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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 12 mars 2026 26 min

Michel Barnier : « Notre parti est en convalescence, il revient de loin »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Michel Barnier

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Michel Barnier, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, député Les Républicains, la droite républicaine de Paris. Vous êtes également évidemment ancien Premier ministre. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de la Bois du Nord. Bonjour Julien.

0:26
Présentateur

Bonjour Auriane. Bonjour M. Barnier.

0:28
Michel Barnier

M. Barnier, on va parler des municipales mais on commence par le conflit au Moyen-Orient. 12 jours après le début de cette guerre, Donald Trump qui dit qu'il n'y a plus rien à détruire en Iran mais il continue néanmoins la guerre. Est-ce que vous y voyez clair dans les buts de guerre du président américain ?

0:43
Invité

Non, c'est d'ailleurs le problème depuis le premier jour. Quel est le but de guerre ou quels sont les buts de guerre ? Est-ce que c'est de détruire les sites nucléaires, ce qui est d'intérêt général, notamment pour la sécurité d'Israël qui n'a jamais à mes yeux été négociable, qui ne doit pas être négociable ? Est-ce que c'est de détruire les bases logistiques, ce qui est largement fait, ou est-ce que c'est de changer le régime ?

Quand on parle de cette région et de ce conflit terrible, notamment pour ses conséquences au Liban, et je pense beaucoup au peuple libanais qui se voit toujours meurtri par des guerres ou des conflits qui sont importés chez lui, il ne faut jamais oublier ce qu'est le régime iranien, le régime qui veut depuis le début détruire Israël, détruire Israël. Je vous ai dit, la sécurité d'Israël n'est pas négociable à mes yeux. C'est un régime qui exporte du terrorisme et qui le finance partout, chez nous aussi, comme dans le reste du monde.

Et puis c'est un régime qui massacre son peuple, qui a détruit la vie et l'avenir et l'espoir de dizaines de milliers de personnes il y a quelques semaines encore.

1:50
Présentateur

Les États-Unis ne se sont-ils pas trompés dans leur estimation de la résilience du pouvoir des Mollahs à Téhéran ? Est-ce qu'on peut s'attendre à un effondrement ?

2:02
Invité

Moi, je n'ai jamais pensé que le régime iranien, qui est un régime extrêmement structuré avec les passes d'Aran et puis la deuxième couche, les Basidji qui contrôlent les quartiers et qui d'ailleurs font régner la terreur à bien des égards dans les quartiers et les villages et communes d'Iran, allaient tomber comme cela. Mais je pense que les services d'intelligence d'Israël et des États-Unis savent bien ou savaient bien que le régime iranien avait cette solidité-là. Néanmoins, au-delà de cette intervention, c'est trop tard, ce n'est pas utile de commenter est-ce qu'il fallait la faire ou pas, elle est faite.

Il faut espérer que le peuple iranien, trouvant lui-même la force pour se libérer, c'est lui qui a son propre destin dans ses mains.

2:44
Michel Barnier

On va parler du Liban, Julien.

2:46
Présentateur

Oui, puisque la France va envoyer 60 tonnes d'aide au Liban. On est à plus de 800 000 réfugiés, plus de 600 morts à l'heure actuelle et il y a eu encore 7 morts cette nuit. Est-ce que vous jugez les actions militaires israéliennes disproportionnées et faut-il armer le Liban ?

3:10
Invité

Je partage l'appel qu'a lancé le président de la République française à la retenue pour Israël, notamment s'il s'agissait d'une invasion ou d'une intervention terrestre.

3:21
Michel Barnier

Qui n'a pas l'air d'être entendu pour le moment.

3:24
Invité

Ça n'empêche pas que nous qui sommes alliés et amis d'Israël, nous disions à Israël ce que nous pensons des conséquences sur le peuple libanais de ce conflit. Ce qui est vrai aussi, c'est que le Hezbollah doit être démilitarisé, doit être désarmé. Et ça, c'est un engagement d'ailleurs dans lequel les nouvelles autorités du Liban, le président Raoult et le Premier ministre sont assez clairs et il faut saluer leur ténacité, leur courage. Et puis en même temps, il faut que nous soyons aux côtés du peuple libanais comme nous l'avons toujours été. Il ne suffit pas de mots, il faut des actes. Et les actes, c'est quoi ?

