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interviewBLAST· 21 mai 2026 16 min

TOUS CONTRE MÉLENCHON ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Votre parti vous a-t-il choisi ? Êt-vous candidat à la présidentielle ? Oui, je suis candidat.

Voilà un homme qui appelle au grand remplacement mais pas pour lui-même. Devirentir président à 75 ans, est-ce bien raisonnable ? Mélenchon incarne la France du déracinement.

Je pense pas que ce soit le bon candidat. Voilà un homme qui a été franc-maçon. Mon [musique] cher François, le leader de la France insoumise âgé de 74 ans, relance ainsi sa campagne après trois tentatives [musique] infructueuses en 2012, 2017 et 2022.

Nous nous entrons en campagne avec un sentiment de gravité parce que je crois que la le le moment est un moment de gravité. Son principal adversaire devrait être le Rassemblement national en forte progression dans les sondages. La semaine dernière, le journal Libération publie une tribune. 600 professionnels du cinéma y dénoncent l'emprise sur le secteur de Vincent Boloré, milliardaire qui a mis sa fortuner ses médias au service de l'extrême droite.

L'analyse collective qui a été la nôtre au sein de la France insoumise, c'est que face à à cette saison des tempêtes, [musique] on avait besoin de quelqu'un dont la tenacité, la solidité était en mesure de pouvoir répondre à cette situation très compliquée qui vient. Réaction de Maxime Saada, le président de Canal Plus, il ne souhaite plus que l'entreprise qu'il dirige travaille avec les 600 signataires de la tribune. Ce dimanche à Cann, Maxime Saada, patron de Canal Plus, se défendant de tout cryptofascisme, nous a fait une démonstration de fascisme à découvert.

En 10 ans, l'homme d'affaires a construit un immense empire culturel et médiatique. Regardez aujourd'hui, il détient plusieurs médias, plusieurs maisons d'édition, des salles de spectacles, des magasins de presse et même une école de journalisme qui n'est pas reconnue par la profession. Dans moins d'un an, le peuple de France respirera de nouveau.

Avec Jean-Luc Mélenchon, nous démantellerons l'Empire Boloré et reconstruirons le service public de la culture pour toutes et tous. [musique] [musique] Le 3 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon, fondateur de la France insoumise, a officiellement annoncé qu'il serait le candidat de cette formation à l'élection présidentielle de 2027. Oui, je suis candidat.

La presse et les médias dominants qui ne peuvent littéralement pas rester plus de quelques heures sans débiner la gauche insoumise n'ont bien sûr pas manqué en apprenant la nouvelle de s'aantir très lourdement sur l'âge de Mélenchon et de suggérer par conséquence sans jamais assumer complètement cette bassesse, qu'il s'agissait d'un nouvel élément à charge à retenir contre lui. Une génération qui remplace l'autre. Vous vous l'appliquez pas beaucoup cette règle. peut être incarnée par un papi.

À 74 ans, le leader insoumis se lance donc dans sa 4e campagne. Dans un article annonçant sa candidature et publié le 3 mai en début de soirée, le journaliste du monde Olivier Pérou, co-auteur en 2025 d'un livre présentant la France insoumise comme un mouvement secteur, s'est ainsi empressé de présenter Mélenchon, comme je cite, un homme âgé de 74 ans, engagé en politique depuis le mi-temps des années 1970, parlementaire sous François Mitteran et ministre sous Lionel Jospin. Fin de citation.

Du coup, on est allé relire un papier cosigné par le même Olivier Pérou qui avait été publié par le monde au mois de février dernier et dont les auteurs expliquaient avec beaucoup de sérieux que la candidature de l'ancien président socialiste François Hollande pour 202 était une hypothèse crédible. Fin de citation. Pourquoi était-il intéressant de relire cet article ?

Parce que François Hollande né au mois d'août 1954 à 71 ans. Ce qui signifie qu'il est à peu de choses près, aussi âgé que Mélenchon. Sauf que là, surprise, le papier du monde qui présentait donc très sérieusement sa candidature comme une éventualité digne d'intérêt ne mentionnait pas du tout l'âge de l'ex-président socialiste et ne rappelait donc à aucun moment qu'il est né un peu moins d'un mois après la fin de la guerre d'Indochine et 37 ans avant l'arrivée en France des tout premiers téléphones portables.

