« Il est en pleine ivresse, attention à la gueule de bois » : Lisnard double Retailleau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse partielle
Etais-tu dans les cuisines d'un déjeuner entre Bruno Retailleau et David Lysnard ?
- 2:13OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on sait ce qu'ils se sont raconté dans ce déjeuner ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Est-ce que Retailleau est en train de changer d'avis sur la primaire ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Gérard Laché pense-t-il à une candidature personnelle ?
- 4:59OuverteRéponse partielle
Comment Zemmour appréhende-t-il l'idée d'une primaire ?
- 6:02FerméeRéponse directe
Sarah Knafo prépare-t-elle une candidature en 2026 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41InvitéChiffre
« Les proches de Lysnard revendiquent aujourd'hui 90 000 adhérents. »
- 2:52InvitéChiffre
« Les Républicains, c'est 120 000 adhérents. »
- 4:15InvitéFait
« L'élection présidentielle, elle se tient de mémoire, souvent à 35 jours. »
- 8:31InvitéFait
« En 2016, François Fillon n'a pas perdu à cause de la primaire. »
- 15:15InvitéChiffre
« Les Français vont devoir payer plus de 90 milliards d'euros en seul remboursement des intérêts de la dette l'an prochain. »
- 15:27InvitéChiffre
« Le ministère de la Défense, le ministère de l'Éducation nationale, chacun d'entre eux, c'est environ 65 milliards d'euros de budget. »
- 15:33InvitéChiffre
« C'est 1 350 euros par Français. »
- 16:52InvitéFait
« Si c'est Mélenchon, ils craignent une vraie crise financière très grave pour le pays. »
- 18:32InvitéFait
« Quand le cornu parle, l'étau monte. Quand nous, on parle, l'étau baisse. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 228 %
- Invité 327 %
- Présentateur12 %
- ?3 %
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On pensait que les macronistes étaient les Mozart de la finance, on se rend compte que c'était des joueurs de Jambé.
Moi j'ai eu le Beethoven de la dette. Salut à tous, ce que les candidats disent devant les caméras, vous le savez déjà. Ceux qu'ils disent quand le micro est coupé, le off, c'est ici qu'on vous le raconte. Bienvenue dans Bruit de Campagne, le podcast politique du point. Cette semaine, autour de la table, l'excellente Nathalie Chuc, le formidable Joseph Lecor et le grand François Miguet. Bonjour à tous les trois. Bonjour. Bonjour.
Alors
on commence avec un déjeuner étrange, Nathalie, qui s'est tenu près du Sénat. Etais-tu dans les cuisines d'un déjeuner, d'une rencontre Bruno Retailleau et David Lysnard ?
C
'est un déjeuner qui a été organisé, c'est un peu insolite, par Robert Ménard, le maire de Béziers. Alors pourquoi lui ? Tout simplement parce que Bruno Retailleau et David Lysnard sont allés le soutenir à son procès. Vous savez qu'il est poursuivi à Montpellier pour avoir refusé de marier un ressortissant étranger sous OQTF avec une Française. Donc ils sont allés l'aider. Et puis pourquoi se déjeuner ? Parce qu'en fait, dans les équipes de Bruno Retailleau, ça commence à stresser pas mal sur les sondages de David Lysnard, qui a été crédité dans plusieurs sondages d'intention de vote de 7 voire 8 % au premier tour. C'est-à-dire qu'en fait, là, il a techniquement doublé Bruno Retailleau.
Et ça commence un peu à les inquiéter, d'ailleurs. Le maire de Cannes dit, enfin, ses proches disent en privé, ça y est, on a doublé Retailleau, on a inversé les courbes avec lui, et maintenant, on va s'attaquer à Édouard Philippe.
Et
chez Bruno Retailleau, en fait, il commence à se dire, bon, est-ce qu'on le laisse prospérer ou pas ? Alors il y a des petites manips qui sont en train de se monter en coulisses pour faire en sorte que, vous savez, au mois de novembre, il y a l'élection à la présidence de l'AMF, l'Association des maires de France, dont David Lysnard est le président. Et les LR sont en train de regarder s'ils pourraient pas inciter des maires de gauche à pas voter pour lui, histoire de réduire un peu son score pour qu'il fasse pas un score de maréchal. Et chez Bruno Retailleau, on me disait, pas plus tard qu'hier, là, il est en pleine ivresse, il est grisé, attention à la gueule de bois.
Est-ce qu'on sait ce qu
'il
s'est raconté dans ce déjeuner ? Que se sont-ils dits ?