C'est un, l'action humanitaire pour soutenir ces 800 000 réfugiés qui sont montés du sud vers le nord du Liban et le nord de Beyrouth. Et puis aider l'armée libanaise à se démilitariser, à se débarrasser du Hezbollah.

4:19
Présentateur

Donc envoyer des armes, il y a un blindé qui est déjà en route.

4:24
Invité

On a déjà prévu, je crois, d'envoyer des blindés pour aider ou équiper l'armée libanaise. Je pense qu'il faut continuer à la fois du matériel et puis de la formation.

4:33
Michel Barnier

Plus largement, alors vous nous avez dit ce que vous pensez sur le Liban, mais plus largement, est-ce que vous trouvez que la position d'Emmanuel Macron, les mots d'Emmanuel Macron sont les bons depuis le début de ce conflit ?

4:42
Invité

La réponse est oui.

4:44
Présentateur

Et vous plaidez pour un Conseil européen de sécurité et de défense pour porter aussi une voie européenne ?

4:49
Invité

Ça, ça fait partie des conséquences qu'il ne faut pas trop tarder à tirer de ce conflit. Comme d'ailleurs, on a tiré et on continue de tirer des conséquences de cette tragédie de l'agression russe en Ukraine. Il y a plusieurs conséquences. D'abord, ce que nous pouvons faire dans l'immédiat, et notamment avec d'autres forces, peut-être américaines ou d'autres forces européennes, pour sécuriser le détroit d'Hormuz, c'est très compliqué, il ne faut pas raconter d'histoire, mais c'est quand même 20% du pétrole et du gaz du monde entier qui passent par ce détroit, y compris vers l'Asie. Donc ça a beaucoup de conséquences, notamment pour les consommateurs. Deuxièmement, les stocks.

On voit bien que certains des partenaires sont déjà à court de munitions. Donc on voit bien que dans ces conflits, on a besoin d'assurer la production, produire, produire, produire et soutenir les industries qui sont les nôtres, qui sont puissantes d'industries d'armement. Et puis, il y a plein d'autres conséquences sur l'organisation de l'Europe qui est absente et qui est largement spectatrice de ce conflit. Je ne veux pas pour une Europe qui soit spectatrice, mais qui soit au contraire actrice ou acteur de son propre destin.

Et voilà pourquoi j'ai proposé, en tirant les leçons de ce qui s'est passé en Ukraine, de ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient et au Moyen-Orient, l'idée d'un Conseil européen de sécurité qui souhaite un conseil, un nouveau cadre entre les nations, entre les États, en dehors des institutions actuelles de l'Europe, un cadre intergouvernemental où l'on pourrait retrouver les grands pays européens qui sont engagés dans un effort militaire et de défense, la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, peut-être des pays qui ne sont plus ou qui ne sont pas dans l'Union européenne.

Je pense au Royaume-Uni qui est un très grand acteur, je pense un jour à l'Ukraine, je pense à la Norvège, et qui pourrait s'occuper de questions de politique étrangère, de défense, d'intelligence, mais aussi de certains engagements et investissements stratégiques. Je pense à l'intelligence artificielle ou à toutes les industries ou à toutes les technologies quantiques. Là, on a besoin d'investir massivement pour l'avenir, massivement. Est-ce qu'on investit sans les Anglais ou avec eux ? Moi, je pense qu'il vaut mieux faire les choses avec eux.

6:58
Michel Barnier

Sur le détroit d'Hormuz, tension dans le détroit d'Hormuz, est-ce qu'il faut craindre une escalade militaire qui pourrait entraîner les grandes puissances ?