Discréditer des candidats en fonction de leur âge peut relever de la discrimination. Et on ne suppose évidemment pas que certains journaux ont décidé de faire de ce procédé un usage très sélectif et par conséquent très partisan pour mieux dénigrer la France insoumise. Mais il faut bien reconnaître que des fois on pourrait presque se méprendre.

Il y a des présidents très jeunes qui ont des idées d'un autre siècle. Je pense à monsieur Macron par exemple, plus jeune président de la République française qui parle de réarmement démographique qui estime que le changement de genre c'est ubuesque et qui a des idées réactionnaires sur à peu près tout. Je crois pas que l'âge soit soit comment dire révélateur des idées que vous pouvez porter.

Vous pouvez porter des idées progressistes, représenter la Nouvelle-France que nous appelons de nos vœux. Et la Nouvelle France, elle peut être incarnée par un papi. Ben tout à fait parce qu'il y a des papis dans la France figurez-vous.

Le 3 mai toujours, le journal Le Parisien a révélé que France Télévision qui venait de faire pendant plusieurs mois l'objet d'une très virulente campagne de dénigrement de la presse et des médias de droite et en particulier du journal Le Figaro du groupe d'assaut et de ces news chaîne dite d'information du groupe Boloré avait embauché pour coanimer à partir de la rentrée 2026 une émission politique la journaliste du Figaro Eugénie Bastier collaboratrice régulière de C News qui a très activement participé à cette campagne. Quels sont euh selon vous Eugénie les enjeux principaux d'une telle commission sur l'audiovisuel public ? Bah il y a deux problèmes fondamentaux.

D'un côté la gabie d'argent public et de l'autre l'absence de pluralisme. D'un côté, la comptabilité désastreuse et de l'autre l'impartialité inexistante. Pour le formuler autrement et plus directement, quand la droite réactionnaire attaque la télévision publique, la télévision publique réplique en donnant des gages à la droite réactionnaire que cette servilité doit évidemment réjouir.

La moindre ouverture au pluralisme suscite la colère de journalistes militants. Si l'audiovisuel public continue à ne pas vouloir se réformer, refuse toute autocritique, il faudra passer par la case privatisation. Il faudra sérieusement réduire son périmètre et le resserrer sur la culture et l'information la plus objective possible.

Ce sera sans aucun doute un enjeu de l'élection de 2027. Le 7 mai, 4 jours après l'annonce officielle de la candidature de l'intéressé, le journal Libération a publié un billet de son éditorialiste Jonathan Boucher Petersen qui commençait par l'affirmation suivante : "Pour bien des raisons, il est évident que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être le candidat unique de la gauche." Fin de citation.

Quelles sont exactement ces diverses et multiples raisons ? L'auteur de cet appel à une multiplication des candidatures de gauche ne le précisait malheureusement pas. Ce qui est intéressant dans cette profation est qu'elle nous indique que la presse et les médias dominants se sont tellement habitués à présenter Mélenchon comme un repoussoir que c'est devenu pour eux tellement banal et tellement évident qu'ils ne se sentent même plus tenu de justifier leur diatribe et de préciser par exemple dans le cas qui nous occupe ici en quoi il serait impensable qu'il soit le candidat unique de la gauche alors même qu'il a recueilli à la dernière élection présidentielle beaucoup plus de voix que ses concurrents au sein de cette gauche qui ont tous réalisé des scores minuscules et que tout porte donc à croire qu'il n'est pas le moins bien placé pour battre une droite qui n'en finit jamais de se radicaliser.

De sorte qu'on aimerait bien savoir aussi pourquoi Libération à moins d'un an de l'élection présidentielle milite de fait pour une multiplication des candidatures de gauche qui ne peut que profiter à cette droite. La plus grande chance de succès de Jordan Bardella, c'est s'il se retrouve au 2è tour face à Jean-Luc Bélon. C'est pas ma question.

Le 8 mai, jour de commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945, Marine Le Pen, député du Rassemblement national exfond national, a reposté sur le réseau social du milliardaire états-unien Elon Musk [acclamation] un message de ce parti d'extrême droite constatant que partout en France, les Français célébraient la victoire du 8 mai 1945 et rendit hommage, je cite toujours, à tous ceux qui ont résisté et qui ont combattu pour que la France reste la France. Fin de citation. Il manquait donc plusieurs précisions importantes dans ce message par lequel le parti de Marine Le Pen prétendait honorer la mémoire de la résistance dont les membres ont été tués par dizaines de milliers entre 1940 et 1944 par les armées hitlériennes et plus particulièrement par les Vafenes SS, mais aussi par les supplétifs français des nazis et plus spécialement par la sinistre milice fasciste paramilitaire de Joseph d'Arnand qui a perpétré d'immenses crimes partout en France en 1943 et 1944.

