Conflit Israël-Gaza, Aide médicale d'État, glyphosate... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Véran
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:18FerméeRéponse directe
Est-ce que vous confirmez le troisième décès français ?
- 0:53OuverteRéponse partielle
Vous avez des informations via le gouvernement israélien ou palestinien ?
- 1:22FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il pourrait y avoir plus de 14 disparus ?
- 1:24FerméeRéponse directe
Vous continuez d'en chercher ?
- 2:11RelanceRéponse partielle
Le plein soutien de la France à Israël signifie-t-il aussi soutien militaire ?
- 2:33RelanceRéponse partielle
Soutien total de la France, la réponse israélienne est-elle proportionnelle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueChiffre
« Je peux vous confirmer qu'il y a effectivement à ce stade 14 ressortissants français qui sont portés disparus. »
- 2:14Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'Israël a vécu son 11 septembre. »
- 2:21Invité politiqueFait
« J'étais à la manifestation hier avec le directeur du mémorial de la Shoah qui me disait qu'à sa connaissance, il n'y avait pas eu autant de victimes juives sur une journée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Israël a vu arriver sur son territoire de manière brutale et subite plus de 1000 hommes armés, certains en ULM, qui ont débarqué comme ça pour tuer. »
- 5:33Invité politiqueFait
« La décision qui a été prise cette nuit est de maintenir, tout en vérifiant, revérifiant et revérifiant encore et toujours, qu'aucun euro de cette aide au développement ne va financer directement ou indirectement le Hamas ou la militarisation. »
- 10:52Invité politiqueFait
« Avant d'être politique, je suis médecin. J'ai dédié ma vie à sauver des vies. »
- 11:37Invité politiqueFait
« On se souvient qu'en 2014, il y a eu cette synagogue qui avait été encerclée suite à des événements terribles en Israël. »
- 12:27Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon, il est tout en haine. Tout en haine. »
- 15:30Invité politiqueFait
« Le gouvernement ne répond pas à des menaces. »
- 15:44Invité politiquePromesse
« On n'augmente pas les impôts, on les diminue. »
- 19:01Invité politiqueFait
« Nous l'avons réformé il y a deux ans. »
- 21:35Invité politiqueChiffre
« On a réduit déjà de 20% la consommation de glyphosate et on est le pays d'Europe qui pousse le plus pour supprimer le glyphosate partout où il existe des alternatives. »
Temps de parole
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Bonjour Olivier Véran. Bonjour.
Aux dernières nouvelles, deux ressortissants français ont trouvé la mort en Israël. 14 sont portés disparus, dont un mineur de 12 ans. Ce matin, Meyar Habib, député des Français de l'étranger, annonce un troisième décès français. Est-ce que vous confirmez ?
Je peux vous confirmer qu'il y a effectivement à ce stade 14 ressortissants français qui sont portés disparus. On peut craindre que parmi ces 14 ressortissants français disparus, il y ait des victimes et ou des otages. Ensuite, lorsqu'on découvre le drame d'un décès, d'un ressortissants français à l'étranger, on commence par avertir la famille et il y a un canal de communication qui permet de faire les choses proprement. Donc ce n'est pas à moi ce matin de vous confirmer ou d'infirmer cette information. S'il y avait lieu de le faire, ce serait le quai d'Orsay qui le ferait dans la journée probablement.
Olivier Véran vous dit qu'on peut craindre qu'il y ait des otages. Vous avez des informations via le gouvernement israélien, via éventuellement les Palestiniens ?
Les cellules diplomatiques se parlent et fort heureusement communiquent en permanence. Encore une fois, il y a des choses qui doivent pouvoir rester. Alors je n'ai pas d'informations sur des otages. Je vous dis ce que nous pouvons craindre de par le fait même qu'il y a une dizaine, 14 ressortissants français qui n'ont pas donné signe de vie et de bonne santé depuis ces attentats terribles en Israël.
Ils sont au nombre de 14 ce matin, c'est ce que vous nous dites. Est-ce qu'il pourrait être plus ? Vous continuez d'en chercher ?
