables de ces 6 mois d'audition mouvementées au sein d'une commission d'enquête qui a été critiquée jusque par son président le député Horizon Jérémy Patrier-Lettus
la vraie question c'est d'où parle-t-il et c'est ce qui devrait intéresser nos auditeurs est-ce que l'extrême droite dans ce pays souhaite la privatisation de l'audiovisuel public pour le dire plus clairement est-ce que demain Charles Aloncle ministre de la culture de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen mettra en oeuvre le programme de privatisation de l'audiovisuel public du rassemblement national
Est-ce que vous partagez cette grille de lecture ? Est-ce que la commission a été instrumentalisée ? Le rapport ? Est-ce que Charles Aloncle est là pour préparer des esprits ?
C'est d'ailleurs un C singulier qui vient de s'interroger sur la question de la neutralité quand le rapporteur du texte est arrivé avec tout sauf de la neutralité il n'avait pas un échantillon sur lui de neutralité il avait décidé quels étaient les auditions il les a d'ailleurs par ailleurs orientés comme ça de démontrer que le service public dysfonctionnait de façon très majeure et de qu'il fallait le conduire vers la privatisation Vous me disiez à quoi sert le rapport ? Vous êtes abstenu
sur le rapport
Oui alors j'explique pourquoi nous sommes abstenus parce que c'est un peu une procédure qui est un peu bizarre encore
Est-ce que ça veut dire que vous n'avez pas d'opinion sur la qualité des pages ?
C'était un très mauvais rapport mais vous voyez je serai aujourd'hui à l'antenne et nous n'aurions pas laissé publier ce rapport on aurait dit il cache des choses et on aurait dit le service public cache des choses et vous voyez c'est des gens qui ne veulent pas dire il y a des choses qu'on ne veut pas nous dire et qu'on ne veut pas exprimer tant qu'à dire des bêtises autant qu'elles soient publiques parce que sinon ça pourrait rendre des choses intelligentes alors que les cachés auraient donné le sentiment qu'il y avait des choses superbes, intelligentes autant voir la bêtise de ce rapport et voir la vacuité de ce rapport et voir à quel point
C'est quand même terrible ce que vous dites est-ce qu'on n'est pas quand même face à une crise de la démocratie mais terrible
C'est exactement ce que je vous dis parce que c'est le deuxième point que je voulais dire parce qu'on est dans un espèce de schéma binaire et vous savez ça très bien c'est quand un rapport est mis sur la table soit vous le votez il est publié soit vous le votez pas il n'est pas publié il n'était pas question pour nous qu'il ne soit pas publié parce qu'il fallait montrer à quel point il n'était uniquement à charge et sans intérêt dans ce qui doit être quand même une réflexion sur la question du service public Alors justement
vous voulez publier un contre-rapport L'idée
avec Erwan Balanant Sophie Met qui était membre de cette commission c'est de regarder nous pied à pied ce qu'il y a dans ce rapport et en quoi il doit être contrecarré c'est qu'est-ce qu'apporte l'audiovisuel public en termes de création en termes de diversité en termes de diversité
Qu'est-ce qu'il faut réformer aujourd'hui pour vous dans le service public ?
Il y a sans doute des synergies qui peuvent être faites entre telle ou telle chaîne il y a sans doute comme dans toute dans toute comment dirais-je dans toute structure des économies à faire on ne peut pas dire qu'il faut faire des économies partout et pas dire qu'on ne peut pas en faire dans l'audiovisuel public ce n'est pas parce qu'on veut protéger le service public et qu'on en a un défenseur qu'on ne doit pas y toucher et qu'on ne doit pas s'interroger c'est d'ailleurs le problème de ce rapport c'est qu'au fond c'est comme l'affaire du premier mais à la fin on sort et il n'y a plus rien c'est-à-dire qu'on sait qu'il ne va rien se passer avec monsieur Aloncle et du coup ça braque tout le monde est-ce qu'on a besoin de s'interroger ?
