Le budget présenté par le gouvernement est inacceptable ! - Jean-Philippe Tanguy (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:49OuverteÉludée
Est-ce que la politique du gouvernement en matière de laïcité est payante selon vous ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous voulez voir apparaître dans cette nouvelle loi immigration ?
- 5:33FerméeRéponse partielle
Les mesures que vous venez de citer, ce sera vos conditions pour voter cette future loi ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui répondez à Olivier Faure qui dit que cette loi est un gage donné à l'extrême droite ?
- 8:28OuverteRéponse directe
Vous laissez une porte ouverte à l'immigration pour les métiers en tension en France ?
- 10:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites de Gabriel Attal qui dit que ça ne lui semble pas totalement prioritaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:12Invité politiqueFait
« Il faudrait au moins que l'ensemble des dispositions que le Parlement, Assemblée, Sénat, avaient votées l'année dernière et qui avaient été censurées par le Conseil constitutionnel, non pas sur le fond mais sur la forme, parce qu'ils estimaient, si c'était faux, que c'était des cavaliers législatifs. »
- 4:54Invité politiquePromesse
« On ira, évidemment, nous, on proposera d'aller plus loin dans le contrôle de l'immigration, notamment pour faciliter l'expulsion des clandestins, mettre fin à la régularisation, même partielle, des personnes qui sont en situation irrégulière sur le territoire. »
- 12:35Invité politiqueFait
« La France est vraiment, je pèse mes mots, à la croisée des chemins sur une dérive des finances qui peut nous emmener à la ruine. »
- 12:47Invité politiqueFait
« Les charges d'intérêt comme aménage, et la France est de plus en plus étouffée, c'est-à-dire que vous avez de plus en plus d'argent public qui va vers la dette et de moins en moins qui peut aller vers les services publics. »
- 15:10Invité politiquePromesse
« Deuxième catégorie, c'est rétablir la justice fiscale. Nous, des mesures qui viennent du programme de Marine Le Pen extrêmement fortes pour que l'effort fiscal vienne exclusivement des ménages les plus favorisés et des plus grandes entreprises, et pas du tout des classes moyennes. »
- 18:12Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, vous avez 500 millions d'euros qui sont consacrés aux subventions pour trois parcs d'éoliennes en mer. 500 millions d'euros, c'est 10 000 postes d'enseignants. »
- 18:56Invité politiqueFait
« On aurait les résultats scolaires de la Finlande ou du Japon, on pourrait peut-être se permettre de sacrifier des postes d'enseignants. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy82 %
- Présentateur11 %
- Invité4 %
- ?3 %
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Et notre invité politique ce matin c'est Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Merci
beaucoup d
'être avec nous, député de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserredon du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
Bonjour Yann, bonjour Jean-Philippe Tanguy.
On
va parler du budget évidemment, puisque vous êtes l'un des spécialistes de ces questions à l'Assemblée Nationale. Mais d'abord l'actualité aujourd'hui, c'est cette minute de silence qui aura lieu dans les collèges et lycées de France. Et l'hommage à Arras qui a été rendu hier à Dominique Bernard, professeur de français tué il y a un an par un ancien élève radicalisé. Cet après-midi, Michel Barnier sera à Conflans-Saint-Honorin dans le collège de Samuel Paty, tué en 2020. La ministre de l'Éducation nationale a dit hier que les attentes à la laïcité étaient en recul. Est-ce que la politique du gouvernement en la matière est payante selon vous
?
Écoutez, je ne vais pas polémiquer en un jour pareil sur les chiffres qui sont donnés. Je vais me pencher. Moi, si la politique fonctionne et permet de lutter contre la radicalisation et de protéger mieux nos professeurs, mais aussi les conditions d'enseignement, je ne peux que m'en féliciter par rapport à tous les problèmes que nous avons à affronter. Mais malheureusement, encore aujourd'hui, la lumière sur les circonstances qui ont amené à ces tragédies, la responsabilité de l'institution de l'éducation nationale reste quand même largement à établir. Et des leçons doivent être en tirées. Quand j'entends la famille,
très
digne d'ailleurs de M. Paty et M. Bernard, j'ai l'impression qu'il y a encore beaucoup de choses à dire sur ce qui s'est passé pour en tirer toutes les conséquences. Mais écoutez, moi, si une politique fonctionne et permet de faire reculer la radicalisation à l'école, je ne peux que m'en féliciter. Mais
en tout cas dans la société française... L'institution de la
maïa, ça a été une bonne chose ?