S'il y avait plus à ma connaissance, je vous le dirais. Encore une fois, il faut rester extrêmement prudent. Personne disparu ne veut pas forcément dire non plus otage aux victimes. Je vous le dis avec énormément de respect pour les familles en France notamment qui attendent des nouvelles de leurs proches. J'étais hier à la manifestation parisienne en soutien à Israël après cette vague d'attentats. J'ai moi-même vu et rencontré des personnes qui m'ont fait part ou du décès d'un oncle ou de la disparition d'un proche. On peut tous imaginer la douleur, la tension, la peur qui saisit ces familles à l'heure à laquelle on se parle.
Donc énormément de prudence s'il vous plaît dans la manière dont on peut dire ou annoncer les choses.
Emmanuel Macron a réitéré, je cite, le plein soutien de la France à Israël et aux Israéliens, son attachement à leur sécurité, à leur droit à se défendre. Est-ce que ce plein soutien, ça veut dire aussi soutien militaire ?
Ça veut dire qu'Israël a vécu son 11 septembre. J'étais à la manifestation hier avec le directeur du mémorial de la Shoah qui me disait qu'à sa connaissance, il n'y avait pas eu autant de victimes juives sur une journée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Après le 11 septembre, la France était intervenue aux côtés des Etats-Unis en Afghanistan.
C'est pour ça qu'on vous pose la question. Bien sûr, mais d'abord peut-être un peu d'empathie, de recueillement pour qu'en communion avec les Français qui, je le sais, sont extrêmement touchés par ce qui se passe.
Soutien total de la France.
Ensuite, Israël est un ami, est un pays que nous soutenons toujours, y compris sur le plan humanitaire lorsque c'est nécessaire de le faire. Israël n'a pas fait connaître de besoins militaires à la France ou à l'Union Européenne. Il y a une réunion cet après-midi des ministres des Affaires étrangères européens pour examiner la situation israélienne. Et donc nous resterons extrêmement vigilants et mobilisés.
Soutien total de la France, Olivier Véran, même quand l'armée israélienne ordonne un siège complet de la bande de Gaza. Pas d'électricité, pas d'eau, pas de gaz, pas de marchandises, a annoncé le ministre de la Défense israélienne. Nous combattons des animaux humains, nous agissons en conséquence. C'est ce qu'il a dit. La France est d'accord ?
Israël a vu arriver sur son territoire de manière brutale et subite plus de 1000 hommes armés, certains en ULM, qui ont débarqué comme ça pour tuer. Imaginez un pays qui voit 20, 30 communes rasées, incendiées, des gens qui sont tués, des personnes qui peuvent être violées, des gens qui sont inappés, imaginez que nous ayons subi une attaque de cette nature avec des centaines de ressortissants qui seraient retenus otages de l'autre côté par un groupe terroriste qui retient aussi en otage sa propre population par ailleurs.
Parce que les Palestiniens sont aussi les victimes de ce Hamas, qui est en fait un mouvement islamiste radical tel qu'on a pu en connaître en France à travers des vagues d'attentats. Donc, encore une fois, il y a, à l'heure à laquelle je vous parle, encore beaucoup de disparus israéliens, beaucoup de disparus de la communauté internationale en Israël. Et donc, je resterai extrêmement...
Mais pour vous, Olivier Véran, la réponse israélienne est proportionnelle.
Pour moi, il ne me revient pas de commenter ce matin la manière dont Israël décidera d'engager une riposte et de conduire la libération de ces otages.
Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit bouleversé par l'annonce du siège de Gaza.
Nous sommes évidemment sous le mandat de l'ONU et nous suivons les recommandations du Conseil de sécurité. En la matière, la diplomatie française ne se distingue pas de la diplomatie onusienne en la matière.
La Commission européenne est revenue sur sa décision de suspendre l'aide au développement aux Palestiniens. Vous disiez qu'ils sont aussi des victimes, les populations civiles sont aussi victimes de ce blocus. Quelle est la position de la France sur ce sujet ? Parce qu'on ne l'a pas beaucoup entendu hier au moment où le commissaire européen a proposé, avant de reculer, de suspendre l'aide aux populations palestiniennes.