Oui et donc moi je n'ai pas de mal à dire qu'on peut s'interroger sur les synergies sur les économies qui peuvent être faites sur des choses bref il y a plein de choses qui peuvent être interrogées et donc notre volonté c'est de dire au-delà de ce rapport d'une certaine façon qui n'a pas d'intérêt dans le débat public au-delà de braquer les uns contre les autres et de jeter à l'opprobe collective le service public dont je rappelle quand même qu'il est plébiscité je dis sur cette antenne sur ces antennes qu'il est publicité par les français donc manifestement il répond à une demande de nos concitoyens et donc je pense qu'on a besoin aussi de dire et de faire porter la voix pour pas que ça soit simplement la voix de monsieur Aloncle et puis ça pose un deuxième problème démocratique c'est le dévoiement continu je l'ai dit à plusieurs reprises d'ailleurs à la présidente de l'Assemblée en conférence des commissions d'enquête les commissions d'enquête maintenant ça sert à se faire une notoriété quand on n'en a aucune et se choisir un thème sur lequel on est à charge et jamais à charge et à décharge on devient le procureur d'un thème et je trouve que ça n'est pas rendre service à la démocratie les bonnes commissions d'enquête c'est des commissions d'enquête qui essaient justement au-delà de l'actualité chaude de regarder ce qui peut être amélioré ce qui fonctionne ce qui ne fonctionne pas et là on est en train de dévoyer totalement les commissions d'enquête de leur objet initial d'abord il y en a trop et il n'y a personne dedans à la vérité il y en a trop
elles sont réglementées
oui sauf qu'il y en a une par groupe et que la conférence des présidents régulièrement dit on peut rajouter celle-là elles sont théoriquement réglementées mais il y en a plus que le nombre de groupes le droit de tirage qu'on appelle le droit de tirage vous connaissez ça par coeur une fois par an bon on n'est pas obligé de faire des commissions d'enquête surtout on aurait pu faire un rapport d'information ça aurait suffi la commission d'enquête elle a des vertus c'est qu'on ne peut pas être par jure et deux qu'on peut convoquer de force les gens très bien enfin peut-être qu'on peut avoir un rapport démocratique qui soit un peu plus sérieux que d'avoir 12-14 à réfléchir mais c'est vrai que c'est un dysfonctionnement démocratique
Marc Fénaud vous êtes l'invité de Questions politiques on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui avec les questions de Brigitte Boucher
vous êtes entré très jeune en politique Marc Fénaud puisqu'à 24 ans vous êtes déjà élu local d'une petite commune qui s'appelle Marche Noire dans le Loir-et-Cher 677 habitants dont vous deviendrez maire en 2008 pendant 9 ans entre temps vous êtes élu conseiller régional puis député en 2017 vous devenez président du groupe Modem à l'Assemblée nationale en 2018 vous êtes nommé ministre des relations avec le Parlement puis ministre de l'agriculture parallèlement vous grimpez dans les instances du parti secrétaire général du Modem vice-président puis premier vice-président en 2021 un mode d'emploi que vous revendiquez dans une vidéo de votre parti en 2010
C'est le parcours finalement de tout engager dans un mouvement politique que celui d'être militant puis après petit à petit progresser de franchir les échelons un par un et de pouvoir accéder à un certain nombre de responsabilités c'est mon cas
Une ascension discrète mais remarquée remarquable à quoi vous pensez en vous rasant Marc Fénaud ?
À ne pas me couper quand je me rase je pense à bien me raser Non c'est pas dire que j'ai pas d'ambition mais j'ai pas d'obsession ce qui m'est arrivé est sans doute le produit de mon travail et de mon engagement mais je n'ai jamais été dans un endroit en me disant quelle est l'étape suivante voilà personne ne peut me prendre en défaut d'avoir jamais été comme ça c'est-à-dire d'être entré au Modem en me disant quelle place je veux prendre au Modem d'avoir été ministre et de me demander le soir même de ma nomination ministre en relation avec le Parlement si j'allais être ministre d'autre chose et ça pour moi c'est une force c'est-à-dire que je n'ai pas d'obsession ni de visibilité ni de faire autre chose que de peser sur la décision publique alors ça j'ai envie mon ambition c'est de peser sur la décision publique de peser sur la décision publique locale j'avais envie d'être maire de mon village c'est pas un grand village mais je sais ce que j'ai fait dans mon village et ce qui reste aujourd'hui de ce que j'ai fait dans mon village et je sais ce que j'ai essayé de faire comme ministre des relations avec le Parlement on parlera tout à l'heure des questions forestières ce que j'ai essayé de faire au ministère de l'agriculture sur les questions agricoles sur les questions forestières mon ambition c'est vraiment d'être utile et pas comment dirais-je d'avoir la prétention que c'est un droit de tirage qui est celui d'avoir des fonctions j'ai eu beaucoup de chance j'ai été ministre 6 ans sous le président Macron et sous plusieurs premiers ministres on a pu faire des choses et maintenant je suis président de groupe et je pèse aussi sur la décision
c'est parce qu'il paraît que vous avez refusé une première fois d'entrer au gouvernement en 2017 c'est tout à fait exact pourquoi ? est-ce que c'est Edouard Philippe qui vous avait appelé ?