7:05
Invité

On est déjà dans une escalade, on le voit encore cette nuit. On voit bien ces drones ou ces missiles qui tombent un peu partout, envoyés par l'Iran. Donc ça retouche à la capacité de résistance ou de résilience des forces actuellement d'Iran. Techniquement, je ne sais pas exactement ce qu'il faut faire sur le terrain, mais on a déjà dans le passé, à la corne de l'Afrique, quand il s'agissait de lutter contre la piraterie au moment de la guerre du conflit en Irak, on a déjà sécurisé le trafic. Je pense qu'on peut imaginer que des forces coalisées assurent la fluidité du trafic dans les Trois d'Hormuz.

Et vite, comme on l'a fait d'ailleurs en détruisant les bateaux qui posent des mines, les bateaux iraniens, plusieurs dizaines de bateaux ont été détruits ces jours derniers, on peut tenter de sécuriser ce détroit d'Hormuz.

7:53
Présentateur

En tout cas, l'enjeu, il est clair. Il y a une telle volatilité des prix des énergies à l'heure actuelle qu'il y a des répercussions énormes dans les stations-services en France. Vous avez demandé à l'État qu'il protège les plus modestes des conséquences de cette guerre, mais sans politique de chèque en blanc, dites-vous. À quoi pensez-vous ?

8:12
Invité

Non, mais assurer une certaine stabilité des marchés, éviter l'embrasement de ces marchés pétroliers ou de gaz, n'oubliez pas le gaz où les réserves sont plus limitées, ça conduit par exemple à faire ce qui a été décidé par l'OPEP hier, de libérer des stocks stratégiques à hauteur de plusieurs centaines de millions de barils. Ça, ça permet sans doute de stabiliser les marchés, d'éviter la spéculation. Le moment n'est pas venu, me semble-t-il. Il faut être très calme, garder son sang-froid, ne pas être fébrile, et éviter les erreurs qu'on a vues faire dans le passé. Nous n'avons plus d'argent. C'est un des messages que j'ai tenté de faire passer lorsque j'étais Premier ministre.

Ce n'est pas populaire forcément de dire qu'on ne peut pas tout faire. Mais il faut être responsable, on ne peut pas continuer, je l'ai dit, à tirer des chèques en blanc ou en bois.

9:06
Présentateur

Mais qu'est-ce qui se fait faire alors pour les délais français ? Ça veut dire concrètement, M. Bernier, que quand le Rassemblement national gère sur la fiscalité, quand LFI parle de bloquer les prix, ils sont irresponsables selon vous ?

9:18
Invité

Moi je trouve qu'ils ne sont pas à la hauteur, pour être, je peux le dire autrement, ils ne sont pas à la hauteur des défis d'aujourd'hui, mais ce n'est pas la première fois que LFI, l'extrême-gauche et l'extrême-droite font de la démagogie et du populisme en oubliant ou en voulant sacrifier les générations futures. Donc je fais confiance au gouvernement pour chercher le bon chemin, y réfléchir.

9:39
Michel Barnier

Xavier Bertrand, ce matin, il plaide pour un plafonnement des prix.

9:42
Invité

Est-ce que ça, ça pourrait être une bonne mesure ? Ça peut être une limitation, une maîtrise des prix. Ça peut être aussi une action sur les taxes que reçoit l'État. Encore une fois, c'est au gouvernement de décider quel est le bon choix.

9:54
Présentateur

– On parle de fiscalité et de blocage des prix quand vous dites ça. Si on joue sur la taxe flottante ou bien sur un plafonnement des prix, est-ce qu'on n'est pas exactement dans les mesures que prône le RN ou LFI ?

10:06
Invité

– Oui, moi je recommande de ne pas faire de la démagogie. Les Français savent que nous sommes dans des situations difficiles, ils savent aussi que l'argent est rare et qu'au bout de la route, c'est eux qui vont payer. Donc la question, c'est de trouver le bon moment et le bon chemin.

10:19
Michel Barnier

– Mais il ne faut même pas, à minima, des mesures ciblées pour les plus modestes ?

10:23
Invité

– Je vous ai dit, moi-même, j'ai eu l'occasion de m'exprimer en disant que s'il y avait quelque chose à faire, ce serait d'aider temporairement. Et le moment venu, le moment n'est pas encore venu, les ménages les plus modestes et ceux qui ont le besoin le plus de cette essence ou de ce gaz pour travailler.

