Blocages des lycées : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, appelle sur RTL à la "désescalade, à la réponse politique et non policière"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
C'est l'acte 3 qui se joue aujourd'hui, l'acte 3 d'un mouvement lycéen déjà marqué par de nombreux épisodes de violence, plus de 6000 interpellations, 715 policiers et gendarmes blessés, 215 lycéens et 85 personnels éducatifs blessés également selon le gouvernement et évidemment des dégâts matériels considérables.
- 0:22OuverteRéponse directe
Bonjour Balibagayoko. Vous êtes maire et les filles de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Vous étiez aux côtés des lycéens de votre ville hier.
- 1:40RelanceRéponse partielle
Il y a quand même eu une réponse financière, notamment dans le lycée Paul-Éloire de votre ville, il y a 43 millions d'euros qu'on a investi pour une rénovation énergétique.
- 3:04RelanceRéponse directe
Vous appelez à la désescalade. Vous serez aux côtés des lycéens, vous l'avez dit encore aujourd'hui. Matignon a insisté hier soir sur le fait que ces revendications devaient être portées dans un cadre pacifique.
- 3:24RelanceRéponse partielle
Quand vous voyez la liste des incidents de ces derniers jours, est-ce que vous n'avez pas de regrets d'avoir tenu de tels propos aujourd'hui quand vous appelez à la désescalade, que vous dites crainte des incidents graves ?
- 4:27RelanceRéponse partielle
Et quand vous voyez ce chiffre, 215 lycéens blessés hier, un adolescent à la main arrachée, vous ne sentez pas, d'une certaine manière, responsable de ce bilan-là aussi, en ayant été à leur côté, en accompagnant ce mouvement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07PrésentateurChiffre
« plus de 6000 interpellations, 715 policiers et gendarmes blessés, 215 lycéens et 85 personnels éducatifs blessés également selon le gouvernement »
- 0:34Invité politiqueFait
« l'urgence désormais est à la désescalade, mais surtout à la réponse politique et pas à la réponse policière »
- 3:35Invité politiqueFait
« la violence peut être légitime »
- 4:15Invité politiqueFait
« Toutes les avancées sociales se sont faites, malheureusement, aussi dans les formes de violence qui existent »
- 5:55Invité politiqueChiffre
« j'ai trois rapports parlementaires qui disent que sur les trois fonctions régales de l'État, l'éducation, la cohésion sociale, et y compris les questions à la fois liées à la justice, l'État est défaillant »
- 8:14Invité politiqueChiffre
« dans le cadre du budget qui va être en préparation, c'est 54 milliards de coupes à nouveau »
Temps de parole
- Bally Bagayoko69 %
- Présentateur27 %
- ?4 %
≈ 28,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est l'acte 3 qui se joue aujourd'hui, l'acte 3 d'un mouvement lycéen, déjà marqué par de nombreux épisodes de violence, plus de 6000 interpellations, 715 policiers et gendarmes blessés, 215 lycéens et 85 personnels éducatifs blessés également selon le gouvernement et évidemment des dégâts matériels considérables. Bonjour Balibagayoko. Bonjour. Vous êtes maire et les filles de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Vous étiez aux côtés des lycéens de votre ville hier. Vous le serez encore aujourd'hui pour
faire quoi
? Je le serai aujourd'hui pour rappeler que l'urgence désormais est à la désescalade, mais surtout à la réponse politique et pas à la réponse policière. Je le serai parce que ce sont des lycéens, donc des jeunes, et par conséquent
nous
devons les uns et les autres assumer le fait que nous ne devons pas avoir de blessés chez les lycéens. Et aujourd'hui l'inquiétude que j'ai, puisque c
'est
une grosse mobilisation et j'appelle d'ailleurs tous celles de ceux qui vont s'y rendre à y venir de manière pacifique,
et
j'interpelle aussi d'ailleurs le Président de
la
République, y compris le ministre de l'Intérieur, à passer les messages rassurants pour éviter qu
'on
se retrouve avec un drame.
Vous êtes inquiet ce matin
? Je
suis relativement inquiet, je suis relativement inquiet parce qu'on voit bien que sur chaque séquence posée, l'État a été en retard. Premièrement, à laisser d'abord l'indignation s'installer, puisque pendant des années,
aucun
investissement n'a été fait conséquemment pour justement répondre à la promesse républicaine de faire en sorte que partout sur le territoire de France, nous ayons à la fois des moyens permettant à l'ensemble de nos lycéens et lycéennes d'ailleurs de travailler dans les bonnes conditions, que nous avons un dispositif parcours suivant qui met plus de 2000, je te
dis
aujourd'hui, sans affectation, c'est un ensemble. Et donc je suis inquiet parce que désormais, après avoir été dans une forme de mollesse et de retard dans la réponse, puisqu'il n
'y
a toujours pas de réponse, sauf la réponse policière.
Il y
a quand même
eu une réponse financière, notamment dans le lycée Paul-Éloire de votre ville, il y a 43 millions d'euros qu
'on a investi pour
une rénovation énergétique. C
'est une forme
de réponse malgré tout,
non
?