Il
y
a
une espèce de gentleman's agreement entre les deux. Ils vont pas s'agresser. Voilà, c'est des gens qui s'estiment. Ils ont été dans le même parti, il
faut
le rappeler. David Lysnard, il a quitté les Républicains. Donc ils ont convenu, grosso modo, que c'est le mieux placé à un moment qui se lancerait. Cher Retailleau, ils sont persuadés qu'en fait, plus David Lysnard va s'exprimer, plus il va, selon eux, commettre des fautes. Bon, à voir, pour l'instant, il y a un phénomène, il
y
a un engouement, au point que les proches de Lysnard revendiquent aujourd'hui 90 000 adhérents. Alors, il dit, nous, on est prêts à faire venir des huissiers de justice pour prouver que ce sont des vrais adhérents et pas des faux adhérents. Je rappelle quand même que les Républicains, c'est 120 000 adhérents.
Pas très loin. Alors,
on
voit bien l'intérêt que David Lysnard ait une primaire. Retailleau,
on
voit bien l'intérêt qu'il aurait éventuellement à ne pas y aller. Est-ce qu'il est en train de changer d'avis sur le sujet ?
Alors,
le serpent de mer de la primaire est en train de revenir plein pot, puisque vous avez vu que cette semaine, Gabriel Attal, patron de Renaissance et candidat lui-même à la présidentielle, a proposé une grande primaire de tous les démocrates. Alors, est-ce que ça va avoir lieu ? On n'en sait rien. Moi, je mettrais bien un billet sur le fait qu'il y
aura
peut-être une primaire, mais sans Gabriel Attal. Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'il y a quelqu'un qui travaille dessus, en coulisses, qui s'appelle Gérard Laché, le président du Sénat, qui, dont l'entourage, il y a plusieurs semaines, disait si personne au sein du bloc central, à droite et au centre, ne fait le trou vraiment dans les sondages et ne s'impose comme candidat naturel, peut-être qu'il faudra envisager, en janvier, ce qu'ils appelaient une primaire Blitzkrieg, avec trois, quatre débats télévisés, un vote électronique. Ça peut s'organiser assez rapidement pour essayer de départager. Alors qui ? C'est la grande question. On fait quel périmètre,
en fait ? Il
a dit, Gérard Laché, qu
'il
voulait un candidat unique en plus tard, en novembre. Est-ce qu'il ne pense pas un peu à lui-même ?
Alors, Gérard
Laché, il avait envisagé d'être candidat dans un seul, unique scénario, qui était celui d'une démission, avec une présidentielle anticipée, d'Emmanuel Macron.
Dans
ce cas-là, vous savez que l'élection présidentielle, elle se tient de mémoire, souvent à 35 jours.
Et
là, il se serait imposé comme une sorte de candidat patriarche au-dessus de la mêlée, et donc incontestable. Là, non. Il y
a
eu une interview qui a été accordée à nos confrères de Figaro, de Yael Brown-Pivet, présidente de l'Assemblée, où elle répond à une question sur une candidature Gérard Laché. Et
il
a tout de suite démenti. Il n'en est pas question. Après, il n
'est
pas complètement interdit de penser qu'envoyer ce genre de petit ballon d'essai pour mettre la pression à tout le monde, à droite et au centre, c'est des choses qui peuvent exister.
Il y a beaucoup de débats autour du périmètre de cette éventuelle primaire. Joseph, je sais que chez Zemmour, on regarde ça avec un peu d'intérêt. Comment est-ce qu'on appréhende l'idée d'une primaire ? Et comment est
-ce
qu'on aimerait se faufiler éventuellement là-dedans
?
Zemmour, ça fait longtemps qu'il rêve de cette primaire. Parce que c'est quand même, quoi qu'on en dise, un excellent observateur de la vie politique. Il a été journaliste, etc. Il connaît très bien ces machines-là. Et il sait qu'une primaire, c'est souvent la prime à la radicalité. Je cite ma collègue Nathalie Chuc, mais on prend par la droite une primaire. Zemmour, évidemment, il se placerait comme le candidat le plus radical. Il a ses chances. Puis il y a toujours celui qui est l'outsider, qui réclame la primaire. Édouard Philippe la réclame moins, évidemment. Et même carrément pas. Et même carrément pas.
Et puis, je pense qu'il y a une distinction qui n'est plus trop d'actualité, puisque Zemmour est le candidat. Knafo, visiblement, ne prépare pas de le doubler, en tout cas cette année. Elle va être un petit peu patiente. Pas en 2026, c'est ça ? Voilà. Mais normalement pas en 2027. En tout cas, il semble que ce n
'est
pas son plan. Elle sait qu'elle est jeune, elle sait qu
'elle
a du temps. Mais parce qu'Éric Zemmour, lui, il est radioactif. On imagine évidemment mal Édouard Philippe accepter de soutenir le candidat à la primaire si c
'est
Éric Zemmour qui la remporte. Sarah Knafo, elle a fait un choix très fort en cette rentrée. Elle parle d'économie.
Elle
ne parle quasiment jamais des thèmes conservateurs, réacs, qu'Éric Zemmour incarne.