10:38
Michel Barnier

– Il y a les particuliers, il y a aussi les professionnels. Ce matin, le gouvernement reçoit les agriculteurs, demain, il recevra les pêcheurs de secteurs que vous connaissez bien. est-ce que là, il faut des mesures spécifiques pour eux ?

10:46
Invité

– Ça fait partie, je viens de vous dire à l'instant que les gens qui ont besoin de fuel ou de gaz pour travailler ou d'essence doivent pouvoir compter sur la solidarité nationale. Mais c'est au gouvernement de décider ce qu'il faut faire.

10:58
Michel Barnier

– Mais vous, vous n'avez pas de mesures…

11:00
Invité

– Je n'ai pas de coup de baguette magique parce que je garde le souvenir du moment où j'ai eu l'honneur de diriger le gouvernement dans des circonstances très graves. et je sais que toutes dépenses, quoi qu'il en coûte, toutes ces dépenses qui semblaient faciles, l'argent n'est pas facile, il n'y a même plus d'argent, donc il faut faire très attention.

11:18
Michel Barnier

– Julien, on va parler des municipales, on commence par les municipales à Paris ?

11:20
Présentateur

– Oui, alors la dernière enquête Elab datée de dimanche, place Rachida Dati à 26,5%, c'est 5,5 points derrière le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, est-ce que vous restez confiant ?

11:32
Invité

– Oui, je suis confiant. Je suis confiant dans la volonté des Parisiens de changer. Je suis aujourd'hui député de Paris, de la deuxième circonscription, celle où nous nous trouvons d'ailleurs, celle du Sénat, du cinquième, sixième et septième arrondissement, et je vois partout le même espoir que Paris change. Et d'ailleurs cet espoir, je le vois dans beaucoup de villes où je me rends. Chaque semaine, je visite une région de France pour soutenir des candidats de ce socle commun et de ma propre formation politique, les Républicains, j'étais à Lille il y a quelques jours.

Partout, je vois d'ailleurs dans la gestion très longue, trop longue, les mêmes, les socialistes des Verts, les mêmes problèmes de propreté, de sécurité, de fluidité, de logement, de perte économique, de commerce qui ferme. Partout, on voit les dégâts d'une gestion trop longue et de gens qui sont fatigués. Donc il faut changer à Paris. Et c'est qui l'alternance ? C'est Rachida Dati. C'est personne d'autre. Donc il faudra qu'à un moment donné, tout le monde prenne ses responsabilités et ce moment n'est pas très mauvais.

12:31
Présentateur

Prendre ses responsabilités, vous voulez parler de qui ?

12:34
Invité

Je parle notamment de Périf Bourg-Nazel. Si au soir, au premier tour, il est clair que c'est Rachida Dati qui, la seule, comme je le pense, peut exprimer ou persuader cette alternance, il faudra que chacun prenne ses responsabilités.

12:47
Michel Barnier

Mais prendre ses responsabilités, c'est quoi ?

12:48
Invité

C'est se retirer ? C'est une fusion de listes ? Être prêt à l'alliance. Et d'ailleurs, j'aimerais que tous ceux qui soutiennent Périf Bourg-Nazel aient le langage aussi clair que celui qu'a eu Édouard Philippe récemment en disant qu'en toute hypothèse, il y aurait une alliance ou une unité au deuxième tour et il faut absolument que tous ceux qui veulent alternance prennent leurs responsabilités.

13:09
Michel Barnier

Mais est-ce qu'elle n'est pas un peu ubuesque, cette campagne pour la droite à Paris ? Vous, par exemple, pour la mairie de Paris, vous soutenez Rachida Dati et dans votre circonscription, dans un arrondissement, vous soutenez une candidate qui est soutenue par Périf Bourg-Nazel ? Oui, mais il y a deux votes.

