Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRadio J — L'interview politique· 5 février 2025 14 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileSécuritéÉconomie & entreprises

Thani Mohamed Soilihi - Le Barbier du matin du 05/02/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Un mot pour commencer sur cette proposition de Donald Trump.

  • 0:25FerméeRéponse partielle

    Réaliste ?

  • 0:51OuverteRéponse directe

    La France reste fidèle à la stratégie des deux Etats.

  • 1:08OuverteRéponse partielle

    Est-ce que pour vous c'est un vrai changement politique ou juste un coup de chance passager ?

  • 1:54OuverteÉludée

    Et les socialistes se sont rangés à cette vision aussi de la nécessité d'une stabilité.

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Et ça pourrait aller plus loin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:22Invité politiqueChiffre
    « 50 milliards d'aides au développement en moins ont été annoncées par Donald Trump. »
  • 4:44Invité politiqueChiffre
    « depuis 2017, nous avons doublé cette aide au développement. »
  • 6:18Invité politiqueFait
    « la France ne peut pas laisser faire. »
  • 11:21Invité politiqueFait
    « L'île a été pulvérisée, comme vous le savez. »

Temps de parole

  • Thani Mohamed Soilihi81 %
  • Présentateur18 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Tani Mohamed Ouali, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, vous êtes ministre délégué à la francophonie et aux partenariats internationaux. Et c'est important, on va parler de l'influence française. Un mot pour commencer sur cette proposition de Donald Trump. Les Etats-Unis vont reprendre le contrôle de la bande de Gaza, en faire la nouvelle côte d'Azur, dit-il. Mais les Palestiniens iront vivre en Jordanie ou en Égypte. Réaliste ?

0:26
Thani Mohamed Soilihi

Moi je suis resté sans voix quand j'ai entendu cette annonce. Je suis circonspect. Je ne sais pas si elle est sérieuse ou pas.

0:36
Présentateur

On a toujours l'impression avec Trump qu'il y a un mélange de provocation et puis de vision.

0:40
Thani Mohamed Soilihi

Oui, et c'est pour cela qu'il faudrait anticiper un petit peu et constater qu'en ces débuts de mandat, il y a beaucoup d'annonces. Et attendre un peu pour voir leur réalisabilité ou pas.

0:51
Présentateur

La France reste fidèle à la stratégie des deux Etats. Il faut deux Etats au Proche-Orient. Tout à fait. Venons-en maintenant à votre politique, mais en commençant par ce qui va se passer aujourd'hui. Il n'y aura pas de censure, il n'y aura pas de renversement du gouvernement. Ni les socialistes, ni l'ERN ne vont voter cette censure. Est-ce que pour vous c'est un vrai changement politique ou juste un coup de chance passager ?

1:12
Thani Mohamed Soilihi

Vous savez, le Premier ministre et le gouvernement, nous sommes à la tâche depuis le début. Et cette vie politique, cette instabilité, en tout cas ce risque d'instabilité, nous n'y pensons pas vraiment. Nous sommes à la tâche. Moi, j'effectue dans le cadre de mon portefeuille des déplacements, des rencontres. Comme si vous aviez la durée, sans vous dire que ça peut s'arrêter. Parce que les Français attendent de la stabilité. Les Français attendent un budget. Les Français attendent que leurs préoccupations de tous les jours voient en face un budget qui puisse les financer, qui puisse les accompagner.

1:54
Présentateur

Et les socialistes se sont rangés à cette vision aussi de la nécessité d'une stabilité. Ça, c'est un changement.

1:58
Thani Mohamed Soilihi

Pas vraiment. Les socialistes, vous savez, ils ont déjà été au gouvernement. Ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est qu'aller vers le dialogue pour l'intérêt commun. Moi, j'étais socialiste avant d'être à Renaissance. Et cette politique du dialogue, de la recherche du compromis, c'est quelque chose qui est dans leur ADN. Et aujourd'hui, je me félicite de voir les socialistes revenir à leur ADN premier.

2:32
Présentateur

Et ça pourrait aller plus loin ? C'est-à-dire une collaboration plus étroite entre le gouvernement et les socialistes ?

2:38
Thani Mohamed Soilihi

Le Premier ministre a été clair au départ. Il a appelé à de la responsabilité. Il a appelé à penser à l'intérêt des Françaises et des Français. dans une ambiance de respect et de dialogue. Donc, les choses sont ouvertes. Et je pense que c'est ce qui a permis de faciliter ce dialogue. Ce moment politique. Voilà, ce moment actuel.