Elle
a conscience qu'en fait, elle est en train de développer son plan, d'être de moins en moins radioactive. Et on sait, par exemple, Litsnard nous l'a dit, Nathalie et moi, facilement, il aime Sarah Knafo. Et aujourd'hui, ce n'est plus radioactif de dire j'aime Sarah Knafo quand on est à droite. Donc elle, elle prépare un peu son plan pour peut-être un jour s'inscrire dans une primaire naturelle d'union des droites.
Alors,
il met quand même un codicil, David Lissnard. Il dit, Sarah Knafo, il dit, je l'invite à me rejoindre, mais il dit à une condition, c'est qu'elle quitte son parti, reconquête, et surtout qu'elle arrête de siéger au Parlement européen avec le parti d'extrême droite allemand, néo-nazi, AFD. Donc ça, ce n'est pas une petite condition. Dans la mesure où Sarah Knafo, récemment, a quand même pris des positions pour dire qu'elle considérait que ce n'était pas un parti où il y avait des néo-nazis. Donc bon, autant dire qu'il y
a
loin de la coupe aux lèvres.
Et
c'est vrai que je n'imagine pas, si un jour il y avait une primaire avec reconquête, ça me paraît totalement impossible. Alors c'est vrai que tu l'as dit, Edouard Philippe,
pour
l'instant, il n
'en
veut pas de cette primaire. La question,
c
'est est-ce qu
'il
va pouvoir tenir sur cette position très longtemps ? Parce qu'en fait, il est tombé autour de 15% dans un sondage. Et aujourd'hui, que ce soit à LR ou dans d'autres formations du Bloc central, on commence à dire qu'il n'est plus le candidat naturel de cet espace politique.
En fait, est-ce que la droite et le centre n
'ont
pas besoin d'une primaire pour relégitimer un candidat
? Eh bien, je
ne vais pas vous mentir. Ce qui s'est passé le 17 et le 18 octobre, ça a foutu un coup, pardon de le dire comme ça, à tout cet arc politique qui se rend compte qu'en fait, c'est comme si Marine La Pen avait un aspirateur géant à électeurs et que tout allait dans son sens. Il se dit, si on n
'a
pas un électrochoc à un moment qui permet de légitimer fortement un candidat, comme ça a
pu
être le cas à gauche, on a vu, prenez Raphaël, Glucksmann, quoi qu'on en pense, il a été légitimé par sa primaire. Aujourd'hui, il a des étiages dans les sondages qui sont tout à fait corrects. Et donc, certains droits commencent à un petit peu abover d'ambiance, disant que ce serait quand même sympa si on avait la même chose. Je rappelle qu'en 2016, François Fillon n'a pas perdu à cause de la primaire. En 2016-2017, il est investi par 4,4 millions de votants.
Et
puis surtout, une primaire, ça rapporte un peu de fric. On ne
va
pas se raconter d'histoire. En 2016,
ça
avait rapporté 9 millions d'euros au Parti des Républicains.
Oui,
c'est presque une question que j'ai envie de te poser, Nathalie.
C
'est que j'entends souvent, surtout à droite, des gens qui me disent « Oui, il y
a
un traumatisme de la primaire, comme quoi ça serait une mauvaise idée de faire une primaire pour un candidat. » Mais en effet, l'histoire récente des primaires, celle de Fillon par exemple, prouve le contraire. Pourquoi il y a cette peur de
la primaire ? Oui, il y
a cette idée qui s'est enquistée que les primaires, ça serait une machine à perdre. Je rappelle quand même, et on dit souvent, jamais personne sorti d'une primaire n'a gagné une présidentielle. Eux, si, ouais, quand même, François Hollande, qui avait été investi à l'issue d'une primaire, qui avait quand même amené près de 3 millions de votants. C'est énorme. Quand on imagine l'effet de souffle que ça peut avoir pour un candidat. Nicolas Sarkozy, il est passé aussi par une primaire.
Alors, si on peut appeler ça une primaire, parce qu'en vérité, c'était un peu une primaire fantoche, puisqu'il avait été opposé, enfin, de mauvaise grâce, il s'était prêté à des débats, à l'époque, avec le patron de la droite libre qui s'appelait Rachid Cassi, Michel Iomari, qui avait envisagé de se lancer, Christine Boutin aussi. Au final, il était le seul candidat investi, vous l'imaginez, avec un score Ceausescu. Et il avait gagné la présidentielle dans la foulée. Donc, les primaires, ce n
'est
pas tellement une machine à perdre. C'est ce que vous en faites derrière. Oui, ça peut créer des divisions. Et là, ce qui est super compliqué, s'il devait y avoir une primaire, c'est que ce n
'est
pas au sein du même parti. Donc, il faudrait mettre des formations qui, en plus, n'ont pas le même nombre d'adhérents. Je vous laisse faire juste un petit calcul mathématique. Les Républicains, 120 000. David Lissnard, 90 000. Horizon, 43 000. Renaissance, il y avait Renaissance, 33 000. Tout ça, en fait, ça vient percuter les rapports de force. Donc, ça vient complexifier encore l'opération.
