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interviewyoutube.com· 17 avril 2018

FLORIAN PHILIPPOT FACE À EMMANUEL MACRON AU PARLEMENT EUROPÉEN

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

de la liberté et de la démocratie directe, la parole à l'honoré Filippo. Monsieur le Président de la République, j'ai beaucoup trop de respect pour votre fonction pour me réjouir de l'exercice auquel vous êtes en train de vous prêter. Devant cette Assemblée qui joue au Parlement, parce qu'elle n'est pas un Parlement, il n'y a pas de peuple européen unique à représenter, devant cette Assemblée largement acquise à Bruxelles, où l'on déplait quand on évoque les peuples, où l'on plaît quand on communie dans la religion européenne, vous êtes venus pour plaire.

Plaire aux puissants, comme vous avez toujours su le faire. Désormais, selon vos propres mots, se débrouiller tout seul, s'exonérant de leur devoir de solidarité envers la nation. Leur de leçons professionnelles à ceux qui, depuis longtemps, ont confisqué le pouvoir et qui ont tourné le dos au peuple.

Votre jury est là, dans les rangs de la Commission européenne. Et c'est lui qui, chaque jour, vous évalue. Et c'est lui qui, aujourd'hui, va vous mettre une note.

Rassurez-vous, votre note sera excellente. Parce que votre discours a repris, sans surprise, tous les canons du catéchisme européen. Votre jury vous accorde un bon point quand vous parlez de souveraineté européenne.

Manière, on ne peut plus fallacieuse, de saper la souveraineté nationale, la seule qui vaille en démocratie. C'est vrai, aujourd'hui, vous avez manqué de peu les félicitations du jury, parce que vous vous êtes exprimé, pour une fois, en français. Alors que, de plus en plus, souvent, dans votre expression publique, vous abandonnez la langue de Molière et la francophonie au profit de l'anglo-américain.

Mais, rassurez-vous, vous restez le chouchou de la Commission. Vous êtes tellement bon élève, tellement bien appliqué à suivre la politique de la Commission et des lobbies, que vous avez déjà rejoint Tony Blair et Matteo Renzi, au rang des coqueluches de Bruxelles. Et, comme eux, vous êtes condamnés à promettre de réformer l'Union Européenne et vous échouez déjà, vous décevez déjà, parce qu'elle est irréformable par construction.

Vous avez déjà échoué, M. le Président de la République, sur le travail détaché et sur le glyphosate. Alors, voilà pourquoi je suis triste.

Diriger une vieille nation comme la France est une fonction trop noble pour qu'elle s'abîme dans cette star-académie des étoiles palissantes du drapeau européen où chacun défile comme un vulgaire élève. M. le Président de la République, ne pataugez pas dans les eaux croupies des technocrates et des lobbies.

Le monde ici est déjà le vieux monde. Le monde de demain est celui des peuples qui relèvent la tête dynamique de l'histoire. Sous l'impulsion de Nigel Farage, suivi par tant d'autres, le peuple britannique a déjà brisé ses chaînes.

Oui, le peuple britannique, que ça vous plaise ou pas, a voté souverainement pour sa liberté et pour son indépendance. Et l'avenir, l'Union européenne est déjà le passé. De la France, M. le Président de la République, et donc parler au monde comme la France sait le faire quand elle est libre, comme savait le faire le Président Chirac en 2003 quand lui savait refuser les guerres américaines.

Vous l'avez dit vous-même dans une récente interview à la BBC, si un référendum était organisé en France sur le Frexit, le Frexit l'emporterait. Alors, soyez démocrate, faites donc ce référendum en France. Offrez aux jeunes la fierté, aux anciens la dignité, à tous la liberté.

La France vaut bien mieux qu'un long tête-à-tête épuisant avec Bruxelles et Berlin. La France est un pays sur tous les continents, tous les océans. Nos nations sont des civilisations bien plus brillantes que ne le seront jamais n'importe quel traité européen.

Oui, sortons de l'Union européenne pour rentrer dans le monde. Et si d'aventure, M. le Président de la République, cette perspective ne vous séduisait pas, alors vous pouvez vous reconvertir au sein de la Commission européenne ou directement vous faire recruter chez Goldman Sachs.

Vous n'aurez fait que griller une étape. Vive le Frexit, vive la liberté de nos nations, vive la France libre. Merci.