13:21
Invité

Je n'ai pas ubuesque. C'est deux votes. C'est la nouvelle loi. Donc on peut très bien avoir… Ça montre un peu les contradictions. Non, ce n'est pas une contradiction. On peut avoir une préférence pour un arrondissement, pour quelqu'un qui a bien fait son travail. C'est le cas de Florence Berthoud dans le cinquième arrondissement, avec lequel j'étais encore hier, qui était parfaitement loyal avec moi, qui est ma suppléante comme députée de Paris. Elle est ma suppléante, elle est ma coéquipière, donc je la soutiens. C'est aussi simple que ça.

Et s'agissant de Paris, grâce à cette nouvelle loi, qui permet de choisir le maire de Paris pour la première fois, chaque voix compte de la même manière, chaque voix a le même poids, qu'on soit dans le 18e ou dans le 7e arrondissement.

13:56
Michel Barnier

Mais vous pensez que les électeurs de droite, il faut y voir clair ?

13:59
Invité

Oui, je pense que c'est assez clair. En tout cas, moi, ce que j'entends, c'est que là, il y a deux votes. Donc on choisit le maire de Paris, on choisit le maire d'arrondissement. On peut faire des choix qui n'aient pas tout à fait la même sensibilité.

14:08
Présentateur

La clarté, elle est également demandée sur la stratégie à adopter dans le cadre d'un second tour. Si Rachida Dati y est, a priori, selon les sondages, elle y sera. Il y a une question qui se pose autour de la candidate Sarah Knafo, qui, elle, est estimée à 13,5 %, donc en capacité de se maintenir, ou bien de faire alliance, comme elle le propose avec Rachida Dati. Vous pensez que Rachida Dati devrait accepter cette main tendue ?

14:37
Invité

Ce n'est pas comme ça que les choses se présentent. Madame Knafo, tous les jours, matin, midi et soir, je l'entends, elle a des qualités, je l'entends dire, je veux l'alternance à Paris, je favoriserai l'alternance. Je ne ferai rien qui compromettrait l'alternance à Paris. Donc, dimanche prochain, il faudra qu'elle prenne ses responsabilités, qu'elle favorise l'alternance, et l'alternance, c'est Rachida Dati. Voilà ce que je peux dire. Il n'y aura pas d'alliance d'appareils, d'état-major, de combines. Il faudra que chacun prenne ses responsabilités, Madame Knafo, comme M. Bournazel.

15:06
Michel Barnier

Mais ce ne sera pas un problème pour vous que Sarah Knafo soutienne Rachida Dati ?

15:09
Invité

Elle peut appeler l'électeur. Personne n'est propriétaire de ces voix. Vous savez, même, je ne donne pas de consignes, parce que les électeurs sont assez grands pour choisir eux-mêmes. Donc, je pense que... Je l'entends dire, je veux l'alternance. Tous les Parisiens, la grande majorité de Parisiens, veulent l'alternance. C'est l'intérêt général. L'alternance à Paris, c'est Rachida Dati.

15:29
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas malaisant ? En fait, on sent bien quand même une forme de gêne actuellement à droite. Rachida Dati, elle a besoin des voix de Sarah Knafo pour l'emporter. Le problème, c'est que Sarah Knafo, elle est quand même la représentante d'un parti d'extrême droite reconquête.

15:45
Invité

C'est pour ça que je vous dis qu'il n'y aura pas d'alliance de parti à parti, de combines ou d'état-major. Rachida Dati a besoin des Parisiens. Ce n'est pas les voix d'un tel ou d'un tel. Personne n'est propriétaire de ces voix, ni Mme Tafo, ni M. Bournazel, ni personne d'autre. Les Parisiens sont libres de décider. Je pense qu'il faudra qu'au deuxième tour, tout le monde se retrouve derrière la personne, la seule personne, Rachida Dati, qui peut créer et exprimer une nouvelle politique. Tout ce qui s'agit, au-delà des personnes et des étiquettes, il s'agit de changer Paris, de changer Paris.

16:17
Michel Barnier

Plus largement, au-delà de Paris, Gabriel Attal demande aux Républicains de clarifier leur position pour la présidentielle et leur positionnement vis-à-vis du Rassemblement national. Est-ce qu'il faut une clarification ? Est-ce qu'elle est nécessaire ?