Et
beaucoup avaient annoncé la mort de Glucksmann au moment des primaires. On disait, il va se faire charcuter, etc.
C
'est vrai.
Il a une dynamique derrière cette
primaire, en fait.
Alors, il y en a un dont on n'entend plus beaucoup parler en ce moment, qui a du mal à faire parler de lui, c'est Gabriel Attal. On voit qu'il est très, très favorable à une primaire.
Est
-ce qu'il pourrait tirer son épingle du jeu ? Est-ce qu'ils y croient encore, chez Gabriel Attal
?
Gabriel Attal, c'est un peu compliqué. Je trouve que ce qu'il a fait cette semaine,
c
'est, alors évidemment, intéressé. On s'en doute bien qu'il ne
fait
pas ça gratuitement de proposer une grande primaire des démocrates. Ça peut être une porte de sortie honorable, en fait. Une primaire, ça peut servir à tous ceux qui voient que leur candidature ne prend pas, d'éviter d'avoir à se retirer ou d'avoir à se désister pour un autre candidat qu'ils n'ont pas très envie de soutenir naturellement. Quand vous perdez une primaire, vous vous engagez à soutenir le gagnant. Au fond, c'est une sorte de sortie propre.
Je
vous propose qu
'on
fasse un petit crochet par l'étranger avant de revenir à Orléans. On voit que dans la presse étrangère,
la
prochaine présidente, entre guillemets, est déjà presque unanimement désignée comme étant Marine Le Pen. Et on a vu aussi les événements du 17 octobre être observés avec beaucoup d'inquiétudes dans la presse étrangère. Comment est-ce que les médias étrangers voient la France aujourd'hui, François
?
On a demandé, nous, au service Monde de Point, à tous nos correspondants à l'étranger de faire un état des lieux sur la façon dont les étrangers nous perçoivent. Bon, et il faut dire, et c'est assez malheureux, que c'est assez unanime, très négativement. Par exemple,
je
discutais avec notre correspondante à Tokyo, au Japon, Karen Nishimura. Elle me disait que la France est en train de devenir l'exemple type
de
ce que le Japon ne veut pas devenir. Et ce qui se passe en France sert le discours de la droite nationaliste japonaise en ce moment. Et des consignes ont été données aux Japonais de faire très attention quand ils viennent à Paris. Alors, ça
peut paraître... C'est le retour des
Nogozones, quoi. Ça peut paraître pas si surprenant, puisque le Japon est un état
dans
lequel la sécurité est une valeur absolument cardinale. On peut laisser son ordinateur dans un McDonald's, revenir trois heures après, il y est toujours. Et quelqu'un vous le donne très gentiment. Donc, mais c'est la même chose en Chine, c'est la même chose aussi dans des pays qui nous ressemblent un peu plus. Par exemple, le Canada. Notre correspondant au Canada nous a fait un article formidable là-dessus pour nous dire... Oui, il
y a une expression
formidable.
C
'est ça, ça brasse. Ça brasse dans le tabernac. Voilà, c'est ce que lui a dit un Montréalais qu'il a interrogé. Mais il y a les éditorialistes de la presse québécoise qui disent que les Français sont masochistes.
Ils
ne comprennent pas pourquoi les Français sont prêts à casser leur centre-ville, quand bien même ils auraient des prétentions à changer les choses de manière politique. Ça,
c
'est quelque chose qu
'ils
ne comprennent pas. Ils n
'ont
pas ce même sens de l'émeute, en tout cas de la manifestation potentiellement violente là-bas. Et puis, ils essayent aussi de comprendre les expressions qui ont été employées dans certaines manifestations. Notamment, c'était la une de la presse, qui est un grand journal québécois. C'était « Bismalace et les ténèbres », qu'est-ce que ça veut dire ? Et donc, ils traduisaient les expressions utilisées dans les cortèges, parce que ce sont des expressions qui ne leur disent rien. Par ailleurs, vous avez aussi les pays européens plus proches de nous, qui sont très inquiets pour différentes raisons.
Alors, il y a eu, notamment en Allemagne, des grandes discussions sur la façon dont la police française gère les cortèges, avec un article de Pascal-Luc très intéressant, d'ailleurs, qui nous racontait comment les Allemands, eux, gèrent les émeutiers. Idem, les Italiens ont regardé aussi notre gestion de la violence, même si chez eux, ils ont des manifestations, ils ont revu aussi leur façon de faire le maintien de l'ordre depuis ce qui s'était passé à Gênes. Donc, vraiment, il
y
a une espèce d'inquiétude généralisée qui s'est manifestée partout. Et au-delà de ça, évidemment, chacun regarde la course des petits chevaux des candidats à la présidentielle, alors de manière évidemment moins granulaire que Joseph et Nathalie, mais tout de même, en se disant, on ne comprend pas. Et ce qui ressort beaucoup, c'est comment se fait-il, par exemple, que les Français soient autant accrochés à leur régime de retraite, alors que nous, et là, je parle des pays européens, on part en général plutôt à 67 ans, plutôt à 65 ans, y compris dans des pays socialistes comme l'Espagne, de Pedro Sanchez, par exemple.