c'était Edouard Philippe et François Bayrou je pense que l'un et l'autre se souviennent de cette conversation j'ai dit que c'était pas le moment voilà parce que je venais d'être élu député pour la première fois
vous proposez quel ministère ?
c'était soit sur les questions de ruralité agricole ou sur les questions peut-être de relations avec le Parlement mais enfin c'était déjà je crois Christophe Castaner donc je me suis dit que d'abord je venais d'être élu député et que arrivant député n'ayant jamais été parlementaire commençait à dire aux gens qui m'avaient élu que je partais tout de suite et que je vaquais une responsabilité ministérielle c'était curieux par rapport au sens que je donnais à la démocratie les gens avaient voté pour moi et donc il fallait quand même que je puisse exercer mon mandat deuxième élément j'avais la responsabilité de faire émerger un groupe qui n'avait jamais existé à l'Assemblée nationale parce que le groupe Modem n'avait pas de groupe depuis sa création depuis dix ans et donc j'avais une équipe de gens que j'avais sélectionné fait élire aidé et je trouvais que ma place et mon rôle je me sentais utile là et donc je me souviens très bien de la phrase j'avais dit c'est ni oui ni c'est non c'est non parce que je ne sentais pas dans ce moment là que je sois ministre et je pense que d'autres pouvaient l'être à ma place sans que ça soit une grande perte pour la France vous voyez ce que je veux dire on continue à parler
d'ambition quand même parce que vous avez été candidat au Perchoir Perchoir c'est la présidence de l'Assemblée nationale vous avez recueilli deux fois plus de voix que le nombre de personnes de votre groupe
c'était de se faire entendre c'était une candidature
de témoignage ou c'est un poste qui vous intéresse dans l'avenir ?
non mais le poste de président de l'Assemblée nationale est un poste intéressant mais ce n'était pas la question qui était posée à cette époque là la question qui était posée c'est et je me suis très bien entendu avec Richard Ferrand comme vous savez après donc ce n'est pas le sujet mais je me souviens très bien dans quelles conditions ça s'est fait ça s'est fait nous avions l'impression et reconnaissons qu'au début c'était comme ça que nous ne faisions pas grand cas toujours on ne faisait pas grand cas de ce qu'était le mouvement démocrate je dis mais puisqu'on ne fait pas grand cas on va se mesurer et comme on s'est mesuré qu'on a fait le double de voix que j'ai fait le double de voix et bien ça a un peu éveillé les consciences sur peut-être peut-on parler aux voisins amis partenaires du mouvement démocrate et donc je ne l'ai pas fait je vous prie de croire que je ne croyais pas que je serais président et donc c'est ce qu'on a fait ça c'était une ambition c'était de dire l'espace du centre dont nous sommes un peu les dépositaires et pour lequel nous nous sommes beaucoup battus moi je suis avec François depuis 97 cet espace il existe et donc ne marchez pas dessus parce qu'il dira ce qu'il a à dire
Marc Fénaud vous chassez à l'arbalète et à l'arc dans les bois à l'arc dans les bois à l'arc dans les bois à l'arc dans les bois
c'est interdit
ne me mettez pas en contravention
je n'ai plus d'arbalète depuis très longtemps
alors à l'arc dans les bois comme à l'Assemblée
est-ce que dans les bois
comme à l'Assemblée vous ratez rarement votre cible ?