16:29
Invité

Je ne vais sûrement pas vous faire perdre du temps en faisant des polémiques. Je n'en ai pas envie d'ailleurs avec Gabriel Attal qui anime une mauvaise polémique. Notre ligne est extrêmement claire. Il n'y aura pas d'alliance ni de compromission avec les partis d'extrême.

16:44
Michel Barnier

– Parce qu'il n'y a pas quand même quelques ambiguïtés. Par exemple, les Républicains, ils suspendent de leur parti leurs membres qui rentrent au gouvernement. Ça a été le cas pour les six ministres qui sont rentrés au gouvernement. Par contre, ils ne suspendent pas les membres de leur parti qui soutiennent des candidats UDR. On pense notamment à Éric Ciutiani, s'allié du Rassemblement national. Est-ce que ça n'entretient pas l'ambiguïté ?

17:01
Invité

– Moi, je n'aime pas beaucoup les exclusions. Je l'avais d'ailleurs dit quand il s'est agi des ministres actuels qui restent nos amis dans la famille politique. Et je n'aime pas beaucoup les exclusions. Mais encore une fois, ma ligne est extrêmement claire, comme celle du président du Sénat qui s'est exprimé il y a quelques heures ou quelques jours. Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir une alliance d'appareil.

17:20
Présentateur

– Excusez-moi, M. Barnier, mais en l'occurrence, concernant la clarté, Gérard Larcher a été complètement… Il a appelé hier à l'exclusion des LR qui souhaitent rejoindre des listes RN et reconquêtes. Et il y a quand même beaucoup d'exemples d'adhérents et d'LR qui ont intégré des listes RN.

17:40
Invité

– Non, il n'y a pas beaucoup d'exemples, il y a quelques exemples que je regrette et je pense en effet qu'il faudra clarifier les choses. – Mais clarifier, ça veut dire concrètement ?

17:47
Présentateur

Est-ce que ça veut dire, comme Gérard Larcher, d'exclure ces gens ?

17:49
Invité

– C'est-à-dire des gens qui s'allient avec les partis d'extrême droite n'ont rien à faire dans notre famille politique.

17:56
Présentateur

– Est-ce que vous n'avez pas été gêné aussi à la vision de cette image, évidemment largement diffusée par Éric Ciotti, d'un dîner avec François Fillon, ancien candidat à la présidentielle, qui vient soutenir le candidat d'extrême droite UDR ?

18:12
Invité

– Oui mais à Nice, nous soutenons M. Estrosi, sans aucune ambiguïté. Cette rencontre était une rencontre privée qui a été médiatisée, je crois qu'elle est liée à l'amitié ancienne entre François Fillon et Éric Ciotti et je ne vais pas mettre en cause cette amitié, mais en tout cas, nous ne soutenons pas M. Ciotti.

18:31
Présentateur

– Elle est opportune, vous ne le cacherez pas, donc ça veut dire que François Fillon soutient son ami Éric Ciotti.

18:37
Invité

– On ne va pas passer trop de temps là-dessus, ce n'est pas mon cas.

18:39
Michel Barnier

– Non mais il y a quand même, par exemple dans votre région à Bourg-en-Bresse, là, excusez-moi, mais on n'est pas dans la grande clarté entre l'extrême droite et l'LR.

18:49
Invité

– Oui, je veux bien qu'on passe beaucoup de temps à parler de tous ces cas particuliers, alors qu'il y a tant de crises et d'inquiétudes dans le monde et en France pour d'autres sujets beaucoup plus graves. Je vous ai dit, personnellement, je ne suis pas favorable à aucune forme d'alliance ou de compromission avec les partis d'extrême droite.

19:04
Michel Barnier

– Est-ce que vous regrettez que Bruno Retailleau ne le dise pas clairement

19:07
Invité

et ne prenne pas des actes en conséquence ? – Je pense qu'il faudra clarifier les choses et dire à ces personnes qui veulent temporairement ou plus sérieusement rejoindre ou soutenir les candidats d'extrême droite qui n'ont rien à faire chez les Républicains.

