Accord entre les Etats-Unis et l'Iran, primaire à gauche pour 2027... L'interview d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info, on va parler avec vous de l'état de la gauche, de la présidentielle, on va parler des carburants également, mais d'abord arrêtons-nous quelques minutes sur l'actualité internationale avec l'Iran comme les Etats-Unis qui semblent vouloir en tout cas dans les prochaines heures peut-être finaliser un accord qui serait valable au moins 30 jours, est-ce que d'ores et déjà vous vous y croyez vu de France ?
Écoutez, je veux y croire comme tout le monde, je regardais hier soir en préparant nos échanges que la guerre engagée par Donald Trump a coûté 25 milliards d'euros aux Etats-Unis pour lutter contre la faim dans le monde, on estime qu'il faudrait 2,5, peut-être 5 milliards, c'est-à-dire que d'ores et déjà 5 fois plus d'argent qui aurait pu aider à éradiquer la faim dans le monde ont été gaspillés dans ce conflit dont on ne comprend pas très bien quel est l'objectif, si ce n'est, j'ai envie de dire, suivez le pipeline, sans doute que les Etats-Unis, je mets ça en lien aussi avec la manière d'intervenir au Venezuela, cherchez sans doute à avoir une situation de contrôle sur des pays, des zones où se distribue le pétrole, du moins il y avait un enjeu énergétique.
Mais pour ce qui est de l'Iran, la situation à l'heure actuelle, il y a quand même 3 500 morts en Iran, près de 5 000 morts, on ne voit pas très bien, y compris dans les éléments, quand on lit sur les accords qui sont en cours, ce qui serait une avancée pour en quelque sorte affaiblir le régime théocratique iranien, c'est même plutôt l'inverse que je dis vu qu'il y a la possibilité peut-être...
Il y avait une mobilisation populaire que je soutiens contre ce régime infâme, on a vu, qui avait commencé par les femmes, mais pas seulement, des manifestations de rue, car c'est un régime antidémocratique indiscutablement, réactionnaire, et puis la guerre a bloqué la situation sociale, on a bien compris, et on a plutôt l'impression qu'au terme de tout ça, on ne sait pas très bien ce qui aura été gagné dans l'objectif affiché, qui est un peu Disneyland à la Trump, je viens apporter la justice, ça a l'air d'être plutôt l'inverse, et c'est un terrible gaspillage. Je termine, il faut le droit international.
La grande victime de tout ça ne peut pas être le droit international, qui est un des grands acquis après la Seconde Guerre mondiale. Il y avait, on se souvient de la Conférence de Vienne, qui avait des difficultés, mais il faut que la France... Vous parlez de l'accord sur le nucléaire. Notamment, parce que c'est quand même ça qui est en fond...
Justement, le rôle de la France. Oui, tout à fait, le rôle de la France, on le voit, le Pakistan joue un rôle assez important dans ces négociations, il y avait notamment le chef de l'armée pakistanaise qui s'est rendu à Téhéran. Qu'est-ce que la France peut faire de plus ? Est-ce qu'elle n'est pas un peu trop en retrait, la France ?
Moi, qui aime mon pays, j'aimerais que la France joue un rôle majeur, notamment dans tout ce qui est recherche d'accords de paix. Je l'ai dit à l'instant, d'abord, être un défenseur du droit international. Ça peut sembler une banalité, mais aujourd'hui, la grande victime de ce qui a eu lieu. Et je mets aussi ce qui s'est passé à Gaza, la manière dont les populations civiles ont été massacrées de manière inacceptable. Bon, il faut rétablir le droit international. Défendre l'idée que la période qui vient devant nous ne peut pas être le retour des puissances agressives, Poutine envahit l'Ukraine, etc.
On pourrait vous dire, pardonnez-moi Alexis Corbière, on pourrait vous dire, quand l'Iran menace Israël de destruction, ce n'est pas non plus très respectueux du droit international.
Pour que ce soit clair, je n'ai aucune complaisance pour l'Iran. Maintenant, je pense qu'avant que les armes parlent, il faut justement un droit international puissant. Et une diplomatie, peut-être. Évidemment, qui peut, par des moments où on gèle des accords, où on met des pressions diplomatiques, arriver à des résultats autres, une fois de plus, que les armes qui partent. On revient de le dire, 25 milliards d'euros dépensés par la superpuissance militaire américaine pour obtenir un résultat quasi inexistant et un désordre dont les Français subissent en plus les conséquences.
