Face à Face : Bruno Retailleau - 22/02
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 sur RMC et BFM TV Bonjour Bruno Retailleau Bonjour Apolline de Malherbe Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le président du groupe LR au Sénat On va parler des agriculteurs bien sûr Mais on va aussi parler européennes, immigration, finances La France est-elle au bord de la faillite Mais d'abord je voulais savoir si vous aviez vu la une de Paris Match Oui je l'ai vue Ah vous l'avez vue, la une de Paris Match Qui n'est pas passée inaperçue Exactement, il s'agit de Gérald Darmanin Et pour ceux qui nous regardent sur BFM TV Vous la voyez, pour ceux qui nous écoutent sur RMC Je vous l'ai décrit, Gérald Darmanin Derrière son bureau, avec son enfant sur les genoux Dans la salle de Beauvau Ça vous rappelle quelqu'un j'imagine ?
Oui ça vous rappelle quelqu'un vous aussi
Ça vous rappelle évidemment Nicolas Sarkozy Puisque c'est précisément, quasiment C'est la même mise en scène Le décor, la mise en scène est exactement la même Que lorsque Nicolas Sarkozy Lui-même à l'époque ministre de l'Intérieur Voulait devenir président Gérald Darmanin, il vient de votre famille Il se dit d'ailleurs toujours de droite Il veut l'expulsion des radicalisés Comme l'imam de Bagnol sur 16 On en reparlera tout à l'heure Il pose donc désormais dans les habits de Nicolas Sarkozy Au fond, est-ce qu'il est l'héritier de Nicolas Sarkozy ? Est-ce qu'il est toujours de votre famille De ce point de vue-là ?
Non, il a quitté notre famille politique Il se dit de droite, sans doute Ce que j'observe, parce que j'ai beaucoup travaillé Sur la loi immigration J'ai passé cinq journées Autant de nuit pratiquement Donc avec lui qui était au banc, ministre Mais sa loi servira à très peu de choses Il n'avait pas conçu une loi efficace Une loi globale Il a simplement fait un peu d'eux en même temps Donc ce sera la vingt-et-quelquième loi Et vous verrez dans un an Je vous donne rendez-vous On l'a vu il y a quelques semaines La France en 2023 A franchi des nouveaux records Pour l'accueil d'immigrants Dans notre pays, sur le territoire national Il en sera de même il y a un an Et on verra Et d'ailleurs les Français Tout au long de l'année Vont voir l'impuissance de l'État Face au phénomène migratoire
Donc là c'est de la mise en scène quoi ?
Écoutez, je n'ai pas encore lu J'ai vu la une Vous savez que c'est à la fois le point des mots
Mais surtout le choc des photos quand même En général par image
Mais bien sûr qu'il y a une mise en scène Bien sûr qu'il y a une mise en scène
On va reparler de l'immigration dans un instant Mais je voudrais qu'on commence par parler des finances Alors oui, c'est un peu austère La dette, les sous Mais l'heure est grave C'est Bruno Le Maire lui-même qui le dit Les caisses sont vides Il faut trouver 10 milliards d'euros au plus vite Le budget de l'État avait été échafaudé Sur des recettes qui ne seront pas au rendez-vous La croissance est en baisse La dette augmente 3 000 milliards d'euros de dette La fiabilité de la France est en jeu Puisque c'est la fiabilité de la France Sur laquelle repose le choix des banques De nous prêter de l'argent Ou de ne plus nous en prêter Est-ce que vous estimez que la France Est en situation de faillite ?