Oui, mais c'est important de le rappeler. Ce n'est pas une aide qui va armer le ramasse. Au contraire, c'est une aide humanitaire, c'est une aide au développement qui permet l'éducation, l'accès aux soins pour une population qui n'a rien demandé. Les gens qui vivent dans la bande de Gaza ne sont pas des personnes qui sont tous loin sans faux, armés avec la velléité de faire la guerre ou d'aller tuer et piller. Ce sont des gens qui sont aussi eux-mêmes victimes du Hamas.
La décision qui a été prise cette nuit est de maintenir, tout en vérifiant, revérifiant et revérifiant encore et toujours, qu'aucun euro de cette aide au développement ne va financer directement ou indirectement le Hamas ou la militarisation. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va l'examiner, cette aide ? Mais c'est constamment examiné, ça le sera, j'imagine, avec encore plus d'acuité. Pour le reste, encore une fois, pour répondre à votre question, c'est de la diplomatie française et européenne. Une réunion des ministres des Affaires étrangères a lieu cet après-midi de toute l'Union européenne. Donc je vous renvoie volontiers aux décisions qui seront prises.
Rien n'explique, rien ne justifie l'attaque terroriste du Hamas, disait hier Emmanuel Macron. Hier, sur ce plateau, c'est le géopolitologue Doïc Moïse qui était à votre place. Écoutez ce qu'il dit.
Il faut condamner sans ambiguïté les actes barbares qui ont été commis. Et il faut prendre du recul pour comprendre d'où vient cette barbarie. Est-ce qu'elle n'est pas le produit d'une humiliation extrême ? Je n'ai plus rien à perdre, donc je sacrifie ma vie pour une cause. Mais ce n'est pas seulement je sacrifie ma vie, j'entraîne des milliers d'autres.
Est-ce que ce qu'il dit là, tous les politiques en fait pourraient le dire, mais il est trop tôt car l'émotion et le choc sont encore aujourd'hui trop importants ?
Je suis gêné à l'idée qu'on puisse faire de personnes qui sont radicalisées, qui sont des assassins, qui sont des terroristes, des gens qui agiraient au nom de leur population. Parce qu'en faisant ce qu'ils ont fait...
C'est parce qu'il dit qu'il y a un contexte d'humiliation.
Ceux qui mettent en péril la population palestinienne, alors qu'il y avait un fragile, certes, mais un relatif équilibre qui semblait être trouvé. Il y a quand même des milliers de permis de travail journalier qui sont accordés aux palestiniens pour passer la frontière de travailler en Israël. Mais les palestiniens disent qu'on nous avait oubliés. La situation avait déjà été plus tendue par le passé que ce qu'il avait bien de péril. Vous l'avez entendu, a réagi favorablement après cette... Lorsque vous avez encore une fois des groupes armés terroristes qui viennent piller, tuer, enlever, personne ne peut dire qu'ils le font au nom de la liberté ou pour protéger leur peuple.
Puisque le faisant, ils savent sciemment qu'il y aura une réplique. Donc ils le font en connaissance de cause. Ils mettent en péril la propre population qu'ils prétendent défendre et la cause qu'ils prétendent servir.
Non, mais je vous pose la question parce que...
Je vous ai répondu.
La réflexion qui se pose derrière, c'est est-ce que l'action des terroristes peut être comprise, en tout cas peut être justifiée, expliquée ? La question se pose parce qu'en novembre 2015, laissez-moi terminer, Emmanuel Macron, juste après les attentats du 13 novembre, Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, disait que la France devait assumer, je cite, une part de responsabilité dans le terreau du djihadisme.
Et ça n'a, pardon, strictement rien à voir.
Il rappelait le contexte.
Votre question, pardon, je le dis, me choque là, comme ça brûle pour point. Est-ce que l'acte terroriste peut être justifié ou expliqué ? Enfin, pardonnez-moi, encore une fois, on parle de groupements paramilitaires, islamistes, djihadistes, tels qu'on peut en connaître et qui peuvent parfois poser des bombes dans les pays de l'Union Européenne et faire de nombreuses victimes qui vont pour tuer des jeunes qui se réunissent au nom de la liberté et de la paix, et de la paix.
Et on parle des mêmes du 13 novembre.