19:19
Présentateur

– Comment vous concevez, pour terminer sur ces deux...

19:21
Invité

– Moi, ce qui m'intéresse, je vais aller plus loin, ce n'est pas seulement pour sanctionner tel ou tel, c'est pour penser à ce qui va se passer l'année prochaine.

19:29
Présentateur

– Mais justement, M. Bernier, c'est pour ça que je voulais vous poser cette question, parce que selon une étude d'Ipsos, Cevipof et Fondation Jean Jaurès, seuls 21% des sympathisants LR, votre parti, sont hostiles à une alliance avec l'extrême droite. Est-ce que vous ne vous sentez pas en décalage avec votre propre famille politique ?

19:46
Invité

– Non, je ne me sens pas en décalage. S'il y a une offre politique, une solution alternative, crédible, d'un candidat de la droite républicaine et du centre, ou des centres, c'est ce que je souhaite et c'est ce à quoi je travaille et que je vais continuer à travailler, c'est ça. Et donc les électeurs seront convaincus. Il y a actuellement une sorte de désespérance, c'est un de nos gens qui ne savent plus où nous sommes. Il y a eu beaucoup de déceptions dans le passé. Notre parti est en convalescence, il revient de loin. Il a recommencé à regagner la confiance au moment où je suis devenu Premier ministre et je pense que ça doit continuer.

20:17
Michel Barnier

– Est-ce qu'il n'a pas reperdu au moment où Bruno Retailleur quittait le gouvernement ?

20:20
Invité

– Je ne vais pas faire trop de commentaires là-dessus, ça ne m'intéresse pas, je ne crois pas que ça intéresse beaucoup les gens. Le parti est en renaissance, est en reconstruction, en convalescence et il faut que ça continue parce qu'on a besoin d'une droite républicaine forte pour le centre de gravité de la société française et précisément sur les idées que nous représentons en matière d'autorité de l'État, de maîtrise de l'immigration, de liberté d'entreprendre, de réduction des normes, d'influence de la France. Et donc je pense qu'il y a une vraie raison pour l'ensemble des forces politiques de comprendre l'importance d'avoir une droite républicaine forte.

20:55
Michel Barnier

– Et pour l'incarner, est-ce qu'au Havre par exemple, vous souhaitez la victoire d'Édouard Philippe ?

21:00
Invité

– Évidemment je souhaite la victoire d'Édouard Philippe, il n'y a aucune ambiguïté là-dessus et je pense qu'il le mérite parce qu'il a bien géré cette ville, dans la continuité de l'action d'Antoine Roustac d'ailleurs, bien sûr, et c'est évident qu'on a besoin d'une personnalité comme Édouard Philippe pour rebâtir le redressement et le rassemblement du pays. – Et pour la présidentielle ? – Non, ça c'est autre chose, je pense qu'il faudra un candidat de la droite républicaine et du centre.

21:21
Michel Barnier

– Que vous trouvez comment ?

21:22
Invité

– Nous trouverons le moment venu, j'espère que la raison, la lucidité l'emporteront et en tout cas, prenons les choses dans l'ordre si vous voulez bien et sans fébrilité, je comprends vous voyez de la fébrilité comme journaliste mais moi je n'en ai pas, je pense qu'il faut respecter les Français.

Un, les élections municipales qui sont d'abord un grand moment de démocratie au quotidien et démocratie du quotidien et ça va être un appel à l'unité parce que vous allez voir dans cette élection municipale que là on est unis, on peut gagner ça va être le cas à Lyon et dans d'autres villes, Bordeaux, je n'en cite que deux là où on est divisé, où on risque d'être divisé, on va perdre donc un appel à l'unité va venir de la base, va remonter vers Paris il faudra faire très attention pour tous les responsables politiques ceux que vous avez cités ou qu'on a cité au cours de cette conversation prennent bien leur responsabilité ceux qui compromettront, qui fragiliseront cette unité prendront un très grand risque et devront assumer leurs responsabilités deux, un projet, moi je vais travailler avec d'autres un projet pour l'alternance et pour une action de redressement et de rassemblement du pays, c'est du travail mais je suis sûr qu'entre tous ces candidats potentiels ou toutes ces formations, comme je l'ai montré quand j'ai gouverné et quand j'ai dirigé le gouvernement il y avait quatre formations politiques qui n'avaient pas franchement l'habitude de travailler ensemble avant et qui ont pris cette habitude ce qu'on appelait le socle commun il faut un esprit commun entre la droite républicaine et le centre et le moment venu à l'automne, on verra d'abord dans chaque famille comment ça se passe, qui est candidat ou pas et je pense qu'ils vont trouver un système peut-être ce seront des primaires, peut-être un autre système on verra