Oui, le problème c'est que justement, c'est surtout un hors-sujet, puisque...
Ça
fait partie des revendications des lycéens quand même, l'état des bâtiments.
Oui, mais le problème c'est que sur le lycée Paul-Éloire, que je connais relativement bien, j'apprends bien sûr qu'il y a les 43, 45 millions d'euros, peu importe, la discussion avec les lycéennes d'ailleurs et la présidente de région, elle vient justement dire qu'elle fait un hors-sujet. Elle parle de 45 millions qui est un plan d'investissement, et les lycéennes l
'ont
dit, mais d'accord, nous dans le temps chantier, on a besoin qu'il y ait moins de distance, on ait besoin qu'il y
ait
plus de travaux, on ait besoin qu'il y
ait
des tables et des chaises. C
'est
ça la réponse, c'est une réponse qui est beaucoup plus modeste, et donc il faut répondre à
l
'urgence.
Juste pour qu
'on
soit très clair là-dessus, ça veut dire qu'aujourd'hui, au lycée Paul-Éloire, il n'y
a
pas de table, il n
'y a
pas de chaise ?
Ah non,
il manque des tables,
il
manque des chaises. C'est la revendication, en tout cas dans les revendications, il y a ça. Il y a bien sûr la question des nuisances liées au chantier, il y
a
les conditions d'enseignement.
Mais ça, si on veut faire des travaux,
il
y a forcément des nuisances.
Oui,
mais justement, il peut y avoir une réponse qui est une réponse d'organisation du chantier. Est-ce que peut-être que le chantier, s'il est très nuisant sur une période de la journée, est-ce qu
'on
peut le décaler et faire travailler peut-être, y compris le week-end ? Ce sont des choses d'organisation. Vous voyez bien que dans le message qui est envoyé, c'est un message qui est complètement hors sujet par rapport à l'attente, au moins pour ce qui
est
de Paul-Éloire. Après, bien sûr, il y
a
une question d'ordre général qui concerne globalement l'ensemble des lycées de France, y compris d'ailleurs ceux des universités.
Je voudrais qu'on revienne à vos premiers mots. Vous appelez à la désescalade. Vous serez aux côtés des lycéens, vous l'avez dit encore aujourd'hui. Matignon a insisté hier soir sur le fait que ces revendications devaient être portées, je cite, dans un cadre pacifique. Vous, Bali Bagayoko, vous avez parlé la semaine dernière d'une violence qui pouvait être légitime de la part des lycéens. Ça vous a valu une action en justice après un signalement du préfet de police. Quand vous voyez la liste des incidents de ces derniers jours, est-ce que vous n'avez pas de regrets d'avoir tenu de tels propos aujourd'hui quand vous appelez à la désescalade,
que
vous dites crainte des incidents graves
? Vous
savez, il y a quand même quelque chose qui est assez particulier.
C
'est-à-dire que celles et ceux qui n
'ont
eu de cesse en fin de compte d'être responsables de la situation-là n'ont jamais eu de mots, y compris, je veux dire, ni d'apaisement, ni de réponses politiques concrètes. Et personne, d'ailleurs, n'a été leur demander de pouvoir s'expliquer sur le sujet. Et on me demande, en fait, à
moi... Laurent Gniez
a expliqué qu'il allait s'expliquer s'il était
interrogé dans le
cadre des
enquêtes dirigées par l'IGPN. Alors, c'est-à-dire
que ce n'est pas aux ministres de l'Intérieur d'apporter une réponse éducative. Voilà, parce que la question principale est éducative. Lui, il apporte une réponse sécuritaire, malheureusement, avec un certain nombre de conséquences qu'on observe. Voilà. Mais moi, je ne renie rien de ce que j'ai dit. J'ai dit que la violence peut être légitime. Mais quand je dis ça, je dis deux choses. Un, l'histoire de France le dit de manière claire. Toutes les avancées sociales se sont faites, malheureusement, aussi dans les formes de violence qui existent.
Et deux, je le dis aussi parce que les phénomènes que l'on connaît dans la réponse, y compris aux revendications des lycéens, a toujours été empreinte de cela. C'est ça que je dis.
Et quand vous voyez ce chiffre, 215 lycéens blessés hier, un adolescent à la main arrachée, vous ne
vous
sentez pas, d'une certaine manière, responsable de ce bilan-là aussi, en
ayant été
à leur côté, en accompagnant ce
mouvement ? Justement,
moi, quand je me présente, et j'invite chacun à le faire, à pouvoir aller devant, y compris quand il y
a
des lycéens, et qu'il y a un bataillon quasiment de CRS, puisque c'était précisément ça, les policiers nationaux, et que nous sommes là, par exemple, pour apaiser. Parce qu'il y a les petites images qui sont sorties de leur contexte, et je défie quiconque, dans le cas d'une grande mobilisation, d'aller éteindre ou même enlever un conteneur incendié. Vous vous faites tabasser. Donc c'est très clair. Donc quand ils ne le font pas, c'est qu'il y
a
une marque de respect, indépendamment de tous ceux qui chancent à pointer les responsables. Les premiers responsables, c'est ceux, en fait, qui ont
failli,
en fait, dans la promesse républicaine. C'est ça, le sujet. C'est-à
-dire
que c'est quand même scandaleux de me demander à moi de préciser, en fait, ma pensée sur le sujet. Ma proposition, elle est très claire. Moi, je désapprouve totalement les violences. Je suis un père de famille, 4 enfants, et je suis un éducateur de formation. Donc après avoir raté un maire narcotrafiquant, me voilà maintenant dépeint
en
maire, en fait, qui est quelqu'un, en fin de compte, qui pousse les jeunes.