Oui, en l'occurrence, je pense que les problèmes sont différents. C'est-à-dire les problèmes de radicalisation profonde qui emmènent à de tels crimes et de telles tragédies sont des réseaux bien plus inquiétants et bien plus dangereux que les réseaux islamistes qui poussent des jeunes filles à ce genre de provocation, qui ne sont pas forcément liés à un radicalisme religieux réel. Ce sont deux phénomènes contre lesquels il faut lutter. Moi, vous savez, je suis vraiment, avec Marine Le Pen, un défenseur acharné de la laïcité contre les formes superficielles de l'islamisme, notamment le voilement complètement insupportable des jeunes femmes et des femmes.
Et d'un autre côté, la radicalisation ultime et la violence qui doivent être combattues d'une manière extrêmement claire et profonde et dans la durée. Et au-delà des annonces des uns et des autres, la lutte contre la radicalisation islamiste, c'est vraiment une lutte dans la durée, difficile, qui doit unir toutes les forces politiques sincèrement attachées à ce combat et pas sombrer dans la polémique. Mais je trouve qu'en France, sincèrement, c'est l'un des sujets où les forces politiques se comportent plutôt bien et on peut arriver, je l'espère, à des résultats.
En tout cas, ce qui est évident, c'est que par respect et par devoir moral et éthique envers la mémoire de Samuel Paty et de Mink-Bernard, il faut continuer le combat pour l'émancipation, pour la défense de la République, pour le savoir, pour enseigner toute la vérité et rien que la vérité historique, scientifique et morale, éthique à nos enfants. Et là, là-dessus, il y
a
encore beaucoup de combats à mener puisque beaucoup d'enseignants encore aujourd'hui ont du mal à apprendre à nos enfants un certain nombre de réalités historiques comme la mémoire de la Shoah, mais aussi
un
certain nombre de valeurs comme l'égalité homme-femme et évidemment la lutte contre l'antisémitisme puisqu'il y a bien malheureusement un phénomène qui a une ampleur extrêmement inquiétante, c'est les atteintes à la dignité, à la sécurité de nos compatriotes juifs.
On
va parler d'un autre sujet, Fabrice, puisque le gouvernement, Maude Bréjean, a annoncé hier une nouvelle loi immigration.
Oui, une nouvelle loi immigration début 2025, si on en croit le premier calendrier, qui devrait notamment comporter la prolongation de la durée de rétention dans les centres de rétention administrative. Qu'est-ce que vous voulez voir apparaître dans cette nouvelle loi immigration ?
Écoutez, je me félicite que cette loi puisse arriver aussi rapidement dans cette nouvelle mandature.
Il faudrait au moins que l'ensemble des dispositions que le Parlement, Assemblée, Sénat avaient votées l'année dernière et qui avaient été censurées par le Conseil constitutionnel, non pas sur le fond mais sur la forme, parce qu'ils estimaient, si c'était faux, que c'était des cavaliers législatifs, à bien meilleur contrôle de l'immigration légale, un certain nombre de restrictions sur les prestations sociales et de règles qui permettent de mieux contrôler la générosité publique envers les personnes étrangères qui doivent passer un certain nombre de temps sur notre sol et surtout travailler, cotiser, avant d'obtenir un certain nombre de droits.
Je pense que ces mesures sont un minimal, celles que proposent évidemment Jordan Bardella et Marine Le Pen et qui avaient fait consensus. On ira, évidemment, nous, on proposera d'aller plus loin dans le contrôle de l'immigration, notamment pour faciliter l'expulsion des clandestins, mettre fin à la régularisation, même partielle, des personnes qui sont en situation irrégulière sur le territoire puisque j'ai vu que M.
Rotaillot voulait revoir ce qu'on appelle la circulaire valse qui permet plus de 30 000, d'après ce que disait Mme Bréjean, régularisations par an, essentiellement des régularisations pour motifs familiaux et absolument pas, même pas pour motifs de travail, ce qui est souvent invoqué. Et nous, on veut évidemment une régularisation zéro des clandestins puisque quand vous avez pénétré illégalement sur le territoire ou que vous êtes maintenu de manière illégale sur les territoires, il ne faut pas récompenser ces comportements délictueux, ne serait-ce que pour respecter les étrangers en situation
régulière qui
respectent
la loi. – Les
mesures que vous venez de citer, ce sera vos conditions pour voter cette future loi
? S
'il n
'y a
pas ces mesures
que vous ne voterez pas ? –
Les conditions que vous citez, c'est au moins que ce soit au minimum comme la première loi, enfin la loi qui avait été votée l'année dernière et nous, on mettra d'autres conditions, voilà absolument.