De quasi-faillite, oui François Fillon l'avait dit il y a plus de 10 ans Mais on danse sur un volcan Il y a quelque chose d'inimaginable C'est qu'il y a quelques semaines C'est exactement à la fin du mois de décembre La loi de finances 2024 A été promulguée Ça fait un mois et demi Et à l'époque Le Sénat a proposé à Bruno Le Maire De faire 7 milliards d'euros d'économie On a dénoncé d'ailleurs La prévision de croissance à 1,4
Qui était d'1,4 Attendez Je m'arrête quand même un instant là-dessus Parce que ça veut dire qu'il y a un mois et demi Quand il disait 1,4 Il savait déjà que ce ne serait pas 1,4
Exactement Donc c'était un budget insincère C'était un budget carrément insincère Et à l'époque Toutes Pratiquement Tous les ministères Les budgets des ministères Augmentaient à ce qu'on appelle Les missions budgétaires Et nous on propose Pourtant on est dans l'opposition Ça aurait été facile de ne rien proposer En termes d'économie On met sur la table Documenté Précisément 7 milliards d'euros d'économie Il n'en a retenu aucune Et un mois et demi après On dit Aïe aïe aïe Attention Donc il y a quelque chose Qui est de l'ordre de l'instant Vous savez Il y avait cet adage populaire Qui disait que Gouverner c'est prévoir Aujourd'hui Gouverner c'est communiquer Ce que je veux dénoncer C'est cette posture La posture d'un ministre de l'économie Qui veut jouer le père de la rigueur Alors qu'il y a quelques semaines encore Il était l'exécuteur zélé Du quoi qu'il en coûte Et ça ça ne peut pas marcher Parce que si on veut faire Il faut faire des économies 3000 milliards de dettes Est-ce que vous imaginez Qu'en Europe Seule la Grèce Et l'Italie Fond moins bien que nous Nous sommes désormais Vraiment dans les dernières places de l'Europe Ça veut dire que La voix de la France Porte peu en Europe
Est-ce que ça veut dire On va essayer de voir Vous Où vous trouveriez ces 7 milliards Où est-ce qu'il va Trouver ces 10 milliards Est-ce qu'il faudra en trouver davantage Mais quand vous évoquez La Grèce et l'Italie On sait que c'est des scénarios Catastrophes La Grèce s'est retrouvée En situation Bien sûr Où elle ne pouvait plus Payer les dettes Où elle est devenue dans la main Des banques Et même de l'Union Européenne Est-ce que la France Pourrait connaître Un scénario comme celui-là Est-ce qu'il faut À un moment se le dire
Bien sûr D'ailleurs Elisabeth Borne l'avait dit Elle avait clairement indiqué Je ne connais plus La phrase au mot à mot Mais qu'un scénario À la Grèce Pouvait se reproduire En France Notre chance Si vous voulez C'est que nous sommes Un risque systémique C'est-à-dire que Le problème français C'était un scénario De mancroute Exactement Le fait que la France Soit attaquée Pourrait mettre en cause Carrément la zone euro Mais on en arrive À cette extrémité Ce qu'il faut bien comprendre Ce qu'il faut que les téléspecteurs Comprennent bien C'est que la France Est le seul pays En Europe A cumuler deux déficits Le déficit budgétaire Ça veut dire que l'État Dépense plus qu'il ne gagne 3000 milliards de dettes Un peu plus Et on cumule aussi Le déficit commercial Ce qui veut dire que La France consomme Plus qu'elle ne produit Et cette double mâchoire Risque d'écraser L'économie française Et en tout cas Appauvrit les Français Le problème du pouvoir d'achat Il est là
François Fillon
Effectivement
Il y a presque 20 ans Disait déjà Que la France Il dirigeait Disait-il Un État Qui était en situation De faillite Ça a tenu ?