Si le détroit d'Hormuz est débloqué, soyons optimistes, si l'accord va au bout et que ce détroit est débloqué, est-ce que c'est le moment pour la France de commencer à jouer un rôle dans ce détroit ? Évidemment.
De quelle manière ? Non, mais notamment parce qu'il y a d'application d'accords. On va voir s'il y a un accord qui est à l'arrivée. Deuxièmement, de continuer à rétablir des relations avec les pays qui sont là. Comment j'ai évoqué le dossier palestinien ? Comment éventuellement on peut reprendre une situation au niveau européen pour faire pression, notamment sur le gouvernement israélien, pour aussi avancer sur ce dossier du respect du droit international, pour trouver une solution ? Idem sur l'Iran, là encore. Écoutez, vous m'interrogez, je vous en remercie, sur des choses dont je ne connais même pas moi-même, ni vous d'ailleurs, qu'est-ce qui est en train de se passer positivement.
Mais l'initiative d'Emmanuel Macron avec les Britanniques, si ce détroit d'Hormuz est débloqué, c'est une bonne chose ? Ça va dans le bon sens ? Mais bien sûr.
Aider à sécuriser, envoyer des militaires français ? On ne peut pas aider à sécuriser, mais sur quel mandat ? Pour faire quoi ? La question, je le répète, il n'y a aucune naïveté de ma part, c'est l'ordre du monde qui devons nous. Est-ce que nous rentrons, là nous sommes engagés dans le XXIe siècle, dans un monde, je l'ai dit tout à l'heure, de retour de puissance agressive, qui veulent assurer leur domination, ou le maintien de leur domination ? Car ce qu'il y a derrière ça, c'est comment est-ce que les Etats-Unis, dans le siècle qui vient, restent à la première puissance mondiale, ou est-ce que l'Antoine est contesté par la Chine ?
Et on voit bien comment Trump, dans sa manière d'agir, peut éventuellement asseoir sa domination sur certaines zones du monde et entretenir sa relation de puissance, notamment en engageant des guerres. Moi je dis que tout ça peut entraîner une situation de conflit quasiment de dimension mondiale.
Donc on voit bien comment la France n'est pas un petit acteur, si je puis dire, au niveau diplomatique mondial, pour rappeler, c'est délicat, mais c'est la seule issue positive, me semble-t-il, pour le bien de l'humanité, de dire, nous devons revenir dans des instances, l'ONU, défendre des accords diplomatiques, faire jouer notre diplomatie, inlassablement, et celui qui lui succédera, je souhaite que ce soit un homme de gauche évidemment, doit avoir ça pour finalité, certainement pas s'engager à être derrière la diplomatie américaine, les intérêts américains, qui ne sont pas les nôtres. Vous n'avez pas l'impression que c'est le cas, là, en ce moment ?
Non, je vais être honnête, je suis vraiment un très grand critique d'Emmanuel Macron, mais ça n'est pas le cas, je reconnais. Maintenant, je considère que on s'est un peu affaibli ces 10 ou 15 dernières années, et notre voix, je pense, aurait pu peser plus.
Pardonnez-moi, pourtant, quand hier, Donald Trump, il appelle des chefs d'État pour échanger sur la situation au Moyen-Orient, il appelle notamment, il appelle les pays du Golfe, il appelle aussi Emmanuel Macron. Très bien. Eh bien, écoutez. Passons et continuons d'évoquer... Non, non, mais je ne vais pas attirer dans le dos de qui que ce soit, là, c'est de toute façon qu'il faut aller vers la paix. Continuons d'évoquer cet accord avec l'Iran qui essaie d'insérer la question libanaise, aussi, dans l'accord, avec un possible cessez-le-feu. On voit qu'aujourd'hui, il n'est pas... Il est en place, mais il n'est pas vraiment respecté.
Est-ce qu'il est important que le Liban soit concerné, aussi ? Évidemment.
Le Liban, sa situation, amène à ce qu'il faut, soit on va vers la stabilité là-bas, soit la poudrière, je n'arrive pas à trouver une autre expression, on va continuer dans la région. C'est une région, ce serait complexe, mais avec une interdépendance très importante entre les différents pays. Donc, il faut trouver une solution au Liban. Là aussi, ce n'est pas simple, cela va de soi. Et là, je pense qu'on parlait de la France en raison des liens historiques que nous avons avec ce pays, de relations que nous avons avec certaines forces politiques, nous pouvons jouer un rôle.