Bon,
notre groupe est plus nombreux aujourd'hui qu'il l'était l'année dernière avec 60 nouveaux députés, avec nos alliés d'Éric Ciotti, donc je pense qu'on aura une capacité de négociation plus forte.
– Donc vous allez pousser encore plus
les curteurs
sur cette
loi ? –
Nous, on va pousser les mesures pour lesquelles nous avons été élus qui vont plus loin que les mesures qui avaient été adoptées l'année dernière. Mais déjà, on va voir si le socle adopté l'année dernière reste
entier. – Votre
vote n
'est
pas garanti ?
–
Notre vote n'est jamais garanti sur aucune mesure.
–
Juste un mot, puisque ça faisait partie des lignes rouges énoncées par Marine Le Pen, le fait qu'il
y ait
une loi immigration quand elle a répondu à Michel Barnier dans son discours de politique générale. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, il dit que cette loi, c'est un gage donné à l'extrême droite. Donc à vous, c'est ce qu'il pense. Qu'est-ce que vous lui répondez
? –
Moi, je réponds à M. Faure
qu
'il doit entendre la colère des Français sur l'absence de contrôle de nos frontières et la politique migratoire qui dépasse tous les partis politiques. Même les électeurs de la France insoumise, a fortiori du Parti socialiste, sont pour un contrôle beaucoup plus strict de l'immigration et l'application de la loi. Moi, ce qui me dépasse dans les propos de M. Faure quand ils critiquent les propositions que fait le Rassemblement national, c'est que nous, au moins que la loi s'applique.
S'il n'y a aucune différence entre le clandestin, une personne étrangère qui ne respecte pas les lois françaises, qui se maintient sur notre territoire au mépris des lois françaises, une différence entre le réfugié dont le statut est reconnu et la personne dont le statut de réfugié n'a pas été reconnu, s'il n
'y a
plus aucune différence entre ce qui est légal, illégal, ce qui est légitime et illégitime, alors plus rien n'a de sens. Et je pense que la gauche républicaine s'est totalement perdue dans ces contradictions, refusant de faire la différence entre ce qui relève de la loi et ce qui relève du comportement délictueux. Et faire preuve d'humanité, ce n'est pas accepter tout et n'importe quoi au nom de valeurs complètement dévoyées. Quand je vois que la justice européenne a décidé de reconnaître à l'ensemble des femmes afghanes la liberté de pouvoir venir en Europe et de s'y maintenir et d'immigrer, parce qu'il
y a
le régime des talibans, on voit bien que ces gens ont perdu la raison. On ne peut pas donner un droit à l'immigration à la moitié d'un pays, c'est
-à
-dire 30 millions de personnes. Et en plus, avec le droit au régroupement familial, vous donnez non seulement le droit à toutes les femmes afghanes, qu'elles soient persécutées ou non pour des motifs politiques, même si malheureusement le statut de la femme en Afghanistan est épouvantable et intolérable, vous ne pouvez pas donner le droit à 30 millions de personnes d'immigrer en Europe et ensuite à leurs enfants et leurs familles, puisque le régroupement familial permet donc l'immigration de toute la population afghane, puisque une femme a
le
droit de ramener son mari, sa famille, ses oncles et ses enfants.
– Nous parlons là de droit d'asile. Si on revient une seconde sur le travail et les métiers en tension en France, vous laissez une porte ouverte à l'immigration pour ces métiers-là dans notre pays ? – Non mais
les métiers en tension, c'est une invention du patronat et du gouvernement pour ne pas mettre en place les politiques qui permettraient la formation et le recrutement des 5 millions de Françaises et de Français, mais aussi des étrangers en situation régulière, faut-il le rappeler, qu'on a un taux de chômage très élevé, pour travailler dans les métiers qui aujourd'hui manquent de bras. Bon, il
y
a 5 millions de personnes aux chômeurs en France, il y
a
à peu près 300 à 500 000 emplois non pourvus dans les métiers en tension, et ça fait, j'écoutais une émission l'autre jour sur France Culture, mais je vous jure que c
'est
des années 80, où il y avait déjà des témoignages du patronat qui expliquaient qu'il y avait des métiers en tension dans la restauration, le BTP et les catégories aujourd'hui qui souffrent. Donc en fait, c'est une politique qui a 50 ans, où on crée une tension en permanence, évidemment, pour ne pas rémunérer justement les salaires. – Tout ce que vous dites, il
n'y a
pas
besoin
de faire rentrer les étrangers.