Oui Parce qu'en économie Je vous le disais Parce que la France C'est un risque systémique Et que je pense Qu'il y a un adossement A l'Allemagne C'est-à-dire Et à la Banque Centrale Européenne Les analystes financiers Font cette analyse Qui risque un jour D'être fausse Que finalement La Banque Centrale Européenne Fera toujours tout Ce qu'elle pourra Pour sauver la France Parce que derrière
Trop grande pour s'écrouler
Exactement En vendéen C'est ce qu'on peut dire Mais je pense Que c'est extrêmement grave Il y a Larry Summers Qui était un grand secrétaire D'État au Trésor américain Avait dit un jour Vous savez en économie Ça va toujours plus lentement Qu'on le pense Mais quand ça arrive Ça va toujours Beaucoup plus vite Qu'on ne le croyait
Alors où est-ce qu'on les trouve Les milliards ? Bruno Le Maire Dit qu'il va trouver 10 milliards Dont 5 Qu'il trouverait uniquement En rabotant Le fonctionnement même Des ministères Est-ce que vous estimez Un, que 10 milliards Ça suffira Et deux, que ces 10 milliards-là Vraiment on va les trouver là
D'abord 10 milliards Ça ne suffira pas Ça ne suffira pas Parce que la prévision de croissance Sur laquelle s'appuie encore Le ministre Est trop élevé 1% Il continue à mentir en fait Non Là c'est du pari Mais par exemple L'OCDE C'est du pari ou du bluff ? Je ne sais pas Je ne veux pas donner De présence d'attention L'OCDE c'est à 0,6 L'OCDE prévoit pour la France
Une croissance de 0,6 En tout cas Je rappelle donc les chiffres Pardon Lorsque le budget a été écrit Il prévoyait une croissance De 1,4 Aujourd'hui Il prévoit une croissance de 1 Et en réalité Les autres Quand ils nous observent Disent Vous finirez à 0,6
Mais la situation Elle est dangereuse Pourquoi ? Parce qu'on a des taux d'intérêt À long terme Qui se sont relevés L'État Emprunte sur les marchés financiers Mais ça lui coûte De plus en plus cher Et le problème en économie C'est que Quand le taux d'intérêt réel C'est-à-dire le taux d'intérêt nominal Et on déduit l'inflation Dépasse le taux de croissance Quand la croissance est trop faible Et bien Le peu de richesse qu'on produit Dans un pays Doit servir simplement A payer le service de la dette Alors qu'on a la transition énergétique On a le choc du vieillissement La dénatalité Il nous faudrait trouver Des marges de manœuvre Des marges de manœuvre Qu'on n'a plus Alors comment faire ?
Bien sûr Il y a la méthode Du dernier moment Du court terme Le colmatage On trouve des économies Ici ou là C'est ce que va faire Bruno Le Maire C'est la méthode A laquelle on est réduite C'est la moins efficace La plus efficace C'est une méthode Qui devrait être anticipée Bien en amont Avec deux réformes essentielles La réforme de l'État Et la réforme du système social La réforme de l'État Par exemple Trois choses Un, on a plus de 1200 agences Qui nous coûtent plus de 60 à 70 milliards d'euros Il faut réduire drastiquement Et ce sont des milliards et des milliards Les agences Deuxième chose Faire en sorte qu'on puisse recourir à du privé Ce matin Beaucoup de collégiens De lycéens en France Ont été emmenés au lycée et au collège Non pas avec des cars qui dépendent des régions Mais avec des cars qui sont gérés par des entreprises privées Le monopole de l'intérêt général Ce n'est pas seulement l'État Il faut que l'État puisse faire travailler les entreprises Ce modèle-là
Vous estimez que ce modèle-là Il devrait se décliner donc sur d'autres services ?
Bien sûr Mais bien sûr Autre chose Troisième idée Il faudra quand même les payer
En même temps ces entreprises privées Il faudra quand même les retrouver dessous Bien sûr
Mais elles sont plus efficaces Mais elles sont plus efficaces Regardez la SNCF Bon Troisième
Sur la réforme de l'État Il faudrait carrément la privatiser la SNCF ?
Non Il faut la mettre en concurrence Ce que des régions Ce que la mienne fait Mais les conditions de mise en concurrence Je trouve encore beaucoup trop contraignantes Troisième idée Sur la réforme de l'État Pourquoi avoir uniquement Des fonctionnaires sous statut ? Il faut avoir des contractuels Parce que les besoins peuvent changer Donc on peut les former Les adapter Les déplacer Et je pense que c'est important Et puis il y a le système social Le système social Ce n'est pas qu'il est trop généreux C'est qu'il est laxiste Il n'y a plus d'équilibre Entre les droits Et les devoirs Voilà Moi ce que je propose Par exemple C'est que
Ça va faire des économies ça ?