ça dépend non non l'arc n'est pas réputé pour être l'outil de chasse le plus performant mais en même temps c'est celui qui est le plus en connexion avec la nature c'est pour ça que entre autres quand je chasse il m'arrive de prendre un arc parce que je trouve que c'est une connexion à la nature qui est très particulière est-ce que je rate ma cible je suis comme tout le monde je rate ma cible aussi à l'Assemblée comme ailleurs en tout cas j'ai de la persévérance dans les idées c'est-à-dire qu'il y a des sujets que je porte depuis très longtemps et que je continue à porter voilà
transition avec la nature Marc Féneau vous a demandé de venir avec une carte blanche vous l'avez faite tout seul sans le vouloir en plus carte blanche et vous l'avez déjà dit vous avez envie de parler de questions forestières une minute pour nous dire pour mettre la lumière sur ce sujet
tout ça pour dire d'abord la forêt ça parle à tous nos imaginaires d'enfants d'adolescents enfin c'est un lieu à la fois récréatif et d'imaginaire pour beaucoup d'entre nous puis en même temps c'est quelque chose de très concret après les océans nous avons une politique française de forestière depuis plus de 350 ans c'est sous Colbert qu'on s'est interrogé sur la question de la déforestation le grand mouvement de déforestation c'est au Moyen-Âge et le XXe siècle c'est un mouvement de reforestation puisqu'on a gagné quasiment 50% de la surface forestière dans le XXe siècle et malheureusement la forêt est malade elle est malade non pas de ce que font les hommes elle est malade du dérèglement climatique alors autre produit de l'activité des hommes puisque le puits de carbone que constitue la forêt a diminué de moitié en une quinzaine d'années alors que les surfaces augmentent et que les risques incendies augmentent puisque la moitié quasiment d'ici 2030 ou 2050
alors vous dites quoi vous dites il faut un programme il faut porter des idées écolo
alors il faut qu'on poursuive ce qu'on a lancé avec le président de la république la plantation d'un milliard d'arbres alors il y a des contingences budgétaires actuellement mais il faut qu'on ait un programme d'attention à la forêt et l'attention c'est pas le laisser aller ou le laisser faire c'est à dire il faut replanter sortir les bois qui sont dégradés par la sécheresse ou par les maladies et replanter avec des essences qui correspondent mieux au moment dans lequel on est la difficulté c'est que ce qu'on plante aujourd'hui on le verra pas nous il faut juste penser qu'il faut que nos enfants nos petits-enfants le voient et donc c'est un formidable modèle de développement durable c'est à dire que ça rend modeste la forêt parce que ce qu'on fait là on n'est pas sûr de le voir mais on est sûr que ça sera utile
ça sera sans doute aussi en débat pour 2027 en tout cas si on vous écoute
c'est 30% de la surface de la France on en parle assez peu
ce qui nous amène à la séquence France 2027 Françoise Fresseuse et à la question de l'Europe oui cette Europe
le modem les centristes y ont vraiment cru ça a été l'utopie de l'après-guerre c'était éviter les guerres intestines de l'Europe garantir la prospérité économique et on voit aujourd'hui l'Union Européenne lâchée par Donald Trump menacée par la montée des régimes autoritaires comme la Chine et la Russie faut-il y croire encore malgré tout ?
alors ça n'était pas enfin c'était une utopie mais une utopie qui a eu sa traduction puisque nous n'avons pas eu de conflit jusque très récemment sur le continent européen deux il y a plutôt eu de la prospérité durant cette période là il y a eu un endormissement aussi peut-être oui alors c'est ce que j'allais dire non mais je ne suis pas je ne saute pas comme un cabri en disant Europe Europe Europe comme aurait dit le général de Gaulle je dis qu'est-ce qui ne va pas d'abord l'élargissement a été fait sans règle et on peut tous ceux qui nous ont vendu que c'était bien de rejeter le traité institutionnel ont fait que nous ne pouvons plus pas prendre des décisions à la majorité ou à la majorité qualifiée sur les questions fiscales et qu'on a maintenu le régime de l'unanimité le régime de l'unanimité c'est qu'un état parmi 27 peut s'opposer à une mesure dont nous aurions tous besoin c'est quand même parce que personne ne rend jamais des comptes chez les populistes M.