Maintenant, on va voir quelle est la nature de l'accord avec les Iraniens vers lesquels on va et de quelle manière la question libanaise...
Est-ce qu'il faut démanteler le Hezbo là ? Est-ce que c'est une nécessité aujourd'hui ?
Oui. Donc, c'est un groupe qui ne participe pas à la paix. C'est un groupe que je qualifie de terroriste, évidemment. Maintenant, là encore, ce qu'il faut, c'est une solution quand même globale. Donc, on prend cet aspect de la même manière qu'aborder le démantèlement de tel groupe. N'a de sens que, si je le répète, il y a une solution globale parce que sinon, les raisons du combat continueront. Donc, il faut penser global, véritablement.
Vous ne dites pas que le Hezbo là est une composante de la société libanaise ? Comme le disait, alors, je sais que vous n'êtes plus proche, mais comme le disait jadis Jean-Luc Mélenchon. Enfin, jadis. Il n'y a pas si longtemps que ça.
Je ne sais pas à quel moment Jean-Luc a pu dire ça. Ce qui est sûr, c'est que le Hezbo là, au Liban, est installé dans des quartiers. Ça n'est pas un groupe, comment dirais-je, caché dans les caves. Si c'est ça qu'il faut être... Et c'est un groupe qui est politique aussi. Évidemment. Il y a un groupe politique qui joue un rôle social d'un certain endroit. Donc, décréter le démantèlement du Hezbo là, ça n'est pas, comment dirais-je, démanteler un groupe de gangsters. C'est une réalité politique qui est là extrêmement profonde. C'est un endroit pour laquelle je dis, s'il n'y a pas d'accord global qui va vers la paix, vous pouvez raconter ce que vous voulez, vous n'avez aucune incidence.
Je me fais comprendre. Ce qu'il faut, c'est trouver les conditions de retour de l'activité, de la paix, afin que les armes soient déposées et qu'on puisse agir. Parce que, comme vous le pointez bien, le Hezbo là, c'est des quartiers entiers, des villes entières, des gens qui votent pour des partis, pour ce parti politique aussi, c'est quand même assez quelque chose de profond.
Autre sujet, Alexis Corbière, Itamar Benguir, le ministre israélien de la Sécurité Nationale, est interdit de territoire en France. C'est Jean-Noël Barraud, qu'il a annoncé hier sur X, en cause de la diffusion, Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires Étrangères, en cause de la diffusion d'une vidéo de militants de la flottie pour Gaza, agenouillée et main liée sur son compte X. Le chef de la diplomatie française, il parle d'agissements inqualifiables à l'égard de citoyens français et européens.
Est-ce que c'était la bonne décision à prendre ? Cet homme est un voyou, ce ministre, un fasciste, et je le dis vraiment ce dimanche matin, c'est-à-dire un homme qui est un suprémaciste, qui considère qu'il y a des propos vis-à-vis des Palestiniens qui sont inacceptables, inacceptables, d'accord ? Qui a justifié des massacres de populations civiles. Donc évidemment que la France doit dire clairement que ce genre d'attitude est inacceptable. Mais de la même façon, je rappelle que même M. Netanyahou est poursuivi par la Cour de justice internationale. Vous ne les mettez pas dans le même sac, si ?
Bah écoutez, c'est un des ministres du gouvernement de Netanyahou et Netanyahou aussi a eu des propos qui mériteraient qu'il s'explique. Benyamin Netanyahou a condamné,
on rappelle les agissements d'Itamard Benvingnevire quand même,
précisons-le. Enfin, déjà, je rappelle que Benjamin Netanyahou est recherché par la justice internationale pour rendre des comptes sur un massacre de 80 000 personnes à Gaza qui est quand même une horreur absolue. Mais revenons sur ce ministre d'extrême droite. Je veux dire, c'est une force politique en Israël, il y a différentes forces politiques en Israël, de la gauche au centre, lui c'est un homme d'extrême droite qui développe un discours d'une violence extrême et on a vu dans ces images de quelle manière il accompagne aussi des actes absolument inacceptables.