Mais bien sûr Par exemple Il faudrait que Les Français maintenant N'en peuvent plus Ceux qui travaillent se disent Mais je vois des voisins Qui ne travaillent pas Qui gagnent quasiment Autant que moi Et eux Ils ne prennent pas la voiture Pour aller travailler Ils ne prennent pas par exemple Ils ne vont pas à la crèche Parce qu'ils gardent aussi les enfants Ce n'est pas acceptable Donc pour creuser l'écart Entre le revenu De l'assistance Et le revenu du travail Ce que je propose C'est de fusionner les allocations En une seule allocation Et faire en sorte Qu'on la capte
Il n'y a plus un certain nombre De guichets Qui est qu'un seul guichet d'alloc Et on dit
Voilà Ces allocations La somme de toutes ces allocations Ce sera 70 ou 75% le SMIC Pour préserver l'écart Entre le revenu du travail Et le revenu de l'assistance
Donc à la fois simplifier
Et réduire les coûts Voilà Mais voyez que Cela Ça demande un travail en amont Et comme le gouvernement Et ce Président de la République C'est ce qui caractérise le plus Avec le en même temps C'est qu'il est toujours dans l'instant C'est un gouvernement de l'instant Et donc il n'y a jamais d'anticipation On est toujours dans le très très court terme Et on réagit aux mouvements sociaux Sans jamais anticiper Dans le très très court terme
Il y a le mouvement social des agriculteurs Qui pour autant en effet Et quand on écoute les agriculteurs On le comprend bien Date d'il y a très longtemps Et couvée depuis bien longtemps Sauf que là Il y a une deadline Cette deadline c'est demain L'ouverture du salon de l'agriculture Les propositions Troisième vague de propositions Et de promesses Par le Premier ministre C'était donc hier Une nouvelle loi EGalim Qu'on ne pourrait plus contourner Le fait de reconnaître l'agriculture Comme un métier en tension Qui justifierait le recours Aux travailleurs étrangers Et puis une forme de simplification Dans le calcul de l'usage des pesticides Qui d'après le gouvernement Ne réduirait pas l'exigence Mais qui d'après les écolos En revanche Est une réduction de l'ambition écologique Comment vous réagissez à ces trois propositions ?
Mais c'est de la rustine Vous avez commencé par les lois EGalim A juste titre Vous avez dit que C'est en quelques années La quatrième loi Et à chaque loi On nous a vendu une loi Qui était la meilleure au monde Si on est rendu à la quatrième loi Ça veut bien dire Ça n'a pas marché Donc il y a un vrai souci Et c'est la raison pour laquelle Les agriculteurs n'ont plus confiance Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Moi je propose trois pistes Et si le gouvernement Le Président de République Ne les prend pas Ils auront des problèmes Pas seulement pour l'inauguration Avec le Président de République Samedi du salon Mais bien après Première chose Ça ne suffit pas D'inscrire la souveraineté De l'agriculture La souveraineté alimentaire Dans la loi Pourquoi ? Parce que A été constitutionnalisée La charte de l'environnement Donc dans la hiérarchie des normes La charte de l'environnement Creusera Enfin écrasera toujours Cette notion de souveraineté
Je précise les choses Parce qu'effectivement Ça fait quelques semaines Qu'on parle beaucoup De ces questions de hiérarchie des normes Je redis bien Pour qu'on comprenne tous Qu'au fond Il y a une charte Et la charte Elle est constitutionnelle Et quand elle est constitutionnelle Elle s'impose A tout le reste Et il y a encore au-dessus de ça Les lois européennes Qui s'imposent à nouveau A nos lois françaises Allez-y, continuez
Pour être encore plus clair On est dans un monde de pénurie Ici sur ce plateau J'entendais tout à l'heure Un certain nombre de vos collègues Discuter de la pénurie des médicaments On a connu il y a un an La pénurie d'électricité On rentre dans un monde de pénurie Comme si on était dans un pays Sous-développé Pénurie alimentaire On sait avec M.