Mais attendez, il faut différencier, il faut différencier le conflit géopolitique. Et d'ailleurs, la France a toujours été pour une solution à deux États. Bon, ça n'a pas changé. Donc, il faut différencier la question géopolitique et notamment les liens diplomatiques qui peuvent exister entre les autorités palestiniennes reconnues, d'accord ? De la même manière qu'on a des liens reconnus avec les autorités israéliennes, et fort heureusement, de la manière dont on considère des groupements terroristes qui décident, un beau jour, de se lever pour aller tuer, piller, violer, enlever. Ce sont deux choses qui sont radicalement différentes. On ne fait pas de la diplomatie avec des terroristes.
On combat le terrorisme et on fait de la diplomatie avec les États.
Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement et l'invité de France Info ce matin. On vous retrouve dans une minute, juste après le fil Info, 8h42. Maureen Fignard. 14 Français sont bien portés disparus en Israël, confirme ce matin sur France Info le porte-parole du gouvernement. La France craint que certains puissent être retenus en otage par le Hamas. L'inquiétude est d'autant plus forte que le Hamas menace d'exécuter des otages à chaque fois que le peuple palestinien sera pris pour cible sans avertissement. Hier soir, le Premier ministre israélien a promis que chaque lieu à partir duquel le Hamas opère deviendra une ruine. La riposte israélienne d'une très forte intensité.
900 Israéliens sont morts depuis samedi, 700 côtés palestiniens. Et l'armée israélienne dit ce matin avoir retrouvé les corps de 1500 combattants du Hamas côté israélien. Un blocus total de la bande de Gaza est mis en place. Pas d'eau, pas d'électricité notamment. Le club de foot de Clermont va porter plainte. Après le match ce week-end contre Montpellier, un supporter adverse a lancé un pétard tout près de son gardien. La commission de discipline de la Ligue qui s'est saisie de l'affaire se réunit demain.
France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliadrakia
Toujours avec le porte-parole du gouvernement Olivier Véran. Hier soir, vous étiez, vous nous l'avez dit, à cette marche qui s'est terminée devant la Tour Eiffel illuminée aux couleurs d'Israël. Une marche en soutien au peuple israélien. Sans entrer dans la concurrence victimaire, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent, comme Leila Shahid par exemple, ancienne représentante de la Palestine en France, hier sur France Info. On n'a pas fait ça pour les Palestiniens. On ne fait pas ça pour les victimes palestiniennes.
Vous savez, avant d'être politique, je suis médecin. J'ai dédié ma vie à sauver des vies. Et lorsque je travaille à l'hôpital, je ne regarde pas, peut-être qu'on en parlera, d'ailleurs, ni les titres de séjour des malades, ni l'origine, etc. Je soigne. Bon. Mon cœur, je sais où il va. Il va toujours du côté des victimes, et de ceux qui souffrent, et de ceux qui sont en danger. Hier, mon cœur allait du côté des Israéliens, du côté de la communauté française juive aussi, qui craint, et je peux le comprendre aussi pour sa propre sécurité. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a eu d'ailleurs l'occasion de le dire.
20 actes antisémites, une dizaine d'arrestations, des moyens très conséquents qui sont mis en place par la République française pour protéger les institutions juives et les populations juives en France. Pourquoi ? Parce qu'on se souvient qu'en 2014, il y a eu cette synagogue qui avait été encerclée suite à des événements terribles en Israël. Parce qu'on se souvient que Koulibaly, quand il rentre dans l'hyper-cachère, parce qu'on se souvient que Mohamed Merah, quand il tue à Toulouse, on fond le lien dans leurs propos entre la situation israélo-palestinienne et les attentats terribles qu'ils s'apprêtent à commettre.
Donc, voilà, je vous le redis, le temps de l'émotion, le temps de la mobilisation, il est à destination de la communauté israéenne, la communauté juive de France et mondiale et à destination de nos ressortissants aussi, dont on a parlé tout à l'heure et donc, pour un certain nombre d'entre eux, on ignore encore quel est l'état de santé.
Et quand Jean-Luc Mélenchon dit que le CRIF qui a organisé la marche au Conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF oblige tout le monde à s'aligner sur la position du gouvernement d'extrême droite israélien, qu'est-ce que vous répondez ?