Il manquait par exemple dans le message reposté par Marine Le Pen la précision que son père Jean-Marie Le Pen n'était pas seul lorsqu'il a fondé le Front National en 1972 et qu'il y avait justement parmi ses cfondateurs un ancien Vafen SS et un ancien membre de la milice de Darnan. Et de la même manière, il manquait aussi la précision que le même Jean-Marie Le Pen, lorsqu'il était président du Front National rebaptisé Rassemblement national par sa fille en 2018, a été plusieurs fois condamné pour antisémitisme et négationnisme après avoir notamment minimisé l'ampleur des crimes perpétrés en France par les nazis et leurs collaborateurs. Dans une interview publiée par l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, il déclare "En France, du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il eut des bavures." Mais il est vrai aussi que si le parti de Marine Le Pen avait rappelé le détail quelque peu gênant que certains de ses condurs ont collaboré avec les nazis, son hommage à la résistance aurait sans doute été un tout petit peu moins crédible.

Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Euh je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la deuxième guerre mondiale.

Monsieur Durafour crématoire, merci de cet aveu. Le personnage en question a cru devoir dire que c'est parce qu'il était juif qu'il avait été expulsé. Ça ne se voyait pas ni sur sa carte ni sur son nez si j'ose dire.

Vous vous avez regretté à un moment donné ou un autre. Pas du tout. À aucun moment.

à aucun moment ce que j'ai dit correspondait à ma pensée. Le 11 mai, 4 jours après que Libération avait, comme on l'a dit, décrété que pour bien des raisons, il était évident que Jean-Luc Mélenchon ne pouvait pas être le candidat unique de la gauche. Le monde peut-être pour ne pas se laisser distancer a quant à lui publier un éditorial déplorant que la gauche hors Mélenchon n'arrive pas à désigner elle aussi un candidat pour la prochaine présidentielle où de nombreux Français chercheront toujours selon ce journal une troisième voix entre les populismes de gauche et d'extrême droite.

Fin de citation. Une fois de plus donc, et comme il le fait très régulièrement depuis plusieurs années, le monde renvoie d'ado la gauche antifasciste et antiraciste et l'extrême droite xénophobe et relativise donc la dangerosité particulière de cette extrême droite en suggérant qu'elle ne serait pas moins menaçante que la France insoumise. Bla bla bla bla bla bla.

C'est marrant que c'est toujours les nazis qui ont le mauvais rôle. Et pour faire bonne mesure, ce journal qui n'emploie jamais ce vocabulaire dans ces articles consacrés par exemple à la candidature de l'extrémiste de droite Bruno Retaillot ou aux proférations xénophobes de ministre macroniste, ajoute que la stratégie de Mélenchon, c'est je cite, nourrit d'hystérisation et de brutalisation du débat public. On ne doute évidemment pas que les chefs du rassemblement national, partie cofondés notamment par un ancien VAFS et un ex-milicien, doivent se réjouir très profondément de cette diabolisation permanente de leur principal adversaire au sein de la gauche parlementaire.

La bascule de l'électorat de droite, elle s'est déjà faite que de toute manière, il y a une majorité des forces économiques de notre pays qui ont déjà fait le choix de l'extrême droite et pas de la droite républicaine. Je partageais ce que vous disiez. Je pense c'est plus au niveau de l'électorat que ça va se passer que dans les déjà en plus j'entends hein les les faits que vous avancez après voir aussi comment ça se traduit dans les droit droite et qu'on est dans un moment je vais le dire comme ça plutôt Hitler que le Front populaire et que on est dans une ligne droite jusqu'à la présidentielle la la diabolisation de la France insoumise elle participe de ça on peut être critique mais au bout d'un moment on le voit dans un an je pense que la bataille elle va se mener entre l'extrême droite et entre une gauche, moi j'aime pas le terme de gauche radicale mais une gauche de transformation.

Le 12 mai, un mois après que plusieurs centaines d'auteurs avaient tardivement quitter les éditions grassées rachetées en 2023 par le milliardaire Vincent Boloré pour protester contre le renvoi de leur patron. 600 professionnels du cinéma ont alors tour signé une pétition constatant que Boloré poursuivait je cite un projet civilisationnel réactionnaire d'extrême droite et dénonçant son emprise sur le 7e art. Fin de citation.