Donc je trouve positif que la France fasse entendre une voix ferme là-dedans, même si ça ne peut pas se limiter seulement à cette déclaration qui n'a pas sa place sur le territoire français. Cet homme sans doute n'avait absolument pas prévu de venir en France. Qu'est-ce qu'il faut faire de plus ? On peut aussi au niveau international, je le répète, des cours de justice internationales, instruire, accompagner de nombre d'ONG qui demandent des comptes sur le massacre des populations civiles qui ont eu lieu.
Là, on l'espèce, dans le cas de ce ministre, avec les images qui ont fait polémique, il n'y a pas ni de crime de guerre, ni de crime contre l'humanité.
Non, mais je l'ai dit tout à l'heure. Non, mais là, je dis, c'est une bonne chose. Non, je dis juste pour les auditeurs. Mais pour les auditeurs, quand par exemple M. Netanyahou s'y revole le ciel français tel qu'il l'a fait, je pense que la France n'aurait pas dû l'accepter. C'est il y a quelques mois. Je pense que nous devons être fermes là-dessus. J'ai dit tout à l'heure qu'il fallait être défenseur du droit international, de la même manière qu'il faut être les défenseurs d'une justice internationale. Et quels que soient les personnages, je cible là M. Netanyahou, il va de soi que ça vise aussi M. Poutine.
Sinon, s'il y a des instances qui étaient forgées suite à la volonté que ce ne soient pas des conflits mondiaux qui règlent nos problèmes, qui n'ont plus aucune valeur, alors nous allons vers un monde très très instable et dangereux.
Alexis Corbière, vous restez avec nous. On va se retrouver juste après l'info en une minute. On va revenir à la politique française. D'abord, 9h moins le quart. Voici Antoine Jeffin.
L'Iran et les Etats-Unis avancent sur la voie d'un accord. Donald Trump parle d'un compromis largement négocié avec à l'intérieur la réouverture du détroit d'Ormouz. Téhéran, de son côté, affirme que cet accord est en phase de finalisation. L'épidémie d'Ebola a fait à ce jour au moins 200 morts en République démocratique du Congo. Dernier bilan fourni par le pays, le variant en question n'a pas encore de vaccin. Un jeune de 17 ans poignardé à mort hier soir dans un camping de Seine-et-Marne. Un mineur du même âge arrêté dans la foulée en Seine-Saint-Denis. La justice évoque la piste d'une rivalité amoureuse entre les deux mineurs.
Le festival de Cannes et la Palme d'Or décerné hier soir à Christian Mounjou pour son film Fjord. Le Grand Prix va à Minotaur du russe Andrzej Vyagintsev qui appelle Vladimir Poutine à arrêter ce qu'il nomme un carnage en Ukraine. Jamais un département n'avait été en vigilance canicule au mois de mai. Le Finistère concerné à partir de ce dimanche midi. Alerte jaune, 33 degrés attendus à Quimper. Et la température serait identique. Aujourd'hui à Paris, porte d'Auteuil pour les premiers échanges à Roland-Garros. Premier tour du Grand Chelem parisien. 12 Français sur les courses dimanche.
France Info. Le 8.30 France Info. Adrien Beck. Majid Kiyat. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis du mouvement L'Après. On va à présent parler de la course à la présidentielle parce que c'est un sujet. On est à moins d'un an de cette élection présidentielle avec de nombreuses candidatures à gauche. Alors, il y avait cette photo de famille qui a eu lieu au mois de janvier dernier. C'était du côté de Tours. Olivier Faure, Marine Tondelier, François Ruffin. Vous y étiez avec un objectif, la primaire. C'était pour le 11 octobre prochain. Sauf qu'on ne parle plus beaucoup de cette date du 11 octobre.
Est-ce que ce projet est mort-né ? Non, pas du tout. Moi, je suis un unitaire. Qu'est-ce que nous cherchons à faire ? C'est en fonction du moment politique dans lequel nous sommes dans une nouvelle période et il faut une nouvelle stratégie. La gauche ne peut pas se présenter de la même manière que la dernière fois où il y a 10 ans, c'est-à-dire diviser. La gauche rassemblée fait 28 à 30 % et l'extrême droite peut gagner. Je suis un homme de gauche qui ne veut pas de la victoire de l'extrême droite et qui veut qu'on sorte du macronisme vraiment. Donc, il faut une candidature commune. La primaire le permet de manière démocratique.