3:09
Présentateur

Sur vos sujets, francophonie, partenariats internationaux, est-ce que la gauche est dans l'opposition ? Est-ce que vous êtes en conflit avec vos anciens amis socialistes ?

3:16
Thani Mohamed Soilihi

L'aide au développement, surtout après le désengagement des États-Unis, parce que 50 milliards d'aides au développement en moins ont été annoncées par Donald Trump. Encore une fois, nous allons voir comment cela va évoluer. Eh bien, ça oblige encore plus la France à être à son rang. La France est attendue dans le cadre de cette solidarité, cette solidarité internationale qui permet de protéger aussi les Français. Parce que cela permet d'anticiper les crises, les crises climatiques, les crises de l'alimentation. Et les Français apprécient cette aide au développement. Et je pense que la gauche en général, les socialistes en particulier, sont dans cet esprit également.

En tout cas, pour la France, c'est un outil de rayonnement. Et c'est le bras armé de sa diplomatie. Et ce qui est fait pour aider les pays, notamment les pays les moins avancés, rend aussi service directement aux Français en les protégeant.

4:27
Présentateur

Comment va votre budget ? Est-ce que vous avez dû faire des sacrifices dans le budget qui va être voté ?

4:33
Thani Mohamed Soilihi

Le budget est en passe d'être voté. Tous les portefeuilles ministériels ont été appelés à faire des efforts. En matière d'aide au développement, il ne faut pas oublier que depuis 2017, nous avons doublé cette aide au développement. Et donc, nous sommes dans une dynamique laquelle, malgré la contrainte budgétaire, va permettre de continuer à avoir ce rang dont je parlais tout à l'heure. Vous aurez les moyens de votre politique ? Nous avons les moyens de notre politique. Alors, ça ne fait plaisir à personne. Mais là aussi, je pense que les Français appellent à de la responsabilité, à de l'équilibre.

Et les efforts que nous allons faire aujourd'hui vont permettre, justement, comme l'a dit le Premier ministre, à l'horizon 2026, d'espérer retrouver l'élan que nous avions pris depuis 2017 de faire de l'aide au développement, cet outil de rayonnement de notre pays.

5:38
Présentateur

Alors, à droite et à l'extrême droite, on dit, c'est simple, il faut couper le développement, les aides au développement à l'Algérie et à la Chine. Est-ce que ce sont beaucoup d'argent ?

5:47
Thani Mohamed Soilihi

Si c'était aussi simple, j'allais dire que ça se saurait. L'aide au développement, c'est une politique au long cours qui produit des résultats dans le temps. Alors, ne pas forcément faire de mélange entre l'aide au développement et les relations avec les pays. Il est certain que la France, en cas d'escalade, comme nous venons d'assister par rapport à l'Algérie, la France ne peut pas laisser faire. Et comme l'a dit Jean-Noël Barraud, une riposte en cas d'escalade est toujours possible. Mais il me semble que dans le cadre de nos relations avec l'Algérie, pour revenir au dialogue, c'est ça la diplomatie. Qu'est-ce que les Algériens attendent de nous ?

Qu'est-ce que nous attendons des Algériens ? Et c'est dans ce cadre que nous allons déterminer nos relations par rapport à l'aide au développement. Encore une fois, l'aide au développement empêche des crises, empêche des mouvements migratoires, les anticipe et c'est à ça qu'il faut le juger. Parfois, les deux sujets peuvent se rejoindre, mais pas toujours.

7:08
Présentateur

Alors, il y a aussi le reste de l'Afrique, où la présence militaire française diminue, elle s'éteint. C'est vous qui prenez la suite ?

7:16
Thani Mohamed Soilihi

Déjà, je pense qu'il ne faut plus regarder le continent africain sous le prisme sécuritaire. Le monde a changé, les relations ont changé. Nous proposons des partenariats d'égal à égal, gagnant-gagnant, où la France propose, par exemple, son expertise. La France propose de financer des politiques en matière économique, en matière éducative, en matière culturelle en Afrique. Et cette politique est attirante. Moi, je vois de plus en plus de demandes de France, à rebours de la vision des clinistes que l'on peut entendre par-ci, par-là, en Côte d'Ivoire, au Nigeria, au Kenya, où je me suis rendu.

Ou alors, lorsque les chefs d'État, le dernier en date, c'était le président de l'Angola, s'est déplacé ici en France. Et à la clé, il y a eu énormément de contrats qui ont été signés. Et ce sont des entreprises françaises qui vont intervenir. Et à la clé, ce sont des emplois dans ces pays, en plus de concrétiser leur politique en matière d'adduction d'eau, en matière agricole, en matière de développement en général.