Jean-Luc Mélenchon, il est tout en haine. Tout en haine. C'est quelqu'un qui a de toute façon décidé il y a un moment donné de basculer dans quelque chose qui n'est pas de la gauche du gouvernement et qui a décidé qu'il était bon de légitimer le recours à la violence. Un minimal de l'excuser. C'est la violence sociale dans les manifestations qui s'explique parce que, c'est la violence contre un peuple qui pourrait s'expliquer parce que, et puis tout le temps des propos virulents et à contre-courant.
C'est son choix, je le regrette, je le déplore, c'est quelqu'un dont la voix a porté à gauche, d'où je viens moi-même, et je ne me sens absolument pas appartenant et de moins en moins de ce courant de l'extrême-gauche française qui sombre dans cette espèce de dérive permanente et je crois qu'encore une fois il n'est pas au rendez-vous de l'histoire.
On parlait des ressortissants au début de l'entretien. La Pologne a décidé d'affrêter des avions pour aller chercher ces ressortissants en Israël et la France.
La France a monté une cellule de crise, évidemment. Le Quai d'Orsay est très mobilisé, on en a parlé tout à l'heure et tous les ressortissants français qui sont en Israël savent qu'ils peuvent compter sur la mobilisation française autant que de besoins.
On a fait des avions pour aller chercher ceux qui veulent rentrer ?
Vous savez, la France a toujours été le pays qui a le mieux organisé les évacuations de ses ressortissants. Je vous renvoie à la situation africaine d'il y a quelques semaines, il y a quelques mois. D'ailleurs, l'Europe et le monde entier avaient pu compter sur la mobilisation française pour évacuer les ressortissants.
Olivier Véran, ce conflit israélo-palestinien entraîne une hausse des cours du pétrole, 4% hier, une hausse plus importante encore du gaz, plus 10%. Est-ce que vous craignez que l'une des conséquences de ce conflit ce soit une reprise de l'inflation qui avait tendance à se tasser ?
Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Merci de souligner néanmoins qu'effectivement depuis quelques jours le prix du carburant avait plutôt tendance à baisser, le prix du baril de pétrole avait plutôt tendance à baisser, ne tirant pas de conclusion ni dans un sens ni dans un autre. C'est pour ça d'ailleurs qu'on est mobilisés avec des amortisseurs fiscaux, avec bientôt l'indemnité carburant, avec la mobilisation de toute la filière carburant pour le plus possible lisser les écarts de prix.
Si les prix repartent à la hausse, ce qu'on voit aujourd'hui dans les cours, donc ça va arriver dans quelques jours, dans quelques semaines dans les pompes, si les prix dépassent les 2 euros, est-ce que le gouvernement est prêt à envisager une nouvelle aide pour les plus modestes ?
Pardonnez-moi, on est en train de dire qu'alors que le prix du carburant commence à baisser, depuis 24 heures... On a ensuite les prix du cours et vous savez que
quand les cours augmentent,
c'est la même chose
dans les pompes.
On est en train d'anticiper l'idée que l'État pourrait dans quelques semaines si le prix du baril de pétrole continuait d'augmenter alors qu'il a augmenté depuis 24 heures, après avoir baissé depuis 15 jours. Pardonnez-moi, on a toujours été au rendez-vous pour le pouvoir d'achat des Français, on le saura, mais là, vous m'emmenez sur un terrain dont ni vous ni moi ne connaissons l'issue.
Dans le projet de loi de finances pour 2023, il y a un amendement qui est prévu par plusieurs députés de la majorité pour reconduire la contribution de solidarité sur les profits des groupes pétroliers. Ils justifient leur proposition par l'inflation qui dure encore. Total Energy menace en cas de maintien de cette disposition d'arrêter le plafonnement de ces prix à 1,99€. Quelle est la position du gouvernement là-dessus ?
D'abord, le gouvernement ne répond pas à des menaces. Le gouvernement est dans le dialogue et un dialogue exigeant vis-à-vis de la filière du carburant, du raffinage, à la distribution et à la production. Bien. Ensuite, on a un principe, vous savez, c'est un principe qui est clair depuis 6 ans, c'est qu'on n'augmente pas les impôts. Donc, on n'augmente pas les impôts, on les diminue. C'est un budget dont l'examen commence aujourd'hui qui vise à réduire les impôts, à réduire la dépense publique et à réduire en même temps les déficits.