–
Mais pas du tout, les Français peuvent faire le travail, c'est ce que vous êtes en train de nous dire.
– Sur les métiers en tension qu'on donne souvent, le BTP et la restauration, c'est faux, où on peut très bien former les personnes ou leur donner des conditions de travail dignes. Moi, vous savez, on voit très bien à Paris les gens qui travaillent dur. Si vous devez prendre le RER ou le métro à 5h du matin pour commencer la plonge à 8h, faire une pause entre 14h et 16h et finir votre journée à 23h avec le dernier RER, c'est sûr que vous n'allez pas trouver grand monde.
Donc par exemple, ce qu'il faut, c'est prioriser l'accès au HLM, au logement social à Paris, pour les personnes qui travaillent dans des métiers en tension, pour les métiers de la restauration, mais aussi pour les infirmières à Paris, quand vous avez des salaires de 2 000 euros, que vous avez des journées et des nuits à l'hôpital difficile, si vous devez encore vous taper une heure de route ou de trajet, ce n
'est
pas humain. Donc il faut prioriser l'accès au logement de proximité pour les travailleurs en tension. Par contre, est
-ce
qu
'il
peut y avoir besoin d'une immigration, par exemple, sur le secteur des médecins ? C'est une évidence qu'aujourd'hui, l'hôpital public, malheureusement, et le système de la santé a besoin de médecins étrangers pour fonctionner, puisque ceux qui nous ont précédés n'ont pas formé suffisamment de médecins. Donc en
fait,
ce qu'il faut, c'est cesser de dans la caricature, parce qu
'on
dit toujours, oui, le Rassemblement national veut renvoyer les médecins étrangers. Bien sûr que non. Les étrangers en situation légale qui font un métier dont on a besoin pourront rester. Par contre, cette manipulation sur les métiers en tension, c'est vraiment une fumisterie.
– On a entendu les critiques de l'opposition de la gauche. Il y
a
des réticences aussi du côté du camp présidentiel sur l'annonce de cette nouvelle loi immigration. Gabriel Attal qui dit que ça ne lui semble pas totalement prioritaire.
Qu
'est-ce que vous dites de ça ?
– Je ne comprends pas, parce que M. Attal, quand il était au gouvernement, enfin, il n
'était
pas au gouvernement, s'il était au gouvernement, et ensuite Premier ministre, suite à cette loi d'immigration, il n'avait pas l'air d'être choqué. Bon, donc je crois que M. Attal, depuis qu'il est repassé dans l'opposition, est revenu à ces mauvais démons du MGS. Ben oui,
il
est toute évidence dans l'opposition, puisque tout ce que fait M. Barnier n'a pas l'air de lui convenir. Donc le budget, alors qu'il a rendu une situation budgétaire épouvantable, avec un déficit deux fois supérieur à ce qu'il aurait dû être dans sa propre loi de prévision, il donne des leçons au monde entier. Sur l'immigration, il refuse la loi que Mme Borne avait proposée avec lui il
y
a seulement un an. Bon, donc on voit bien que tout ça, c'est que de la posture politique. Je ne comprends pas, ça ne me regarde pas, si M. Attal veut se perdre dans la posture politique, c'est tant pis pour lui. Mais je crois vraiment, j'ai entendu aussi M. Darmanin à la télévision donner des leçons sur les finances publiques, alors que ça a été le ministre des Impôts qui ont conduit aux gilets jaunes, c'est-à-dire la pire révolte antifiscale et contre l'injustice sociale de toute la 5e République, entendre des leçons de ces personnes-là, enfin on tombe de notre chaise. Moi qui n
'ai
pas beaucoup de sympathie, c'est mon grand plaisir pour M. Barnier, là je le plains. –
Ah ben on va parler du budget justement, puisque Michel Barnier, enfin le gouvernement en tout cas, a présenté jeudi soir son projet de budget pour 2025, le RN le qualifie d'absolument pas acceptable, ce sont les mots de Thomas Ménager, ça veut dire que vous voterez contre
? –
Écoutez, bon, ce serait étrange que le Réforme nationale vote pour un budget qui n'est pas notre parti politique, mais par contre…
–
À un moment vous réfléchissez à vous abstenir.