Je
pense que les gens ne seront pas sérieux. Soyons sérieux. Regardons les revendications. Le
gouvernement n'est pas sérieux en
disant qu
'aujourd'hui, vous êtes en train d'attiser le mouvement ?
Oui, parce que ça, c'est une attitude irresponsable. C'est indigne d'un gouvernement. On est à la tête, en fait, d'un État 5e, 6e puissance économique du monde.
C
'est hallucinant d'aller chercher la responsabilité d'un maire d'une ville de 150 000 habitants, alors que leur première responsabilité, sauf si c'est faux. Mais moi, j'ai trois rapports parlementaires qui disent que sur les trois fonctions régales de l'État, l'éducation, la cohésion sociale, et y compris les questions à la fois liées à la justice, l'État est défaillant, en particulier sur les quartiers populaires. Donc une forme d'inégalité. Ça,
c
'est factuel. C'est pas moi.
Cette
colère lycéenne, justement, elle est partie de la banlieue, Balibagayoko.
Il
y a ce sentiment, chez les lycéens que vous rencontrez, d'avoir été trop longtemps délaissés. C'est ce que vous dites en creux ?
Très clairement. Très clairement, mais ils le disent. Le seul problème, c'est que justement, la marque de respect, c'est de reconnaître la légitimité de leur parole. Vous voyez ce que je veux dire
? Moi,
je le mets au même niveau. Je suis un fervent défenseur de la mobilisation qui est faite, notamment sur le féblisme, notamment le violence sexuel. On commence pas par dire « Non mais attendez, ce que vous dites, c'est faux.
»
On commence par
dire
et
ensuite
à dérouler le reste. Mais les lycéens, c'est pareil. Commençons par regarder leurs revendications. Parce que, je rappelle, la chronologie, c'est d'abord indignation, revendication massive-pacifique, ensuite regroupement, contagion, puisque l'État ne répond pas, et ensuite
embrasement
quasiment, je veux dire, sur l'ensemble quasiment des territoires de France. C'est comme ça, la logique. Donc, ne faisons pas comme si l'État avait répondu tout de suite. L'État n
'a
pas répondu tout
de
suite. La réponse immédiate aurait été de dire « Ok, très bien. On ouvre des discussions, les provisaires, recevez les collectivités.
» Les discussions, elles
se font d'habitude dans le cadre des instances lycéennes, Baliba Kayoko.
Mais quel
proviseur a ouvert des instants de discussion ? Ils n'ont pas eu l'autorisation
?
Personne.
Est
-ce que l'État a pris la responsabilité de dire «
Ok,
très bien. On réunit l'ensemble de ces collectifs lycéens qui revendiquent. » Non. Ils ont attendu, en fin de compte, l'embrasement pour ensuite venir chercher des coupables. C
'est
une forme de lâcheté, ça. Très clairement, d'aller dire « Oui, c'est la France insoumise. » Oui, moi, j'assume d'être du côté de mes habitants. Et les lycéens sont mes habitants.
Avant une autre mobilisation le 17 octobre prochain, vous espérez quoi de cette convergence des luttes ? Parce qu'entre ceux qui réclament une baisse du prix de l'essence, les Gilets jaunes, dont on parle d'un retour le 17 octobre, et ces élèves qui veulent des emplois du temps plus allégés, moins de profs absents, les mots d'ordre sont quand même très différents
?
Oui, mais l'indication est la même. L'indication est la même. Le sentiment de déclassement est le même. C'est-à
-dire
l'idée de considérer qu'en fin de compte, il y a des moyens pour les ultra-riches de ce pays et en revanche, pour tous les autres, la réponse est uniquement dans la mobilisation en espérant avoir quelque chose.
C
'est ça le sujet en fin de compte. Donc la convergence et lutte est nécessaire. Elle est nécessaire de manière pacifique, elle est nécessaire pour espérer
que
l'État entende ces messages-là. Et j'observe quand même que dans le cadre du budget qui va être en préparation, c'est 54 milliards de coupes à nouveau. Donc moi, je crains que les récidivistes confirment à nouveau qu'ils n
'ont
rien compris et avec des coupes importantes, y compris dans les politiques publiques.
Merci Balibagayoko. Maire LFI de Saint-Denis, vous restez s'il vous plaît. Dans un instant, vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrivia.
A
tout de suite sur RTL.
J'étais
en cul Bonne journée À tout autre chose
Bally Bagayoko