Là, on parle de la contribution sur des profits
jugés excessifs. La ligne fiscale du gouvernement, c'est la ligne fiscale telle que présentée par le ministre Bruno Le Maire et par le ministre délégué Thomas Cazenave, à savoir le projet de budget qui a été présenté. Nous ne voulons pas d'impôts, de taxes ajoutées au texte. Ensuite, nous verrons dans les débats si le gouvernement a vocation à soutenir des démarches parlementaires ou non. Mais je vous redis notre ligne parce que je ne veux pas qu'on brouille notre message. Depuis 6 ans, on baisse les impôts, on a l'intention de continuer à le faire.
En tout cas, on sent dans ce que vous nous dites que vous n'êtes pas en soutien de ces députés.
Lorsqu'il a fallu récupérer de l'argent sur les producteurs d'énergie, par exemple, nous l'avons fait et nous avons pu ainsi financer une grande partie du bouclier d'énergie dont bénéficient encore les Français parce que je vous rappelle que l'État prend en charge plus d'un tiers de la facture d'électricité des contribuables, ce qui est unique en Europe.
On va reprendre avec d'autres questions, notamment la question de l'aide médicale d'État dans un instant avec vous, Olivier Véran. Ce sera juste après le Filinfo à 8h50. Maureen Suignard. La communauté internationale mobilisée après l'attaque du Hamas contre Israël samedi. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent aujourd'hui en urgence autour de Joseph Borrell, le chef de la diplomatie européenne. Le bilan humain continue de grimper. 900 morts côté israélien, dont deux Français. 14 autres Français sont portés disparus et peuvent être retenus par le Hamas depuis ce week-end. L'armée israélienne frappe massivement la bande de Gaza.
700 morts côté palestinien et les corps de 1 500 combattants du Hamas ont été retrouvés en Israël, affirme ce matin l'armée israélienne. Jean-Luc Mélenchon est un ennemi de la République, estime le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Hier, le patron des Insoumis s'en est pris au CRIF en estimant qu'il obligeait tout le monde à s'aligner sur la position du gouvernement d'extrême droite israélien. Hier, des milliers de personnes se sont réunies en France pour soutenir le peuple israélien après les attaques du Hamas, des rassemblements à Bordeaux, Marseille, Tours, Lille, 16 000 personnes à Paris.
Les hymnes israéliens et français ont été entonnés par marques de solidarité. Et puis, deux rendez-vous importants à 19h pour deux équipes parisiennes. Les joueuses du PSG jouent contre Manchester United en Ligue des champions de football et le Paris FC joue contre Wolfsburg. France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia
Olivier Véran, le texte sur l'immigration arrive au Sénat en séance le mois prochain pour s'accorder les valeurs de la droite. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, se dit favorable à titre personnel à revoir les modalités de l'AME, l'aide médicale d'État à laquelle les étrangers ont accès pour se soigner comme le souhaite la droite. Est-ce que c'est la position du gouvernement ?
Le gouvernement a présenté un texte qui est équilibré. Mieux expulser ceux qui n'ont pas vocation à rester, permettre à ceux qui travaillent et qui sont intégrés de pouvoir le faire de manière régulière dans les métiers en tension. C'est cet équilibre qui est la ligne gouvernementale.
Et sur l'AME ?
Et sur l'AME, nous l'avons réformé il y a deux ans. J'étais ministre de la Santé, l'aide médicale d'État pour que les gens comprennent. Encore une fois, je suis médecin et je sais à peu près de quoi je parle. Je ne connais pas de collègues qui arrêteraient de soigner quelqu'un parce qu'il n'aurait pas le bon papier quand il est malade. Mais Gérald Darmanin, il ne sait pas de quoi il parle ? Non, non, je vous dis juste que dans mon expérience médicale, j'ai été amené à soigner beaucoup de personnes qui étaient sans titre de séjour et qui étaient malades et qu'on les soigne parce que ça ne fait pas partie de notre ADN que de ne pas assister quelqu'un qui est en danger.