–
Oui, oui,
tout à fait, parce que nous sommes dans une situation budgétaire extrêmement grave. La France est vraiment, je pèse mes mots, à la croisée des chemins sur une dérive des finances qui peut nous emmener à la ruine. Pourquoi ? Très rapidement, sans être trop technique, c'est que la dette étant exponentielle, les intérêts de cette dette sont aussi exponentiels, les intérêts de la dette, c
'est
ce qu'on doit payer chaque année par rapport à notre endettement, les charges d'intérêt comme aménage, et la France est de plus en plus étouffée, c'est-à-dire que vous avez de plus en plus d'argent public qui va vers la dette et de moins en moins qui peut aller vers les services publics. Et donc c'est un emballement, comme l'a connu la Grèce, le Portugal ou l'Espagne, et donc il faut vraiment faire comprendre à nos compatriotes qu'à cause des mauvaises 50 années de déficit de tous les partis politiques à part le Rassemblement national, les finances publiques françaises sont étouffées, et qu
'il
y
a
vraiment un risque d'étouffement de la capacité de notre pays à honorer et à faire de la politique tout simplement,
et assurer les services publics.
Donc il faut faire des grands choix. Non mais, ce qui a été présenté,
c
'est inacceptable.
– Ah, vous dites que
c
'est inacceptable, parce que Thomas Ménager dit que ça n'est absolument pas acceptable.
–
Oui. – Vous dites que c'est inacceptable. – Oui, c'est une nuance vraiment
très légère. – Non mais là c'est clair que vous t'écoutez.
– J'aurais pu reprendre, dans l'état actuel des choses, oui. Par contre, comme on dit, on a beaucoup travaillé ce week-end avec mes collègues de la Commission Finances et des Affaires Sociales pour faire des amendements extrêmement précis que l'on présentera mercredi, qui sont à l'arbitrage aujourd'hui de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui permettent de redresser les finances publiques, parce qu'aujourd'hui, ce qui est déjà inacceptable, c'est qu'en fait, on continue à augmenter les dépenses plus que l'inflation, donc il n
'y a
pas de redressement réel des finances publiques dans le dossier Barnier.
– C'est votre fameux
contre
-budget. –
Et
qu'il y a
beaucoup d'injustice fiscale.
– C'est quoi ces mesures dans le contre-budget ?
–
Là, elles sont à l'arbitrage de Marine Le Pen et Jordan Bardella, donc elles seront présentées mercredi, c'est ce qu'on a annoncé. On ne
peut
pas présenter le lundi ce qu
'on
doit présenter le mercredi, mais c'est un nombre… –
Mais quelles sont
les grandes lignes ?
– Les grandes lignes, c'est déjà une réduction structurelle des dépenses. – Donc
on agit d
'abord sur les dépenses ? – D'abord les…
–
Vous avez une proportion ? – En tout cas, on ne
va
pas se cacher derrière nos petits doigts, et on va être visiblement la seule famille politique, quand je vois les propositions des autres qui sont déjà sur la table, qui va vraiment proposer une réduction tendancielle des dépenses sur au moins 4 ans et sans doute 7 ans, parce que c'est comme ça qu'on peut rétablir les comptes publics. Vous avez le train… Aujourd'hui, les dépenses ne sont pas tenues dans un certain nombre de ministères. Donc il faut déjà faire une revue générale des dépenses. Il n
'y a
pas de baguette magique comme ça. En fait, vous verrez ce qu'on propose mercredi, c'est une revue générale des lignes budgétaires où on peut faire un certain nombre de ménages, un certain nombre de programmes, et vous verrez
que…
– Pour ça,
Michel Barnier, il dit pareil, qu'il faut faire des écoles…
–
Non,
mais aujourd
'hui, ce
n
'est pas
le
cas, puisque vous avez une inflation 1,8, et on va avoir des dépenses en hausse de plus de 2%. Donc malheureusement, ce n
'est
pas le cas. Deuxième catégorie, c'est rétablir la justice fiscale. Nous, des mesures qui viennent du programme de Marine Le Pen extrêmement fortes pour que l'effort fiscal vienne exclusivement des ménages les plus favorisés et des plus grandes entreprises, et pas du tout des classes moyennes. Donc tout ce qui est
impôts sur la consommation… – Mais
là aussi, c'est quoi la différence
avec Michel Barnier ? – Aujourd
'hui, vous avez une hausse des taxes sur l'électricité de 2 fois 3 milliards,
qui
va toucher les classes moyennes, les classes populaires et toutes les entreprises, quels que soient leurs revenus, ce qui était le contraire de ce qu'avait promis Michel Barnier, qui avait promis un effort exclusivement sur les plus privilégiés et les grandes entreprises. –
Mais vous entendez le gouvernement qui dit que ça n'impactera pas les factures des Français, que la baisse sera moindre, mais qu
'il
n
'y aura
pas de
hausse. – Il faut vraiment par contre que M. Barnier avait promis la vérité et l'honnêteté, arrête de prendre les Français pour des imbéciles. Et donc c'est une espèce de petite manœuvre qui consiste à dire non, non, mais comme le prix va baisser, on va pouvoir augmenter les taxes, les Français le savent et les Français le voient. Moi, je peux vous dire qu'à mon didier, dans ma circonscription, quand on reçoit une facture d'électricité, tout le monde regarde le détail et les gens, ils savent compter. Donc moi, j'invite par contre vraiment ce gouvernement à être dans un exercice de vérité et à ne
pas
faire des petites manips. C'est comme dire non,
non,
mais on ne
va
pas désindexer les retraites des
bases de la sécurité sociale. – Alors là-dessus, vous voulez agir sur l'indexation des retraites ? – Oui, on va décaler de 6 mois.