8:39
Présentateur

Vous écriviez dans une tribune publiée par le Figaro que c'est une page nouvelle qui s'écrit, mais qu'évidemment, il y avait encore les frustrations et les douleurs du passé, c'est-à-dire du passé colonial. Vous sentez encore ce besoin en Afrique d'obtenir de la France des excuses, une repentance, un mea culpa ?

8:52
Thani Mohamed Soilihi

Alors, cette page nouvelle s'inscrit à partir du discours de Ouagadougou, du président de la République en 2017, qui consiste, cette nouvelle page consiste, lorsque c'est nécessaire, de regarder notre passé, y compris le passé douloureux en face, et permettre ainsi de rebondir. J'ai fait une séquence mémorielle, mon dernier déplacement était au Cameroun, où il y a eu cette restitution d'un rapport qui est revenu sur un épisode de l'histoire commune entre le Cameroun et la France. Et pour moi, c'est important de regarder ce passé pour l'assumer et mieux entretenir des relations.

C'est quelque chose, je me sens encore plus responsable de mener ces actions, moi étant français, né à Mayotte en France, dans le continent africain.

10:03
Présentateur

La gauche ne votera pas la censure sur le budget, mais le PS va déposer une motion de censure, 49-2, sur le terme de submersion migratoire. Quand vous avez entendu François Bayrou s'enliser dans cette querelle, vous vous êtes dit que ce n'est pas une bonne expression, il ne faut pas y aller ?

10:17
Thani Mohamed Soilihi

Il me semble que l'expression était employée à l'occasion de l'exemple de Mayotte. Le sentiment de submersion migratoire ? Je pense que le Premier ministre a pris suffisamment de gants pour qu'on ne lui impute pas directement cette expression. Et s'agissant de Mayotte, c'est quelque chose qui est décrié de tous les Mahorais. Et la responsabilité d'un politique, c'est d'écouter les Français. Et à Mayotte, ils disent ça ? À Mayotte, il dit ça, il faut trouver des solutions. Et de façon générale, lorsque nos concitoyens se plaignent d'un problème, il est de notre responsabilité de regarder de quoi il s'agit et d'y apporter des réponses. Je pense que ça, ce fut la démarche du Premier ministre.

11:13
Présentateur

À Mayotte, le plan s'applique maintenant, on reconstruit, ça avance bien ?

11:16
Thani Mohamed Soilihi

Il y a eu la phase d'urgence. Il fallait sortir de la stupeur. L'île a été pulvérisée, comme vous le savez. Et puis, hier, au Sénat, à l'unanimité, le projet de loi d'urgence a été voté. Comme quoi, c'est un exemple supplémentaire, que lorsque les enjeux le nécessitent, nous sommes capables et nous devons, nos politiques, avoir des accords. Donc, cette loi d'urgence a été votée. Et vous savez, la reconstruction sera dure, sera longue. Il faudra de la patience et il faudra que cet élan de solidarité qui m'a bouleversé, qui a énormément fait chaud au cœur aux maorais, continue jusqu'à ce que cette île puisse s'en sortir, parce que cet épisode a été vraiment dramatique.

12:17
Présentateur

Vous avez fait votre entrée au bureau exécutif de Renaissance. L'avenir de Renaissance, l'avenir du macronisme, c'est Gabriel Attal, Attal 2027 ?

12:25
Thani Mohamed Soilihi

L'avenir de Renaissance, ce sont tous les marcheurs, ce sont toutes les marcheuses. Nous avons créé ce mouvement que nous devons continuer à structurer. C'est Gabriel Attal qui est à la tête de ce mouvement. Je le remercie publiquement de la confiance qu'il m'a fait en me désignant secrétaire général adjoint en relation avec le Parlement. C'est tous ensemble, nous l'avons élu très largement, c'est tous ensemble que nous allons incarner l'avenir de Renaissance à la tête de laquelle se trouve Gabriel Attal.

13:12
Présentateur

Eh bien, Tani Mohamed Soylehi, ministre de la francophonie et des partenariats internationaux. Merci et bonne journée. Merci, à bientôt. Merci beaucoup Christophe. Rendez-vous demain à 7h45. Votre invité sera François Cornu-Gentil, ancien député socialiste de la... Un député LR de la Haute-Marne et surtout spécialiste de la défense. Spécialiste de la défense, c'est ça. Et ancien conseiller de Michel Barnier pendant le passage de la matinée. Il y a beaucoup de choses à dire. À demain.