Donc en fait, ce qu'il dit Gérald Darmanin ? Non, mais sur l'évaluation, tout réside dans l'évaluation de ce que c'est que l'urgence. Moi, je ne sais pas avant d'avoir vu un médecin si ma maladie est urgente ou non. Moi, je crains énormément que lorsqu'on dit aux gens si ce n'est pas urgent, vous n'êtes pas remboursé, vous n'êtes pas pris en charge, ils ne viennent plus consulter.
Or, parfois, ça coûte beaucoup plus cher de venir plus tard et puis parfois, vous pouvez aussi traîner des maladies infectieuses, potentiellement transmissibles et donc il y a eu beaucoup de missions d'évaluation qui ont montré l'intérêt de l'aide médicale d'État dans notre pays qui ne constitue par ailleurs pas, ça je ne suis pas du tout d'accord, un appel d'air pour les étrangers en situation irrégulière. Donc, on ne va pas changer ?
Si on en est à une position personnelle, ma position, elle n'a pas évolué depuis dix ans, je soutiens l'aide médicale d'État parce qu'elle n'est pas en cause dans l'immigration illégale et parce que surtout, c'est un moyen de payer des médecins et beaucoup d'hôpitaux qui continueraient de toute façon de soigner les gens quand ils sont malins.
Mais je vous ai demandé quand même la position du gouvernement.
Mais je voulais... On a entendu la vôtre ? Il y a un débat au sein du gouvernement. Il n'y a pas un débat au sein du gouvernement. La première ministre, d'ailleurs, a eu l'occasion d'intervenir sur... Non, j'ai un vrai désaccord avec Gérard Lermanin sur ce sujet et je l'assume de la même manière qu'il l'assume. C'est ainsi. Ça ne nous empêche pas de travailler ensemble et de porter le même texte. Et la première ministre a eu l'occasion d'annoncer qu'elle demandait une mission d'évaluation à Claude Évin, ancien ministre de la Santé et Patrick Stéphanini qui est un peu plus loin du monde de la santé, certes, pour regarder s'il y a lieu de changer encore des choses dans l'AME.
Encore une fois, nous l'avons réformé il y a deux ans. Moi, je trouve que le système actuel est équilibré.
Olivier Véran, c'est une première mondiale. Les experts du Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides, organisme fondé par le gouvernement en 2020, ont reconnu un lien entre l'utilisation du glyphosate pendant la grossesse de la mère de Théo, aujourd'hui âgée de 16 ans et qui présente de graves malformations. Il va être indemnisé pour ça, 1000 euros par mois. Vous attendez quoi pour interdire totalement ce pesticide ?
D'abord, c'est l'honneur de la France, laissez-moi le reconnaître avec vous, que d'avoir un fonds comme celui-ci qui est capable d'indemniser des personnes sur la base de doutes sérieux, raisonnables, etc. Et donc, c'est très bien, il faut le signaler parce qu'il n'y a pas d'autres pays qui le font. Ensuite, sur le glyphosate, on a réduit déjà de 20% la consommation de glyphosate et on est le pays d'Europe qui pousse le plus pour supprimer le glyphosate partout où il existe des alternatives.
Vous entendez ce que j'ai dit ? Il a de graves malformations et il a été reconnu pour ça. Il est même indemnisé pour ça.
Il est reconnu par un fonds d'indemnisation.
On autorise malgré tout l'utilisation du glyphosate.
Je vous redis que notre volonté est de supprimer totalement, de manière générale d'ailleurs, les pesticides dont on subodore ou dont on suspecte un rôle négatif sur la santé. Et c'est la France qui porte le fer et qui montre l'exemple puisque c'est nous, le pays, qui avons déjà réduit de 20%, qui investissons le plus pour identifier d'autres voies et moyens de soutenir l'agriculture sans avoir recours au glyphosate.
Olivier Véran, donc la France va s'opposer après-demain à la prolongation de 10 ans du glyphosate sur le territoire de l'Union Européenne.
La France a eu l'occasion d'exprimer son désaccord avec l'idée d'une prolongation ad intégrum pour 10 ans du glyphosate. Nous verrons ensuite quelle sera la position tenue. Je ne suis pas parlementaire européen ni ministre de l'agriculture.
Vous êtes porte-parole du gouvernement.