Mélenchon nous avait dit il y a un plan B Le Pen nous avait dit la même chose en fait il n'y avait pas de plan B le plan B c'est qu'on est encalminé depuis qu'on n'a pas réussi cette réforme institutionnelle donc on a un problème d'institutions qui sont beaucoup trop lourdes moi je l'ai vu quand j'étais ministre de l'agriculture quand on vous dit la perspective de solution c'est dans 18 mois 24 mois 36 mois mais de quoi deux c'est que l'Europe elle doit penser à ses intérêts et ses intérêts c'est parfois aussi de regarder que les Etats-Unis et c'est pas seulement du côté du temps de Donald Trump les Etats-Unis défendent d'abord leurs intérêts et donc l'Europe elle a à la fois trouvé de la souplesse d'organisation pour prendre des décisions dans les temps qu'il faut deux de faire en sorte de sortir de la naïveté relisons et relisez le discours du président de la république c'est ce qu'il a dit depuis 10 ans c'est le seul qui a porté cette voix à l'époque et je pense que dans le malheur qui est celui du monde aujourd'hui entre les velléités de monsieur Trump qui n'est plus objectivement notre allié en tout cas qui le montre ostensiblement désormais monsieur Poutine qui est à nos portes la puissance chinoise de la puissance indienne penser qu'on le fera seul sans l'Europe alors ceux qui se mettent sur ce chemin là je leur souhaite bien du courage
alors question vraiment d'actualité vendredi 1er mai Donald Trump annonce que 5000 militaires américains vont quitter l'Allemagne c'est une rétorsion parce que le chancier allemand a émis des critiques sur sa politique au Proche-Orient alors est-ce que vous pensez que le moment est venu maintenant d'une clarification entre l'Allemagne et les Etats-Unis ou est-ce que au fond l'Allemagne va quand même rester dépendante des Etats-Unis parce que
c'est pas l'Allemagne c'est les peuples européens
l'Allemagne plus que nous peut-être
à l'Est comme il y avait le risque URSS le bouclier américain les polonais etc ils ont peut-être plus conscience que les américains ne les protégeaient pas de leurs grands voisins russes et que donc il y avait besoin de se rassembler sans doute le point déterminant désormais c'est du côté des Allemands mais j'en fais pas une cible
parce qu'ils sont très dépendants quand même du marché américain oui mais
ils sont très dépendants du marché américain mais dès lors que vous avez à vos frontières pas lointaines une puissance comme la puissance russe qui vous menace et qui menace les équilibres du monde et que par ailleurs les américains disent ce n'est plus nos affaires et reconnaissons que ça a commencé probablement sous monsieur Obama cette question là Trump a tous les défauts pas celui d'avoir été le premier malheureusement sur ce sujet là les américains se sont désintéressés de l'Europe depuis 20 ans considérant qu'il n'y avait plus d'enjeu géostratégique et que c'était la Chine l'enjeu géostratégique et donc il faut qu'on se prenne en main et donc si dans au fond ça permet d'accélérer le processus de reprise en main intellectuelle de réarmement intellectuel de se dire il n'y a pas que des amis ou des adversaires il y a des gens qui jouent leurs propres intérêts chacun sous ses intérêts nous sommes 480 millions avec de la richesse avec de l'innovation avec de la puissance y compris militaire qu'il faut renforcer pour ne pas la rendre dépendante des Etats-Unis je pense qu'on aura fait une oeuvre commune et une oeuvre utile mais ça c'est dans le cadre européen parce que si ce n'est pas dans le cadre européen ça n'existe pas
Autre question d'actualité c'est au fond aussi la menace de Donald Trump d'augmenter les droits de Dan sur les automobiles européennes est-ce qu'il faut se coucher ou est-ce qu'il faut dire maintenant c'est oeil pour oeil non pour non
mais moi je pense j'ai beaucoup regretté d'ailleurs vous vous souvenez que François Bayrou l'avait dit lui-même que la signature d'un accord sur un terrain de golf privé de monsieur Trump avait eu quelque chose pour moi et pour moi français et pour moi européen du million j'ai trouvé qu'on s'était humilié ce jour-là résultat des courses il s'affranchit totalement de cet accord c'est-à-dire que c'est quelqu'un qui ne perd pas ses villes
il n'est pas entré en vigueur aussi l'accord
oui non mais d'accord mais enfin il le dénonce avant de le faire rentrer en vigueur alors à quoi servent les accords
quelle est la valeur
d'un deal avec le président des Etats-Unis aujourd'hui égal zéro donc il faut qu'on fasse autrement et donc je pense que monsieur breton Thierry Breton l'a dit à plusieurs reprises il y a besoin que l'Europe s'assume et peut-être que madame von der Leyen devrait aussi s'inspirer de ce qui s'est passé pour pas recommencer la même sérénade et aller sous les fourches codines de Trump regardez ce qu'a fait monsieur Zelensky c'était courageux ce qu'il a fait parce qu'il a pris tous les risques il s'est fait insulter dans la maison blanche il a dit je pars est-ce qu'il a perdu du crédit auprès de Trump je suis pas sûr donc je pense que dans un schéma de puissance quand vous montrez que vous êtes puissant et que vous faites pas marcher sur les pieds pour pas dire sur les godasses je pense que vous donnez le sentiment quand même que vous avez un interlocuteur avec lequel challenger et Trump il connait que ça et Poutine il connait que ça et les autres ils connaissent que ça et nous si on est toujours faible faible faible on va disparaître
quand vous décrivez ce que vous dites est-ce qu'il faut repartir de zéro tenter de construire une Europe souveraine à quelques-uns c'est ce que je suggère notamment dans son livre le temps d'une décision l'ancien ministre de l'économie Bruno Le Maire qui a vu de très près le fonctionnement
mais c'est peut-être un des chemins soit on arrive à faire changer un schéma institutionnel mais tous les populistes de la terre qui ne servent jamais les intérêts nationaux au fond ceux qui ont détruit l'accord européen institutionnel de 2005 ils ont détruit la capacité à être puissants y compris nous français est-ce que si on n'arrive pas à ça il faut repartir d'un cercle de gens qui seraient extrêmement déterminés y compris les fondateurs et d'abord les fondateurs mais je suis sûr que les autres suivraient mais à ce moment-là on se recrée des règles qui fonctionnent et pas des règles qui entravent mais vous êtes pour vous ou pas ?