Pour l'instant, vous avez des gens qui disent un peu la même chose de manière différente. Monsieur Hollande dit non, je ne veux pas de primaire parce qu'il pense qu'il va revenir en créant le chaos dans le parti socialiste et qu'à la fin, épuisé, l'appareil se donnera à lui ou Jean-Luc Mélenchon qui dit je me fiche de l'unité, j'y vais. D'accord ? Et ralliez-vous à moi et d'ailleurs avec des propos qui ne favorisent pas l'unité. Donc, ça ne va pas, c'est irresponsable. Peut-être qu'à l'heure actuelle, on est au mois de mai, vous savez. Rappelez-vous qu'au mois de mai 2016, Emmanuel Macron n'existait pas.
Donc, la présidence va se cristalliser après les vacances. Vous pensez vraiment qu'en évoquant le risque du rassemblement national, il y a encore la possibilité de mobiliser un front populaire ? C'est exactement ce qui a donné naissance
au nouveau front populaire en juin 2024. Il n'est pas rayé. Nous avons passé les européennes, hélas, il y avait des mots très durs qui avaient été dits entre la liste socialiste et la liste insoumise, mais à partir de la dissolution et de la menace de l'extrême droite, nous sommes rassemblés. Vous savez, j'ai le calme des vieilles troupes, on connaît tout ça. À l'heure actuelle, c'est chacun le présidentialisme à fond, chacun y va, je suis le plus fort, je suis le plus grand, je vais plier tout le monde. Actuellement, que les choses soient claires, l'extrême droite, elle a fait plus de 30% aux élections européennes. Ça fait deux fois qu'elle a été au second tour de l'élection présidentielle.
Elle peut gagner. Si nous sommes divisés, nous n'y arriverons pas. Si notre stratégie n'est pas une stratégie qui permet de rallier un large front face à l'extrême droite, nous n'y arriverons pas. Voilà ce dont je veux discuter. Et voilà la primaire, ce qu'elle permet.
Elle l'est encore sur les rails. Si Jean-Luc Mélenchon ni François Hollande dans votre primaire, votre primaire, c'est une primaire qui donnera un candidat qui fera quoi ? Pourquoi vous me parlez déjà ? Est-ce que je peux, sans être méprisant,
pourquoi parler de François Hollande ? Pourquoi le nom de cette remarque-là ? Vous l'avez cité. D'accord ? Vous venez de le citer. Ça a été dit par votre collègue. Il y a un personnage. Il se prépare, François Hollande. Très bien, qui se prépare. Mais je veux dire, la primaire, elle est percutée par des rumeurs entretenues par des gens, je vais être vulgaire de bon matin, qui bordélisent parce que sur ce chaos, ils veulent revenir. Monsieur Hollande fait partie de cela. Monsieur Hollande, je veux dire, il a été cinq ans président de la République, il a eu même, avec une certaine lucidité, considéré que son bilan qui n'était pas bon ne lui permettait même pas de revenir.
Donc, ce serait piquant qu'il revienne aujourd'hui. D'accord ?
N'empêche aussi, n'oublions pas quand même qu'il y a Jean-Luc Mélenchon qui lui est déjà candidat.
Oui, très bien. Mais Jean-Luc Mélenchon, à ce stade, ne propose pas d'une stratégie unitaire. Il ne propose pas de rester fidèle à ce qu'était le nouveau Fonds populaire et la NUPES. Il n'est pas le seul. Il y en a d'autres aussi. Vous avez cité, je ne vais pas redire sans M. Hollande, M. Glucksmann qui n'en veut pas. Je pense qu'ils ont tort et il faut travailler au fait d'avoir une candidature commune. C'est le sens de la primaire. Chacun des promoteurs de la primaire, vous avez évoqué une photo, sont toujours favorables à la primaire.
Il y a un débat au sein du Parti Socialiste et je lance un appel de bon matin, j'invite le peuple socialiste à trancher cette affaire-là, qu'on puisse avancer. Je répète que la stratégie unitaire me semble la plus efficace pour éviter la défaite et je dis à tous les anciens, vous avez cité des noms, aidez-nous au lieu de compliquer les choses. Amis Insoumis qui m'écoutait, aidez à l'unité. Nous avons besoin ensemble d'écrire une page nouvelle de l'histoire de France et ne faisons pas croire. Je vais lancer un appel comme ancien de la France Insoumise. En 2016, quand on fonde la France Insoumise, la gauche fait 44%. Aujourd'hui,
elle fait 28%. Donc, tenons compte de ça et soyons en Russie. Vous savez très bien qu'une gauche totalement unie, ça n'arrivera pas, notamment parce...