Je vous ai dit que la France considère qu'il n'y a pas vocation à reconduire pendant 10 ans en faisant comme s'il n'y avait pas des alternatives qui se développent l'utilisation du glyphosate. Mais encore faut-il qu'il y ait des alternatives partout. Parce que si vous laissez les agriculteurs sans alternatives, vous réinviterez pour me dire la France n'est plus capable de fournir des fruits et légumes et on achète des produits au Maghreb remplis de glyphosate. Comment est-ce que vous expliquez ça ? Voilà. Donc il faut une solution scientifique rationnelle. On est en train de la développer. On est en train de la mettre en place.
Olivier Véran, il faut que vous nous éclairiez sur un point. Emmanuel Macron s'est dit en faveur, favorable à l'élargissement du champ du référendum la semaine dernière. Parlez, oui ou non, des questions migratoires.
Dans quelques jours, le président de la République adressera un courrier au chef de parti pour leur proposer de se réunir à nouveau d'ici à la fin octobre.
Ce sera le 30 octobre.
Dans un format identique. Et il aura l'occasion, comme il s'est engagé, de formuler des propositions. Il a déjà ouvert la voie à la réflexion sur plusieurs aspects importants. Un, simplifier les conditions du référendum d'initiative partagée, le fameux RIP, dont on voit qu'aujourd'hui les conditions sont telles qu'il ne peut jamais y en avoir. Parce qu'il faut 10% de la population mobilisée, etc. Ensuite, il a souhaité avoir cette réflexion avec les forces politiques sur l'élargissement de ce qu'on appelle l'article 11 de la Constitution. C'est-à-dire pouvoir interroger les Français par référendum sur d'autres sujets que ceux qui sont actuellement prévus.
Mais ce n'était pas précis. Ce n'était pas précisé. D'abord parce que ce n'est pas lieu. Ensuite, parce que vous connaissez la méthode.
Ça s'appelle la concertation. Ça s'appelle tendre la main aux forces politiques pour leur dire est-ce qu'on peut trouver un consensus pour changer la Constitution ? Vous avez intérêt à trouver un consensus.
Mais la droite et l'extrême droite vous disent depuis le début qu'on a besoin d'élargir aux questions migratoires.
Ils le diront. Ils le diront et nous verrons quelle sera la réponse du Président.
Les syndicats sont vent debout face à la volonté du gouvernement de ponctionner les caisses de l'Agir Carco et de l'UNEDIC, retraite complémentaire, qu'elles sont gérées par les partenaires sociaux pour payer sa politique. Qu'est-ce que vous répondez aux syndicats notamment qui vous reprochent cette ponction ?
Les syndicats qui reprochaient au gouvernement la réforme des retraites, réforme des retraites qui a permis de faire des économies sur le système de financement des retraites ont décidé avec le patronat de dépenser cette économie pour revaloriser les pensions de retraite notamment des cadres. C'est leur choix. Ce n'est pas le choix du gouvernement. Nous considérons que si nous avons fait cette réforme c'est pour équilibrer le système des retraites et que nous voulons aussi réduire la dette publique et les déficits pour les générations actuelles et à venir. Bruno Le Maire a eu l'occasion de le dire hier.
Il faut trouver un milliard d'économies dans le budget pour pouvoir notamment compenser le choix des partenaires sociaux.
Est-ce que c'est normal d'aller chercher dans les cases du privé ?
Quand on vous dit tout est dans le rouge tout est en déficit on fait une réforme dure vous n'en voulez pas mais on la fait quand même pour essayer d'équilibrer un peu. Ah ben vous décidez d'utiliser cet argent pour augmenter les pensions de retraités notamment de retraités de cadres et de casser parfois certains mécanismes qui incitaient les cadres à travailler un peu plus longtemps que l'âge d'annulation de la décote. Bon écoutez encore une fois c'est leur choix c'est pas le nôtre on le dit mais on respecte puisque c'est le dialogue social et que les choses sont ainsi
Mais vous allez fonctionner quand même.
Mais de là de dire que c'est nous la solution de facilité excusez-moi c'est un peu fort de café. Merci beaucoup Olivier Véran porte-parole du gouvernement
invité de France Info ce matin.