moi je trouve que l'idée est intéressante alors il ne faut juste pas quand je dis intéressante c'est vraiment intéressant ce n'est pas pour éluder la question il ne faut juste pas donner le sentiment que les autres seraient des secondes zones donc il faut engager un dialogue où on dise on crée quelque chose de nouveau où chacun est bienvenu mais dans les règles qu'on nous fixons qui soient des règles plus opérantes et qui permettent d'assumer une souveraineté plus forte
Marc Fénaud ce sont les dernières minutes de cette émission vous connaissez le vrai-faux c'est parti ? c'est parti free-party ou rêve-party justement en tout cas vous n'y avez jamais mis les pieds vrai ou faux ? faux vous avez déjà fait une rêve-party je savais que ça vous ferait élever la tête
allez-y qu'est-ce que je voulais que je vous dis ? maintenant vous me demandez de vrai ou faux alors je vous dis faux ça vous bloque
c'est moi que vous bloquez
j'ai été jeune et que donc on n'est pas obligé de devenir à vieux je ne sais pas quoi quand on a été jeune
Jean-Luc Mélenchon quatrième candidature en 2027 vous ne seriez pas surpris vrai ou faux ?
je ne serais pas surpris non vrai un petit peu de lassitude peut-être
vous avez complètement enterré l'idée que François Bayrou soit candidat en 2027 c'est vrai ou c'est faux ?
je n'enterre jamais des idées comme ça
Edouard Philippe serait le meilleur candidat du Bloc Central en 2027 vrai ou faux ? trop tôt pour le dire un peu de politique fiction vous vous en doutez 2027 deuxième tour Mélenchon-Bardella la question c'est est-ce que vous vous abstenez ? vous vous abstenez vrai ou faux ?
je refuse de répondre à cette question pour le coup très clairement parce que je veux m'éviter ce débat-là je veux m'éviter ce cauchemar-là
d'autres avant vous ? personne ne l'a évité jusqu'à vous ?
non je veux m'éviter ce cauchemar-là parce que je pense que dans l'un et dans l'autre cas c'est le chaos pour la France et Mélenchon est un peu l'idiot-utile si je me permettais cette expression de Mme Le Pen ou de M. Bardella en disant on fêterait pas avec M. Mélenchon déjà essayons de nous occuper que nous n'ayons ni l'un ni l'autre ça serait pas mal
le Front Républicain face au Rassemblement National ça ne sert plus à rien vrai ou faux ?
vrai je pense que les gens ne comprennent pas ce qu'on veut dire parce que ça a l'impression d'être simplement un schéma en contre et on ne propose rien d'autre et immédiatement après on montre qu'on n'est plus d'accord sur rien le Front Républicain c'est qu'est-ce qu'on a comme valeur républicaine donc ça peut se réactiver dès lors qu'on se dise de quoi on est capable qu'est-ce qu'on est capable de faire ensemble on a fait le Front Républicain en 24 et après tout le monde a voté contre tous les textes bon s'il le souhaite Master Poulet peut s'installer à Blois vous n'y voyez pas de problème vrai ou faux ?
si j'y vois un problème parce que d'abord c'est dans un pays de la gastronomie nous sommes le pays du monde qui a sans doute le ratio de McDo au mètre carré le plus élevé ça devrait nous interroger sur le rapport nous qui aimons tant la nourriture et la gastronomie et les produits de qualité le rapport que nous avons avec toutes ces chaînes celles-là comme les autres qui au fond galvaude la gastronomie française allez en Italie vous verrez si vous avez autant de magasins de ce type merci Marc Fénaud d'avoir répondu aux questions politiques
merci à toute l'équipe merci à Marius Serriès et à Fabienne Lemoyle la rédactrice en chef
Marc Fesneau