Non, je ne sais pas très bien. Je ne crois pas
de cette impérative. Si je puis simplement terminer, si c'est Jean-Luc Mélenchon, une partie de la gauche n'ira pas derrière lui. Si c'est Adneton, pardonnez-moi de le citer à nouveau, mais François Hollande, une certaine partie de la gauche n'ira pas derrière lui.
Il pourrait permettre d'arbitrer là-dessus, qui est justement un processus démocratique qui mêle un million, deux millions. C'est une primaire. On peut en discuter ? Vous êtes sûr que ça ne fonctionne pas d'une primaire ? Ça a déjà amené des victoires dans certains pays. On a tous... Toute la gauche a applaudi Zoran Mamdani à New York. Il est issu d'une primaire. Non, mais je veux dire, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. Des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. En 2016, j'étais contre la primaire. Pourquoi ? Parce qu'il s'essayait de faire une primaire avec des gens qui, Manuel Valls, et je ne vais pas reciter M. Hollande, qui avaient exercé des responsabilités.
Mais depuis, la gauche, elle s'est rassemblée deux fois, en 2022 et en 2024. Pourquoi faudrait-il que les fumées du présidentialisme nous interdisent, nous empêchent de faire ce qu'on a fait aux législatives ?
On parle beaucoup de l'incarnation pour 2027, mais il y a aussi la question des idées du programme. Il y a moins de prise de parole sur cette question des idées. Ce serait quoi la première mesure qu'un candidat de gauche devrait mettre en oeuvre s'il est élu en 2017 ? Je vous montre deux documents. Je dis pour nos auditeurs, vous montrez deux fascicules, effectivement.
Ça, c'est le programme commun du nouveau Front Populaire en 2024, ce n'est pas si vieux que ça, qui nous avait rassemblés. Moi, je pense qu'il faut se marquer dans la continuité de ce programme. Deuxièmement, là, sous les yeux, vous avez le programme du Front Populaire en 2027, ils font la primaire, PS, Écolo, le mouvement L'après. Mais c'est quoi la principale mesure, la première mesure ? D'abord, notre redistribution des richesses, par exemple, le social, pour le mettre en avant. Je vais prendre une mesure originale, tiens, sur la question des super-héritages.
Dans les 30 ans qui viennent, on estime qu'il y a 460 milliards d'euros, les 25 personnes les plus riches vont transmettre leur fortune à leurs héritiers et la fiscalité fait que les 0,1 les plus importants sont dans des niches fiscales où ça risque de faire perdre des recettes à l'État de 15 à 20 milliards. Nous, on propose une réforme notamment de ces super-héritages. Je prends cet exemple-là parce que c'est un thème un peu nouveau qu'on n'a pas abordé.
Sur le reste, on n'a pas eu le temps de parler, par exemple, si on parlait du prix de l'essence, est-il acceptable que le groupe Total fait dès le premier trimestre des profits colossaux et que ce soit avec de l'argent public qu'on ait des groupes comme Total
de revenir sur cette primaire. Mais est-ce que finalement ne faut-il pas faire comme ce qui peut se faire entre Édouard Philippe et Gabriel Attal ? C'est-à-dire, on fait campagne, chacun fait campagne et au bout du compte, en début d'année prochaine, on se désiste derrière celui ou celle d'ailleurs qui est le mieux placée. Ça, ça veut dire que c'est les instituts
de sondage qui décident. Ça peut être une dynamique, ça peut être des ralliements. D'accord, on verra. Non, non, mais je veux dire, moi, je ne suis pas pour laisser aux instituts de sondage le fait de désigner les choses. Et puis, vous savez même, ces instituts de sondage, ces dynamiques, ça se trouve, ne démontreront rien parce que les deux seront équivalentes et ça ne règlera rien. Faisons ça proprement, démocratiquement. Faisons-le. Et je ne me laisse pas impressionner par ceux qui disent que tout ça est impossible. Ça aura lieu, j'en suis persuadé.
Merci beaucoup Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, membre du mouvement L'Après. Et merci beaucoup à Magic Cat de nous avoir accompagnés en ce week-end. Restez sur France Info.
Alexis Corbière