Cela signifie que dans le milieu du cinéma, comme dans celui de l'édition mainstream, des gens qui pendant des années se sont parfaitement accommodés des pratiques de Bolloré tant qu'elle ne les menaçait pas directement et qu'il n'était pas personnellement victime de sa brutalité, découvre soudain ce que tout le monde sait depuis des années, a commencé bien sûr par bolorer lui-même que cette fausse naïveté doit faire doucement rigoler. Mais cette tardive prise de conscience emporte un effet très concret et à vrai dire très intéressant puisqu'elle va permettre de clarifier beaucoup de choses. Car bien sûr, maintenant que tout le monde semble avoir enfin compris que Boloré menait une croisade ultra réactionnaire, chacun va devoir se positionner et les acteurs et actrices, auteurs et autrices, ministres macronistes, politicien de gauche et de droite et autres réalisateurs et réalisatrices qui continueront à se produire dans les journaux et les médias du groupe Boloré devront désormais assumer qu'en acceptant ces invitations et en l'installant donc comme un interlocuteur légitime, il contribue de fait au resserrement de son emprise et à la poursuite de son projet civilisationnel. d'extrême droite.

J'ai aussi entendu l'émotion, l'inquiétude qui s'exprime dans le secteur du cinéma comme elles se sont exprimé dans le secteur du livre récemment. Ces réactions nous disent que nous partageons au moins une même conviction. La culture est le lieu du débat.

Dans cette économie ambitieuse et fragile. Canal Plus a eu une place importante en finançant aujourd'hui environ un film français sur deux. La place majeure de cette entreprise dans le cinéma lui donne une voix qui compte.

Le 17 mai, une fois de plus, Israël a été autorisé à participer au concours de l'Eurovision en dépit du génocide en cours à Gaza et des Turis perpétrés en 6 Jordanie et au Liban par ses colons et son armée alors que la Russie en était une nouvelle fois exclue en raison des tueries perpétrées en Ukraine par son armée. On a beau chercher, on ne trouve toujours qu'une seule et unique explication à ce double standard, c'est que dans l'esprit des organisateurs de cette compétition et des gouvernants des pays qui acceptent encore de concourir alors que l'Espagne, l'Irlande, l'Islande, les Pays-Bas et la Slovénie refusent désormais de participer à cette mascarade, les vies des Palestiniens valent moins que les vies des Ukrainiens. Et cette hiérarchisation porte un nom, c'est du racisme.

Là, en ce [raclement de gorge] moment, je suis en train de travailler sur la Seconde Guerre mondiale et l'antisémitisme au sein de la Seconde Guerre mondiale. Les mécanismes qui mènent au boycott de cet artiste sont les mêmes que ceux qui menaient au boycott des magasins juifs. On boycotte parce que derrière on s'en prend aux juifs pour ce qu'ils sont et ça c'est inadmissible.

Le 17 mai toujours, Maxime Sada, patron de Canal Plus qui appartient au groupe Bolloré, a déclaré que sa chaîne Principal soutien du cinéma français ne souhaitait, je cite, plus travailler avec les 600 signatures de la pétition du 12 mai dénonçant l'emprise du milliardaire ultra réactionnaire sur le 7e art. Quand des professionnels du cinéma osent critiquer le groupe Bolloré, Boloré confirmant sans surprise qu'il ne tolère aucune dissidence, sanctionne immédiatement ses impertinents contestateurs. Et pendant ce temps-là, comme on l'a vu tout à l'heure, quand le même groupe Bolloré part en campagne contre l'audiovisuel public, l'audiovisuel public réplique en procédant à l'embauche de Génie Bastier, collaboratrice du groupe Boloré.

Face à tels adversaires, l'extrême droite peut dormir tranquille. Moi, j'ai jamais entendu Canal Plus être accusé de ne pas assumer euh une diversité dans les films qu'il coproduit. Canal Plus est un acteur important.

Euh donc je suis un peu surpris que euh les signataires d'une tribune à charge contre l'entreprise Canal Plus en disant que elle elle a un projet [musique] civilisationnel comme vous l'avez dit et derrière qui a des conséquences s'en offusque. J'invite chacun d'entre eux à plutôt se consacrer à l'ur qui est le cinéma plutôt qu'à faire la politique. Merci d'avoir suivi cette chronique.

Donc 15 jours. [musique] [musique]