Décaler
de 6 mois une indexation, c'est une
demi-désindexation, point final.
– C
'est quoi votre idée sur l'indexation des retraites
?
– Il faut ne pas toucher à l'indexation des retraites parce que refuser l'indexation des retraites,
c
'est-à-dire que les retraites suivent le prix de la vie, le coût de la vie, pardon, c'est une rupture du contrat de confiance. Ça met nos compatriotes dans une colère noire et ils ont raison. On peut toucher à d'autres critères sur le système des retraites, sur la fiscalité,
sur un certain nombre de niches fiscales. –
Vous pensez
à quoi sur le système des
retraites ?
– Vous y
avez travaillé. – Oui, vous avez un certain nombre dans le système des retraites de niches fiscales qui favorisent les meilleures pensions, les hauts revenus, qui aujourd'hui sont sans doute injustes. Donc on a proposé plusieurs mesures à Marine Le Pen, Jordan Bardella pour limiter ou voire supprimer un certain nombre de niches fiscales sur ce sujet-là qui permettent de rétablir un peu plus de justice et d'équité sans devoir toucher à l'indexation. Et mercredi, je pense qu'on pourra proposer une solution solide sur ce sujet.
Ce qui est sûr, c'est que tous les partis qui aspirent à gouverner notre pays, dont le Rassemblement National avec Jordan Bardella et Marine Le Pen, ne peuvent plus se cacher derrière leurs petits doigts. Et je crois qu'il faut vraiment avoir ce débat avec les Françaises et les Français. Nous devons faire des réformes importantes de bonne gestion des données publiques que d'autres pays voisins, le Portugal par exemple, qui est un pays qui avait une mauvaise image de gestion des finances publiques et qui, avec un gouvernement de gauche d'ailleurs, a su faire des choix courageux. Mais le courage, ce n
'est
pas l'injustice fiscale, ce n
'est
pas l'injustice sociale. Moi, je vois trop d'hommes et de femmes politiques venir sur les plateaux en expliquant que le courage consiste à faire toujours souffrir les mêmes. Non, il y a beaucoup de gens dans notre pays qui, depuis l'élection de M. Macron, mais même avant, s'en sont mis plein les poches. Par exemple, dans la Somme, ceux qui ont pondu les éoliennes qui toussent chaque année, depuis 20 ans, que le marché aille bien ou pas, toujours des subventions, ce n
'est
pas acceptable. Aujourd'hui, vous avez 500 millions d'euros qui sont consacrés aux subventions pour trois parcs d'éoliennes en mer. 500 millions d'euros, c'est 10 000 postes d'enseignants. C'est
-à-dire
que
c
'est aussi important de mettre en face de l'argent public des réalités humaines.
Là, dans le
budget ébarné, c'est 4 000 postes d'enseignants qui disparaissent.
C'est une erreur ?
Oui,
c
'est une erreur puisqu'on ne peut pas sacrifier l'avenir. Si vous voulez, peut-être qu'un jour, dans 5 ou 6 ans, au terme de plan d'économie, et j'en aurais fini là, on devra peut-être, comment dire, tousser des dépenses d'avenir comme l'éducation. Mais commencer la première année, le premier budget d'économie, dire que la priorité,
c
'est de couper dans l'éducation, ce sont des gens qui sont
complètement hors sol. Le gouvernement dit qu'il y a
moins d'élèves. La démographie scolaire est en baisse, c'est pour ça qu'il supprime des postes dans l'éducation.