Donc, vous avez des partenaires européens, l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne, etc., qui ont fait beaucoup d'efforts et qui ne comprennent pas pourquoi les Français ne veulent pas en faire.
Alors, le New York Times parle de France comme un pays au bord du gouffre. Qu'est
-ce
qu'on passe pour les nouveaux cancres économiques de l'Europe ?
Bon,
alors, ça ne serait pas la première fois que la presse anglo-saxonne s'en donne un cœur joie sur notre pays. C'est leur petit péché mignon. Vous avez aussi
régulièrement les Britanniques.
Voilà. Donc là, tu as cité un journal américain, un journal canadien. Bon, non, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a une vraie inquiétude sur la situation des finances publiques françaises. Et il y a une perception à l'étranger qui, de mon point de vue, est beaucoup plus rationnelle que la nôtre. Tout le monde sait à l'étranger qu'emprunter avec des taux d'intérêt à 5%, donc là, c'est un tout petit peu rebaissé. Alors, le gouvernement Lecornu, semble-t-il, s'en félicite à tort, parce que 4,9%, c'est absolument énorme. Donc, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
Ce que tout le monde a compris de Wall Street à toutes les salles de marché du monde, c'est que les Français vont devoir payer plus de 90 milliards d'euros en seul remboursement des intérêts de la dette l'an prochain. C'est énorme. À titre de comparaison, le ministère de la Défense, le ministère de l'Éducation nationale, chacun d'entre eux, c'est environ 65 milliards d'euros de budget. Donc, c'est absolument dingue. C'est 1 350 euros par Français. Donc, ça,
dans
aucun autre pays, normalement, ça ne fait pas un immense débat public. Et ce qui les étonne, quand on parle notamment à ceux qui travaillent pour des banques américaines, c'est comment se fait-il que les Français en sont encore à demander, par exemple, à ne pas faire la réforme des retraites, etc., alors que normalement, il devrait y avoir un débat là-dessus.
Et
donc, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a
finalement
quelques semaines, notamment les gens à Wall Street se sont intéressés au programme, puisqu'ils regardaient ça de manière
un peu lointaine. Qu'est-ce qu'on dit dans les
milieux financiers ? Parce que tu as beaucoup suivi ces milieux-là.
Voilà. Alors, moi, j'ai rencontré notamment plusieurs personnes ces dernières semaines de grandes banques anglo-saxonnes qui sont à Paris, mais qui sont en lien tous les jours, quotidiennement, avec leurs collègues qui sont à New York ou qui sont ailleurs, partout sur la planète.
Et
ce qu
'ils
me disaient, c'est qu
'en
fait, tout d'un coup, ils ont commencé à s'intéresser à la France. C'est-à-dire que l'élection présidentielle se rapproche, ils ont vu les sondages montrant un duel potentiel Mélenchon-Le Pen, et ça les a inquiétés. Donc, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont demandé à leurs analystes en France, mais aussi leurs analystes sur place, de vraiment creuser le sujet. Et donc, de quoi ils se sont-ils aperçus ? De deux choses. D'abord, si c'est Mélenchon, ils craignent une vraie crise financière très grave pour le pays.
Et deuxièmement, si c'est Marine Le Pen, il y a un certain nombre de personnes aux États-Unis qui pensaient, notamment dans les milieux proches de Trump, qu'au fond, c'était un peu comme Georgia Meloni ou comme Donald Trump, quelqu'un qui allait mettre l'accent sur les mesures populistes,
sur
l'immigration, etc., mais qui devait avoir un programme économique classique. Et puis, en regardant ces propositions et surtout quand elle a fait ses déclarations devant le MEDEF et puis qu'ensuite, elle a commencé à proposer un démarrage de programme, un contre-budget dont a parlé très bien Joseph, là, ils ont regardé, ils ont dit « Mais attendez, les maths ne marchent pas du tout
! »
Et cette personne, je me souviens de cette bancaire, m'a dit «
Mes
collègues à Wall Street m'ont envoyé des mails en disant « Qu'est-ce qui se passe ? » Et ils ont commandé des notes. Et donc, il faut comprendre que les notes, elles vont vraiment en détail. C'est-à-dire, si la France rentre dans une grave crise, comment et quand la BCE peut intervenir, etc. C'est des notes qui sont
très détaillées. Ils
ont de
l
'avance sur le personnel.
