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videoyoutube.com· 11 juillet 2026

Anne Le Hénanff : "Notre approche de l’autonomie numérique a évolué"

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Je m'appelle Anne Le Hénanf, je suis députée du Morbihan, le golfe du Morbihan, on peut dire, pour se situer. Il y a beaucoup de gens qui viennent en vacances sur ma sous-conscription. Je suis députée depuis 2022, mais élue locale depuis 2008 dans la magnifique ville de Vannes.

Et je travaille sur les sujets du numérique depuis 2008. Donc j'évolue en même temps que les technologies, finalement. Et mes sujets de prédilection à l'Assemblée nationale, étant membre de la Commission de la Défense nationale, c'est la cybersécurité, la cyberdéfense, l'intelligence artificielle.

Et finalement, tout ce qui permettra à la France d'être en pointe au niveau européen, puisque très pro-européenne, en termes d'innovation de manière globale. Air, terre, mer, fonds marins, tous ces sujets-là, ça m'intéresse. Vous avez récemment participé à la journée de la transition numérique, qui avait pour thème la souveraineté à l'ère numérique.

Comment l'Assemblée nationale s'est-elle emparée de ce problème de souveraineté numérique ? Alors, à l'Assemblée nationale, on travaille depuis des années sur le sujet du numérique, tout court. Dans le sujet du numérique, il y a la souveraineté numérique.

Bien que ce soit un mot, souveraineté, qui est un peu galvaudé, qui est utilisé à peur et à travers. On en fait un outil, je dirais presque une arme politique. On parle plutôt d'autonomie stratégique.

Et dans mon sens, ça a plus de sens, puisque étant à la fois sur les sujets civils, du numérique, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité, et les sujets défense, étant membres de la Commission de la défense nationale à l'Assemblée nationale, eh bien, l'IA de défense, la cyberdéfense et l'innovation en matière de défense. Donc, l'autonomie stratégique, ça me paraît le mot peut-être le plus adapté. Et pourquoi ?

Parce que nous sommes dans un monde aussi, quand on le regarde de manière globale, où de nouvelles menaces apparaissent. Et on doit pouvoir tenir compte de ces menaces, que ce soit au niveau civil et au niveau militaire. Souvent, les militaires sont en avance et ça diffuse au niveau civil.

Là, par exemple, c'est l'IA, qui est un sujet vraiment sur le thème de la souveraineté, à vraiment prendre en compte. Là, c'est le monde civil, les sociétés françaises qui sont plutôt en avance et qui transfèrent leurs compétences et leur savoir au niveau des armées. Le législatif peut-il régler tous les problèmes de souveraineté ?

Il y a le Parlement, il faut faire des lois. Moi, je suis plutôt pour une frugalité des lois en matière numérique, par expérience. Parce que quand je suis arrivée jeune députée il y a deux ans, effectivement, je disais qu'il faut protéger.

Et le meilleur moyen, c'est en légiférant, on protège et on développe. C'est une erreur de jugement, je m'en suis rendue compte en évoluant dans ces sujets que sont la souveraineté numérique, que sont les défis de la cyberdéfense, de la cybersécurité ou l'intelligence artificielle. C'est que finalement, et on l'a vu pour la loi, sécuriser, réguler l'espace numérique, plus on légifère, plus on met un cadre contraint, et il y a des effets de bord qu'il faut qu'on soit en capacité de mesurer sur la filière industrielle française.

Donc réguler, protéger les citoyens, les organisations, les données, oui, mais au détriment de la filière industrielle française, non. Et donc il faut trouver un juste milieu entre ces deux priorités. Donc la souveraineté est nationale, et en revanche l'Europe est également aux premières loges.

Vous avez, notamment dans les pays baltes, vous avez une approche de leur cyberdéfense notamment. Est-ce que vous pouvez nous en parler ? Alors on a une appréhension diverse d'un pays à un autre en Europe, nous sommes 27, on a des cultures différentes entre le sud, le nord, l'est, l'ouest.

Je dirais que ça dépend où on se situe géographiquement. Donc ça c'est les caractéristiques culturelles. Ça dépend aussi dans quel contexte géopolitique on se trouve.

Et les pays du nord par exemple, là où j'ai eu la chance de me rendre, notamment en Finlande et en Estonie, ils ont la menace vraiment physique et numérique au quotidien. j'ai vu un peuple, deux peuples, cyber-résilients. J'ai été éblouie, et mon rêve c'est qu'en France on en soit à ce stade-là.

C'est le niveau de, finalement, de responsabilité jusqu'aux citoyens qu'on doit ensemble protéger le pays, notamment par un niveau de protection numérique très très élevé. C'est pas parce qu'on décrète qu'on est souverain numérique qu'on est sécurisé. Et donc, eux, on fait le choix, finalement, de faire appel aux meilleurs au monde, ceux qui ont le plus de moyens, le plus d'avance, et on sait qui ils sont, sans complexe, parce qu'il y a un enjeu de sécurité nationale et d'autonomie stratégique, l'adversaire étant la Russie, qui se trouve aux portes et aux frontières de ces deux pays.

Nous, on n'en est pas là. La guerre en Ukraine a quand même changé les choses depuis deux ans. Et on voit que, nous-mêmes, l'éloignement d'un conflit qu'on n'avait pas vu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en ce qui nous concerne, eh bien, c'est peut-être pas si éloigné que cela.

Il faut qu'on soit vigilant. Et donc, dans cette approche, avoir, finalement, dans cette analyse, plutôt une approche globale. Vous préparez actuellement un rapport sur l'intelligence artificielle.

Vous y travaillez. Quel est l'objectif de ce rapport ? Et quels vont être les enseignements ?

Alors, en fait, c'est l'intelligence artificielle de défense, spécifiquement. Et c'est dans le cadre d'un rapport pour avis, dans le cadre de la Commission de la Défense et des enseignants combattants, dans le cadre du budget 2025. Donc, vous voyez, c'est très, très, très précis.

Mais ce qui m'a permis de faire un certain nombre d'auditions sur la feuille de route française de l'intelligence artificielle de défense. Et je suis vraiment très rassurée de l'engagement des armées sur le sujet de l'intelligence artificielle. Et là, en analysant et en écoutant les interlocuteurs, parce que c'est dans le cadre du P144, qu'on appelle dans le budget, c'est-à-dire l'innovation de défense et l'armée du futur, je suis très rassurée de voir comment les armées appréhendent ce sujet de l'IA et finalement toute l'énergie, les investissements qu'ils font pour qu'on ne soit pas dépendant justement de l'extérieur et des technologies américaines, notamment.

Et donc, ce n'est que le début. Ce rapport, il sortira dans un cadre budgétaire d'ici quelques semaines. Je le présenterai en commission de défense nationale à l'Assemblée.

Mais c'est un sujet, l'IA de défense, sur lequel je vais travailler particulièrement. Et pourquoi ? Parce que l'IA est un outil...

Alors, ce n'est pas l'IA génératif qui nous intéresse spécifiquement dans les armées. C'est l'intelligence artificielle qui nous donne cette supériorité opérationnelle en matière de renseignement militaire, notamment.