On aurait les résultats scolaires de la Finlande ou du Japon, on pourrait peut-être se permettre de sacrifier des postes d'enseignants. Les résultats de l'école sont malheureusement aujourd'hui encore très mauvais. Il
y
a des réformes qui ont été faites, tant mieux. Mais il faut améliorer l'encadrement de nos élèves, en particulier en primaire, pour les savoirs fondamentaux, parce que sinon, c
'est
la croissance de l'avenir qui est sacrifiée. Aujourd'hui, la crise de la productivité dans notre pays, liée à un défaut d'éducation ou à des défauts de méthode d'éducation, fait qu'on perd de la richesse. Donc sacrifier l'avenir, c'est la pire erreur qu'on peut faire en stratégie budgétaire, et ce n
'est
pas celle du Rassemblement National.
– Est-ce que si le budget est adopté par 49 fois, vous déposerez une motion de censure ?
–
Écoutez, c'est le groupe qui décidera, mais ce serait une très mauvaise manière
de procéder.
–
Oui, mais
délégué, par définition, je suis délégué de Marine Le Pen, et celle, la présidente, ce n
'est
pas moi. Donc moi, je pense que ce serait une très mauvaise méthode, je pense que ça ne correspondrait pas à l'importance du moment, et que ça prouverait qu'il y
a
eu un échec des négociations. En tout cas, s'il y
a
un échec des négociations et de la défense de l'intérêt des Français, vous verrez que les propositions qu'on va faire mercredi, ça ne viendra pas de nous.
–
Ça veut dire que vous ne voterez pas non plus une motion de censure de la gauche si la gauche en dépose une
? –
Ah, mais on pourrait voter une motion de censure de la gauche si le gouvernement s'enferme dans cette posture aujourd'hui qu'il a de vouloir appliquer des réformes technocrates de Bercy. Moi, j'ai appelé ça, vous savez, c
'est
le musée des horreurs de Bercy. C'est qu'on a l'impression que ce budget aurait pu être proposé il y a 10 ans. C'est toutes les arlésiennes, c'est toutes les idées poussiéreuses qui dorment dans les placards de Bercy et qu'on ressort dès qu'il
y a
une crise budgétaire sans aucune stratégie d'ensemble.
–
Donc vous pourriez voter celle de la gauche
? –
Ah, totalement, mais nous, on a déjà fait.
– Non, mais là, vous dites que vous êtes
contre le chaos institutionnel, c'est un peu votre philosophie depuis que Michel Barnier est arrivé, donc vous assumeriez de faire en sorte de participer, en tout cas, à
ce
que la France n
'a
pas de budget,
à
la fin de l'année.
–
Ah, mais vous savez, il faut mieux ne pas avoir temporairement pour quelques semaines un mauvais pas de budget qu'un budget qui continue la ruine. Parce que, je veux
dire,
on ne peut pas non plus s'aider à ce chantage, c'est-à
-dire
qu'il faut voter notre budget, sinon il
n'y a
pas de budget. C'est pas vrai, on n'est pas aux États-Unis. Vous savez qu'en France, il y a toutes les dispositions institutionnelles qui permettent à la France de continuer à avoir un budget temporaire, même s'il n
'y a
pas le budget que veut le gouvernement. Donc par contre, il ne faut pas non plus que M. Barnier nous fasse du chantage et nous prenne pour des imbéciles. C'est pas aux États-Unis, effectivement, aux États-Unis, il n
'y a
pas de budget, les fonctionnaires ne sont plus payés. En France, ce n'est pas ça, il y
a
une continuité de l'État. Donc, M. Barnier, pas de chantage, s'il vous plaît.
– Un dernier mot sur la méthode, puisque Éric Coquerel, le président de la commission des finances, invite les membres de sa commission, dont vous faites partie, à déposer un nombre limité d'amendements. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative ? –
Ça vient du RAC, c'est moi qui l'ai proposé en conférence des présidents,
il
y
a
un an. Donc, j'aurais bien aimé que M. Coquerel me rende les droits d'auteur. Mais enfin, écoutez, ce n
'est
pas grave, je lui donne volontiers. Et en tout cas, nous avons déposé hier un nombre très limité d'amendements, je crois de mémoire 170. –
Ah, c'est
moins que votre quota ?