Ça a
créé une espèce de petit sentiment de panique chez eux. Et comme, malheureusement pour nous, on n
'est
pas le Japon, c'est-à
-dire
que les Français, 55% de leur dette, même si un peu plus maintenant, appartiennent à des étrangers. Les Japonais, c'est en autocontrôle. Donc, ce sont les étrangers, en fait, qui font le prix de notre dette. Et donc, quand ils paniquent, évidemment, ça augmente. Et à celui-là,
j'ai
une petite anecdote, parce que François parlait du contre-budget. Au moment où, justement, Jean-Philippe Tanguy, qui est le monsieur économie du RN, était en train de raconter tout ce qu'ils allaient mettre dans leur contre-budget, il a arrêté la conférence à un moment. Il avait son téléphone, avec sa voix qui est inimitable, et je ne
vais
pas me lancer dans une imitation. Et il dit, regardez, depuis que je parle, l'OAT a baissé. Donc, la confiance des marchés, enfin, des prêteurs envers la France. Et en fait, c
'est
un combat qui mène tout le temps. C'est-à-dire qu'en fait, il dit, oui, quand le cornu parle, l'étau monte. Quand nous, on parle, l'étau baisse. Enfin, c'est invérifiable, évidemment, parce que les marchés financiers, ce n'est pas un monsieur qui regarde...
Ils ne sont pas en train de regarder les conférences de presse. C'est multifactorial,
évidemment, mais c'est drôle,
parce
qu'en fait, il faut dire aussi une chose,
c
'est que le RN, lui, ils insistent, ils insistent, ils insistent sur le Mozart de la finance. Eux, ils en font des caisses. En même temps, ils ont raison, le bilan est vraiment très compliqué économiquement. Et eux, en fait, il ne faut que dire, c'est Macron qui est responsable de la dette. Ce n'est pas le RN. Mais Jean-Philippe Tanguy se détrompe, il faut le dire. Il n'a pas dû appeler beaucoup de banquiers parce que c'est absolument unanime. Aujourd'hui, tous les étrangers, analystes et banquiers qui regardent la situation de la France et s'intéressent aux déclarations du Rassemblement national jusqu'à ce
que
le programme économique du Rassemblement national n'est pas du tout sérieux. Nathalie
?
Je vous livre une petite confidence que m'a faite un fidèle du président de la République qui en dit long.
Il
dit, en fait, on pensait que les macronistes étaient les Mozart de la finance. On se rend compte que c'était des joueurs de djembé.
Ce
n
'est
pas faux non
plus.
Moi, j'ai eu le Beethoven de la dette au congrès d'Orléans.
Justement, le congrès d'Orléans, tu étais à Orléans où Jordan Bardella a été relu avec 98,98%, ce qui est quand même un score, un beau score. Est-ce que tu peux nous raconter un peu l'ambiance de ce congrès
? Juste pour expliquer pourquoi il a fait un score comme ça, c'est qu'il était le seul candidat. Évidemment.
Donc,
à la rigueur, on regardait les bulletins blancs pour trouver quelque chose à raconter, mais pas grand-chose à raconter sur ce sujet-là. En revanche, moi, ce que je peux raconter d'abord,
c
'est en effet l'ambiance à Orléans. C'était quand même deux jours particuliers. Une ville complètement vide. Tous les commerces étaient placardés, personne dans les rues.
Parce qu'il y avait des craintes d'affrontement.
Voilà. Parce qu'il y avait une manifestation qui a été organisée, qui finalement était extrêmement bien maîtrisée par les forces de l'ordre. Il
n
'y
a
eu aucun débordement. Et puis, au sein même du congrès, en tout cas, surtout le meeting. Alors,
il
y
a
eu, c'est assez traditionnel dans les meetings, quelques groupes d'associations qui sont venus protester, etc. Bon, ça, c'est assez normal. En revanche, moi, en tout cas, c'est un témoignage subjectif, mais j'ai senti une véritable violence dans l'air, une ambiance électrique, tendue. Dans la
salle.
Dans la salle. Alors, par exemple, il y
a
eu des journalistes de Mediapart qui étaient là. Notamment, une équipe vidéo de Mediapart qui était là le samedi. Le public comprend que Mediapart est là. Gueule dehors Mediapart, dehors Mediapart, dehors Mediapart, en référence évidemment aux révélations, aux accusations de propos anti-mite tenus par Bardella qui récusent toujours. Et la salle est devenue folle. C'est-à-dire qu'il y en
a
qui ont commencé à prendre les journalistes de Mediapart à part. Le DPS, donc le service de sécurité du RN les a pris de manière très musclée, les a sortis de manière très musclée de la salle. Idem, le lendemain, l'UEJF, donc une association des étudiants juifs de France qui est venue protester pendant le meeting, couper le discours de Bardella. Là, ça a été des coups, des coups de poing visage en sang, etc. Enfin, une violence vraiment forte qui, j'espère, n'est pas un présage pour l'année prochaine, enfin, toute l'année de campagne présidentielle.
Tu
disais aussi que c'était le congrès où Marine Le Pen avait repris un peu la main sur son parti. Qui sont les gagnants et qui sont les perdants finalement de ce congrès d'Orléans
?