Poutine Et d'autres Que l'agriculture L'arme alimentaire C'est vraiment un moyen de se battre C'est une arme Donc moi ce que je propose C'est qu'on inscrit dans la loi Non pas ce vague sujet De la souveraineté Mais un concept juridique Qui serait que l'agriculture Soit reconnue D'intérêt général majeur Parce que ça Ça produit des effets Deuxième chose Faisons en sorte Que les agriculteurs Puissent s'adapter Au réchauffement climatique Comment ? En simplifiant drastiquement La capacité qu'il pourrait avoir A stocker l'eau A faire ce qu'on appelle Des retenues collinaires Ou aussi Des réserves de substitution
Vous n'utilisez pas Du mot méga-bassine
Mais on a fait en Vendée J'ai été l'élu Qui a suivi Pendant il y a 20-25 ans Et je vous invite A venir en Vendée Et vous verrez qu'en Vendée C'est pas le maïs Qui a bénéficié De ce stockage de l'eau Au contraire C'est une agriculture biologique Beaucoup plus diversifiée C'est l'élevage C'est la biodiversité Donc pour vous
Il n'y a pas d'opposition Entre les méga-bassines Les retenues d'eau Et le développement D'une agriculture raisonnée
Je vais vous citer Un acronyme Qui est abominable HMUC Les agriculteurs Les agriculteurs Savent de quoi je parle Ce sont des études C'est quoi HMUC ? C'est des obstacles Bref Ce sont des obstacles C'est un parcours du combattant Quand un agriculteur Veut stocker l'eau Or aujourd'hui C'est pas qu'il y a moins d'eau C'est qu'elle tombe l'hiver Il faut la stocker Et pour pouvoir la restituer Au milieu naturel aussi Pour encourager la biodiversité Lorsqu'il n'y a plus d'eau L'été
Et en l'occurrence Le ministre de l'agriculture Marc Fénaud A dit qu'il n'était pas opposé A ce système de retenue d'eau Mais oui
Mais les études HMIC Pour l'instant Rien ne change Parce que là Et le problème C'est que vous avez Paris Mais aujourd'hui La bureaucratisation de la France Fait que Paris n'a plus les manettes Le président de la République Fait des déclarations Essait d'appuyer sur les boutons Le premier ministre pareil Mais en bas Ça ne fonctionne pas Parce que c'est un paquebot On a bureaucratisé Suradministré la France Qu'est-ce que vous voulez Quand vous avez des fonctionnaires Dont l'objet c'est le contrôle Ben voilà Les fonctionnaires ça fonctionne Vous avez dit
Première mesure
Il y a une troisième mesure En matière notamment de pesticides Je pense qu'il faut faire très attention Bien sûr Mais il faut interdire Et contrôler Je vais vous citer encore un autre exemple J'ai un excellent collègue Qui est toujours agriculteur Sénateur Laurent Duplomb Il fait il y a quelque temps Un rapport Il découvre Que des graines de sésame Je ne sais pas si vous mangez des graines Des graines de sésame Qui sont vendues Comme des graines de sésame bio Qui viennent d'Inde Vous vous rendez compte L'empreinte carbone Eh bien ces graines de sésame Ont été étudiées Il y avait 5 fois plus De quantité d'éthylène Que ce qui est autorisé en Europe
C'est la fameuse question De ne pas importer Des produits Sur lesquels Les normes qu'on s'impose Ne sont pas appliquées
Exactement Aujourd'hui On importe en France Une agriculture Qu'on nous interdit Évidemment Parce que parfois Elle n'est pas saine Mais la première règle C'est qu'on doit avoir Des mêmes contraintes Notamment sur les molécules Que ce soit en Europe Mais partout Aussi en France Mais il doit y avoir Une frontière Qui soit étanche A ces produits Qui ne sont pas sains
Bruno Retailleau Vous avez entendu les propos De l'imam de Bagnole-sur-Seize Majoub Majoubi Sur le drapeau tricolore satanique Alors il s'est excusé depuis Il a dit qu'il ne s'agissait pas Du drapeau tricolore À proprement parler Mais des drapeaux nationaux Dans le cadre de la Cannes Vous acceptez ces excuses ? Vous entendez son nom ?
Bien sûr que non Pour tous ceux qui ont Il faut simplement écouter Un peu plus longtemps Que la seule phrase Il n'y a aucune ambiguïté Donc il doit être expulsé Mais vous verrez Il ne le sera pas Il ne le sera pas ? Il ne le sera pas
Le ministre de l'Intérieur Du même Le fameux Gérard Dermannin Dont nous parlions Au début de cette interview A demandé son expulsion Il s'est d'ailleurs Personnellement engagé Je voudrais le croire Sur ce point Le préfet a engagé Des mesures Mais vous pensez Que ça n'aboutira pas ?