22:57
Présentateur

six primaires, six systèmes de sélection il y a vous parlez du projet politique à construire vous souhaitez y participer, est-ce que vous souhaitez aussi participer à cette primaire ?

23:06
Invité

moi je souhaite être utile, je n'ai pas de fébrilité personnelle pour être candidat à la présidence de la république je veux être utile et c'est ça qui m'importe vous savez, il y a trois questions que devront se poser tous les candidats un, est-ce que je suis capable d'être président de la république ?

ça c'est une question importante vis-à-vis des citoyens le peuple doit savoir si les gens qui se présentent font un petit tour de piste ou sont vraiment capables d'être chef de l'état et c'est une grande responsabilité deux, est-ce que j'ai le bon projet pour redresser le pays pour ne pas raconter l'histoire pour dire la vérité pour avoir le courage il y a que le courage d'être impopulaire trois, est-ce que je rassemble au-delà de mon camp aucun de ces partis politiques qui font partir du socle à droite et du centre et vous pensez avoir ces trois qualités ? je ne peux pas répondre à cette question aujourd'hui

23:50
Michel Barnier

un dernier mot sur un tout autre sujet un petit mot sur les Jeux Olympiques parce qu'il y a actuellement les Jeux Paralympiques qui se déroulent à Milan-Cortina les prochains ce sera dans les Alpes 2030 avec quelques tensions, quelques difficultés au sein du comité d'organisation vous êtes inquiet du coup pour l'organisation de ces Jeux ?

24:05
Invité

non, il n'y a pas de raison d'inquiétude il faut être vigilant c'est jamais d'abord, permettez-moi de donner un coup de chapeau à tous les athlètes y compris dans les parts olympiques hier, Arthur Bochet et d'autres qui font rêver, qui rassemblent et ce n'est pas seulement vrai dans le ski ou les Jeux Olympiques d'hiver c'est vrai aussi dans le cyclisme avec Sexas, avec Dupont dans le rugby moi je le trouve formidable dans l'esprit des Jeux Olympiques d'été et de Paris qui ont tenu une belle réussite qu'il y ait tant de jeunes hommes et jeunes femmes valides ou dans les Jeux Paralympiques qui donnent envie à la fierté une raison à la fierté au rassemblement à l'émotion c'est à eux qu'il faut penser quand on parle de sport 2, je sais d'expérience que c'est jamais facile d'organiser des Jeux Olympiques j'ai eu l'honneur avec Jean-Claude Killy de consacrer 10 ans de ma vie aux Jeux Olympiques d'Albertville il y a assez longtemps donc je sais que c'est compliqué et donc moi je fais confiance à Edgar Groupiron il va être soutenu par un très grand préfet qui est le préfet Michel Cadot qui a une vraie expérience pour dans cette période de transition remettre les choses dans la bonne direction et je lui fais confiance mais les Jeux de 2030 seront une réussite ils sont compliqués à organiser parce qu'ils sont entre Nice les Aravies la Tarentaise le Briançonnet c'est un concept assez compliqué et nouveau un peu comme ceux des Jeux du Cortina et de Milan qui ont été une belle réussite donc c'est possible et la France sera à la hauteur j'en suis sûr il faut faire confiance aux équipes

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Michel Barnier

Merci beaucoup Michel Barnier merci d'avoir été notre invité pour cet entretien Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada

25:44
Locuteur

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