Alors, c'est ça en fait, c'est qu'il y a eu le score très important de Bardella qui a été réélu, mais il faut regarder derrière en fait.
C'est un remaniement
des instances.
Parce
qu'en fait, il y
a
le remaniement des instances et il y en a une qui est particulièrement scrutée, c'est le bureau exécutif. Et ce bureau exécutif, en fait, c'est clairement le comex de la campagne. C'est là où il faut être, c
'est
là où les décisions les plus importantes sont prises. Et le casting, en fait, je pense que je ne m'avance pas trop et la plupart de mes collègues Jean-Esses sont d'accord, c'est clairement des marinistes qui ont remporté la mise. Bardella est certes le président, mais il est entouré de marinistes chevronnés. Notamment, un retour qui est à noter, c'est celui de Bruno Bild, qui est un mariniste historique de ce qu'on appelle la troupe de Hénin-Beaumont du Nord, la ligne sociale du RN, qui a été exclue au dernier congrès par Bardella et qui, cette fois-ci, est revenu dans le bureau exécutif.
Et puis, l'arrivée de Jean-Philippe Tanguy, qui, en fait, n'était pas encore dans l'instance parce qu'il n'était pas encore assez ancien au dernier congrès. Il n'avait pas sa carte d'adhérent depuis assez longtemps. Maintenant, il est là et ça a été une sorte de grand plébiscite pour Tanguy. Il a été premier des votes des adhérents. Et alors, José, j'avais une question pour toi.
Qu
'est-ce que tu as senti, toi, en termes de confiance entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? C
'est
-à
-dire
qu'il
y a
des déclarations publiques de Marine Le Pen disant « Il sera toujours mon premier ministre ». Est-ce que cette confiance, elle est abîmée ou pas, selon toi
? La
confiance
dans
le ticket gagnant, c'est-à-dire le ticket premier ministre, président Marine Le Pen, premier ministre Bardella, Marine Le Pen,
la
présidente.
Pour
moi,
en
tout cas, de ce que j'ai vu, elle me paraît inébranlable. Je pense que vraiment, Jordan Bardella va essayer de faire tout pour rester premier ministre et Marine Le Pen veut défendre ce ticket. Les entourages se sont réconciliés parce qu'on sait quand même qu'il s'attiraillait beaucoup entre les deux. En fait, la confiance, elle est du côté des marinistes. C'est-à
-dire
que c
'est
les marinistes qui
ont
le pouvoir. Bardella est plus dépossédé de ses moyens de pression. Il n'a plus beaucoup de fidèles qu'il soutienne, dans le bureau exécutif dont on parlait, mais plus largement dans le grand conseil national. Donc, ils l
'ont
isolé quand même. Il est plutôt isolé. En fait, il n'a plus d'autre choix que de soutenir Marine Le Pen et d'être le bon lieutenant.
C
'est comme l'enfant qui a
été
remis à sa
place. Sous
contrôle, ouais.
Le discours de Marine Le Pen qui était annoncé comme haut de gamme dans lequel elle parle de renaissance, elle parle d'optimisme. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ce qu'il a inspiré, qu'il a écrit, comment il a été accueilli en interne ?
Alors bon, il y a peu de doutes sur qui il a écrit, enfin en tout cas co-écrit. C'est Philippe Olivier, le gendre de Marine Le Pen, donc le mari de Marie-Caroline Le Pen. Ce qui a été intéressant dans ce discours, c'est que... Son
beau-frère,
tu veux dire. Son beau-frère, pardon, oui, le gendre, oui, son beau-frère. C'est que, première chose, c'était un discours qui se voulait profondément optimiste.
Et
en fait, pour raconter une petite anecdote, on a vu Marine Le Pen avec quelques journalistes, la veille au soir de ce discours,
et
elle avait un sourire, mais jusqu'ici, et elle disait, en fait, je gagne beaucoup de temps maintenant quand je m'exprime puisque je n'ai plus à parler du constat. Et donc maintenant, elle peut se permettre de parler, privilège aussi du premier dans les sondages, de parler du futur avec des concepts. Et donc là, en l'occurrence, la renaissance. Elle a parlé du droit du beau,
elle
a parlé de la civilité, de la politesse. Enfin, c'était un grand sourire pendant une heure et demie. Elle se marrait dès qu'un membre du RN disait, Marine, je t'aime. Elle rigolait. Enfin, il marchait sur l'eau à ce moment-là. Incroyable.
Eh bien, écoutez, merci.
C
'est l'heure des questions de nos lecteurs. Vous pouvez nous laisser des questions sur le site internet du Point ou via l'application. Je vous rappelle le principe, c'est assez simple.