Je voudrais le croire Mais je pense que ça n'aboutira pas Il est marié à une Française Et surtout Il a des enfants tunisiennes
Il y a eu deux femmes Je ne sais pas laquelle Une française
Mais il a des enfants mineurs Voilà Et c'est la raison pour laquelle Depuis le départ Nous demandons Je demande Une révision de la constitution Pour que la politique d'immigration Puisse être décidée par le peuple Et qu'elle ne soit pas censurée Par des cours suprêmes Comme l'a fait par exemple De façon très contestable Le conseil constitutionnel Dernièrement
Est-ce qu'il faut imposer Le choix des imams Dans les mosquées On a redécouvert A cette occasion Que d'autres imams Ne reconnaissaient pas Majoubi Comme faisant partie Du conseil des mosquées Du Gard C'est notamment le cas De celui qui est à la tête De la mosquée de Nîmes Qui dit Mais je ne peux rien faire Parce que c'est un statut D'association Et qu'il est donc choisi Par les fidèles Et nommé président
Oui mais il y a une seule règle Pour pouvoir s'en tirer La règle est très simple Un imam Qui prêche la règle C'est retour à l'envoyeur Point final
Mais retour à l'envoyeur Enfin en l'occurrence Je reviens quand même là-dessus Parce que c'est dans le concret Majoubi Majoubi n'a pas été envoyé Par la Tunisie Il n'est pas payé Ça n'est pas un imam détaché Comme on avait pu entendre Non lui Les imams détachés Il n'est pas payé par la Tunisie Il n'est pas payé par les fidèles
Non mais peu importe A partir du moment Par son propre travail A partir du moment Où il a un comportement Anti-français Il n'a plus sa place Sur le sol national
Votre loi immigration Elle a quand même été Largement censurée Par le conseil constitutionnel Donc tout ce que vous êtes En train de dire là Vous l'avez tenté Bien sûr Mais ça a été censuré Bien sûr Ça a été considéré Du propos même de la loi Scandaleux Scandaleux
C'est scandaleux
Est-ce que vous allez revenir Par la fenêtre Ou par la porte ? Bien sûr
On revient avec un référendum D'initiative partagée Notre objectif C'est que le peuple français tranche Vous vous rendez compte Le déni de démocratie La loi qui a été promulguée Par le président de la République Cette loi n'aurait été Jamais votée N'avait aucune chance D'être votée Ni au Sénat Ni à l'Assemblée nationale Et pourtant Elle a été promulguée Et la loi qui a été censurée Et la loi qui a été votée A une très forte majorité Et au Sénat A l'Assemblée nationale Quand j'étais simple citoyen Je suis citoyen Mais les français qui nous regardent Ils se disent Mais qui fait la loi ?
Ce n'est plus Ceux pour lesquels on vote Oui mais enfin Le référendum d'initiative partagée C'est extrêmement complexe
C'est pas gagné quand même
Bien sûr Bien sûr Mais c'est le seul outil Que l'on ait aujourd'hui Puisque le président de la République Ne veut pas faire rentrer Dans la Constitution La possibilité De demander aux français Leur choix Pour la politique migratoire Mais tant qu'on n'aura pas Cette démarche Rendre la parole aux français Eh bien on s'exposera A des censures De juges Rendre la parole aux français
Ça veut dire qu'au fond Avant même de réussir Votre fameux référendum Une initiative partagée Vous demandez au président lui-même De créer les conditions De ce référendum De provoquer ce référendum
Bien sûr Ce que je voudrais Puisqu'il va y avoir Quatre occasions De réunir le Congrès Pour changer la Constitution L'IVG, la Nouvelle-Calédonie La Corse et Mayotte Quatre occasions De faire un Congrès Eh bien c'est simple Un Congrès
C'est quand on réunit L'Assemblée et le Sénat
Pour modifier Pour réviser la Constitution Nous ce que nous demandons C'est qu'on modifie L'article 11 Qui nous permettrait Dans le périmètre Du champ du référendum D'inclure la question Migratoire C'est fondamental Donc on va ajouter ça
A l'ordre du jour Des prochaines réunions De congrès Merci Bruno Retailleau D'être venu répondre A mes questions ce matin Je rappelle que vous êtes Le président du groupe LR Au Sénat Il est 8h52 sur la AMC
Bruno Retailleau