– Absolument. – Je crois que vous aviez droit à 277.
– Oui, mais nous avons… Nous, vous savez, on préfère déposer moins d'amendements, mais avec un contenu politique très fort, sur lequel on peut concentrer la négociation et l'attention publique. que de s'agiter et qu
'on
multipliait les amendements. J'ai vu des amendements sur le logiciel hier qui venaient des macronistes, qui m'inquiètent beaucoup. Visiblement, ils vont faire de
la
démagogie en voulant supprimer toutes les hausses d'impôts sur les plus riches. Bon, visiblement, ils n'ont pas tiré les leçons de 7 ans de Gabgi.
– Un dernier mot sur le budget, puisqu'il y a des hausses qui sont demandées de la part de l'Élysée, de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui pourraient avoir leur budget augmenter. Est-ce que vous comprenez que ça choque les Français ?
–
Oui, je comprends que ça choque les Français. Nous proposerons au moins le gel des dépenses et même des économies. Moi, quand j'entends Mme Brune-Pivet qui dit qu'on ne
peut
pas faire d'économies à l'Assemblée, écoutez, je ne suis pas d'accord. Moi, je pense qu'on peut faire des économies. Et que si on demande des efforts aux Français, il faut tout ce que nous en fassions. Et je crois qu'on peut faire preuve d'un peu de rigueur dans la gestion des comptes publics. Ce n
'est
pas une question de… il ne
s
'agit pas de dire aux Français que c'est comme ça qu'on va sauver les finances de la France. Ça, ce serait de la démagogie. Mais c'est une question de symbole. Voilà. C'est comme le fait qu'ils augmentent le budget de l'AME, l'aide médicale d'État pour les clandestins, par exemple. C'est sûr que ce n
'est
pas 100 millions d'euros qui va changer la face du monde, la face des finances publiques de la France. Mais c'est symbolique. La politique, c'est du fond, mais c'est aussi des symboles.
– Un
dernier mot, puisqu'aujourd'hui commence l'interrogatoire de Marine Le Pen dans le procès des assistants parlementaires du Front National, ancien Rassemblement National. Est-ce que l'issue de ce procès vous inquiète ?
–
Non, parce que je sais que Marine Le Pen est totalement innocente de ce qu'on lui reproche. Mais moi, ce qui me révolte, c'est que
nos
adversaires politiques au niveau européen, M. Schultz, président du Parti Socialiste Européen, un certain nombre de technocrates bruxellois, tente de salir une honnête femme qui s'est battue pour la France depuis des années et lui fait passer des épreuves qu'elle ne mérite pas. D'ailleurs,
nos adversaires aussi, parce que M. Bérou ne méritait
pas non plus ce sort. – C
'est un procès politique ?
– Bien sûr que
c
'est un procès politique. Le Parlement européen a décidé, nos adversaires politiques du Parlement européen ont décidé de faire un procès aux trois forces politiques qui s'opposaient à l'eurocratie. Le modem de M. Bérou, qui était pro-européen mais anti-bureaucratie européenne, le Rassemblement National de Marine Le Pen et M. Mélenchon aussi qui lui aura son procès après. Donc on voit bien qu'en fait les trois forces de contestation de la bureaucratie européenne ont leur petit procès. Quand ceux comme les socialistes européens qui ont été pris avec des valises de billets, des valises de billets chez eux à leur domicile, ils
n
'ont
pas de procès. –
Un dernier mot Fabrice
? – En cas de condamnation, vous n'êtes pas inquiet ? Vous avez un candidat de rechange pour la présidentielle ?
–
Ah mais le candidat c'est Marine Le Pen. – En cas de condamnation
?
–
On
fera appel parce que ce sera une condamnation injuste. Non, non mais il n
'y a
pas de candidat de rechange. Il
y
a Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, en tout cas de mon point de vue.
–
Quelle que soit l'issue du procès
? –
Mais on contestera tout ça. Mais moi je ne
vais
pas me mettre dans des espèces de circonstances qui n'existent pas. On a la chance d'avoir effectivement Jordan Bardella, Premier ministre de Marine Le Pen, si elle est devenue présidente, ou si nous gagnons les élections législatives anticipées. Et qui évidemment on a la chance d'avoir deux leaders de qualité. Mais moi je ne me mets pas dans cette perspective.
– Merci Jean-Philippe Tandine.
–
Merci à vous. –
Merci à vous.
–
Merci à vous.
Jean-Philippe Tanguy