Je
vous donne les questions. René répond de manière assez brève. Une question de Christian. Que se passe-t-il si François Hollande se présente maintenant
et
que la primaire de la gauche a finalement lieu ? Nathalie
? François
Hollande, il peut véritablement se lancer que s'il y
a
un effondrement de Raphaël Gluck. Mais autrement, ça paraît compliqué. Je ne
vois
pas ça en espace.
Très
bien. Une question de Jacques. Pourquoi la retraite par points qui a l'avantage de ne pas avoir de date butoir, d'âge butoir, pardon, n'est-elle plus du tout envisagée ? François
?
Parce qu'elle a été discutée sous la proposition d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe et qu'on a bien vu que ça a mené à une impasse politique. Donc, c'est vu aujourd'hui comme... Un tabou. À mon avis, oui, c'est ça. C'est vu par les différents candidats à la présidentielle comme un tabou.
C
'est certainement quelque chose dont on pourra reparler peut-être après la présidentielle parce que ça fait du sens.
Une
question de Camille. Quel est le danger majeur que l'IA représente pour la campagne ? Joseph
?
Il est double, triple, quadruple, quintuple.
Explique-nous.
Tu as deux minutes.
Même pas.
Non, il y a évidemment le rapport à la réalité, les deepfakes, les bots, etc. La
production de contenu falsifiée, on va dire. La production de contenu
falsifiée. Moi,
je
pense qu'en fait, et d'ailleurs, c'est en écoutant le discours de Marine Le Pen, c'est une interprétation personnelle. Je n'ai pas réussi à le vérifier, mais j'ai senti une aide de l'IA par-ci, par-là. Et moi, je suis profondément inquiet de cela parce que ça risque déjà que le discours politique est de plus en plus consensuel avec beaucoup de langue de bois. L'IA risque de ne rien arranger et la parole politique risque de s'appauvrir. François ? Oui, on risque aussi de voir ce qu'on a vu dans d'autres campagnes à l'international, c'est-à-dire énormément de bots étrangers qui sont activés par des systèmes d'IA et qui donc sont beaucoup plus efficaces. Ceci dit, il faut regarder les faits.
Il
y a eu des candidats qui ont bénéficié de ce type d'appui dans des campagnes à l'étranger récentes et je pense notamment à Flavio Bolsonaro au Brésil ou à Victor Orban en Hongrie
et
qui n'ont pas réussi pour autant à remporter l'élection. Donc, il faut peut-être aussi mettre un tout petit peu de mesure sur l'efficacité de ces types de nuisances.
Une
question de Pierre. Quand Marion Maréchal sortira-t-elle du bois ?
Sortira
-t-elle du bois tout court d'ailleurs
?
Oui, c'est ça. Elle a mis un petit pouce en dehors du bois ce week-end au congrès du RN. Une rumeur avant qu'elle arrive disait qu'elle allait même ne pas venir. Elle devait être intronisée un
peu
officiellement. Elle a demandé à avoir un discours pendant ce meeting. Elle n'a pas eu le droit. On imagine que Bardella n'a aucun intérêt à la voir émergé. Donc, c'est une question de temps et Bardella fait tout pour que ça soit le plus tard possible.
Une
question de Marie-Paul. Comment les candidats comptent agir sérieusement pour réduire la dette sachant que les Français sont inquiets pour leur épargne ? Ont-ils raison de s'inquiéter, François ?
On a dit des réponses courtes. Il n'y a aucun candidat qui veut agir sérieusement pour réduire la dette aujourd'hui en fonction des propositions qui ont été annoncées. Est-ce que les Français ont raison de s'inquiéter pour leur épargne ? Oui,
un peu.
Oui, quand même. Parce que c'est-à-dire qu'au bout d'un moment, si vous ne faites rien pour résorber ce problème, il va bien falloir que l'argent soit trouvé quelque part. Donc, non, mais on ne
va
pas faire peur à nos lecteurs, bien sûr.
Il
y a quand même
un
sentiment qui est assez prévalent du côté de ceux qui nous prêtent et de ceux qui les conseillent, qui est de dire qu'au fond, la pression sur des marchés va être tellement forte que tout ça va se clarifier et que les candidats vont être obligés de vraiment se positionner et qu'au moins, après la présidentielle, une partie du problème va être réglée. Mais après, comment vous réglez ce problème ? Soit vous faites de la baisse des dépenses publiques pérennes et ce qu'il faut faire quand vous avez une telle pression fiscale en France, soit
vous
augmentez à nouveau la pression fiscale mais qui est quand même au niveau record de tous les pays comparables.
Voilà.
Donc, si c'est la deuxième option, il y a toute une partie de l'échiquier politique qui très clairement
plaide
pour cette deuxième option. À ce moment-là, ceux qui ont un peu d'épargne, oui, peuvent s'inquiéter.
Eh
bien, merci à tous les trois. Bruit de campagne, c'est terminé. Si vous avez aimé, vous pouvez laisser des pouces, des étoiles, des commentaires, des avis et puis on se retrouve dans 15 jours. Salut et à bientôt.